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Archive for the ‘Littérature adolescente & young adult’ Category

Louis Feyrières doit faire un stage d’une semaine, comme tous les élèves de troisième. Où ? Il n en sait rien. Ce qui est sûr, c’est qu’il n aime pas l’école et qu’il ne se sent bon à rien. « J’ai ma coiffeuse qui prend des apprentis, dit Bonne-Maman, lors d’un repas de famille. Stagiaire, c’est presque pareil. » Coiffeur ? C ‘est pour les ratés, les analphabètes, décrète M. Feyrières qui, lui, est chirurgien. Louis se tait. Souvent. Mais il observe. Tout le temps. Comme il n a rien trouvé d’autre, il entre comme stagiaire chez Maïté Coiffure. Et le voilà qui se découvre ponctuel, travailleur, entreprenant, doué ! L’atmosphère de fièvre joyeuse, les conversations avec les clientes, les odeurs des laques et des colorants, le carillon de la porte, les petits soucis et les grands drames de Mme Maïté, Fifi, Clara et Garance, tout l’attire au salon. Il s’y sent bien, chez lui. Dès le deuxième jour, Louis sait qu’il aura envie de rester plus d’une semaine chez Maïté Coiffure. Même si son père s y oppose.

Louis Feyrières a 14 ans, il vit à Orléans et est en classe de 3è. Fils d’un brillant chirurgien et d’une mère au foyer, il déteste le collège et n’a aucun plaisir à aller en cours. Nul en tout, il a droit aux récriminations de son père qui, à l’inverse, était un brillant élève.

Arrive le moment de faire la fameuse semaine de stage obligatoire et comme il n’a aucune idée de ce qu’il pourrait faire, il accepte la proposition de sa grand-mère d’intégrer Maïté coiffure, le salon qu’elle fréquente.

Dès le premier jour, il est bien accueilli par madame Maïté qui trône derrière son comptoir, Clara en charge des couleurs, Fifi, maestro des ciseaux, et Garance, l’apprentie. Fifi, le seul homme du salon, le prend sous sa coupe et découvre que Louis est très doué avec des ciseaux en mains.

Louis s’aperçoit qu’il est enfin dans son élément, il aime l’ambiance du salon, le travail de coiffeur et se retrouve bien dépourvu lorsque son stage prend fin…

Avec Maïté coiffure, je poursuis ma découverte de l’œuvre de Marie-Aude Murail après Oh, Boy !, La fille du docteur Baudoin, 22 !, Sauveur et fils saison 1, saison 2, saison 3 et saison 4 ; et je suis, une fois de plus, sous le charme de sa plume et des histoires qu’elle tricote.

Dans ce récit, Marie-Aude Murail aborde avec une fois encore beaucoup de justesse des thèmes liés à l’adolescence, ici l’échec scolaire et la différence. A travers Louis, elle redonne confiance à celles et ceux pour qui les études ne coulent pas de sources et démontre qu’un travail manuel peut mener à l’épanouissement professionnel et personnel.

Issu d’une famille bourgeoise, Louis est destiné à faire de longues études, son père rêve d’en faire un chirurgien et il ne va cesser de dénigrer les aspirations de son fils. Heureusement, Louis peut compter sur son proviseur, sa mère, sa grand-mère, sa jeune sœur et le personnel du salon, pour réaliser son rêve : devenir coiffeur.

D’autant que si il n’est pas doué pour les études, il déborde d’idées marketing et commerciales et que sous son impulsion, Maïté coiffure va connaître un nouveau souffle.

Marie-Aude Murail n’en oublie pas d’aborder des thèmes sociaux qui traversent ses autres romans comme l’amitié, le handicap, la violence, les préjugés, l’homosexualité…

Un très joli roman qui donne de l’espoir, montre qu’avec une grande détermination, on peut réaliser ses rêves, réussir ce que l’on entreprend malgré un environnement hostile.

Un récit à mettre dans les mains des collégiens dès 13 ans.

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Quand mon père est ressorti du commissariat, il avait l’air perdu. Il m’a pris dans ses bras et s’est mis à pleurer. Un court instant j’ai pensé : ça y est, on y est. Léa est morte.
Puis il s’est écarté et j’ai vu un putain de sourire se former sur son visage. Les mots avaient du mal à sortir. Il a fini par balbutier :  » On l’a retrouvée. Merde alors. On l’a retrouvée. C’en est fini de ce cauchemar. « 
Il se trompait. Ma soeur serait bientôt de retour mais nous n’en avions pas terminé.

