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Archive for the ‘Littérature adolescente & young adult’ Category

Lucie Pierrat-Pajot est née en 1986 à Nevers. La vie quotidienne lui semblant quelque peu étriquée, elle tombe très tôt dans l’addiction à la lecture afin de combler son appétit pour les voyages immobiles. Elle fait plusieurs détours dans diverses régions de France avant de s’installer dans l’Yonne avec son mari et sa fille, où elle travaille actuellement comme professeur-documentaliste dans un collège. Après avoir tenté sa chance lors de la première édition du concours, elle décide de participer à nouveau avec « Les Mystères de Larispem » et devient la grande lauréate de cette seconde édition.

Larispem, 1899. Dans cette Cité-État indépendante depuis 1870, où les bouchers constituent la caste forte d’un régime populiste, trois destins se croisent : Liberté, la mécanicienne hors pair, Carmine, l’apprentie louchébem et Nathanaël, l’orphelin au passé mystérieux.

Tandis que de grandes festivités se préparent pour célébrer le nouveau siècle, l’ombre d’une société secrète vient planer sur la ville. Et si les Frères de Sang revenaient pour mettre leur terrible vengeance à exécution ?

Voilà une série qui me tentait depuis sa parution en grand format il y a quelques années de cela déjà ! Si je n’aime pas la science fiction, mes incursions dans l’uchronie furent à chaque fois de bonnes surprises.

Je me réjouissais donc de découvrir Le sang n’oublie jamais, premier tome d’une trilogie signée Lucie Pierrat-Pajot, Les mystères de Larispem.

Et j’avoue que je sors de cette lecture totalement emballée au point d’avoir acheté le tome 2 dans la foulée et l’avoir déjà prévu dans mes lectures de février.

L’univers créé par l’autrice m’a beaucoup plu : ce Paris qui ne s’appelle plus Paris depuis que la Commune a vaincu les Versaillais est assez fascinant. Cité indépendante rétrofuturiste qui a tout de même des relations privilégiées avec la France, Larispem a expulsé ou éliminé les monarchistes et les classes dirigeantes et mis au pouvoir une présidente assistée de Jules Verne en personne.

L’histoire telle qu’on la connait a été transformée, et en 1899 les choses sont bien différentes. Les bouchers règnent en maîtres, tout le monde se tutoie et s’appelle « Citoyen » et l’égalité est la valeur la plus importante pour cette Cité-Etat.

Je pense que c’est ce que j’ai préféré dans cette histoire : son univers à la fois historique et un peu steampunk. L’auteur mélange réalité et imaginaire et ça fonctionne très bien. Son intrigue peut paraître complexe au premier abord, mais il n’en est rien, et on se laisse prendre malgré nous dans les rouages politiques de Larispem, où beaucoup de secrets demeurent.

Maraudeuses, sabotages d’automates, livre indéchiffrable, société secrète, transmutation sont au coeur de ce premier volume. L’écriture de Lucie Pierrat-Pajot est fluide,  le jargon louchébem qui saupoudre les dialogues (et ne gêne en rien la lecture) apporte un joli plus au style de l’autrice qui tend plutôt vers la simplicité. les personnages sont attachants et il y a suffisamment de mystères pour accrocher le lecteur.

En bref, j’ai hâte de lire la suite des aventures de Nathanaël, Liberté et Carmine !

Audrey qui m’a accompagné dans cette lecture a beaucoup aimé aussi, son avis ici !

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Adolescent, Éric Pessan aimait beaucoup lire. C’est alors qu’il a commencé, tout naturellement, à écrire ses propres histoires. L’un ne va pas sans l’autre : celui qui aime le foot a envie de shooter dans un ballon, celui qui aime le rock a envie de s’emparer d’une guitare. Un jour, bien plus tard, un éditeur s’est intéressé à ses textes. De la même façon qu’il était un lecteur curieux, il est devenu un écrivain curieux : la trentaine d’ouvrages qu’il a publiés mêle plusieurs genres, romans pour adultes et romans pour la jeunesse, nouvelles, pièces de théâtre, poésies, textes écrits en compagnie d’artistes ou de photographes, recueils de croquis. La littérature est un bonheur qu’il partage aussi en animant, ça et là, des ateliers d’écriture.

La première vague du coronavirus touche la France et le président l’a annoncé, le pays va entamer un confinement qui pourrait être long.

