Dans la forêt de Hokkaido – Eric Pessan #RL2017

Les anges gardiens n’existent pas qu’en rêve, le saviez-vous ? Lorsque Julie plonge dans le sommeil, son monde bascule. L’adolescente se retrouve dans la forêt de l’île japonaise d’Hokkaido, reliée physiquement à un petit garçon de sept ans. Abandonné par ses parents, il erre seul, terrifié, et risque de mourir de froid, de soif et de faim. Quel est le lien entre Julie et l’enfant perdu ?

Mai 2016. Lorsque Julie plonge dans le sommeil, elle semble connectée à un petit garçon, seul en forêt.

Au fil de ses rêves, elle côtoie ce garçonnet terrorisé, qui a été abandonné par sa famille sur une île japonaise. Il a faim. Il a froid. Il est terrorisé. Comment Julie peut-elle l’aider ?

Mais ses rêves perturbent Julie qui perd le fil entre virtuel et réel et s’épuise de plus en plus au point d’inquiéter sérieusement ses parents…

Vous vous souvenez sûrement d’un fait divers qui avait fait le tour de la planète en mai 2016. Un jeune garçon de 7 ans, apparemment insupportable, avait été laissé par ses parents dans la forêt de Hokkaido, une île inhabitée, peuplée de créatures sauvages comme des ours.

Pendant six jours, les autorités japonaises avaient cherché Yamoto qui avait trouvé refuge dans une base militaire désaffectée. Eric Pessan s’est servi de ce fait divers tragique qui heureusement s’est bien terminé pour son dernier roman intitulé Dans la forêt Hokkaido.

On va suivre pendant une centaine de pages ce petit garçon japonais qui ne comprend pas comment ses parents ont pu l’abandonner et Julie, une adolescente française, qui mène une vie tranquille avec ses parents et son grand frère. Son père, conseiller municipal dans l’opposition, se préoccupe beaucoup d’humanitaire, allant jusqu’à accueillir trois jeunes migrants qui ont fui la dictature érythréenne.

Ce court roman destiné aux 14 ans et plus aborde donc plusieurs thématiques très intéressantes comme la maltraitance parentale car notre jeune héroïne n’arrive pas à comprendre, nous non plus, comment des parents en arrivent, pour donner une bonne leçon à leur enfant, à le laisser même quelques minutes, seul au beau milieu d’une forêt, au risque qu’il serve de déjeuner aux animaux sauvages.

Eric Pessan aborde également le sujet ô combien d’actualité des migrants à travers les personnages de Ghirmay, Nahom et Natnael qui ont fui leur pays d’origine où ils n’avaient aucune liberté pour le pays des droits de l’homme.

Des thématiques bien abordées, qui nourrissent un certain nombre de réflexions et que j’ai trouvé habilement introduites par l’auteur, des thèmes nécessaires et actuels qu’il est important d’expliquer aux jeunes lecteurs, une initiative que l’on ne peut que saluer.

J’ai en revanche eu du mal avec le côté surnaturel du roman qui donne une touche mystérieuse et intrigante au récit mais que j’ai trouvé trop brouillon et qui n’a pas su m’émouvoir.

Je suis plutôt restée en marge de cette histoire en partie à cause des réactions de Julie qui ne m’a pas touchée et de cette dose de surnaturel qui avec moi n’a pas fonctionné mais qui peut je pense plaire aux adolescents.

Vous l’aurez compris, malgré mes bémols, Dans la forêt de Hokkaido est un bon roman qu’il est important de mettre entre toutes les mains afin de familiariser jeunes et moins jeunes avec le problème des migrants et celui de la maltraitance parentale.

Un grand merci à Coline et aux éditions Ecole des Loisirs pour cette lecture singulière et pleine d’intérêt.

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Le secret de la dame en rouge – Béatrice Bottet

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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En cette fin du XIXème siècle, on prépare à Paris l’exposition universelle, et l’inauguration de la Tour Eiffel. Violette Baudoyer se réfugie dans la capitale après avoir fui sa famille. Elle est recueillie par Madame Bouteloup, et formée à la voyance au sein de la bonne société. Florimond Valence est quant à lui journaliste aux Nouvelles du matin, et mouchardeur pour le commissaire Aristide Barjoux. Lorsque le corps d’une femme est découvert dans le quartier de Belleville, Florimond doit élucider l’affaire. C’est alors qu’il va croiser la route de Violette… Qu’a-t-elle à voir avec ce meurtre ? Est-elle menacée ? Florimond peut-il l’aider ?

