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Archive for the ‘Littérature française’ Category

Jérôme Hallier est né à Caen et vit à Francfort après avoir habité plusieurs années à Kyoto. Cet amoureux du Japon a publié Les Portraits sonores du docteur Léon Azoulay, son premier roman chez Flammarion en 2018.

Kyoto, fin 1899. La jeune geisha O-miya rêve de s’échapper de la somptueuse maison de thé où elle vit confinée depuis son enfance. Grâce à un shamisen mystérieux que lui offre un fameux luthier, elle se voit confier une mission de la plus haute importance : représenter le Japon à l’Exposition Universelle de Paris.

Au même moment, Tommy, casseur de pierres dans les Appalaches, abandonne travail et amis pour partir à l’aventure avec son banjo. Sa destination : New York. Avec son patron, ils sont engagés pour faire le show lors de la traversée New-York Le Havre.

Tandis que débutent leurs voyages, un étrange docteur, Léon Azoulay, arpente les allées de la gigantesque Exposition universelle à Paris. Muni de son phonographe à roulettes, il marche sans cesse, avec une obsession en tête : enregistrer les voix et les musiques du monde.

La geisha et le joueur de banjo est un court roman qui mêle personnages historiques et de fiction. Jérôme Hallier plante son décor à Paris, tout au long de l’Exposition Universelle de Paris qui eut lieu du 15 avril au 12 novembre 1900.

Au coeur de la Belle Epoque donc, une période foisonnante que j’adore, comme vous l’avez sans doute déjà compris, d’autant que cette thématique de l’Exposition Universelle est très intéressante !

Dans l’effervescence d’un siècle qui commence, on suit la trajectoire d’O-miya, de Tommy et de Léon qui rêve de créer un musée des sons de l’humanité.

Trois univers et pays différents, la découverte du métier de geisha et d’un instrument traditionnel japonais, le shamisen, et un petit régal de lecture pour moi que ce récit plein de douceur et de musique.

Un roman totalement inconnu si j’en crois vos retours sur Instagram et quelle belle découverte pour moi que cette histoire charmante et délicate, portée par des personnages tellement attachants. Des trajectoires aux antipodes les unes des autres, qui vont finir par se rejoindre au coeur de cette exposition universelle.

J’ai été très touchée par le personnage d’O-miya, cette geisha achetée par une maison de thé et sa petite soeur de coeur au destin tragique et par la démarche de Léon qui veut coucher sur cylindre et rendre éternelles toutes les musiques du monde

Dans ce roman choral, on suit tour à tour, on suit O-miya, Tommy et Léon dans leurs aventures et le moins que l’on puisse dire c’est que leur chemin est sillonné d’embûches et de rebondissements.

Le style de Jérôme Hallier est fluide et agréable, toutes les pages consacrées à la musique sont vraiment agréables à lire et je dois dire que j’ai eu du mal à lâcher ce roman tant l’auteur a su m’embarquer de la première à la dernière page.

Une très bonne lecture et un roman méconnu que je vous encourage à découvrir, il est dépaysant, charmant, délicat, vraiment j’ai beaucoup aimé !

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Cathy Bonidan est institutrice près de Vannes. Son premier roman Le Parfum de l’hellébore a reçu 11 prix et 13 sélections littéraires.

Qui n’a pas rêvé de voir survenir un petit grain de sel romanesque dans sa vie ? Un peu de merveilleux pour secouer la routine et oublier les ennuis de bureau ?

Quand Anne-Lise réserve la chambre 128 de l’hôtel Beau Rivage pour de courtes vacances en Bretagne, elle ne sait pas encore que ce séjour va transformer son existence.

Dans la table de chevet, elle découvre un manuscrit sur lequel figure juste une adresse où elle décide de le réexpédier. Retrouvera-t-elle son auteur ? La réponse, qui lui parvient quelques jours plus tard, la stupéfait.

Au point qu’Anne-Lise va tenter de remonter la trace de tous ceux qui ont eu ce livre entre les mains. Chemin faisant, elle va exhumer histoires d’amour et secrets intimes. Pour finalement peut-être se créer une nouvelle famille…

Voilà un court roman qui me faisait particulièrement envie depuis sa parution en grand format, alléchée par un pitch prometteur : un manuscrit retrouvé dans une chambre d’hôtel de Bretagne, qui change à jamais la vie de ses lecteurs, de quoi séduire n’importe quel amoureux des livres !

