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Archive for the ‘Littérature adolescente & young adult’ Category

Après avoir travaillé dans le jeu vidéo et le cinéma, Ariel Holzl se consacre à l’écriture de romans pour la jeunesse. Il aime croiser les genres et créer des rencontres inattendues entre les auteurs qui l’inspirent : Terry Pratchett, Neil Gaiman, Edgar Allan Poe, Jane Austen, Alexandre Dumas et bien d’autres…

Paris, 1889. L’empereur Napoléon III, grand vainqueur de Sedan, s’apprête à inaugurer l’exposition universelle organisée dans un Paris grouillant d’automates en tout genre. Lors de la parade d’ouverture, Philémon de Fernay, jeune élève de saint-Cyr, a le privilège de piloter le Zéphyr, le nouvel aéronef crée par Clément Ader.

Mais tout déraille lorsque l’engin volant s’écrase sur la salle des machines et la pulvérise. Sous les gravats, Philémon découvre alors le corps d’un enfant automate aux traits particulièrement réalistes. Quel fabricant a bien pu enfreindre la loi principale de la Pax automata qui interdit la conception d’automates ressemblant à des humains ?

Même Zélie, la romanicielle et mécanographe hors pair, n’a jamais rien vu de pareil ! Plus mystérieux encore…Une fois activé, l’enfant automate est capable de faire exploser n’importe quel mécanisme à proximité. Serait-ce une arme secrète dirigée contre l’Empire ?

Avec Pax Automata, Ariel Holzl nous propose une uchronie steampunk très réussie. Ce récit destiné aux adolescents est plein de pep’s avec beaucoup d’aventure et d’actions, impossible de s’ennuyer tant l’auteur nous ferre dès les premières pages !

L’univers, où les machines sont prépondérantes, est très intéressant, le contexte historique aussi. Napoléon III n’a pas perdu à Sedan grâce à ses automates plus évolués que ceux des prussiens et la pax automata régit la création et l’utilisation de ces robots pour les états comme pour les particuliers.

Le Royaume-Uni n’existe plus, la reine Victoria a été chassée du pouvoir par Ada Lovelace qui règne sans partage sur le Royaume-Unitaire. Dans cette Europe où les conflits menacent en permanence, les espions de tous bords sont légion.

Nos héros, apprentis pilotes d’aéronefs sous la férule de Clément Ader, vivent dans ce monde parallèle que l’auteur a façonné en mêlant univers steampunk et réalité historique, et incorporant à son récit des événements qui ont réellement eu lieu comme la construction de la Tour Eiffel, l’Exposition universelle de 1889, la tentative d’assassinat de Napoléon III, la Commune…

Phil, Ferdi, Elisa et Zélie vont se retrouver aux prises avec un ordre secret et découvrir un vaste plan politico-scientifique : les automates remplaceraient peu à peu les humains afin de régner sans partage.

L’intrigue est passionnante, dynamique et j’ai eu plaisir à déambuler dans ce Paris alternatif. Les héros sont attachants et les adolescents et adolescentes pourront s’identifier et retrouver certaines problématiques de leur âge comme l’amour, l’amitié, la scolarité…

La plume d’Ariel Holzl est fluide et immersive et ses nombreuses trouvailles sont réjouissantes, voilà une lecture qui m’a sortie de ma zone de confort et j’ai adoré ça !

Cerise sur le gâteau : la couverture de toute beauté de Léonard Dupont qui sublime cette histoire par cette belle illustration et les vingt eaux-fortes ponctuées au fil des pages. J’ai adoré aussi les insertions de fac-similé d’articles de journaux et de publicité qui nous donnent l’illusion de lire un roman écrit en 1889 et non de nos jours !

Un grand merci aux éditions L’école des loisirs pour cette lecture divertissante, j’ai adoré !

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Agrégée d’histoire-géographie et mère de famille nombreuse, Anne Riolet a déjà publié plusieurs romans jeunesse dont les aventures d’Evguenia (Les îles Valaam et Les îles Solovki) aux Éditions du Rocher..

Août 1914. Juliette Marsay, jeune fille malicieuse et pleine de vie, est pourvue d’une forte personnalité que la respectable institution du couvent des Oiseaux n’arrive pas à dompter. Émile, son ami d’enfance, termine péniblement sa licence en droit mais rêve d’explorations lointaines…

La guerre interrompt brutalement le cours insouciant de leurs vacances sur les rives de la Meuse. Pris dans le tourbillon du conflit mondial, Émile se porte volontaire pour combattre. Pour Juliette, pas question d’attendre passivement la fin de la guerre !

