Je suis ton soleil – Marie Palvenko

Lu dans le cadre de Ma PAL de printemps (4/10)

Déborah entame son année de terminale sans une paire de chaussures, rapport à Isidore le chien-clochard qui dévore toutes les siennes et seulement les siennes. Mais ce n’est pas le pire, non. Le pire, c’est sa mère qui se fane, et la découverte de son père, au café, en train d’embrasser une inconnue aux longs cheveux bouclés. Le bac est en ligne de mire, et il va falloir de l’aide, des amis, du courage et beaucoup d’humour à Déborah pour percer les nuages, comme un soleil.

L’heure de la rentrée des classes a sonné pour Déborah, 17 ans au compteur. Dernière année de lycée, celle du bac, le sésame tant redouté, celui qui permettra de poursuivre des études supérieures et peut-être quitter le nid, c’est en tout cas ce qu’espère Déborah.

Comme tous les matins, elle retrouve sa meilleure amie Éloïse au Clapier, qui lui apprend que contrairement aux années précédentes, elles ne seront pas dans la même classe. Eloïse est heureuse d’être dans la classe d’Erwann, le garçon avec lequel elle rêve de sortir mais pour Déborah c’est la douche froide à la perspective de se retrouver avec Jamal les grandes dents, et Tania, son ennemie jurée !

Chez elle, la situation n’est pas non plus au beau fixe. Fille unique d’une mère maquettiste, dépressive depuis de longues années et d’un père rédacteur en chef de plus en plus absent, elle est affublée d’un labrador obèse qu’elle a recueillie quelques mois plus tôt, contrainte par sa mère de le sortir chaque soir.

Alors qu’elle broie du noir car son année de terminale se passe mal : ses notes sont en chute libre, Éloïse lui préfère son petit-ami, Victor dont elle est amoureuse est déjà pris, elle surprend son père dans les bras d’une autre…

Voilà un pavé qui n’aura pas traîné dans ma PAL, bon d’accord un bon mois, mais comme il figurait sur ma PAL de printemps, j’avais bon espoir de l’en sortir rapidement, ce qui est désormais chose faite.

Avant de lire Je suis ton soleil, je ne connaissais pas la plume de Marie Pavlenko, je ne sais pas si ses autres romans sont de cette qualité mais ce que je peux dire c’est que celui-ci est une petite pépite, terriblement addictive !

L’auteure aborde à travers Déborah qui est la narratrice et l’héroïne de ce roman, c’est son point de vue qui nous est livré, ses émotions, ses sentiments, son ressenti, bon nombre de thèmes qui préoccupent les adolescents d’aujourd’hui : l’amitié, l’amour, la famille mais également le divorce, le suicide, l’homosexualité, la sexualité, l’avortement…

Le ton est frais, moderne, bourré d’humour et de dérision, de second degré, de loufoquerie parfois, ce qui n’empêche pas certains passages d’être sacrément émouvants au point de nous mettre la larme à l’œil car Déborah est confrontée à des sujets graves comme le suicide ou l’avortement et qui sont, vous vous en doutez bien, forcément pas drôles du tout.

Ce sont donc des thèmes et un roman très forts et très actuels que nous propose Marie Pavlenko en nous racontant une tranche de vie, l’année de terminale de Déborah, rythmée par les vacances et jalonnée de petits bonheurs et de drames, de septembre à juin, du premier jour de la rentrée aux résultats du baccalauréat.

Un roman d’apprentissage très intéressant qui ne pourra que convaincre le public auquel il est destiné et auquel il parlera par son vocabulaire, son style fluide et dynamique, ses thématiques, ses références littéraires et musicales, et ses personnages attachants, tant filles que garçons comme il ne manquera pas de captiver leurs parents et plus généralement un public adulte, tant il est abouti et pertinent.

Vous l’aurez compris Je suis ton soleil est un roman très réussi à mettre entre les mains des adolescents et de leurs parents ! Je remercie Brigitte et les éditions Flammarion jeunesse pour cette lecture totalement addictive, j’ai adoré.

