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Archive for the ‘Littérature adolescente & young adult’ Category

Jean-Michel Payet est né un 1er mai à Paris, en 1955. Après des études d’architecture, il a illustré une trentaine de romans, d’albums et de documentaires avant de se tourner vers l’écriture en 2004. Depuis, il a publié des romans pour la jeunesse et les jeunes adultes aux éditions des Grandes Personnes, Milan, Rageot, Bayard… Enfant, il ne se voyait pas devenir « auteur », mais plutôt « héros ». En attendant, il continue à écrire. Et à dessiner.

Paris, 1921. Marcel, un vieux copain de Balto, se fait assassiner sous ses yeux, alors qu’il se livre à un tour de magie sous le chapiteau du cirque qui a fait halte dans la Zone.

Qui a pu commettre ce crime sans pitié ? En vrai gars de la Zone, Balto jure de venger son ami et se lance dans une enquête qui va le mener dans le monde du cinéma naissant, dans les salons de la haute couture parisienne, les réceptions de l’aristocratie russe en exil, et même les ruines d’un orphelinat.

Coup de chance : il retrouve Émilienne Robinson, l’époustouflante journaliste lancée sur la même enquête. Mais les morts se multiplient, et l’étau se resserre autour de lui.

Rattrapé par les Gardiens de Nulle-Part, Balto va se retrouver confronté à la Grande Histoire et au massacre de la dernière famille impériale de Russie, les Romanov…

Avec Les gardiens de Nulle-Part, nous retrouvons Balthazar là où nous l’avions laissé à la fin du tome 1, Le dernier des valets de coeur. Quel bonheur de renouer avec ce jeune héros si sympathique créé par Jean-Michel Payet dans cette seconde aventure très réussie.

L’auteur, spécialiste des romans historiques pour adolescents, propose à ses lecteurs, une histoire menée tambour battant mêlant aventures, enquête, meurtres et secrets dans le Paris de l’après première guerre mondiale.

Comme toujours, l’auteur s’est très bien documenté et nous propose un formidable récit pour les quatorze ans et plus qui sait également séduire les adultes. Balto est le narrateur très attachant et gouailleur de cette histoire.

Gamin de la Zone et orphelin, il est resté peu de temps sur les bancs de l’école, fabrique des paniers mais se rend coupable aussi de quelques rapines pour améliorer le quotidien.

Pour coller au plus près de la réalité, Jean-Michel Payet, a fait le choix de l’argot, un très bon choix, qui rend le récit très vivant d’autant qu’il est entrecoupé de nombreux dialogues, de beaucoup de péripéties, de révélations en cascades et de suspens.

Impossible de s’ennuyer avec Balto et Emilienne tant l’intrigue, très bien construite, nous happe dès les premières pages. Pour ma part, j’en suis venue à bout en 24 heures tant j’avais envie d’avoir le fin mot de l’histoire.

La gouaille de Balto, le contexte historique très bien développé par l’auteur avec l’émancipation féminine, ces gardiens de Nulle-Part chargés de retrouver le dernier des Romanov alors que les bolcheviks sont au pouvoir.

Ajoutez une bonne trame policière avec du suspens, de l’humour et de l’émotion, vous obtenez un roman historique de qualité pour les ados et pour les adultes ! Les personnages sont intéressants et bien dessinés, j’ai aimé les suivre jusqu’au dénouement et j’espère bien que Jean-Michel Payet va continuer à nous raconter les aventures de Balto et d’Emilienne.

Bravo à L’école des Loisirs pour le très beau travail éditorial : l’objet livre est superbe avec ses dorures et ses décors qui se poursuivent de la couverture à la quatrième en passant par le dos. Je les remercie pour l’envoi de cette lecture, j’ai adoré !

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Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge

Victor Dixen, double lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire, est l’une des figures de proue de la littérature française de l’imaginaire (Animale, Cogito, Extincta, ainsi que les sagas Phobos et Vampyria). Écrivain nomade, il a vécu à Paris, à Dublin, à Singapour et à New York, puisant son inspiration aussi bien dans les promesses du futur que dans les fantômes du passé.

Aux yeux de Versailles, Diane de Gastefriche a la faveur de Louis XIV l’Immuable, le vampyre suprême qui depuis trois cents ans impose son joug sanglant à la France et à l’Europe. En réalité, elle se nomme Jeanne Froidelac : elle appartient à la Fronde, organisation secrète œuvrant au démantèlement de l’empire du Roy des Ténèbres.

Dans le ventre de Paris, apparaît une mystérieuse vampyre renégate, régnant sur une cour souterraine peuplée de goules et d’abominations. Louis charge ses meilleures lames de capturer cette rivale insaisissable et de s’approprier son armée : celle-ci le rendrait plus puissant que jamais. Jeanne parviendra-t-elle à éliminer la Dame des Miracles avant que le Roy des Ténèbres la capture ?