S’engageant auprès des chauffeurs de taxi, elle achemine les soldats sur le front lors de la bataille de la Marne.Mais la terrible nouvelle tombe lors de ce premier hiver de guerre : Émile est porté disparu. Juliette ne se résigne pas à sa perte. Au volant d’une ambulance aménagée par Marie Curie pour soigner les soldats blessés, elle se lance à sa recherche…

Juliette et la grande guerre est la nouvelle saga écrite par Anne Riolet. Ce premier tome, Un ruban dans les tranchées, nous plonge dans les premiers mois de cette guerre qu’on a appelé la der des der.

L’héroïne est une jeune fille âgée de quinze ans très moderne pour son époque au grand dam de sa mère. Elle conduit l’automobile familiale depuis que Marcel, le chauffeur, le lui a appris et elle va particulièrement se distinguer lors de l’opération des Taxis de la Marne.

Très attachante et courageuse, éprise de liberté et d’émancipation, Juliette fait vivre aux jeunes lecteurs dès 13 ans la guerre aussi bien à l’arrière, à Paris, qu’aux abords des tranchées.

Anne Riolet, qui s’est très bien documentée, montre le travail des femmes pendant ce conflit qui a clairsemé les rangs des hommes : les ouvrières dans les usines, les conductrices de tram, les bourgeoises au sein des ouvroirs.

Mais aussi le travail de Marie Curie, de sa fille Irène, et de leurs voitures aménagées qui permettaient de radiographier les membres touchés et d’éviter ainsi bon nombre d’amputations.

L’autrice aborde aussi les désertions et les procès où seule la peine de mort était votée, les blessures des poilus et leurs troubles psychologiques suite aux bombardements.

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore ce pan de notre histoire, ce récit est diablement intéressant et bien construit. Je le recommande aux adolescents qui vont apprendre une foule de choses en assez peu de pages puisque le récit est court.

Je remercie Babelio et  Les Editions Plein Vent pour cette lecture bien agréable. Je serai pour ma part au rendez-vous du tome 2, très curieuse de voir ce que l’autrice réserve à ses personnages.

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Camille Guénot est éditrice, traductrice et auteure. Titulaire d’un master lettres modernes et cinéma de l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3 (2007-2009), elle se tourne vers l’édition et voyage au Royaume-Uni. Elle vit plusieurs années en Irlande, où elle obtient un master en littérature du Trinity College Dublin (2008-2009), en Écosse et en Angleterre et travaille notamment chez Walker Books, à Londres (2013-2014). C’est ce séjour dans la capitale britannique qui lui inspire son premier roman, « Oscar Goupil – A London Mystery » (2022).

Mes parents m’avaient laissé une lettre : je passerais mes vacances de fin d’année chez ma grand-tante Léonie, à Londres. Pas vraiment un cadeau, vu sa réputation. Et le train partait dans une heure. « Délicieusement excentriques » ?

Complètement irresponsables, je dirais. Heureusement que je me débrouille en anglais. Je me demande maintenant à quoi ressemblerait ma vie si j’avais raté ce train, si je n’avais pas été obligé d’aller dans ce musée, la National Gallery, si je n’avais pas découvert… Disons juste que la magie n’est pas toujours là où on s’y attend.

Si vous aimez le confort douillet de votre quotidien, si vous exécrez le mystère et la magie, reposez Oscar Goupil : A london mystery et passez votre chemin. Car ce qui vous attend entre ces pages est magique. Oscar est un adolescent de 13 ans ordinaire à qui il arrive des choses extraordinaires.

Avec ce récit, Camille Guénot qui signe ici son premier roman, propose à ses jeunes lecteurs une histoire très originale avec une tante pas comme les autres, un musée énigmatique, des disparitions inquiétantes, la découverte d’un don singulier…

Au fil de la lecture, on met nos pas dans ceux d’Oscar, un héros bien attachant et attendrissant, catapulté à Londres pour vivre une aventure tout ce qu’il y a de plus magique !

Alliant suspens et fantastique, ce polar nous offre une enquête bien ficelée dans le monde de l’art et se révèle épatant pour faire découvrir ce genre aux jeunes dès 13 ans.

