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Archive for the ‘Littérature française’ Category

Sophie Astrabie est née à Albi en 1988. Après Le pacte d’avril, La somme de nos vies est son second roman.

Paris, XIè arrondissement. Camille, jeune fleuriste qui rêve sa vie, visite des appartements qu’elle n’a aucune intention d’acheter. Marguerite, quatre-vingt-sept ans, met en vente son appartement qu’elle s’est pourtant juré de ne jamais quitter.

Derrière leurs fenêtres qui se font face, dans cette rue parisienne, la vie de l’une n’apparaît à l’autre qu’en reflet. Les mensonges de Camille à son entourage et les secrets de Marguerite enfouis soigneusement depuis l’enfance se croisent et se répondent.

Comment prendre sa vie à bras-le-corps quand on a décidé d’en vivre une autre ?

La somme de nos vies est le second roman de Sophie Astrabie qui s’est fait connaître avec Le pacte d’avril.

Dans ce roman choral, nous suivons tour à tour Camille, Marguerite et Thomas, leur agent immobilier. Le mensonge par omission tient une grande place dans chacune de leur existence pour des raisons très différentes.

Camille s’épanouit dans le métier de fleuriste, alors que ses parents médecins à Poitiers, la croient en fac de droit. Déjà qu’elle les a déçus en abandonnant ses études de médecine, elle n’arrive pas à leur avouer que c’est près des fleurs qu’elle se sent le mieux.

Marguerite traine un lourd secret depuis que, le 16 juillet 1942, elle a échappé à la rafle du Vel d’Hiv grâce à sa mère et à sa professeur de piano qui l’a recueillie et considéré comme sa fille. La vieille femme, désormais à l’aube de sa vie, n’a jamais avoué son passé à son mari ni à quiconque.

Thomas a souffert toute son enfance des envies fantasques de son père qui faisait déménager sa famille chaque année, au gré de ses lubies professionnelles. Depuis quelques années, il cache à son épouse, avec la complicité de Thomas, ses difficultés financières.

L’histoire est simple, douce et lumineuse, touchante aussi, certes sans grands rebondissements, mais les personnages avec leurs failles et leurs forces, sont si attachants qu’on les suit avec beaucoup de plaisir de la première à la dernière page.

La plume de Sophie Astrabie est légère et fluide et tous les ingrédients sont réunis pour passer un très bon moment de lecture. J’ai beaucoup aimé voir les liens se tisser entre eux et les voir évoluer tout au long du récit dont je n’ai fait qu’une bouchée tant j’étais bien dans l’atmosphère douillette tissée par l’autrice.

Une chouette découverte et une autrice dont je ne manquerai pas de suivre l’actualité, je vous le recommande !

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Après avoir sillonné le monde, Charlotte Léman s’est installée en Suisse alémanique. Depuis 2017, elle s’inspire de ses aventures pour écrire des romans à mi-chemin entre feel good et comédie.

Clémence chérit l’existence tranquille qu’elle s’est construite : une vie de couple paisible, un fils adorable et un travail d’assistante dont elle connaît tous les rouages. Un si bel équilibre vaut bien quelques concessions. Alors, avec le temps, Clémence a appris à arrondir les angles.

Son petit monde s’effondre le jour où son mari la quitte pour une femme plus jeune. Cerise sur le clafoutis, il lui annonce qu’il reste dans leur appartement tant que celui-ci ne sera pas vendu !

Clémence va devoir choisir : désespérer ou reprendre sa vie en main. Cette épreuve pourrait bien être l’occasion d’une revanche…

Si la vie te donne des citrons, fais-en une tarte meringuée est un feel-good book comme je les aime ! Clémence est une héroïne qui me ressemble beaucoup, c’est sans doute pour cette raison que j’ai autant aimé son histoire, même si moi, je ne suis pas la reine des toquées !

