Mémé dans les orties – Aurélie Valognes

Ferdinand Brun, 83 ans, solitaire, bougon, acariâtre – certains diraient : seul, aigri, méchant –, s’ennuie à ne pas mourir. Son unique passe-temps ? Éviter une armada de voisines aux cheveux couleur pêche, lavande ou abricot. Son plus grand plaisir ? Rendre chèvre la concierge, Mme Suarez, qui joue les petits chefs dans la résidence. Mais lorsque sa chienne prend la poudre d’escampette, le vieil homme perd définitivement goût à la vie… jusqu’au jour où une fillette précoce et une mamie geek de 93 ans forcent littéralement sa porte, et son cœur.

Ferdinand Brun est un vieil acariâtre de 83 ans, divorcé depuis près de 20 ans. A la mort de son ex-femme, leur fille, hérite de l’appartement parisien et installe son père dedans. Marion, diplomate, vit avec son fils Alexandre à Singapour et leurs relations sont du fait de l’éloignement géographique et du caractère particulièrement bougon de Ferdinand, réduites à quelques conversations téléphoniques.

Le vieil homme vit avec la prunelle de ses yeux, une dogue prénommée Daisy. Peu soucieux de son hygiène corporelle et de celle de son appartement, il n’est pas ce qu’on peut appeler le voisin de l’année, bien au contraire et n’a aucune vie sociale, aucun ami.

A l’inverse, sa voisine de palier, Béatrice Claudel, est une charmante dame de 93 printemps, qui vit avec son temps avec un emploi du temps de ministre entre visites de ses petits-enfants, bénévolat et parties de bridges.

La concierge de l’immeuble Madame Suarez a pris Ferdinand en horreur. Cette passionnée d’oiseaux, de manteaux de fourrure et de chihuahuas, s’est mise en tête de le chasser de l’immeuble car pour elle, il est une verrue sur ce bâtiment parfait sur lequel elle règne sans partage. Mais tout ne va pas se passer exactement comme elle l’avait prévu…

Véritable phénomène de librairie, Mémé dans les orties, truste la tête des meilleures ventes depuis sa parution chez Michel Lafon en 2014. Depuis, les autres romans de Aurélie Valognes se vendent eux aussi comme des petits pains, tous revêtus d’une couverture vichy.

J’étais donc curieuse de découvrir ce roman, coup de coeur de bon nombre de lectrices, et comme j’aime les lectures feel-good, je me suis lancée avec plaisir à la découverte de ce texte. Et ce fut un vrai plaisir de lecture car c’est un roman qui se lit très bien, avec de courts chapitres et des évènements qui s’enchaînent sans temps mort.

L’histoire est légère, pleine de bons sentiments et parfois un peu facile mais elle est aussi par certains aspects plutôt originale et on ne s’ennuie pas une seconde en compagnie de Ferdinand, Béatrice et de la petite Juliette, qui tape l’incruste chez Ferdinand et qui trouve le chemin de son coeur tout racorni.

Aurélie Valognes nous rappelle avec ce premier roman la solitude des personnes âgées dans les grandes villes, notamment les hommes. Le personnage de Ferdinand est énervant, antipathique, parfois choquant mais il se révèle aussi très émouvant, il évolue tout au long du roman pour passer au final de bougon à charmant.

Au final j’ai bien aimé Mémé dans les orties mais il manque pour moi de profondeur et surtout il va trop vite, tout s’enchaîne sans temps mort et ça devient de moins en moins crédible.  J’ai trouvé également que le personnage de Juliette, attendrissant d’ailleurs, est bien trop mature pour une petite fille, doté des réflexions et du comportement d’une adulte. J’ai en revanche beaucoup aimé Béatrice, la voisine du palier d’en face, pleine d’entrain et de joie de vivre.

Un roman distrayant et qui m’a fait passé un bon moment même si je regrette quelques facilités, je vous le conseille pour la détente !