Hélas pour moi, je n’avais pas vu que Chambre 128 était un roman par lettres et je n’aime pas du tout le genre épistolaire, ce n’est vraiment pas de chance, sinon je pense que j’aurai adoré ce titre alors que j’ai été à la peine tout au long de ma lecture.

C’est bien simple j’ai mis une semaine pour venir à bout de ce court roman pourtant très joliment écrit mais dès que je lisais quelques lettres, il me tombait inexorablement des mains, incapable de m’immerger dans les échanges entre la poignée de personnages proposée par l’autrice.

La faute à cette correspondante qui n’est décidément pas ma tasse de thé même si je suis parvenue à aller jusqu’au point final – ce qui n’est pas le cas des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos dont je n’ai jamais pu dépasser les cent premières pages – je suis totalement passée à côté de ce roman !

L’histoire de ce manuscrit n’est pourtant pas totalement dénuée d’intérêt, et à quelques moments je m’y suis laissée prendre, mais j’ai trouvé ce roman dans l’ensemble terriblement monotone, fade et plat.

Les différents personnages sont plutôt sympathiques mais je n’ai pas réussi à m’attacher à aucun d’entre eux ni à m’intéresser réellement aux rebondissements de ce roman et j’ai parcouru en diagonale les dernières missives, pressée d’en finir.

Un grosse déception en ce qui me concerne, largement du au genre épistolaire, vous l’aurez compris !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois 

Zoe Brisby s’est lancée dans l’aventure de l’écriture en février 2016. Son premier roman « La Solitude du gilet jaune » est d’abord paru en ebook puis, en mai 2017, chez City Editions. L’habit ne fait pas le moineau est son deuxième livre. Dans ses romans, elle aime mêler humour et sagesse. Des situations exceptionnelles pouvant révéler le meilleur en chacun de nous.

Maxine, vieille dame excentrique de 95 ans, s’échappe de sa maison de retraite, avec un projet bien mystérieux. Alex, jeune homme introverti au cœur brisé par un chagrin d’amour, décide sur un coup de tête de faire un covoiturage.

Ils cherchent tous deux à partager un voyage jusqu’à Bruxelles et se retrouvent réunis dans la Twingo hors d’âge d’Alex, direction la Belgique !

Mais quand Maxine est signalée disparue et que la police s’en mêle, faisant du pauvre Alex, un kidnappeur de vieille dame sans défense, leur voyage prend soudain des allures de cavale inoubliable. Et c’est le début de la plus belle aventure de leur vie…

Une fois n’est pas coutume, L’habit ne fait pas le moineau n’a pas eu le temps de croupir dans ma PAL tant j’avais envie d’une lecture drôle et pétillante et le second roman de Zoé Brisby a parfaitement répondu à mes attentes !

Dans cette histoire, on suit le covoiturage ô combien piquant d’Alex, un jeune documentaliste dépressif et introverti et de Max, ancienne institutrice particulièrement exhubérante, qui ne supporte plus le quotidien bien morne de sa maison de retraite.

Deux personnalités aux antipodes l’une de l’autre et qui veulent rejoindre Bruxelles pour des raisons bien différentes que je tairais ici pour vous faire la surprise.

Si vous aimez les personnages attachants, bien qu’un peu stéréotypés, les récits mouvementés, pétillants, bourrés d’humour mais qui vous réservent aussi de bien belles émotions, ce roman est clairement fait pour vous.

Pour ma part, il y avait bien longtemps que je n’avais pas autant ri à la lecture d’un roman ! Vraiment ri, de grands éclats de rire avec les larmes aux yeux. A tel point que mes enfants me regardaient d’un drôle d’air, se demandant ce qu’il pouvait y avoir de si comique dans ce livre.

Les chapitres sont courts, les aventures et mésaventures de nos deux héros sont abondantes, car of course, rien ne va se passer comme ils l’avaient imaginé et le lecteur ne s’ennuie pas une seconde en leur compagnie. Zoé Brisby évite même d’en faire trop, tout reste plutôt crédible, un bon point !

Mais ce roman n’est pas seulement drôle, il est aussi très touchant. L’autrice aborde des thèmes importants comme le deuil, la solitude, la fin de vie, la dépression, etc, de façon juste et sensible, avec beaucoup d’humanité, sans jamais donner de leçon ni tomber dans le pathos.