À travers ce nouveau tome de la saga Vampyria, La cour des miracles, Victor Dixen s’empare de la figure du vampire et entraîne les lecteurs dans une aventure fantastique et frissonnante, menée tambour battant. Une plongée palpitante dans les ombres d’un Grand Siècle éternel. Une épopée de fantasy baroque aux confins du temps.

Si vous me lisez régulièrement, vous avez du remarquer que je ne suis guère versée dans les vampires, la fantaisy ou l’uchronie mais j’ai tellement aimé La cour des Ténèbres l’an dernier que j’étais très curieuse de découvrir la suite des aventures de Jeanne dans les ténèbres de Versailles.

Et je dois bien admettre que, pour moi, le pari est tenu. Je ne sais pas si celles et ceux qui sont des adeptes de l’horrifique et du vampirisme ont été séduits mais moi, oui. J’ai adoré l’ambiance de ce récit et les trouvailles (Notre Damne, Sang Michel…) de l’auteur pour bâtir le décor de cette cour de Versailles et de ce Paris vampyriques.

Victor Dixen s’est documenté sur l’époque de Louis XIV et sa cour et il y fait de subtils clins d’œil tout au long du récit (les perruques, le maquillage, les talons rouges, les courtisans…), j’ai beaucoup apprécié et j’ai trouvé cette uchronie finalement très plausible, si bien sûr, Louis XIV s’était transmuté en vampyre !

L’histoire, menée tambour battant, est pleine de rebondissements et se révèle très addictive grâce à la plume fluide de l’auteur, bien que je ne me sois pas vraiment attachée aux différents protagonistes de l’histoire, c’est bien là mon seul bémol, sinon quel plaisir de lecture, c’est bien simple je n’ai pas vu passer les 500 pages et suis arrivée au point final à regret car je serai volontiers restée dans cette cour des ténèbres.

Dans ce panier de crabes où les complots vont bon train, notre héroïne Jeanne devra se servir de toute sa sagacité pour aider au mieux La Fronde et empêcher le Roy de s’emparer de la dame des Miracles qui a le pouvoir de contrôler les goules. Elle va trouver des alliés sur son chemin en l’ambassadeur d’Angleterre ou d’Orféo mais devra se sortir aussi toute seule de chausse-trappes que d’autres vont mettre en travers de sa route.

Un très bon second tome que ce roman pour les grands ados, il y a certes parfois des longueurs mais l’univers est tellement riche et intéressant, que je ne vois pas le temps passer. Il me tarde de retourner à la cour des ténèbres, j’espère que le troisième tome ne se fera pas trop attendre.

Un grand merci à la Collection R pour cette lecture, j’ai adoré !

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Après avoir travaillé pour le jeu vidéo et le cinéma, Ariel Holzl se consacre à l’écriture. Inspiré par les littératures de l’imaginaire, il a publié chez Mnémos Les Sœurs Carmines (prix Imaginales jeunesse 2018, Prix Littéraire de l’Imaginaire Booktubers 2018) et Fingus Malister chez Rageot. Ariel Holzl vit à Marseille.

Léo a 17 ans. Atteint de la maladie de Huttington, il vient de perdre ses parents dans un accident de voiture et se rend à Paris chez son tuteur, son grand-oncle Théobald.

Dans ce vieil hôtel particulier où les miroirs sont voilés, il mène une vie très libre jusqu’au jour où il bascule dans une fontaine des catacombes et se retrouve projeté dans une réplique négative de Paris, le Périmonde.

Auréolé d’un soleil noir, le Périmonde est un territoire où le temps n’a pas de prise et où règnent des clans aux pouvoirs puissants.

Pour sauver Théo, prisonnier, Léo n’a d’autre choix que de les affronter lors de la Chasse Sauvage, une course contre la montre où tous les coups sont permis. Heureusement, l’énigmatique Alma est là pour l’aider… mais peut-il vraiment lui faire confiance ?

Avec Temps mort, Ariel Holzl propose aux adolescents un roman fantastique et horrifique qui les plonge dans les ténèbres de la ville lumière.

Le héros, très courageux et sympathique, plaira aux lectorat visé et les entraînera dans une course folle dans cette réplique de Paris en négatif, où la vie éternelle est figée.

L’histoire est très rythmée et l’univers développé par Ariel Holzl est riche, peuplé de dynastes, de goules, de vampires… une histoire idéale pour la période d’Halloween tant l’univers s’y prête.

