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Archive for the ‘Littérature adolescente & young adult’ Category

 » – Papa ? Ca fait quoi d’être un poisson ? Mon père a sursauté, puis il a relevé la tête et s’est mis à nager vers moi. Sa petite bouche s’ouvrait et se fermait, comme s’il réfléchissait sérieusement à ma question. Finalement, il s’est décidé. – C’est mouillé. » Voilé comment tout a commencé : quelques jours après la mort de mon père, j’ai découvert qu’il était réapparu sous la forme d’un poisson clown. C’est extraordinaire ! Mais je ne pense pas que maman soit prête à l’entendre. Tant pis ! Ce sera notre petit secret pour l’instant… »

Quelque part en Angleterre. Lorsque son père meurt soudainement alors qu’il est au collège, Dak est désespéré. Après l’enterrement, alors que la maison est remplie de famille et d’amis, il se rend à l’aquarium municipal où ils aimaient tellement aller ensemble.

Là-bas, il aperçoit pour la première fois un poisson clown qui se met soudain à lui parler avec la voix de son père ! Sûr qu’il s’agit bien de lui et heureux enfin de le retrouver, Dak passe ses journées à l’aquarium, en compagnie de Violet, la nièce du directeur.

Mais des problèmes d’argent poussent la ville à fermer les lieux. Horrifié d’être séparé de son père pour toujours, il va se battre, avec l’aide de Violet, pour sauver l’aquarium !

Papa clown est un récit touchant et décalé sur le travail de deuil à destination des adolescents. Dak, le héros de l’histoire, est anéanti par la mort de son père, un homme drôle qu’il croyait invulnérable.

Sa mère est toute aussi anéantie et incapable de sortir de son lit des jours durant. Alors, refoulant ce décès qui est impossible pour lui, il va se mettre à croire que son père s’est réincarné dans le seul poisson clown de l’aquarium !

Ce subterfuge va lui permettre d’échapper à la douleur de cette disparition puisque finalement son père est bel et bien vivant. Il se rappelle de ses blagues, des bons moments passés avec lui et nous partagent moult souvenirs.

Et comme il ne veut plus être séparé de lui, il fuit le domicile, le collège, pour passer ses journées à l’aquarium. Garçon sensible, timide, passionné de poissons et d’écriture, il va y faire la connaissance de Violet, actrice née et dotée d’une sacrée personnalité.

Bien qu’assez antagonistes, ils vont former la paire pour sauver l’aquarium de la fermeture et orchestrer une véritable campagne de communication pour intéresser le public à leur combat en utilisant les outils d’aujourd’hui et notamment les réseaux sociaux.

Nos deux héros sont bien dessinés et attachants, et les adolescents pourront se reconnaître en eux très facilement, notamment sur l’aspect 2.0 du récit. La thématique du deuil est bien travaillée, et malgré le sujet sensible, on ne tombe jamais dans le pathos, il y a même bon nombre de passages cocasses.

La relation qui unit Dak à son père est très belle, on sent leur complicité, leur relation fusionnelle qui laisse notre héros bien démuni, seul face à son chagrin, après sa disparition. Heureusement, sa mère, après avoir succombé au chagrin, va remonter la pente et épauler son fils efficacement et on termine le livre avec à la fois le sourire et des larmes plein les yeux.

Un très joli roman que je vous conseille, que vous soyez concerné.e.s par le deuil ou non, vous serez touché.e.s par l’histoire de Dak, ça ne fait aucun doute.

Un grand merci aux éditions Flammarion jeunesse pour cette lecture émouvante, j’ai adoré !

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Après une enfance mi-africaine mi-méridionale et une jeunesse en Espagne où elle a travaillé comme mannequin, Anne-Marie Pol fait des Études Théâtrales à Censier Paris III. À la même époque, elle se met à écrire. Son premier roman, publié en 1986, est suivi par beaucoup d’autres –; dont les 40 volumes de la célèbre série  » Danse ! « . Passionnée par l’Histoire, Anne-Marie Pol est également l’auteur de plusieurs romans historiques. C’est à la suite d’un voyage en Biélorussie qu’elle a imaginé le parcours aventureux de Félicité d’Autin.