Bien sûr, l’autrice a recours à quelques facilités et nous propose un dénouement attendu mais cela n’a nullement gâché ma lecture. Une fois les premières pages tournées, on n’a qu’une envie : rester avec Max et Alex et voir jusqu’où Zoé Brisby va nous mener. Et jusqu’à la dernière page, je n’ai pas boudé mon plaisir et refermé ce livre, le sourire aux lèvres et franchement, ça fait du bien !

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge et du challenge 1 pavé par mois 

Yannick Grannec vit à Saint-Paul-de-Vence. Les Simples est son troisième roman. Elle a déjà publié aux éditions Anne Carrière La Déesse des petites victoires (Prix des libraires 2012) et Le Bal mécanique.

1584, en Provence. L’abbaye de Notre-Dame du Loup est un havre de paix pour la petite communauté de bénédictines qui y mène une existence vouée à louer Dieu et soulager les douleurs de ses enfants.

Ces religieuses doivent leur indépendance inhabituelle à la faveur d’un roi, et leur autonomie au don de leur doyenne, sœur Clémence, une herboriste dont certaines préparations de simples sont prisées jusqu’à la Cour.

Le nouvel évêque de Vence, Jean de Soline, compte s’accaparer cette manne financière. Il dépêche deux vicaires dévoués, dont le jeune et sensible Léon, pour inspecter l’abbaye. À charge pour eux d’y trouver matière à scandale, ou à défaut… d’en provoquer un.

Mais l’évêque, vite dépassé par ses propres intrigues, va allumer un brasier dont il est loin d’imaginer l’ampleur…

Cela fait maintenant plusieurs années que je souhaite découvrir la plume de Yannick Grannec Les simples n’ont donc, une fois n’est pas coutume, pas fait long feu dans ma pal, aussitôt acheté aussitôt lu.

J’ai beaucoup aimé découvrir le quotidien des religieuses, l’organisation interne du couvent avec les converses d’un côté – soeurs pauvres ne détenant aucun pouvoir décisionnel – et les discrètes, issues des familles nobles qui détiennent tous les pouvoirs.

L’autrice nous donne à lire, les luttes de pouvoir et les tentatives de « coups d’état  » de ces dernières contre Mère Marie-Verane dont elles n’acceptent pas l’autorité.

L’histoire contée ici est aussi celle de femmes luttant contre le pouvoir masculin. Ces moniales, sont par privilège royal, à la tête d’un hôpital et d’une herboristerie, ce qui déplaît au médecin et au chirurgien-barbier qui voient une partie de leur patientèle leur échapper tandis que l’évêque entend bien récupérer les bénéfices du couvent pour son profit.

Pour les hommes, ces bénédictines, femmes trop indépendantes semblent bien proches de l’hérésie. Conversent-elles avec Satan ? Se livrent-elles au péché de chair ou sont-elles encore pucelles ?

L’évêque va envoyer deux prêtres enquêter sur place. Léon et Dambier vont questionner, fouiller le couvent vérifier les comptes, surveiller l’hôpital…. à la recherche du moindre élément à charge pour faire plier les bénédictines.

Roman polyphonique, on va suivre tour à tour soeur Clémence, mère Marie-Verane, Léon de la Sine et l’évêque Jean de Solines nous relater les événements qui vont s’enchaîner, menant les bénédictines au bord du gouffre. Cabales, chasse aux sorcières, rien ne leur sera épargné.

J’ai fini ce récit au bord des larmes tant le sort de Clémence, Mathilde, Gabrielle et Marie-Verane m’a émue. Révoltée de voir une fois de plus, la maltraitance et les violences faites aux femmes.

Un roman intéressant, mêlant fiction et faits réels, riche d’enseignements sur les plantes médicinales et sur le fonctionnement d’un couvent, avec des beaux portraits de femmes. Une belle découverte et beaucoup d’émotion en ce qui me concerne.

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Romancier et essayiste, Jean-Michel Delacomptée a publié de nombreux portraits de personnages historiques et de gens de lettres comme La Boétie, Racine, François II, Ambroise Paré, Bossuet, Saint-Simon, des romans comme Le Sacrifice des dames, des essais comme Petit éloge des amoureux du silence, Adieu Montaigne ou Notre langue française, Grand Prix Hervé Deluen de l’Académie française, et récemment La Bruyère, portrait de nous-mêmes.

