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Posts Tagged ‘tracy chevalier’

Lu dans le cadre du Mois Anglais :

Londres 1901 : la reine Victoria vient de s’éteindre et l’Angleterre a des impatiences de liberté. A travers le destin poignant de deux familles, Tracy Chevalier ressuscite un début de siècle turbulent. Le hasard a réuni autour de leurs tombes respectives les Waterhouse et les Coleman. Les premiers vouent un culte à la défunte souveraine et professent les valeurs traditionnelles. les seconds aspirent à une société plus moderne et plus libérale. Deux fillettes, qui se sont promis une amitié éternelle, seront les narratrices de l’intimité des deux clans. Tandis qu’elles s’éveillent à la vie, leurs parents se débattent dans un maelström de passions. Si Mrs. Waterhouse se contente du confort domestique que son mari lui procure, la très belle Mrs. Coleman suffoque dans un univers très confiné. Elle aspire à des sentiments nobles, des défis, une cause. C’est alors qu’elle croise le chemin des suffragettes londoniennes. La vie de tous les protagonistes en sera bouleversée.

Londres, janvier 1901 : la reine Victoria vient de mourir après un règne long de plus de soixante-trois ans. Comme le veut la coutume, le pays entier prend le deuil, les familles se rendent au cimetière afin d’honorer la défunte reine.

Leurs tombes étant mitoyennes, les Waterhouse et les Coleman font connaissance. Si les adultes ne sympathisent guère, leurs filles Maude et Lavinia se lient immédiatement d’amitié.

Pourtant, les familles n’ont pas grand-chose en commun. L’une incarne les valeurs traditionnelles de l’ère victorienne et l’autre aspire à plus de liberté. Dans le cimetière, Lavinia et Maude se retrouvent souvent et partagent leurs jeux et leurs secrets avec Simon, le fils du fossoyeur, au grand dam de leurs parents.

Lavinia est élevée dans le respect des principes alors que Maude est livrée à elle-même : sa mère, Kitty Coleman, vit dans ses propres chimères. Ni la lecture, ni le jardinage, ni sa fille ne suffisent à lui donner goût à la vie.

Jusqu’au jour où elle découvre la cause des suffragettes. La vie des deux familles en sera bouleversée à jamais…

Quel bonheur de retrouver la plume de Tracy Chevalier que j’avais découvert il y a fort longtemps avec La vierge en bleu, La dame à la licorne, Prodigieuses Créatures (gros coup de coeur) et La jeune fille à la perle.

J’aime me plonger dans les histoires qu’elle raconte, suivre les personnages féminins qui les portent, et pourtant Le récital des anges est une relique dans ma PAL, qui était déjà sur mes étagères avant la création du blog il y a sept ans. Pourquoi ? Je ne me l’explique pas et j’en suis d’autant plus navrée que j’ai beaucoup aimé l’atmosphère de ce roman sur le deuil et l’émancipation féminine.

Dans ce véritable roman choral, on suit les Coleman et les Waterhouse de janvier 1901 à mai 1910, de l’enfance des enfants jusqu’à leur arrivée dans l’adolescence et à travers elles, le vent de liberté qui a soufflé sur la société anglaise après le décès de la reine Victoria, engoncée dans le deuil éternel du prince Albert, et les bouleversements qui en ont découlé avec l’avènement du roi Edouard VII.

Ici ce sont surtout les enfants que sont Maude, Livy, Ivy May et Simon qui tirent leur épingle du jeu, indéniablement les personnages les plus intéressants du roman.

Les deux pères sont très effacés, Kitty et Trudy, les mères, m’ont laissé assez indifférentes : l’une à cause de sa neurasthénie et la seconde, à cause de son manque de personnalité, elles font pâle figure à côté de Maude et Livy qui savent, elles, très bien ce qu’elles veulent.

A travers ces figures féminines et celles des domestiques Jenny et Mrs Baker, Tracy Chevalier nous dépeint la condition féminine au début du XXè siècle, thème central de tous ses romans. Des convenances étriquées aux balbutiements de la libération de la femme, l’auteure donne une nouvelle fois la vedette à ses personnages féminins, ladies et roturières confondues en abordant ici la place du corps, l’avortement, la grossesse, la soumission au mari et le droit de vote.