L’histoire commence assez mal puisque Clémence, qui pense que tout va bien dans son couple, découvre que son mari la quitte pour une jeunette, qui est aussi son assistante.

Propriétaires d’un joli quatre pièces en plein Paris, pas question pour monsieur d’aller à l’hôtel en attendant la finalisation du divorce, non, il impose à sa future ex-femme une colocation, comptant of course sur cette dernière pour s’occuper de son linge, de ses repas, de ses courses…

Clémence n’est pas ravie mais préfère subir la situation, ne voulant pas faire de vague par égard pour leur ado de 17 ans. Mais peu à peu, après une phase de déprime bien normale au vu des circonstances, Clémence réagit et sort de son cocon.

Elle ose s’opposer alors à son ex, à sa mère et même à son boss qui ne cessent de l’enfoncer. Avec eux, Clémence n’a pas besoin d’ennemi, ils font très bien le job !

J’ai beaucoup suivre Clémence dans ses pas, ses décisions, ses humeurs et trouvé l’histoire plutôt crédible dans l’ensemble, même si tout va un peu trop vite pour moi, le roman est très rondement mené et j’aurai aimé un peu plus de développements !

L’histoire, vous vous en doutez, ne sort pas des sentiers battus et coche toutes les cases du feel-good book, les personnages sont un peu caricaturaux et manquent de profondeur, pour autant je n’ai pas boudé mon plaisir, entraînée par le rythme et l’écriture fluide et enlevée de Charlotte Léman que j’ai beaucoup aimé.

Le roman est truffé d’humour notamment par le truchement des pensées de Clémence qui sont très piquantes et la meringue sur cette tarte au citron particulièrement rafraichissante.

Un livre léger et bien agréable à déguster cet été assurément !

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Originaire de Toulouse, exilé à Paris, Julien Rampin reste un ardent défenseur des chocolatines et de la lecture ! Connu sur les réseaux sociaux, à travers La bibliothèque de Juju, il publie ici son premier roman.

Une vieille bâtisse en pierre aux volets bleus, perchée sur une colline, loin de tout. C’est là que Jeanne Jambon trouve refuge quand elle décide, sur un coup de tête, de partir avec sa collection de vinyles sous le bras pour fuir un mari indifférent et une existence qui ne lui ressemble pas.

Cette maison est le royaume de Raymonde, une grand-mère fantasque et rebelle à la recherche d’une dame de compagnie, et de Lucas, son petit-fils. Tandis que les chaudes journées d’été défilent, tous trois s’apprivoisent et vivent une parenthèse enchantée, hors du temps.

Mais le temps hélas ne s’arrête jamais vraiment, et la vie va bientôt les rattraper pour les obliger à grandir un peu…

Grandir un peu est le premier roman de Julien Rampin, instagrammeur toulousain de talent que je suis depuis quelques temps déjà. J’aime beaucoup ses avis ciselés, j’étais sûre que cette histoire allait m’emporter, me faire rire et pleurer.

Et ce fut le cas ! Je suis pourtant assez réticente à l’idée de lire un roman d’un influenceur, car entre trousser un avis sur le roman d’un auteur et en être un vraiment, il y a un monde que peu arrive à combler. Ici, pas de doute, nous lisons bien le premier ouvrage d’un écrivain et j’ai déjà hâte de lire son prochain opus !

Cette histoire, je ne veux pas trop vous la dévoiler, le roman est court et il serait dommage que je vous spoile ce qui s’y passe, sachez qu’elle est tout de même bouleversante, lumineuse et profonde, qu’elle nous parle d’amour, de perte et surtout, d’espoir.

Les personnages de Jeanne, Raymonde et Lucas sont bien dessinés, ils ont des failles, leur lot de bonheurs et malheurs et permettent à Julien Rampin d’aborder des thèmes forts comme le deuil, l’homosexualité, l’amour, l’amitié, de façon toujours juste et pleine de délicatesse.