Rester confiné dans leur appartement à Nantes ? Impensable pour Jo, 16 ans, son petit frère de 7 ans et sa mère. Ils laissent le père de famille, infirmier aux urgences de l’hôpital, donc en première ligne et Ils s’en vont à La Gueule-du-Loup, dans la maison d’enfance de leur maman.

La maison est en fait celle des grands-parents que Jo n’a pas connus, leur mère ayant coupé les ponts avec eux dès majorité, et elle est inoccupée depuis leur décès, deux ans auparavant.

Et il n’y a pas que des inconvénients : Jo peut faire du sport, profiter de la forêt toute proche, et jeter sur un cahier ses essais de poèmes.

Mais bientôt, des phénomènes étranges se produisent. Des bruits inexpliqués. Une peluche qui disparaît. Un animal ensanglanté dans la maison. Qu’est-ce qui hante La Gueule-du-Loup ? Et pourquoi leur mère n’est plus la même ?

La gueule-du-loup m’a permis de renouer avec la plume d’Eric Pessan découverte avec Dans la forêt de Hokkaido, un auteur qui aime aborder des thématiques graves qui touchent particulièrement les adolescents si j’en crois mes deux lectures. La première traitait du suicide, et pour connaître la seconde, il faudra lire ce roman !

C’est un récit âpre et angoissant de part sa thématique que je préfère vous taire et par son ancrage au coeur du confinement, si douloureux pour certaines personnes dix-huit mois après. Son atmosphère creepy et gothique, avec cette maison en apparence si paisible et personnage à part entière du récit, se prêtent fort bien à l’automne et concourent à mettre dans l’ambiance.

La tension monte crescendo au gré des chapitres et on découvre au fil des découvertes de Jo, des secrets de famille ô combien difficiles et les conséquences qui peuvent planer sur une vie entière. L’auteur le fait de façon intelligente, ce qui permet d’engager des réflexions avec les ados, cibles du roman.

La psychologie des personnages est bien travaillée, les réactions des uns et des autres crédibles même si je trouve que l’attitude du petit garçon est bien trop mature pour son âge. En tout cas, les adolescents qui le liront ne pourront qu’être marqués par cette lecture dans l’air du temps.

L’auteur a tellement bien fait son travail que ce récit m’a beaucoup angoissée et mise terriblement mal à l’aise, pour tout vous dire, j’avais du mal à retourner à ma lecture et j’ai mis près d’une semaine à venir à bout de ce roman de moins de 200 pages tant l’idée de retrouver le confinement et cette thématique me pesaient.

C’est néanmoins une lecture que je recommande, elle est nécessaire, mais doit être accompagnée car si une adulte comme moi en a été perturbée, un.e ado le sera encore davantage.

Un grand merci à L’école des loisirs pour cette lecture dérangeante mais nécessaire.

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Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge

Frances Hardinge est née en Angleterre en 1973. Elle écrit et rêve de devenir écrivain depuis sa plus tendre enfance. Alors qu’elle étudie la littérature anglaise à Oxford, elle participe à un atelier d’écriture et décide, après avoir gagné un concours de nouvelles, de se consacrer à sa passion.

1860 en Angleterre. Faith Sunderly est la fille d’un pasteur et éminent naturaliste, Erasmus Sunderly, un homme austère entièrement dédié à la fois et à la science. Reconnu dans le monde scientifique, il est connu pour s’être opposé à Darwin et sa théorie de l’évolution des espèces grâce à la découverte de fossiles de Nephilim. 

La jeune fille est passionnée de sciences et souhaite devenir naturaliste comme son père. Mais pour ses parents, il n’en est pas question, elle devra se conformer à ce que la société victorienne attend d’elle : être une épouse et une mère, comme Myrtle, sa propre mère lui en donne l’exemple. C’est Howard, son petit frère, qui le moment venu, fera des études.

Accusé d’avoir trompé la communauté scientifique, Erasmus Sunderly part s’exiler avec sa famille sur une île au large des côtes anglaises. Mais des menaces se propagent, jusqu’au drame. Que son père lui a-t-il caché ?

Défiant les convenances sociales, avec toute la fougue de ses quatorze ans, Faith osera-t-elle faire surgir la vérité ? Une vérité qui pourrait se révéler fort dangereuse…

Voilà trois automnes que L’île aux mensonges attendait bien sagement dans ma pal et quelle erreur de ne pas l’avoir lu plus tôt ! Ce roman gothique féministe classé ado (mais pour moi il a sa place aussi chez les adultes) est une véritable pépite.

