Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘thriller’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois

Xavier Müller est un auteur de fiction et journaliste scientifique. Il est titulaire d’un doctorat en physique et depuis toujours s’adonne au plaisir de l’écriture. Il partage aujourd’hui son temps entre l’activité de journalisme et l’écriture de romans jeunesse et adulte.

Ils croyaient tous le cauchemar derrière eux : après avoir transformé une partie de l’humanité en hommes préhistoriques, le virus Kruger avait fini par s’éteindre.

Sept ans après, le monde tremble à nouveau. Les erectus, que l’on croyait stériles, se reproduisent dans les réserves. Chaque jour, des dizaines d’entre eux sont assassinés, d’autres disparaissent… Qui se cache derrière ces opérations meurtrières ?

Au Kenya, Anna Meunier, une chercheuse française, tente de protéger Yann, son compagnon transformé en préhistorique. Pour elle, les erectus sont nos ancêtres, pas des bêtes sauvages…

La menace, pourtant, est là. Terrifiante. Une organisation secrète est à l’origine d’une nouvelle vague de contaminations. pire : elle se livre à des captures dans les réserves afin de récupérer les facultés extraordinaires des erectus.

Son objectif : fabriquer une nouvelle espèce humaine, aux pouvoirs décuplés, qui contrôlerait la planète.

A la fois thriller scientifique et roman d’anticipation, L’armée de Darwin est la suite directe d’Erectus paru en 2018 et que j’avais beaucoup aimé.

Véritable page turner, ce second tome s’est révélé tout aussi passionnant et très prenant que son prédécesseur, angoissant aussi bien sûr car tout les évènements décrits par l’auteur sonnent terriblement vrais grâce aux connaissances scientifiques de Xavier Müller.

Xavier Müller nous plonge une fois encore en plein cauchemar car toute vie sur terre peut muter : les hommes, les animaux mais aussi les végétaux. Les espèces passées et présentes peuvent-elles cohabiter sans risques ? Les politiques ont-il raison de parquer les Erectus dans des réserves ? De vouloir les stériliser afin qu’ils ne puissent se reproduire ?

Au-delà de ces questions éthiques et morales qui ne manquent pas de nous faire cogiter, nous assistons à une course contre la montre enclanchée par l’orgueil et l’envie de toute puissance d’un homme qui rêve de remettre les compteurs de la planète terre à zéro.

Estimant que l’homme moderne est responsable de désastres écologiques sans précédent, il décide de faire régresser l’espèce humaine grâce à un virus Kruger puissance 10 et dans le même temps, donner naissance à des hommes aux facultés physiques et mentales hors du commun.

Au-delà des hommes, il y a aussi des questions politiques et écologiques qui agitent chaque pays et continent. C’est très bien amené, très réaliste et crédible. Les chapitres sont courts et bien rythmés et franchement dès les premières pages, j’ai été ferrée au point d’avoir du mal à le lâcher.

L’angoisse monte crescendo, on tremble pour nos héros et pour l’espèce humaine bien malmenée par Xavier Müller. Un roman intelligent et qui fait froid dans le dos que je vous recommande !

Ma binôme Belette a beaucoup apprécié sa lecture également, vous pouvez retrouver son avis ici.

Read Full Post »

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois

Après avoir travaillé comme infirmière et secrétaire, Lesley Kara devient professeure puis directrice dans l’enseignement supérieur. Elle vit dans l’Essex, sur la côte nord. La Rumeur, son premier roman, s’est déjà vendu à 300 000 exemplaires au Royaume-Uni.


Après une quinzaine d’années passées à Londres, Joanna est de retour dans sa ville natale. Son fils Alfie était harcelé dans son ancienne école et la jeune mère n’a qu’une idée en tête : qu’il s’intègre au mieux.

Afin de devenir amies avec les autres mamans, Joanna tente de s’intégrer dans les conversions et ne pense pas à mal en répétant, lors de son club de lecture, la rumeur entendue devant les grilles de l’école : Sally McGowan, accusée dans les années 1960 d’avoir poignardé un petit garçon alors qu’elle n’avait que dix ans, serait revenue habiter dans la ville de Flinstead sous une autre identité.

Mais ces quelques mots enflamment la tranquille station balnéaire et ravivent le traumatisme laissé par ce meurtre épouvantable. Pour enrayer cette machine infernale, Joanna ne voit qu’une solution : enquêter pour découvrir la vérité. Mais le danger est déjà si proche…

Avec La rumeur, Lesley Kara s’empare du phénomène de la rumeur : un simple sujet de conversation pour l’héroïne de ce thriller psychologique qui souhaite simplement s’intégrer aux autres mamans et devenir l’une des leurs, va faire vaciller la vie de Joanna et de son petit garçon qui vont devenir la cible de l’ancienne enfant tueuse qui a scandalisé l’Angleterre toute entière dans les années 60.