La plume de l’auteur est rythmée, pleine de suspense, l’écriture est fluide et facile à lire avec de nombreux rebondissements tout au long du récit.

Vous le savez, je n’ai pas l’habitude de lire de l’urban fantaisy, encore moins de l’horrifique, mais j’ai apprécié ma lecture que j’ai fait à mon rythme à raison de quelques pages par jour.

J’ai trouvé l’univers plutôt approfondi, peut-être pas assez pour les amateurs du genre, mais pour une novice telle que moi, c’était suffisamment complexe pour parfois me perdre totalement entre les différentes créatures, les maisons et les lieux du Périmonde.

L’auteur en profite pour aborder des thèmes comme la maladie de Huttington, le deuil, la vie, la mort et l’euthanasie, des sujets qui intéressent souvent les ados.

Une atmosphère sombre et gothique et un roman que je conseille aux ados à partir de 13 ans. Les miens me l’ont d’ores et déjà chipé pour se faire leur propre avis.

Un grand merci aux éditions Slalom pour cette lecture qui m’a sorti de ma zone de confort.

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Stacey Lee vit en Californie. C’est une fille d’immigrés chinois de la 4e génération. Au XIXe siècle ses ancêtres, côté maternel, furent d’abord refoulés par le Chinese Exclusion Act. Son père, lui, est arrivé à San Francisco en 1953. Diplômée de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA) et de l’UC Davis School of Law, elle a été avocate dans la Silicon Valley pendant plusieurs années, avant de se consacrer totalement à son travail d’écrivaine. Spécialiste du YA, elle signe son 4e roman avec « La Vie vue d’en bas ».

Atlanta, 1890. Jo Kuan adore son travail de modiste mais elle est renvoyée brutalement. Une jeune chinoise n’a pas le droit de donner son avis, même sur les chapeaux qu’elle confectionne. Ses beaux rêves d’avenir s’effondrent.

La jeune fille vit pauvrement et clandestinement dans le sous-sol du journal local avec Old Gin qui l’a élevé comme un père depuis sa naissance car Jo est orpheline et n’a jamais connu ses parents.

Les Payne, qui emploient Old Gin, l’embauchent comme femme de leur chambre de leur fille Caroline, à elle de chaperonner la jeune fille et répondre à ses désirs.

Jo déteste sa nouvelle place et, dissimulée sous le pseudonyme de Miss Sweetie, elle commence à écrire pour la rubrique courrier des lecteurs. Impertinente et progressiste, elle égratigne le racisme et le sexisme ordinaires.

Et bientôt, en ville, tout le monde ne parle plus que de cette mystérieuse chronique…

Avec La vie vue d’en bas, Stacey Lee propose aux adolescents roman historique et initiatique qui montre le combat de Jo pour sortir de la misère avec son père adoptif.

L’autrice aborde à travers son héroïne très courageuse la place des femmes en cette fin du XIXè siècle : domestique, employée ou bourgeoise, chacune doit à cette époque tenir son rang et se tenir loin des lieux de pouvoir.

Jo est en but au racisme dont est victime la communauté chinoise. Ces ressortissants ont remplacé les noirs devenus libres dans les plantations et leur sort n’est guère plus enviable que les esclaves. Ils se sont vite enfuis et installés dans les villes où ils sont considérés comme des citoyens de seconde zone, encore plus mal lotis que les afro-américains, c’est dire.

La jeune fille veut faire changer les mentalités et profite de sa rubrique pour éveiller les consciences. Féministe, elle s’engage dans le mouvement suffragiste et on découvre avec elle, que là aussi, les domestiques et les femmes de couleurs ne sont pas les bienvenues, un comble !

Toutes ces thématiques sont intéressantes et inspirantes, elles sont bien abordées par Stacey Lee, et pourtant, j’ai eu un peu de mal à me passionner pour cette histoire, trop adolescente pour moi, avec quelques clichés, un dénouement un peu trop facile, une romance et un manichéisme dont je me serai bien passée.

Même si j’ai apprécié les thématiques, les secrets de famille de Jo et surtout les missives de Miss Sweetie qui sont un régal, ce roman manque pour moi de réalisme et tombe un peu trop dans la facilité mais je le conseille aux adolescent.e.s, public visé par l’autrice, qui ne manqueront pas d’apprécier davantage ce roman fait pour eux.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Milan pour cette lecture.

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Christine Féret-Fleury est autrice et anime en parallèle des ateliers d’écriture. Elle a publié plus d’une cinquantaine de romans pour la jeunesse. Charlotte Bousquet est philosophe de formation. Editrice et autrice, elle a notamment publié Là où tombent les anges, Prix du Jury du Livre numérique. Fabien Fernandez est auteur, illustrateur, graphiste et travaille sur des jeux de rôles. Il a scénarisé des bandes dessinées publie des romans.