Ce thriller victorien, empli de suspens et de révélations, m’a tenue en haleine jusqu’au point final. Frances Hardinge met en scène une héroïne passionnée, follement audacieuse et féministe avant l’heure dont j’ai adoré suivre le cheminement.

La plume de l’autrice est très belle et nous embarque dès les premières pages dans une intrigue captivante qu’il est bien difficile de lâcher. L’atmosphère est sombres et mystérieuse, l’histoire, très bien documentée, nous offre une peinture sociale très réaliste de l’époque victorienne puritaine où les apparences sont plus importantes que tout et où les femmes n’ont pas droit à la parole, encore moins à l’instruction.

Frances Hardinge nous parle donc de la loyauté familiale, de la place des femmes dans la société et leurs manigances pour être considérées ou conserver ce qu’elles ont via le veuvage. 

L’intrigue féministe dénonce le peu de place faite aux femmes qui sont condamnées à rester dans l’ombre. Faith ne l’entend pas de cette oreille et compte bien se libérer de cette société corsetée.

Malgré sa peur, elle va se révéler courageuse, intrépide et audacieuse pour découvrir l’origine du scandale qui entoure son père et découvrir les circonstances exactes de son décès. Car au-delà du féminisme, il y a aussi un thriller sous tension au coeur de cette île nimbée par la brume.

L’autrice aborde aussi d’autres thèmes comme la science, la connaissance, la foi et le doute. Il est intéressant de voir comment Frances Hardinge montre la découverte de la science face aux certitudes théologiques et le refus des théories de Darwin. Est abordé également le thème du suicide et les conséquences matérielles pour les proches lorsque quelqu’un s’est donné la mort.

Un roman très réussi dont je veux vous révéler le moins possible sur l’intrigue qui m’a beaucoup surprise par son développement, ses thèmes et par son dénouement que je vous recommande vivement.

Audrey, qui m’a accompagné dans cette lecture à beaucoup apprécié aussi, filez lire son avis ici.

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Jean-Michel Payet est né un 1er mai à Paris, en 1955. Après des études d’architecture, il a illustré une trentaine de romans, d’albums et de documentaires avant de se tourner vers l’écriture en 2004. Depuis, il a publié des romans pour la jeunesse et les jeunes adultes aux éditions des Grandes Personnes, Milan, Rageot, Bayard… Enfant, il ne se voyait pas devenir « auteur », mais plutôt « héros ». En attendant, il continue à écrire. Et à dessiner.

Paris, 1921. Marcel, un vieux copain de Balto, se fait assassiner sous ses yeux, alors qu’il se livre à un tour de magie sous le chapiteau du cirque qui a fait halte dans la Zone.

Qui a pu commettre ce crime sans pitié ? En vrai gars de la Zone, Balto jure de venger son ami et se lance dans une enquête qui va le mener dans le monde du cinéma naissant, dans les salons de la haute couture parisienne, les réceptions de l’aristocratie russe en exil, et même les ruines d’un orphelinat.

Coup de chance : il retrouve Émilienne Robinson, l’époustouflante journaliste lancée sur la même enquête. Mais les morts se multiplient, et l’étau se resserre autour de lui.

Rattrapé par les Gardiens de Nulle-Part, Balto va se retrouver confronté à la Grande Histoire et au massacre de la dernière famille impériale de Russie, les Romanov…

Avec Les gardiens de Nulle-Part, nous retrouvons Balthazar là où nous l’avions laissé à la fin du tome 1, Le dernier des valets de coeur. Quel bonheur de renouer avec ce jeune héros si sympathique créé par Jean-Michel Payet dans cette seconde aventure très réussie.

L’auteur, spécialiste des romans historiques pour adolescents, propose à ses lecteurs, une histoire menée tambour battant mêlant aventures, enquête, meurtres et secrets dans le Paris de l’après première guerre mondiale.

Comme toujours, l’auteur s’est très bien documenté et nous propose un formidable récit pour les quatorze ans et plus qui sait également séduire les adultes. Balto est le narrateur très attachant et gouailleur de cette histoire.

Gamin de la Zone et orphelin, il est resté peu de temps sur les bancs de l’école, fabrique des paniers mais se rend coupable aussi de quelques rapines pour améliorer le quotidien.

Pour coller au plus près de la réalité, Jean-Michel Payet, a fait le choix de l’argot, un très bon choix, qui rend le récit très vivant d’autant qu’il est entrecoupé de nombreux dialogues, de beaucoup de péripéties, de révélations en cascades et de suspens.