Et je dois dire que Lesley Kara a réussi son pari en dépit d’un début poussif, j’ai été tenue en haleine jusqu’à la dernière page par ce roman glaçant où règnent paranoïa, suspicion et accusations. C’est bien simple avec ma copinette Belette dont vous pouvez lire l’avis ici, nous avons suspecté à peu près tout le monde.

Elle est malgré tout bien meilleure enquêtrice que moi, car elle a deviné l’identité de Sally alors que moi, pas du tout, j’en suis restée comme deux ronds de flan !

Bien que le rythme soit lent, j’ai apprécié l’atmosphère de cette petite ville balnéaire, lointaine banlieue de Londres, sur fond de morosité économique liée au brexit. Peu à peu, l’angoisse monte, le drame s’installe, la suspicion règne en maître : Joanna ne sait plus qui croire et en qui elle peut avoir confiance.

Réalité ou paranoïa ? Le récit devient peu à peu suffoquant, par petites touches, un échange de regards, un mensonge, ou encore une conversation anodine cache-t-elle un lourd secret ou une inquiétante vérité ?

Le charme immuable de ces petites villes balnéaires et leurs cottages, l’accueil chaleureux des nouveaux arrivants, l’esprit communautaire, l’entraide… tout ici va être mis à mal. Une innocente est vite prise à partie, les réseaux sociaux jettent de l’huile sur le feu avec en point d’orgue une question : la réinsertion d’un tel monstre est-elle possible ? Le mérite-t-elle alors qu’un petit garçon a perdu la vie ?

Il est très facile de s’identifier à Joanna, une maman solo lambda qui tente de trouver des solutions à ses problèmes, et affronte les conséquences tragiques de sa maladresse, qui vont bien vite lui échapper et faire dérailler son quotidien.

Une histoire intéressante et bien menée, avec une angoisse qui monte crescendo et une dernière phrase qui nous laisse K.O debout. Un thriller psychologique vraiment bien fichu que je conseille aux amateurs du genre.

Un grand merci aux éditions Les escales pour cette lecture terriblement addictive !

Read Full Post »

Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge et du challenge 1 pavé par mois 

Née près de Manchester, Rachel Abbott vit entre l’Italie et l’île anglo-normande d’Aurigny. Après Illusions fatales (2014), Le Piège du silence (2015) et Une famille trop parfaite (2016), La Disparue de Noël est son quatrième roman à paraître en France.

Près de Manchester. Sur une route de campagne verglacée le soir de Noël, Caroline Joseph et sa petite fille de six ans Tasha, rentrent à la maison lorsque la voiture perd le contrôle et fait un tonneau. La conductrice, est tuée sur le coup et Natasha, assise à l’arrière, se volatilise sans explication.

Six années plus tard, David fait de son mieux pour se reconstruire après le drame qui a emporté sa femme et sa fille. Il forme désormais un couple heureux avec la douce Emma et le petit Ollie, adorable bambin de dix-huit mois qui comble leur foyer.

Mais un jour, une inconnue débarque dans leur cuisine : Natasha. Où était-elle toutes ces années ? Comment a-t-elle retrouvé le chemin de la maison ?

Si David est fou de joie, Emma, elle, se sent vulnérable devant cette adolescente silencieuse. D’autant que l’adolescente refuse de dire comment elle a pu rentrer et surtout où elle était depuis toutes ces années.

Cadeau ou malédiction ? Que cache le retour de la disparue de Noël ?

La disparue de Noël est mon deuxième polar du mois et c’est une deuxième déception !

Plusieurs raisons à cela : tout d’abord son titre promettait un récit ayant pour cadre Noël et là, premier fail, seul le prologue, soit quelques pages, se déroule à Noël !

Ceci mis à part, ce thriller psychologique a plutôt bien commencé pour ensuite s’enliser de plus en plus dans un embrouillamini indigeste.

Le récit et ma lecture, se sont révélés laborieux, emplis des longueurs et absolument pas captivant pour moi. Les personnages ne sont pas attachants et même plutôt horripilants, leur psychologie construite en deux coups de cuillères à pot !

Les rebondissements sont tirés par les cheveux, on n’y croit absolument pas et plusieurs évènements sont un peu trop faciles à découvrir. Du coup, peu de suspens et des chapitres entiers que j’ai lu en diagonale, tant j’étais pressée d’en finir avec cette histoire.

Et puis, que d’invraisemblances aussi : ce gang qui enlève des enfants en plein Manchester, enfants non scolarisés, maltraités, dissimulés des services sociaux, dans la même famille, livrés aux membres qui les prostituent et leur font faire du trafic de drogue dès l’âge de six ans ? Et ce, pendant des années sans être inquiétés ni mis au jour par la police ?