1812, Moscou. Félicité d’Autin jeune Française de 16 ans, vit avec sa mère Julie sous la protection d’une riche famille russe, les Golovine. L’ancienne actrice, veuve d’un lieutenant de l’Empire, est devenue lectrice de français de la comtesse Golovine.

Passionnément amoureuse de Fédor, le fils de la maison âgé de dix-huit ans, la jeune française voit l’avenir en rose, lorsque la guerre éclate. Napoléon envahit la Russie, et le voilà aux portes de Moscou avec son armée !

Fédor s’engage pour le combattre, sa famille fuit, et les deux françaises restent piégées dans la ville, faute d’un sauf-conduit refusé par le gouverneur de Moscou, le comte Rostopchine, père de la future Comtesse de Ségur.

Dès l’entrée des français dans Moscou, le palais Golovine est pris d’assaut par des militaires, obligeant Julie et Félicité à prendre la fuite à leur tour alors que Moscou tombe dans le chaos, en proie aux flammes…

Tiré d’un vrai journal intime retrouvé abimé et qu’Anne-Marie Pol a complété, De feu et de neige met en scène une adolescente française face à l’invasion napoléonienne.

Le décor historique est intéressant, l’autrice s’est bien documentée et reprend les faits tels qu’ils se sont passés, avec des personnages ayant réellement existé. Elle y intègre des éléments fictionnels bien évidemment puisque nous sommes dans un roman.

Vous connaissez mon intérêt pour la Russie et ce roman pour adolescents m’avait tapé dans l’œil par sa couverture, vraiment sublime, et grâce à l’époque à laquelle il se passe, le règne d’Alexandre Ier, qui va faire face à la campagne de Russie menée par l’ennemi d’une grande partie de l’Europe : Napoléon Ier.

Une période que l’on croise peu voire pas du tout en littérature française, contrairement à la révolution russe ou au règne tragique de Nicolas II.

De ce point de vue-là, le roman est intéressant quoique ce contexte historique n’est pas assez exploité à mon goût car l’histoire principale, c’est bien sûr celle de Félicité qui brûle d’amour pour son barine, Féodor, et qui va être confrontée à cette invasion française, elle qui se sent tellement russe.

Lorsque l’on rentre dans le roman, on a l’impression de le prendre en cours de route : les personnages principaux, Julie et Félicité, ne sont pas réellement présentés et on apprendra des bribes de leur passé au fil de la lecture.

Julie est hautaine et se prend pour une aristocrate alors qu’elle est sans le sou, méprisant « la valetaille », quant à Félicité c’est une jeune fille assez mièvre, uniquement préoccupée par l’amour qu’elle porte à son « aimé », Féodor. Elles ne m’ont paru attachantes ni l’une ni l’autre et j’ai lu leurs aventures sans déplaisir mais sans grand intérêt non plus.

Il y a relativement peu d’action, à l’exception de la dernière partie, quant au dénouement, il est tellement tiré par les cheveux et invraisemblable qu’il frise le ridicule.

Alors, certes ce roman est à destination des adolescents, mais pourquoi autant de niaiserie et passer sous silence la réalité de cette invasion française et la dureté des évènements qui se sont réellement passés avec pour point d’orgue, l’incendie de Moscou ?

Je ressors déçue de cette lecture, restée sur ma faim devant cette bluette alors que le sujet historique se prêtait à une histoire passionnante…

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Après des études de lettres, Catherine Ganz-Muller devient monteuse dans le cinéma. Passionnée de littérature, elle ouvre une librairie à Paris puis se tourne vers le métier de bibliothécaire. Elle a écrit des articles pour des magazines, des nouvelles, des romans pour les adolescents, un roman pour enfant lauréat du prix Chronos 2010, des romans pour adultes.

