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Archive for the ‘Littérature adolescente & young adult’ Category

Qui n’a pas entendu parler de Nils Hazard, l’étruscologue-détective? Ou d’Emilien, héros du quotidien dont on sait à peu près tout depuis «  »Baby-Sitter Blues » »? Ainsi, Marie-Aude Murail explore différentes veines, qu’elles soient politiques, réalistes ou fantastiques, avec pour devise : ne jamais se répéter, ne jamais être là où on l’attend. Elle nous a étonnés avec un roman qui a enthousiasmé adolescents et adultes et remporté plusieurs prix : «  »Oh, boy! » », publié en 2000, inclassable et déjà classique.

Simple dit « oh, oh, vilain mot » quand Kléber, son frère, jure et peste. Il dit « j aime personne, ici » quand il n’aime personne, ici. Il sait compter à toute vitesse : 7, 9, 12, B, mille, cent. Il joue avec des Playmobil, et les beaud hommes cachés dans les téphélones, les réveils et les feux rouges.

Barnabé, surnommé Simple par son frère, a 22 ans mais trois ans d’âge mental. Son petit frère Kléber, lui, a 17 ans, il est en terminale, il est très très courageux et très très fatigué de s’occuper de Simple car depuis la mort de leur mère et la défection de leur géniteur, Kléber a son frère à charge et c’est loin d’être simple. Il pourrait bien entendu le mettre à Malicroix, comme son père le souhaite, mais le jeune homme ne veut pas faire enfermer son aîné.

Simple a un autre ami que son frère : c’est Monsieur Pinpin, son lapin en peluche qui ne le quitte pas d’une semelle. Monsieur Pinpin est son allié, à la vie, à la mort. Il va tuer Malicroix, l’institution pour débiles où le père de Simple a voulu l’enfermer, où Simple a failli mourir de chagrin. Monsieur Pinpin, dans ces cas-là, il pète la gueule.

Rien n’est simple, non, rien n’est simple dans la vie de Simple et Kléber. Mais le jour où Kléber a l’idée d’habiter en colocation avec des étudiants, trois garçons et une fille, pour sauver Simple de Malicroix, alors là, tout devient très compliqué…

Simple signe mes retrouvailles avec Marie-Aude Murail en attendant la saison 5 de Sauveur et fils que j’attends avec grande impatience !

Et comme à chaque fois avec cette romancière de grand talent, j’ai adoré cette histoire qui m’a remué, fait rire et pleurer à chaudes larmes. En même temps comment ne pas aimer la plume de Marie-Aude Murail et l’histoire qu’elle nous propose ici, c’est tout simplement impossible !!

Comment ne pas s’attacher à Kléber et à Simple, deux frères qui veulent seulement vivre ensemble, contre l’avis de leur père qui ne fait que passer dans leur vie, trop occupé à roucouler avec sa nouvelle femme, et contre l’avis des services sociaux qui souhaitent pour Kléber une vie sans contrainte et des soins pour Simple.

La relation entre les deux frères est au cœur de ce roman pour adolescents. On les voit dans leur quotidien : Simple tout occupé à jouer aux Playmobil ou avec monsieur Pinpin et Kléber qui se démène pour que son frère ait la meilleure existence possible tout en suivant ses études.

Zahra, Enzo, Corentin et Aria, les personnages secondaires, sont tout aussi touchants, chacun avec son histoire, chacun avec ses doutes et ses espoirs. J’ai beaucoup aimé Enzo, l’apprenti romancier, qui sans l’air de rien mène son petit bout de chemin au contact de Simple, qui va beaucoup s’attacher à lui et pallier aux absences de Kléber. Tout comme leur vieux voisin, Georges Villedieu, plein de bons conseils pour Enzo et d’attention pour Simple.

Marie-Aude Murail, vous l’aurez compris, aborde avec ce roman un thème fort, celui du handicap mental avec Barnabé, déficient mental, idiot comme il se définit lui-même, et physique avec Amira, sourde et muette qui vont devenir très amis sous l’œil bienveillant des parents Larbi.