Versailles, mercredi 1er janvier 1710, tôt le matin. Philippe d’Orléans, le neveu de Louis XIV, attend la visite de son ami Saint-Simon.

Connu pour ses mœurs débauchées, le duc d’Orléans vit depuis dix ans un amour passionné avec sa maîtresse Mme d’Argenton, la seule femme qu’il ait jamais aimée.

Il ignore qu’une terrible menace, qui pourrait lui valoir un exil immédiat, enfle dans son dos. Mme de Maintenon, en particulier, le hait pour une plaisanterie de mauvais goût qu’il a proférée à son encontre.

Saint-Simon se doit de l’avertir. Plus encore, de lui éviter le châtiment qui le guette. À ses yeux, une seule chose peut sauver son ami : quitter Mme d’Argenton pour retrouver les bonnes grâces du roi.

Mais Philippe d’Orléans concèdera-t-il un sacrifice si déchirant ?

Inspiré des Mémoires de Saint-Simon, Cabale à la cour est un tête-à-tête tendu et palpitant qui nous introduit dans les arcanes de la cour du Roi-Soleil où prospéraient rumeurs et calomnies…

En fin connaisseur du règne de Louis XIV et de ses témoins, Jean-Michel Delacomptée nous offre un petit bijou brillamment écrit, une joute verbale entre deux hommes que tout oppose et qui sont malgré tout amis.

Je connais plutôt bien cette période de l’histoire et notamment la figure du duc d’Orléans, fils de Monsieur, frère du roi. Un homme fascinant et intéressant à bien des égards, passé à la postérité pour son goût des femmes et de la débauche.

Un peu dommage de résumer cet homme d’état à sa seule vie privée, alors qu’il a su se montrer un régent exemplaire lors de l’enfance de Louis XV, trop jeune pour gouverner au décès de son arrière-grand-père Louis le quatorzième.

Avec ce court ouvrage, l’auteur nous fait découvrir les arcanes du pouvoir, les rumeurs, les complots, la jalousie et les manœuvres des courtisans pour briller aux yeux du roi et éliminer leurs potentiels rivaux.

Il nous démontre aussi l’importance et l’influence de Madame de Maintenon, pétrie de religion, sur Louis XIV et la fin de son règne peu reluisante.

Jean-Michel Delacomptée alterne avec beaucoup d’intelligence récit sur les mécanismes de la cour et dialogues entre Philippe d’Orléans et Saint-Simon. C’est passionnant de bout en bout, autant de pénétrer dans l’intimité du roi que d’assister à ce duel verbal.

Le mémorialiste est prêt à tout pour convaincre le futur régent que ses paroles et son mode de vie trop libres pour la cour vont le mener à la déchéance. Il doit de toute urgence rentrer dans les bonnes grâces de la marquise et de son beau-père car Orléans avait été contraint par son oncle à épouser l’une de ses filles naturelles !

Véritable hommage à la littérature classique, Cabale à la cour est un ouvrage brillant par tous les sujets qu’il aborde, son style, sa vitalité.

Je ne peux que vous le conseiller si vous vous intéressez à la cour de Versailles.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour ce coup de cœur, cette collection Passe Murailles recèle décidément bien des pépites !

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Béatrice Fontanel a publié de nombreux livres pour enfants et adultes parmi lesquels L’Homme Barbelé (Grasset, 2009), Plus noire avant l’Aube (Stock, 2014), Le Train d’Alger (Stock, 2016). La vie quotidienne tricotée aux événements dramatiques de l’histoire est le fil rouge de son travail.

Par un hasard miraculeux, Balthazar Janvier, enfant abandonné, devient le domestique dévoué de Lavoisier, père de la chimie moderne, homme encyclopédique : minéralogiste, météorologue, agronome, régisseur des poudres et salpêtres…

Éduqué grâce à la générosité de son maître, Balthazar devient un Sganarelle de laboratoire, ébahi des expériences auxquelles il assiste. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes lorsque survient la révolution.

Lavoisier est l’une des figures les plus brillantes et progressistes de son temps, il est aussi un noble et un fermier général très riche, ce qui le condamne de fait à l’échafaud.