Cologne, Allemagne, 1934. Poussé à l’exil par les lois anti-juives, le libraire Alexander Mendel est obligé, la mort dans l’âme, de s’exiler en France avec sa famille.

Il confie sa librairie, fondée plusieurs décennies auparavant, à son jeune employé, Hans Schreiber, en qui il a toute confiance et qui lui a promis de garder la librairie pour lui en son absence.

Le jeune homme, orphelin de père suite à la première guerre mondiale, fréquente la librairie depuis son enfance et a trouvé en Alexander, un père de substitution. Pour lui, le régime nazi et son aryanisme sont des aberrations et il les exècre de tout son coeur.

Par fidélité à son mentor et par haine du régime nazi, Hans décide de se battre, malgré les menaces et les bombes, pour que la Librairie bibliothèque, ce lieu d’érudition chaleureuse qui permet “que chacun ait la possibilité d’avoir un livre dans les mains, qu’il soit riche ou pauvre” continue à vivre dans cette période tragique.

Avec Le libraire de Cologne, Catherine Ganz-Muller nous invite à lire le combat d’un libraire allemand de 1934 à 1945. Une histoire inspirée de la réalité, celle de la librairie Lengfeld fondée le 1er juillet 1842, propriété de la famille Ganz, forcée de la vendre à Hans Schmitt en 1934, qui va lutter tout au long de la guerre pour sa sauvegarde.

Le roman, à destination des 14 ans et plus, aborde avec grand réalisme les lois anti-juives du IIIè reich et n’omet rien des persécutions que les juifs subirent ni des évènements qui jalonnent la montée du nazisme.

L’autrice montre également que si une grande majorité des allemands étaient des admirateurs du führer, ne montrant aucune compassion envers leurs collègues et voisins, se réjouissant même de leurs malheurs, elle n’en oublie pas que tous les allemands ne sont pas à mettre dans le même sac.

Certains ont lutté contre le régime, entrant en résistance et le payant bien souvent de leurs vies, c’est ce que va faire Hans Schreiber : il va résister aux nazis, avec les deux autres employés de la librairie qui vont l’aider à tenir la barre mais aussi des voisins et des clients qui vont continuer à fréquenter les lieux, lui permettant de survivre.

La figure centrale du récit c’est bien sûr cette librairie bibliothèque fondée par Mandel dont le but est avant tout la diffusion des livres et non faire commerce à tout prix. Chacun peut passer ses journées dans le coin bibliothèque à lire, c’est ainsi qu’il fait la connaissance du jeune Hans qui va devenir son apprenti, puis son bras droit.

L’autre figure importante, c’est bien sûr Hans, un homme bon, qui reprend le flambeau de son mentor, animé par l’amour des livres mais aussi fidèle à la famille Mendel avec qui il continue de correspondre pendant la totalité de la guerre.

Attaquée par les décrets nazis, bombardée, éventrée, pillée la librairie de Cologne va subsister par la volonté et le courage sans faille d’Hans mais aussi d’alliés inattendus.

J’ai beaucoup aimé cette histoire très bien documentée, les personnages qui la traversent et je trouve que ce roman devrait être étudié en classe de 3è, le nazisme et la seconde guerre mondiale étant au programme, ce livre est parfait pour familiariser les jeunes lecteurs à l’Histoire.

Cerise sur le gâteau : l’auteure a eu la bonne idée d’ajouter en fin d’ouvrage une notice chronologique et des explications sur le vocabulaire de la seconde guerre mondiale afin que les jeunes puissent avoir toutes les informations importantes sous la main.

Pour conclure, un roman passionnant et plein de suspens, une histoire sombre mais aussi pleine d’espoir qui montre aux adolescents que même lorsque règnent la haine et la terreur, la lumière vient des livres, véritables fenêtres de liberté, à préserver à tous prix.

Un grand merci aux éditions Scrinéo pour cette lecture à découvrir absolument !

