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Archive for the ‘Littérature française’ Category

Tonie Behar est née à Istanbul, a un passeport italien, un diplôme américain, un mari breton et trois enfants du pays des merveilles… mais elle se sent surtout Parisienne ! Ancienne journaliste, elle effectue des recherches minutieuses pour chacun de ses livres et aborde ici le thème de la condition féminine au XIXe siècle et son écho aujourd’hui. Plusieurs de ses romans, dont Si tu m’oublies, paru aux éditions Charleston, ont pour cadre le 19 bis, boulevard Montmartre. Elle est la fondatrice de la #TeamRomCom.

Une femme mystérieuse et charismatique, coiffée d’un large chapeau, son regard clair caché par de grandes lunettes de soleil, sonne chez Max Dahan au 19 bis, boulevard Montmartre.

Cette inconnue, c’est Sacha Volcan, que Max a passionnément aimée. Ils se sont connus dans les années 1960, au temps du Golf Drouot et du rock’n’roll. Elle était dactylo, lui garçon de courses, et tous deux rêvaient d’Amérique et de musique. Complices, amants ou ennemis, leur histoire a traversé le temps et les continents. Chacun a fait des choix pour rester fidèle à lui-même. Alors pourquoi Sacha est-elle revenue en ce beau matin de juillet ?

Des grands boulevards parisiens à Hollywood Boulevard, des pavés de Mai 68 aux plages de Malibu, des hippies de San Francisco aux branchés des Bains-Douches, l’histoire émouvante et mouvementée d’un couple qui a fait le pari d’écrire ses propres règles du jeu… mais jusqu’où ?

On n’empêche pas une étoile de briller signe mes retrouvailles avec la jolie plume de Tonie Behar. Souvenez-vous, j’avais adoré l’été dernier La chanson du rayon de lune, une histoire tellement belle et romantique. Et cette année, rebelote, j’ai adoré ce roman qui démarre en pleine période yéyé en France avant de nous faire voyager jusqu’en Californie.

Du Paris des sixties en passant par les communautés hippies de San Francisco des seventies, jusqu’à nos jours, nous suivons l’histoire d’amour peu conventionnelle de Sacha et Max et c’est là où tout réside le charme de cette histoire.

Lorsque Sacha et Max se rencontrent, ils sont jeunes, elle avait 16 ans, était en train de passer son CAP dactylo. Lui avait 18 ans, garçon de courses qui ne savait pas trop quoi faire de sa vie. Il a fui la Turquie avec sa mère Doria lorsqu’il était enfant, il est très attaché à sa mère, à ses amis.

Mais lorsqu’il rencontre Sacha, le coup de foudre est immédiat. Un coup de foudre d’amour, d’amitié, de complicité. Sacha rêve d’Amérique, Max aussi. Elle manie les baguettes de sa batterie comme personne, il va devenir son meilleur impresario et la faire passer au célèbre Golf Drouot, où se réunit la jeunesse.

Nous sommes au milieu des années 60, les jeunes veulent du changement, pouvoir s’aimer librement sans contrainte. Les femmes rêvent d’indépendance, de s’émanciper du patriarcat. Sacha et Max vont vivre une histoire d’amour peu banale en pointillée mais ils seront toujours présents l’un pour l’autre pendant soixante ans.

Tonie Behar qui s’est, comme toujours, bien documentée, fait briller cette génération du baby-boom qui a su faire tomber de nombreux tabous : homosexualité, avortement, concubinage, liberté sexuelle, famille monoparentale… autant de sujets impensables pour la génération de leurs parents et qui ont ouvert la voie pour les générations suivantes.

En suivant ces personnages de 1966 aux années 2000, on assiste aux révolutions, aux mouvements et idéaux qui ont fait évoluer l’Histoire. On plonge dans le mouvement hippie, les maisons communes, les drogues, la lutte pour les droits des homosexuels et surtout, avec Sacha, on explore la lutte pour le droit des femmes.

Sacha et Max sont deux personnages attachants et bouleversants qui rendent l’histoire passionnante tant ils sont tiraillés entre leur amour l’un pour l’autre et les choix de vie différents qui sont sources de désaccords.

Ils arriveront à trouver un équilibre tout en respectant leur liberté respective tant leur amour est plus fort que ce qui les sépare. Les personnages secondaires qui les entourent sont très sympathiques, en particulier Doria, la mère de Max.