Ce roman est aussi bourré d’humour, de loufoquerie et de péripéties en tous genres avec une galerie de personnages hauts en couleur. Toute l’intrigue a lieu la semaine précédent Noël, il a peu d’allusions à la fête hélas, ce n’est donc pas un roman de Noël.

Une semaine pendant laquelle Oscar découvre un pouvoir particulier puisqu’il peut communiquer avec les tableaux du musée. Un don dont il ignorait tout mais qui est lié à sa famille.

Cette touche de fantastique nourrit l’enquête à bon escient et les deux versants de l’histoire sont bien dosés. La majorité de l’intrigue a pour cadre (sans faire de vilain jeu de mot) la National Gallery que l’on découvre tout au long du roman, l’art est donc au coeur du récit et j’ai beaucoup aimé cet aspect.

Comme je le disais plus haut, j’ai trouvé le roman de Camille Guénot très original : le pouvoir d’Oscar est épatant et bien exploité, les rivalités entre arts contemporain et classique avec des stars de l’art contemporain mis en scène tels que Damien Hirst ou Jeff Koons donnent lieu à de grands moments d’humour et à des situations abracadabrantesques.

Vous l’aurez compris, ce roman ado est une belle réussite et pour un premier essai, c’est un coup de maître. Je remercie les éditions L’école des loisirs pour la lecture de cette petite pépite !

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Malika Ferdjoukh est née à Bougie en Algérie. Ce qui explique le « h » final à son nom (quand on l’oublie, elle a horreur de ça !), et sa collection de chandelles. Elle vit à Paris depuis sa petite enfance. Elle a séché quelques films à la Cinémathèque pour suivre des cours à la Sorbonne. On peut dire qu’elle est incollable sur le cinéma américain, ses dialogues fameux et ses distributions pléthoriques, du western au polar noir, mais son genre adoré reste la comédie musicale dont elle est…

Fin du XIXè siècle. Morgan’s Moore, au nord de l’Angleterre. Ses villageois, ses notables, son unique auberge et ses crimes épouvantables…

Un crime non élucidé reste à ce point mystérieux que Scotland Yard a dépêché sur place le superintendant Tanyblwch et son jeune adjoint, Pitchum Daybright, tout juste diplômé de la Royal School of Studies in Criminology.

Ce dernier voit d’un mauvais oeil les interventions de Flannery, la fille des aubergistes, qui est convaincue de pouvoir les aider dans leur enquête.

Non seulement, Miss-Je-sais-Tout-sur-Tout a la langue bien pendue, mais elle a le chic pour lui faire monter le rouge aux joues. Il faut dire que la demoiselle est une peste fort charmante…

Avec Griffes, Malika Ferdjoukh propose aux adolescents un thriller gothique diablement passionnant et délicieusement frissonnant, dans un petit coin de campagne de l’Angleterre à l’époque victorienne.

J’aime beaucoup la plume de cette autrice, elle a ce talent de conteuse qui m’embarque, peu importe le genre du roman et l’époque à laquelle elle plante son intrigue, j’aime à chaque fois et ce nouveau récit ne fait pas exception, c’est un vrai régal de lecture.

Médium, meurtres, accusés potentiellement innocents, histoires d’amour contrariées, menaces bien présentes, secrets de famille enfouis mais aussi humour, dialogues savoureux et personnages pittoresques, sont les points forts de ce roman à suspens qui tient toutes ses promesses. 

J’ai adoré l’atmosphère gothique que nous propose Malika Ferdjoukh et les petites sueurs froides qu’elle nous occasionne au gré de la lecture. Car mine de rien la tension monte crescendo et on tremble pour nos protagonistes aux prises avec un tueur sans pitié.

L’histoire à la fois sombre et mystérieuse est bien construite et nous tient en haleine jusqu’au bout tant les meurtres relatés tout au long du récit sont intrigants. Des assassinats commis de sang-froid et pour les deux premiers d’entre eux dans des endroits clos à l’arrivée de la police.

Comment diable le meurtrier fait-il pour commettre ses méfaits et quitter les scènes de crime sans qu’on ne sache comment il s’y prend ? Il faudra toute la sagacité de Pinch et de Flannery pour découvrir le fin mot de l’histoire.

Bien malin le lecteur qui parviendra à deviner les tenants et aboutissements de cette série de meurtres. Pour ma part, je n’ai deviné qu’une partie de cette intrigue rudement bien ficelée et j’ai été surprise par les dernières révélations mitonnées par Malika Ferdjoukh.