L’appel de Portobello road – Jérôme Attal

Un secret de famille tombé du ciel. Un compositeur de chansons. Des nuits parisiennes et le vacarme de la solitude. Une décision à prendre. Une fille au bout de la route. Deux pom-pom girls originaires de Tchéquie. Une fête monstre sur la route de Mons. Une tarte au riz partagée avec le fantôme d’une star du rock. De la porcelaine anglaise. Comme est la vie. Fragile et robuste à la fois. Et une ode à l’amour au tournant de chaque page.

Ethan Collas est un auteur-compositeur parisien en quête de succès car sa plus grande réussite se résume jusqu’à présent au jungle météo d’une chaine du câble. Encore marqué par le décès de ses parents qui le choyaient particulièrement, il cumule les déboires professionnels et les déceptions personnelles et pour couronner le tout, il perd ses cheveux.

Une nuit, son téléphone à cadran purement décoratif, donc pas branché, un modèle des années 1970 « déniché dans une boutique de Portobello Road » lors d’un séjour à Londres sonne. Lorsqu’il décroche, il entend la voix de ses parents disparus depuis deux ans lui dire après avoir pris de ses nouvelles :  » On voulait te demander, papa et moi, si tu pouvais dire à ta sœur qu’on pense à elle tous les jours. »

Le problème c’est qu’Ethan est fils unique…

Comme son héros, Jérôme Attal est auteur-compositeur mais contrairement à Ethan, il a connu un grand succès l’an dernier avec son roman Les jonquilles de Green Park , couronné du prix du roman de l’Ile de Ré et du prix Coup de cœur du salon Lire en Poche de Saint-Maur.

Après ce joli succès et tous les bons avis que j’avais lu sur le style de l’auteur, j’avais hâte de découvrir son tout nouvel opus L’appel de Portobello road et de voir si je serai moi aussi sous le charme de la plume de Jérôme Attal.

L’auteur nous plonge en préambule en plein conte japonais du XVè siècle avec une princesse et un chevalier autour d’une cérémonie du thé qui connaît son épilogue dans le dernier chapitre. Entre ce premier et ce dernier chapitre, Jérôme Attal nous donne à lire un récit bien contemporain celui-là, celui d’Ethan et son coup de fil nocturne (cauchemar ou réalité ?) et des confidences qu’il fait à son meilleur ami Sébastien.

Déboussolé par ce coup de fil dont il ne sait s’il est réel ou imaginaire, Ethan va partir en quête de ses origines afin de découvrir si cette sœur existe ou non. Un périple qui va le mener de Saint Germain en Laye où il renoue avec une tata gentiment foldgingue à Ath, en Belgique.

C’est un cours récit sous forme d’échappée belle que nous propose Jérôme Attal ponctué d’interrogations diverses et de rencontres farfelues puisqu’on y croisera des pom-pom girls tchèques et une troupe de bikers de Mons amoureux de la tarte au riz.

Mais au-delà de l’aspect surréaliste et parfois drôle des évènements, l’auteur nous conte le manque engendré par la disparition de ses parents, le naufrage que peut parfois être la vieillesse avec la solitude ou la maladie d’Alzheimer, des thèmes qui donnent au roman une note douce-amère et qui nous amènent à des réflexions.

Et que dire du héros ? Ethan est un personnage attachant, gentiment looser que l’on a plaisir à suivre dans cette quête de June. Cette première rencontre, bien que très particulère, avec la plume de Jérôme Attal me confirme qu’il faut que je lise son précédent roman.

L’appel de Portobello road est un roman étrange qui ne plaira pas à tout le monde mais qui a su me charmer par cette singularité à laquelle je ne m’attendais pas du tout, une jolie découverte en ce qui me concerne.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cet envoi et à Jérôme pour sa charmante dédicace !