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À 13 ans, Sophie Chérer rêvait de devenir juge des enfants pour combattre l’injustice. À la fin de ses études de droit et criminologie, elle abandonne pourtant la carrière de magistrate mais trouve un autre moyen de suivre sa vocation. Depuis sa Lorraine natale, ses différents types d’écrits prolifèrent. Les uns lui permettent de mettre en valeur le travail de ses collègues artistes. Les autres sont aussi, la plupart du temps, des hommages romancés. Une manière de leur rendre justice.

Vincent Van Gogh peint comme un fou depuis son arrivée à Auvers-sur-Oise, quand il rencontre deux jeunes gens de bonne famille, les frères Secrétan. L’aîné, Gaston, est un artiste en herbe, timide, incertain de sa vocation.

Au premier regard, il considère Vincent comme un génie. Le cadet, René, est obsédé par Buffalo Bill. À la pêche comme à la chasse, accompagné de sa bande, il tire sur tout ce qui bouge.

La correspondance de Vincent ne les mentionne ni l’un ni l’autre. Pourquoi ? On sait qu’il leur a offert des tableaux, dont nul n’a retrouvé trace. Pourquoi ?

Gaston et René vont fréquenter Vincent quasi quotidiennement pendant près de six semaines. Et si cette rencontre ne va rien changer à la vie du peintre, elle va peut-être tout changer à sa mort.

Vincent Van Gogh fait partie de mes peintres préférés et si j’admire ses peintures, je connais assez peu sa vie, dans les grandes lignes seulement. Depuis toujours, il a été couramment admis qu’il a mis fin à ses jours le 29 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise.

Seulement, depuis quelques années, certains romanciers et biographes remettent en cause ce scénario. Pourquoi ?

Parce que Vincent n’a pas laissé de lettre expliquant son geste. Mais tous les suicidés ne couchent pas forcément leurs intentions sur papier. Alors ?

D’autres raisons font également douter : l’arme qui a servi à sa mort n’a pas été retrouvée. Et surtout, pour quelle raison Vincent se serait-il tiré une balle dans le ventre en plein champ pour finalement retourner à l’auberge mourir dans son lit au bout de près de trente heures d’agonie ?

Et si Vincent ne s’est pas suicidé, qui l’a tué ? Les frères Secrétan ! C’est ce que sous-entendait Jean-Michel Guenassia dans La valse des arbres et du ciel et c’est la thèse que reprend Sophie Chérer pour tisser la trame de Tuer Vincent.

L’autrice nous donne à lire ici, le récit du dernier été de Van Gogh passé à peindre dans une frénésie, une certaine urgence. Elle nous montre la vie d’ascèse du peintre, totalement dévoué à son art et sa rencontre avec les frères Secrétan, issus de la bourgeoisie parisienne.

Gaston, l’aîné, qui barbouille quelques toiles, va voir en Van Gogh un maître, alors que son cadet, René, va n’avoir de cesse que de le persécuter, le rabaisser, le traiter de prussien, etc.

Vincent, qui a échangé de nombreuses lettres avec son frère Théo cet été-là, comme à son habitude, ne fait nulle part mention des frères Secrétan !

Quelle est la part de réel dans cette histoire et celle des conjonctures ? Peu importe où est la vérité puisqu’ici Sophie Chérer nous propose une fiction, un récit âpre à lire lorsque l’on aime le peintre car on le voit malheureux, tourmenté, malmené mais aussi exalté par la peinture.

Un récit destiné aux adolescents mais aussi aux adultes car si les chapitres sont courts, le vocabulaire adapté et la typographie assez grosse, l’histoire, comportant des passages crus et explicites quant à la sexualité, n’est pas à mettre entre les mains des plus jeunes mais plutôt des 16 ans et plus.

Un roman bien écrit et documenté qui permettra aux lecteurs de découvrir le peintre dans son intimité, une bonne idée pour intéresser les ados à la peinture et à un grand nom de la peinture.