Une petite pépite, voilà ce qu’est Griffes et j’en profite pour remercier L’école des loisirs pour cette lecture haletante, j’ai adoré et je vous la recommande chaudement !

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Dana Jae Schwartz est une journaliste, scénariste et auteure américaine. Elle était auparavant correspondante à Entertainment Weekly ; elle est également l’auteur de quatre livres. Elle écrit et anime également Noble Blood, un podcast hebdomadaire historique pour iHeartMedia sur le côté obscur de la monarchie. 

Édimbourg, 1817. Hazel est une jeune aristocrate à l’avenir tout tracé. Promise à un cousin, son rôle est de se préparer à devenir une épouse dévouée et soumise. Pourtant, Hazel rejette cette fatalité. Passionnée de médecine et aspirante chirurgienne, elle décide de braver les interdits liés à son sexe et à sa classe sociale pour suivre en secret des cours d’anatomie.

C’est alors qu’elle fait la rencontre de Jack, un voleur de cadavres travaillant pour le compte de l’université où elle étudie. À ses côtés, elle se sent plus libre et audacieuse que jamais. Et quand elle découvre que certains grands chirurgiens et membres de l’aristocratie réalisent d’étranges expériences sur les cadavres, elle décide de mener l’enquête…

A la fois romance historique et polar, Anatomy est le premier tome de la saga Love story signée Dana Schwartz et se révèle particulièrement passionnant lorsque l’on s’intéresse aux destins de femmes !

J’ai beaucoup aimé cette histoire, son univers si particulier où le morbide est beau et où la mort côtoie la vie en permanence. Hazel est une jeune femme peu banale qui n’entend pas mener la vie qu’on souhaite pour elle, à savoir un beau mariage et des enfants.

Son rêve : devenir chirurgienne à une époque où ce métier ne se conjugue pas au féminin, autant dire que le quotidien d’Hazel n’est pas un long fleuve tranquille. Pour mener à bien ses études, il lui faut des corps et le seul moyen d’en avoir à sa disposition c’est de les déterrer clandestinement.

C’est ainsi qu’elle fait la connaissance de Jack dont c’est l’occupation principale et ils vont tomber amoureux. La romance est loin d’être au premier plan et c’est ça qui m’a séduite. L’autrice nous propose un très bon roman historique, bien écrit et documenté qui fait la part belle à l’émancipation d’Hazel.

L’ambiance gothique et sombre qui plane sur la ville d’Edimbourg, en proie à une terrible épidémie est bien retranscrite, ce qui en fait un formidable roman d’automne à savourer avec une bonne tasse de thé et en regardant la pluie tomber. Si Dana Schwartz aborde la chirurgie, les opérations et les dissections, elle ne nous abreuve pour autant pas de détails anatomiques sanglants.

L’autrice met vraiment l’accent sur le combat d’une femme pour se faire reconnaître dans un métier réservé aux hommes à ce moment-là, qui parfois ne montrent que peu d’intérêt pour la pratique. J’ai été touchée par Hazel, sa volonté, son courage, son combat et par son histoire d’amour avec Jack.

Je n’avais pas vu venir le twist final qui est vraiment surprenant, je serai donc au rendez-vous du tome 2 lorsqu’il paraitra en France, l’année prochaine si tout va bien.

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Julia Golding a grandi sur le bord de la forêt d’Epping. Après avoir étudié l’anglais à Cambridge, elle a rejoint le Foreign Office et a servi en Pologne. Mariée et mère de trois enfants, Julia vit maintenant à Oxford et travaille comme journaliste pigiste.

Reading, Angleterre, 1789. Conviée au bal de leur ancienne école, Cassandra, la soeur de Jane, oblige sa cadette à l’accompagner malgré ses réticences. Qu’y a-t-il de pire que de se ridiculiser sur la piste de danse devant une troupe de jeunes galants ?

Par chance, la soirée prend vite un tour plus intéressant lorsqu’un collier de diamants d’une valeur inestimable est dérobé à l’une des invitées, Elinor Warren. Jane s’empresse alors de mener l’enquête pour démasquer le voleur…

Un voleur au bal est le second de tome des enquêtes de Jane Austen et la suite directe du Fantôme de l’abbaye pour lequel j’avais eu un petit coup de coeur ! Quel bonheur de retrouver Jane et Cassandra et leurs amis indiens Deepti et Arjun dans ce nouvel opus, toujours signé Julia Golding !