L’occasion aussi pour la romancière d’aborder la tolérance et le regard des autres, autant de thèmes difficiles et importants qui doivent être abordés avec les enfants et les adolescents.

Simple fait peu à peu la conquête de tous les colocataires qui craignaient tous de ne pouvoir vivre avec un handicapé et qui vont finalement tous s’attacher à lui et aider Kléber de leur mieux.

J’ai également beaucoup aimé la façon décalée que choisit Marie-Aude Murail pour nous faire ressentir les sentiments de Kléber pour son frère : amour, tendresse, exaspération, amusement, ras-le-bol, découragement, fierté…

Une réussite pour moi et un roman à découvrir absolument comme tous les romans de Marie-Aude Murail !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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L’éblouissante lumière des deux étoiles muges a conduit Davide Morosinotto jusqu’en Russie, un pays si grand que les voyages qu’on y entreprend ne finissent jamais…

Septembre 1941. Hitler décide d’envahir l’Union soviétique. Les chars allemands progressent sur l’immense territoire russe vers le Nord en direction de Leningrad. Dans la précipitation, avant que la ville ne soit encerclée, le parti ordonne l’évacuation des milliers d’enfants via la voie ferroviaire.

Viktor et Nadia âgés de douze ans doivent quitter leur appartement communautaire et leurs parents, conservateurs au musée. Le père, qui vient de s’engager dans la Milice, enjoint à Viktor de ne jamais quitter sa sœur.

Mais, pour la première fois de leur vie, les voilà séparés. Nadia monte dans le train 76 et Viktor dans le convoi suivant, le 77. Le garçon se retrouve dans un kolkhoze à Kazan, pendant que Nadia se retrouve bloquée à proximité du front des combats.

Désormais, Viktor n’a plus qu’une idée en tête : traverser le pays dévasté par la guerre, les bombardements et la faim, pour retrouver sa sœur. Et pour cela il doit être prêt à tout. Car dans un pays en guerre, nécessité fait loi.

Comme vous le savez peut-être, je suis passionnée par l’histoire de la Russie, L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges L’affaire des cahiers de Viktor et Nadia ne pouvait donc qu’éveiller ma curiosité et je dois dire que je n’ai pas été déçue par cette lecture, bien au contraire.

Davide Morosinotto qui s’est fait connaître en France avec Le Célèbre Catalogue Walker & Dawn (paru en 2018 à l’école des loisirs), nous propose ici un formidable périple dans l’U.R.S.S tenue d’une main de fer par le camarade Staline !

Tout d’abord, je salue le travail éditorial de l’Ecole des loisirs qui propose une très belle couverture à rabat et un magnifique objet livre que l’on a plaisir à feuilleter, une idée cadeau idéale pour intéresser les adolescents à l’histoire !

Pendant plus de 500 pages, on suit alternativement Nadia et Viktor pris dans la tourmente de la guerre, grâce à leurs cahiers dans lesquels ils livrent leur quotidien, leurs sentiments, leurs peurs… à l’encre bleue pour Nadia et rouge (la couleur du communisme) pour Viktor.

Régulièrement, sont insérés des photos, des affiches, des cartes postales, que les enfants sont censés avoir trouvés dans leur périple.

Nous avons également les annotations manuscrites dans les marges du colonel Smirnov du Commissariat du peuple aux affaires intérieures qui a ces cahiers entre ses mains au lendemain de la fin du conflit, en 1946. Il est chargé de mener une instruction contre nos deux héros qui ont commis bien des infractions pendant la guerre.

L’originalité du roman tient dans le fait qu’il s’agit du rapport de police du colonel Smirnov, composé des écrits des deux frères et sœurs que l’on nous donne à lire. Ces journaux sont commentés et annotés par Smirnov qui souligne consciencieusement chaque infraction commise au regard de la loi par les enfants.