Un grand merci éditions L’école des Loisirs pour cette lecture et pour leur confiance.

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« Il est souvent difficile pour les autres de saisir la nature de ce don que je suis le seul à avoir. Il me permet de déceler la vérité là où les autres ne voient qu’illusion… Car le monde est une scène et il semblerait que je sois le seul spectateur capable de voir derrière le rideau. »

Fin janvier 1892 en Nouvelle-Angleterre. Abigail Rook, 17 ans, débarque à New Fiddleham, en Amérique après avoir fui sa famille qui refusait de lui voire entreprendre des études de paléontologie.

La tête pleine de rêves, elle espère vivre l’aventure avec un grand A. Dans une auberge, elle fait la connaissance d’un étrange personnage, Jackaby, qui lui offre un emploi d’assistante.

Détective doué de facultés de médium, il est capable de voir les phénomènes surnaturels. Pour sa première mission, Abigail accompagne son nouveau patron sur les lieux d’un crime particulièrement sanglant.

Jackaby soupçonne l’assassin de ne pas être humain, ce que la police refuse de croire. Mais les meurtres s’enchaînent et confirment les soupçons du détective…

J’avais repéré Jackaby lors de sa parution il y a plus d’un an maintenant et lors d’une virée à la médiathèque, mon regard a croisé cette couverture à la fois belle et énigmatique et je suis repartie avec !

Ce premier tome d’une série qui en compte déjà trois en français et un quatrième en anglais, nous emmène donc à la fin du XIXè siècle dans une petite ville des Etats-Unis et nous permet de faire la connaissance d’un duo d’enquêteurs pas comme les autres : Jackaby et sa toute nouvelle assistante Abigail Rook.

Jackaby est un détective d’un genre particulier puisqu’il voit ce que les autres ne voient pas : les créatures et phénomènes surnaturels. Abigail Rook est devenue son assistante et comme c’est elle la narratrice de ce roman, nous suivons cette première enquête de son point de vue alors, qu’elle est totalement dépourvue de pouvoirs, contrairement à son employeur.

Notre duo de héros se révèle attachant et on a plaisir à les suivre dans cette première aventure. Jackaby est excentrique dans sa façon d’être, de se vêtir. Son intelligence est hors du commun et il a un sens de l’humour et du sarcasme savoureux.

Abigail ne manque pas de charme et elle se révèle une narratrice très intéressante même si elle est davantage dans la réserve en raison de son éducation et de la place réservée aux femmes au XIXè siècle.

Le duo fonctionne bien, il y a une certaine alchimie et une complicité qui s’instaurent au fur et à mesure du récit. Quant aux personnages secondaires, ils valent eux aussi le détour : l’ancien assistant de Jackaby devenu un canard à cause d’un sort, un fantôme, un jeune policier métamorphe…

L’enquête sur le tueur en série qui sévit à New Fiddleham est bien menée avec un suspens qui monte crescendo, ce qui en fait un bon thriller historique pour adolescents.

L’atmosphère est aussi très réussie : violente, sombre et glauque juste ce qu’il faut pour imprimer une ambiance surnaturelle et paranormale crédible. Dommage que cette série ne soit pas plus visible car elle a de nombreux atouts et j’ai passé un bon moment avec ce premier tome. J’ai d’ores et déjà réservé le second volume à la médiathèque car je suis très curieuse de découvrir la suite des aventures de Jackaby et Abigail !

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« Chacun de nos actes a trois motivations, celle qu’on avoue aux autres, celle qu’on n’avoue qu’à soi, celle qu’on ne s’avoue même pas. » Marie-Aude Murail, dans cette saison 5, va nous le prouver !

Savez-vous que votre hamster est un animal de soutien émotionnel, que votre chien peut faire une dépression, que le ronron de votre chat vous sauvera peut-être la vie et qu’un divorce risque de rendre muet votre perroquet gris du Gabon ?