J’ai beaucoup aimé ce cosy mystery pour les adolescents, que je conseille à partir de 13 ans, mais en tant qu’adulte je me suis régalée à suivre l’adolescente Jane Austen, si vive, intelligente et pleine de piquant, exactement telle que je me l’imagine !

Notre héroïne de 13 ans allie courage et vivacité d’esprit, impertinence et malice et surtout, notre écrivaine en herbe se révèle une enquêtrice hors pair qui trouvera l’identité du voleur de bijoux, car elle persuadée que Brandon, l’ancien esclave venu de Jamaïque est accusé à tort. Mais elle saura découvrir également les secrets des Warren et ceux de Madame de la Tourelle, la directrice de l’école.

Elle sera bien aidée par Deepti, la fille du boulanger indien Anjur, qui manie à merveille le tir à l’arc, l’équitation et les sports de combat. Et son équipe de filles affrontera avec brio celle des garçons de l’école voisine au cricket !

Les chapitres sont courts et bien rythmés, il y a des rebondissements et des fausses pistes comme dans tout bon roman policier qui se respecte et l’intrigue, bien ficelée, demandera aux enfants et adolescents de faire fonctionner leurs petites cellules grises.

La plume de l’autrice est vive et Julia Golding montre qu’elle connaît bien Jane Austen mais aussi l’époque de son récit. En effet, j’ai apprécié qu’elle évoque certains sujets comme les conditions sociales, les relations entre les différentes strates de la bourgeoisie, le travail des enfants, la traite d’êtres humains, le racisme, la délicate question du mariage et de l’héritage…

Après Northanger Abbey, ce cosy mystery bourré d’humour s’inspire de Raisons et Sentiments et je me demande bien de quel roman de Jane Austen s’inspirera Julia Golding pour le troisième tome mais je serai au rendez-vous ! Et vous ?

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Née en France, Clémentine Beauvais vit en Grande-Bretagne où elle est enseignante en sciences de l’éducation à l’université de York. Elle est l’autrice d’une vingtaine de livres dont Les Petites Reines,succès retentissant, traduit en Allemagne, Pologne, Slovénie, Grande-Bretagne, République Tchèque, et Italie, adapté au théâtre, élu Meilleur Roman par le magazine Lire , lauréat du Prix Sorcières et du Prix Libr’à’nous… Un succès confirmé avec Songe à la douceur … En septembre 2018, elle a publié Brexit Romance . En août 2020 parait Âge tendre.

L’héroïne Clémentine Beauvais autrice jeunesse déprimée par une série d’échecs littéraires et amoureux trébuche sur une curieuse énigme historique : qui était la marraine la bonne fée du petit prince Louis XVII fils de Louis XVI et Marie-Antoinette ?

Comment cette fée, dotée comme toutes ses consoeurs de l’époque de pouvoirs magiques puissants, a-t-elle pu abandonner le petit prince à une mort atroce ? Plus étrange encore pourquoi a-t-elle disparu des archives de l’Histoire après la Révolution ?

Et si derrière ces mystères se trouvait la clef d’un autre encore plus grand : Que s’est-il passé le jour où la magie s’est évaporée ?

Les facétieuses signe mes retrouvailles avec Clémentine Beauvais. Pour moi, les romans de cette autrice : ça passe (Les petites reines ; Age tendre) ou ça casse (Brexit romance). Et là, je sors de cette lecture avec un sentiment mitigé : des choses que j’ai aimé et d’autres pas du tout !

Ce roman est un OVNI et on peut tirer son chapeau à Clémentine Beauvais d’avoir voulu sortir de sa zone de confort et de mélanger les genres entre non fiction, historique et fantastique. Je suis très dubitative sur le résultat final car je ne sais toujours pas où l’autrice a voulu nous emmener !

La thématique de fond est très originale entre réalisme et fantastique puisqu’elle porte sur les marraines la bonne fée. Pour moi, qui ai toujours aimé les contes de fées, je dois dire que ce point de départ est assez savoureux d’autant que Clémentine Beauvais a de l’humour et que ça fait mouche !

