Autopsie tome 1 Whitechapel – Kerri Maniscalco

Lu dans le cadre du mois anglais :

J’étudie le corps des femmes qu’il a assassiné de sang froid. J’assiste, impuissante, à la terreur qu’il fait régner sur Londres. Je sens son ombre peser sur moi. Ses sourires malsains. Son regard de tueur.

1888, Audrey-Rose a toujours vécu dans l’opulence et le bonheur jusqu’à la mort de sa mère. Depuis, malgré la compagnie de sa tante et ses robes en soie, la jeune fille mène une vie secrète.

Contre l’avis de son père et les attentes de la haute société, Audrey-Rose passe beaucoup de temps dans le laboratoire de son oncle pour étudier la médecine légale, en compagnie de Thomas, un apprenti charmant, intelligent mais méprisant. Elle passe ainsi ses après-midi à disséquer et à lire à travers les corps humains.

Mais depuis quelques temps, des meurtres sanglants et particulièrement horribles touchent les femmes de petite vertu de Whitechapel. Scotland Yard est sur les dents et le commissaire Blackburn, chargé de l’enquête, requiert l’aide de Jonathan Wadsworth, médecin légiste réputé.

Wadsworth va se pencher sur les victimes de celui qui est rapidement surnommé Tablier-de-cuir, assisté par Thomas Cresswell, son plus brillant élève et par Audrey-Rose Wadsworth, sa propre nièce, qui souhaite devenir médecin.

La jeune femme brave l’interdiction paternelle qui ne rêve pour elle que d’un bon mariage et de tea party. Audrey-Rose fait fi de sa condition de jeune fille de bonne famille et souhaite par dessus tout sortir de ce carcan. En avance sur son temps et émue par le sort de ces femmes, elle enquête avec Thomas Cresswell dans les rues de Whitechapel…

Je ne suis pas ripper addict mais j’ai été séduite par la couverture de Autopsie tome 1 Whitechapel et par la quatrième de couverture et je dois dire que ce roman policier Young adult m’a beaucoup plu et ce pour plusieurs raisons.

Pour son héroïne tout d’abord, la jeune Audrey-Rose, qui se révèle intelligente mais surtout très courageuse voire intrépide, et qui forme avec Thomas Cresswell, un duo atypique et drôle qui m’a rappelé le tandem March Middleton / Sidney Grice de Petits meurtres à Mangle Street que je vous conseille au passage.

Comme March Middleton, c’est un modèle de femme éprise de liberté, une femme insolite qui, avec une certaine morgue, fait fi des conventions sociales, un personnage attachant que j’aurai plaisir à retrouver dans le second tome en cours d’écriture.

Pour son atmosphère so british et victorienne ensuite que Kerri Maniscalco nous dépeint à merveille, revenant sur la place des femmes au sein de la société sous le règne de Victorien, qu’elles soient la haute société comme Audrey-Rose ou du peuple comme les malheureuses victimes de l’éventreur.

L’auteure fait aussi la part belle à la médecine légale, s’attachant à nous démontrer en quoi elle consistait à l’époque ainsi que les balbutiements de la police scientifique et j’ai trouvé cet aspect vraiment passionnant et bien relaté d’autant que l’auteure ne fait pas dans la surenchère et ne tombe jamais dans le glauque ou le morbide.

Pour son efficacité, l’intrigue est bien construite et reprend assez fidèlement le cours des évènements même si Kerri Maniscalco a choisir de faire l’impasse sur les multiples arrestations et l’assassinat de Elisabeth Stride, préférant s’arrêter plus longuement sur celui de Mary Jane Kelly, le plus spectaculaire. Elle a aussi simplifié l’histoire de Jack l’éventreur pour gagner en efficacité, ce en quoi elle a à mon avis eu raison.

Ce premier volume d’Autopsie est pour moi une très bonne surprise, je l’ai trouvé distrayant et passionnant, j’ai beaucoup aimé son atmosphère gothique et son héroïne, le style fluide de Kerri Maniscalco et les dialogues emplis d’humour et d’autodérision, une réussite !