Tellement déçue par ce roman, que je ne vois rien de bien positif à vous en dire. Ma Belette sera un peu plus clémente que moi, filez vite voir son avis ici !

Read Full Post »

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois et du Pumpkin Automne Challenge :

challenge-un-pave-par-mois

Né en 1968, Søren Sveistrup est le créateur, scénariste et producteur de plusieurs séries, dont la série culte The Killing qui a notamment reçu le BAFTA 2011 de la meilleure série internationale et qui a réuni près de 600 000 téléspectateurs français lors de sa diffusion.Il a plus récemment écrit des scripts pour des longs métrages, par exemple pour l’adaptation de Le Bonhomme de neige de Jo Nesbø.

31 octobre 1989. Le commissaire Marius Larsen se rend dans la ferme d’Orum suite aux appels des voisins se plaignant que les bêtes de l’exploitation sont sur leurs terres. Sur place, il découvre la famille massacrée, le père, introuvable. Seuls, deux adolescents sont sains et saufs, ayant trouvé refuge dans la cave.

Début octobre, de nos jours, dans la banlieue de Copenhague, la police découvre le cadavre d’une femme amputée d’une main, Laura Kjaer. À côté du corps, un petit bonhomme fabriqué à partir de marrons et d’allumettes.

Chargés de l’enquête, la jeune inspectrice Naia Thulin et l’inspecteur Mark Hess découvrent vite que cette figurine est porteuse de mystérieuses empreintes : celles de Kristine, la fille de Rosa Hartung, ministre des Affaires Sociales, enlevée un an plus tôt et présumée morte.

Thulin et Hess explorent toutes les pistes qui leur révèleraient un lien entre la disparition de la fille de la ministre et la victime à la main coupée, en dépit de leur hierarchie qui continue de marteler à la presse que l’affaire est close, le coupable, condamné. Lorsqu’une autre femme est tuée, selon le même mode opératoire, ils comprennent que le cauchemar ne fait que commencer…

Octobre, le mois automnal par excellence, celui des feuilles mortes qu’on ramasse à la pelle et des marrons grillés, est aussi le titre du premier roman de Søren Sveistrup, et pour un galop d’essai, c’est un coup de maître ! Voilà longtemps, qu’un thriller ne m’avait autant tenue en haleine, c’est bien simple dès que je le reposais, je n’avais qu’une envie : y retourner.

Lisant rarement des auteurs venus du froid, j’ai trouvé le cadre et le contexte très dépaysants. L’histoire est crédible, formidablement bien construite, emplie de fausses pistes, de cliffhangers et de rebondissements en tous genres. Comme d’habitude, j’ai soupçonné tout le monde avant de découvrir l’identité du serial killer, quelques pages seulement avant que l’auteur ne la dévoile.

Le duo d’enquêteurs Thulin et Hess est mal assorti et pourtant attachant, les personnages sont bien campés, intelligents même si ils n’échappent pas à quelques clichés : une flic énergique et volontaire, un flic désabusé qui vient de se faire virer d’Europol.

Tout au long du récit, l’auteur nous fait entrer dans les coulisses de la police criminelle de Copenhague mais aussi dans celles de la politique avec Rosa Hartung que l’on suit de conférences de presses à séances à la chambre.

Comme dans tout thriller avec serial killer qui se respecte, le tueur est insaisissable et pervers, signant ses forfaits d’un bonheur fait en marron, comme dans la comptine danoise : Entre monsieur marron, à la manière d’une Agatha Christie qui s’est inspiré de comptines anglaises comme trame de certains de ses récits dont le chef d’oeuvre : Dix petits nègres. Les crimes sont horribles mais, heureusement, l’auteur nous épargne les détails, ce dont je lui sais gré.

En bref, un thriller brillant et prenant qui a parfaitement comblé mes attentes, je regrette un peu que les cinquantes dernières pages ne soient pas à la hauteur du reste du roman et qu’il y ait quelques clichés mais sinon quelle claque, je vous le recommande les yeux fermés. Ma Belette a adoré aussi, son avis ici !

Read Full Post »

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

challenge-un-pave-par-mois

Après le cinéma et la télévision, Manzor ajoute une corde à son art : le roman. Après le succès en 2012 de son thriller littéraire « LES ÂMES RIVALES », son second roman « CELUI DONT LE NOM N’EST PLUS » obtient le prix Polar du meilleur roman francophone au festival de Cognac en octobre 2014. Suivront en 2016 « DANS LES BRUMES DU MAL » et en octobre 2018 son roman le plus ambitieux jusqu’ici, le thriller biblique : « APOCRYPHE » qui vient d’obtenir le Prix du Polar 2019 des Petits Mots des Libraires. René Manzor confirme que, avec une caméra ou un stylo, il est et reste avant tout un conteur.