Voilà ce que Sauveur découvre dans cette nouvelle saison. Ce qui n’empêche pas ce psychologue clinicien de recevoir aussi dans son cabinet du 12 rue des Murlins Louane, qui a peur qu’une main sorte du trou des toilettes pour l’y entrainer, Frédérique, qui découvre que son père est Donald Trump, Samuel, qui suit un stage pour apprendre à draguer et Madame Tapin qui, à 81 ans, découvre le féminisme…

Deux années ont passé depuis la saison 4, et dans Sauveur et fils saison 5, on apprend ce que sont devenus Blandine et Margaux Carré, Samuel Cahen, Lionel et Maïlys, Ella-Elliot, Gabin et Frédérique Jovanovic.

Ainsi que la famille recomposée de Sauveur : Louise Rocheteau, sa compagne et la mère de Paul, le meilleur ami Lazare, fils de Sauveur, Alice, qui peu à peu trouve sa place dans cette maison de garçons, Gabin qui végète au grenier sans oublier le vieux légionnaire Jovo qui a définitivement abandonné sa vie d’errance pour lui préférer la rue des Murlins !

Du 8 mars à Pâques, d’Orléans aux Pralines, Marie-Aude Murail nous raconte le quotidien de Sauveur et des siens, l’évolution de ses patients et les problèmes auxquels ils sont confrontés : dépression, tentative de suicide, transgenre, homophobie, intolérance, paternité, familles monoparentales ou recomposées, les ravages du divorce…

L’auteure nous dépeint comme personne la souffrance des adolescents et des adultes confrontés à ces différentes situations avec tellement d’intelligence que ce n’est jamais plombant pour le lecteur, c’est admirable de finesse et de talent, comme toujours chez Marie-Aude Murail.

J’avais eu un coup de coeur pour les saisons 1, 2, 3 et 4, Sauveur et fils saison 5 n’a fait pas exception à la règle, j’ai adoré tout autant ce dernier opus dont l’histoire est dans la continuité des volumes précédents sans lasser et sans redondance.

Si différents thèmes sont abordés, Marie-Aude Murail se concentre plus particulièrement sur les questions du genre dans son toute sa complexité : dysphorie de genre, hétéronormé, intersexualité, mégenre, transgenre. Tout est très bien expliqué et pour ma part, je cerne désormais mieux ses questions sensibles, et en tant que maman, je ne peux que remercier l’autrice de les aborder et de créer avec ses romans une passerelle entre les adolescents et leurs parents.

Dès les premières lignes, j’ai adoré retrouver Sauveur Saint-Yves et Louise, Lazare et Paul, Gabin et Jovo, et tous les patients de ce psy au grand cœur. Je n’ai pas pu m’empêcher de dévorer cet ultime roman et je l’ai refermé le cœur gros, orpheline de ces personnages qui sont tellement touchants sous la plume sensible de Marie-Aude Murail.

J’ai souri, ri mais aussi été émue une fois encore par les épreuves que tous traversent car l’auteure ne ménage pas les différents protagonistes de son histoire mais elle a su clôturer joliment, tout en laissant la porte entrouverte, ce cycle porté par Sauveur Saint-Yves.

La façon qu’a Marie-Aude Murail de nous narrer le quotidien de ce psy humaniste est un vrai bonheur et une fois que l’on a mis le nez dedans, il devient vraiment très difficile de le lâcher.

Il y a toujours beaucoup d’humour, un héros souvent débordé par ses patients mais irrésistible, et une formidable atmosphère de chaleur humaine qui fait du bien.

Chaque saison de cette saga peut être lue séparément. Mais bien évidemment je vous conseille vivement de lire les saisons dans l’ordre afin de suivre l’évolution de chaque personnage. Si toutefois, vous préférez commencer par ce dernier tome, remontez ensuite le cours du temps pour arriver à la source.

Une saga formidable à la fois drôle et touchante, à lire et à relire, ancrée dans la réalité et portée par des héros tous terriblement attachants, à mettre entre toutes les mains dès 13 ans !