Dans la tête de mon maître est un roman historique qui nous plonge au cœur de la révolution française. Par l’entremise du domestique astucieux du père de la chimie moderne, témoin des événements de son temps, nous assistons aux épisodes tragiques de la Révolution française qui s’emballe.

Narrateur candide au cœur de la Terreur, il nous livre le récit picaresque et tragique de la dernière année de vie de son maître.

Si cette période de notre histoire n’est pas ma préférée, elle m’intéresse de plus en plus si j’en crois mes lectures des deux dernières années et ce roman, fort bien documenté, fut passionnant à lire.

Très bien écrit, à la manière de l’époque dans laquelle il s’inscrit, ce roman plaira aux amateurs de titres historiques qui trouveront amplement leur compte dans les aventures de Balthazar qui court Paris pour sauver son maître.

Rien n’y fait. Béatrice Fontanel ne changera pas l’histoire et Lavoisier montera sur l’échafaud avec courage. Le savant n’est d’ailleurs qu’un prétexte pour aborder la Terreur.

La peur rôde dans chaque rue de Paris, dans chaque intérieur également, la frénésie, la folie, l’urgence sont racontées à hauteur d’homme, par ce jeune homme simple, qui est témoin de l’Histoire en train de broyer un monde, pour construire notre République. Mais cette liberté coûte bien cher.

Si cette histoire m’a beaucoup plu, je m’attendais à un portrait au plus près de Lavoisier, s’attardant sur ses travaux et la trace qu’il a laissé dans les différents domaines auxquels il a contribué.

Hélas pour moi, tout ceci est un peu trop survolé à mon gout, sans doute à cause du narrateur choisi qui n’est pas un scientifique mais un domestique et de la volonté de Béatrice Fontanel de nous raconter les principaux événements de la révolution.

Peu importe, j’ai été emportée par la très belle plume de l’autrice et dans la folie de cette révolution qui a coupé bien des têtes et si cette période vous intéresse, je vous invite à découvrir ce roman !

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge

Isabelle Alexis a publié de nombreux romans, dont Tu vas rire mais je te quitte ! Et Tu peux garder un secret ? (Plon, 2002 et 2004) qui ont été adaptés au cinéma. Marie Vareille a reçu le Prix Confidentielles pour son best-seller Je peux très bien me passer de toi et de nombreux prix en littérature jeunesse pour sa trilogie Elia la passeuse d’âmes. Tonie Behar est romancière, spécialiste de la comédie romantique et lectrice compulsive, elle est sujette à des addictions contemporaines pour les séries, les boots à talons, son iPhone et son frigo (et tout récemment, les crèmes antirides !). Adèle Bréau est blogueuse, twitta (@TheAdele32), et community manager sur Terrafemina.com. Sophie Henrionnet est auteur et maman de quatre enfants à qui elle raconte des histoires tous les soirs ! Elle anime également son blog Sixinthecity

Pour Noël, Elsa se retrouve coincée dans un ascenseur avec pour seule compagnie son voisin intello qu’elle ne peut pas souffrir et deux bouteilles de champagne.

Mira fait l’acquisition d’un vêtement qui semble avoir des pouvoirs magiques, un top bleu nuit ayant appartenu à la diva Mariah Carey en personne.

Isabelle, chef de projet dans l’informatique, délaisse ses écrans et ses développeurs en Inde pour se rendre jusqu’en Bretagne pour adopter un labrador que ses propriétaires ne peuvent emmener au Canada, leur futur pays d’adoption.

Louison, elle, décide de se lancer dans un relooking complet, complexée depuis toujours par son nez, ses yeux et ses dents, pour enfin, attaquer la vie à pleines dents.

Juliet tente de renouer avec sa meilleure amie à qui elle a caché un lourd secret pendant seize ans, elle quitte donc l’Australie pour son village natal dans l’espoir de retrouver Natalie.

Quant à Joséphine, elle prend l’Eurostar pour passer Noël à Londres en compagnie de sa grand-mère excentrique.

Cette année encore, avec la #TeamRomCom, le romantisme et Noël sont à l’honneur ! Après Y aura-t-il de la neige à Noël et Noël et préjugés, les six romancières rendent cette fois-ci hommage à la comédie romantique culte Love Actually et son mythique All I Want for Christmas Is You, avec Noël actually.

