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Archive for the ‘Littérature adolescente & young adult’ Category

Après des études de lettres, Christine Féret-Fleury devient éditrice chez Gallimard jeunesse puis responsable des éditions Les 400 coups en France tout en écrivant. Elle se consacre désormais à son métier d’autrice. Elle a publié une centaine d’ouvrages pour la jeunesse et les adultes, dont de nombreux succès comme Chaân la rebelle (Flammarion), la série « En Selle !  » (PKJ), La fille qui lisait dans le métro (Denoël) Christine Féret-Fleury vit à Paris.

De nos jours, Léonard, un adolescent, est face au plus grand chagrin de sa vie : son grand-père adoré dont il porte le prénom, est mort, renversé par une voiture. Le jour de son enterrement, il reçoit un mail lui enjoignant de rechercher un tableau : La dame à l’hermine de Léonard de Vinci.

Or ce message provient de son grand-père, ce qui est bien sûr impossible, à moins que quelqu’un se joue de lui ! Léonard décide de partir à Cravovie, où est exposé le tableau. Son père, galeriste, accepte de le confier à Marcello, le conservateur, et ami du défunt.

Milan, été 1490 : Cécilia Gallerani, maîtresse du duc de Milan, est menacée de mort par la femme de ce dernier qui réclame le portrait exécuté par Léonard de Vinci, La dame à l’hermine.

Soit, elle accepte de le détruire, soit elle le paiera de sa vie. Léonard de Vinci, fait lui-même l’objet de pressions et d’intimidations…

Christine Féret-Fleury nous propose avec La dernière énigme de Léonard de Vinci, une plongée fascinante dans les coulisses d’un tableau très célèbre du maitre italien : La dame à l’hermine.

Le récit à trois voix (Léonard, Léonardo et Cécilia) oscille entre le faste de la Renaissance et l’Europe moderne.

L’enquête se révèle plutôt prenante et périlleuse et réjouira les adolescents, habitués aux ambiances mystérieuses et fantastiques, qui apprendront beaucoup à la lecture de ce roman très bien documenté.

Passionnant bien sûr pour les amateurs de Léonard de Vinci mais aussi pour celles et ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’art. Sous la plume de l’autrice, on assiste aux séances de pose de Cécilia, aux atermoiements du maître quant à la tenue de la belle milanaise, à ses bijoux et accessoires.

Les personnages sont très intéressants à suivre, Léonardo bien sûr mais aussi la belle Cecilia Gallerani dont j’ignorais tout. Maîtresse du puissant Ludovic Sforza jusqu’au milieu de l’année 1492, date à laquelle, elle donne naissance à leur fils, César. En 1490, le duc de Milan épouse Béatrice d’Este, qui le contraint à mettre fin à cette relation.

Oil on Wood 54.8 x 40.3 cm

Le tableau est présumé avoir été exécuté entre 1488 et 1490, période que reprend Christine Féret-Fleury pour la partie historique du roman. Cette huile peinte sur panneau de bois est réellement exposée au Musée national de Cracovie, lieu qui sert de toile de fond au récit contemporain.

Elle part de ce terreau historique pour nous raconter l’aventure qui arrive à Léonard, ce jeune homme de 17 ans, anéanti par ce grand-père dont il était si proche et avec lequel il partageait tant de choses et en lequel pourront se reconnaître beaucoup d’adolescents.

Le vieux Léonard était un œil, entraîné à déterminer l’auteur d’une oeuvre peinte, et grand spécialiste de Léonardo. C’est un métier proprement fascinant que l’autrice nous fait découvrir ici.

L’adolescent, chamboulé par le chagrin et par cette enquête, va tomber amoureux de Cécilia. Au gré de ses découvertes, il va mûrir et s’interroger sur le chemin qu’il a lui-même à tracer, quitte à décevoir les attentes paternelles.

Ce qui me chagrine en revanche c’est que la partie historique, bien que très intéressante, n’a aucun impact sur la vie de notre jeune Léonard et que l’autrice n’a pas été au bout des mystères qui entourent ce tableau : le dénouement est peu abrupte et un poil décevant.