Duchesses rebelles tome 2 La dangereuse amie de la reine – Anne-Marie Desplat-Duc

 Lu dans le cadre de Ma PAL de printemps (5/10)

A la cour de France, Marie-Aimée de Rohan est amie de la reine d’Espagne, Anne. Cette existence de plaisirs et de fêtes aurait pu la satisfaire, mais la duchesse de Chevreuse a un tempérament de feu ! Marie-Aimée ne se sent vivre que si elle anime des complots, si elle colporte des secrets et joue les espionnes… et elle ne va pas s’en priver ! Voici son histoire…

Marie Aimée de Rohan naît au château de Coupvray un beau jour de l’année 1600. Par son père Hercule de Rohan, duc de Montbazon, serviteur zélé du roi Henri IV, elle descend de l’une des plus vieilles familles de l’aristocratie bretonne et se rêve en reine de France lorsque Louis XIII accède au trône.

Làs pour elle, un roi de France se marie par raison d‘état et sa promise est finalement l’infante d’Espagne, Anne. C’est d’ailleurs une double noce qui va unir l’Espagne et la France puisque la sœur cadette de Louis, Elisabeth, épouse quant à elle l’héritier du trône d’Espagne.

Hercule de Rohan lui choisit pour époux le favori du roi, le duc de Luynes, de vingt ans son aîné. Ce mariage la propulse surintendante de la maison de la reine et assouvit ainsi ses désirs de pouvoir.

Mais cette union est de courte durée, le duc succombant à une fièvre pourpre, peu de temps après la naissance de leur fils et Marie Aimée se retrouve en exil. Peu importe, la duchesse ne pleure pas longtemps son mari et épouse quelques mois plus tard, sans même attendre le consentement de Louis XIII, le vieux duc de Chevreuse, Claude de Lorraine.

Son époux persuade le roi de mettre fin à son exil et la voilà de retour au Louvre, près de la reine. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, Anne est enfin grosse en cette année 1623 mais un soir alors qu’elle court dans une salle du Louvre avec Marie-Aimée, elle chute et perd l’enfant qu’elle portait.

La duchesse de Chevreuse est immédiatement exilée, un exil auquel succèderont de nombreux autres car Marie Aimée n’aime pas le cardinal de Richelieu, le tout-puissant premier ministre de Louis XIII, et commence à échafauder des complots pour se débarrasser de lui…

Anne-Marie Desplat-Duc, connue pour sa série Les colombes du roi soleil, s’attaque dans cette série Duchesses rebelles aux héroïnes de la Fronde. Le premier tome était consacré à la Grande Mademoiselle et dans ce second volume, Anne-Marie Desplat-Duc nous dresse le portrait de la duchesse de Chevreuse que je découvre à cette occasion.

Et cette Marie Aimée, quelle femme ! Une femme ambitieuse, éprise de réussite et d’honneur, orgueilleuse, intrigante, qui n’aura de cesse toute sa vie de comploter et de fuir en exil dès lors que ses intrigues seront découvertes par le cardinal de Richelieu d’abord puis par Mazarin ensuite.

Comme pour L’intrépide cousine du roi, sous la plume de l’auteure, c’est Marie Aimée de Rohan qui se raconte depuis son exil, dans La dangereuse amie de la reine, non pas dans son cher château de Dampirerre, mais à Saint Fargeau chez Anne Marie Louise d’Orléans.

Écrit dans le style du 17è siècle, avec le vocabulaire de l’époque, ce roman passionnant à lire, ravira les jeunes lectrices (et les autres) désireuses de s’immerger dans le siècle de Louis XIII essentiellement et notamment dans le sillage de la reine Anne d’Autriche puisque Marie Aimée réussit à devenir la confidente et la grande amie de la reine de France.

J’ai trouvé ce roman très bien documenté et il nous plonge avec une certaine délectation, dans cette cour sous Louis XIII et ses intrigues, ses complots mais aussi dans l’intimité maladroite et gauche du couple royal.

Un roman d’intrigues et d’aventures passionnant et mené tambour battant, porté par une héroïne, sinon attachante du moins très intéressante, qui met en lumière une période historique dominée par la figure du cardinal de Richelieu que l’on ne voit pas si souvent dans les romans, le règne de Louis XIII étant éclipsé par celui de son père Henri IV et surtout celui de son fils Louis XIV.