C’est une magnifique histoire d’amitié et d’amour que Tonie Behar nous offre, pleine de rebondissements, qui nous happe de la première à la dernière page. Je vous le conseille vivement.

Un grand merci à Slavka et aux éditions Charleston pour cette très belle lecture, j’ai adoré !

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Née en Normandie, dans l’Orne, Karine Lebert a été biographe puis journaliste à Paris-Normandie. Elle a notamment publié aux Presses de la Cité Les Amants de l’été 44, sa suite indépendante Pour l’amour de Lauren, Les Murmures du lac et Pour l’honneur des Rochambelles.

À Honfleur, en 1938, Pauline brave l’opinion publique en épousant Joachim, un réfugié allemand qui a fui la montée du nazisme. Les unions franco-allemandes sont mal acceptées et le couple est mis à l’index. Quand la guerre éclate, Pauline quitte tout pour suivre son mari, entré en clandestinité.

En 1946, dans un Berlin occupé par les Alliés, Hilda, la sœur de Joachim, tombe amoureuse d’un officier français. De cette liaison naît une enfant, Adeline, qui disparaît mystérieusement. Hilda se lance dans une recherche désespérée pour la retrouver.

Soixante-dix ans plus tard, à Cabourg, Valentine et Magda, deux jeunes musiciennes, deviennent inséparables. Valentine est normande et Magda, l’arrière-petite-fille de Pauline, allemande. Intriguée par l’histoire familiale de son amie, Valentine part sur les traces d’Adeline.

Quel plaisir de retrouver la plume de Karine Lebert à l’occasion de son tout nouveau roman : Les souvenirs et les mensonges aussi... Vous le savez si vous me suivez depuis un petit moment, j’avais adoré sa duologie Les amants de l’été 44 et Pour l’amour de Lauren et Pour l’honneur des Rochambelles qui avaient pour cadre la seconde guerre mondiale.

Si, comme moi, vous aimez les romans à plusieurs temporalités, les secrets de famille, les destins de femmes et que vous aimez retrouver la guerre 39/45 dans vos lectures, je ne peux que vous conseiller les romans de cette autrice.

Karine Lebert connaît très bien cette époque de notre histoire qu’elle prend pour toile de fond de ses romans. La romancière alterne la narration entre plusieurs époques, donnant tour à tour la parole à Pauline et à Hilda dans le passé, et à Valentine dans le présent. 

Cette nouvelle grande saga féminine de Karine Lebert entremêle la grande Histoire et les destins, passions et secrets de famille des Schultz, entre la France, l’Allemagne et l’U.R.S.S, avant, pendant et après la seconde guerre mondiale.

Entre passé et présent, souvenirs et mensonges affluent. Commence alors une véritable enquête sur le passé de Pauline qui semble avoir bien des choses à cacher.

L’histoire est très prenante de la première à la dernière page. Merveilleusement écrite et documentée, elle met en scène des couples franco-allemands à une époque où c’était franchement mal vu. Qu’importe, Pauline et Joachim iront jusqu’au bout et cela aura des répercutions importantes pour la famille de Pauline qui en paiera le prix fort.

Au-delà de l’histoire d’amour, Karine Lebert nous parle des maquis et de la résistance, des camps français, antichambre des camps d’extermination allemands. Puis, à la fin de la guerre, on suit en Allemagne Hilda, restée à Baden-Baden pendant la guerre et qui montre le peuple allemand souffrant des bombardements, de la famine, de l’occupation française, américaine et anglaise, etc. Et enfin, l’U.R.S.S où après l’appel de Staline en 1948, des communistes vont faire le choix d’émigrer, pleins d’espoir mais vite rattrapés par la dure réalité qui va les frapper sitôt la frontière franchie.

Et une fois de plus, je ressors enchantée de ma lecture. J’aime les romans historiques lorsqu’ils me permettent de me plonger dans une époque et de m’instruire, et c’est toujours le cas avec ceux de Karine Lebert.

Chacun de ses romans mettent en lumière des thèmes précis et ici elle aborde avec finesse et intelligence, le problème des amours « Franco-Allemands » durant la seconde guerre et le mirage du communisme au sortir de la guerre. 