Saint-Briac, non loin de Saint Malo. Antoine et sa famille ont quitté Paris pour cette petite station balnéaire bretonne dans laquelle ils passent tous leurs étés. Son père a obtenu un poste de journaliste dans le quotidien local, sa mère, sa mutation dans un collège mais sa sœur Léa, est vent debout contre ce déménagement.

Si Antoine est du genre casanier et plutôt solitaire, la jeune fille doit quitter ses amis, son lycée, abandonner ses endroits préférés pour un village qui ne peut guère rivaliser avec la capitale.

Un soir qu’elle va avec son oncle à un concert, elle disparaît sans laisser de traces. Disparition volontaire ? Fugue ? Enlèvement ? Meurtre ? Toutes les hypothèses sont posées et la famille, sans réponse, va voler en éclats…

La tête sous l’eau est ma première lecture de la rentrée littéraire 2018 et ma rencontre avec la plume d’Olivier Adam, qui a percé il y a vingt ans déjà avec son premier roman Je vais bien, ne t’en fais pas.

Installé à Saint Malo depuis une dizaine d’années, ses romans sont très marqués par les paysages de bord de mer et il y aborde volontiers les douleurs familiales, le manque, les identités flottantes, l’inadaptation sociale, la fuite, autant de thématiques fortes que l’on retrouve ici.

Ce roman a beau être resserré en termes de pages, découpé en courts chapitres et écrit pour un jeune public, il n’en demeure pas moins fort et terriblement addictif, au point que l’adulte que je suis a eu du mal à le lâcher.

C’est à travers Antoine, le narrateur et frère de Léa, que nous entrons de plein fouet dans cette famille et dans le drame qui la secoue. Il nous raconte la dispariton de sa sœur, son manque, combien ce drame a changé leur vie à jamais et fait voler en éclats le couple que formait ses parents jusqu’alors.

Au bout d’une quarantaine de pages, on apprend que Léa a enfin été retrouvée mais la jeune fille, terriblement traumatisée par des mois de captivité, reste muette, ne veut rien confier, ni à la psychiatre, ni aux enquêteurs et encore moins à sa famille.

J’ai beaucoup aimé la construction de ce récit, apprendre en même temps qu’Antoine ce qu’a réellement vécu Léa, la cause de sa disparition, ce que ses parents et sa sœur ont caché. Cet ado m’a beaucoup plu, je l’ai trouvé très touchant. Bien qu’il souffre de cette situation, il préfère aider ses parents et sa sœur plutôt que de se plaindre.

Parallèlement au récit d’Antoine, l’auteur nous donne à lire les emails de Léa avant sa disparition à la personne qui fait battre son cœur, à qui elle confie son manque de ne pas la voir, sa difficulté d’être privée d’elle et son envie d’aller la rejoindre à Paris.

Olivier Adam dose bien son suspens, plus on avance dans l’histoire, plus on a envie d’en connaître le dénouement, d’être conforté dans ce que l’on a deviné de cette histoire finalement simple mais tellement traumatisante pour Léa et sa famille.

Le style de l’auteur est fluide et prenant, on a plaisir à tourner les pages même si le sujet est très grave et loin d’être gai. Une très bonne lecture que je vous recommande, bien racontée, avec la mer et la Bretagne pour toile de fond.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont et à la collection R pour cette lecture poignante !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Comme Les Trois Mousquetaires étaient quatre, les Quatre Soeurs Verdelaine sont cinq. Il y a les plus jeunes, celles qui, chacune, donnent son titre à une partie de ce livre : Enid, 9 ans, se dévoue à la protection des pensionnaires du grand sycomore du jardin, Blitz l’écureuil et Swift la chauve-souris, et dialogue à l’occasion avec son ami Gnome de la Chasse d’eau. Hortense, 11 ans, passe le plus clair de son temps à lire, à tenir son journal et à se demander ce qu’elle va faire comme métier. Architecte ? Chirurgienne ? Bettina, 14 ans, fait sa bêcheuse dans la salle de bains, se shoote aux 218 épisodes du feuilleton Cooper Lime, copine avec Denise et Béhotéguy, et enquiquine le reste du monde. Geneviève, 16 ans, prend des cours de boxe thaïe essoufflants tandis que les autres la croient occupée à baby-sitter. Mais il y a aussi Charlie, l’aînée, 23 ans, qui s’occupe de tout : bricoler, cuisiner, travailler dans un labo, aimer Basile, tirer le diable par la queue et tenter d’élever ses cadettes depuis la mort des parents. Tout ce petit monde habite la Vill’Hervé, une grande maison au bout du bout de la lande, au bord du bord de la falaise, pleine de recoins, de mystère, d’hôtes de passage et de pannes de Madame Chaudière.