Paris, la Belle Epoque. Violette Baudoyer a fui sa famille et la ville de Troyes depuis un an déjà. Dotée du don de divination, elle voit dans l’eau l’avenir des autres mais pas le sien, elle est recueillie par Madame Bouteloup qui lui façonne sa nouvelle identité de Madame Euryale, toute de rouge vêtue .
Avec l’aide de Ernest Marescot, elle est introduite dans la meilleure société pour des séances de divination et très vite, le Tout-Paris se presse aux soirées où la dame en rouge officie.
Florimond Valence, journaliste aux Nouvelles du matin, sillonne les rues de Paris dès la nuit tombée, pour sa rubrique, la plus lue du journal, qu’il signe du sobriquet de Nocturnos, le journaliste de vos nuits blanches. Lors d’une de ces promenades, il découvre le corps sans vie d’une femme dont on a ôté le cerveau. Ce premier meurtre sera suivi de plusieurs autres et le commissaire Aristide Barjoux, entend bien se servir du talent d’enquêteur amateur de Florimond pour résoudre cette série de crimes sans précédent…
Vous connaissez mon goût pour la Belle Epoque, Le secret de la dame en rouge ne pouvait donc pas m’échapper et sitôt acheté sur la route de mes vacances, aussitôt lu, une fois n’est pas coutume.
Le secret de la dame en rouge est un roman historique comme je les aime, certes destiné avant tout aux adolescents mais l’adulte que je suis a pris beaucoup de plaisir à cette lecture.
Parlons tout d’abord de l’objet livre : la couverture est vraiment très jolie et la mise en page très soignée. Chaque en-tête de chapitre est illustré et les bas de page sont joliment soulignés, bravo à Scrinéo pour ce beau travail d’édition.
L’atmosphère ensuite, j’ai adoré la plume de Béatrice Bottet et la toile de fond qu’elle nous propose mêlant habilement science et voyance, on est plongé au cœur du Paris de la Belle Epoque et j’ai trouvé très agréable de parcourir la ville lumière en compagnie de Violette et Florimond.
Le pitch promettait une enquête palpitante dans les rues de Paris au moment où la Tour Eiffel est achevée et où la science fait des pas de géant. Palpitante je n’irai pas jusque là puisque Béatrice Bottet nous révèle très vite qui est derrière cette série de meurtres, et que ce roman n’est pas à proprement parler un polar mais plutôt un roman historique au cœur duquel la voyance est au centre, comme dans Velvet (https://deslivresdeslivres.wordpress.com/2013/07/05/velvet/) de Mary Hooper, pour autant on ne s’ennuie pas une seconde.
Au-delà de cet aspect scientifique et policier, le roman s’attarde sur la condition féminine de la fin du 19è, époque où la femme n’avait pas voix au chapitre et passait de l’autorité paternelle à celle de son mari, sans espérer une once de liberté.
Les personnages sont bien décrits et attachants. On découvre au fur et à mesure les personnalités de ces deux héros, leurs parcours respectifs et on a plaisir d’être en leur compagnie pendant plus de 400 pages.
Violette est une jeune femme forte et indépendante, qui a osé fuir un mariage arrangé et la tyrannie d’un père pour vivre son existence comme elle l’entend mais qui se retrouve piégée par Madame Bouteloup qui lui offre sécurité et protection mais qui lui prend tout ce qu’elle gagne.
Florimond est issu d’une famille nombreuse, dernier enfant d’une fratrie composée de six sœurs, piégé par le commissaire Barjoux, contraint d’enquêter et de risquer sa vie pour ne pas finir au bagne.
Vous l’aurez compris, je ne peux que vous recommander cette dame en rouge paassionnante et j’espère que Béatrice Bottet proposera une suite aux aventures de Violette et Florimond, la fin ouverte s’y prête et quant à moi, je retrouverai avec plaisir Madame Euryale et Nocturnos.