Reste que c’est un roman d’apprentissage fluide, très bien documenté, bien rythmé qui plaira aux jeunes lecteurs, les pages se tournent toutes seules et avec beaucoup de plaisir. Je recommande donc ce roman aux jeunes dès 14 ans !

Un grand merci à Babelio et aux éditions Auzou pour cette chouette lecture !

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Sadie, 19 ans, s’est volatilisée. Pour West McCray, journaliste à New York, il s’agit d’une banale disparition. Mais quand il découvre que sa petite soeur, Mattie, a été tuée un an auparavant et que sa mère a elle aussi disparu, sa curiosité est éveillée. West se lance alors à la recherche de Sadie et les témoignages qu’il recueille vont alimenter sa série de podcasts. Sadie, elle, n’a jamais pensé que son histoire deviendrait le sujet d’une chronique à succès. Elle ne désire qu’une chose : trouver l’homme qui a tué sa soeur.
Qui est réellement cet homme ? Comment est-il entré dans la vie de Mattie ? Tandis que Sadie remonte la piste du tueur, West remonte celle de Sadie. Et se dessine, progressivement, la figure d’un homme – d’un monstre ! – qui pourrait bien frapper à nouveau…
West retrouvera-t-il Sadie à temps

Qu’est-il arrivé à Sadie Hunter ? Après le meurtre de sa petite sœur Mattie, 14 ans, Sadie, 19 ans, qui jouait pour elle le rôle de mère, la leur ayant mis les voiles, sombre inexorablement.

Un an après le décès de Mattie, elle quitte la caravane familiale de Cold Creek, une petite ville du Colorado, et met toutes ses affaires à la benne. May Beth Foster, qui faisait office de grand-mère pour les filles, demande l’aide de West McCray, un journaliste new-yorkais qui apprend le meurtre de Mattie totalement par hasard.

En enquêtant sur ce qu’il croyait être une banale histoire de disparition, il retrace le parcours de la jeune fille à la dérive et découvre des atrocités qui vont le bouleverser car Sadie semble partie sur la piste du meurtrier de sa sœur par ailleurs pédophile…

Sadie est un thriller élu quinze fois roman Young adult de l’année 2018 par la presse américaine. Je m’attendais donc à une tension et une enquête palpitante. Hélas pour moi, je n’étais clairement pas la cible de ce thriller ado qui m’a semblé bien fade par rapport à mes lectures habituelles.

Avec ce roman, Courtney Summers nous plonge au cœur d’une double enquête. Dans la première, nous suivons West McCray journaliste, à la recherche de Sadie, portée disparue. Dans la seconde, nous marchons dans les pas de Sadie, partie à la recherche du tueur de sa soeur.

L’autrice jongle entre deux enquêtes parallèles et deux narrations distinctes. Avec McCray, Courtney Summers nous propose des podcasts où le journaliste interroge les différents protagonistes de l’histoire, ceux qui ont côtoyé Sandie dans sa ville natale et tous ceux qui vont la croiser au cours de sa quête.

Le procédé de l’interview rend les propos particulièrement vivants et j’ai bien aimé cet aspect du roman pourtant redondant puisque nous savons déjà par Sadie ce que le journaliste apprend ensuite.

En alternance, l’autrice nous propose de suivre le parcours de Sandie dans sa quête du tueur de sa sœur, d’être dans sa tête car elle a du mal avec les mots à cause de son bégaiement dont elle a souffert toute sa vie.

Mal aimée par sa mère Claire, alcoolique et droguée, elle a reporté tout son amour sur Mattie, sa petite sœur, pour qui elle était en adoration. Lorsque leur mère les a abandonnées, elle a tout fait pour palier ce manque, sans y parvenir.

C’est après une de leur dispute que Mattie sera assassinée et elle n’arrive pas à vivre avec cette culpabilité. Sadie doit retrouver l’assassin à tout prix et le punir pour ces crimes car l’homme a non seulement tué Mattie mais il a aussi abusé de Sadie.