Jeanne, celle que l’on ne voit pas et qui s’est peu à peu étiolée, Lucas, sa sensibilité et son humour qui m’ont touchée, et Raymonde, fantasque et bouffée d’air frais de cette histoire qui m’a mis la larme à l’oeil, sont bien sûr les atouts de ce roman et lui donnent toute sa saveur.

Un roman sur la différence, les regrets et le temps qui passe, lorsque l’enfant qui sommeille en chacun de nous décide de revenir à la surface, une pépite d’un écrivain à suivre de près, qui vous fera rire et pleurer, que je vous recommande vivement !

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Sonia Dagotor est l’autrice de romans qui ont déjà ravi plus de 250 000 lecteurs. Sont parus en 2020, au Cherche Midi, Ceux qui s’aiment finissent toujours par se retrouver et une nouvelle édition de Sortez-moi de là !

Francine et Michel fêtent leurs noces de crêpe mais ce trente-neuvième anniversaire de mariage n’a, en réalité, rien de joyeux. À soixante-deux ans, Francine n’est pas heureuse. Michel et elle n’ont plus rien à se dire.

Tandis qu’ils dînent dans leur restaurant préféré, et que l’ambiance se tend crescendo, Francine se laisse porter par ses souvenirs : ses premiers émois, sa rencontre avec Michel, son diplôme d’avocate, les enfants, quelques épreuves aussi…

Que retenir de toutes ces années ensemble ? Quand l’amour a-t-il commencé à s’effriter ? Et si Francine se révoltait contre le temps qui passe ? Et s’il n’était pas trop tard pour choisir le bonheur ?

Avec Le bonheur se cache parfois derrière les nuages, Sonia Dagotor aborde l’usure d’un couple après près de quarante années de mariage. Un roman sincère, optimiste et plein de bienveillance sur le sentiment amoureux à l’épreuve du temps et la quête intemporelle du bonheur que je vous recommande si cette thématique vous intéresse.

Lors de cette soirée d’anniversaire, Francine se remémore par petites touches sous forme de flasbacks qui ponctuent le dîner au restaurant, ces quarante années d’union.

De leur rencontre à leur premier baiser, en passant par le jour de la mariage, de la naissance de leurs filles, des bonheurs et des deuils qui ont ponctuer ces quatre décennies, Francine se souvient, alors que le ton monte entre chaque plat et que son mari de ne comprend nullement ses reproches, la presque retraitée qui a réussi sa vie d’avocate, se rend compte qu’elle est passée à côté de sa vie privée.

Sonia Dagotor que je découvre ici, se révèle être une formidable conteuse, les pages se tournent toutes seules et on arrive à la dernière à regret.

Dans ce beau roman, elle nous raconte les choses de la vie : l’amour, ses débuts, ses hauts et ses bas, la vie d’un couple, ses joies, ses impasses. Cette histoire, c’est celle de Francine, son héroïne, mais c’est aussi un peu la mienne, la vôtre. Celle d’une vie où s’enchaînent les décisions, bonnes ou mauvaises, jusqu’à la plus importante.

La vie est loin d’être un long fleuve tranquille, elle nous réserve des bonnes et des mauvaises surprises, des bonheurs et des malheurs, et il faut bien en prendre son parti et avancer vaille que vaille car le bonheur se cache parfois derrière les nuages !

J’ai aimé me glisser dans la vie de Francine, je m’y suis reconnue parfois et je serai bien restée plus longtemps avec elle, je lui souhaite en tout cas le meilleur pour la suite, qui sait peut-être Sonia Dagotor nous donnera un jour de ses nouvelles ?

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cette belle lecture !

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Après des études scientifiques, Bruno Combes a travaillé dans plusieurs laboratoires pharmaceutiques en tant que salarié puis consultant. Ce n’est qu’en 2013 qu’il débute l’écriture de son premier roman « Les amants de la bergerie », le premier tome du « Secret de la montagne noire ». Le deuxième tome « La promesse de cristal » paraît en 2014. Son troisième roman, « Seulement si tu en as envie… » (2015), est plébiscité par des dizaines de milliers de lecteurs. Ce succès lui permet de continuer l’aventure de l’écriture auprès des éditions Michel Lafon.