Un second tome très réussi porté par un joli travail éditorial de Flammarion jeunesse que je remercie pour cette belle lecture et qui nous propose une couverture rock’n’roll en diable avec du orange fluo, des en-tête de chapitre, des hauts et bas de pages à la manière des romans du 17è siècle, qui font de ce roman historique un bel objet livre.

Vous l’aurez compris, je vous recommande cette série et ce roman si vous aimez cette époque, vous ne serez pas déçues !

Je suis ton soleil – Marie Palvenko

Lu dans le cadre de Ma PAL de printemps (4/10)

Déborah entame son année de terminale sans une paire de chaussures, rapport à Isidore le chien-clochard qui dévore toutes les siennes et seulement les siennes. Mais ce n’est pas le pire, non. Le pire, c’est sa mère qui se fane, et la découverte de son père, au café, en train d’embrasser une inconnue aux longs cheveux bouclés. Le bac est en ligne de mire, et il va falloir de l’aide, des amis, du courage et beaucoup d’humour à Déborah pour percer les nuages, comme un soleil.

L’heure de la rentrée des classes a sonné pour Déborah, 17 ans au compteur. Dernière année de lycée, celle du bac, le sésame tant redouté, celui qui permettra de poursuivre des études supérieures et peut-être quitter le nid, c’est en tout cas ce qu’espère Déborah.

Comme tous les matins, elle retrouve sa meilleure amie Éloïse au Clapier, qui lui apprend que contrairement aux années précédentes, elles ne seront pas dans la même classe. Eloïse est heureuse d’être dans la classe d’Erwann, le garçon avec lequel elle rêve de sortir mais pour Déborah c’est la douche froide à la perspective de se retrouver avec Jamal les grandes dents, et Tania, son ennemie jurée !

Chez elle, la situation n’est pas non plus au beau fixe. Fille unique d’une mère maquettiste, dépressive depuis de longues années et d’un père rédacteur en chef de plus en plus absent, elle est affublée d’un labrador obèse qu’elle a recueillie quelques mois plus tôt, contrainte par sa mère de le sortir chaque soir.

Alors qu’elle broie du noir car son année de terminale se passe mal : ses notes sont en chute libre, Éloïse lui préfère son petit-ami, Victor dont elle est amoureuse est déjà pris, elle surprend son père dans les bras d’une autre…

Voilà un pavé qui n’aura pas traîné dans ma PAL, bon d’accord un bon mois, mais comme il figurait sur ma PAL de printemps, j’avais bon espoir de l’en sortir rapidement, ce qui est désormais chose faite.

Avant de lire Je suis ton soleil, je ne connaissais pas la plume de Marie Pavlenko, je ne sais pas si ses autres romans sont de cette qualité mais ce que je peux dire c’est que celui-ci est une petite pépite, terriblement addictive !

L’auteure aborde à travers Déborah qui est la narratrice et l’héroïne de ce roman, c’est son point de vue qui nous est livré, ses émotions, ses sentiments, son ressenti, bon nombre de thèmes qui préoccupent les adolescents d’aujourd’hui : l’amitié, l’amour, la famille mais également le divorce, le suicide, l’homosexualité, la sexualité, l’avortement…

Le ton est frais, moderne, bourré d’humour et de dérision, de second degré, de loufoquerie parfois, ce qui n’empêche pas certains passages d’être sacrément émouvants au point de nous mettre la larme à l’œil car Déborah est confrontée à des sujets graves comme le suicide ou l’avortement et qui sont, vous vous en doutez bien, forcément pas drôles du tout.

Ce sont donc des thèmes et un roman très forts et très actuels que nous propose Marie Pavlenko en nous racontant une tranche de vie, l’année de terminale de Déborah, rythmée par les vacances et jalonnée de petits bonheurs et de drames, de septembre à juin, du premier jour de la rentrée aux résultats du baccalauréat.