Autant dire que leur débrouillardise et leurs initiatives sont perçues par l’officier comme de graves manquements : vol de matériel, sabotage, complicité d’évasion, espionnage anti-soviétique, j’en passe et des meilleurs, tout cela passible de nombreuses années de prison ou de goulag voire du peloton d’exécution.

Une façon pour l’auteur de montrer aux jeunes lecteurs toute la brutalité du régime stalinien, adepte de méthodes arbitraires c’est le moins que le puisse dire.

Car si Nadia et Viktor ont enfreint la loi à de multiples reprises, c’est que l’auteur ne les a pas malmenés : ils vont être confrontés à l’ennemi nazi, connaître la faim, côtoyer de près la mort mais aussi nouer de solides amitiés.

Au-delà de l’aspect historique, Davide Morosinotto revisite brillamment le journal intime et permet aux lecteurs de se rendre mieux compte du quotidien des soviétiques durant la seconde guerre mondiale qui ont, eux aussi, beaucoup souffert des privations.

Le récit est passionnant, bien documenté, j’ai adoré suivre Nadia et Viktor, des personnages attachants et courageux dans l’adversité. Ce roman destiné aux adolescents ne manquera pas de faire mouche auprès de ce lectorat mais aussi auprès des adultes car on ne peut qu’être ému par ce duo de héros pris dans la tourmente de la guerre. Un roman à découvrir et à mettre entre toutes les mains absolument !

Un grand merci aux éditions L’école des Loisirs pour cette lecture passionnante !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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1849. C’est une première dans l’histoire : une femme se présente aux élections législatives de Paris. Mais cette affaire politique inédite déplaît profondément à un mystérieux individu. Des femmes, toutes indépendantes, sont retrouvées sans vie. Un seul mode opératoire : la strangulation. Un seul motif : la haine.
Dans un climat de peur, Julie Paupelier s’inquiète de la disparition de son amie. Elle ne peut compter que sur elle-même : la police et les journaux se fichent des femmes. Son enquête l’amènera cependant à croiser la route d’étranges personnages.
Qui aurait pensé qu’elle en viendrait à frayer avec un journaliste sexiste, une mystérieuse spirite et un membre de cette police si indifférente ?

Paris 1849. Louis-Philippe a laissé la place à la seconde république depuis un an déjà lorsque des élections législatives sont organisées le 13 mai. Le suffrage universel masculin a été établi, laissant de côté l’électorat féminin qui n’a toujours pas le droit de voter.

Une femme va dénoncer cette inégalité : Jeanne Deroin, une militante socialiste. Avec Désirée Gay, elle a fondé l’année précédente un journal féministe, L’Opinion des Femmes. Bien sûr, cette action d’éclat va déclencher les foudres des hommes politiques, des journalistes et de l’opinion publique.

Rares sont les voix — y compris dans son camp — qui soutiennent cette candidature. Pierre Joseph Proudhon, comme la plupart des socialistes, la juge « excentrique », et même des femmes comme George Sand ou Marie d’Agoult l’estiment déplacée.

C’est alors qu’une série de meurtres vient endeuiller la capitale. Toutes les victimes ont été tuées selon le même mode opératoire, la strangulation. Ce n’est pas leur seul point commun : elles menaient une vie libre, indépendante et appartenaient au mouvement féministe de Jeanne Deroin et Désirée Gay.

L’inspecteur Dubon de la Sûreté, chargé de l’enquête, trouve qu’elles ont eu ce qu’elles méritaient mais son adjoint Alexandre Delage n’est pas de cet avis. Et lorsque Julie Paupelier s’inquiète de la disparition de son amie Sidonie, il se jure de mettre la main sur l’assassin du Marais…

J’avais repéré L’assassin du Marais dès sa sortie et lorsque j’ai eu la chance de le trouver d’occasion, j’ai sauté dessus car un roman policier qui aborde le féminisme au 19è siècle, écrit par Catherine Cuenca dont j’avais beaucoup aimé Le choix d’Adélie, il ne m’en fallait pas plus pour l’ajouter à ma PAL et aussitôt acheté, aussitôt lu !