Originaire d’Avignon, Lou vit depuis une vingtaine d’années à Paris, où elle travaille dans une agence immobilière. Mais si sa carrière professionnelle est une belle réussite, sa vie privée n’est qu’une longue suite d’aventures sans lendemain.

Les hommes, elle ne leur fait plus confiance depuis qu’à l’âge de seize ans, elle a surpris son père dans les bras d’une inconnue. Ce père qu’elle vénérait et aimait plus que tout ! Dans l’intransigeance de sa jeunesse, elle a décidé de ne plus le revoir…

À l’approche de la quarantaine, Lou reste marquée par cette déception quand sa mère, mourante, lui confie un secret qui devrait tout changer, mais dont Lou s’aperçoit qu’il est truffé de mensonges… Elle n’a plus qu’une solution : mener sa propre enquête.

Celle-ci lui permettra-t-elle d’accepter, de pardonner, et de renaître enfin ?

Un souffle sur la main est le neuvième roman du prolifique Bruno Combes et celui par lequel je le découvre. Cela fait quelques années que cet auteur rencontre un joli succès mais je ne m’étais jamais penchée sur sa bibliographie jusqu’à maintenant.

Tout au long de cette histoire, nous suivons Lou, marquée par l’infidélité d’un père qu’elle adorait plus que tout, et bien qu’à l’aube de ses quarante ans, elle n’a toujours pas pu pardonner. Pire, elle a toujours refusé de le voir depuis et la blessure est restée à vif.

Elle n’a jamais pu construire une vie sentimentale et punit les hommes volages qu’elle traque sur les sites de rencontres. Je vous avoue que si cette histoire se lit très bien, elle est loin de m’avoir passionnée à cause de l’immaturité de Lou, qui n’a jamais mûri en une vingtaine d’années et qui va, comme par miracle, évoluer en quelques semaines seulement.

Je n’ai ressenti aucune empathie envers cette héroïne trop excessive qui m’a plutôt tapé sur les nerfs. Heureusement pour moi, Bruno Combes nous propose une galerie de personnages que j’ai trouvé plus intéressants à commencer par Mélina, la meilleure amie de Lou, Hector, Roger, Adrien, Perceval ou Chloé qui permettent à l’auteur d’aborder des thèmes intéressants comme la filiation, l’adultère, la prison, la réinsertion…

Le style de Bruno Combes est fluide et les pages se tournent toutes seules car l’intrigue, parsemée de secrets de famille et de révélations, est plutôt prenante à suivre et on arrive au point final sans bouder son plaisir même si l’histoire est loin d’être originale ou marquante.

Autre point positif : j’ai bien aimé que ce roman se passe à Avignon, ville que je ne connais pas mais que j’aimerai beaucoup visiter. Une lecture idéale pour la plage, le transat au bord de la piscine ou à l’ombre de son jardin, suffisamment légère pour se détendre en vacances.

Un grand merci aux éditions Michel Lafon pour cette lecture estivale et leur confiance !

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Danièle Fossette est née sur la Côte d’Opale. Très tôt, la mer l’invite au voyage. Elle parcourt l’Asie, l’Afrique… Fascinée par les îles, elle passe plusieurs années à Madagascar, à Mayotte, en Martinique, à Tenerife. Reporter, professeur de lettres, conteuse voyageuse, elle publie une trentaine d’ouvrages, essentiellement pour la jeunesse. Ses livres ont été traduits en plusieurs langues et certains récompensés par le prix Sorcières. Le premier à l’avoir encouragée à écrire est Jean-Jacques Goldman.