Impossible de s’ennuyer avec Balto et Emilienne tant l’intrigue, très bien construite, nous happe dès les premières pages. Pour ma part, j’en suis venue à bout en 24 heures tant j’avais envie d’avoir le fin mot de l’histoire.

La gouaille de Balto, le contexte historique très bien développé par l’auteur avec l’émancipation féminine, ces gardiens de Nulle-Part chargés de retrouver le dernier des Romanov alors que les bolcheviks sont au pouvoir.

Ajoutez une bonne trame policière avec du suspens, de l’humour et de l’émotion, vous obtenez un roman historique de qualité pour les ados et pour les adultes ! Les personnages sont intéressants et bien dessinés, j’ai aimé les suivre jusqu’au dénouement et j’espère bien que Jean-Michel Payet va continuer à nous raconter les aventures de Balto et d’Emilienne.

Bravo à L’école des Loisirs pour le très beau travail éditorial : l’objet livre est superbe avec ses dorures et ses décors qui se poursuivent de la couverture à la quatrième en passant par le dos. Je les remercie pour l’envoi de cette lecture, j’ai adoré !

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Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge

Victor Dixen, double lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire, est l’une des figures de proue de la littérature française de l’imaginaire (Animale, Cogito, Extincta, ainsi que les sagas Phobos et Vampyria). Écrivain nomade, il a vécu à Paris, à Dublin, à Singapour et à New York, puisant son inspiration aussi bien dans les promesses du futur que dans les fantômes du passé.

Aux yeux de Versailles, Diane de Gastefriche a la faveur de Louis XIV l’Immuable, le vampyre suprême qui depuis trois cents ans impose son joug sanglant à la France et à l’Europe. En réalité, elle se nomme Jeanne Froidelac : elle appartient à la Fronde, organisation secrète œuvrant au démantèlement de l’empire du Roy des Ténèbres.

Dans le ventre de Paris, apparaît une mystérieuse vampyre renégate, régnant sur une cour souterraine peuplée de goules et d’abominations. Louis charge ses meilleures lames de capturer cette rivale insaisissable et de s’approprier son armée : celle-ci le rendrait plus puissant que jamais. Jeanne parviendra-t-elle à éliminer la Dame des Miracles avant que le Roy des Ténèbres la capture ?

À travers ce nouveau tome de la saga Vampyria, La cour des miracles, Victor Dixen s’empare de la figure du vampire et entraîne les lecteurs dans une aventure fantastique et frissonnante, menée tambour battant. Une plongée palpitante dans les ombres d’un Grand Siècle éternel. Une épopée de fantasy baroque aux confins du temps.

Si vous me lisez régulièrement, vous avez du remarquer que je ne suis guère versée dans les vampires, la fantaisy ou l’uchronie mais j’ai tellement aimé La cour des Ténèbres l’an dernier que j’étais très curieuse de découvrir la suite des aventures de Jeanne dans les ténèbres de Versailles.

Et je dois bien admettre que, pour moi, le pari est tenu. Je ne sais pas si celles et ceux qui sont des adeptes de l’horrifique et du vampirisme ont été séduits mais moi, oui. J’ai adoré l’ambiance de ce récit et les trouvailles (Notre Damne, Sang Michel…) de l’auteur pour bâtir le décor de cette cour de Versailles et de ce Paris vampyriques.

Victor Dixen s’est documenté sur l’époque de Louis XIV et sa cour et il y fait de subtils clins d’œil tout au long du récit (les perruques, le maquillage, les talons rouges, les courtisans…), j’ai beaucoup apprécié et j’ai trouvé cette uchronie finalement très plausible, si bien sûr, Louis XIV s’était transmuté en vampyre !

L’histoire, menée tambour battant, est pleine de rebondissements et se révèle très addictive grâce à la plume fluide de l’auteur, bien que je ne me sois pas vraiment attachée aux différents protagonistes de l’histoire, c’est bien là mon seul bémol, sinon quel plaisir de lecture, c’est bien simple je n’ai pas vu passer les 500 pages et suis arrivée au point final à regret car je serai volontiers restée dans cette cour des ténèbres.

Dans ce panier de crabes où les complots vont bon train, notre héroïne Jeanne devra se servir de toute sa sagacité pour aider au mieux La Fronde et empêcher le Roy de s’emparer de la dame des Miracles qui a le pouvoir de contrôler les goules. Elle va trouver des alliés sur son chemin en l’ambassadeur d’Angleterre ou d’Orféo mais devra se sortir aussi toute seule de chausse-trappes que d’autres vont mettre en travers de sa route.