Mars 2020, la France entre en confinement et le personnel médical est sur la brèche. Lorsque son père médecin hospitalier l’envoie chez Arlette, une ancienne infirmière de 93 ans à l’internet vacillant, Nina est persuadée qu’elle va vivre le pire des confinements.

Mais bientôt, alors qu’elle fouille dans la cave pour tromper son ennui, la jeune fille découvre dans une malle la photo jaunie d’un garçon… qu’elle a déjà croisé dans l’escalier.

Ce portrait replonge Arlette dans un douloureux passé, celui de la guerre, d’un amour interdit et d’une blessure jamais refermée.

Nina a-t-elle vraiment pu rencontrer Natan, cet adolescent juif qui a vécu caché dans l’immeuble pendant la Seconde Guerre mondiale ?

Sauront-ils tous les deux dénouer les fils des sombres événements qui se sont déroulés 78 ans plus tôt ?

L’étrange garçon qui vivait sous les toits est un roman à trois voix, Nina – Arlette – Natan, écrit à six mains par trois auteurs spécialisés en jeunesse Charlotte Bousquet, Christine Féret-Fleury et Fabien Fernandez.

Dans ce très court roman qui questionne sur l’enfermement, les auteurs proposent à leurs lecteurs à partir de 12 ans, un roman très actuel mais aussi tourné vers le passé, à une époque où les juifs ont du se cacher pour ne pas se faire rafler.

Lorsqu’on lit les pensées de Natan, on ne peut que penser à Anne Franck. L’adolescent et sa soeur jumelle, recueillis par leur tante, doivent se cacher de tous car en cet été 42, les dénonciations vont bon train et la rafle du Vel d’Hiv s’organise. Ils ne doivent pas sortir, faire du bruit, etc sous peine d’être découverts.

La situation de ce jeune garçon caché par sa famille en 1942 relative notre confinement comme va le constater Nina, une ado de 2020 qui vit mal le fait d’être coupée de son père, de ses amies et privée de toute vie sociale.

Arlette, l’ancienne infirmière chez qui Nina loge, a toujours mené une vie libre, sans attache et héberge régulièrement des homosexuel.les. chassés de chez leurs parents à cause de leur orientation sexuelle.

Au fil du récit, on comprend pourquoi elle agit ainsi et la raison de son célibat. Elle n’a jamais pu oublier son premier amour né sous les toits de son immeuble au beau milieu de l’été 42.

Deux ados d’époque différente et une vieille dame qui fait le lien entre les deux puisqu’Arlette vivait dans l’immeuble quand Natan et sa soeur jumelle s’y cachaient. Il y a même une petite touche de fantastique pour expliquer comment Natan peut encore être présent dans l’immeuble, 78 ans après les faits.

J’ai trouvé ce roman très bien pensé et intelligent. Les auteurs ont saisi le mot « guerre » prononcé à de nombreuses reprises lors de la prise de parole d’Emmanuel Macron nous annonçant le confinement, pour rapprocher deux époques et faire un parallèle avec la situation des juifs pendant la seconde guerre mondiale.

C’est bien vu et judicieux d’autant que les auteurs en profitent aussi pour mettre le doigt sur des faits vraiment peu glorieux du printemps 2020, lorsque des gens ont exhorté leurs voisins issus du personnel médical de déménager afin qu’ils ne ramènent pas le virus dans leurs immeubles. Comme quoi l’histoire est un éternel recommencement !

J’ai beaucoup aimé suivre les trois protagonistes de ce récit. Chaque narrateur a sa voix, sa personnalité et je suppose qu’un auteur différent se cachait derrière chacun d’eux.

En une centaine de pages, les auteurs abordent des thèmes forts tels que la dénonciation, la condition des juifs pendant la guerre, le marché noir mais aussi des thèmes plus actuels tels que le confinement et l’homosexualité.

Une lecture très intéressante et poignante dont je n’ai fait qu’une bouchée, je ne peux que vous la conseiller si ces thématiques vous intéressent.

Un grand merci aux éditions Slalom pour cette petite pépite, j’ai adoré !

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Après une formation de journaliste, puis quelques années de travail dans la communication d’entreprise, elle publie ses premiers livres à l’École des loisirs (« Rude samedi pour Angèle », 1994; « Le Sac à dos d’Alphonse », 1993), puis rencontre un premier succès avec, pour les plus grands, la publication d’un recueil de nouvelles « Trop sensibles » (1995). « Verte », Prix Tam-Tam 1996, et « Sans moi » (1998) lui permettent d’atteindre un public plus large.