Quand le maire de Bourgis demande à Alice, tout juste diplômée en lettres, de mettre ses compétences au service des « laissés-pour-compte » de la ville, elle est perplexe.

D’autant plus qu’il lui octroie une pièce délabrée au fond d’une ancienne fabrique de confiserie. C’est là qu’elle rencontrera une joyeuse bande de personnages hauts en couleur, aussi attachants que cabossés par la vie.

Parmi eux, Moïse et son optimisme contagieux ; Roméo, touchant par ses maladresses ; Ginette, alias Marylin, avec sa soif d’amour et sa franchise désarmante et Camille, la poétesse de la clé à molette.

Parviendront-ils, ensemble, à inventer un chemin de petits bonheurs et à transformer leur vie ?

La fabrique des petits bonheurs de Danièle Fossette est un roman feel-good tendre aux allures de conte moderne, porté par des héros de l’ordinaire, cabossés par la vie, qui nous apprennent, à leur manière, à voyager, rêver, rire et aimer.

L’autrice qui signe ici son premier roman pour adultes, nous propose une histoire pleine d’émotions oscillant entre moments graves et joyeux, larmes et rires.

Elle aborde des thèmes importants comme la pauvreté, le racisme, la grossophobie, la marginalité, la maladie, les agressions sexuelles…

Des thèmes graves et bien traités, qui ne tombent jamais dans le pathos, mais qui manquent aussi de profondeur. J’ai trouvé dommage que Danièle Fossette n’approfondisse pas plus, on reste beaucoup trop en surface à mon goût, ce qui ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture dont je n’ai fait qu’une bouchée.

J’ai beaucoup aimé l’histoire pleine de bienveillance et d’espoir, qui a le mérite de mettre en lumière Marilyn, Roméo et Moïse, des personnages cabossés par la vie, liés par cet atelier d’écriture qui fait office de thérapie, une fabrique à petits bonheurs, et par Alice qui l’anime.

J’ai été touchée par ce récit et par ses protagonistes très attachants, les messages sociétaux véhiculés par l’autrice, tout m’a plu ! Je regrette simplement ce petit manque d’approfondissement et les raccourcis auxquels a eu recours l’autrice, sans cela c’était le coup de coeur assuré.

Malgré ces petits bémols, je vous recommande néanmoins ce roman, idéal à découvrir lors des vacances, sur la plage ou au bord de la piscine.

Un grand merci aux éditions Nil pour cette lecture qui m’a mis du baume au coeur.

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Fête et défaites est le premier roman d’Antoine Cristau.

Camille et Laurent s’aiment depuis deux ans et l’heure de l’engagement a sonné au grand dam de Laurent qui aurait préféré ne rien changer à leur situation.

Depuis qu’elle est enfant, Camille rêve d’un grand mariage tandis que Laurent, marqué par le divorce de ses parents, s’est juré de ne jamais s’engager.

Par amour, chacun fait un pas en direction de l’autre : ce sera un pacs imaginé en petit comité, avec leurs familles et quelques amis.

Mais c’est sans compter l’intrusion zélée des parents de Camille dans l’organisation de cette célébration. Le jour  » J  » arrive : la fête tiendra-t-elle toutes ses promesses de bonheur ?

Construit de façon originale par une succession de premières pages de roman, Fête et défaites est un récit qui célèbre, dans une unité de temps et de lieu, les joies et les désappointements de l’amour.

Servi par une galerie de personnages croqués avec humour et des dialogues ciselés, j’ai vraiment bien apprécié le premier roman d’Antoine Cristau.

De la première à la dernière page, j’ai été prise dans le tourbillon de la fête, séduite par la construction très originale de ce roman choral où interviennent des dizaines de personnages tout au long de ce jour de fête, celui du pacs de Laurent, journaliste et allergique de l’engagement et de Camille l’avocate à l’éducation bourgeoise qui n’a pas su dire non à ses parents et qui ont totalement dénaturé les désirs des mariés.