Sauveur et fils saison 3 – Marie-Aude Murail

Au numéro 12 de la rue des Murlins, à Orléans, vit Sauveur Saint-Yves, un psychologue antillais de 40 ans, 1,90 mètre pour 80 kg. Dans son cabinet de thérapeute, Sauveur reçoit des cas étranges comme ce monsieur Kermartin qui pense que ses voisins du dessus ont installé une caméra de vidéosurveillance dans le plafond de sa chambre à coucher ou comme Gervaise Germain qui s’interdit de prononcer le son « mal » par crainte qu il ne lui arrive un MALheur. Mais Sauveur reçoit surtout la souffrance ordinaire des enfants et des adolescents : Maïlys, 4 ans, qui se tape la tête contre les murs pour attirer l attention de ses parents, Ella, 13 ans, cyberharcelée par ses camarades de classe, Gabin, 17 ans, qui ne va plus au lycée depuis qu il passe ses nuits dans World of Warcraft, Margaux, 15 ans, qui en est à sa deuxième tentative de suicide ou sa soeur, Blandine, 12 ans, que son père aimerait mettre sous Ritaline pour la « calmer »… Sauveur peut-il les sauver ?

Dans cette troisième saison, nous retrouvons les adolescents des saisons précédentes : Blandine Carré diagnostiquée hyperactive. Ella Kuypens une jeune transgenre victime de harcèlement scolaire. Gabin Poupard, en voie de déscolarisation dont la mère, schizophrène, est régulièrement hospitalisée, et  qui a investi le grenier de Sauveur.

Mais aussi Samuel qui a des relations conflictuelles avec sa mère et qui vient tout juste de faire la connaissance de son père, et bien sûr de nouveaux patients.

Il y a toujours Louise la mère de Paul, le meilleur ami de son fils Lazare, dont Sauveur est amoureux, à qui il a promis un bébé mais qui ne se sent pas à sa place dans cette maison de garçons.

Et le vieux légionnaire Jojo qui a définitivement abandonné sa vie d’errance pour lui préférer la rue des Murlins, et se fait un malin plaisir d’apprendre aux enfants les chansons toutes en finesse de la légion, le boudin en tête !

Du 19 octobre au 25 novembre 2015, Marie-Aude Murail nous raconte le quotidien de Sauveur et des siens, l’évolution de ses patients et les problèmes auxquels ils sont confrontés : dépression, tentative de suicide, transgenre, phobie et harcèlement scolaires, homophobie, intolérance, terrorisme, pauvreté, les familles monoparentales ou recomposées, les transferts patients / psy, les ravages du divorce…

L’auteure nous dépeint la souffrance des adolescents et des adultes confrontés à ces différentes situations avec tellement d’intelligence que ce n’est jamais plombant pour le lecteur, c’est admirable de finesse et de talent, comme toujours chez Marie-Aude Murail.

J’avais eu un coup de coeur pour Sauveur et fils saison 1 et Sauveur et fils saison 2, la saison 3 ne fait pas exception, j’ai adoré tout autant car l’histoire est dans la continuité des volumes précédents sans lasser et sans redondance. Dès les premières lignes, j’ai adoré retrouver Sauveur Saint-Yves, ses patients et tous les habitants de la rue des Murlins, tous si différents et si attachants.

C’est un roman que j’ai savouré, sachant que c’est le dernier de la trilogie, j’ai fait traîner un peu ma lecture, histoire d’en profiter jusqu’au bout. J’ai souri, ri mais aussi tremblé et été émue une fois encore par les épreuves que tous traversent.

La façon qu’a Marie-Aude Murail de nous narrer le quotidien de ce psy humaniste est un vrai bonheur et une fois que l’on a mis le nez dedans, il devient vraiment très difficile de le lâcher.

Il y a toujours beaucoup d’humour, un héros souvent débordé par ses patients mais irrésistible, et une formidable atmosphère de chaleur humaine qui fait du bien.

Un roman formidable avec des héros très touchants et attachants, à mettre entre toutes les mains dès 13 ans !

Un immense merci à Coline et aux éditions Ecole des Loisirs pour cette magnifique lecture.