Jérusalem, an 30. Un petit garçon de sept ans regarde avec rage son père agoniser sur une croix. Son nom est David de Nazareth, et ceci est son histoire.

Sept années plus tard, alors qu’il vit avec sa mère Maria de Magdalene, un centurion romain vient frapper à leur porte et implorer le pardon de la jeune femme. Cet homme, c’est Longinus, celui qui a transpercé avec sa lance le flanc de Jésus et supervisé son exécution.

Depuis, touché par Jésus, Longinus est devenu un converti et Maria va lui confier son fils. Il emmène David à Jérusalem assister à la Pâques. L’adolescent est en quête de justice et de vérité et ses pas vont croiser ceux de de certains disciples de son père…

Apocryphe signe mes retrouvailles avec René Manzor que j’avais découvert avec Celui dont le nom n’est plus que j’avais adoré. Avec ce titre, l’auteur nous propose une fresque épique, violente et émouvante, un thriller passionnant de bout en bout, si tant est qu’on soit intéressé par la vie de Jésus bien entendu.

A travers David de Nazareth, René Manzor aborde la vie de Jésus, la crucifixion et la façon dont ses disciples vont essaimer leur foi en Jésus dans plusieurs régions du globe antique.

L’histoire tricotée par l’auteur prend sa source dans les évangiles apocryphes, c’est-à-dire les évangiles non reconnus par l’Eglise qui n’en a retenu que quatre : Marc, Mathieu, Luc et Jean. Bye bye tous les autres et notamment ceux qui montraient un Jésus bien plus humain, fait de chair et d’os, avec des sentiments et pourquoi pas une famille ?

La relecture qu’il fait de l’histoire officielle est spectaculaire : Jésus aurait fondé une famille avec Maria de Magdalène avec laquelle il aurait eu un fils, David, le héros du thriller. Il n’aurait pas ressuscité par la foi mais grâce au savoir médical de Joseph d’Arimathie et il ne serait pas monté aux cieux mais aurait continué ses prêches sur un autre continent.

Si René Manzor prend des libertés avec l’histoire officielle de Jésus, son récit est solidement documenté lorsqu’il évoque avec beaucoup de justesse la situation politique en Palestine, le règne de Ponce Pilate, les luttes de pouvoir au sein du clergé du temple, les tribus d’Israël toujours en lutte les unes avec les autres, les compromissions face à l’occupant romain…

René Manzor fait coexister merveilleusement bien personnages réels et fictifs, tout sonne vrai. Les différents protagonistes de l’histoire (David, Longinus, Paul de tarse, Judas ou Barabbas) sont bien dessinés et dépeints et avec eux, on se pose bon nombre de questions sur la manière d’appréhender la foi.

L’auteur sait également très bien doser l’Histoire et la fiction avec un suspens prenant de la première à la dernière page, son style est fluide et érudit, le récit devient vite addictif.

Une belle réussite que ce thriller biblique, véritablement brillant, je vous le recommande !

Read Full Post »

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

challenge-un-pave-par-mois

Passionnée d’Histoire (notamment le Moyen Âge, la Grande Guerre et le monde moderne), de littérature mais aussi de musique (Bach, Mahler, Smetana, Prokofiev, Chostakovitch, Fauré, Satie, Kurt Weill, Britten…), Violette Cabesos pratique le chant lyrique… et la danse orientale égyptienne.

Milena, petite-fille de Russes blancs ayant fui la révolution bolchevick, a une passion : les trésors perdus de la Russie des tsars. Alors qu’elle s’apprête à partir pour Saint-Pétersbourg où une cache datant de 1917 vient d’être découverte, elle apprend que sa maison de Nice a été saccagée.

Rien n’a été volé mais dans le lit de son père Anton, git le cadavre étêté de son chien et sur les murs, d’énigmatiques vers slaves peints en rouge, probablement des références codées à Vladimir le Grand, fondateur de la Sainte Russie.

Le grand-père de Milena suspecte les bolchéviks mais son père Anton, historien spécialiste de l’URSS ne semble pas du même avis.

Saint Pétersbourg, au début du vingtième siècle, Vera, ballerine du théâtre Mariinsky, est déchirée entre les faveurs d’un grand-duc, son amour pour un poète anarchiste, et un brûlant secret d’Etat dont sa famille est dépositaire et qu’elle a juré de protéger toute sa vie.

Au-delà du temps et des frontières, une mystérieuse et terrifiante malédiction semble lier ces deux femmes. Faut-il y croire ? Comment ne pas y succomber ?