Si le premier recueil m’avait laissé un sentiment mitigé, le second m’avait beaucoup plu, c’est donc tout naturellement que j’ai rempilé cette année, mais hélas, quelle déception ! Sur les six nouvelles, je n’en ai apprécié que deux et j’ai bien failli abandonner ce recueil tant ce que je lisais ne me plaisait pas.

La première, Fortune Cookie, de Sophie Henrionnet est sympathique mais sent clairement le réchauffé. La seconde, Love is all around, d’Adèle Bréau est pleine de longueurs et sans grand intérêt. La troisième, La revanche de Louison Cerfeuil d’Isabelle Alexis sent la grossophobie à plein nez et est franchement détestable. La quatrième, All I want for christmas de Marianne Levy est totalement inintéressante. Heureusement, les cinquième et sixième relèvent le niveau !

Sept jours et une vie de Tonie Behar sort des sentiers battus avec une héroïne quinquagénaire qui a fui la Roumanie de Caeuscecu pour devenir concierge à deux pas de l’Opéra Garnier où elle est guide quelques après-midis par semaine. Voilà une héroïne qui change et j’ai trouvé ce personnage très attachant.

A pile ou face de Marie Vareille nous propose une histoire d’amitié brisée et une révélation que je n’avais pas vu venir mais même si j’aime beaucoup la plume de cette autrice, j’ai trouvé le dénouement très gnangnan et j’ai clairement préféré la nouvelle de Tonie Behar.

Toutes ces nouvelles et ces héroïnes ont un point commun : adorer le film Love Actually et vont se retrouver dans l’épilogue où elles assistent à une projection spéciale au grand Rex en présence de Mariah Carey !

J’aime bien ce film, même si il n’est pas culte pour moi, mais les clins d’oeil à ce grand classique de Noël sont peu nombreux et ça sent vraiment le coup de com’ de la part des éditions Charleston pour écouler le recueil. Ne vous attendez donc pas à un Love actually version littéraire, ce n’est clairement pas ça du tout.

Une vive déception pour ma part, je ne suis pas certaine d’être au rendez-vous l’année prochaine si un nouveau recueil voit le jour. En revanche, j’ai très envie de lire La Chanson du rayon de lune, le nouveau roman de Tonie Béhar avec Mina, à paraître fin janvier.

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge

Du folklore scandinave aux légendes méditerranéennes, du Londres victorien en passant par l’Allemagne, dix-huit écrivains du XIXè siècle nous racontent Noël.

Répartis en trois thématiques : Entre le bœuf et l’âne ; Aux temps des Noëls fantastiques ; Pour les veillées d’hiver, cette anthologie nous proposent des histoires fantastiques de trolls et de fées fêtant le solstice d’hiver à la douceur du recueillement des contes de la nativité, etc.

C’est toute la magie de Noël qui s’exprime à travers ce voyage littéraire où poète espagnol, conteur russe, nouvelliste français, romancier anglais sont illustrés par une iconographie précieuse et merveilleusement rétro.

Il faut dire que Noël a inspiré aux écrivains des récits variés, parfois facétieux comme celle d’un Père Noël farceur ou plus nostalgiques. Mais pour les conteurs, Noël est avant tout l’occasion d’animer des êtres surnaturels. Lutins kidnappant un fossoyeur, fantôme apeuré caché sous un escalier, et jardin édénique fleurissant en plein hiver surgissent de sous la plume de l’inimitable Dickens, et des non moins celèbres Lagerlöf et Maupassant.

Le monde est alors sens dessus dessous. À Noël ce sont les revenants qui font la loi et les brigands qui donnent des leçons aux moines. Un ouvrage enfin qui exhume les fables que nos grands-mères racontaient à voix haute près du poêle, le soir de Noël.

Celles qu’enfant, nous avons toutes entendues, mais rarement lues intégralement. Des histoires de princesse sous verre, de moujik envoûté par le diable, de casse-noisette pourchassant les souris, des contes de Noël féeriques écrits par les plus grands écrivains.

L’occasion pour moi grâce à Julia Bracher qui a composé ce recueil Des grands écrivains racontent Noël de retrouver des auteurs chers à mon coeur : Guy de Maupassant, Nicolas Gogol, Alphonse Allais, Charles Dickens, Selma Lagerlöf, E.T.A Hoffmann et Victor Hugo.