C’est, à ma grande surprise, un personnage qui ne m’a pas émue, peut-être est-ce parce que mes 19 ans datent un peu, mais ses errances ne m’ont pas touché et à la longue, j’ai fini par lire les chapitres qui lui sont consacrés en diagonale.

L’autrice aborde un sujet grave dans ce thriller : la pédophilie mais cette thématique aurait mérité d’être traitée en profondeur et non en surface comme l’a choisi de le faire Courtney Summers.

Pas de suspens pour moi ni de tension dans ce thriller qui met bien trop de temps à démarrer et dont la fin ne rachète pas l’ennui qui m’a accompagné tout au long de ma lecture.

Un titre à réserver aux adolescents et aux jeunes adultes qui l’apprécieront sans doute davantage que les adultes, à fortiori si ils sont des lecteurs aguerris de thrillers.

Merci à Babelio et ayw éditions La Martinière pour leur confiance.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Elle ferme les yeux, écoute la nuit, elle sent battre le cœur de la Terre, sous elle, celui des hommes, des arbres, des animaux, cœur nocturne qui bat depuis le commencement, qui battra après elle. Elle appartient à ce monde immense. Et son bras, peut-être, alors, est dérisoire.

Lors d’un beau week-end ensoleillé de mai, Abi et sa mère Elsa prennent la voiture. Nina Simone chante dans l’autoradio lorsqu’elles sont violemment percutées par une conductrice toute à sa conversation téléphonique.

Elsa et l’automobiliste sont indemnes. Abi, qui battait la mesure, son bras reposant sur la fenêtre ouverte, voit son bras pendre dangereusement avant de perdre connaissance.

A son réveil, elle apprend qu’elle a été amputée en dessous de l’épaule. Le monde d’Abi s’effondre car la jeune fille de vingt ans était en classe prépa pour intégrer l’école vétérinaire.

Après plusieurs mois d’hospitalisation, Abigail rentre chez elle, munie d’une prothèse, son bras de Vador comme elle l’appelle. Elle ne voit plus personne. Son corps mutilé bouleverse son quotidien, sa vie d’avant lui est insupportable.

Comment se définir quand on a perdu ses repères, qu’on ne sait plus qui on est, que la douleur est toujours embusquée, prête à exploser ?

Il y a deux ans déjà, j’avais beaucoup aimé Je suis ton soleil, j’étais donc ravie de retrouver la plume de Marie Pavlenko à l’occasion d’Un si petit oiseau, sorti il y a plusieurs semaines déjà et dont je n’ai lu que des avis positifs.

Autant vous le dire d’emblée, le mien le sera tout autant car j’ai beaucoup aimé l’histoire proposée par l’auteur, qui lui a été inspirée par l’accident arrivé à sa propre mère en 2015.

Un si petit oiseau, c’est donc l’histoire d’Abi, qui, traumatisée par l’accident dont elle a été victime, a du mal à remonter la pente. Il faut dire que se voir amputée d’un membre doit être une épreuve particulièrement difficile à surmonter.

Heureusement pour elle, Abi est bien entourée, sa mère, professeur de français, se rend disponible pour elle tous les matins, mais Abi vit recluse dans sa chambre, abrutie par la morphine, car les douleurs de son membre fantôme sont insupportables.

Elle ne veut plus voir ses amis, s’est mis sa petite sœur à dos, ne supporte plus l’humour franc du collier de son père et de sa tante. Pruneau est manchote et elle ne l’accepte pas.

L’auteure aborde à travers Abi toutes les difficultés qu’ont les personnes amputées pour affronter la douleur, la dépression, le deuil de leur vie d’avant, pour devenir autonomes et se reconstruire. La plume de Marie Pavlenko est toujours aussi fluide et addictive et j’ai littéralement dévoré ce roman en quelques heures.

L’autrice aborde toutes les questions posées par le handicap : comment trouver l’amour lorsque l’on épreuve une telle aversion envers son nouveau corps, comment s’habiller, se coiffer, plier son linge, faire une valise, préparer son repas… lorsque l’on a qu’une seule main ?