Un très bon second tome que ce roman pour les grands ados, il y a certes parfois des longueurs mais l’univers est tellement riche et intéressant, que je ne vois pas le temps passer. Il me tarde de retourner à la cour des ténèbres, j’espère que le troisième tome ne se fera pas trop attendre.

Un grand merci à la Collection R pour cette lecture, j’ai adoré !

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Après avoir travaillé pour le jeu vidéo et le cinéma, Ariel Holzl se consacre à l’écriture. Inspiré par les littératures de l’imaginaire, il a publié chez Mnémos Les Sœurs Carmines (prix Imaginales jeunesse 2018, Prix Littéraire de l’Imaginaire Booktubers 2018) et Fingus Malister chez Rageot. Ariel Holzl vit à Marseille.

Léo a 17 ans. Atteint de la maladie de Huttington, il vient de perdre ses parents dans un accident de voiture et se rend à Paris chez son tuteur, son grand-oncle Théobald.

Dans ce vieil hôtel particulier où les miroirs sont voilés, il mène une vie très libre jusqu’au jour où il bascule dans une fontaine des catacombes et se retrouve projeté dans une réplique négative de Paris, le Périmonde.

Auréolé d’un soleil noir, le Périmonde est un territoire où le temps n’a pas de prise et où règnent des clans aux pouvoirs puissants.

Pour sauver Théo, prisonnier, Léo n’a d’autre choix que de les affronter lors de la Chasse Sauvage, une course contre la montre où tous les coups sont permis. Heureusement, l’énigmatique Alma est là pour l’aider… mais peut-il vraiment lui faire confiance ?

Avec Temps mort, Ariel Holzl propose aux adolescents un roman fantastique et horrifique qui les plonge dans les ténèbres de la ville lumière.

Le héros, très courageux et sympathique, plaira aux lectorat visé et les entraînera dans une course folle dans cette réplique de Paris en négatif, où la vie éternelle est figée.

L’histoire est très rythmée et l’univers développé par Ariel Holzl est riche, peuplé de dynastes, de goules, de vampires… une histoire idéale pour la période d’Halloween tant l’univers s’y prête.

La plume de l’auteur est rythmée, pleine de suspense, l’écriture est fluide et facile à lire avec de nombreux rebondissements tout au long du récit.

Vous le savez, je n’ai pas l’habitude de lire de l’urban fantaisy, encore moins de l’horrifique, mais j’ai apprécié ma lecture que j’ai fait à mon rythme à raison de quelques pages par jour.

J’ai trouvé l’univers plutôt approfondi, peut-être pas assez pour les amateurs du genre, mais pour une novice telle que moi, c’était suffisamment complexe pour parfois me perdre totalement entre les différentes créatures, les maisons et les lieux du Périmonde.

L’auteur en profite pour aborder des thèmes comme la maladie de Huttington, le deuil, la vie, la mort et l’euthanasie, des sujets qui intéressent souvent les ados.

Une atmosphère sombre et gothique et un roman que je conseille aux ados à partir de 13 ans. Les miens me l’ont d’ores et déjà chipé pour se faire leur propre avis.

Un grand merci aux éditions Slalom pour cette lecture qui m’a sorti de ma zone de confort.

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Stacey Lee vit en Californie. C’est une fille d’immigrés chinois de la 4e génération. Au XIXe siècle ses ancêtres, côté maternel, furent d’abord refoulés par le Chinese Exclusion Act. Son père, lui, est arrivé à San Francisco en 1953. Diplômée de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA) et de l’UC Davis School of Law, elle a été avocate dans la Silicon Valley pendant plusieurs années, avant de se consacrer totalement à son travail d’écrivaine. Spécialiste du YA, elle signe son 4e roman avec « La Vie vue d’en bas ».

Atlanta, 1890. Jo Kuan adore son travail de modiste mais elle est renvoyée brutalement. Une jeune chinoise n’a pas le droit de donner son avis, même sur les chapeaux qu’elle confectionne. Ses beaux rêves d’avenir s’effondrent.

La jeune fille vit pauvrement et clandestinement dans le sous-sol du journal local avec Old Gin qui l’a élevé comme un père depuis sa naissance car Jo est orpheline et n’a jamais connu ses parents.

Les Payne, qui emploient Old Gin, l’embauchent comme femme de leur chambre de leur fille Caroline, à elle de chaperonner la jeune fille et répondre à ses désirs.

Jo déteste sa nouvelle place et, dissimulée sous le pseudonyme de Miss Sweetie, elle commence à écrire pour la rubrique courrier des lecteurs. Impertinente et progressiste, elle égratigne le racisme et le sexisme ordinaires.