Mais aussi d’en découvrir de nouveaux : Pedro Antonio de Alarcon, Gaston Lenotre, François Coppée, Zachris Topelius, Reinhard, Anthony Throllope, Ponson du Terrail, Jean Lorrain, Alexandre Afanassiev et Félix Tastevin.

Si les recueils de contes autour de Noël sont souvent décevants pour moi, je dois dire qu’ici ce ne fut pas le cas et que j’ai été séduite par ces dix-huit histoires que je ne connaissais pas, exception faites de celles de Hoffmann, Maupassant et Daudet, un très bon point pour moi.

Le travail de Julia Bracher est donc à souligner car au vu de la multitude de recueils sur ce thème, elle a choisi des contes peu connus et venant de divers horizons : de la scandinavie à la Russie, de la France à l’Angleterre, de l’Allemagne à l’Espagne ou l’Italie.

Cerise sur le gâteau : les nombreuses illustrations merveilleusement rétro qui parsèment les différents contes sont une très bonne idée, il aurait été encore plus merveilleux qu’elles soient en couleur et non en noir et blanc, mais ce n’est que mon humble avis.

Si, comme moi, vous aimez les contes de Noël du XIXè siècle, je ne peux que vous conseiller cette anthologie très réussie !

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge

Aurélie Valognes croque la famille contemporaine avec humour et émotion. Ses romans, Mémé dans les orties, En voiture, Simone !, Minute, papillon !, Au petit bonheur la chance ! et La Cerise sur le gâteau, véritables phénomènes populaires, ont conquis le cœur de millions de lecteurs et lectrices à travers le monde : des best-sellers qui se partagent de génération en génération.

La vie est mal faite : à 35 ans, on n’a le temps de rien, à 65, on a du temps, mais encore faut-il savoir quoi en faire… Bernard et Brigitte, couple solide depuis 37 ans, en savent quelque chose.

Depuis qu’elle a cessé de travailler, Brigitte, ancienne institutrice, profite de sa liberté retrouvée et de ses petits-enfants. Pour elle, ce n’est que du bonheur. Jusqu’au drame : la retraite de son mari !

Car, pour Bernard, troquer ses costumes de directeur financier contre des pantoufles, hors de question. Cet hyperactif bougon ne voit vraiment pas de quoi se réjouir. Prêt à tout pour trouver un nouveau sens à sa vie, il en fait voir de toutes les couleurs à son entourage !

Ajoutez à cela des enfants au bord de la crise de nerfs, des petits-enfants infatigables, et surtout des voisins insupportables qui leur polluent le quotidien… Et si la retraite n’était pas un long fleuve tranquille ?

Cet été, j’avais frôlé le coup de coeur avec Au petit bonheur la chance ! qui m’avait attendrie et émue, j’étais donc ravie de retrouver Aurélie Valognes à l’occasion de La cerise sur le gâteau, son dernier titre paru en poche.

Mais, hélas pour moi, cette lecture fut loin d’être aussi bonne et, ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord les personnages principaux, Bernard, Brigitte et Marguerite sont caricaturaux, grossièrement esquissés et ressemblent un peu trop à ceux d’En voiture Simone ! : à savoir la gentille Brigitte qui en bave des ronds de chapeaux avec son mari Bernard, égocentrique et imbu de lui-même ! Sans oublier la mère de Bernard, Marguerite, qui a bien du mal à comprendre son grand fils et qui compatit avec sa belle-fille.

L’histoire n’est pas déplaisante à lire mais elle est trop superficielle alors que l’idée de départ est intéressante et dans l’air du temps : la retraite. Un moment charnière dans l’existence puisque l’on doit se réinventer et retrouver sa tendre moitié, et parfois, la cohabitation mène tout droit au divorce, les statistiques sont là, les séniors n’hésitent plus à se séparer.

Ce postulat de départ, qui méritait bien de l’approfondissement, est vite expédié au profit d’une autre thématique dans l’air du temps, elle aussi, l’écologie ! Notre Bernard, bien désoeuvré, car notre Brigitte s’investit à fond dans l’associatif, va se trouver un cheval de bataille : la préservation de l’environnement, et, il en devient jusqu’au-boutiste, au point de passer tout près du divorce.