La Malamour – Claude Mossé

Belle orpheline de dix-sept ans, Eloïse, que l’on surnomme  » Malamour « , a grandi recluse dans un couvent d’Avignon. En cette fin du XVIIIe siècle, la révolution est en marche, bientôt nobles et miséreux seront égaux devant la loi. A l’exception des habitants du Comtat Venaissin, propriété de l’Eglise entre mont Ventoux et vallée du Rhône, où sévissent pillages, famines et massacres. Révoltée par tant d’injustices, Eloïse part en croisade afin de prêcher pour un Comtat rattaché à la république naissante. De sa Provence natale jusqu’à Paris, partout sa détermination impressionne et son charme, puissant, opère auprès d’hommes influents. Alors que délation et trahison sont monnaie courante, Eloïse, risquant sa vie à tout instant, découvrira-t-elle le secret de son incroyable filiation.

1789 en Avignon. Eloïse est une belle jeune femme de 17 ans qui vit dans le couvent Sainte Claire sous la coupe de Mère Adèle qui lui a donné pour nom Malamour. Enfant abandonnée, elle vit depuis toujours dans ce cloître où l’on recueille les fruits d’adultères qui subissent l’opprobre des habitants du fait de leurs origines inconnues et impures.

A l’heure où le peuple prend la Bastille, Eloïse fait elle aussi sa révolution. Le peuple d’Avignon et du Comtat, sous protectorat du Vatican, ne fait pas partie de la France et souffre d’une très grande pauvreté, ce qui révolte la jeune femme.

Elle décide de quitter sa Provence pour Paris, espérant que les révolutionnaires en vue comme Mirabeau épouseront sa cause et partiront en guerre contre le pape. Cet orateur hors pair, véritable tribun charismatique malgré un faciès particulièrement disgracieux va entrer dans la vie d’Eloïse d’une bien étrange façon…

La Malamour c’est le roman d’une héroïne dont on ne connaît pas le passé ni les origines et que l’on découvre jeune femme, prête à combattre l’injustice, quitte à risquer sa vie pour mener à bien son combat et faire avancer sa cause.

Vous savez comme j’aime les romans historiques, surtout lorsqu’ils sont portés par des femmes et qu’ils me permettent de m’instruire dans tout en me distrayant. A ce titre, le roman de Claude Mossé remplit ses critères, j’ignorais tout du comtat Venaissin et du statut particulier d’Avignon qui deviendra le Vaucluse lorsqu’il fera partie de la nation France et grâce à ce roman, j’ai appris beaucoup de choses.

Outre la particularité de la ville d’Avignon administrée par le légat du pape, Claude Mossé revient sur le sort des juifs, condamnés à porter un signe distinctif mais qui vivaient certes dans un quartier réservé, mais bien mieux lotis que dans le royaume de France.

Son Eloïse, l’auteur va la créer à partir de la fille naturelle de Mirabeau, née d’une liaison adultérine et confiée comme il se doit à un couvent, née en 1778 et déclarée morte deux ans plus tard, ce qui laisse à Claude Mossé toute liberté pour en faire ce qu’il veut.

Malgré ses qualités historiques et sa volonté de faire un roman féministe, j’ai eu du mal à m’intéresser à Eloïse, qui manque pour moi d’épaisseur, et à son combat, peut-être est-ce les trop longues narrations dont vous le savez je ne suis guère friande, qui m’ont gênée ? Est-ce parce que la grande histoire est trop présente et fait passer le romanesque en arrière-plan ?

Je ne saurai pas vous le dire mais il m’a manqué quelque chose pour m’embarquer tout à fait dans cette histoire. Si vous aimez cette période ou que vous souhaitez en apprendre davantage sur cette partie de notre histoire méconnue, je ne peux toutefois que vous le recommander car il est très bien documenté.

Un grand merci à Laëtitia et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture instructive !