Quelle lecture passionnante ce fut, j’ai adoré ce polar historique pour adolescent, où l’autrice nous entraîne dans le Paris du milieu du XIXè siècle en pleine lutte des sexes, où les premières féministes organisées essayent de faire entendre leurs voix et leurs revendications bien légitimes.

Dans ce contexte de lutte sociale, une première femme est retrouvée assassinée. Mais elle ne sera pas la seule. Les meurtres se suivent et se ressemblent. Des femmes étranglées au milieu de la nuit, qui semblent avoir un lien avec les mouvements de droits des femmes qui s’élèvent alors à l’époque.

L’autrice en profite pour nous montrer la condition féminine au XIXè : l’ouvrière et la comédienne, qui pour arrondir leurs fins de mois, se prostituent. Les femmes, condamnées pour adultère, qui se voient privées de leurs enfants au profit de leur mari. Les employées des grands magasins qui subissent les avances des clients et le machisme de leurs collègues qui ne goutent guère de devoir partager leurs emplois avec elles, etc.

Au-delà de cet aspect social et historique, il y a bien sûr l’enquête policière menée par l’inspecteur Delage, un ancien criminel reconverti en policier, encore marqué par le meurtre de sa sœur, et qui a bien l’intention de mettre fin aux agissements du tueur, n’en déplaise à son supérieur qui lui met constamment des bâtons dans les roues.

Il sera bien aidé par Léa, qui par ses dons de voyance fera avancer l’enquête. Elle a une petite fille dont elle a perdu la garde au profit de son père et en veut beaucoup aux hommes. Et Julie, qui a fui un mariage arrangé pour trouver un emploi de vendeuse dans un grand magasin qui subit les avances de plusieurs clients et dont la meilleure amie a elle aussi disparu.

Un trio, donc, qui va tenter de démêler le vrai du faux, en restant sur ses gardes bien évidemment, puisqu’il y a un tueur dans les rues qui semble vouer une haine tenance aux femmes.

Chacun apporte sa pierre à l’édifice, sa personnalité, son intelligence, sa débrouillardise. On va de rebondissements en rebondissements, sans jamais se douter de ce qui va arriver.

Bien sûr le contexte historique est bien rendu par Catherine Cuenca, l’enquête est menée tambour battant, sans aucun temps mort et la lutte féministe est un véritable atout pour ce roman.

Une atmosphère sombre et imprévisible, un suspens qui monte crescendo, des fausses pistes à foison et un final bien fichu sont les points forts de ce roman même si j’avais deviné l’identité du tueur avant la fin.

Une lecture très prenante qui m’a fait tourner les pages avec une grande avidité, j’en redemande d’autant que l’épilogue laisse présager une suite, j’ai déjà hâte de la lire !

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Après des études de lettres, Christine Féret-Fleury devient éditrice chez Gallimard jeunesse puis responsable des éditions Les 400 coups en France tout en écrivant. Elle se consacre désormais à son métier d’autrice. Elle a publié une centaine d’ouvrages pour la jeunesse et les adultes, dont de nombreux succès comme Chaân la rebelle (Flammarion), la série « En Selle !  » (PKJ), La fille qui lisait dans le métro (Denoël) Christine Féret-Fleury vit à Paris.

De nos jours, Léonard, un adolescent, est face au plus grand chagrin de sa vie : son grand-père adoré dont il porte le prénom, est mort, renversé par une voiture. Le jour de son enterrement, il reçoit un mail lui enjoignant de rechercher un tableau : La dame à l’hermine de Léonard de Vinci.

Or ce message provient de son grand-père, ce qui est bien sûr impossible, à moins que quelqu’un se joue de lui ! Léonard décide de partir à Cravovie, où est exposé le tableau. Son père, galeriste, accepte de le confier à Marcello, le conservateur, et ami du défunt.