Piégés dans le train de l’enfer : 3H pour t’en sortir – Hubert Ben Kemoun

« Teddy s’assit, le sac rouge cadenassé, bien posé sur le siège à côté de lui. Interdit d’ouvrir et d’ausculter ce bagage, il connaissait la règle. Un mulet transporte son chargement sans se préoccuper de ce qu’on lui a posé sur le dos. Il était 14h23 quand il prit place dans le wagon du train à destination de Toulouse. Celui-ci s’arrêterait à Bordeaux à 17h42. A peine plus de trois heures. Une affaire vite pliée.  » Mais ce qui semblait tranquille, devient très vite un enfer… Quand le hasard se met à nous jouer des tours, il ne sert à rien de chercher à lui échapper.

Teddy est un invisible, c’est bien pour ça qu’il a été recruté. Teddy trempe dans une sale affaire : il doit transporter un sac de Paris à Bordeaux. A priori, rien de bien particulier et il est bien payé pour transporter ce cas rouge dument cadenassé : 350 €, ça valait coup de sécher le collège !

Bien sûr, rien ne se passe comme prévu, il est surveillé par deux petites frappes aussi dangereuses que stupides, l’un dans un costume de chef d’entreprise et l’autre dans son jogging flambant neuf.

Dans son compartiment, une vieille dame qui lit, un monsieur qui tape sur son ordinateur, un ado arrivé sur le fil, deux touristes et une femme avec un bandana rouge. Mais quelques kilomètres avant La Rochelle, rien ne va plus et Teddy se retrouve pris dans un terrible engrenage dont il ne sait pas s’il en sortira vivant…

Le précédent roman de Hubert Ben Kemoun, La fille quelques heures avant l’impact, avait croupi dans ma PAL un an et m’avait beaucoup plu, je n’ai donc pas fait traîner Piégés dans le train de l’enfer : 3H pour t’en sortir, alléchée par la quatrième de couverture.

Alléchée aussi par le concept de cette toute nouvelle collection de Flammarion jeunesse : des romans dont l’aventure se déroule sur trois heures pour une lecture de trois heures. Je trouve le principe excellent pour les jeunes lecteurs dès 12 ans qui ne veulent pas s’embarquer dans une brique ou pour qui la lecture n’est pas forcément un plaisir.

J’ai lu ce roman d’une traite, en un peu moins de trois heures, le contrat est rempli de ce point de vue là. Par contre, si l’histoire est menée tambour battant et avec de nombreuses péripéties, je n’ai pas trouvé pour autant que ce roman était un huit-clos haletant.

J’espérais une tension, récit montant crescendo, dans un climat angoissant mais il n’en a rien été, sans doute en partie à cause de la multiplicité de personnages que l’on suit tour à tour, chacun à son rôle, on perd en intensité.

Il y a bien des moments de réel suspens, bien aidés par la plume fluide et dynamique de Hubert Ben kemoun, le rythme est bien dosé mais au final je suis plutôt déçue de ma lecture, je m’attendais à une lecture à compte à rebours, forte en intensité dramatique.

Ceci mis à part, Hubert Ben Kemoun tisse son récit de façon très habile et ce roman plaira sans nul doute aux jeunes collégiens qui pourront se mettre davantage dans la peau de Teddy et tressaillir avec lui.

Je m’attendais à plus de suspens et de tension, le format très court de ce roman n’a sans doute pas permis à l’auteur de faire monter la pression puisque la moitié du récit sert à présenter les nombreux personnages qui interviennent.

On ne s’ennuie néanmoins nullement pendant cette lecture et l’auteur arrive malgré tout à surprendre par son dénouement et ce n’est déjà pas si mal.

Un grand merci à Brigitte et aux éditions Flammarion jeunesse pour cette lecture pleine de rebondissements !

Autopsie tome 1 Whitechapel – Kerri Maniscalco

Lu dans le cadre du mois anglais :

J’étudie le corps des femmes qu’il a assassiné de sang froid. J’assiste, impuissante, à la terreur qu’il fait régner sur Londres. Je sens son ombre peser sur moi. Ses sourires malsains. Son regard de tueur.