Dans ce monde qui ressemble en tous points au nôtre, la magie a existé et les marraines la bonne fée aussi ! L’autrice mélange des éléments biographiques de sa propre vie (ses études, son métier, ses romans, son éditeur Tibo Bérard, ses collègues auteurs et autrices) et en se prenant elle-même pour héroïne et de la fiction pure.

Elle mélange donc non seulement les genres mais aussi les éléments réalistes et fictifs. A mi-chemin entre la fiction et l’essai, on croit saisir au fil de l’histoire où va aller l’intrigue et en fait, pas du tout ! La lecture est agréable mais l’autrice m’a perdue lorsqu’elle a intégré les sciences de l’éducation, Bourdieu et sa croisade pour l’égalité des chances.

Son récit devient plus social et engagé sur le dernier tiers du récit et j’ai trouvé cette partie plutôt inintéressante car elle est vent debout contre les marraines la bonne fée qui étaient au service des puissants au détriment des plus faibles et que je n’ai pas vu l’intérêt de cette dénonciation. J’aurai préféré qu’elle creuse les éléments magiques et féériques davantage comme elle avait commencé à le faire.

Pour conclure, une lecture en demi-teinte pour moi, je suis un peu déçue après mon quasi coup de coeur pour Age tendre, à vous de vous faire votre propre avis si le coeur vous en dit !

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Jean-Michel Payet est né un 1er mai à Paris, en 1955. Après des études d’architecture, il a illustré une trentaine de romans, d’albums et de documentaires avant de se tourner vers l’écriture en 2004. Depuis, il a publié des romans pour la jeunesse et les jeunes adultes aux éditions des Grandes Personnes, Milan, Rageot, Bayard… Enfant, il ne se voyait pas devenir « auteur », mais plutôt « héros ». En attendant, il continue à écrire. Et à dessiner.

Paris, 1922. Le soir de son anniversaire, Madame Gambette, la mère adoptive de Balto ne rentre pas à la roulotte. Malaise ? Rendez-vous secret ? Enlèvement ? Notre gars de la Zone alerte Emilienne, sa complice journaliste, alors que dans la ville, les disparitions se multiplient : une pharmacienne, un confiseur, un invalide de guerre, un juge à la retraite…

Un inconnu s’offre même le luxe d’avertir ses proies en leur fixant des rendez-vous aux quatre coins de Paris avant de les enlever… et parfois de les assassiner. Madame Gambette figure-t-elle sur cette macabre liste ? Pourquoi ?

Quel est le but de cet assassin qui sévit dans les rues de Paname, et disparaît à bord de sa Torpédo Rouge sang ? Les enquêteurs sont sur les dents, la presse s’enflamme et du théâtre du Grand Guignol au vélodrome d’hiver, Balto désespère de retrouver sa daronne… avant qu’il ne soit trop tard.

Avec Lhomme à la torpédo rouge sang, nous retrouvons Balthazar là où nous l’avions laissé à la fin du tome 2, Les gardiens de Nulle-Part. Quel bonheur de renouer avec ce jeune héros si sympathique créé par Jean-Michel Payet dans cette troisième aventure très réussie où il se fait un mouron du diable pour Madame Gambette, l’ancienne danseuse de cancan.

L’auteur, spécialiste des romans historiques pour adolescents, propose à ses lecteurs, une histoire menée tambour battant mêlant aventures, enquête, meurtres et secrets dans le Paris de l’après première guerre mondiale.

Comme toujours, l’auteur s’est très bien documenté et nous propose un formidable récit pour les quatorze ans et plus qui sait également séduire les adultes. Balto est le narrateur très attachant et gouailleur de cette histoire.

Gamin de la Zone gouailleur et orphelin, il est resté peu de temps sur les bancs de l’école, fabrique des paniers mais se rend coupable aussi de quelques rapines pour améliorer le quotidien.

Pour coller au plus près de la réalité, Jean-Michel Payet, a fait le choix de l’argot, un très bon choix, qui rend le récit très vivant d’autant qu’il est entrecoupé de nombreux dialogues, de beaucoup de péripéties, de révélations en cascades et de suspens.

Impossible de s’ennuyer avec Balto et son amie journaliste Emilienne tant l’intrigue, très bien construite, nous happe dès les premières pages. Ces enlèvements et meurtres en série sont l’oeuvre d’un esprit retors et il va falloir à nos héros une bonne dose de sagacité pour découvrir le réel mobile de cette épineuse affaire qui semble vouloir atteindre les plus hautes sphères de l’Etat.