Les personnages féminins se révèlent forts, volontaires, plein de courage pour faire face aux adversités qu’ils vont rencontrer sur leurs routes. Je les ai trouvés très attachantes, admirative de leur parcours, leur bravoure, leur énergie pour sauver leur famille des horreurs de ce conflit mondial.

Passionnant de bout en bout, le dernier opus de Karine Lebert est une belle ode aux femmes, ne le manquez pas !

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette très belle lecture.

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Aurélie Tramier, née à Aix-en-Provence en avril 1982, a poursuivi des études littéraires à Paris avant de se reconvertir dans le marketing. Maman de trois garçons, elle habite Munich où elle partage son temps entre l’écriture et son métier de consultante. En décembre 2017, elle a autoédité un premier roman, Vous reprendrez bien un petit chou ?. Elle est aussi l’autrice de La Flamme et le papillon (La Belle Etoile 2022). 

Alice, étudiante à Aix-en-Provence, vit une jolie histoire d’amour avec Charles, bûche son CAPES et arrondit ses fins de mois en travaillant au Lapin blanc, un salon de thé où l’on déguste de merveilleux cannelés.

Elle y retrouve tous les jours Elvire, une charmante vieille dame un peu excentrique qui passe des journées à tricoter pour ses petits-enfants. Alors qu’elle accompagne Elvire à l’église d’en face, la vieille dame est renversée par un scooter, et meurt dans ses bras.

Quelques jours plus tard, elle apprend, abasourdie, qu’Elvire lui a légué tous ses biens. Pour quelle raison, Alice n’en a aucune idée mais dlle est persuadée que la mort de son amie n’est pas accidentelle mais qu’il s’agit d’un meurtre.

Dès lors, Alice n’a plus qu’une idée en tête : rendre justice à cette femme qu’elle aimait. Qui est vraiment Elvire et pourquoi l’a-t-elle choisie ? Était-ce un accident ? Quels secrets lui cache-t-on ?

Depuis la parution de Peindre la pluie en couleur, j’avais très envie de découvrir la plume d’Aurélie Tramier et c’est avec son tout dernier roman, La flamme et le papillon, que j’ai pu le faire.

Si le résumé peut sonner comme un feel-good book, il n’en est rien : l’histoire est sombre et tragique, portée par une héroïne qui m’a franchement tapée sur les nerfs et dont la romance avec Charles m’a laissée de marbre!

Heureusement, j’ai eu un vrai coup de coeur pour Elvire, une femme qui m’a émue et dont l’histoire et la reconstruction m’ont beaucoup touchée.

L’existence de cette femme empoisonnée par une belle-mère qui la détestait en raison de sa beauté et par son mari pervers narcissique, a été émaillée de drames dont le plus grand fut la mort par overdose de sa fille unique, son trésor.

Ce roman fait la part belle aux secrets de famille, aux non-dits qui empoisonnent, aux conséquences du désamour, à l’emprise psychologique sur le construction de soi, à la dépendance affective et à ses effets parfois dévastateurs… mais aussi le pardon, l’amour maternel, la foi, la deuxième chance.

La plume d’Aurélie Tramier est belle, avec des jeux d’esprits, des références littéraires et de l’humour dont on a besoin car l’autrice n’épargne pas ses personnages et ses lecteurs ! Nous sommes au cœur de plusieurs drames qui, malheureusement sont encore très actuels.

Un récit qui a beaucoup d’atouts mais qui ne m’a pas emportée autant que je l’aurai souhaité, notamment à cause du duo Alice/Charles et de leur histoire d’amour qui n’apporte rien à l’histoire d’Elvire qui à elle seule fait tout l’intérêt du roman.

Merci à Audrey qui m’a accompagné dans cette lecture, vous pouvez retrouver son avis éclairé ici !

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Caroline Kant a longtemps vécu à Paris, rue Cavendish. Aujourd’hui, elle a quitté la ville, et partage son temps entre l’écriture et divers métiers.

C’est signé ! Charlotte a décroché un job dans une agence d’organisation de mariages : elle pourra soutenir sa famille pendant que son mari Alexandre lance sa boîte. Elle a même réussi à négocier ses mercredis après-midi pour passer du temps avec Lou et Gabriel, ses enfants.