Milan, été 1490 : Cécilia Gallerani, maîtresse du duc de Milan, est menacée de mort par la femme de ce dernier qui réclame le portrait exécuté par Léonard de Vinci, La dame à l’hermine.

Soit, elle accepte de le détruire, soit elle le paiera de sa vie. Léonard de Vinci, fait lui-même l’objet de pressions et d’intimidations…

Christine Féret-Fleury nous propose avec La dernière énigme de Léonard de Vinci, une plongée fascinante dans les coulisses d’un tableau très célèbre du maitre italien : La dame à l’hermine.

Le récit à trois voix (Léonard, Léonardo et Cécilia) oscille entre le faste de la Renaissance et l’Europe moderne.

L’enquête se révèle plutôt prenante et périlleuse et réjouira les adolescents, habitués aux ambiances mystérieuses et fantastiques, qui apprendront beaucoup à la lecture de ce roman très bien documenté.

Passionnant bien sûr pour les amateurs de Léonard de Vinci mais aussi pour celles et ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’art. Sous la plume de l’autrice, on assiste aux séances de pose de Cécilia, aux atermoiements du maître quant à la tenue de la belle milanaise, à ses bijoux et accessoires.

Les personnages sont très intéressants à suivre, Léonardo bien sûr mais aussi la belle Cecilia Gallerani dont j’ignorais tout. Maîtresse du puissant Ludovic Sforza jusqu’au milieu de l’année 1492, date à laquelle, elle donne naissance à leur fils, César. En 1490, le duc de Milan épouse Béatrice d’Este, qui le contraint à mettre fin à cette relation.

Oil on Wood 54.8 x 40.3 cm

Le tableau est présumé avoir été exécuté entre 1488 et 1490, période que reprend Christine Féret-Fleury pour la partie historique du roman. Cette huile peinte sur panneau de bois est réellement exposée au Musée national de Cracovie, lieu qui sert de toile de fond au récit contemporain.

Elle part de ce terreau historique pour nous raconter l’aventure qui arrive à Léonard, ce jeune homme de 17 ans, anéanti par ce grand-père dont il était si proche et avec lequel il partageait tant de choses et en lequel pourront se reconnaître beaucoup d’adolescents.

Le vieux Léonard était un œil, entraîné à déterminer l’auteur d’une oeuvre peinte, et grand spécialiste de Léonardo. C’est un métier proprement fascinant que l’autrice nous fait découvrir ici.

L’adolescent, chamboulé par le chagrin et par cette enquête, va tomber amoureux de Cécilia. Au gré de ses découvertes, il va mûrir et s’interroger sur le chemin qu’il a lui-même à tracer, quitte à décevoir les attentes paternelles.

Ce qui me chagrine en revanche c’est que la partie historique, bien que très intéressante, n’a aucun impact sur la vie de notre jeune Léonard et que l’autrice n’a pas été au bout des mystères qui entourent ce tableau : le dénouement est peu abrupte et un poil décevant.

Reste que c’est un roman d’apprentissage fluide, très bien documenté, bien rythmé qui plaira aux jeunes lecteurs, les pages se tournent toutes seules et avec beaucoup de plaisir. Je recommande donc ce roman aux jeunes dès 14 ans !

Un grand merci à Babelio et aux éditions Auzou pour cette chouette lecture !

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Sadie, 19 ans, s’est volatilisée. Pour West McCray, journaliste à New York, il s’agit d’une banale disparition. Mais quand il découvre que sa petite soeur, Mattie, a été tuée un an auparavant et que sa mère a elle aussi disparu, sa curiosité est éveillée. West se lance alors à la recherche de Sadie et les témoignages qu’il recueille vont alimenter sa série de podcasts. Sadie, elle, n’a jamais pensé que son histoire deviendrait le sujet d’une chronique à succès. Elle ne désire qu’une chose : trouver l’homme qui a tué sa soeur.
Qui est réellement cet homme ? Comment est-il entré dans la vie de Mattie ? Tandis que Sadie remonte la piste du tueur, West remonte celle de Sadie. Et se dessine, progressivement, la figure d’un homme – d’un monstre ! – qui pourrait bien frapper à nouveau…
West retrouvera-t-il Sadie à temps

Qu’est-il arrivé à Sadie Hunter ? Après le meurtre de sa petite sœur Mattie, 14 ans, Sadie, 19 ans, qui jouait pour elle le rôle de mère, la leur ayant mis les voiles, sombre inexorablement.