Que faire de sa vie quand on a treize ans et qu’on est une fille pauvre, pas laide, sachant lire, sans autre protection que celle d’un vieux curé, d’une tante prostituée et d’une veuve ronchon ?

Nonne ? Jamais. Séraphine est trop insolente. Couturière ? Non plus. Elle a trop envie de parler et de voir du monde.

Peut-être qu’un jour les femmes pourront devenir juges, gendarmes ou avocats et faire de la politique… Peut-être même qu’un jour Dieu Lui-même sera une femme.

Mais, pour l’instant, nous sommes en 1885, à Paris, ou plutôt à Montmartre. Et Séraphine ne voit qu’une solution pour mener la vie libre et sans misère dont elle rêve : s’en remettre à sainte Rita, la patronne des causes désespérées…

Souvenez-vous, il y a quelques semaines de cela, j’ai découvert et beaucoup apprécié La capucine et Satin Grenadine troisième et premier tomes de la trilogie de Marie Desplechin, Les filles du siècle. J’avais donc très envie de découvrir le dernier opus et comme les trois ouvrages peuvent se lire séparément car les héroïnes sont différentes, j’ai découvert Séraphine.

Dans ce nouveau roman d’apprentissage, nous ne suivons plus Louise ou Lucie, mais Séraphine, une orpheline qui vit sur la butte Montmartre, et si j’ai beacoup aimé les trois héroïnes et leurs histoires, je crois que j’ai une petite préférence pour Phine qui n’a pas connu ses parents et a cruellement manqué d’amour.

Si les évènements de la Commune et certains personnages sont les fils rouges de cette trilogie, c’est ici que le combat des communards et leur sort après leur défaite, nous est le plus conté. Il faut dire que les parents de notre héroïne et sa nourrice, ont combattu sur la butte et ont vu leurs espoirs et leurs rêves réduits à néant.

On croise Louise Michel revenue de Cayenne mais aussi des peintres, nombreux à Montmartre en cette fin du XIXè siècle et surtout la misère qui y fait rage : les enfants en proie à la faim et livrés à eux-mêmes, des mères si malades qu’elles ne peuvent plus subvenir aux besoins de leur famille…

Marie Desplechin nous conte fort bien le quotidien de ce peuple de Paris mais aussi les revendications féministes de ses héroïnes. Séraphine est tiraillée entre ses origines communardes et sa foi, sa volonté de soulager la misère de son prochain.

Un opus une fois encore très agréable à lire, avec des thématiques intéressantes et bien traitées, porté par une héroïne pétillante, entourée d’une galerie de personnages hauts en couleurs, le tout dans un Paris bouillonnant à la Zola qui bruisse d’idées nouvelles d’un point de vue artistique, politique et social.

Je ressors enchantée de la lecture de cette trilogie et je la conseille volontiers aux adolescent.e.s qui souhaiteraient se documenter sur cette période et sur les combats féministes que furent le droit de vote mais aussi celui à l’instruction.

Un grand merci à L’école des Loisirs pour cette lecture passionnante !

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge

Avant d’écrire pour la jeunesse, Carole Trébor a été historienne, spécialiste de l’histoire culturelle russe et réalisatrice de documentaires.

Octobre 1917, Moscou. Les russes, malgré l’éviction du tsar Nicolas II s’enlisent dans la guerre et la famine fait rage.

La révolte gronde. Dans un monde en guerre, les Russes réclament la paix et contestent le pouvoir en place tenu par le gouvernement provisoire qui a succédé au régime impérial.

Tandis que Tatiana rejoint un groupe de jeunes artistes qui rêvent de balayer l’ordre établi, en s’attelant s’attelant à l’adaptation du Nuage en pantalon du poète futuriste Vladimir Maïakovski, sa sœur Lena prend les armes avec les bolcheviks.

Bientôt Piotr, leur ami d’enfance, s’engage à son tour. Se battront-ils du même côté des barricades  ?

Je pense qu’il est inutile de vous rappeler combien j’aime l’histoire russe, il était donc inévitable qu’un jour ou l’autre je lise Révoltées de Carole Trébor qui a pour décor les jours d’octobre 1917 qui ont mené Lénine et ses troupes au pouvoir.

Dès les premières pages, l’autrice nous embarque à Moscou, en proie à la révolution, au moment où les bolcheviks prennent le pouvoir.

Avec un style simple et efficace, idéal pour le lectorat visé, elle nous fait suivre deux soeurs aux trajectoires différentes. Leur père a été porté disparu sur le front et les deux jeunes filles de 17 ans vivent avec leur babouchka, pieuse et fidèle au tsar.

Tatiana a été embauchée comme femme de ménage au théâtre à deux pas de chez elles et leur grand-mère coud les costumes, ce qui lui permet de côtoyer une troupe d’artistes en train de monter un spectacle autour de la poésie de Maïakovski.