Et bientôt, en ville, tout le monde ne parle plus que de cette mystérieuse chronique…

Avec La vie vue d’en bas, Stacey Lee propose aux adolescents roman historique et initiatique qui montre le combat de Jo pour sortir de la misère avec son père adoptif.

L’autrice aborde à travers son héroïne très courageuse la place des femmes en cette fin du XIXè siècle : domestique, employée ou bourgeoise, chacune doit à cette époque tenir son rang et se tenir loin des lieux de pouvoir.

Jo est en but au racisme dont est victime la communauté chinoise. Ces ressortissants ont remplacé les noirs devenus libres dans les plantations et leur sort n’est guère plus enviable que les esclaves. Ils se sont vite enfuis et installés dans les villes où ils sont considérés comme des citoyens de seconde zone, encore plus mal lotis que les afro-américains, c’est dire.

La jeune fille veut faire changer les mentalités et profite de sa rubrique pour éveiller les consciences. Féministe, elle s’engage dans le mouvement suffragiste et on découvre avec elle, que là aussi, les domestiques et les femmes de couleurs ne sont pas les bienvenues, un comble !

Toutes ces thématiques sont intéressantes et inspirantes, elles sont bien abordées par Stacey Lee, et pourtant, j’ai eu un peu de mal à me passionner pour cette histoire, trop adolescente pour moi, avec quelques clichés, un dénouement un peu trop facile, une romance et un manichéisme dont je me serai bien passée.

Même si j’ai apprécié les thématiques, les secrets de famille de Jo et surtout les missives de Miss Sweetie qui sont un régal, ce roman manque pour moi de réalisme et tombe un peu trop dans la facilité mais je le conseille aux adolescent.e.s, public visé par l’autrice, qui ne manqueront pas d’apprécier davantage ce roman fait pour eux.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Milan pour cette lecture.

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Christine Féret-Fleury est autrice et anime en parallèle des ateliers d’écriture. Elle a publié plus d’une cinquantaine de romans pour la jeunesse. Charlotte Bousquet est philosophe de formation. Editrice et autrice, elle a notamment publié Là où tombent les anges, Prix du Jury du Livre numérique. Fabien Fernandez est auteur, illustrateur, graphiste et travaille sur des jeux de rôles. Il a scénarisé des bandes dessinées publie des romans.

Mars 2020, la France entre en confinement et le personnel médical est sur la brèche. Lorsque son père médecin hospitalier l’envoie chez Arlette, une ancienne infirmière de 93 ans à l’internet vacillant, Nina est persuadée qu’elle va vivre le pire des confinements.

Mais bientôt, alors qu’elle fouille dans la cave pour tromper son ennui, la jeune fille découvre dans une malle la photo jaunie d’un garçon… qu’elle a déjà croisé dans l’escalier.

Ce portrait replonge Arlette dans un douloureux passé, celui de la guerre, d’un amour interdit et d’une blessure jamais refermée.

Nina a-t-elle vraiment pu rencontrer Natan, cet adolescent juif qui a vécu caché dans l’immeuble pendant la Seconde Guerre mondiale ?

Sauront-ils tous les deux dénouer les fils des sombres événements qui se sont déroulés 78 ans plus tôt ?

L’étrange garçon qui vivait sous les toits est un roman à trois voix, Nina – Arlette – Natan, écrit à six mains par trois auteurs spécialisés en jeunesse Charlotte Bousquet, Christine Féret-Fleury et Fabien Fernandez.

Dans ce très court roman qui questionne sur l’enfermement, les auteurs proposent à leurs lecteurs à partir de 12 ans, un roman très actuel mais aussi tourné vers le passé, à une époque où les juifs ont du se cacher pour ne pas se faire rafler.

Lorsqu’on lit les pensées de Natan, on ne peut que penser à Anne Franck. L’adolescent et sa soeur jumelle, recueillis par leur tante, doivent se cacher de tous car en cet été 42, les dénonciations vont bon train et la rafle du Vel d’Hiv s’organise. Ils ne doivent pas sortir, faire du bruit, etc sous peine d’être découverts.

La situation de ce jeune garçon caché par sa famille en 1942 relative notre confinement comme va le constater Nina, une ado de 2020 qui vit mal le fait d’être coupée de son père, de ses amies et privée de toute vie sociale.