De Enid à Hortense, de Bettina à Geneviève, de l’automne à l’hiver, du printemps à l’été, on suit le quotidien des sœurs Verdelaine pendant une année.

Comme les trois mousquetaires étaient quatre, les sœurs Verdelaine sont en réalité cinq et depuis la mort accidentelle de leurs parents, les quatre sœurs âgées respectivement de 9, 11, 14 et 16 ans vivent sous la responsabilité de Charlie, leur sœur aînée de 23 ans qui a du abandonner ses études de médecine et trouver un job dans un laboratoire pharmaceutique.

La fratrie Verdelaine vit dans une grande maison, la Vill’Hervé, nichée sur une falaise face à la mer, quelque part en Normandie. Dans cette intégrale découpée en parties, autant de sœurs et de saisons, chacune d’entre elles donne la parole à l’une des quatre sœurs cadettes, comme vous l’aurez sûrement déjà compris.

J’avais beaucoup aimé les adaptations graphiques de Cati Baur lues au fur et à mesure de leur parution : Enid, Hortense, Bettina et Geneviève, il me tardait donc de découvrir l’œuvre originale signée Malika Ferdjoukh, d’autant que j’avais eu un énorme coup de coeur pour Broadway Limited tome 1 Un dîner avec Cary Grant !

Et bien que connaissant les différentes histoires de ces récits, je ne ressors pas déçue du tout de cette lecture bien au contraire, j’ai aimé me replonger dans la vie de ces jeunes filles, de suivre leur quotidien, leurs amours, leurs amitiés, et quelque soit leur âge, elles se révèlent attachantes même si Bettina est loin d’être sympathique à certains moments.

Bien que catégorisée jeunesse / adolescence, je trouve cette saga agréable à lire quelque soit son âge, je suis moi-même bien plus âgée que les différentes protagonistes et déjà maman et j’ai été justement très touchée par ces enfants et adolescentes marquées par le décès de leurs parents et qui doivent grandir sous la férule d’une jeune femme propulsée chef de famille, à l’âge où elle devrait être insouciante elle aussi.

Malika Ferdjoukh a le don d’aborder des choses graves tout en légèreté, humour et émotion comme sait si bien le fait Marie-Aude Murail, sans être tire larmes ou tomber dans le pathos.

Au fil du récit, on rit (notamment à chaque visite de la tante Lucrève et de son chien Delmer), on s’émeut, on a des frissons et des angoisses, en somme on vibre et on referme cette intégrale à regret.

Un petit bémol toutefois pour moi : Charlie est la grande oubliée de cette saga familiale, j’aurai aimé avoir son point de vue c’est dommage que l’auteure ne nous ai pas offert cette possibilité car à mon avis, elle en aurait des choses à dire.

Si vous n’avez jamais lu Quatre sœurs, je ne peux que vous inciter à découvrir à votre tour les sœurs Verdelaine, vous passerez un charmant moment en leur compagnie.

Un grand merci à ma copinaute Claire pour m’avoir offert ce petit bijou.

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Comment résoudre tous nos problèmes ? On peut, comme Jean-Jacques, s’enfermer dans sa chambre et ne plus penser à rien en dégommant des terroristes sur son ordinateur. On peut, comme Gabin, s’enfoncer des écouteurs dans les oreilles et passer ses nuits en compagnie des zombis de The Walking Dead. On peut aussi, comme Frédérique, demander à une voyante de lire l’avenir, ou bien, comme Jérôme, s’enfuir en abandonnant femme et enfants. Mais on peut également consulter monsieur Sauveur Saint-Yves, psychologue clinicien, comme Solo, comme Margaux, comme Samuel, comme Ella, et regarder la vie en face. Le bonheur sera peut-être au rendez-vous.