Lena a abandonné son travail à l’usine pour prendre les armes aux côtés des bolcheviks, dont le programme se résume à « la paix, le pain et la terre » et « Tout le pouvoir aux soviets ». Loin d’avoir froid aux yeux, elle n’hésite pas à monter sur les barricades pour se battre comme les hommes.

Si le titre laisse présumer que l’on va suivre Lena, il n’en est rien, elle fait de furtives apparitions, la véritable héroïne du récit c’est bel et bien Tatiana et les futuristes. Cet aspect m’a beaucoup plu et permis de renouer avec Maïakovski.

Historiquement parlant c’est très bien documenté, Carole Trébor est spécialiste de la Russie et ça se sent tout au long du roman. Les lecteurs trouveront aussi en fin d’ouvrage des annexes très bien faites et utiles (plan de Moscou, glossaire explicatif, rôle des femmes pendant la révolution…).

Comme dans tout roman Young adult, il y a un peu de romance, ce qui plaira sans nul doute aux ados mais que j’ai trouvé un peu inutile.

J’aurai également aimé des personnages plus développés et voir de plus près encore la révolution russe mais comme l’autrice a fait le choix de Tatiana comme narratrice, cela n’était pas possible.

Je m’attendais à un roman à deux voix qui m’aurait permis de suivre les deux soeurs en parallèle, d’être à la fois avec les artistes et les révolutionnaires. Je trouve que Tatiana change un peu trop vite d’opinion, passant de résignée à combative sans qu’aucun événement ne vienne étayer ce changement d’attitude.

Reste que c’est un chouette roman pour les élèves de 3e qui ont la révolution russe à leur programme d’histoire, je leur conseille cette lecture !

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge

Après une formation de journaliste, puis quelques années de travail dans la communication d’entreprise, elle publie ses premiers livres à l’École des loisirs (« Rude samedi pour Angèle », 1994; « Le Sac à dos d’Alphonse », 1993), puis rencontre un premier succès avec, pour les plus grands, la publication d’un recueil de nouvelles « Trop sensibles » (1995). « Verte », Prix Tam-Tam 1996, et « Sans moi » (1998) lui permettent d’atteindre un public plus large.

Paris, 1885. Lucie est persuadée qu’au XXe siècle, les demoiselles de la bonne bourgeoisie parisienne auront le droit de courir toutes nues, d’aller à la messe en cheveux, de parler à table et même, qui sait ? De s’instruire et de ne pas se marier. À quoi bon vieillir, sinon ?

Le problème, c’est que nous ne sommes qu’en 1885 et qu’à treize ans, la seule éducation qu’une jeune fille comme Lucie est censée recevoir consiste à savoir tenir une maison pour devenir une épouse accomplie. Hygiène, lessive, cuisine : Lucie est envoyée faire son apprentissage avec Annette, Fanny et Marceline, les domestiques de la maison.

Si ses parents savaient… Il se passe parfois des choses étranges, dans les communs des maisons bourgeoises. Les domestiques peuvent s’y révéler plus passionnants et subversifs que des livres. On y fait des révolutions en secret. On y organise des expéditions aux Halles au petit matin, ce Ventre de Paris peint par Monsieur Zola d’où sortiront bientôt tant d’idées neuves, socialisme, anarchisme, féminisme…

Souvenez-vous, il y a quelques semaines de cela, j’ai découvert et beaucoup apprécié La capucine, troisième tome de la trilogie de Marie Desplechin, Les filles du siècle. J’avais donc très envie de découvrir les autres opus et comme les trois ouvrages peuvent se lire séparément car les héroïnes sont différentes, j’ai opté cette fois-ci pour Satin grenadine.

Dans ce nouveau roman d’apprentissage, nous ne suivons plus Louise, une jeune fille issue du peuple de la banlieue mais Lucie, une adolescente de la bonne bourgeoisie parisienne.

Notre héroïne rêve de s’émanciper des codes de sa classe et de la place réservée aux femmes de sa condition. Elle souhaite étudier, avoir un véritable métier et surtout, se vêtir de robes couleur satin grenadine au pays des peaux rouges !

Ce roman est un véritable instantané de cette bourgeoisie de la Belle-Epoque, une période où l’on envoyait les enfants se faire élever ailleurs, loin de l’air de la ville et de leurs parents accaparés par leurs mondanités et leurs affaires, qui ne s’émouvaient guère de leur sort et où ils les récupéraient pour les envoyer en pension.

Un monde où les jeunes filles apprennent à tenir leur futur rôle de maitresse de maison, inutile donc de les rendre instruites, encore moins de leur apprendre à penser par elles-mêmes, de peur de leur donner des velléités d’indépendance !