Un an après le décès de Mattie, elle quitte la caravane familiale de Cold Creek, une petite ville du Colorado, et met toutes ses affaires à la benne. May Beth Foster, qui faisait office de grand-mère pour les filles, demande l’aide de West McCray, un journaliste new-yorkais qui apprend le meurtre de Mattie totalement par hasard.

En enquêtant sur ce qu’il croyait être une banale histoire de disparition, il retrace le parcours de la jeune fille à la dérive et découvre des atrocités qui vont le bouleverser car Sadie semble partie sur la piste du meurtrier de sa sœur par ailleurs pédophile…

Sadie est un thriller élu quinze fois roman Young adult de l’année 2018 par la presse américaine. Je m’attendais donc à une tension et une enquête palpitante. Hélas pour moi, je n’étais clairement pas la cible de ce thriller ado qui m’a semblé bien fade par rapport à mes lectures habituelles.

Avec ce roman, Courtney Summers nous plonge au cœur d’une double enquête. Dans la première, nous suivons West McCray journaliste, à la recherche de Sadie, portée disparue. Dans la seconde, nous marchons dans les pas de Sadie, partie à la recherche du tueur de sa soeur.

L’autrice jongle entre deux enquêtes parallèles et deux narrations distinctes. Avec McCray, Courtney Summers nous propose des podcasts où le journaliste interroge les différents protagonistes de l’histoire, ceux qui ont côtoyé Sandie dans sa ville natale et tous ceux qui vont la croiser au cours de sa quête.

Le procédé de l’interview rend les propos particulièrement vivants et j’ai bien aimé cet aspect du roman pourtant redondant puisque nous savons déjà par Sadie ce que le journaliste apprend ensuite.

En alternance, l’autrice nous propose de suivre le parcours de Sandie dans sa quête du tueur de sa sœur, d’être dans sa tête car elle a du mal avec les mots à cause de son bégaiement dont elle a souffert toute sa vie.

Mal aimée par sa mère Claire, alcoolique et droguée, elle a reporté tout son amour sur Mattie, sa petite sœur, pour qui elle était en adoration. Lorsque leur mère les a abandonnées, elle a tout fait pour palier ce manque, sans y parvenir.

C’est après une de leur dispute que Mattie sera assassinée et elle n’arrive pas à vivre avec cette culpabilité. Sadie doit retrouver l’assassin à tout prix et le punir pour ces crimes car l’homme a non seulement tué Mattie mais il a aussi abusé de Sadie.

C’est, à ma grande surprise, un personnage qui ne m’a pas émue, peut-être est-ce parce que mes 19 ans datent un peu, mais ses errances ne m’ont pas touché et à la longue, j’ai fini par lire les chapitres qui lui sont consacrés en diagonale.

L’autrice aborde un sujet grave dans ce thriller : la pédophilie mais cette thématique aurait mérité d’être traitée en profondeur et non en surface comme l’a choisi de le faire Courtney Summers.

Pas de suspens pour moi ni de tension dans ce thriller qui met bien trop de temps à démarrer et dont la fin ne rachète pas l’ennui qui m’a accompagné tout au long de ma lecture.

Un titre à réserver aux adolescents et aux jeunes adultes qui l’apprécieront sans doute davantage que les adultes, à fortiori si ils sont des lecteurs aguerris de thrillers.