Les aventures improbables de Julie Dumont – Cassandra O’Donnell

Lu dans le cadre de Ma PAL de printemps (2/10)

Julie est jeune, belle, célibataire, parisienne et journaliste pour la presse féminine. Séduisant tableau, mais sous ses talons hauts, Julie traîne une poisse aussi grosse qu’une nuée de frelons asiatiques. Quoi qu’elle dise, quoi qu’elle fasse, il y aura toujours un couac. Bref, Julie est une catastrophe ambulante ! De retour dans son Neubourg natal, petite bourgade normande où les ragots courent plus vite que les habitants, elle va devoir réapprendre à cohabiter avec sa famille : papy lubrique, mère hystérique, père gérant d’une entreprise de pompes funèbres, sans oublier Michaël, un bel et sombre inconnu bien décidé à devenir son petit ami !

Julie Dumont est une jeune femme de 26 ans vivant en colocation avec sa cousine à Paris. Elle est pigiste beauté pour des magazines féminins et constamment dans le rouge à la banque.

Un soir de beuverie, elle ramène dans son lit Michaël dont elle ne se souvient plus à son réveil. Et elle n’a pas le temps de s’éterniser car elle est attendue au Neubourg, une petite bourgade normande, afin de fêter l’anniversaire de mariage de ses parents.

Elle laisse donc à sa gentille cousine le soin de reconduire le jeune homme à la porte dès son réveil et de ne pas lui donner son numéro de téléphone.

Arrivée à destination, elle tombe sur Benjamin Stein un journaliste qui travaille pour Le Nouvel Inquisiteur, chargé d’enquêter sur le meurtre de Madame Bouvier, issue de la famille la plus riche du Nebourg.

L’homme a été passé à tabac et propose à Julie de continuer l’enquête à sa place. Comme c’est bien payé, elle accepte à son corps défendant et comme si sa journée n’était pas suffisamment pourrie, l’une des invitées de ses parents, meurt dans ses bras…

J’avais découvert Cassandra O’Donnell cet automne à l’occasion de Malenfer tome 1 La forêt des ténèbres, un roman de fantaisy pour la jeunesse. Cette fois-ci le registre est très différent puisqu’il s’agit d’une comédie policière menée tambour battant.

Les aventures improbables de Julie Dumont relatent comme son titre l’indique les aventures improbables de Julie Dumont. Issue d’une longue lignée de croque-morts, Julie a fui un destin tracé d’avance et Le Neubourg pour Paris.

Cette famille Dumont n’est pas banale il faut dire et il y a des étincelles entre la cé-li-ba-tai-re de 26 ans et sa mère, dictateur sur les bords qui compte bien lui faire épouser Michaël, le beau flic près duquel elle s’est réveillée avec une gueule de bois carabinée.

J’avais besoin d’une dose de bonne humeur après plusieurs lectures décevantes, j’ai été servie avec ce roman drôle et enlevé signé Cassandra O’donnell.

On va donc suivre pendant près de 400 pages la sympathique et gourmande Julie Dumont dans son enquête policière dans un village où tout le monde la connaît. Elle se révèle plutôt futée et courageuse, et va mener sa barque comme une grande, en prenant pas mal de risques au passage.

C’est un récit pétillant, bourré d’humour, enlevé et sans temps mort, aucun risque de s’ennuyer, que j’ai dévoré.

L’auteure reprend des codes inhérents à la chick lit avec l’héroïne sexy en diable et gaffeuse, embarquée dans un triangle amoureux mais elle sort des sentiers battus en ajoutant une trame policière qui tient la route et surtout une galerie de personnages plus vrais que nature et attachants : du gentil papa propriétaire d’une entreprise de pompes funèbres au grand-père lubrique qui lit playboy en douce en passant par la mère totalement envahissante et le beau flic parfait sous tous les rapports, on se régale en leur compagnie.

Un roman anti-déprime qui m’a bien diverti et que je vous conseille sans réserve si le genre vous plait !