Il y a aussi toutes les difficultés rencontrées par l’entourage : sa mère qui culpabilise parce qu’elle était au volant, son père qui pour ne pas s’effondrer enchaîne les blagues lourdingues, Millie la petite sœur jalouse qui a l’impression d’être la dernière roue du carrosse depuis l’accident… Tous ont mis leur vie entre parenthèses pour aider au mieux Abi.

Ce roman est poignant mais jamais larmoyant, certains passages sont très émouvants mais il est aussi bourré d’humour et de dérision. Les personnages sont crédibles et on ne peut qu’être en empathie avec Abi qui traverse des moments très difficiles mais qui saura rebondir avec l’aide des siens, d’Aurèle, un camarade d’enfance, et la découverte de l’ornithologie.

J’ai été très touchée par Un si petit oiseau, par Abi, sa désespérance, ses douleurs et sa reconstruction. Le handicap est abordé par Marie Pavlenko avec pudeur, réalisme et humour. Un roman très réussi à mettre entre les mains des adolescents et de leurs parents !

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Le jeune Alex a une vie trépidante. Ses exploits en escrime et ses succès à la cour font de lui un des nobles les plus admirés de Paris. Mais ses origines le rattrapent lorsqu’il retrouve sa sœur, esclave comme leur mère, qui s’apprête à rejoindre une révolte en Haïti. Alex décide de prendre lui aussi son destin en main, car partout se murmure un mot… Révolution !

Fin du XVIIIè siècle à Saint Domingue. Le jeune Alex, quatorze ans, et sa soeur Rose sont les enfants de Cessette Dumas, la plus belle esclave de l’île, et d’un français, Antoine Delisle. Un jour, le jeune homme, voit son père partir et quelques heures plus tard, un homme arrive sur le domaine et leur apprend qu’ils ont été vendus comme esclaves.

Son père, notoirement désargenté, n’a trouvé que ce moyen afin de payer son retour vers la France. Alex, Rose et Cessette sont emmenés chez leur nouveau maître où les coups de fouet sont légion. Séparés, ils tentent de s’évader mais sont immédiatement repris et sévèrement battus.

Quelques mois plus tard, Alex change de propriétaire, le capitaine Ponche, ancien pirate, l’achète et l’emmène direction la Guadeloupe. Mais ce qu’Alex ignore c’est qu’ils font en fait route vers Le Havre où les attend le marquis de la Pailleterie, son père.

Entre rencontre amoureuse, vie de cour et duels d’escrime, Alex ressent le besoin de se mettre au service d’une cause, la Révolution est en marche, il va se révéler…

J’avais découvert la plume de Christel Mouchard avec L’apache aux yeux bleus, qui racontait l’histoire vraie d’Herman Lehman, un captif des apaches. Avec Alex, fils d’esclave, l’autrice nous narre une fois de plus une histoire vraie, celle d’Alex Thomas Dumas, le père d’Alexandre Dumas, le premier général ayant des origines afro-antillaises de l’armée française.

J’ignorais tout de la vie d’Alex Dumas et je me suis régalée à cette lecture très bien écrite et formidablement documentée, qui va permettre aux jeunes dès 13 ans, de découvrir cette vie hors du commun. Ce roman, qui s’inscrit dans le programme scolaire de 4è, aborde à la fois l’esclavage et la révolte de Saint Domingue, actuelle Haïti, qui va abolir l’esclavage il y a très exactement 170 ans.

L’écriture de Christel Mouchard est fluide et elle nous propose ici une histoire rythmée : impossible de s’ennuyer de la première à la dernière page tant ce roman se révèle tout bonnement trépident à suivre car la vie d’Alex Dumas ne manque pas de rebondissement et nous plonge au coeur de la société de l’Ancien Régime, elle aussi au programme de 4è.

Sa rencontre avec sa future femme Marie-Louise Élisabeth Labouret, dont le père tient une auberge au pied de la Bastille, va lui permettre de découvrir les écrits des Lumières, l’Encyclopédie et Jean-Jacques Rousseau, l’occasion pour les jeunes lecteurs de coller là aussi avec le programme d’histoire de 4è !