Roman drôle, frais, rythmé et épicurien, ce titre a beaucoup d’atouts et m’a permis de passer un agréable moment. Il n’y a pas de colonne vertébrale avec une histoire développée mais les pages se tournent avec une certaine envie !

Au delà de l’histoire légère d’un pacs, à travers des instants croqués sur le vif, Antoine Cirstau nous fait réfléchir sur l’amour, la vie conjugal, le mariage et l’engagement. Certains invités sont heureux en mariage, d’autres sont échaudés par un ou plusieurs divorces, certains cherchent encore l’amour, d’autres le fuient.

Beaucoup d’atouts donc pour ce premier roman très bien écrit mais qui, par sa contenu, ne restera pas dans mes souvenirs puisqu’il ne nous propose pas d’histoire à proprement parler mais seulement une succession de scènes, un peu comme dans un film où l’on donnerait la parole à chaque invité.

Si ces thèmes et ce que je vous en dit vous tentent, n’hésitez pas à découvrir ce titre à votre tour.

Un grand merci aux éditions du Cherche Midi et de Babelio pour cette lecture rafraichissante.

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Cadre dans une grande entreprise de services, passionnée d’histoire et de développement personnel, Carine Pitocchi a longtemps rédigé des articles pour des associations avant de se lancer dans l’écriture de romans. Elle a remporté en 2019 le  » Prix Romancière  » du concours de la collection &moi chez JC Lattès avec son roman Toi seul.

Angleterre, printemps 1912. Lady Julia Ashford, comtesse du prestigieux domaine de Longfield Park, vient de perdre son mari Charles dans l’incendie de leur demeure londonienne.

Au désespoir, la jeune femme peine à surmonter cette disparition et s’enfonce inexorablement dans le deuil, pensant que sa vie est désormais terminée, lorsqu’elle découvre qu’elle est enceinte de lui.

Alors qu’elle tente de refaire surface, tenir son rang et survivre au deuil, la jeune veuve voit resurgir Will Murphy, son amour d’enfance, devenu un des chefs de la pègres londonienne.

Une histoire que Julia ne peut pas se permettre de mêler à la sienne. Pas plus que celle d’Edna, son ancienne domestique qui ploie sous les coups de son mari violent.

Et encore moins celle de sa cousine Emily revendiquant haut et fort son statut de femme libre pour qu’avance la cause suffragiste. La grande Histoire, celle qui précipite tout, va pourtant en décider autrement.

C’est en faisant des repérages pour le mois anglais, que j’ai découvert Les rêves de nos mères, second roman de Carine Pitocchi, auréolée du prix du livre romantique des éditions Charleston.

Ce roman inaugure de la plus belle des façons le bal des lectures anglaises du mois de juin car cette lecture fut réellement passionnante.

Bien que l’autrice soit française, elle nous plonge dans cette atmosphère de campagne anglaise de début du siècle que j’aime tant, à la manière de Dontown Abbey avec des héroïnes appartenant aussi bien à la gentry qu’à leur domesticité.

Carine Pitocchi aborde dans ce premier tome qui prend fin lorsque l’Angleterre rentre en guerre à l’été 1914, diverses thématiques que j’aime beaucoup retrouver dans mes lectures : la condition féminine, le suffragisme,  les difficultés des femmes de l’époque à gagner leur indépendance, tant dans les hautes sphères que dans le bas peuple.

Une histoire intéressante et prenante, émaillée de rebondissements qui m’a passionnée de la première à la dernière page.

La galerie de personnages est aussi très réussie : une riche veuve, comtesse du prestigieux domaine de Longfield Park. Un chef de la pègre londonienne. Une frêle jeune fille qui tente de survivre à la violence de son mari. Une lady éprise de liberté et bien décidée à faire progresser la cause suffragiste.