Adieu, la vie imprévisible de free-lance et bonjour, les revenus réguliers, les congés payés et les pauses café ! Sauf que… Sa collègue Laetitia ne semble pas du tout ravie de son arrivée chez  » Tous en cœur  » et son comportement devient très, très inquiétant…

Pour ne rien arranger, Charlotte se dispute de plus en plus avec Alexandre et se rapproche peu à peu de Thomas, un bel homme très séduisant qui vient d’emménager dans l’immeuble avec ses enfants…

Après Les manigances de Margaux, j’avais hâte de retrouver Caroline Kant à l’occasion de Charlotte se cherche, second tome de sa saga en six tomes : L’immeuble de la rue Cavendish.

Cette série pleine de pep’s et d’humour, se révèle enlevée et moderne et entend traiter de sujets de société, du plus léger au plus grave. Porté par une plume alerte dans le décor vivant et chaleureux du quartier des Buttes-Chaumont, dans le XIXè arrondissement de Paris, ce second volume fut très agréable à lire mais aussi très prenant, tellement prenant que je l’ai lu en une journée !

Chaque tome est porté par un habitant différent de cet immeuble haussmannien typiquement parisien. L’immeuble de la rue Cavendish, véritable microcosme de la société, ne manque pas d’animation : entre les voisins qui s’installent, ceux qui disparaissent du jour au lendemain et les autres qui tombent amoureux, on ne s’ennuie jamais ! Et encore moins quand la mystérieuse chambre de bonne livre peu à peu ses secrets.

J’adore les romans qui nous font entrer au coeur des immeubles avec des personnages très variés, une belle solidarité et des thèmes de société, et c’est exactement ce que propose Caroline Kant, je ressors donc enchantée de cette lecture.

J’ai vraiment adoré ce second volume qui se lit tout seul ! L’histoire de Charlotte est pleine d’humour mais des thèmes plus graves la traversent aussi : le harcèlement au travail et les conséquences sur la vie de famille, la vie conjugale mise en péril, ses souffrances pas prises au sérieux par son mari ou ses amis qui minimisent les faits, l’adultère…

Charlotte est une femme très attachante, gentille et généreuse, soucieuse des autres, qu’on voit aux prises avec une collègue jalouse qui fait tout pour la pousser au burn-out et une patronne distante qui n’a aucun état d’âme et se fiche bien du mal-être de ses employées.

Comme dans le premier opus, le récit se concentre sur Charlotte mais on retrouve aussi au gré de ses rencontres, Margaux, Victoire, Guy, Markus et Jérôme… et on fait la connaissance des nouveaux voisins Leïla et Thomas. Les habitants de cet immeuble sont bien sympathiques et j’ai d’ores et déjà hâte de les retrouver dans le troisième tome à paraître en septembre.

Malgré un dénouement un peu trop rapide et qui manque pour moi d’approfondissement, j’ai passé un chouette moment de détente avec ce roman, une parenthèse bienvenue dans ces temps bien moroses.

Un grand merci aux éditions Les escales pour cette lecture distrayante mais pas que !

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Cadre dans une grande entreprise de services, passionnée d’histoire et de développement personnel, Carine Pitocchi a longtemps rédigé des articles pour des associations avant de se lancer dans l’écriture de romans. Elle a remporté en 2019 le  » Prix Romancière  » du concours de la collection &moi chez JC Lattès avec son roman Toi seul.

Août 1914. Aux quatre coins de l’Europe, la guerre éclate, séparant familles et amants. Lorsque leurs fiancés sont envoyés au front, Lady Julia et Lady Emily, malgré leur inquiétude grandissante, décident de s’engager elles aussi.

Julia rejoint la Croix Rouge à Genève, tandis qu’Emily se rend en Belgique pour aider la population sous occupation allemande.

En France, à quelques kilomètres des tranchées où se battent les hommes, Florine, jeune institutrice, apporte soutien et réconfort aux enfants de son école, alors qu’à Londres, la famille Murphy prospère grâce à une nouvelle activité : la fabrication d’obus.

À l’autre bout du continent, la princesse russe Elena Demidov renie sa famille et son titre pour se joindre à la révolte du peuple.

Avec Les cendres sous les coquelicots, nous retrouvons les héros des Rêves de nos mères là où nous les avions laissés. Dans ce second opus qui couvre tout le premier conflit mondial, Carine Pitocchi met en scène aristocrates et domestiques, soldats et civils, hommes et femmes pris dans la tourmente de la guerre.