1888, Audrey-Rose a toujours vécu dans l’opulence et le bonheur jusqu’à la mort de sa mère. Depuis, malgré la compagnie de sa tante et ses robes en soie, la jeune fille mène une vie secrète.

Contre l’avis de son père et les attentes de la haute société, Audrey-Rose passe beaucoup de temps dans le laboratoire de son oncle pour étudier la médecine légale, en compagnie de Thomas, un apprenti charmant, intelligent mais méprisant. Elle passe ainsi ses après-midi à disséquer et à lire à travers les corps humains.

Mais depuis quelques temps, des meurtres sanglants et particulièrement horribles touchent les femmes de petite vertu de Whitechapel. Scotland Yard est sur les dents et le commissaire Blackburn, chargé de l’enquête, requiert l’aide de Jonathan Wadsworth, médecin légiste réputé.

Wadsworth va se pencher sur les victimes de celui qui est rapidement surnommé Tablier-de-cuir, assisté par Thomas Cresswell, son plus brillant élève et par Audrey-Rose Wadsworth, sa propre nièce, qui souhaite devenir médecin.

La jeune femme brave l’interdiction paternelle qui ne rêve pour elle que d’un bon mariage et de tea party. Audrey-Rose fait fi de sa condition de jeune fille de bonne famille et souhaite par dessus tout sortir de ce carcan. En avance sur son temps et émue par le sort de ces femmes, elle enquête avec Thomas Cresswell dans les rues de Whitechapel…

Je ne suis pas ripper addict mais j’ai été séduite par la couverture de Autopsie tome 1 Whitechapel et par la quatrième de couverture et je dois dire que ce roman policier Young adult m’a beaucoup plu et ce pour plusieurs raisons.

Pour son héroïne tout d’abord, la jeune Audrey-Rose, qui se révèle intelligente mais surtout très courageuse voire intrépide, et qui forme avec Thomas Cresswell, un duo atypique et drôle qui m’a rappelé le tandem March Middleton / Sidney Grice de Petits meurtres à Mangle Street que je vous conseille au passage.

Comme March Middleton, c’est un modèle de femme éprise de liberté, une femme insolite qui, avec une certaine morgue, fait fi des conventions sociales, un personnage attachant que j’aurai plaisir à retrouver dans le second tome en cours d’écriture.

Pour son atmosphère so british et victorienne ensuite que Kerri Maniscalco nous dépeint à merveille, revenant sur la place des femmes au sein de la société sous le règne de Victorien, qu’elles soient la haute société comme Audrey-Rose ou du peuple comme les malheureuses victimes de l’éventreur.

L’auteure fait aussi la part belle à la médecine légale, s’attachant à nous démontrer en quoi elle consistait à l’époque ainsi que les balbutiements de la police scientifique et j’ai trouvé cet aspect vraiment passionnant et bien relaté d’autant que l’auteure ne fait pas dans la surenchère et ne tombe jamais dans le glauque ou le morbide.

Pour son efficacité, l’intrigue est bien construite et reprend assez fidèlement le cours des évènements même si Kerri Maniscalco a choisir de faire l’impasse sur les multiples arrestations et l’assassinat de Elisabeth Stride, préférant s’arrêter plus longuement sur celui de Mary Jane Kelly, le plus spectaculaire. Elle a aussi simplifié l’histoire de Jack l’éventreur pour gagner en efficacité, ce en quoi elle a à mon avis eu raison.

Ce premier volume d’Autopsie est pour moi une très bonne surprise, je l’ai trouvé distrayant et passionnant, j’ai beaucoup aimé son atmosphère gothique et son héroïne, le style fluide de Kerri Maniscalco et les dialogues emplis d’humour et d’autodérision, une réussite !