Vous savez j’aime beaucoup la thématique des suffragettes et je regrette qu’ici, elle intervienne aussi tardivement dans le récit car ce mouvement est très bien décrit ici et surtout, c’est l’engagement de Kitty qui va faire surgir la dramaturgie et faire basculer les deux familles.

La figure centrale est, une fois n’est coutume, le cimetière, point de rencontre des deux familles et lieu de promenade, ce qui permet aussi à la romancière d’aborder la religion, le deuil, l’étiquette lié à celui-ci et aux enterrements mais aussi la question de la crémation qui émerge à cette époque.

J’ai apprécié également le procédé narratif qui consiste à raconter l’histoire à plusieurs voix. Chaque personnage du roman nous confie ses pensées, ses espoirs, ses attentes, sa façon personnelle de vivre les évènements… chacun ayant sa propre manière de s’exprimer, cet aspect-là est vraiment bien maîtrisé par Tracy Chevalier, ce qui n’est toujours le cas dans les romans choral.

Un très bon roman, bien documenté que je vous recommande si les thématiques et l’époque où se déroule ce récit vous passionne !

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La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l’âge d’or de la peinture hollandaise. Griet s’occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s’efforçant d’amadouer l’épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives. Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l’introduit dans son univers. À mesure que s’affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville…

la-jeune-fille-a-la-perle-tracy-chevalierauteur-éditeur-pages J’avais eu un gros coup de coeur pour le dernier roman paru en poche de Tracy Chevalier, Prodigieuses Créatures (que je vous recommande au passage), et Plan Orsec oblige, je me suis enfin décidée à lire son roman le plus célèbre, adapté au cinéma mais pas vu, La jeune fille à la perle, qui trainait dans ma PAL depuis plusieurs années !

L’auteure plante cette fois-ci son décor à Delft, au 17ème siècle, une ville hollandaise célèbre pour sa peinture et sa faïence. La jeune et jolie Griet, de confession protestante, est engagée pour servir la famille des Vermeer, catholique, en attendant son mariage comme il se doit. Johannes Vermeer est alors très connu, s’occupe de la guilde des peintres de la ville et susbiste grâce à la générosité de son mécène, Van Ruijven. Le maitre a du talent mais la famille vit chichement dans la maison de Maria Thins, la mère de sa femme Catharina, car Vermeer peint peu et fait de grandes poses entre chaque tableau, et les bouches sont nombreuses à nourrir.

Griet entre donc au service des Vermeer, et on ne la ménage pas côté corvées ! Elle est chargée du nettoyage du linge, de s’occuper des nombreux enfants de Johannes Vermeer et de sa femme Catharina, toujours enceinte, mais surtout du ménage de l’atelier du maître, dans lequel bien peu de personnes sont admises. Griet va très vite découvrir le travail du maître de maison et devient rapidement groupie il faut bien le dire. Elle l’admire et mieux encore, elle l’aime.

Bien que ne sachant ni lire ni écrire, sa douceur et son sens inné des couleurs, vont pourtant progressivement toucher le peintre Vermeer qui va l’accepter dans son monde. Une intimité très forte va ainsi naître entre le maître et sa servante. Griet va progressivement passer de plus en plus de temps dans l’atelier du peintre, jusqu’à devenir son assistante, chargée de broyer les couleurs des après-midis durant, jusqu’au jour où Vermeer va lui demander de poser pour lui afin de faire son portrait, à son grand regret.

Tracy Chevalier nous brosse un beau portrait de femme, celui d’une servante humble et innocente, mais aussi fière et pleine de passion, qui nous raconte ici son histoire. Grâce à elle, on découvre la création d’un tableau, du moment de sa conception dans l’esprit du peintre, jusqu’à ce qu’il soit enlevé par le mécène, en passant par les séances de poses.

L’histoire de Griet, bien qu’imaginaire, est tout a fait convaincante et passionnante. Ce récit a la première possède une force et une émotion qui ne peut laisser indifférent. On rentre dans l’intimité feutrée des Vermeer avec une grand facilité, comme dans la ville de Delft et son marché à la viande et au poisson, on est émerveillé à l’évocation du travail des couleurs, de la composition d’un tableau, par le choix et la place de chaque objet, de chaque couleur, etc.