Merci à Babelio et ayw éditions La Martinière pour leur confiance.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Elle ferme les yeux, écoute la nuit, elle sent battre le cœur de la Terre, sous elle, celui des hommes, des arbres, des animaux, cœur nocturne qui bat depuis le commencement, qui battra après elle. Elle appartient à ce monde immense. Et son bras, peut-être, alors, est dérisoire.

Lors d’un beau week-end ensoleillé de mai, Abi et sa mère Elsa prennent la voiture. Nina Simone chante dans l’autoradio lorsqu’elles sont violemment percutées par une conductrice toute à sa conversation téléphonique.

Elsa et l’automobiliste sont indemnes. Abi, qui battait la mesure, son bras reposant sur la fenêtre ouverte, voit son bras pendre dangereusement avant de perdre connaissance.

A son réveil, elle apprend qu’elle a été amputée en dessous de l’épaule. Le monde d’Abi s’effondre car la jeune fille de vingt ans était en classe prépa pour intégrer l’école vétérinaire.

Après plusieurs mois d’hospitalisation, Abigail rentre chez elle, munie d’une prothèse, son bras de Vador comme elle l’appelle. Elle ne voit plus personne. Son corps mutilé bouleverse son quotidien, sa vie d’avant lui est insupportable.

Comment se définir quand on a perdu ses repères, qu’on ne sait plus qui on est, que la douleur est toujours embusquée, prête à exploser ?

Il y a deux ans déjà, j’avais beaucoup aimé Je suis ton soleil, j’étais donc ravie de retrouver la plume de Marie Pavlenko à l’occasion d’Un si petit oiseau, sorti il y a plusieurs semaines déjà et dont je n’ai lu que des avis positifs.

Autant vous le dire d’emblée, le mien le sera tout autant car j’ai beaucoup aimé l’histoire proposée par l’auteur, qui lui a été inspirée par l’accident arrivé à sa propre mère en 2015.

Un si petit oiseau, c’est donc l’histoire d’Abi, qui, traumatisée par l’accident dont elle a été victime, a du mal à remonter la pente. Il faut dire que se voir amputée d’un membre doit être une épreuve particulièrement difficile à surmonter.

Heureusement pour elle, Abi est bien entourée, sa mère, professeur de français, se rend disponible pour elle tous les matins, mais Abi vit recluse dans sa chambre, abrutie par la morphine, car les douleurs de son membre fantôme sont insupportables.

Elle ne veut plus voir ses amis, s’est mis sa petite sœur à dos, ne supporte plus l’humour franc du collier de son père et de sa tante. Pruneau est manchote et elle ne l’accepte pas.

L’auteure aborde à travers Abi toutes les difficultés qu’ont les personnes amputées pour affronter la douleur, la dépression, le deuil de leur vie d’avant, pour devenir autonomes et se reconstruire. La plume de Marie Pavlenko est toujours aussi fluide et addictive et j’ai littéralement dévoré ce roman en quelques heures.

L’autrice aborde toutes les questions posées par le handicap : comment trouver l’amour lorsque l’on épreuve une telle aversion envers son nouveau corps, comment s’habiller, se coiffer, plier son linge, faire une valise, préparer son repas… lorsque l’on a qu’une seule main ?

Il y a aussi toutes les difficultés rencontrées par l’entourage : sa mère qui culpabilise parce qu’elle était au volant, son père qui pour ne pas s’effondrer enchaîne les blagues lourdingues, Millie la petite sœur jalouse qui a l’impression d’être la dernière roue du carrosse depuis l’accident… Tous ont mis leur vie entre parenthèses pour aider au mieux Abi.

Ce roman est poignant mais jamais larmoyant, certains passages sont très émouvants mais il est aussi bourré d’humour et de dérision. Les personnages sont crédibles et on ne peut qu’être en empathie avec Abi qui traverse des moments très difficiles mais qui saura rebondir avec l’aide des siens, d’Aurèle, un camarade d’enfance, et la découverte de l’ornithologie.