Un roman que j’ai beaucoup aimé, à la fois instructif et distrayant, que je recommande vivement aux collégiens. Pour ma part, je vais le mettre entre les mains de mes garçons respectivement en classe de 5è et de 4è, ils sont pile la cible et Alex fils d’esclave va forcément trouver grâce à leurs yeux. Et comme il sort dès aujourd’hui dans toutes les bonnes librairies, vous n’avez aucune excuse pour ne pas vous le procurer.

Un grand merci à Brigitte et aux éditions Flammarion Jeunesse pour cette lecture, j’ai adoré !

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D’aussi loin que les souvenirs d’Isabella remontent, Andrew a été là. La présence d’Andrew à ses côtés est aussi naturelle que l’air qui entre dans ses poumons lorsqu’elle respire. Elle n’y a jamais vraiment réfléchi. Pourquoi le ferait-elle ? Andrew, héritier de la famille Chapel, lui appartient puisqu’elle est l’héritière de la famille White. C’est ainsi que les choses se passent dans son minuscule univers, limité à ce qui se trouve entre les quatre murs de l’appartement de Ludgate Hill, dans les Londres de 1939. Mais le monde extérieur finit toujours par pénétrer chez vous. Parfois il se glisse discrètement sous la porte, passant presque inaperçu. Dans le pire des cas, il engloutit votre maison dans un nuage de bombes incendiaires, d’obus, et de hurlements de sirènes.

Depuis toujours, Isabelle White est à l’abri de tout. Fille d’un avocat prospère, elle vit dans les beaux quartiers de Londres. Surtout, elle a Andrew Chapel, le fils de l’assistant de son père, qui la protège et qui la sert, qui veille auprès d’elle en toutes circonstances.

Qu’ils le veuillent ou non, un lien ancien et mystérieux unit les White et les Chapel face à tous les obstacles de la vie. Un lien que rien, jusqu’à présent, n’a pu dissoudre. Un lien qui les tient comme enchaînés. Et cela pourrait bien durer toujours.

Mais c’est 1939, la guerre arrive et les bombardements allemands menacent Londres. Isabella et Andrew doivent fuir, alors que le monde qu’ils connaissent, s’effondre peu à peu.

J’avais beaucoup aimé il y a près de trois ans de cela le précédent roman de N.M. Zimmermann, par ailleurs sœur de Lorris Murail et Marie-Aude Murail, Les ombres de Kerohan, qui était déjà un roman historique aux accents fantastiques. Changement d’époque et de lieu pour Dix battements de cœur puisqu’on délaisse la Bretagne pour la capitale anglaise et le 19è siècle pour le 20è.

Ce roman destiné aux adolescents m’a beaucoup plu pour son aspect historique que je trouve très bien documenté et développé ici. On tremble avec nos deux héros pendant le Blitz où à chaque attaque, c’est la ruée vers les abris, et dans leur exil à la campagne chez Mrs Cole, la tante de Isabella, qui recueille les enfants contre monnaie sonnante et trébuchante.

Pris dans la tourmente de la guerre, ils doivent faire face à des situations très dures, entrer de plein fouet dans le monde des adultes et c’est très bien développé. Isabella, qui a une véritable affection pour Andrew, va aussi voir leur complicité vaciller. Andrew connaît mal les tenants et les aboutissants qui unissent les White et les Chapel et vit très mal le fait de devoir obéir à la jeune fille et de ne pouvoir mener sa vie comme il l’entend puisque si il lui désobéit ou s’éloigne d’elle plus de vingt-quatre heures, il est en danger de mort.

Isabella veut de toutes ses forces que ce pacte s’arrête mais son père l’a prévenu, c’est impossible. C’est cet aspect fantastique que j’ai trouvé le moins réussi. Ce pacte n’est pas sans rappeler Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde mais ici ce n’est pas un tableau qui vieillit mais les membres de la famille Chapel qui accusent les ans prématurément et collectionnent les maladies, les blessures alors que les White sont resplendissants de santé.