Le soleil rouge du Tsar signe mes retrouvailles avec Violette Cabesos que j’avais découverte avec Portrait de Groupe avec Parapluie, un polar sur le monde de l’art que je vous conseille au passage.

Au fil d’un suspense historique qui surprend jusqu’au bout, Violette Cabesos nous plonge dans les méandres de la Russie éternelle, sur les traces des Romanov, de Raspoutine et d’obscurs espions du FSB qui veulent mettre la main sur le soleil rouge du Tsar à la demande du chef du Kremlin.

Roman passionnant par son intrigue certes classique mais surtout par son érudition, Le soleil rouge du Tsar nous plonge au cœur de l’histoire russe et du règne du dernier des Romanov.

A travers le journal de Vera, on assiste aux bouleversements qui vont amener à la chute de Nicolas II : les attentats contre les tenants du régime, l’emprise du de Raspoutine sur le couple impérial, l’assassinat du starets sibérien, la révolution russe, l’arrivée des bolcheviks au pouvoir et la purge qui suivit…

De ce point de vue-là, c’est un roman vraiment intéressant et très bien documenté sur cette période comme sur les controverses entourant la mort d’Alexandre Ier car près de deux cents après son décès, on ne sait toujours pas si le tsar est bien mort à Taganrog en 1825 ? Le personnage de Vera, prise dans les tourments de l’histoire, est très attachant et j’avais hâte de la retrouver.

Roman à double temporalité oblige, la partie contemporaine prend autant de place que la trame historique et c’est là pour moi que le bât blesse, j’ai trouvé ce second récit nettement intéressant, notamment à cause du personnage de Milena qui m’est apparue assez antipathique et ce qui lui arrive ne m’a pas toujours paru très crédible.

L’autrice aborde pourtant dans cette partie contemporaine des thèmes intéressants comme les liens familiaux, le déracinement, la difficulté pour les émigrés de s’intégrer dans un nouveau pays, les croyances russes et il y a bien entendu de nombreux rebondissements amenés par les secrets de famille et la recherche du fameux soleil rouge du Tsar.

Le style de Violette Cabesos est fluide, la trame policière est bien ficelée, le récit est dense mais les pages se tournent toutes seules à condition d’être passionné(e)s par la Russie et notamment le règne de Nicolas II.

Il n’est pas nécessaire d’être spécialiste pour autant car l’autrice rend l’Histoire très abordable mais comme l’ensemble du roman repose sur l’histoire russe, mieux vaut s’y intéresser sous peine de s’ennuyer à cette lecture.

Un bon page-turner que je vous recommande si, comme moi, la Russie est l’un de vos centres d’intérêt ! Belette est bien du même avis.

Read Full Post »

Canadienne, Shari Lapenaa été avocate avant de devenir professeur d’anglais puis de se consacrer à l’écriture. Best-seller en Grande-Bretagne et aux États-Unis, Le Couple d’à côté est son premier roman.

Le soir où Anne et Marco sont invités à dîner chez leurs voisins, la baby-sitter leur fait faux bond au dernier moment. Après six mois de pouponnage et de dépression post-partum, ils avaient pourtant bien besoin de se divertir.

Si Anne ne veut pas laisser sa petite Cora, Marco insiste : les maisons sont mitoyennes, ils emporteront avec eux le babyphone et se relaieront toutes les demi-heures pour aller jeter un coup d’œil sur l’enfant.

Alors que la soirée s’étire, que la voisine agite sa plastique parfaite sous le nez de Marco, Anne tente de noyer ses complexes sous des rasades de vin. De retour à la maison un peu après une heure du matin, Anne et Marco découvrent la porte d’entrée ouverte, l’alarme débranchée et le berceau vide.

Victimes ou coupables, manipulateurs ou désespérés, soudés ou infidèles, héritiers ou au bord de la faillite : les contradictions pleuvent sur ce couple qui se retrouve en plein dans l’œil du cyclone, soupçonnés par les médias et la police d’avoir tué leur bébé…

Acquis par plus de trente éditeurs à travers le monde, bientôt adapté en série par Netflix, Le couple d’à côté est le premier roman de Shari Lapena dont j’avais lu l’an dernier son second titre L’étranger dans la maison qui m’avait plu avec quelques réserves tout de même.

Autant vous le dire d’emblée, je comprends pourquoi les avis ont été assez unanimes sur ce thriller domestique car il est bien ficelé et très efficace. L’intrigue est en effet bien menée, les fausses pistes sont bien là, il y a des twists et des rebondissements bien amenés, Shari Lapena fait le job ça ne fait aucun doute.