J’ai été très touchée par Un si petit oiseau, par Abi, sa désespérance, ses douleurs et sa reconstruction. Le handicap est abordé par Marie Pavlenko avec pudeur, réalisme et humour. Un roman très réussi à mettre entre les mains des adolescents et de leurs parents !

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Le jeune Alex a une vie trépidante. Ses exploits en escrime et ses succès à la cour font de lui un des nobles les plus admirés de Paris. Mais ses origines le rattrapent lorsqu’il retrouve sa sœur, esclave comme leur mère, qui s’apprête à rejoindre une révolte en Haïti. Alex décide de prendre lui aussi son destin en main, car partout se murmure un mot… Révolution !

Fin du XVIIIè siècle à Saint Domingue. Le jeune Alex, quatorze ans, et sa soeur Rose sont les enfants de Cessette Dumas, la plus belle esclave de l’île, et d’un français, Antoine Delisle. Un jour, le jeune homme, voit son père partir et quelques heures plus tard, un homme arrive sur le domaine et leur apprend qu’ils ont été vendus comme esclaves.

Son père, notoirement désargenté, n’a trouvé que ce moyen afin de payer son retour vers la France. Alex, Rose et Cessette sont emmenés chez leur nouveau maître où les coups de fouet sont légion. Séparés, ils tentent de s’évader mais sont immédiatement repris et sévèrement battus.

Quelques mois plus tard, Alex change de propriétaire, le capitaine Ponche, ancien pirate, l’achète et l’emmène direction la Guadeloupe. Mais ce qu’Alex ignore c’est qu’ils font en fait route vers Le Havre où les attend le marquis de la Pailleterie, son père.

Entre rencontre amoureuse, vie de cour et duels d’escrime, Alex ressent le besoin de se mettre au service d’une cause, la Révolution est en marche, il va se révéler…

J’avais découvert la plume de Christel Mouchard avec L’apache aux yeux bleus, qui racontait l’histoire vraie d’Herman Lehman, un captif des apaches. Avec Alex, fils d’esclave, l’autrice nous narre une fois de plus une histoire vraie, celle d’Alex Thomas Dumas, le père d’Alexandre Dumas, le premier général ayant des origines afro-antillaises de l’armée française.

J’ignorais tout de la vie d’Alex Dumas et je me suis régalée à cette lecture très bien écrite et formidablement documentée, qui va permettre aux jeunes dès 13 ans, de découvrir cette vie hors du commun. Ce roman, qui s’inscrit dans le programme scolaire de 4è, aborde à la fois l’esclavage et la révolte de Saint Domingue, actuelle Haïti, qui va abolir l’esclavage il y a très exactement 170 ans.

L’écriture de Christel Mouchard est fluide et elle nous propose ici une histoire rythmée : impossible de s’ennuyer de la première à la dernière page tant ce roman se révèle tout bonnement trépident à suivre car la vie d’Alex Dumas ne manque pas de rebondissement et nous plonge au coeur de la société de l’Ancien Régime, elle aussi au programme de 4è.

Sa rencontre avec sa future femme Marie-Louise Élisabeth Labouret, dont le père tient une auberge au pied de la Bastille, va lui permettre de découvrir les écrits des Lumières, l’Encyclopédie et Jean-Jacques Rousseau, l’occasion pour les jeunes lecteurs de coller là aussi avec le programme d’histoire de 4è !

Un roman que j’ai beaucoup aimé, à la fois instructif et distrayant, que je recommande vivement aux collégiens. Pour ma part, je vais le mettre entre les mains de mes garçons respectivement en classe de 5è et de 4è, ils sont pile la cible et Alex fils d’esclave va forcément trouver grâce à leurs yeux. Et comme il sort dès aujourd’hui dans toutes les bonnes librairies, vous n’avez aucune excuse pour ne pas vous le procurer.

Un grand merci à Brigitte et aux éditions Flammarion Jeunesse pour cette lecture, j’ai adoré !

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