Un immense aux éditions Ecole des Loisirs pour cette magnifique lecture.

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C’était celui qu’Eléonore avait repéré, recourbé comme le cou d’un cygne, habillé de boutons dorés sur le côté. Un soir, elle était restée plus longtemps que prévu devant la vitrine de M. Sax. Elle perdue dans ses souvenirs, quand un jeune garçon la surprit : « C’est rare pour une fille d’aimer la musique ! ». Elle sursauta : « Ces instruments sont les plus beaux du monde ! »

1862, Nord de la France. La jeune Éléonore âgée de 12 ans a une oreille exceptionnelle. Elle devrait faire la fierté de son père Arsène Leblanc, plombier gazier de son état mais surtout premier piston de l’orphéon dans la fanfare des Crickmouils.

Que nenni ! Son père est fou de rage lorsqu’il découvre que sa fille joue de la musique en cachette. Pour lui faire passer l’envie de devenir musicienne, un métier qu’il juge inconvenant pour une personne de sexe féminin, il l‘envoie à Paris chez son oncle et sa tante qui tiennent une blanchisserie.

Mais l’adolescente a tôt fait de mettre les blanchisseurs dans sa poche et trouve le moyen de se faire embaucher dans l’atelier de fabrication d’instruments d’Adolphe Sax, inventeur du saxophone.

Commence alors pour Eléonore, une vie exaltée entre Montmartre et Pigalle om se croisent peintres, artistes et petit peuple de Paris. De la Commune à la Nouvelle Orléans, de 1862 aux années folles, Eléonore va vivre mille vies au son de la musique…

Muriel Bloch et Marie-Pierre Farkas nous proposent avec La saga des Marquises, une saga historique pour les adolescents de qualité. Portée par deux héroïnes fortes que sont Eléonore et sa fille Carmel, on découvre l’histoire des premiers instruments à cuivre et les débuts du jazz.

La destinée hors du commun de cette famille de musiciennes au temps de la Commune et des premières Expositions universelle s’est révélée passionnante à lire, tout du moins la première partie qui a pour cadre Paris que j’ai nettement préférée à la seconde qui se déroule à la Nouvelle-Orléans.

Des deux héroïnes, mon intérêt s’est surtout porté sur Eléonore que l’on suit de ses 12 ans jusqu’à son décès et qui va savoir prendre son destin en main. Et son destin, c’est la musique, n’en déplaise à son père qui souhaite la voir derrière les fourneaux.

A Paris, elle saura s’affranchir du joug paternel pour mener la vie dont elle rêve : une vie libre, au mépris des conventions de son époque. Féministe, antiraciste, courageuse, généreuse, elle prendra part à la Commune et saura larguer les amarres pour la Louisiane afin de retrouver son grand amour et lui présenter Carmel, leur fille.

Les thèmes abordés dans cette partie (égalité homme / femme, combat pour la liberté, féminisme) m’ont davantage intéressé que ceux de la seconde partie qui tournent plus volontiers autour des problèmes raciaux et de la ségrégation qui existent encore au début du XXè siècle aux Etats-Unis. J’ai également eu moins d’empathie pour Carmel que j’ai trouvé davantage exaspérante qu’attachante !

Si les Marquises sont des personnages fictifs, pendant ces soixante ans qui enveloppent tout le récit, on rencontre au fil des pages et des évènements des personnages célèbres tels que Auguste Renoir, Louise Michel, Adolphe Sax, Georges Gershwin, Joséphine Baker, Louis Armstrong, Sidney Bechet…

Un roman virevoltant, très bien documenté, qui nous immerge dans le Paris de l’Empire et de la Belle-Epoque, et dans la Nouvelle-Orléans des années folles. Un récit qui donne envie d’écouter du jazz, du ragtime, de danser le cake-walk ou le charleston.

Un roman à découvrir et à faire découvrir aux adultes comme aux adolescents avec un thème central très actuel : l’égalité homme femme !

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