Duchesses rebelles tome 2 La dangereuse amie de la reine – Anne-Marie Desplat-Duc

 Lu dans le cadre de Ma PAL de printemps (5/10)

A la cour de France, Marie-Aimée de Rohan est amie de la reine d’Espagne, Anne. Cette existence de plaisirs et de fêtes aurait pu la satisfaire, mais la duchesse de Chevreuse a un tempérament de feu ! Marie-Aimée ne se sent vivre que si elle anime des complots, si elle colporte des secrets et joue les espionnes… et elle ne va pas s’en priver ! Voici son histoire…

Marie Aimée de Rohan naît au château de Coupvray un beau jour de l’année 1600. Par son père Hercule de Rohan, duc de Montbazon, serviteur zélé du roi Henri IV, elle descend de l’une des plus vieilles familles de l’aristocratie bretonne et se rêve en reine de France lorsque Louis XIII accède au trône.

Làs pour elle, un roi de France se marie par raison d‘état et sa promise est finalement l’infante d’Espagne, Anne. C’est d’ailleurs une double noce qui va unir l’Espagne et la France puisque la sœur cadette de Louis, Elisabeth, épouse quant à elle l’héritier du trône d’Espagne.

Hercule de Rohan lui choisit pour époux le favori du roi, le duc de Luynes, de vingt ans son aîné. Ce mariage la propulse surintendante de la maison de la reine et assouvit ainsi ses désirs de pouvoir.

Mais cette union est de courte durée, le duc succombant à une fièvre pourpre, peu de temps après la naissance de leur fils et Marie Aimée se retrouve en exil. Peu importe, la duchesse ne pleure pas longtemps son mari et épouse quelques mois plus tard, sans même attendre le consentement de Louis XIII, le vieux duc de Chevreuse, Claude de Lorraine.

Son époux persuade le roi de mettre fin à son exil et la voilà de retour au Louvre, près de la reine. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, Anne est enfin grosse en cette année 1623 mais un soir alors qu’elle court dans une salle du Louvre avec Marie-Aimée, elle chute et perd l’enfant qu’elle portait.

La duchesse de Chevreuse est immédiatement exilée, un exil auquel succèderont de nombreux autres car Marie Aimée n’aime pas le cardinal de Richelieu, le tout-puissant premier ministre de Louis XIII, et commence à échafauder des complots pour se débarrasser de lui…

Anne-Marie Desplat-Duc, connue pour sa série Les colombes du roi soleil, s’attaque dans cette série Duchesses rebelles aux héroïnes de la Fronde. Le premier tome était consacré à la Grande Mademoiselle et dans ce second volume, Anne-Marie Desplat-Duc nous dresse le portrait de la duchesse de Chevreuse que je découvre à cette occasion.

Et cette Marie Aimée, quelle femme ! Une femme ambitieuse, éprise de réussite et d’honneur, orgueilleuse, intrigante, qui n’aura de cesse toute sa vie de comploter et de fuir en exil dès lors que ses intrigues seront découvertes par le cardinal de Richelieu d’abord puis par Mazarin ensuite.

Comme pour L’intrépide cousine du roi, sous la plume de l’auteure, c’est Marie Aimée de Rohan qui se raconte depuis son exil, dans La dangereuse amie de la reine, non pas dans son cher château de Dampirerre, mais à Saint Fargeau chez Anne Marie Louise d’Orléans.

Écrit dans le style du 17è siècle, avec le vocabulaire de l’époque, ce roman passionnant à lire, ravira les jeunes lectrices (et les autres) désireuses de s’immerger dans le siècle de Louis XIII essentiellement et notamment dans le sillage de la reine Anne d’Autriche puisque Marie Aimée réussit à devenir la confidente et la grande amie de la reine de France.

J’ai trouvé ce roman très bien documenté et il nous plonge avec une certaine délectation, dans cette cour sous Louis XIII et ses intrigues, ses complots mais aussi dans l’intimité maladroite et gauche du couple royal.

Un roman d’intrigues et d’aventures passionnant et mené tambour battant, porté par une héroïne, sinon attachante du moins très intéressante, qui met en lumière une période historique dominée par la figure du cardinal de Richelieu que l’on ne voit pas si souvent dans les romans, le règne de Louis XIII étant éclipsé par celui de son père Henri IV et surtout celui de son fils Louis XIV.

Un second tome très réussi porté par un joli travail éditorial de Flammarion jeunesse que je remercie pour cette belle lecture et qui nous propose une couverture rock’n’roll en diable avec du orange fluo, des en-tête de chapitre, des hauts et bas de pages à la manière des romans du 17è siècle, qui font de ce roman historique un bel objet livre.