Parfois, et heureusement pour Lucie, les jeunes filles bénéficient d’une éducation à domicile, et une gouvernante comme Marceline, férue d’idées nouvelles, permettra l’éclosion de nouvelles réflexions, de découvertes, de promenades qui créeront des rencontres qui ouvrent les yeux et l’esprit.

Un opus très agréable à lire, avec des thématiques intéressantes et bien traitées, porté par une héroïne pétillante, entourée d’une galerie de personnages hauts en couleurs, le tout dans un Paris bouillonnant à la Zola qui bruisse d’idées nouvelles d’un point de vue artistique, politique et social.

Je ressors enchantée de ma lecture et ravie à l’idée de découvrir Séraphine, l’ultime tome qui me reste à lire. Une série que je vous encourage vivement à votre tour si ce n’est déjà fait.

Un grand merci à L’école des Loisirs pour cette lecture passionnante !

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Après une formation de journaliste, puis quelques années de travail dans la communication d’entreprise, elle publie ses premiers livres à l’École des loisirs (« Rude samedi pour Angèle », 1994; « Le Sac à dos d’Alphonse », 1993), puis rencontre un premier succès avec, pour les plus grands, la publication d’un recueil de nouvelles « Trop sensibles » (1995). « Verte », Prix Tam-Tam 1996, et « Sans moi » (1998) lui permettent d’atteindre un public plus large.

Si son patron ne la battait pas, si elle était justement payée, si on ne lui comptait pas son assiette et son lit, Louise adorerait la terre sur laquelle elle travaille.

Une terre incroyablement fertile, qui peut donner huit récoltes par an ! Qui exporte ses légumes jusqu’à Londres, et même jusqu’en Russie.…

Une terre qui n’est qu’à une dizaine de kilomètres de Paris, sur un petit village de maraîchers nommé Bobigny. Le jour où vient la raclée de trop, Louise s’enfuit.

Direction Paris, où vivent et travaillent sa mère Clémence, et son indéfectible protectrice, Bernadette, génie de la cuisine et de la voyance réunies.

Mais Louise a treize ans, et à cet âge, même si l’on rêve de liberté, encore faut-il gagner sa vie…

La capucine est le troisième tome de la série écrite par Marie Desplechin, Les filles du temps. Chaque tome met en scène des jeunes filles de treize ans dans le Paris de 1885. C’est aussi ma découverte de la plume de cette autrice pour la jeunesse que l’on m’a tant vanté !

Ici, nous faisons la connaissance de Louise, surnommée La scarole, à cause de ses cheveux crépus. Sa mère, enceinte d’un soldat noir de passage, a fui la province pour s’établir à Bobigny. Mais depuis deux ans déjà, Clémence est domestique à Paris et Louise a pris sa place chez leur voisin le maraicher.

Plus grande et plus forte que sa mère, elle travaille comme une bête de somme et reçoit en échange de son travail, non point une rémunération sonnante et trébuchante, mais un mauvais galetas, de la soupe claire et des coups en veux-tu en voilà !

Mais si Louise se plaint, à juste titre, de son triste sort, personne autour d’elle ne s’en émeut, car à l’époque, les coups font partie de tout apprentissage. On mesure tout le chemin parcouru en une centaine d’années !

Avec elle, on découvre la condition féminine de cette époque, le quotidien des domestiques, celui des maraichers qui vont vendre leurs produits aux Halles en plein coeur de Paris. L’autrice met aussi l’accent sur les différences entre les classes sociales au XIXè siècle, plus marquées qu’aujourd’hui.

Mais aussi, un thème plus surprenant : le spiritisme avec Bernadette qui voit les morts et fait tourner les tables. On y croise même Alexandre Dumas fils, adepte des soirées spiritisme.

Il y a aussi quelques clins d’oeil à la Commune, avec l’un des chants composé par Jean-Baptiste Clément en 1868, Dansons la capucine, et popularisé à cette époque :

1.
Dansons la capucine
Y a pas de pain chez nous
Y en a chez la voisine
Mais ce n’est pas pour nous
Youh!

2.
Dansons la capucine
Y’a pas de vin chez nous
Y’en a chez la voisine
Mais ce n’est pas pour nous
Youh!
3.
Dansons la capucine
Y’a pas de feu chez nous
Y’en a chez la voisine
Mais ce n’est pas pour nous
Youh!

4.
Dansons la capucine
Y’a du plaisir chez nous
On pleur’ chez la voisine
On rit toujours chez nous
Youh!

J’ai pris plaisir à suivre Louise dans sa volonté d’émancipation et la poursuite de ses rêves. Le récit est bien écrit, les personnages sont attachants, il y a des touches d’humour et les thématiques abordées sont intéressantes et bien traitées.