Lady Helen tome 1 Le club des Mauvais Jours – Alison Goodman

Lu dans le cadre du challenge  1 pavé par mois

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Londres, avril 1812. Lady Helen s’apprête à faire son entrée à la cour. La jeune orpheline est encore sous la tutelle de son oncle et de sa tante qui veillent à étouffer chez elle tout écart pouvant rappeler la réputation sulfureuse de sa mère. Helen fait alors la connaissance du ténébreux Lord Carlston, qui revient juste d’exil après avoir été soupçonné du meurtre de sa femme. Elle est piquée par la curiosité, d’autant qu’il promet de lui faire des révélations sur elle-même et sa mère et que d‘étranges faits surviennent alors : des bonnes disparaissent, des meurtres sanglants sont commis. Mais la jeune fille est loin de soupçonner l’existence de démons viciés, des Abuseurs, qui se nourrissent de l’énergie humaine. heart_4lady-helen-tome-1-alison-goodman

Londres, avril 1812. Lady Helen Wrexhall vient de quitter son pensionnat afin de faire sa première saison, et par conséquent, son entrée dans le monde, elle va même être présentée à la reine Charlotte et au régent, Primmy.

Helen loge dans l’hôtel particulier de son oncle et tuteur, en charge de son fortune, un homme particulièrement rigide et de sa tante Eleonore, qui est souvent obligée d’arrondir les angles afin de protéger sa nièce chérie.

Au cours de la présentation à la reine, elle fait la connaissance de Lord Carlston, un cousin de la famille, tout juste revenu d’exil, et de funeste réputation, accusé par la rumeur publique d’avoir assassiné sa femme dont on n’a jamais retrouvé la dépouille.

Sa Seigneurie, dont elle se méfie, lui apprend que sa mère défunte, déclarée folle et traitre à la patrie et morte depuis une décennie, était en fait une vigilante et qu’elle en est elle-même une. Elle découvre également l’existence des Abuseurs, des créatures maléfiques, qui sont responsables de la disparition de l’une de ses bonnes et de meurtres sanglants…

Je méconnais totalement la période de la Régence anglaise et je me suis assez peu frottée aux romans de Jane Austen, Orgueil et préjugé et Lady Susan, exceptés, j’étais donc très curieuse de découvrir Lady Helen tome 1 Le club des Mauvais Jours, un roman historique Young adult mâtiné de fantastique et je dois dire que j’ai passé un très bon moment en compagnie d’Helen et que pour moi le pari est réussi.

Alison Goodman réussit en effet à merveille à faire coexister la vie mondaine d’Helen en pleine Régence avec ses promenades dans les jardins de Vauxhall, les bals et la présentation à reine Charlotte d’un côté, et des combats contre les figures malfaisantes que sont les Abuseurs, de l’autre.

L’auteure nous régale aussi de descriptions de robes toutes plus belles les unes que les autres et cet aspect typiquement féminin est bien agréable à lire tout comme l’aspect romance du récit qui apporte une légèreté dont on a bien besoin lorsque la violence se fait plus présente.

Un premier tome prometteur et qui se lit avec beaucoup de plaisir même pour moi qui ne suis pas férue de fantastique comme vous le savez déjà, ici c’est bien dosé, la trame historique ne s’efface pas au profit du fantastique qui fait des incursions toujours très bien amenées et maîtrisées.

Alison Goodman dévoile à ses jeunes lectrices le monde impitoyable des saisons à l’anglaise, une période durant laquelle une jeune fille bien née se devait de trouver un mari et surtout conclure une belle union, utile aux siens et savamment orchestrée par eux, sans qu’elle n’ait voix au chapitre.

Le personnage d’Helen, est attachante, docile au début du roman, elle s’accommode bien du strict patriarcat du 19è, les femmes n’étant que quantités négligeables. Elle sait jouer des contraintes de la société pour s’affirmer comme une jeune femme intelligente et courageuse qui saura prendre les décisions qui s’imposent pour son avenir.

Une bonne pioche donc et l’envie de retrouver Helen et Lord Carlston dans le second tome à paraître cette année.