Vous l’aurez compris, je vous recommande cette série et ce roman si vous aimez cette époque, vous ne serez pas déçues !

Je suis ton soleil – Marie Palvenko

Lu dans le cadre de Ma PAL de printemps (4/10)

Déborah entame son année de terminale sans une paire de chaussures, rapport à Isidore le chien-clochard qui dévore toutes les siennes et seulement les siennes. Mais ce n’est pas le pire, non. Le pire, c’est sa mère qui se fane, et la découverte de son père, au café, en train d’embrasser une inconnue aux longs cheveux bouclés. Le bac est en ligne de mire, et il va falloir de l’aide, des amis, du courage et beaucoup d’humour à Déborah pour percer les nuages, comme un soleil.

L’heure de la rentrée des classes a sonné pour Déborah, 17 ans au compteur. Dernière année de lycée, celle du bac, le sésame tant redouté, celui qui permettra de poursuivre des études supérieures et peut-être quitter le nid, c’est en tout cas ce qu’espère Déborah.

Comme tous les matins, elle retrouve sa meilleure amie Éloïse au Clapier, qui lui apprend que contrairement aux années précédentes, elles ne seront pas dans la même classe. Eloïse est heureuse d’être dans la classe d’Erwann, le garçon avec lequel elle rêve de sortir mais pour Déborah c’est la douche froide à la perspective de se retrouver avec Jamal les grandes dents, et Tania, son ennemie jurée !

Chez elle, la situation n’est pas non plus au beau fixe. Fille unique d’une mère maquettiste, dépressive depuis de longues années et d’un père rédacteur en chef de plus en plus absent, elle est affublée d’un labrador obèse qu’elle a recueillie quelques mois plus tôt, contrainte par sa mère de le sortir chaque soir.

Alors qu’elle broie du noir car son année de terminale se passe mal : ses notes sont en chute libre, Éloïse lui préfère son petit-ami, Victor dont elle est amoureuse est déjà pris, elle surprend son père dans les bras d’une autre…

Voilà un pavé qui n’aura pas traîné dans ma PAL, bon d’accord un bon mois, mais comme il figurait sur ma PAL de printemps, j’avais bon espoir de l’en sortir rapidement, ce qui est désormais chose faite.

Avant de lire Je suis ton soleil, je ne connaissais pas la plume de Marie Pavlenko, je ne sais pas si ses autres romans sont de cette qualité mais ce que je peux dire c’est que celui-ci est une petite pépite, terriblement addictive !

L’auteure aborde à travers Déborah qui est la narratrice et l’héroïne de ce roman, c’est son point de vue qui nous est livré, ses émotions, ses sentiments, son ressenti, bon nombre de thèmes qui préoccupent les adolescents d’aujourd’hui : l’amitié, l’amour, la famille mais également le divorce, le suicide, l’homosexualité, la sexualité, l’avortement…

Le ton est frais, moderne, bourré d’humour et de dérision, de second degré, de loufoquerie parfois, ce qui n’empêche pas certains passages d’être sacrément émouvants au point de nous mettre la larme à l’œil car Déborah est confrontée à des sujets graves comme le suicide ou l’avortement et qui sont, vous vous en doutez bien, forcément pas drôles du tout.

Ce sont donc des thèmes et un roman très forts et très actuels que nous propose Marie Pavlenko en nous racontant une tranche de vie, l’année de terminale de Déborah, rythmée par les vacances et jalonnée de petits bonheurs et de drames, de septembre à juin, du premier jour de la rentrée aux résultats du baccalauréat.

Un roman d’apprentissage très intéressant qui ne pourra que convaincre le public auquel il est destiné et auquel il parlera par son vocabulaire, son style fluide et dynamique, ses thématiques, ses références littéraires et musicales, et ses personnages attachants, tant filles que garçons comme il ne manquera pas de captiver leurs parents et plus généralement un public adulte, tant il est abouti et pertinent.

Vous l’aurez compris Je suis ton soleil est un roman très réussi à mettre entre les mains des adolescents et de leurs parents ! Je remercie Brigitte et les éditions Flammarion jeunesse pour cette lecture totalement addictive, j’ai adoré.