Un roman d’apprentissage très intéressant qui ne pourra que convaincre le public auquel il est destiné et auquel il parlera par son vocabulaire, son style fluide et dynamique, ses thématiques, ses références littéraires et musicales, et ses personnages attachants, tant filles que garçons comme il ne manquera pas de captiver leurs parents et plus généralement un public adulte, tant il est abouti et pertinent.

Vous l’aurez compris Je suis ton soleil est un roman très réussi à mettre entre les mains des adolescents et de leurs parents ! Je remercie Brigitte et les éditions Flammarion jeunesse pour cette lecture totalement addictive, j’ai adoré.

Sauveur et fils saison 3 – Marie-Aude Murail

Au numéro 12 de la rue des Murlins, à Orléans, vit Sauveur Saint-Yves, un psychologue antillais de 40 ans, 1,90 mètre pour 80 kg. Dans son cabinet de thérapeute, Sauveur reçoit des cas étranges comme ce monsieur Kermartin qui pense que ses voisins du dessus ont installé une caméra de vidéosurveillance dans le plafond de sa chambre à coucher ou comme Gervaise Germain qui s’interdit de prononcer le son « mal » par crainte qu il ne lui arrive un MALheur. Mais Sauveur reçoit surtout la souffrance ordinaire des enfants et des adolescents : Maïlys, 4 ans, qui se tape la tête contre les murs pour attirer l attention de ses parents, Ella, 13 ans, cyberharcelée par ses camarades de classe, Gabin, 17 ans, qui ne va plus au lycée depuis qu il passe ses nuits dans World of Warcraft, Margaux, 15 ans, qui en est à sa deuxième tentative de suicide ou sa soeur, Blandine, 12 ans, que son père aimerait mettre sous Ritaline pour la « calmer »… Sauveur peut-il les sauver ?

Dans cette troisième saison, nous retrouvons les adolescents des saisons précédentes : Blandine Carré diagnostiquée hyperactive. Ella Kuypens une jeune transgenre victime de harcèlement scolaire. Gabin Poupard, en voie de déscolarisation dont la mère, schizophrène, est régulièrement hospitalisée, et  qui a investi le grenier de Sauveur.

Mais aussi Samuel qui a des relations conflictuelles avec sa mère et qui vient tout juste de faire la connaissance de son père, et bien sûr de nouveaux patients.

Il y a toujours Louise la mère de Paul, le meilleur ami de son fils Lazare, dont Sauveur est amoureux, à qui il a promis un bébé mais qui ne se sent pas à sa place dans cette maison de garçons.

Et le vieux légionnaire Jojo qui a définitivement abandonné sa vie d’errance pour lui préférer la rue des Murlins, et se fait un malin plaisir d’apprendre aux enfants les chansons toutes en finesse de la légion, le boudin en tête !

Du 19 octobre au 25 novembre 2015, Marie-Aude Murail nous raconte le quotidien de Sauveur et des siens, l’évolution de ses patients et les problèmes auxquels ils sont confrontés : dépression, tentative de suicide, transgenre, phobie et harcèlement scolaires, homophobie, intolérance, terrorisme, pauvreté, les familles monoparentales ou recomposées, les transferts patients / psy, les ravages du divorce…

L’auteure nous dépeint la souffrance des adolescents et des adultes confrontés à ces différentes situations avec tellement d’intelligence que ce n’est jamais plombant pour le lecteur, c’est admirable de finesse et de talent, comme toujours chez Marie-Aude Murail.

J’avais eu un coup de coeur pour Sauveur et fils saison 1 et Sauveur et fils saison 2, la saison 3 ne fait pas exception, j’ai adoré tout autant car l’histoire est dans la continuité des volumes précédents sans lasser et sans redondance. Dès les premières lignes, j’ai adoré retrouver Sauveur Saint-Yves, ses patients et tous les habitants de la rue des Murlins, tous si différents et si attachants.

C’est un roman que j’ai savouré, sachant que c’est le dernier de la trilogie, j’ai fait traîner un peu ma lecture, histoire d’en profiter jusqu’au bout. J’ai souri, ri mais aussi tremblé et été émue une fois encore par les épreuves que tous traversent.

