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Posts Tagged ‘vita Sackville-west’

Lu dans le cadre du Mois Anglais :

Une croisière autour du monde aux côtés de la femme qu’il aime. C’est ainsi qu’Edmund Carr, journaliste d’une cinquantaine d’années, a choisi de passer les derniers mois qu’il lui reste à vivre. Il a délibérément caché à Laura, la jeune veuve dont il est épris, la nature de ses sentiments et le mal qui l’accable. Au fil des jours, Edmund sent la passion grandir en lui, et avec elle, la jalousie. Pourquoi Laura passe-t-elle autant de temps avec le séduisant colonel Dalrymple ? Que faisait-il au sortir de sa cabine en pleine nuit ?

Edmund Carr est un journaliste londonien de 50 ans. Bien qu’il soit célibataire endurci, il est follement amoureux de Laura, une de ses amies, à qui il n’ose avouer ses sentiments.

Gravement malade, il ne lui reste que trois ou quatre mois à vivre. Et lorsque Laura lui annonce qu’elle part faire une croisière de plusieurs mois, il décide de larguer les amarres mais sans rien lui dire.

A bord, ils passent de longues heures ensemble et font la connaissance du colonel Darlymple. L’homme est séduisant et visiblement lui aussi sous le charme de Laura. C’est alors que la jalousie, sentiment qui lui était totalement étranger, s’empare d’Edmund…

J’avais découvert la plume délicieuse de Vita Sackville-West lors du premier mois anglais auquel j’avais participé avec Au temps du roi Edouard, un roman so british que j’avais adoré.

Aussi lorsque j’avais trouvé il y a deux ans déjà La traversée amoureuse dans une boîte à livres, je n’avais pas hésité une seconde à le prendre. Si le style de cette romancière désormais classique est toujours aussi admirable, je dois bien avouer que je me suis un peu ennuyée lors de cette lecture où il ne se passe pour ainsi dire rien.

Car il n’y a pas réellement d’histoire dans La traversée amoureuse, Vita Sackville-West s’attarde à nous raconter les pensées d’Edmund qui nous livre sa vision du mariage, de l’amour, de la vie, ses humeurs… et nous relate l’amour platonique entre Edmund qui ne veut pas se déclarer se sachant condamné et Laura, une jeune veuve, qui a les mêmes sentiments à son égard. Malheureusement pour la jeune femme, l’amour a rendu Edmund aveugle et il est incapable de voir que son inclination est partagée.

Lors de cette première et ultime croisière, Edmund va pouvoir chaque jour côtoyer l’objet de son amour, lui parler, pénétrer dans son intimité et découvrir qu’ils sont réellement faits l’un pour l’autre.

Hélas pour lui, la maladie le condamne au silence et il s’imagine que Laura coule des regards énamourés au séduisant colonel. Lorsqu’il comprend qu’un avenir aurait pu possible avec celle qu’il aime, il est trop tard, c’est d’autant plus cruel.

Dans ce court roman où les dialogues sont très réussis, les sentiments sont tus, on sent que les protagonistes de l’histoire appartiennent à une société britannique au sortir de la seconde guerre mondiale encore corsetée dans ses principes.

Vita Sackwille-West a bien travaillé la psychologie de ses personnages qui sont bien dessinés, et on les voit évoluer tout au long de la traversée. Il y a de jolies pages sur les animaux, des prises de position contre la chasse et pour la préservation des espèces, des sujets qui intéressaient beaucoup la romancière.

Malgré la qualité du texte, je ressors déçue de cette lecture dont j’attendais beaucoup après mon énorme coup de cœur d’Au temps du roi Edouard qui m’avait éblouie. Cet amour platonique n’a pas su me toucher ni m’émouvoir. Cela ne m’empêchera pas de lire cette autrice à nouveau, si vous avez un titre à me suggérer, je suis toute ouïe !

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L’Angleterre des dix premières années du siècle : Edouard VII s’installe sur le trône, tandis que la noblesse et les classes dirigeantes s’affranchissent prudemment des sévérités victoriennes. Ils vivent des passions mais n’osent les avouer ; ils sont immoraux mais respectent l’étiquette. Entre les fastes de leurs châteaux et les chambres à coucher d’apparat, c’est un cortège d’hypocrisies, d’adultères et de ragots. Dans cette foire aux vanités, le jeune Sébastien cherche à concilier l’ordre et la liberté et se demande si l’amour est plus fort que la décadence. Tragiquement chic dans son insolence, Au temps du roi Edouard demeure l’un des plus singuliers testaments d’une aristocratie anglaise fracassée par la Première Guerre mondiale.