De tes nouvelles – Agnès Ledig

Lu dans le cadre de Ma PAL de printemps (1/10)

Anna-Nina, pétillante et légère, est une petite fille en forme de trait d’union. Entre Eric, son père, et Valentine, qui les qui les a accueillis quelques mois plus tôt un soir d’orage et de détresse. Maintenant qu’Eric et Anna-Nina sont revenus chez Valentine, une famille se construit jour après jour, au rythme des saisons. Un grain de sable pourrait cependant enrayer les rouages de cet avenir harmonieux et longtemps désiré.

C’est la fin de l’été lorsque la roulotte d’Eric fait son apparition, peut-être pour de bon ? En attendant, Anna-Nina est enthousiaste à l’idée de faire sa première rentrée des classes et retrouve avec bonheur sa chambre chez Valentine et Gustave, le vieil homme auquel elle est très attachée.

Eric ne sait pas s’il a fait le bon choix et il a du mal à laisser sa fille prendre son envol, il s’interroge aussi sur son futur avec Valentine, lui le veuf qui n’a pas pu dire adieu à sa femme décédée il y a sept ans déjà.

Valentine est heureuse mais son bonheur ne peut être parfait car Gaël vient de se faire plaquer par sa femme Geneviève. A quelques jours de la rentrée, il est dévasté par cet abandon et il a en horreur son image et son surpoids.

Valentine et Eric vont épauler Gaël dans ce changement de vie et vont devoir réapprendre un quotidien de couple, eux qui sont célibataires depuis si longtemps. Valentine a aussi envie d’un bébé avec Eric mais elle est irrésistiblement attirée par un nouveau venu…

De tes nouvelles est la suite du roman publié écrit par Agnès Ledig en 2016 On regrettera plus tard qui, si il ne m’avait pas totalement convaincu, avait été une lecture agréable avec des thèmes intéressants comme la psycho généalogie, notre rapport à la consommation, nos modes de culture, avec de beaux messages à la clé comme vivre l’instant présent et le courage à travers ses deux personnages principaux : courage d’aimer, courage de continuer à vivre, d’avancer….

On retrouve les personnages du premier récit deux mois après la fin de ce dernier : Valentine, Gustave le grand-père de Valentine et son voisin et enfin Gaël, le collègue instituteur de Valentine et son meilleur ami.

L’histoire que nous conte Agnès Ledig, toujours dans un style fluide et agréable, reprend exactement deux mois après, quelques jours avant la rentrée des classes. Dans ce nouveau récit, l’auteure fait évoluer ses personnages, et aborde des sujets forts comme l’amour, l’amitié, le désir, la difficulté de s’aimer, de s’abandonner à l’autre, la vie de couple…

J’ai trouvé cette suite moins intéressante même si j’ai aimé retrouver les personnages qui sont tellement attachants, notamment Gaël et Anna-Nina, je l’ai trouvé plus confuse à cause des changements de points de vue qui alternent à chaque chapitre, on a souvent du mal à comprendre qui est le narrateur et c’est déstabilisant.

Autre point négatif pour moi : il ne se passe pas grand chose, le récit se révèle assez plat avec quelques longueurs et même si je ne me suis pas ennuyée, je ne suis pas emballée non plus. Je trouve plus généralement que le récit est trop simpliste et manque de crédibilité.

L’auteure a ses adeptes et ses inconditionnelles livre après livre, ce n’est hélas pas mon cas et je pense que je ne lirai plus l’auteure à l’avenir même si ses romans sont agréables à lire, ils manquent de consistance pour moi.

Merci aux éditions Albin Michel pour leur confiance.

Le roman d’Elsa – Geneviève Senger

De sa beauté, Elsa Samuelson n’est pas consciente. De sa détermination, elle sait qu’elle peut tirer le meilleur. En ce début du XXe siècle, l’époque sied aux pionnières. Mais comment convaincre son père, riche banquier parisien, de sa volonté d’être médecin ? Elle accepte d’épouser Adrien de Longeville, un aristocrate désargenté ; en contrepartie, elle poursuivra ses études. Dans un domaine où il y a tant à faire pour les futures mères, et particulièrement celles des quartiers populaires, Elsa se sent investie d’une mission. Sa vocation est là, auprès d’elles, en souvenir d’une douleur jamais cicatrisée…
Au point de sacrifier sa vie de femme, de renoncer à l’amour, à Théo, cette rencontre qui tient du miracle, à la maternité ?