La façon qu’a Marie-Aude Murail de nous narrer le quotidien de ce psy humaniste est un vrai bonheur et une fois que l’on a mis le nez dedans, il devient vraiment très difficile de le lâcher.

Il y a toujours beaucoup d’humour, un héros souvent débordé par ses patients mais irrésistible, et une formidable atmosphère de chaleur humaine qui fait du bien.

Un roman formidable avec des héros très touchants et attachants, à mettre entre toutes les mains dès 13 ans !

Un immense merci à Coline et aux éditions Ecole des Loisirs pour cette magnifique lecture.

Lady Helen tome 1 Le club des Mauvais Jours – Alison Goodman

Lu dans le cadre du challenge  1 pavé par mois

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Londres, avril 1812. Lady Helen s’apprête à faire son entrée à la cour. La jeune orpheline est encore sous la tutelle de son oncle et de sa tante qui veillent à étouffer chez elle tout écart pouvant rappeler la réputation sulfureuse de sa mère. Helen fait alors la connaissance du ténébreux Lord Carlston, qui revient juste d’exil après avoir été soupçonné du meurtre de sa femme. Elle est piquée par la curiosité, d’autant qu’il promet de lui faire des révélations sur elle-même et sa mère et que d‘étranges faits surviennent alors : des bonnes disparaissent, des meurtres sanglants sont commis. Mais la jeune fille est loin de soupçonner l’existence de démons viciés, des Abuseurs, qui se nourrissent de l’énergie humaine. heart_4lady-helen-tome-1-alison-goodman

Londres, avril 1812. Lady Helen Wrexhall vient de quitter son pensionnat afin de faire sa première saison, et par conséquent, son entrée dans le monde, elle va même être présentée à la reine Charlotte et au régent, Primmy.

Helen loge dans l’hôtel particulier de son oncle et tuteur, en charge de son fortune, un homme particulièrement rigide et de sa tante Eleonore, qui est souvent obligée d’arrondir les angles afin de protéger sa nièce chérie.

Au cours de la présentation à la reine, elle fait la connaissance de Lord Carlston, un cousin de la famille, tout juste revenu d’exil, et de funeste réputation, accusé par la rumeur publique d’avoir assassiné sa femme dont on n’a jamais retrouvé la dépouille.

Sa Seigneurie, dont elle se méfie, lui apprend que sa mère défunte, déclarée folle et traitre à la patrie et morte depuis une décennie, était en fait une vigilante et qu’elle en est elle-même une. Elle découvre également l’existence des Abuseurs, des créatures maléfiques, qui sont responsables de la disparition de l’une de ses bonnes et de meurtres sanglants…

Je méconnais totalement la période de la Régence anglaise et je me suis assez peu frottée aux romans de Jane Austen, Orgueil et préjugé et Lady Susan, exceptés, j’étais donc très curieuse de découvrir Lady Helen tome 1 Le club des Mauvais Jours, un roman historique Young adult mâtiné de fantastique et je dois dire que j’ai passé un très bon moment en compagnie d’Helen et que pour moi le pari est réussi.

Alison Goodman réussit en effet à merveille à faire coexister la vie mondaine d’Helen en pleine Régence avec ses promenades dans les jardins de Vauxhall, les bals et la présentation à reine Charlotte d’un côté, et des combats contre les figures malfaisantes que sont les Abuseurs, de l’autre.

L’auteure nous régale aussi de descriptions de robes toutes plus belles les unes que les autres et cet aspect typiquement féminin est bien agréable à lire tout comme l’aspect romance du récit qui apporte une légèreté dont on a bien besoin lorsque la violence se fait plus présente.

Un premier tome prometteur et qui se lit avec beaucoup de plaisir même pour moi qui ne suis pas férue de fantastique comme vous le savez déjà, ici c’est bien dosé, la trame historique ne s’efface pas au profit du fantastique qui fait des incursions toujours très bien amenées et maîtrisées.

Alison Goodman dévoile à ses jeunes lectrices le monde impitoyable des saisons à l’anglaise, une période durant laquelle une jeune fille bien née se devait de trouver un mari et surtout conclure une belle union, utile aux siens et savamment orchestrée par eux, sans qu’elle n’ait voix au chapitre.