La jeune fille à la perle est un beau roman, tout en sensibilité, poésie et émotion, que j’ai dévoré. Si vous vous intéressez à la peinture et que vous aimez les romans historiques, ne passez pas à côté !

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Lu dans le cadre du Plan Orsec 2014 pour PAL en danger :

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« La foudre m’a frappée toute ma vie. Mais une seule fois pour de vrai » Dans les années 1810, à Lyme Regis, sur la côte du Dorset battue par les vents, Mary Anning découvre ses premiers fossiles et se passionne pour ces « prodigieuses créatures » dont l’existence remet en question toutes les théories sur la création du monde.

Très vite, la jeune fille issue d’un milieu modeste se heurte aux préjugés de la communauté scientifique, exclusivement composée d’hommes, qui la cantonne dans un rôle de figuration. Mary Anning trouve heureusement en Elizabeth Philpot une alliée inattendue. Celte vieille fille intelligente et acerbe, fascinée par les fossiles, l’accompagne dans ses explorations. Si leur amitié se double peu à peu d’une rivalité, elle reste, face à l’hostilité générale, leur meilleure arme.

Avec une finesse qui rappelle Jane Austen, Tracy Chevalier raconte, dans Prodigieuses Créatures, l’histoire d’une femme qui, bravant sa condition et sa classe sociale, fait l’une des plus grandes découvertes du XIXe siècle.

Tracy Chevalier est une habituée des romans historiques et Prodigieuses Créatures ne fait pas exception. Cette fois-ci, le roman a pour cadre l’Angleterre du début du 19è siècle et les premières découvertes de fossiles de reptiles marins datant de l’ère Mézozoïque. A cette époque, la paléontologie en est à ses prémices et les hommes pensent encore que ces créatures d’un autre temps étaient en fait des dragons ! La science de ce siècle débutant est une affaire d’hommes et les femmes sont cantonnées à être servantes ou ouvrières si elles sont de basse extraction, ou destinées à être mariée, si elles sont de naissance plus noble, ce qu’on ne manquera pas de rappeler régulièrement à nos héroïnes.

Prodigieuses Créatures est un roman mais les personnages qui l’habitent ont eux réellement existé, et les découvertes archéologiques qui ponctuent le récit sont vraies. Les héroïnes en sont Miss Philpot, une bourgeoise qui vit avec ses deux soeurs, célibataires comme elle. C’est une passionnée de science qui va se prendre d’affection pour Mary Anning, découvreuse de « curios ».

C’est un roman à deux voix, le lecteur lit en alternance le récit de Miss Philpot et celui de Mary Anning, deux femmes qui s’affranchissent des convenances et qui sont passionnées de fossiles. Elles s’immiscent peu à peu dans l’univers balbutiant de la paléontologie, un domaine alors exclusivement masculin. Elles se ne contentent pas de collectionner les fossiles mais procèdent elles-mêmes aux fouilles. Elles ratissent consciencieusement chaque mètre carré des roches et des plages de Lyme Regis à la découverte de trésors datant de milliers d’années. Des découvertes qui ne manquent pas de faire l’objet d’interrogations spirituelles liées à un Dieu omniscient et à la création du monde. Darwin vient tout juste de naitre et sa théorie de l’évolution inenvisageable en 1810. Ces créatures sont-elles de la main de Dieu ? Il y a-t-il eu un monde avant la Genèse ? Autant de questions qui agitent la communauté scientifique et nos deux héroïnes.

Avant d’entamer cette lecture, choisie pour Tracy Chevalier, une romancière dans la lecture de laquelle je me plonge à chaque fois avec délectation, je ne savais rien de ces deux femmes d’exception. J’ai adoré assister à ces fouilles et à la découverte des « curios », des « ammios », des « ichtyosaures », des « plésiosaures »… des noms qui me sont familiers puisque l’un de mes fils est un passionné des dinosaures.

Un livre coup de cœur à l’atmosphère toute austenienne, que je vous recommande vivement, une histoire captivante et emplie d’émotion qu’on a du mal à lâcher.

Lu dans le cadre du Challenge La plume au féminin et du  Challenge Biographie

    

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