Ce volet fantastique m’a laissé sur ma faim car je l’ai trouvé mal exploité : le pacte est expliqué de façon très succincte et aurait mérité d’être davantage creusé. Et surtout, les problématiques de ce pacte sont sans cesse ressassées par nos héros qui voudraient s’en détacher mais ne savent pas comment, ce que j’ai trouvé trop répétitif.

Les personnages de Andrew et Isabelle sont plutôt attachants, les autres enfants qui traversent le récit nous font prendre conscience des difficultés auxquelles ils sont confrontés tout au long de la guerre.

Un roman d’apprentissage intéressant et passionnant d’un point de vue historique avec un suspens qui monte crescendo au fil des pages sur l’avenir de nos héros et sur le pacte qui les unit mais dont l’aspect fantastique, vous l’aurez compris, ne m’a pas convaincue.

Une lecture néanmoins addictive que j’ai dévoré en deux après-midis et dont je remercie Manon et L’école des Loisirs !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Juillet 2017 : un an que « Brexit means Brexit » ! Ce qui n’empêche pas la rêveuse Marguerite Fiorel, 17 ans, jeune soprano française, de venir à Londres par l’Eurostar, pour chanter dans Les Noces de Figaro ! À ses côtés, son cher professeur, Pierre Kamenev. Leur chemin croise celui d’un flamboyant lord anglais, Cosmo Carraway, et de l’électrique Justine Dodgson, créatrice d’une start-up secrète, BREXIT ROMANCE. Son but ? Organiser des mariages blancs entre Français et Anglais… pour leur faire obtenir le passeport européen. Mais pas facile d’arranger ce genre d’alliances sans se faire des noeuds au cerveau et au coeur !

Juillet 2017. Marguerite Fiorel, une jeune soprano de 17 ans originaire de Grenoble, est dans un train pour Londres avec son professeur Pierre Kamenev. En face d’eux, Cannelle, une lyonnaise consultante pour Google, leur raconte qu’elle se rend dans la capitale anglaise pour y épouser Matt.

Leur mariage blanc permettra à Matt de contrer le Brexit en ayant un passeport français et permettra à Cannelle d’ouvrir un restaurant à Londres. Cette idée folle vient en fait de Justine Dogson, créatrice de Brexit romance, une start-up proposant aux jeunes européens de s’unir pour obtenir le passeport européen.

Alors qu’elle s’apprête à chanter dans Les noces de Figaro, Marguerite tombe sous le charme de Cosmo Carraway, fils du dirigeant du parti d’extrême droite anglais, ami de Marine Le Pen, qui cherche lui aussi à se caser grâce à Justine…

J’avais beaucoup aimé Les petites reines, lu il y a plus de deux ans maintenant et je me réjouissais de retrouver la plume de Clémentine Beauvais à l’occasion de son tout nouveau roman Brexit Romance. Paru à la rentrée, il a fait l’objet d’avis très enthousiastes sur la blogosphère et je m’apprêtais à passer un excellent moment avec Marguerite, Pierre, Justine et les autres.

Malheureusement pour moi, il n’en fut rien, et voici ma première grosse déception de l’année 2019. Cette lecture fut un véritable pensum tant je me suis ennuyée, au point que je l’ai terminé en diagonale afin d’en connaître le dénouement plutôt convenu je dois le dire !

Si j’ai trouvé le point de départ intéressant, les dialogues parfois savoureux et la plume de Clémentine Beauvais toujours aussi alerte, rien ne m’a hélas convaincu dans ce récit bien trop long à mon goût.

Je n’ai pas aimé l’intrigue que j’ai trouvé totalement décousue, délayée et tirée à l’extrême, les chapitres sont longs et il ne se passe rien ou presque. Beaucoup de longueurs, de critiques des hommes, des français tous racistes ou sexistes, une grossophobie certaine. Les personnages, Marguerite et Pierre mis à part, se révèlent inconsistants et superficiels, obsédés par leur nombril et leur petite personne, je ne les ai pas aimés.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas du tout accroché à Brexit romance, un roman que je vais m’empresser d’oublier aussitôt ! Et vous, vous l’avez aimé ?