Paris, juin 1900. Elsa est la fille de Salomon Samuelson, un riche banquier de confession juive dont le père a fui les pogroms de Russie. Portrait craché de sa mère défunte dont elle a hérité la beauté, la jeune fille qui ne veut pas se contenter d’être belle et de se taire, veut devenir médecin.

Un projet ambitieux qui ne rencontre pas l’assentiment paternel. Salomon a bien accepté que sa fille préférée passe le baccalauréat mais après cela, elle devra épouser un beau parti et tenir salon comme ses sœurs aînées déjà mariées. Elsa a beau refuser une telle destinée, elle est prisonnière de son époque et de la toute puissance qu’ont les hommes sur les femmes.

Heureusement pour elle, l’homme sur lequel son père a jeté son dévolu est Adrien de Longeville, un aristocrate normand désargenté, qui a une vision moderne du monde et qui accepte contre toute attente qu’elle fasse médecine…

Comme vous le savez déjà si vous avez l’habitude de me lire, j’adore les romans historiques et lorsqu’ils se passent à une période que j’aime beaucoup et qu’ils nous promettent un beau portrait de femme, je dis oui !

C’est le cas ici avec Le roman d’Elsa qui retrace le parcours d’Elsa de 1900 à 1914. Geneviève Senger ancre bien son récit dans la Belle Époque, cela ne fait aucun doute que l’auteure connaît sur le bout des doigts la condition féminine du début du 20è, une période de l’histoire où les avancées techniques et scientifiques sont très importantes mais où les femmes sont toujours aussi mal loties.

L’auteure a cœur de montrer toutes les difficultés auxquelles les femmes sont confrontées à cette époque récente de notre histoire : sous l’emprise des hommes (père, frère ou mari), en proie à la maltraitance, aux dures labeurs et aux grossesses successives qui font qu’elles ont une espérance de vie moindre que celle des hommes.

Une période où les femmes sont les grandes absentes de l’éducation nationale. Très peu de jeunes femmes ont accès aux études et encore moins aux examens tels que le baccalauréat, alors la faculté de médecine, n’en parlons même pas !

Tout au long du roman Elsa et Gretchen, sa confrère allemande, sont en butte à la moquerie des professeurs et des autres étudiants qui vont jusqu’à perturber leur soutenance et à saborder leurs premiers pas de médecins.

Quant aux patients masculins, ils refusent d’être auscultés et soignés par des femmes. Qu’importe, Elsa tient bon et souhaite avant tout soigner des femmes qui souvent refusent elles aussi de se faire ausculter par des médecins hommes. Là encore, elle déchainera la violence des hommes et des ligues de vertu, soupçonnée de faire des avortements clandestins ou de la contraception.

Parallèlement à l’histoire d’Elsa, il y a Théo, un imprimeur féministe qui milite pour l’égalité salariale homme / femme.

Un récit qui aborde aussi la place de la religion dans la vie des femmes et des maternités successives que subissent les femmes, usant leur corps prématurément mais contre lesquelles elles peuvent difficilement lutter sans se voir exclure de la communauté catholique.

Une très bonne lecture donc avec un bémol tout de même : le fait que l’héroïne soit lisse, d’une beauté à couper le souffle et d’une telle sagesse, qu’elle filerait des complexes à n’importe qui. Je trouve dommage qu’on ne sorte pas de ce schéma terriblement classique et déjà vu mais mis à part ça, j’ai adoré Le roman d’Elsa et je ne peux que vous le conseiller si le sujet vous intéresse.

Merci à Marie-Jeanne et aux Editions Presse de la Cité pour ce très beau portrait de femme !