Le personnage d’Helen, est attachante, docile au début du roman, elle s’accommode bien du strict patriarcat du 19è, les femmes n’étant que quantités négligeables. Elle sait jouer des contraintes de la société pour s’affirmer comme une jeune femme intelligente et courageuse qui saura prendre les décisions qui s’imposent pour son avenir.

Une bonne pioche donc et l’envie de retrouver Helen et Lord Carlston dans le second tome à paraître cette année.

La fille quelques heures avant l’impact – Hubert Ben Kemoun

Annabelle est une collégienne en classe de 3e, dont la situation familiale est sombre. Dans sa classe, les tensions entres les élèves sont devenues insupportables : racisme, violence et trahison font désormais partie de leur quotidien. Mais cet après-midi, les événements s’enchaînent : la colère pousse un de ses camarades à mettre en danger la vie de centaines de personnes. Prise dans la tourmente, la vie d’Annabelle en sera à jamais bouleversée.heart_4

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En ce chaud vendredi de mai, veille du week-end de la Pentecôte, Annabelle, son amie Fatoumata et les autres élèves de leur classe de 3è, assistent au dernier cours de la semaine.

Isabelle, leur professeur de français, surnommée « Et chérie chérie » tentent de les intéresser au roman sulfureux de Raymond Radiguet, Le diable au corps. Dans la torpeur de cette dernière heure de cours avant le week-end, les esprits s’échauffent entre Mokhtar et Fabien, dont le père est conseiller municipal et raciste notoire.

Les jeunes gens sont sommés par Isabelle de les attendre dans le couloir, une sanction approuvée par plusieurs camarades qui en ont assez de voir leurs cours parasités par leurs échanges haineux…

Avant de commencer La fille quelques heures avant l’impact qui m’attendait bien sagement dans ma PAL depuis sa parution il y a près d’un an déjà, je ne savais pas quel était le sujet si ce n’est qu’un concert serait le décor d’un drame.

J’avais bien entendu en tête les attentats du 13 novembre 2015 du Bataclan et j’avoue avoir repoussé cette lecture à cause de cela.

Alors si vous êtes dans mon cas, n’attendez plus car Hubert Ben Kemoun ne revient pas sur ce qui s’est passé au Bataclan car il a écrit ce roman un an plus tôt mais il traite de racisme et de violence scolaire.

Une violence qui s’exprime entre les élèves mais aussi envers les professeurs, bien traitée ici, de façon totalement crédible par l’auteur qui, par sa plume rythmée, rend ce récit très addictif.

J’ai lu ce roman très rapidement, prise par l’histoire haletante comme je le disais même si je n’ai pas compris l’intérêt des flash-backs des deux personnages à l’agonie et qui m’ont semblé superflus ici.

Ceci mis à part, Hubert Ben Kemoun tisse son récit de façon très habile, faisant monter la tension crescendo jusqu’au dénouement dramatique. Un roman qui plaira aux 14 ans et plus et que leurs parents devraient lire aussi afin de mieux appréhender la vie des adolescents d’aujourd’hui car il aborde, outre la violence, l’amour chez les ados et les relations parents/enfants.

Même si le sujet est sombre et que le collège apparaît comme un environnement hostile, Hubert Ben Kemoun n’oublie pas de mettre l’accent sur l’espoir, l’amitié et la solidarité et c’est surtout ça que je veux retenir de ce roman

Un grand merci à Brigitte et aux éditions Flammarion jeunesse pour cette lecture dure mais réaliste !