Au 12 rue des Murlins, Sauveur Saint-Yves est toujours fidèle au poste. Dans cette quatrième saison, nous retrouvons les adolescents des saisons précédentes : Blandine Carré diagnostiquée hyperactive et sa sœur Margaux, deux TS à son actif et un lourd passif de scarificatrice. Ella Kuypens une jeune transgenre victime de harcèlement scolaire. Gabin Poupard, en voie de déscolarisation dont la mère, schizophrène, est régulièrement hospitalisée, et qui a investi le grenier de Sauveur.

Mais aussi Samuel qui a des relations conflictuelles avec sa mère et qui vient tout juste de faire la connaissance de son père, et bien sûr de nouveaux patients comme la petite Maïlys qui, du haut de ses 4 ans, fait tout son possible pour attirer l’attention de ses parents et le jeune gardien de prison, Solo.

Il y a toujours Louise Rocheteau, la mère de Paul, le meilleur ami Lazare, fils de Sauveur, avec elle qui file le parfait amour et qui lui a promis un bébé et un toit commun, mais qui ne se sent pas à sa place dans cette maison de garçons.

Sans oublier le vieux légionnaire Jovo qui a définitivement abandonné sa vie d’errance pour lui préférer la rue des Murlins, devenu accro à The Walking Dead !

Du 4 janvier et le 7 février 2016, Marie-Aude Murail nous raconte le quotidien de Sauveur et des siens, l’évolution de ses patients et les problèmes auxquels ils sont confrontés : dépression, tentative de suicide, transgenre, phobie et harcèlement scolaires, homophobie, intolérance, terrorisme, pauvreté, le deuil, la maladie, l’alcoolisme, les familles monoparentales ou recomposées, les transferts patients / psy, les ravages du divorce…

L’auteure nous dépeint la souffrance des adolescents et des adultes confrontés à ces différentes situations avec tellement d’intelligence que ce n’est jamais plombant pour le lecteur, c’est admirable de finesse et de talent, comme toujours chez Marie-Aude Murail.

J’avais eu un coup de coeur pour Sauveur et fils saison 1, Sauveur et fils saison 2 et Sauveur et fils saison 3, la saison 4 n’a fait pas exception à la règle, j’ai adoré tout autant ce dernier opus dont l’histoire est dans la continuité des volumes précédents sans lasser et sans redondance.

Dès les premières lignes, j’ai adoré retrouver Sauveur Saint-Yves et Louise, Lazare et Paul, Gabin et Jovo, et tous les patients du psychologue clinicien au grand cœur. Je n’ai pas pu m’empêcher de dévorer cet ultime roman et je l’ai refermé le cœur gros, orpheline de ces personnages qui sont tellement touchants sous la plume sensible de Marie-Aude Murail.

J’ai souri, ri mais aussi tremblé et été émue une fois encore par les épreuves que tous traversent car l’auteure ne ménage pas les différents protagonistes de son histoire mais elle a su clôturer joliment, tout en laissant la porte entrouverte, ce cycle porté par Sauveur Saint-Yves.

La façon qu’a Marie-Aude Murail de nous narrer le quotidien de ce psy humaniste est un vrai bonheur et une fois que l’on a mis le nez dedans, il devient vraiment très difficile de le lâcher.

Il y a toujours beaucoup d’humour, un héros souvent débordé par ses patients, qui a de plus en plus du mal à dresser une frontière nette entre vie pro et vie perso mais irrésistible, et une formidable atmosphère de chaleur humaine qui fait du bien.

Chaque saison de cette tétralogie peut être lue séparément mais bien évidemment je vous conseille vivement de lire les saisons dans l’ordre de parution afin de suivre l’évolution de chaque personnage. Si toutefois, vous préférez commencer par ce dernier tome, remontez ensuite le cours du temps pour arriver à la source, histoire de profiter pleinement des histoires imaginées par Marie-Aude Murail.

Une saga coup de coeur, à la fois drôle et touchante, à lire et à relire, ancrée dans la réalité et portée par des héros tous terriblement attachants, à mettre entre toutes les mains dès 13 ans !

Un immense merci à Manon et à L’Ecole des Loisirs pour cette magnifique lecture.