La fille quelques heures avant l’impact – Hubert Ben Kemoun

Annabelle est une collégienne en classe de 3e, dont la situation familiale est sombre. Dans sa classe, les tensions entres les élèves sont devenues insupportables : racisme, violence et trahison font désormais partie de leur quotidien. Mais cet après-midi, les événements s’enchaînent : la colère pousse un de ses camarades à mettre en danger la vie de centaines de personnes. Prise dans la tourmente, la vie d’Annabelle en sera à jamais bouleversée.heart_4

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En ce chaud vendredi de mai, veille du week-end de la Pentecôte, Annabelle, son amie Fatoumata et les autres élèves de leur classe de 3è, assistent au dernier cours de la semaine.

Isabelle, leur professeur de français, surnommée « Et chérie chérie » tentent de les intéresser au roman sulfureux de Raymond Radiguet, Le diable au corps. Dans la torpeur de cette dernière heure de cours avant le week-end, les esprits s’échauffent entre Mokhtar et Fabien, dont le père est conseiller municipal et raciste notoire.

Les jeunes gens sont sommés par Isabelle de les attendre dans le couloir, une sanction approuvée par plusieurs camarades qui en ont assez de voir leurs cours parasités par leurs échanges haineux…

Avant de commencer La fille quelques heures avant l’impact qui m’attendait bien sagement dans ma PAL depuis sa parution il y a près d’un an déjà, je ne savais pas quel était le sujet si ce n’est qu’un concert serait le décor d’un drame.

J’avais bien entendu en tête les attentats du 13 novembre 2015 du Bataclan et j’avoue avoir repoussé cette lecture à cause de cela.

Alors si vous êtes dans mon cas, n’attendez plus car Hubert Ben Kemoun ne revient pas sur ce qui s’est passé au Bataclan car il a écrit ce roman un an plus tôt mais il traite de racisme et de violence scolaire.

Une violence qui s’exprime entre les élèves mais aussi envers les professeurs, bien traitée ici, de façon totalement crédible par l’auteur qui, par sa plume rythmée, rend ce récit très addictif.

J’ai lu ce roman très rapidement, prise par l’histoire haletante comme je le disais même si je n’ai pas compris l’intérêt des flash-backs des deux personnages à l’agonie et qui m’ont semblé superflus ici.

Ceci mis à part, Hubert Ben Kemoun tisse son récit de façon très habile, faisant monter la tension crescendo jusqu’au dénouement dramatique. Un roman qui plaira aux 14 ans et plus et que leurs parents devraient lire aussi afin de mieux appréhender la vie des adolescents d’aujourd’hui car il aborde, outre la violence, l’amour chez les ados et les relations parents/enfants.

Même si le sujet est sombre et que le collège apparaît comme un environnement hostile, Hubert Ben Kemoun n’oublie pas de mettre l’accent sur l’espoir, l’amitié et la solidarité et c’est surtout ça que je veux retenir de ce roman

Un grand merci à Brigitte et aux éditions Flammarion jeunesse pour cette lecture dure mais réaliste !

Lucille à l’heure gourmande – Gwenaële Barussaud

Lorsque Lucille Bordier revient à Paris en ce mois de septembre 1868, elle éprouve beaucoup de peine à reconnaître Paris. Partout la ville s’illumine, s’agrandit, se dote d’hôtels luxueux, de magasins superbes, de salles de spectacle… Mais Lucille n’a pas le coeur à se réjouir de ces changements. Une saison passée à Dinard, petite cité balnéaire de la côte d’Emeraude, l’a dépossédée de ses illusions et de ses rêves. Séduite puis abandonné par Charles Singleton, un entrepreneur anglais sans scrupule, Lucille a perdu ses ressources et sa place de domestique. Elle peut heureusement compter sur l’amitié de sa soeur Pauline et sur celle de sa tante Victorine qui tient désormais seule le Café Normand, rue d’Enfer. Mais depuis la mort subite de l’oncle Gaston, le café périclite… C’est alors que Lucille a une idée. Pourquoi ne pas transformer le café en un lieu de réunion pour les femmes, une sorte de salon où l’on pourrait boire du thé, déguster des gourmandises et bavarder sans craindre l’oreille indiscrète des domestiques ?heart_5lucille-a-l-heure-gourmande-gwenaelle-barussaud

A seize ans, Lucille Bordier ne veut plus se contenter d’être la femme de chambre de Mathilde de Gisors, une demoiselle du grand monde, dont le père est proche de l’empereur Napoléon III. Elle rêve d’être indépendante, de s’élever socialement et décide de prendre son destin en mains, car, sous le règne de Napoléon III, les opportunités ne manquent pas. Elle décide alors de quitter sa place pour s’associer avec un anglais, qui se révèle être un escroc.