Tout au long de notre lecture, les questions se bousculent : Bébé Cora est-elle en vie ? Qui l’a enlevée ? Pourquoi ? Si le mobile est financier, pourquoi le ravisseur ne demande pas d’argent ?

Pendant trois cent pages, Shari Lapena joue avec nos nerfs en mettant en scène des personnages attachants, d’autres agaçants, voire carrément antipathiques, mais tous cachent des secrets et sont de potentiels coupables.

Pour ma part, même si j’ai deviné au fil de ma lecture les tenants et les aboutissants de cette affaire, je n’ai pas boudé mon plaisir et tourné avec avidité les pages de ce roman.

Les chapitres sont courts, le style de Shari Lapena et fluide, l’histoire est menée tambour battant, sans temps mort, au point que j’en suis venue à bout en un peu plus d’une journée.

Au-delà de la trame policière à proprement parler, les sujets abordés par l’autrice sont intéressants : la maternité, la dépression post-partum, les dettes, les relations familiales et amicales et tous les bouleversements qui découlent d’une naissance au sein du couple.

Pour conclure, Le couple d’à côté est un thriller domestique avec enlèvement d’enfant réussi, je vous le recommande si vous êtes adepte du genre. Ma Belette est sur la même longueur d’ondes, son avis ici.

Un grand merci aux éditions Presses de la Cité pour cette lecture addictive !

Read Full Post »

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

challenge-un-pave-par-mois

Journaliste scientifique, producteur de nombreux documentaires, Fabrice Papillon est l’auteur de huit ouvrages de vulgarisation scientifique, avec d’éminents savants dont Axel Kahn. Pour son premier roman, Le Dernier Hyver (Belfond, 2017), il a reçu le prix du Meilleur Polar 2018 des lecteurs de Points.

Ils sont prêts. Ils reviennent d’un lointain passé, d’une époque glorieuse. Ils forment ce que Socrate et Homère nommaient déjà la race d’or. Ils viennent sauver la terre, et les hommes qui peuvent encore l’être. Pour les autres, ils n’auront aucune pitié. L’heure du Grand Retour a sonné… et, pour le commandant Marc Brunier, celle de son ultime enquête. Une chasse à l’homme exceptionnelle à travers le monde et les âges.

36 000 ans avant Jésus-Christ. Une famille résiste au froid au fond d’une grotte de la péninsule Ibérique quand des hommes font irruption et massacrent les parents. Fascinés par la peau claire et les yeux bleutés du fils, les assaillants l’épargnent et l’enlèvent.

14 février 2020, Corse. Vannina Aquaviva, capitaine de gendarmerie à la section de recherche d’Ajaccio, découvre un charnier dans une grotte de Bonifacio. De son côté, la police retrouve un cœur en décomposition au pied d’un olivier millénaire du site préhistorique de Filitosa.

Des scènes de crime similaires apparaissent sur d’autres sites de la préhistoire en Espagne puis en Angleterre.

Les premières analyses de la police scientifique sont stupéfiantes. Quelle est cette créature meurtrière dotée de capacités sidérantes ? Aux confins de l’Europe et jusqu’à la Russie des goulags et de Tchernobyl, une chasse à l’homme exceptionnelle commence à travers le monde et les âges, où l’on croise Homère, Socrate et son disciple Platon, Jésus et l’apôtre Jean, mais aussi Rabelais, Nietzsche ou encore le terrifiant Heinrich Himmler.

Quel secret remontant à nos origines partagent tous ces hommes ? Après des millénaires de silence, une révélation est en passe de bouleverser l’équilibre même de l’espèce humaine…

Après Le dernier hyver que j’avais adoré, Fabrice Papillon revient avec Régression,un thriller scientifique particulièrement efficace qui m’a tenu en haleine du début jusqu’à la fin, jouant sur plusieurs temporalités.

Fabrice Papillon situe son récit principal à notre époque mais il nous emmène de temps à autre dans le passé et ses incursions-là sont particulièrement intéressantes.

C’est ainsi que nous côtoyons Socrate et Platon, Jésus de Nazareth et son fidèle apôtre Jean, Michel-Ange et Rabelais, Jean-Baptiste de Lamarck, Friedrich Nietzsche ou Heinrich Himmler.

Ce thriller mêle l’histoire et la science pour nous proposer une enquête palpitante. Un récit très bien documenté, particulièrement dense et qui demande une certaine attention si l’on est comme moi, assez novice en matière d’hominidé et en préhistoire d’une manière générale.

Et si Le dernier hyver a ma préférence, Régression m’a beaucoup intéressé, m’a appris une foule de choses dont j’ignorais l’existence, et j’adore lorsque mes lectures me permettent non seulement de passer un bon moment mais de m’enrichir avec de nouvelles connaissances.