Je peux très bien me passer de toi – Marie Vareille

Chloé, 28 ans et Parisienne jusqu’au bout des ongles, enchaîne les histoires d’amour catastrophiques. Un jour, elle conclut un pacte avec son amie Constance. Chloé devra s’exiler en pleine campagne avec l’interdiction d’approcher un homme, et réaliser son rêve de toujours : écrire un roman. Constance, incorrigible romantique, s’engagera à coucher le premier soir avec un parfait inconnu.

De Paris aux vignobles du Bordelais en passant par Londres, cet étrange pari entraînera les deux amies bien plus loin que prévu… Réussiront-elles à tenir leur engagement ?

Un pacte entre copines, un exil, un nouveau départ… Jusqu’où iront-elles ? heart_4je-peux-tres-bien-me-passer-de-toi-marie-vareille

Chloé est une parisienne de 28 ans qui ne se remet pas de sa rupture avec Guillaume, son boss, deux ans plus tôt. Le voyant quotidiennement et toujours amoureuse, elle n’arrive pas à tourner la page bien qu’il s’apprête à épouser Manue et pour tromper son chagrin, collectionne les aventures d’un soir.

Constance est une provinciale montée à Paris, chef de produit, pour un grand groupe européen, chargée de promouvoir leur gamme de serviettes hygiéniques. Cette grande romantique, admiratrice de Jane Austen, traverse une période de No Sex Land depuis près de 30 mois et elle voudrait bien que ça cesse.

Les deux amies font un pacte : Chloé doit démissionner afin d’écrire enfin le roman qu’elle rêve d’écrire depuis 10 ans  et doit s’astreindre à une abstinence de six mois.

Constance de son côté devra sauter sur le premier venu. Deux femmes au mode de vie totalement opposé qui doivent radicalement changer, y arriveront-elles ?

Après des lectures plutôt dures voire un peu déprimantes, j’ai eu une brusque envie de romance et j’ai jeté mon dévolu sur Je peux très bien me passer de toi dont j’avais lu beaucoup de bien.

Et mon avis ne va pas différer des autres car j’ai beaucoup beaucoup aimé ce roman que j’ai trouvé frais, léger et pétillant, pile ce dont j’avais besoin.

L’histoire tricotée par Marie Vareille ne révolutionne certes pas le genre mais qu’est-ce qu’il fait du bien ! A la fois romance et roman feel-good, le récit se lit limite tout seul grâce à la plume fluide, enlevée et drôle de son auteure.

Le duo d’héroïnes est très attachant et on a plaisir à les suivre tour à tour puisque l’auteur alterne les points de vue et les personnages et donne la parole tantôt à Chloé et tantôt à Constance, via son journal intime.

Ces deux jeunes femmes ont beaucoup d’humour et de recul sur leur situation et connaissent les problèmes des femmes d’aujourd’hui : comment conjuguer vie pro et vie perso, comment se remettre d’une rupture, comment séduire quand on a une confiance en soi proche de zéro, etc.

Des femmes à travers lesquelles on peut aisément se reconnaître, en fonction de sa personnalité, pour ma part je me suis sentie proche de Constance par son côté romantique gaffeuse notamment.

Outre ces héroïnes, la galerie de personnages qui gravite autour d’elle est plus qu’intéressante aussi, que ce soit Charlotte, la meilleure amie de Chloé, l’oncle Gonz, Hans (mein furher), Vincent ou mamie Rose, ils apportent tous quelque chose à l’histoire et l’enrichissent par de l’humour, de l’ironie ou de la tendresse.

Marie Vareille nous propose une romance très actuelle, irrésistible et addictive, qui nous fait rire mais qui nous émeut aussi aux larmes. Un roman qui ne peut que plaire aux lectrices que nous sommes tant l’auteure met l’accent sur l’importance des livres tout au long de son récit.

Vous l’aurez compris, je vous recommande plus que chaudement cette pépite !