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Louis Feyrières doit faire un stage d’une semaine, comme tous les élèves de troisième. Où ? Il n en sait rien. Ce qui est sûr, c’est qu’il n aime pas l’école et qu’il ne se sent bon à rien. « J’ai ma coiffeuse qui prend des apprentis, dit Bonne-Maman, lors d’un repas de famille. Stagiaire, c’est presque pareil. » Coiffeur ? C ‘est pour les ratés, les analphabètes, décrète M. Feyrières qui, lui, est chirurgien. Louis se tait. Souvent. Mais il observe. Tout le temps. Comme il n a rien trouvé d’autre, il entre comme stagiaire chez Maïté Coiffure. Et le voilà qui se découvre ponctuel, travailleur, entreprenant, doué ! L’atmosphère de fièvre joyeuse, les conversations avec les clientes, les odeurs des laques et des colorants, le carillon de la porte, les petits soucis et les grands drames de Mme Maïté, Fifi, Clara et Garance, tout l’attire au salon. Il s’y sent bien, chez lui. Dès le deuxième jour, Louis sait qu’il aura envie de rester plus d’une semaine chez Maïté Coiffure. Même si son père s y oppose.

Louis Feyrières a 14 ans, il vit à Orléans et est en classe de 3è. Fils d’un brillant chirurgien et d’une mère au foyer, il déteste le collège et n’a aucun plaisir à aller en cours. Nul en tout, il a droit aux récriminations de son père qui, à l’inverse, était un brillant élève.

Arrive le moment de faire la fameuse semaine de stage obligatoire et comme il n’a aucune idée de ce qu’il pourrait faire, il accepte la proposition de sa grand-mère d’intégrer Maïté coiffure, le salon qu’elle fréquente.

Dès le premier jour, il est bien accueilli par madame Maïté qui trône derrière son comptoir, Clara en charge des couleurs, Fifi, maestro des ciseaux, et Garance, l’apprentie. Fifi, le seul homme du salon, le prend sous sa coupe et découvre que Louis est très doué avec des ciseaux en mains.

Louis s’aperçoit qu’il est enfin dans son élément, il aime l’ambiance du salon, le travail de coiffeur et se retrouve bien dépourvu lorsque son stage prend fin…

Avec Maïté coiffure, je poursuis ma découverte de l’œuvre de Marie-Aude Murail après Oh, Boy !, La fille du docteur Baudoin, 22 !, Sauveur et fils saison 1, saison 2, saison 3 et saison 4 ; et je suis, une fois de plus, sous le charme de sa plume et des histoires qu’elle tricote.

Dans ce récit, Marie-Aude Murail aborde avec une fois encore beaucoup de justesse des thèmes liés à l’adolescence, ici l’échec scolaire et la différence. A travers Louis, elle redonne confiance à celles et ceux pour qui les études ne coulent pas de sources et démontre qu’un travail manuel peut mener à l’épanouissement professionnel et personnel.

Issu d’une famille bourgeoise, Louis est destiné à faire de longues études, son père rêve d’en faire un chirurgien et il ne va cesser de dénigrer les aspirations de son fils. Heureusement, Louis peut compter sur son proviseur, sa mère, sa grand-mère, sa jeune sœur et le personnel du salon, pour réaliser son rêve : devenir coiffeur.

D’autant que si il n’est pas doué pour les études, il déborde d’idées marketing et commerciales et que sous son impulsion, Maïté coiffure va connaître un nouveau souffle.

Marie-Aude Murail n’en oublie pas d’aborder des thèmes sociaux qui traversent ses autres romans comme l’amitié, le handicap, la violence, les préjugés, l’homosexualité…

Un très joli roman qui donne de l’espoir, montre qu’avec une grande détermination, on peut réaliser ses rêves, réussir ce que l’on entreprend malgré un environnement hostile.

Un récit à mettre dans les mains des collégiens dès 13 ans.

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