Le petit bémol tient en l’histoire en elle-même qui manque de développement et qui s’achève bien trop vite à mon goût.

Néanmoins, je conseille ce roman aux adolescent.e.s qui verront leurs attentes pleinement exaucées. Pour ma part, je compte bien découvrir les autres tomes de cette trilogie : Séraphine et Satin-Grenadine !

Un grand merci à L’école des Loisirs pour cette chouette lecture.

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge et du challenge 1 pavé par mois 

Victor Dixen, double lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire, est l’une des figures de proue de la littérature française de l’imaginaire (Animale, Cogito, Extincta, ainsi que les sagas Phobos et Vampyria). Écrivain nomade, il a vécu à Paris, à Dublin, à Singapour et à New York, puisant son inspiration aussi bien dans les promesses du futur que dans les fantômes du passé.

En l’an de grâce 1715, le Roy-Soleil, arrivé au seuil de son existence, s’est transmuté en vampyre pour devenir le Roy des Ténèbres. Depuis, il règne en despote absolu sur Versailles et sur la Vampyria : une vaste coalition à jamais figée dans un âge sombre, rassemblant la France et ses royaumes vassaux.

Car les autres souverains d’Europe ont prêté allégeance à ce monarque tout puissant pour vivre éternellement eux aussi. Un joug de fer est imposé au peuple, maintenu dans la terreur et littéralement saigné pour nourrir l’aristocratie vampyrique.

Trois siècles plus tard, à la Butte-aux-rats, dans la campagne auvergnate, Jeanne, une roturière, voit toute sa famille se faire massacrer sous ses yeux, car ils appartenaient à la résistance, ce qu’elle ignorait totalement.

Prenant la place de Diane de Gastefriche, fille du baron, suzerain de la Butte-aux-rats, elle devient pupille du roi et catapultée à l’école formant les jeunes nobles avant leur entrée à la Cour.

Entre les intrigues des morts-vivants du palais, les trahisons des autres élèves et les abominations grouillant sous les ors de Versailles, combien de temps Jeanne survivra-t-elle ?

La cour des ténèbres est le premier volume de la nouvelle saga de Victor Dixen, Vampyria. Si vous me lisez régulièrement, vous avez du remarquer que je n’ai jamais lu Victor Dixen et que je ne suis guère versée dans les vampires mais j’étais très curieuse de découvrir la plume de l’auteur et un nouveau genre : l’uchronie !

Et je dois bien admettre que, pour moi, le pari est tenu. Je ne sais pas si celles et ceux qui sont des adeptes de l’horrifique et du vampirisme ont été séduits mais moi, oui. J’ai adoré l’ambiance de ce récit et les trouvailles de l’auteur pour batir le décor de cette cour de Versailles vampyrique.

Victor Dixen s’est documenté sur l’époque de Louis XIV et sa cour et il y fait de subtils clins d’oeil tout au long du récit (les perruques, le maquillage, les talons rouges, les courtisans…), j’ai beaucoup apprécié et j’ai trouvé cette uchronie finalement très plausible, si bien sûr, Louis XIV s’était transmuté en vampyre !

L’histoire, menée tambour battant, est pleine de rebondissements et se révèle très addictive grâce à la plume fluide de l’auteur, bien que je ne me sois pas vraiment attachée aux différents protagonistes de l’histoire, c’est bien là mon seul bémol, sinon quel plaisir de lecture, c’est bien simple je n’ai pas vu passer les 500 pages et suis arrivée au point final à regret car je serai volontiers restée dans cette cour des ténèbres.

Versailles est devenu un endroit sombre et sanglant où il ne fait pas bon se promener une fois la nuit venue sous peine de devenir le diner des vampyres tout juste levés. Les jeunes élèves de l’école sont soumis à des épreuves violentes et sanguinaires pour espérer devenir écuyer du roi et peut-être, un jour, avoir le privilège de transmuter et vivre éternellement.

Dans ce panier de crabes où les complots vont bon train, notre héroïne Jeanne devra se servir de toute sa sagacité pour venger la mort de ses parents et de ses frères. Elle va trouver des alliés sur son chemin mais devra se sortir aussi de chausse-trappes que d’autres vont mettre en travers de sa route.

Un très bon premier tome que ce roman pour les grands ados, certes introductif puisqu’il pose le décor et les différents personnages mais qui se révèle passionnant et particulièrement haletant. Il me tarde de retourner à la cour des ténèbres, j’espère que le second tome ne se fera pas trop attendre.

Un grand merci à la Collection R pour cette lecture, j’ai adoré !

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