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Posts Tagged ‘une poignée de gens’

Un paysan appelé Vania poussait une barque entouré d’enfants. Il est mort d’un arrêt du cœur, là, quelque part dans l’herbe. Les enfants ont grandi en exil, sous d’autres nationalités. Ils sont devenus français, anglais, américains. La plupart ne sont jamais revenus en Russie.

 Aionå˜^>–AA5eeàøé>8fBauteur-éditeur-pagesPetite pause dans la sélection ELLE et grand retour de la Russie sur le blog, ça faisait longtemps, à travers ce beau et nostalgique roman d’Anne Wiazemsky. La petite-fille de François Mauriac, elle-même d’origine russe par son père, le prince Wiazemsky a du s’inspirer du destin de sa famille pour raconter l’histoire des Belgorodsky, des russes blancs dont la destinée s’est fracassée sur la révolution russe de 1917, emportée vers l’exil ou la mort après la chute du dernier tsar de toutes les Russies, Nicolas II.

Comme dans Les perles de la Moïka, Marie, l’héroïne est une française qui ignore tout de l’histoire de sa famille : des russes exilés et morts dans la misère à Paris depuis plusieurs années déjà. Elle reçoit un jour une lettre de Vassili Vassiliev qui lui apprend la mort de sa grand-tante Nathalie dont elle n’a jamais entendu parler. Vassiliev est bientôt de passage à Paris et souhaite lui remettre le Livre de destins d’Adichka, le mari de Nathalie.

Ce manuscrit qui a près de 80 ans relate un an dans la vie de Nathalie et d’Adichka, de leur mariage en 1916 à l’assassinat du prince un an plus tard. Au jour le jour, celui-ci relate la vie heureuse de cette famille aristocratique russe dans son domaine agricole, le plus important de tout le pays.

Cette famille fortunée et très chic vit pourtant assez simplement au cœur de la campagne russe, au gré de la vie agricole, des moissons, des provisions faites pour l’hiver. Un couple proche de la nature, très épris l’un de l’autre et dont le bonheur va être de courte durée. Le couple est pourtant mal assorti, Nathalie, tout juste âgée de 18 ans, très francophile, ne jure que par la musique et les romans français. Elle essaie de s’affranchir de ses devoirs de princesse, ne pense qu’à s’amuser, une attitude,  sujet de remords qui la hantera toute sa vie, tandis que son mari âgé de 30 ans, profondément russe et traditionnel, dirige son exploitation et n’a de cesse d’essayer de la convertir à la musique et à la littérature russe.

On voit au fil des jours le drame arriver par la montée en puissance de la révolution russe. Les agitateurs bolchevicks hantent les campagnes pour convertir les paysans à leur cause jusqu’à ce que la révolte des paysans éclate. Quelle sera la réaction de l’aristocratie face aux revendications de leurs employés ? Que pourra faire Adichka pour préserver son domaine et ses traditions séculaires ?

Bien qu’écrit par une française, ce roman est profondément empli de l’âme russe, il m’a rappelé Tchekhov et Tourgueniev, de par son atmosphère surannée de fin du monde.

J’ai été littéralement transportée à Baïgora en 1917 le temps d’un lecture, et bien que les évènements soient tragiques, l’histoire et les personnages sont magnifiques et bouleversants. Une poignée de gens jetée dans la tourmente de l’histoire que j’ai eu beaucoup de plaisir à suivre et que je vous recommande si, comme moi, vous vous intéressez à la Russie et à son histoire.

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Lu dans le cadre du challenge A tous prix (Grand Prix du roman de l’Académie française 1998)

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Et du Plan Orsec 2014 pour PAL en danger :

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