Sauveur et fils saison 3 – Marie-Aude Murail

Au numéro 12 de la rue des Murlins, à Orléans, vit Sauveur Saint-Yves, un psychologue antillais de 40 ans, 1,90 mètre pour 80 kg. Dans son cabinet de thérapeute, Sauveur reçoit des cas étranges comme ce monsieur Kermartin qui pense que ses voisins du dessus ont installé une caméra de vidéosurveillance dans le plafond de sa chambre à coucher ou comme Gervaise Germain qui s’interdit de prononcer le son « mal » par crainte qu il ne lui arrive un MALheur. Mais Sauveur reçoit surtout la souffrance ordinaire des enfants et des adolescents : Maïlys, 4 ans, qui se tape la tête contre les murs pour attirer l attention de ses parents, Ella, 13 ans, cyberharcelée par ses camarades de classe, Gabin, 17 ans, qui ne va plus au lycée depuis qu il passe ses nuits dans World of Warcraft, Margaux, 15 ans, qui en est à sa deuxième tentative de suicide ou sa soeur, Blandine, 12 ans, que son père aimerait mettre sous Ritaline pour la « calmer »… Sauveur peut-il les sauver ?

Dans cette troisième saison, nous retrouvons les adolescents des saisons précédentes : Blandine Carré diagnostiquée hyperactive. Ella Kuypens une jeune transgenre victime de harcèlement scolaire. Gabin Poupard, en voie de déscolarisation dont la mère, schizophrène, est régulièrement hospitalisée, et  qui a investi le grenier de Sauveur.

Mais aussi Samuel qui a des relations conflictuelles avec sa mère et qui vient tout juste de faire la connaissance de son père, et bien sûr de nouveaux patients.

Il y a toujours Louise la mère de Paul, le meilleur ami de son fils Lazare, dont Sauveur est amoureux, à qui il a promis un bébé mais qui ne se sent pas à sa place dans cette maison de garçons.

Et le vieux légionnaire Jojo qui a définitivement abandonné sa vie d’errance pour lui préférer la rue des Murlins, et se fait un malin plaisir d’apprendre aux enfants les chansons toutes en finesse de la légion, le boudin en tête !

Du 19 octobre au 25 novembre 2015, Marie-Aude Murail nous raconte le quotidien de Sauveur et des siens, l’évolution de ses patients et les problèmes auxquels ils sont confrontés : dépression, tentative de suicide, transgenre, phobie et harcèlement scolaires, homophobie, intolérance, terrorisme, pauvreté, les familles monoparentales ou recomposées, les transferts patients / psy, les ravages du divorce…

L’auteure nous dépeint la souffrance des adolescents et des adultes confrontés à ces différentes situations avec tellement d’intelligence que ce n’est jamais plombant pour le lecteur, c’est admirable de finesse et de talent, comme toujours chez Marie-Aude Murail.

J’avais eu un coup de coeur pour Sauveur et fils saison 1 et Sauveur et fils saison 2, la saison 3 ne fait pas exception, j’ai adoré tout autant car l’histoire est dans la continuité des volumes précédents sans lasser et sans redondance. Dès les premières lignes, j’ai adoré retrouver Sauveur Saint-Yves, ses patients et tous les habitants de la rue des Murlins, tous si différents et si attachants.

C’est un roman que j’ai savouré, sachant que c’est le dernier de la trilogie, j’ai fait traîner un peu ma lecture, histoire d’en profiter jusqu’au bout. J’ai souri, ri mais aussi tremblé et été émue une fois encore par les épreuves que tous traversent.

La façon qu’a Marie-Aude Murail de nous narrer le quotidien de ce psy humaniste est un vrai bonheur et une fois que l’on a mis le nez dedans, il devient vraiment très difficile de le lâcher.

Il y a toujours beaucoup d’humour, un héros souvent débordé par ses patients mais irrésistible, et une formidable atmosphère de chaleur humaine qui fait du bien.

Un roman formidable avec des héros très touchants et attachants, à mettre entre toutes les mains dès 13 ans !

Un immense merci à Coline et aux éditions Ecole des Loisirs pour cette magnifique lecture.