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Posts Tagged ‘un fils parfait’

Mathieu Menegaux est né en 1967. Son premier roman, Je me suis tue, publié chez Grasset en 2015 et Points en 2017, a obtenu le prix du Premier Roman des 29es Journées du Livre de Sablet.

Daphné est au comble du bonheur : Maxime, l’homme qu’elle aime profondément, vient de lui dire oui devant famille et amis, un moment qu’elle attendait depuis longtemps.

Tous deux sont issus de la bourgeoisie, ils occupent des postes à responsabilités, s’installent dans un bel appartement parisien et deviennent parents de deux petites filles adorables, Claire et Lucie.

Maxime, banquier, est un père très présent et si Daphné a mis un frein à son ascension professionnelle, il est le premier à l’encourager à accepter un poste à l’international.

La mère de famille sera désormais absente du lundi au jeudi mais Maxime le promet, il s’occupera bien de leurs filles et une nounou les récupérera à l’école et restera avec elles jusqu’à son retour de la banque.

Malgré la culpabilité, apanage des mères qui travaillent, Daphné cumule les succès professionnels et puis, quand on est l’épouse du prince charmant, beau et brillant, qu’on a avec lui deux petites filles adorables, comment imaginer un seul instant que le pire puisse arriver ?

Qu’il a menti sur tout, tout le temps ? Qu’il va falloir se résoudre à affronter celui qu’on a tant aimé dans une lutte sans merci ?

Inspiré d’une histoire vraie, le second roman de Mathieu Menegaux, Un fils parfait, est le récit poignant du combat d’une mère contre la machine judiciaire. Ecrit sous forme d’une longue lettre, celle de Daphné à Elise, sa belle-mère, on suit pendant une centaine de pages, l’histoire de cette femme qui vit un conte de fées, jusqu’au jour où sa fille la supplie de ne pas partir au travail.

Alors, le ciel lui tombe sur la tête… je ne vous en dirai pas plus car je ne savais rien de ce roman avant de le commencer et je trouve qu’il faut entrer dans cette lecture sans rien savoir si ce n’est que le conte de fées va se fissurer puis se désintégrer au fil du récit.

L’atmosphère de ce roman est lourde, pesante et j’ai trouvé la forme de ce récit intéressante. Nous sommes comme la mère de Maxime, à l’extérieur de l’histoire et nous découvrons les évènements au fur et à mesure de la lecture de cette lettre qui nous happe dès les premières lignes pour ne plus nous lâcher.

Le format court, l’écriture sèche de Mathieu Menegaux, font merveille ici. Bien que le sujet soit dur, l’auteur ne tombe jamais dans le pathos et nous entraine dans les arcanes de la justice et de la protection des mineurs.

En tant que maman, je n’imagine même pas qu’une telle chose puisse arriver à mes garçons et on se dit que les erreurs que commet Daphné, on pourrait toutes les commettre, son aveuglement préalable, pourrait être le nôtre et on voit le poids de la justice s’abattre sur elle, inexorablement, une véritable descente aux enfers qui nous apparaît tellement injuste et inique.

J’ai dévoré ce livre et lu d’une traite, une fois ouvert, on ne le lâche plus. L’histoire est bien construite, à partir de faits réels. Pourtant, quelle que soit la part de fiction, j’ai appris des choses fort dérangeantes, notamment le traitement de ces affaires par la justice.

Je regrette le dénouement, pas crédible à mon goût, qui a terni la fin de ma lecture. Pour autant, c’est une lecture dérangeante et indispensable d’une grande virtuosité que je vous recommande !

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