La gouaille de Balto, le contexte historique très bien développé par l’auteur qui s’attache à nous montrer la misère des fortifications comme les beaux quartiers de Paris, sont les atouts de cette saga.

Ajoutez une bonne trame policière avec du suspens, de l’humour et de l’émotion, vous obtenez un roman historique de qualité pour les ados et pour les adultes ! Les personnages sont intéressants et bien dessinés, j’ai aimé les suivre jusqu’au dénouement et j’espère bien que Jean-Michel Payet va continuer à nous raconter les aventures de Balto et d’Emilienne.

Bravo à L’école des Loisirs pour le très beau travail éditorial : l’objet livre est superbe avec ses dorures et ses décors qui se poursuivent de la couverture à la quatrième en passant par le dos. Je les remercie pour l’envoi de cette lecture, j’ai adoré !

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Après avoir été professeure des écoles, elle se consacre à l’écriture à temps plein depuis 2011. Son premier livre à destination de la jeunesse a paru en mars 2010 aux éditions Talents Hauts. Elle écrit des romans pour adolescents (Sarbacane, Bayard, Nathan, Robert Laffont), des albums (Gallimard, Milan…), des BD (Delcourt, Glénat, Marabout…).

Bordeaux, 1764. Ange Rouvray accompagne son père médecin dans ses visites auprès des malades. L’épidémie de variole fait rage et pour se protéger, il faut porter un masque, se désinfecter les mains, garder ses distances…

La jeune Esmée de Montagu a vu mourir en quelques semaines son père, son frère, ses sœurs. Elle reste seule avec sa mère, tellement pleine de chagrin qu’elle n’a plus de larmes. La comtesse Isabeau de Montagu, est obsédée par l’idée de garder sa dernière fille en vie. Elle veut tester sur elle une technique controversée et dangereuse et fait appel au docteur Rouvray, qu’elle espère ouvert à cette pratique nouvelle.

Lors de cette visite, Esmée et Ange se rencontrent. Et tombent amoureux. Mais comment une histoire est-elle possible entre ces deux êtres que tout sépare ?

Après avoir beaucoup aimé Soleil glacé il y a deux ans déjà, j’ai eu très envie de retrouver la plume de Séverine Vidal et j’ai jeté mon dévolu sur Sous ta peau, le feu, présent dans ma PAL depuis quasiment un an.

Dès les premières pages, l’autrice a su me transporter au coeur du siècle des Lumières, ma période historique préférée, avec cette histoire d’amour qui aborde des thèmes très intéressants comme la médecine, l’inoculation, l’éducation des filles, le système de classes sous l’ancien régime…

Au centre de ce roman, une histoire d’amour entre Ange, futur médecin, et Esmée, dernière enfant des seigneurs de Montaigu a avoir échappé à la variole qui a décimé toute sa famille. Leur histoire, toute en sensualité, est bouleversante. Et l’épidémie de variole qui fait tant de victimes sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI, traverse tout le récit, charriant avec elle les malades, teintant de noirceur l’amour entre Ange et Esmée.

Séverine Vidal a fait un gros travail de documentation concernant cette maladie et les prémisses de l’inoculation. La variole est en effet le pire des fléaux au 18e siècle. On n’arrive guère à traiter la maladie une fois contractée. L’agitation autour de l’inoculation constitue un miroir des tensions de l’époque car les premiers humains sur lesquels on teste l’inoculation sont les prisonniers et les orphelins.

Des personnes peu considérées ou jugées nuisibles à la société sous l’Ancien régime, sont mises au service d’une recherche qui doit bénéficier à tous. Or l’opération reste le plus souvent une pratique limitée aux classes aisées. Les délaissés de l’existence ne servent que de terrains d’expérience.

Le docteur Rouvray fait de l’inoculation son cheval de bataille et entend bien protéger ses patients de cette terrible pandémie mais il est bien le seul dans sa région, ses confrères préfèrent s’en remettre à Dieu.

Au-delà de ces questions, Séverine Vidal signe un roman pour adolescents dès 13 ans engagé sur la cause des femmes, le droit à l’éducation des filles, les amours interdites durement punies au temps des rois et jusqu’à finalement très récemment.

Cette histoire à deux voix m’a profondément émue et bouleversée, je me suis immédiatement attachée à Ange, à Esmée et au docteur Rouvray, un homme profondément tolérant et très en avance sur son temps qui ose défier les lois de l’époque. C’est un beau roman, fort en émotions qui me restera longtemps en mémoire.