Elle rentre alors à Paris et trouve une place de femme de chambre dans un Palace mais au décès de son oncle, elle convainc sa tante d’ouvrir un café pour dames…

Les lumières de Paris est pour moi une série bonheur, oui un véritable bonheur de lecture que je déguste à chaque fois, à chaque tome, je me délecte de l’histoire contée par Gwenaële Barussaud et surtout de sa plume élégante et raffinée qui m’embarque à chaque fois dans ce fascinant Paris de Napoléon III.

Si vous ne connaissez pas cette romancière ni cette série, je n’ai qu’une chose à vous dire : foncez ! Car si comme moi vous avez aimé Au bonheur des dames, si vous vous délectez à la lecture des romans historiques et si cette période de notre hsitoire vous intéresse, chaque volume des Lumières de Paris va vous plaire : Pauline demoiselle des grands magasins, Juliette la mode au bout des doigts et Lucille à l’heure gourmande.

A chaque tome, son héroïne et son histoire : après Pauline et le grand magasin de L’élégance parisienne d’Aristide Boucicaut, après son amie Juliette férue de mode avec qui on assiste à la naissance de la haute couture, place à Lucille qui nous fait connaître les premiers bains de mer à Dinard mais aussi la création des premiers palaces et celui des salons de thé.

La création de ce lieu typiquement féminin qu’est un salon de thé est un sujet véritablement passionnant et formidablement restitué ici. Comme toujours, Gabrielle Barussaud connaît parfaitement son sujet et sait à merveille nous immerger dans ce Paris foisonnant du règne de Napoléon III qui vit tant de bouleversements.

Au-delà de ce sujet qui pourrait apparaître comme frivole, Gwenaële Barussaud n’a pas son pareil pour décrire le petit monde des domestiques et des employés, mettre en lumière les valeurs de travail, de courage, de fierté, de persévérance, sans oublier de faire connaître aux plus jeunes la place des femmes dans cette société du milieu du 19è régie par les hommes à tous les niveaux et dans toutes les classes sociales.

Outre l’histoire et le contexte, je prend beaucoup de plaisir à lire cette romancière, j’aime son style fluide et dynamique, son vocabulaire riche et recherché, qui font que ce roman, bien que destiné aux adolescentes, est un vrai régal pour l’adulte que je suis.

Cerise sur le gâteau, comme Pauline et Juliette, Lucille est une héroïne bien attachante, courageuse et qui sait saisir des opportunités, on a plaisir à suivre son parcours semé d’embûches et qu’une envie : qu’elle réussisse.

Autre point positif : on retrouve Pauline et Juliette au fil du récit, dans de courtes apparitions certes, mais ces clins d’œil aux deux précédents volumes sont bien amenés et on a plaisir à les retrouver ici.

En résumé, encore un coup de coeur pour ce roman historique pour adolescents mais pas que vous l’aurez compris, totalement réussi, vivement le tome 4 !

Les filles de Brick Lane tome 1 Ambre – Siobhan Curham

A Brick Lane, un quartier de Londres, Amber, Rose, Sky et Maali sont des adolescentes très différentes les unes des autres. Mais leur désir de liberté et d’aventure les conduit à se réunir pour créer un club secret, les filles de Brick Lane.heart_4les-filles-de-brick-lane-tome-1-ambre-siobhan-curham

Londres, quartier de Brick Lane. Ambre est une adolescente au look androgyne qui vit avec ses deux pères. Ces deux singularités font d’elle une cible de choix et elle subit le harcèlement d’une groupe de filles qu’elle surnomme les Superfrime. Alors pour oublier qu’elle n’a pas d’amie et des relations conflictuelles avec l’un de ses papas, elle a créé un blog sur lequel elle parle de tout et surtout de son amour inconditionnel pour Oscar Wilde.