au-temps-du-roi-edouard-vita-sackville-westauteur-éditeur-pagesAu temps du roi Edouard est un roman so british dont je ne soupçonnais pas l’existence avant de lire l’excellent billet d’Eliza qui a immédiatement éveillé mon intérêt. Aussi, lorsque le mois anglais s’est profilé à l’horizon, j’en ai profité pour l’acheter et le lire et je ne peux que dire merci à Eliza de m’avoir donné envie. Je dois en effet vous avouer d’emblée que je suis totalement sous le charme de cette chronique grinçante de l’aristocratie anglaise du début du 20è siècle. La plume de Vita Sackville-West est brillante, élégante, virevoltante et ce récit s’avère tout simplement passionnant. Si vous aimez l’ambiance de Dowtown Abbey, de Gosford Park et de Parade’s end, ce court roman ne pourra que vous séduire, comme j’ai été séduite et emportée dans le sillage de ces aristocrates d’avant la première guerre mondiale. Le règne moral de Victoria a pris fin avec l’avènement de son fils Edouard VII. Ce roi mécène des arts et des sciences, épicurien, dandy et libertin, mène une vie qui tranche singulièrement avec celle qu’a vécu sa mère pendant les quarante dernières années de son règne. Veuve inconsolable du prince consort Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, elle s’est murée dans le noir et l’austérité, s’éloignant inexorablement de son peuple, de l’aristocratie et de ses enfants.

Vita Sackville-West connaît bien l’aristocratie britannique, ses codes et ses coutumes même si, née en 1892, elle n’était qu’une enfant lors de l’accession au trône du roi Edouard en 1901. Fille unique du troisième Lord Sackville et d’une danseuse espagnole (un scandale et une mésalliance à l’époque), elle va vivre de sa plume avant de s’adonner à la passion du jardinage et des roses sur la fin de sa vie. Au temps du roi Edouard parait en 1930 et c’est un succès immédiat.

Le récit démarre en 1906, pile au milieu du règne d’Edouard VII et s’achèvera cinq ans plus tard avec la cérémonie d’intronisation de son fils, George V. Le roman s’ouvre sur un week-end  dont la gentry raffolait. Le duc Sébastien et sa mère Lucie reçoivent dans leur domaine de Chevron. Âgé de seulement 19 ans, Sébastien est étudiant à Oxford et a une vie déjà toute tracée faites de devoirs et d’obligations, de bals et d’obligations mondaines, entre la garde royale et la gestion de son domaine, digne d’un petit village à lui tout seul. Véritable gentleman-farmer dans l’âme, il aime arpenter Chevron et prendre soin de ses domestiques, tout comme l’ont fait ses ancêtres avant lui. Lors de ce week-end, il fait la connaissance de Léonard Anquetil, un aventurier revenant du pôle Nord et coqueluche éphémère du tout Londres. L’homme n’est d’ailleurs pas dupe, conscient d’avoir été invité pour épater les invités de la duchesse. Les deux hommes s’apprécient et l’aventurier tente de convaincre Sébastien de partir avec lui en expédition afin d’échapper pour un temps à ce destin tout tracé, en vain, car ce dernier vient de succomber à la très belle Lady Sylvia Roehampton, la meilleure amie de sa mère.

Cet excellent roman de Vita Sackville-West fait craquer le vernis des bonnes manières et nous dévoile une aristocratie et une Angleterre en mutation, en transition entre le 19è et le 20è siècles : les modes de transport, les métiers, les mœurs évoluent alors que l’aristocratie se repait de ses codes, de son snobisme et de ses traditions. Leurs domestiques aussi, à l’image de leurs maitres, se complaisent dans le snobisme et les traditions séculaires qui les régissent depuis des générations. Certains personnages veulent malgré tout échapper à leur destin : le fils de l’intendant qui refuse de travailler à Chevron et préfère devenir mécanicien et Viola, la sœur de Sébastien, en quête d’émancipation et de liberté. C’est aussi le roman des faux-semblants, du vernis qui craque et des liaisons extra-conjugales.

Je ne peux que vous conseiller la plume éblouissante et sarcastique de Vita Sackville-West et cette peinture merveilleuse de la Belle Epoque, d’un monde aristocratique qui s’achève avec la première guerre mondiale. Ma première rencontre avec l’auteure ne sera pas la dernière !

heart_5Lu en lecture commune avec avec Emmanuelle, Fanny, Céline et Claire dans le cadre du Mois anglais et des challenges La plume au féminin édition 2013 et God save the livre édition 2013 :

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