Rajoutez à cela, les enfants parisiens au bout du rouleau, qui rêvent de larguer les amarres et se tapent l’incruste chez Brigitte et Bernard à chaque vacances et là aussi, bonjour les clichés : la belle-fille végane et chantre de l’anti-consommation, le fils qui file doux, les petits enfants de 5 et 7 qui s’expriment comme des adultes et se montrent tellement sages et responsables…

Certes, les petites touches d’humour sont là, et les pages se tournent toutes seules mais cela ne suffit pas à rattraper tout ce qui cloche dans ce roman, d’autant que les dialogues sont franchement pas terribles non plus.

Vous l’avez compris, La cerise sur le gâteau est, pour moi, une histoire superficielle et bourrée de clichées. C’est bien dommage car les thématiques abordées méritaient bien mieux !

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Françoise Bourdon est née dans les Ardennes. Dès l’enfance, elle a le goût de l’écriture et rédige son premier roman à l’âge de dix ans. Professeur de droit et d’économie, elle décide, après dix-sept ans d’enseignement, de se consacrer exclusivement à sa passion de l’écriture. Journaliste depuis 1993, elle a régulièrement publié des nouvelles dans plusieurs revues. A ses débuts, Françoise Bourdon s’est beaucoup inspirée de sa région natale, puis c’est en Provence, sa terre d’adoption, qu’elle a poursuivi son œuvre, dense, riche, qui mêle grandes sagas familiales, portraits de femmes et évocation de métiers.

1965, cap Ferret. Charlotte Galley, 93 ans, est bouleversée : son petit-neveu Jérôme a reçu l’offre d’un promotteur immobilier et veut vendre la Maison du Cap, conçue par le père de Charlotte, l’architecte James Desormeaux, à la fin du XIXè siècle.

La demeure sera rasée pour laisser place à un ensemble d’appartements qui bénéficieront de la vue incomparable sur le bassin d’Arcachon.

Paniquée, révoltée, Charlotte, aidée par ses petits-enfants Violette et Paul, fait appel à un cabinet d’architectes bordelais afin de demander le classement de la demeure par les monuments historiques.

Pierre-Loup propose à son associée Iris de se charger de l’affaire. La jeune femme se rend alors au cap Ferret pour rencontrer Charlotte et les siens. Tombée sous le charme de la maison et de la famille, Iris épouse leur combat…

Voilà quatre ans déjà, j’avais eu un quasi coup de coeur pour la saga familiale, La maison du Cap, qui courait sur plusieurs générations et dont La maison de Charlotte est une suite indépendante.

Dans son nouveau roman, Françoise Bourdon raconte le combat de deux femmes pour que subsiste une maison de famille, riche de mille souvenirs, de vies et d’histoires, au cap Ferret. Si les deux opus peuvent se lire indépendemment, je vous conseille tout de même de commencer par La maison du Cap pour comprendre toutes les ramifications qui se poursuivent dans La maison de Charlotte.

Porté par plusieurs femmes, ce récit fait la part belle aux secrets de famille, mon péché mignon ! D’un côté, nous suivons Charlotte dans son combat pour sauver sa maison ; Violette, atteinte d’une sclérose en plaques, qui souhaite sauver son mariage avec son photographe de mari, Diego ; et Iris, qui vient d’hériter de la maison familiale des Landes, Chantecler.

L’histoire se déroule principalement en 1965 mais aussi de 1937 à 1944 via les carnets de sa tante Anna dont Iris prend connaissance après le décès de celle-ci et qui nous ramène aux heures sombres de l’Occupation et de l’épuration.

J’ai beaucoup aimé retrouver le cap Ferret, Charlotte, Diego et Violette, les protagonistes de La maison du Cap et j’ai trouvé l’apport d’Iris et de son histoire familiale complexe, intéressant.

Les trois femmes sont fortes, combattantes et indépendantes, et on a plaisir à les voir se battre pour ce qu’il leur tient à coeur.

L’autrice aborde plusieurs thématiques (maladie, deuil, divorce, homosexualité, la guerre d’Indochine…) mais sans jamais les approfondir, ce que j’ai trouvé dommage, elle effleure les sujets, fait des sauts de puces entre ses personnages et les époques de façon bien trop brève.

La plume de Françoise Bourdon est toujours aussi fluide et agréable à lire, elle a un réel talent de conteuse et je n’ai pas boudé mon plaisir de la première à la dernière page même si je déplore quelques facilités dans les différents dénouements.

Un moment de lecture tout de même bien agréable et que je vous recommande si vous aimez les sagas familiales.

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette lecture !

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