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Marie Curie et Bronia Dluska seraient-elles entrées dans l’histoire si elles n’avaient pas été soeurs ? Varsovie, fin du XIXe siècle. Marie et Bronia, deux soeurs vivant dans une Pologne asservie par la Russie, n’ont qu’une obsession : aller à l’université. Marie rêve de devenir chimiste, et Bronia, médecin. Malheureusement, l’occupant russe interdit aux femmes de faire des études. C’est compter sans l’esprit de rébellion des deux jeunes filles… Un soir d’automne, à la lueur d’une lampe à pétrole, les deux soeurs décident de sceller un pacte incroyable, qui les mènera jusqu’aux portes de la Sorbonne, à Paris…

Marie et Bronia Skłodowska naissent dans la deuxième moitié du 19è siècle à Varsovie. Filles d’un professeur de science physique et d’une institutrice, elles vivent les toutes premières années de leur vie dans un foyer aimant.

Hélas, le bonheur sera de courte durée. Leur mère tombe malade et le victime tombe : c’est la tuberculose. Le seul salaire paternel se révèle vite insuffisant pour régler les soins dont a besoin son épouse et le quotidien.

Ils doivent par conséquent prendre des colocataires pour arriver à joindre les deux bouts, tous d’une propreté plus ou moins douteuse qui sera fatale à leur sœur aînée. Bronislava, leur mère, trouve également la mort. Marie a cinq ans et Bronia, sept.

La Pologne est un pays qui vit sous l’occupation russe et qui interdit aux ressortissantes féminines de poursuivre des études. Wladislaw, leur père, croit en légalité homme / femme et refuse que ses filles chéries, douées pour les études, soient cantonnées à un simple rôle de ménagère.

Marie veut devenir chimiste et Bronia, médecin. Mais pour réaliser leurs rêves, elles vont devoir s’exiler à Paris afin d’étudier à la Sorbonne. Les études coûtant trop chères pour le modeste salaire de professeur de Wladislaw, Marie propose à sa sœur de prendre un poste de gouvernante et de lui envoyer chaque mois, l’argent nécessaire à ses études.

Une fois diplômée, Bronia devra payer à son tour les études de sa petite sœur…

Vous savez combien j’aime les romans historiques retraçant des parcours de femme exceptionnelle, je ne pouvais donc pas passer à côté de Marie et Bronia le pacte des sœurs mettant en scène Marie Skłodowska, future épouse de Pierre Curie et deux fois prix Nobel et sa sœur aînée, Bronia, l’une des premières femmes gynécologues.

Marie Curie était une femme exceptionnelle, tout le monde est d’accord là-dessus, ne recherchant ni les honneurs ni la fortune, oeuvrant pour le bien de tous jusqu’à la fin de sa vie. Scientifique hors pair, elle est la première femme à avoir reçu le prix Nobel, et à ce jour la seule femme à en avoir reçu deux, l’un de physique en 1903 avec son mari Pierre pour leurs recherches sur les radiations. Et le second de chimie en 1911 pour ses travaux sur le polonium et le radium.

Elle est également la première femme à occuper une chaire à la Sorbonne, en remplacement de Pierre après son décès et lorsque la guerre éclate en 1914, elle mobilise aussitôt l’Institut du Radium qu’elle préside afin de mettre en place les Petites Curies, des automobiles équipées d’équipements radiographiques, lui permettant de réaliser des radios directement sur le front, évitant ainsi bien des amputations inutiles.

Natacha Henry, historienne, revient dans ce roman sur l’enfance, la jeunesse et le parcours qui mènera ses deux soeurs à leur rêve le plus cher : devenir chimiste pour Marie et médecin pour Bronia. Si je connaissais un peu le destin exceptionnel de Marie, je ne connaissais absolument rien de sa soeur Bronia, une des premières femmes gynécologues, qui a consacré sa thèse à l’allaitement maternel.

Même si le destin de ces deux femmes d’exception est largement romancé et sans doute simplifié puisque Le pacte des soeurs est à destination des adolescents, allant de 1860 à 1905, il ne retrace donc pas toute la vie des deux soeurs mais seulement une partie, il n’empêche que je l’ai trouvé bien documenté, passionnant à lire et très enrichissant même pour les adultes car j’y ai pour ma part appris beaucoup de choses sur Marie et Bronia bien sûr mais aussi sur la Pologne.

Les jeunes lecteurs et lectrices verront aussi combien il était difficile pour des femmes d’étudier en cette fin du 19è et découvriront que rares étaient les pères qui prônaient l’égalité homme / femme pour leurs filles. De ce point de vue là, Wladislaw Skłodowski était un précurseur, qui souhaitait que ses quatre enfants puissent réaliser de grandes choses pour l’humanité.