Le samedi, elle travaille dans une boutique de vêtements vintage et c’est ainsi qu’elle va faire la connaissance de Sky, une slammeuse qui vit avec son père sur une péniche depuis le décès de sa mère, et de Maali, une jeune fille d’origine indienne terriblement timide.

Elle les convie à rejoindre le club qu’elle vient de créer, Les filles de Brick Lane. Le soir où le club se réunit pour la première fois, Rose se joint à Sky. Leurs parents viennent de décider de vivre ensemble et Rose, privée de sortie, trouve une échappatoire en suivant Sky…

Lorsque les éditions Flammarion jeunesse m’ont proposé ce roman, j’ai été appâtée par le fait qu’Oscar Wilde serait le maître à penser de cette histoire. Comme Amber, l’une des quatre héroïnes, j’adore cet écrivain dont j’ai lu presque toutes les œuvres. Son intelligence, son brio, son élégance et sa vie tragique en font quelqu’un d’à part dans la littérature et dans mon coeur et j’ai beaucoup aimé le retrouver en filigrane ici.

Que dire des Filles de Brick Lane si ce n’est que j’ai adoré ? Comme c’est un peu court, je vais essayer de développer et de revenir sur quelques atouts de ce roman et ils sont nombreux.

Tout d’abord ces quatre filles sont attachantes même si elles ont des points de convergence, elles sont toutes très différentes et c’est cette diversité d’origine, de milieu social de parcours qui m’a plu en premier lieu.

Amber qui vit une relation compliquée avec Gerald, l’un de ses pères, qui trouve refuge dans l’écriture de son blog et dans les écrits d’Oscar Wilde et qui cultive un look très similaire à celui de son idole.

Rose, fille d’une mannequin et d’un acteur, belle en diable mais qui refuse d’être sous le feu des projecteurs et rêve de devenir pâtissière, va se retrouver bien malgré elle en pleine lumière, à la une des magazines people, à cause d’un petit ami particulièrement goujat (et le mot est faible !).

Sky, qui reste inconsolable du décès de sa mère, scolarisée à la maison, vit pour la poésie et rêve d’être reconnue en tant que slammeuse et qui n’accepte pas que son père, prof de yoga, veuille refaire sa vie avec la mère de Rose qui vit dans un monde totalement superficiel.

Et enfin, Maali, qui vit au-dessus de la confiserie indienne familiale, vénère la déesse Lakshmi, adore la photographie et rêve de trouver le courage de parler aux garçons.

Siobhan Curham que je découvre ici propose un roman très intéressant et actuel, qui aborde bon nombre de thèmes auxquels sont confrontés les adolescents d’aujourd’hui : le harcèlement scolaire, l’androgynie, le culte des apparences, la violence des jeunes hommes sur les jeunes filles, l’importance des réseaux sociaux, le deuil, l’homoparentalité, les familles recomposées, les relations conflictuelles avec ses parents, la religion, le respect des autres et de ses différences, etc. Des thèmes importants traités de façon intelligente par l’auteur.

Les quatre personnages sont attachants et mènent tour à tour le récit, elles ont des personnalités bien dessinées et définissables et les jeunes lectrices n’auront aucun mal à s’identifier à l’une d’entre elles voire à chacune d’entre elles, selon les thèmes abordés.

Un premier tome très réussi qui me donne très envie de continuer cette série ! Je remercie Brigitte et les éditions Flammarion jeunesse pour cette lecture totalement addictive, j’ai adoré.

Sauveur et fils saison 2 – Marie-Aude Murail

Côté jardin, Sauveur mène sa vie avec son fils Lazare, 9 ans et il a quelque espoir de reconstruire une famille avec Louise et ses deux enfants. Côté ville, Sauveur reçoit ses patients : Ella, qui se travestit en garçon, Blandine, qui se shoote aux bonbons, Samuel, qui ne se lave plus, etc. Mais n oublions pas pour autant les autres espèces animales dans cette saison 2. Vivent les hamsters, les ouistitis, et en guest-star : Pépé le putois ! heart_5sauveur-et-fils-saison-2-marie-aude-murail

Après un été passé en Martinique sur les traces de la famille Saint-Yves, les consultations ont repris en cette rentrée scolaire rue des Mulins à Orléans, dans le cabinet de Sauveur Saint-Yves, psychologue clinicien.