Des personnages qui n’étaient pas destinés à se rencontrer vont se croiser à la faveur des événements, de ce bouillonnant début de XXe siècle. Carine Pitocchi s’est formidablement bien documentée et cela se ressent, j’ai beaucoup pensé en la lisant au Récital des anges de Tracy Chevalier que je vous recommande vivement.

L’écriture de l’autrice est fluide, les pages se tournent toutes seules, il y a une petite pointe de romance juste ce qu’il faut en arrière-plan, un roman qui a de nombreux atouts et qui ravira les amateurs et amatrices de romans historiques.

Un premier tome trop court mais prometteur, j’ai hâte de retrouver nos héros pris dans la tourment de la guerre, j’espère que le second volume est prévu pour bientôt !

Lu dans le cadre du Mois Anglais :

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Né en Corrèze, Gilbert Bordes est l’auteur d’une quarantaine de romans. Il a obtenu le prix RTL Grand Public pour La Nuit des hulottes et le prix Maison de la Presse pour Le Porteur de destins. Les Presses de la Cité ont notamment publié Le Cri du goéland, Le Barrage (dans la collection Trésors de France), Chante, rossignol, La Garçonne et Le Testament d’Adrien.

15 août 1193, en la cathédrale d’Amiens. Une foule en liesse découvre une belle princesse danoise, Ingeburge, sacrée reine du plus puissant royaume d’Europe par son union avec Philippe Auguste. Mais, le lendemain, le roi la répudie. Que s’est-il passé pendant la nuit de noces ?

Débute pour Ingeburge une captivité longue de vingt ans, dont treize dans la forteresse d’Etampes. Son seul soutien, le chevalier troubadour Guilhem de Ventadour. Philippe, lui, livre bataille pour faire de son domaine ce qui sera la France.

Et se remarie. Le pape, furieux contre le roi bigame, décrète en 1200 l’interdit sur le royaume : églises fermées, plus d’inhumations en terre consacrée… Une fin du monde.

Du fond de sa geôle, dans l’ombre d’un impossible amour, la reine déchue ne renonce pas. Retrouvera-t-elle un jour sa couronne ?

Vous le savez, les romans historiques sont mon pêché mignon, j’ai des périodes de prédilection comme vous vous en êtes sûrement aperçus et le Moyen-Age n’en fait pas partie.

Et pourtant, je brûlais d’envie de découvrir La prisonnière du roi à cause d’une quatrième de couverture bien alléchante ! Dans ce roman, Gilbert Bordes dessine le portrait de la belle Ingeburge de Danemark, répudiée par son royal époux Philippe Auguste après leur nuit de noces.

Pourquoi le roi de France a-t-il eu une telle répulsion envers son épouse, jeune, belle, intelligente et bien éduquée ? Nul ne le sait aujourd’hui encore et l’auteur s’est saisi de ce point précis pour proposer une version et une intrigue romanesque passionnantes.

Tout au long du récit, on découvre la vie tragique d’une princesse liée pour le pire à son époux, le roi Philippe Auguste, mais qui révèle une personnalité pleine de force, transcendée par un amour impossible pour un chevalier troubadour occitan.

Les deux protagonistes du récit, Ingeburge et Guilhem de Ventadour sont terriblement attachants et leur histoire d’amour impossible est assez bouleversante.

On ne peut que s’émouvoir du sort de cette jeune fille qui se voit contrainte d’épouser un homme bien plus âgé qu’elle et laid, répudiée après une nuit au cours de laquelle d’après elle, il y a consommation de l’union, alors que d’après le roi, il n’en est rien.