Fabrice Papillon est journaliste scientifique et on sent bien qu’il maîtrise totalement les sujets qu’il aborde et en premier lieu l’ADN, une thématique déjà bien exploitée dans son précédent roman.

Il arrive à nous transmettre son intérêt pour tous ces sujets sans nous noyer sous un langage abscons et sans que ce roman se transforme en vitrine de ses connaissances, il est abordable de bout en bout même lorsque l’on a mon niveau en sciences, c’est-à-dire proche de zéro.

Ce roman m’a vraiment passionné et pourtant ça n’était pas gagné d’avance car je n’ai pas l’âme scientifique ni le goût pour les sciences en général et pourtant Régression est un thriller prenant mais abordable, qui fait voyager entre les époques, découvrir des personnalités hors du commun, nous interroger sur notre monde, notre impact sur la nature et je me suis vraiment régalé avec cette lecture que je vous conseille vivement.

Read Full Post »

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

challenge-un-pave-par-mois

Professeur de géographie à l’université de Rouen, Michel Bussi est le 2e auteur français le plus lu en 2019 (Palmarès Le Figaro: GFK). Il est l’auteur aux Presses de la Cité de Nymphéas noirs, polar français le plus primé en 2011 (Prix Polar Michel Lebrun, Grand Prix Gustave Flaubert, Prix Polar méditerranéen, Prix des lecteurs du festival Polar de Cognac, Prix Goutte de Sang d’encre de Vienne, 2011…), Un avion sans elle (Prix Maison de la Presse et Prix du Roman populaire, 2012), Ne lâche pas ma main (Prix du roman insulaire, 2013), N’oublier jamais (2014), Gravé dans le sable (2014), Maman a tort (2015), Le temps est assassin (2016), On la trouvait plutôt jolie (2017), T’en souviens-tu, mon Anaïs ? (Pocket, 2018), J’ai dû rêver trop fort (2019) et Tout ce qui est sur terre doit périr (Pocket, 2019), Au soleil redouté (2020).

Au cœur des Marquises, l’archipel le plus isolé du monde, où planent les âmes de Brel et de Gauguin, Clémence, Martine, Farène, Marie-Ambre et Eloïse sont cinq lectrices participant à un atelier d’écriture animé par un célèbre auteur de best-sellers, Pierre-Yves François, communément appelé PYF.

Le rêve de leur vie serait-il, pour chacune d’elles, à portée de main ? Au plus profond de la forêt tropicale, d’étranges statues veillent, l’ombre d’un tatoueur serial killer, rôde.

Et plein soleil dans les eaux bleues du Pacifique, la disparition de PYF transforme le séjour en jeu meurtrier car bientôt les participantes deviennent la proie d’un assassin.

Enfer ou paradis ? Hiva Oa devient le théâtre de tous les soupçons, de toutes les manipulations, où chacun peut mentir… et mourir.

Yann, flic déboussolé, et Maïma, adolescente futée de seize ans, trouveront-ils lequel des hôtes de la pension Au soleil redouté… est venu pour tuer ?

Au soleil redouté est ma huitième incursion dans l’univers de Michel Bussi, après Un avion sans elle, Maman a tort, Le temps est assassin, Sang famille, Ne lâche pas ma main, J’ai dû rêver trop fort et Nymphéas noirs.

Après le Jura, Le Havre, la Corse, Mornesey, l’île de La Réunion, Montréal, Los Angeles, Barcelone, Jakarta et Giverny, direction Les Marquises, une destination paradisiaque, pour cette nouvelle intrigue qui fait la part belle à une petite île de la Polynésie française, Hiva Oa, où sont enterrés Jacques Brel et Paul Gauguin.

Aller en Polynésie est l’un de mes rêves et avec cette lecture, j’ai été plongée dans l’atmosphère de ces îles, découvert leur folklore, appris aussi hélas le massacre dont ils ont été victimes et le rôle du colonisateur français qui a voulu exterminer la culture, les traditions et la langue polynésienne.

Michel Bussi nous propose avec ce titre un huis clos à ciel ouvert, orchestré de main de maître par cet auteur de talent. Un roman policier aussi bien documenté qu’efficace, comme toujours d’ailleurs car jusqu’à présent, ce romancier ne m’a jamais déçue et plutôt bluffée, je dois le dire.

L’intrigue pleine de rebondissements, de secrets et de mystères savamment distillés, est bien rythmée, très bien développée. En effet, impossible de s’ennuyer de la première à la dernière page, emportée par une histoire qui va à vive allure. J’ai vraiment été épatée par la qualité de cette enquête, bluffée par la virtuosité de l’auteur à nous mener par le bout du nez jusqu’au final inattendu.