Vous l’aurez compris Marie et Bronia est un roman historique bien documenté et passionnant que j’ai beaucoup aimé et que je vous recommande vivement. Un grand merci à Audrey et aux éditions Albin Michel jeunesse pour cette belle lecture.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Grace et Tippi. Tippi et Grace. Deux sœurs siamoises, deux ados inséparables, entrent au lycée pour la première fois. Comme toujours, elles se soutiennent face à l’intolérance, la peur, la pitié. Et, envers et contre tout, elles vivent ! Mais lorsque Grace tombe amoureuse, son monde vacille. Pourra-t-elle jamais avoir une vie qui n’appartienne qu’à elle ?

Août, Grace et Tippi, des jumelles siamoises de 16 ans apprennent par leur mère qu’elles vont intégrer le lycée privé Hornbeacon Hight dès le mois de septembre. La famille est à cours d’argent depuis le licenciement du père de famille qui depuis, sombre dans l’alcoolisme.

L’assurance maladie et les soins médicaux prodigués à Grace et à Tippi sont très couteux et la seule solution pour que les jeunes filles poursuivent leur scolarité c’est d’intégrer le lycée alors que jusqu’à présent, elles bénéficiaient d’une scolarisation à domicile.

Grace, qui est la narratrice du roman, accepte sans difficulté l’idée tandis que Tippi refuse tout net, se sentant incapable de se confronter au regard sans pitié des jeunes de leur âge

Les deux adolescentes rattachées au niveau du bas de leur corps sont vues par les autres comme des monstres de foire, marchant à l’aide de béquilles et allant ainsi clopin-clopant. Grace arrive cependant à convaincre Tippi d’intégrer le lycée.

Si les premières heures dans l’établissement se révèlent difficiles, elles nouent néanmoins une solide amitié avec Yazmeen et Jon dont Grace tombe immédiatement amoureuse.

Au fil des semaines, elles se heurtent au quotidien ordinaire des ados entre les problèmes d’argent et les premiers amours, les espoirs et les désillusions…

Lorsque Inséparables est paru au printemps, les avis dithyrambiques ont aussitôt fleuri sur la blogosphère. Il faut dire que ce roman dont les héroïnes sont des sœurs siamoises est original tant on aborde peu ce sujet délicat.

Sarah Crossan, bien que ne connaissant personne affecté par ce handicap, nous immerge incroyablement bien dans le quotidien de ces sœurs siamoises. Trêve de suspens, comme bon nombre de lectrices, j’ai beaucoup aimé ce roman écrit en vers libres.

Une grande première pour moi de par son thème et cette forme narrative singulière qui apporte beaucoup de force et de rythme au récit. Traduit par Clémentine Beauvais dont j’avais aimé Les petites reines, un gage de qualité, j’ai dévoré ce roman qui se révèle émouvant à plus d’un titre.

Grace nous parle de sa famille, du regard des autres, de l’aspect médical de sa condition, de ses amis et de ses sentiments à l’égard de Jon, de sa relation avec Tippi… Sa sœur qui vit dans le prolongement de son corps est bien différente d’elle mais l’une comme l’autre ne vivent pas comme une malédiction d’être siamoises.

Au contraire, lorsque leur médecin et d’autres personnes leur parle de séparation, elles refusent, impossible pour elle d’imaginer vivre l’une sans l’autre dans leur chair, dans leur corps.

Sarah Crossan aborde la question de cette gémellité siamoise sous tous ses angles, en nous amenant à faire des réflexions auxquelles je n’aurai jamais pensé, n’élude pas les moqueries liées à leur condition mais elle met surtout l’accent sur l’amour. L’amour entre Grace et Tippi bien sûr mais aussi celui qui les relie à leur petite sœur de 14 ans Dragon, obligée de travailler pour se payer ses cours de danse, l’amour paternel et maternel, celui de leur Grannie, l’amitié mais aussi l’amour avec un grand A.

Et comme l’histoire se passe aux Etats-Unis, il est aussi beaucoup question d’argent, de sacrifices et de soucis matériels que rencontre la famille avec le chômage du père et les soins médicaux couteux qui impliquent que tout le monde se serre la ceinture.

Inséparables est un très bon roman sur la différence et l’acceptation qui fait réfléchir, nous interroge, nous émeut, nous bouleverse. J’ai fini ce roman young-adult en larmes et je ne peux que vous le conseiller si les thématiques qu’il aborde vous intéressent.