Un grand merci aux éditions Nathan pour ce coup de coeur, j’espère vous avoir donné envie de le découvrir à votre tour.

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Née en France, Clémentine Beauvais vit en Grande-Bretagne où elle est enseignante en sciences de l’éducation à l’université de York. Elle est l’autrice d’une vingtaine de livres dont Les Petites Reines ,succès retentissant, traduit en Allemagne, Pologne, Slovénie, Grande-Bretagne, République Tchèque, et Italie, adapté au théâtre, élu Meilleur Roman par le magazine Lire, lauréat du Prix Sorcières et du Prix Libr’à’nous… Un succès confirmé avec Songe à la douceur, Brexit Romance et Âge tendre.

La Présidente de la République l’a décidé : tout élève doit faire, entre sa troisième et sa seconde, une année de service civique. Valentin n’a pas de chance : ses vœux ne sont pas respectés, et il est envoyé dans le Pas-de-Calais, dans un centre pour personnes âgées atteintes d’Alzheimer, minutieusement reconstitué pour ressembler à un village des années 60.

Sa première mission semble assez simple : écrire une lettre à une pensionnaire qui a répondu à un concours dans un Salut les Copains de 1967, pour lui annoncer que, malheureusement, Françoise Hardy ne va pas pouvoir venir chanter pour elle. Sauf que c’est difficile d’annoncer une telle mauvaise nouvelle. Alors il annonce l’inverse. Françoise Hardy viendra !

Age tendre signe mes retrouvailles avec Clémentine Beauvais. Pour moi, les romans de cette autrice ça passe (Les petites reines) ou ça casse (Brexit romance). Mon fils ainé a lu cette année Songe à la douceur, au programme de sa seconde, qui est donc dans ma PAL, je le découvrirai avec plaisir tant ce roman à l’ambiance sixties m’a plu !

Ce roman a une construction très originale puisqu’il prend l’apparence d’un rapport de service civique en plusieurs points qui revient sur l’année qu’à vécu Valentin au service Mnémosyne du Pas-de-Calais. Le rapport écrit tout au long de l’année de cerci, s’enrichit des notes du Valentin un an après qui corrige certaines pensées, préjugés, ressentis…

Cet ado surdoué a l’art d’exprimer ses angoisses et ses questionnements mais aussi d’analyser ce qu’il découvre et ne connait pas : la vieillesse, les pertes de mémoire des pensionnaires, ses collègues, son travail au sein de la structure

Mais il insère aussi des pans entiers de sa vie personnelle : le divorce de ses parents, la dépression de sa mère, son refus de voir son père et sa belle-mère, sa difficulté à accepter les changements, son quotidien avec ses colloc’ Vadim, Victor, Bouchra et Constance…

Petit à petit, Valentin s’attache aux pensionnaires, il a d’ailleurs ses préférés, mais aussi aux employés dans cet endroit qui a l’objectif de reconstituer l’époque de jeunesse de ces seniors. Tout y passe : le mobilier, la météo, les programmes télés, la musique, la littérature, les séances ciné…. Et Valentin, d’abord réticent, tiraillé entre la vérité et le mensonge, se prend au jeu.

C’est un roman d’apprentissage qui ne se résume pas car l’autrice nous raconte des tranches de vie et aborde une foule de thématiques toutes plus intéressantes les unes que les autres. C’est tendre, subtil, nostalgique, drôle, émouvant et bourré de nombreuses références à la culture populaire des années 60 et 70.

Valentin est un héros atypique, hypersensible, il a un sens étonnant du détail, une certaine maladresse qui fait son charme et il est terriblement attachant. J’ai beaucoup aimé le suivre de la première à la dernière page et surtout découvrir le quotidien de cette unité pas comme les autres.

On écrit beaucoup, actuellement, sur les EHPAD, plutôt en mal qu’en bien. Sur la maladie d’Alzheimer aussi. Ce roman d’anticipation, juste quelques années en avance sur notre temps, propose une autre façon de traiter la démence sénile, dans un univers artificiel recréant les années de la jeunesse de ses pensionnaires. Et j’ai trouvé cette idée épatante !

C’est un roman réellement captivant qui m’a réconcilié avec Clémentine Beauvais, je vous le recommande chaudement même si le début peut désarçonner, il en vaut vraiment la peine !

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