De l’arrière aux tranchées, de l’Angleterre à la France en passant par la Russie, la Grande Guerre n’épargne personne et va voir s’effondrer les Empires que l’on croyait éternels.

Vous le savez j’adore les romans historiques et la première guerre mondiale est une thématique que j’aime retrouver dans mes lectures et avec ce roman choral palpitant, vibrant d’espoir et de fureur de vivre, je me suis régalée.

Carine Pittochi s’est très bien documentée et parsème son récit de personnages et de faits historiques avec habileté, tout se fond incroyablement bien et l’autrice ne tombe jamais dans la leçon d’histoire tant le souffle romanesque est présent de la première à la dernière page.

Tout au long de ce roman fleuve sans longueurs, un exploit !, on tremble pour nos héros, notamment Archie et Will, tantôt dans les tranchées sous le feu des balles, tantôt à bord de leurs aéroplanes. Avec eux, on suit le quotidien des hommes au front, leur condition de vie, les traumatismes, les blessures…

A l’arrière, on suit l’engagement des femmes, mis brillamment en lumière. Celui des ladies en tant qu’infirmières ou œuvrant pour la croix rouge mais aussi les espionnes. Celui des femmes du peuple qui font tourner le pays en l’absence des hommes.

Et bien sûr, avec Elena et Marina, on assiste à la révolution russe : les premières décisions des soviets, la fuite des aristocrates, la tuerie des Romanov…

Le récit de Carine Pitocchi est riche d’anecdotes, de faits réels. Elle nous offre un récit immersif et addictif : on est avec les personnages, on s’émeut, on rit, on vibre. Tous les personnages (assez nombreux), sont en plein coeur de cette horreur, on les voit évoluer, se battre et on s’attache à eux.

Leurs histoires s’entremêlent au fil des chapitres. Nous partageons leurs doutes, leurs joies, leurs souffrances, leurs douleurs physiques et morales. Bien sûr, certains sont davantage exploités que d’autres mais comme nous sommes dans une saga, nul doute que des personnages esquissés ici prendront plus d’importance dans les prochains volumes.

Si vous aimez les romans historiques et les saga familiales, vous devez absolument découvrir les romans de Carine Pitocchi. Quant à moi, j’attends désormais la parution du tome 3 avec impatience.

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En ressuscitant le passé, Marina Dédéyan livre ses découvertes et ses interrogations au travers d’anecdotes troublantes qui ont ponctué sa quête. Là où le crépuscule s’unit à l’aube est son septième roman.

« Ils rentrèrent en traîneau à Saint-Pétersbourg, dans le paysage bleuté de l’hiver. Les sapins, les bouleaux et les trembles se détachaient sur fond blanc telles des gravures à la pointe sèche. Le froid et le silence figeaient le monde dans une immuabilité rassurante. Le crissement des patins, le halètement des chevaux, le claquement du fouet, chaque son prenait une intensité particulière dans la pureté de l’atmosphère. La neige effacerait vite les deux sillons laissés derrière eux, la vie comme un passage. »

Avec Là où le crépuscule s’unit à l’aube, écrit en hommage à sa chère Baba, Marina Dédéyan ressuscite le fantôme de ses arrière-grands-parents, Julia et William Brandt.

De Riga à Zurich, de Saint-Pétersbourg aux chemins de l’exil, du régime tsariste à la révolution, de 1900 à 1918, c’est tout un pan de l’histoire russe qui nous est aussi racontée à travers la famille de l’autrice.

Si vous aimez les grandes fresques historiques et la Russie, je ne peux que vous conseiller cette petite brique absolument passionnante, où l’on croise la famille impériale, Lou Andréas Salomé, Rilke et Nijinski, les familles Nabokov et Fabergé et bien d’autres grands noms qui ont marqué cette époque.

Dans cette fresque russe, Marina Dédéyan explore la mémoire familiale pour retracer l’histoire de Julia et William au tournant du XXe siècle, entre grandeur d’avant-guerre et tourmente révolutionnaire.

Le roman, richement documenté et très bien écrit, nous entraîne au coeur de la bourgeoisie d’affaires russe, très critique envers le régime autocratique du dernier tsar de toutes les Russies, Nicolas II.