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Cinq bébés enlevés. Un projet expérimental diabolique consigné dans un journal intime. Un journaliste qui enquête sur ces disparitions vingt-cinq ans après.1910, Buenos Aires. Une jeune femme réapparaît au domicile de ses parents après avoir disparu une nuit alors qu’elle dormait dans son berceau. Une jeune femme sans aucun souvenir, un homme qui se comporte comme un chien, les images hallucinées d’une session d’hypnose, sont les pistes qui conduiront Alejandro à remonter le fil de cette sombre histoire jusqu’à un dénouement aussi terrifiant qu’inattendu.

Dans la nuit du 5 avril 1885, cinq bébés d’un an sont enlevés au sein même de leurs foyers dans les conventillos de Buenos Aeres. Leurs parents ne se connaissent pas mais ont tous un point commun : ils sont récemment arrivés en Argentine, après avoir fui leurs pays respectifs. Damien est d’origine française, Dimitri venu de Russie, Dante arrivé d’Italie, José d’Espagne et Amira d’un pays arabe.

1910, Buenos Aeres s’apprête à fêter le centenaire de la république d’Argentine. Le pays est en liesse et Alejandro Berg partage cet enthousiasme populaire. Journaliste pour le quotidien La Pensa, il reçoit la visite de Omar Annuar qui lui révèle l’affaire des bébés disparus.

Sa fille, Amira, fait partie des bébés enlevés mais elle est apparue il y a une quinzaine de jours devant sa porte et Omar souhaiterait savoir ce qu’il est advenu de sa fille pendant ce laps de temps.

Alejandro, après avoir rencontré la jeune femme, accepte et décide d’aller à la rencontre des autres familles. C’est alors qu’il apprend que Dimitri et Damien sont eux aussi de retour depuis une quinzaine de jours…

Lorsque j’ai pris connaissance des nouveautés de l’Ecole des Loisirs en cette rentrée, c’est sans aucun doute La noirceur des couleurs qui me tentait le plus. Vous connaissez mon goût pour les thrillers historiques, j’étais forcément curieuse de découvrir celui-ci destiné aux 14 ans et plus, se passant en Argentine au moment de son centenaire.

Je crois que c’est la première fois que je lis un auteur argentin et je ressors de ma lecture plutôt enthousiaste même si j’ai quelques bémols. J’ai trouvé ce thriller pour adolescents bien construit avec un suspens qui montre crescendo au fur et à mesure même si j’avoue avoir été déçue par la conclusion de ce roman, qui m’a laissé sur ma faim, d’autant que j’ai découvert assez vite le fin mot de l’histoire.

Martin Blasco met en scène un journaliste qui, sous le charme de la belle et étrange Amira, enquête sur la disparition de ces bébés et surtout sur ce qu’il a pu advenir d’eux pendant 25 ans. Parallèlement à cette quête, l’auteur nous donne à lire des extraits du journal du Dr Andrew, le ravisseur des enfants qui les a tenu captifs pendant des années dans une maison.

Les enfants qu’il a renommés Azur, Vert, Marron et Noir vivent sous le même toit mais ignorent tout de leurs existences et se rencontreront bien des années plus tard. Quant à Blanc, il est élevé en ville par une nourrice et fréquentera ensuite les pensions et ignore lui aussi l’existence de ses « frères et soeur ».

Pourquoi le Dr J.F Andrew a-t-il fait capturer ces bébés, quel était son dessein ? Son obsession : faire naître des hommes nouveaux en vue du nouveau siècle qui approche. Un projet expérimental effroyable que l’on va découvrir au fur et à mesure de notre lecture du journal intime du médecin.

La noirceur des couleurs est un roman très prenant, avec des chapitres courts, qui permettent d’avancer très vite dans notre lecture et de captiver notre attention, le tout dans un climat assez anxiogène.

Je regrette toutefois que Alejandro défasse les nœuds de l’écheveau un peu trop rapidement à mon goût mais je n’oublie pas que le jeune lectorat auquel ce roman est destiné appréciera plus que moi cette rapidité et les quelques facilités auxquelles a recours l’auteur.

Reste que le cœur de ce roman, le projet criminel de J.F Andrew, fait froid ans le dos tant il est diabolique à souhait et surout, il nous rappelle d’autres projets menés lors des heures les plus sombres de notre histoire contemporaine récente.

Un grand merci à Coline et aux éditions Ecole des Loisirs pour cette lecture singulière et addictive que je vous recommande.

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