Dans cette seconde saison, nous retrouvons les adolescents de la saison 1 Blandine Carré diagnostiquée hyperactive, Ella Kuypens qui préférerait être un garçon et qui se retrouve en but aux moqueries, victime de harcèlement scolaire, Gabin Poupard, en voie de déscolarisation et dont la mère, schizophrène, est régulièrement hospitalisée, et  qui a investi le grenier de Sauveur.

Figurent également Alex et sa jeune compagne qui souhaite être mère alors qu’Alex, déjà maman de 3 filles, ne veut pas attendre parler d’agrandir la famille.

De nouveaux patients font leur apparition : Samuel qui a des relations conflictuelles avec sa mère, une famille afghane ayant fui les talibans, Madame Dumayet, la maîtresse de Paul et Lazare qui vit très mal de faire la classe à deux niveaux différents, Gervaise Germain, d’origine martiniquaise qui croit être victime du quinquembois…

Sauveur filerait le parfait amour avec Louise, la mère de Paul, le meilleur ami de son fils Lazare, si Alice, la fille de Louise, ne s’opposait à cette union et à leurs rêves de famille recomposée, manipulée par son père qui ne veut pas que son ex-femme qu’il a pourtant quitté, refasse sa vie.

Sauveur va aussi croiser le chemin de Jojo, un ancien légionnaire qui vit dans la rue depuis des années et qui va se faire un malin plaisir d’apprendre aux enfants les chansons toutes en finesse de la légion, le boudin en tête !

Du 7 septembre au 18 octobre 2015, Marie-Aude Murail nous raconte le quotidien de Sauveur et des siens, l’évolution de ses patients et les problèmes auxquels ils sont confrontés : dépression, tentative de suicide, transgenre, phobie et harcèlement scolaires, racisme, homophobie, intolérance, homoparentalité, famille recomposée, déracinement, terrorisme, pauvreté…

L’auteure nous dépeint la souffrance des adolescents et des adultes confrontés à ces différentes situations. Leur mal-être est souvent englobé dans le tsunami qu’est l’adolescence alors qu’ils sont parfois pris dans la tourmente des adultes, enjeux de problèmes qui ne sont pas censés être les leurs.

Décrit comme ça, vous vous dites peut-être que ce roman est plombant mais là est tout le talent de Marie-Aude Murail : aborder des sujets on ne peut plus grave avec beaucoup de pédagogie mais surtout humour et légèreté.

Si j’avais beaucoup aimé Sauveur et fils saison 1, j’ai eu un coup de cœur pour ce second volume ! Dès les premières lignes, j’ai adoré retrouver cette galerie de personnages et surtout Sauveur que je trouve tellement attachant.

C’est bien simple je l’ai dévoré en deux après-midi, c’est un livre tellement savoureux à lire, qu’il en est terriblement addictif. La façon qu’a Marie-Aude Murail de nous narrer le quotidien de ce psy humaniste est un vrai bonheur et une fois que l’on a mis le nez dedans, il devient vraiment très difficile de le lâcher.

Il y a aussi beaucoup d’humour, des hamsters, notamment l’inénarrable madame Gustavia, et une formidable atmosphère de chaleur humaine qui fait du bien.

Un roman formidable avec des héros très touchants et attachants, à mettre entre toutes les mains dès l’adolescence ! J’attends maintenant impatiemment la sortie du tome 3 qui devrait aborder les attentats de novembre 2015 que l’on voit se profiler avec Gabin qui va se rendre au Bataclan pour le concert des Eagles Death Metal.

Un immense merci à Coline et aux éditions Ecole des Loisirs pour leur confiance et pour cette magnifique lecture, un coup de cœur comme je n’en ai pas eu depuis longtemps.