Michel Bussi donne le ton dès le prologue et comme d’habitude, je me suis fait avoir dans les grandes largeurs : je n’ai rien vu venir ! J’ai pourtant bâti des scénarios au fil de ma lecture, passé au crible les événements, je me suis fait avoir comme une bleue et j’ai adoré ça !

Michel Bussi nous fait voyager tout au long du récit et il nous décrit avec tant de précision et de réalisme Hiva Oa, ses traditions (tiki, manna, perle, tatouage) qu’on pourrait s’y croire, c’est l’une des forces de cet auteur qui utilise à merveille son métier de professeur de géographie pour nous décrire les lieux qui servent de toiles de fond à ses intrigues, c’est l’une des choses qui me plaisent le plus chez lui.

J’ai aussi beaucoup aimé les personnages, notamment Yann, le capitaine de gendarmerie et Maïma, l’adolescente qui lui sert d’adjoint et le jeu de pistes que nous propose l’auteur, un peu à la façon d’une murder party.

Michel Bussi fait aussi de gros clins d’œil à la reine du crime, Agatha Christie, avec un bel hommage à l’un de ses chefs d’œuvre : Dix petits nègres dont il s’empare pour nous proposer un développement et une ambiance que n’aurait pas renié la romancière anglaise.

Une fois encore je n’ai pas été déçue par Michel Bussi et je vous recommande chaudement Au soleil redouté si vous souhaitez le découvrir.

Belette qui m’a accompagné dans cette lecture a adoré aussi, vous pouvez lire son avis ici.

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette lecture addictive !

Read Full Post »

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

challenge-un-pave-par-mois

Lara Dearman a grandi à Guernesey avant de s’installer au Royaume-Uni pour étudier à l’université les relations internationales et le français. Après une brève carrière dans la finance et trois ans passés à Singapour, elle se consacre à l’écriture. Son premier roman, La Griffe du diable, combine son amour pour Guernesey, et ses nombreux mythes, et sa passion pour le polar et les serial killers.

Poursuivie par ses démons, Jennifer Dorey a quitté Londres pour retourner dans sa maison d’enfance chez sa mère, à Guernesey, où elle est devenue reporter pour le journal local.

Elle pensait pouvoir souffler un peu. Elle avait tort. Quand le cadavre d’une jeune femme s’échoue sur une plage, la police penche pour un suicide. Mais la journaliste découvre que les suicides d’adolescence semblent un peu trop nombreux sur cette île.

Guernesey, qui semble si paisible, abrite-t-elle un tueur en série ? Malgré les interdictions du patron du journal, Jennifer mène sa propre enquête et exhume plusieurs morts similaires qui s’étendent sur une cinquantaine d’années.

Plus troublant encore, toutes les victimes avaient sur le bras des marques semblables à un symbole gravé sur un rocher de l’île : la griffe du diable, dont la légende veut qu’elles aient été laissées par Satan lui-même…

La griffe du diable est le premier thriller de Laura Dearman, originaire de Guernesey. Je pensais beaucoup aimer cette histoire mais elle s’est révélée finalement assez décevante.

Et pourtant, ce roman a des qualités : le côté huis clos et la quasi personnification de l’île, l’ambiance pesante qui se dégage du récit, l’atmosphère qui va frôler la paranoïa, les petits secrets gardés par chacun des protagonistes, tout ça est bien amené et construit.

Seulement voilà, il y a un hic : l’intrigue s’enlise et on finit par s’ennuyer car les longueurs sont nombreuses et bon nombre de passages s’avèrent inintéressants et surtout inutiles, et au final, on ne s’intéresse plus tellement à cette affaire de tueur en série.

Roman à trois voix porté par des personnages assez fades et plats : Jennifer, l’inspecteur chargé de l’enquête, et le tueur lui-même, on peine à s’intéresser à eux et à leur passé pour le moins chargé.

Autre point négatif : j’aurai aimé en apprendre davantage sur l’île de Guernesey, ses légendes et son folklore. Je suis restée sur ma faim car l’autrice y fait bien allusion mais un peu trop brièvement à mon goût, sans doute parce que l’autrice veut bâtir une série et dévoiler un élément à chaque roman.

Et enfin, l’autrice ne nous donne pas les clés pour que l’on découvre l’identité de l’assassin, alors que j’adore mener moi-même l’enquête. Ici, le dénouement arrive comme un cheveu sur la soupe et là aussi j’ai été déçue.

En bref, La griffe du diable est un roman d’ambiance qui n’aura pas su me charmer ni me convaincre tout à fait, je ne poursuivrai pas avec le second tome d’ores et déjà paru. Belette est sur la même longueur d’ondes, un peu déçue elle aussi, vous pouvez aller voir son avis ici.

Read Full Post »

Older Posts »