Arlette, l’ancienne infirmière chez qui Nina loge, a toujours mené une vie libre, sans attache et héberge régulièrement des homosexuel.les. chassés de chez leurs parents à cause de leur orientation sexuelle.

Au fil du récit, on comprend pourquoi elle agit ainsi et la raison de son célibat. Elle n’a jamais pu oublier son premier amour né sous les toits de son immeuble au beau milieu de l’été 42.

Deux ados d’époque différente et une vieille dame qui fait le lien entre les deux puisqu’Arlette vivait dans l’immeuble quand Natan et sa soeur jumelle s’y cachaient. Il y a même une petite touche de fantastique pour expliquer comment Natan peut encore être présent dans l’immeuble, 78 ans après les faits.

J’ai trouvé ce roman très bien pensé et intelligent. Les auteurs ont saisi le mot « guerre » prononcé à de nombreuses reprises lors de la prise de parole d’Emmanuel Macron nous annonçant le confinement, pour rapprocher deux époques et faire un parallèle avec la situation des juifs pendant la seconde guerre mondiale.

C’est bien vu et judicieux d’autant que les auteurs en profitent aussi pour mettre le doigt sur des faits vraiment peu glorieux du printemps 2020, lorsque des gens ont exhorté leurs voisins issus du personnel médical de déménager afin qu’ils ne ramènent pas le virus dans leurs immeubles. Comme quoi l’histoire est un éternel recommencement !

J’ai beaucoup aimé suivre les trois protagonistes de ce récit. Chaque narrateur a sa voix, sa personnalité et je suppose qu’un auteur différent se cachait derrière chacun d’eux.

En une centaine de pages, les auteurs abordent des thèmes forts tels que la dénonciation, la condition des juifs pendant la guerre, le marché noir mais aussi des thèmes plus actuels tels que le confinement et l’homosexualité.

Une lecture très intéressante et poignante dont je n’ai fait qu’une bouchée, je ne peux que vous la conseiller si ces thématiques vous intéressent.

Un grand merci aux éditions Slalom pour cette petite pépite, j’ai adoré !

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Après une formation de journaliste, puis quelques années de travail dans la communication d’entreprise, elle publie ses premiers livres à l’École des loisirs (« Rude samedi pour Angèle », 1994; « Le Sac à dos d’Alphonse », 1993), puis rencontre un premier succès avec, pour les plus grands, la publication d’un recueil de nouvelles « Trop sensibles » (1995). « Verte », Prix Tam-Tam 1996, et « Sans moi » (1998) lui permettent d’atteindre un public plus large.

Que faire de sa vie quand on a treize ans et qu’on est une fille pauvre, pas laide, sachant lire, sans autre protection que celle d’un vieux curé, d’une tante prostituée et d’une veuve ronchon ?

Nonne ? Jamais. Séraphine est trop insolente. Couturière ? Non plus. Elle a trop envie de parler et de voir du monde.

Peut-être qu’un jour les femmes pourront devenir juges, gendarmes ou avocats et faire de la politique… Peut-être même qu’un jour Dieu Lui-même sera une femme.

Mais, pour l’instant, nous sommes en 1885, à Paris, ou plutôt à Montmartre. Et Séraphine ne voit qu’une solution pour mener la vie libre et sans misère dont elle rêve : s’en remettre à sainte Rita, la patronne des causes désespérées…

Souvenez-vous, il y a quelques semaines de cela, j’ai découvert et beaucoup apprécié La capucine et Satin Grenadine troisième et premier tomes de la trilogie de Marie Desplechin, Les filles du siècle. J’avais donc très envie de découvrir le dernier opus et comme les trois ouvrages peuvent se lire séparément car les héroïnes sont différentes, j’ai découvert Séraphine.

Dans ce nouveau roman d’apprentissage, nous ne suivons plus Louise ou Lucie, mais Séraphine, une orpheline qui vit sur la butte Montmartre, et si j’ai beacoup aimé les trois héroïnes et leurs histoires, je crois que j’ai une petite préférence pour Phine qui n’a pas connu ses parents et a cruellement manqué d’amour.

Si les évènements de la Commune et certains personnages sont les fils rouges de cette trilogie, c’est ici que le combat des communards et leur sort après leur défaite, nous est le plus conté. Il faut dire que les parents de notre héroïne et sa nourrice, ont combattu sur la butte et ont vu leurs espoirs et leurs rêves réduits à néant.