La plume de l’auteur est agréable et il ne fait aucun doute qu’il s’est très bien documenté. Le roman fourmille de nombreux détails de la vie des années 1200 : les différences sociales, les relations tendues entre le roi et les papes, les alliances et complots politiques…

Il nous fait entrer dans les différents lieux de vie de l’époque : châteaux, cloîtres, tavernes, forêts et bordeaux et nous montre le train de vie fastueux des Grands et celle des populations moins privilégiées. On assiste à des exécutions, des tortures, des mariages, des sacres…

Pour autant, Gilbert Bordes ne tombe jamais dans le documentaire et apporte un vrai souffle romanesque à son histoire. Les faits de l’Histoire de Philippe Auguste et de la Reine Ingeburge sont véridiques et les spéculations sur l’annulation du mariage sont nombreuses. Celle de l’auteur onirique et fantastique est hautement improbable mais peu importe, le plaisir de lecture est là.

Une fresque historique captivante que je ne peux que vous recommander si vous aimez les romans historiques, pour ma part, j’ai vraiment passé un excellent moment aux côtés d’Ingeburge et Guilhem.

Un grand merci aux éditions Presses de la Cité pour cette belle lecture !

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Nathalie de Broc a été reporter à France Inter puis journaliste indépendante pour France 3 Ouest. Elle a été également traductrice pour Plon et a publié des guides touristiques chez Gallimard. Elle a reçu le prix de l’Association des Ecrivains bretons 2009 pour La Tête en arrière, chez Diabase. Elle a notamment publié aux Presses de la Cité Le Patriarche du Bélon, La Tresse de Jeanne, la saga Loin de la rivière, La Rivière retrouvée et L’Adieu à la rivière et Les Etés de Grande-Maison.

Chantenay, 23 décembre 1793. Lucile court. Sur les pavés de Nantes. La petite orpheline court pour oublier ce qu’elle vient de voir. L’innommable.

Jamais elle ne parviendra à effacer le souvenir des siens jetés nus dans la Loire en cette année de Terreur. Engloutis sous les flots, le comte et la comtesse de Neyrac, Théo, le petit frère, l’enfance heureuse à la Grande Gibraye…

Elle sait qu’elle n’oubliera pas cet homme qui a présidé au destin funeste des siens. Seul le désir de vengeance la tient désormais en vie.

Mue par cette énergie, Lucile en oublie qu’elle n’a que le pavé pour dormir ; elle rôde près du port ou du théâtre Graslin.

Son destin va basculer, là, sous les ors de ce sublime édifice, auprès de Madame Flavie qui lui offre vivre et couvert et se prend même de passion pour ce petit être au regard étrange et au caractère imprévisible…

Avec Ces ombres sur le fleuve, Nathalie de Broc nous propose un roman de passion et de vengeance qui prend racine au coeur de la Terreur.

Le début du roman était prometteur : du rythme, un décor historique de qualité, une héroïne forte et courageuse.

Les premiers chapitres m’ont embarquée et je suis très vite arrivée à la moitié de ce roman sans même m’en apercevoir.

Le style de Nathalie de Broc est fluide et les pages se tournaient toutes seules. Mais une fois arrivée là, je me suis petit à petit désintéressée de l’histoire de Lucie et de sa volonté de vengeance car j’ai trouvé pas mal de longueurs et surtout que l’histoire avait un goût de déjà vue et tournait un peu en rond !

L’héroïne et les personnages qui gravitent autour d’elle comme Madame Flavie, Awa, Lambert, Louison et les filles du bordel sont intéressants mais manquent d’épaisseur pour qu’on s’y attache vraiment.

En revanche, la trame historique est réussie : la Révolution et les horreurs de la Terreur, le Directoire et ses personnages phares ne sont pas oubliés.

L’autrice nous régale avec ses connaissances de l’époque : son climat social, la description de Nantes dans son entièreté : des quartiers mal famés aux hôtels bourgeois, les futilités des riches, les misères du peuple de l’après Révolution, les turpitudes liées aux activités d’un grand port négrier, l’abolition de l’esclavage…

Vous l’aurez compris je ressors mitigée de cette lecture réussie d’un point de vue historique mais avec une trame narrative déjà vue qui ne m’a pas emballée.

Un grand merci aux Presses de la cité pour cette découverte !

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