Lucille à l’heure gourmande – Gwenaële Barussaud

Lorsque Lucille Bordier revient à Paris en ce mois de septembre 1868, elle éprouve beaucoup de peine à reconnaître Paris. Partout la ville s’illumine, s’agrandit, se dote d’hôtels luxueux, de magasins superbes, de salles de spectacle… Mais Lucille n’a pas le coeur à se réjouir de ces changements. Une saison passée à Dinard, petite cité balnéaire de la côte d’Emeraude, l’a dépossédée de ses illusions et de ses rêves. Séduite puis abandonné par Charles Singleton, un entrepreneur anglais sans scrupule, Lucille a perdu ses ressources et sa place de domestique. Elle peut heureusement compter sur l’amitié de sa soeur Pauline et sur celle de sa tante Victorine qui tient désormais seule le Café Normand, rue d’Enfer. Mais depuis la mort subite de l’oncle Gaston, le café périclite… C’est alors que Lucille a une idée. Pourquoi ne pas transformer le café en un lieu de réunion pour les femmes, une sorte de salon où l’on pourrait boire du thé, déguster des gourmandises et bavarder sans craindre l’oreille indiscrète des domestiques ?heart_5lucille-a-l-heure-gourmande-gwenaelle-barussaud

A seize ans, Lucille Bordier ne veut plus se contenter d’être la femme de chambre de Mathilde de Gisors, une demoiselle du grand monde, dont le père est proche de l’empereur Napoléon III. Elle rêve d’être indépendante, de s’élever socialement et décide de prendre son destin en mains, car, sous le règne de Napoléon III, les opportunités ne manquent pas. Elle décide alors de quitter sa place pour s’associer avec un anglais, qui se révèle être un escroc.

Elle rentre alors à Paris et trouve une place de femme de chambre dans un Palace mais au décès de son oncle, elle convainc sa tante d’ouvrir un café pour dames…

Les lumières de Paris est pour moi une série bonheur, oui un véritable bonheur de lecture que je déguste à chaque fois, à chaque tome, je me délecte de l’histoire contée par Gwenaële Barussaud et surtout de sa plume élégante et raffinée qui m’embarque à chaque fois dans ce fascinant Paris de Napoléon III.

Si vous ne connaissez pas cette romancière ni cette série, je n’ai qu’une chose à vous dire : foncez ! Car si comme moi vous avez aimé Au bonheur des dames, si vous vous délectez à la lecture des romans historiques et si cette période de notre hsitoire vous intéresse, chaque volume des Lumières de Paris va vous plaire : Pauline demoiselle des grands magasins, Juliette la mode au bout des doigts et Lucille à l’heure gourmande.

A chaque tome, son héroïne et son histoire : après Pauline et le grand magasin de L’élégance parisienne d’Aristide Boucicaut, après son amie Juliette férue de mode avec qui on assiste à la naissance de la haute couture, place à Lucille qui nous fait connaître les premiers bains de mer à Dinard mais aussi la création des premiers palaces et celui des salons de thé.

La création de ce lieu typiquement féminin qu’est un salon de thé est un sujet véritablement passionnant et formidablement restitué ici. Comme toujours, Gabrielle Barussaud connaît parfaitement son sujet et sait à merveille nous immerger dans ce Paris foisonnant du règne de Napoléon III qui vit tant de bouleversements.

Au-delà de ce sujet qui pourrait apparaître comme frivole, Gwenaële Barussaud n’a pas son pareil pour décrire le petit monde des domestiques et des employés, mettre en lumière les valeurs de travail, de courage, de fierté, de persévérance, sans oublier de faire connaître aux plus jeunes la place des femmes dans cette société du milieu du 19è régie par les hommes à tous les niveaux et dans toutes les classes sociales.

Outre l’histoire et le contexte, je prend beaucoup de plaisir à lire cette romancière, j’aime son style fluide et dynamique, son vocabulaire riche et recherché, qui font que ce roman, bien que destiné aux adolescentes, est un vrai régal pour l’adulte que je suis.

Cerise sur le gâteau, comme Pauline et Juliette, Lucille est une héroïne bien attachante, courageuse et qui sait saisir des opportunités, on a plaisir à suivre son parcours semé d’embûches et qu’une envie : qu’elle réussisse.

Autre point positif : on retrouve Pauline et Juliette au fil du récit, dans de courtes apparitions certes, mais ces clins d’œil aux deux précédents volumes sont bien amenés et on a plaisir à les retrouver ici.

En résumé, encore un coup de coeur pour ce roman historique pour adolescents mais pas que vous l’aurez compris, totalement réussi, vivement le tome 4 !