On croise Louise Michel revenue de Cayenne mais aussi des peintres, nombreux à Montmartre en cette fin du XIXè siècle et surtout la misère qui y fait rage : les enfants en proie à la faim et livrés à eux-mêmes, des mères si malades qu’elles ne peuvent plus subvenir aux besoins de leur famille…

Marie Desplechin nous conte fort bien le quotidien de ce peuple de Paris mais aussi les revendications féministes de ses héroïnes. Séraphine est tiraillée entre ses origines communardes et sa foi, sa volonté de soulager la misère de son prochain.

Un opus une fois encore très agréable à lire, avec des thématiques intéressantes et bien traitées, porté par une héroïne pétillante, entourée d’une galerie de personnages hauts en couleurs, le tout dans un Paris bouillonnant à la Zola qui bruisse d’idées nouvelles d’un point de vue artistique, politique et social.

Je ressors enchantée de la lecture de cette trilogie et je la conseille volontiers aux adolescent.e.s qui souhaiteraient se documenter sur cette période et sur les combats féministes que furent le droit de vote mais aussi celui à l’instruction.

Un grand merci à L’école des Loisirs pour cette lecture passionnante !

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge

Avant d’écrire pour la jeunesse, Carole Trébor a été historienne, spécialiste de l’histoire culturelle russe et réalisatrice de documentaires.

Octobre 1917, Moscou. Les russes, malgré l’éviction du tsar Nicolas II s’enlisent dans la guerre et la famine fait rage.

La révolte gronde. Dans un monde en guerre, les Russes réclament la paix et contestent le pouvoir en place tenu par le gouvernement provisoire qui a succédé au régime impérial.

Tandis que Tatiana rejoint un groupe de jeunes artistes qui rêvent de balayer l’ordre établi, en s’attelant s’attelant à l’adaptation du Nuage en pantalon du poète futuriste Vladimir Maïakovski, sa sœur Lena prend les armes avec les bolcheviks.

Bientôt Piotr, leur ami d’enfance, s’engage à son tour. Se battront-ils du même côté des barricades  ?

Je pense qu’il est inutile de vous rappeler combien j’aime l’histoire russe, il était donc inévitable qu’un jour ou l’autre je lise Révoltées de Carole Trébor qui a pour décor les jours d’octobre 1917 qui ont mené Lénine et ses troupes au pouvoir.

Dès les premières pages, l’autrice nous embarque à Moscou, en proie à la révolution, au moment où les bolcheviks prennent le pouvoir.

Avec un style simple et efficace, idéal pour le lectorat visé, elle nous fait suivre deux soeurs aux trajectoires différentes. Leur père a été porté disparu sur le front et les deux jeunes filles de 17 ans vivent avec leur babouchka, pieuse et fidèle au tsar.

Tatiana a été embauchée comme femme de ménage au théâtre à deux pas de chez elles et leur grand-mère coud les costumes, ce qui lui permet de côtoyer une troupe d’artistes en train de monter un spectacle autour de la poésie de Maïakovski.

Lena a abandonné son travail à l’usine pour prendre les armes aux côtés des bolcheviks, dont le programme se résume à « la paix, le pain et la terre » et « Tout le pouvoir aux soviets ». Loin d’avoir froid aux yeux, elle n’hésite pas à monter sur les barricades pour se battre comme les hommes.

Si le titre laisse présumer que l’on va suivre Lena, il n’en est rien, elle fait de furtives apparitions, la véritable héroïne du récit c’est bel et bien Tatiana et les futuristes. Cet aspect m’a beaucoup plu et permis de renouer avec Maïakovski.

Historiquement parlant c’est très bien documenté, Carole Trébor est spécialiste de la Russie et ça se sent tout au long du roman. Les lecteurs trouveront aussi en fin d’ouvrage des annexes très bien faites et utiles (plan de Moscou, glossaire explicatif, rôle des femmes pendant la révolution…).

Comme dans tout roman Young adult, il y a un peu de romance, ce qui plaira sans nul doute aux ados mais que j’ai trouvé un peu inutile.

J’aurai également aimé des personnages plus développés et voir de plus près encore la révolution russe mais comme l’autrice a fait le choix de Tatiana comme narratrice, cela n’était pas possible.

Je m’attendais à un roman à deux voix qui m’aurait permis de suivre les deux soeurs en parallèle, d’être à la fois avec les artistes et les révolutionnaires. Je trouve que Tatiana change un peu trop vite d’opinion, passant de résignée à combative sans qu’aucun événement ne vienne étayer ce changement d’attitude.

Reste que c’est un chouette roman pour les élèves de 3e qui ont la révolution russe à leur programme d’histoire, je leur conseille cette lecture !

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