Les chapitres, très courts, sont regroupés en grandes parties rythmant l’ascension puis la chute de la famille Brandt. En début ou en fin de parties, des chapitres en italique écrits à la première personne nous ramènent à notre époque, aux recherches et aux découvertes marquantes de l’autrice, dans le cadre de la rédaction de son livre.

Les personnages sont nuancés et bien dessinés, je me suis attachée à William et à Julia, touchée par leur histoire d’amour, celle d’un banquier richissime et d’une petite paysage désargentée lettone et j’ai pris plaisir à suivre leur évolution de la première à la dernière page.

Julia est une héroïne forte et courageuse, qui ne va pas hésiter à fuir son pays afin de quérir un avenir meilleur en Russie et William est un patron progressiste, soucieux du bien-être de ses employés.

Comme je suis fascinée par l’histoire russe et la ville de St Pétersbourg, cette lecture m’a réellement enchantée, j’avais l’impression de parcourir l’ancienne capitale des tsars, et historiquement parlant, c’est très intéressant de suivre la vie politique de cette époque charnière qui a fait basculer le pays de l’autocratie à la dictature communiste.

Une histoire vraie mais absolument romanesque que je vous conseille si ce que je vous en ai dit vous séduit et je remercie les éditions Robert Laffont pour cette lecture passionnante.


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Sophie Astrabie vit à Toulouse. Après Le Pacte d’Avril (Albin Michel, 2018 ; Le Livre de Poche, 2019) et La Somme de nos vies (Flammarion, 2020 ; J’ai lu, 2021) qui a rencontré un beau succès, Les Bruits du souvenir (Flammarion, 2022) est son troisième roman.

Après la mort de sa mère, Claire découvre que celle-ci lui a légué un carnet ainsi qu’un appareil photo dans lequel se trouve une pellicule. Le lien entre les deux objets ? Marelle, un petit village de l’Aveyron où la jeune femme a passé les étés de son enfance.

Il n’en faut pas plus pour la décider à tout quitter : son job de professeur de français, son amoureux bien trop possessif. Sous une autre identité, Claire s’installe à Marelle, en quête de ce passé flou et de cette mère qui lui a si souvent échappé.

Au fil des pages et des clichés, elle découvre des souvenirs qui vont bousculer ses croyances…

L’an dernier, j’avais adoré La somme de nos vies, j’étais donc très curieuse de retrouver la plume de Sophie Astrabie avec Les bruits du souvenir. Ce roman, c’est l’histoire d’une fuite comme une échappatoire pour mieux se retrouver. Celle de Claire qui devient Marie suite au décès de sa mère dont elle n’était pourtant pas très proche.

Ce décès va pourtant servir de détonateur à la jeune femme pour larguer les amarres et s’inventer une nouvelle vie. Sa vie d’avant est pétrie de regrets avec des repères parentaux faussés, un père qui disparait alors qu’elle n’a que six ans, une grand-mère avec qui on coupe les ponts sans raison et une mère avec qui le lien est difficile.

Le sujet et les thématiques, notamment le poids des souvenirs, sont intéressants mais je suis passée à coté de cette lecture, de cette héroïne froide et distante à laquelle je n’ai jamais pu m’attacher.

Je trouve aussi qu’il y a des facilités et un manque de crédibilité dans ce récit : Claire trouve de faux papiers en aller chiner aux puces, contracte un prêt bancaire sans fiche de paie, etc

Alors certes l’important est ailleurs mais ce genre de choses me chiffonne toujours surtout lorsque l’histoire finit par m’ennuyer très vite.

Je lui ai préféré l’histoire de Sylvie et Laurence que l’on découvre au fur et à mesure que notre héroïne lit leur histoire dans le carnet laissé par sa mère. Leur amitié, leur complicité, leur sororité m’a beaucoup touchée mais cette partie-là tient peu de place dans ce roman hélas.

Pour moi c’est une déception, ce roman s’est révélé sans relief, peu crédible, peu original et plutôt ennuyeux. Mais les avis que j’ai pu lire sont dithyrambiques, ne vous arrêtez donc pas à mon avis si il vous tente !

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Professeure d’histoire-géographie, Florence Roche vit en Haute-Loire. Très impliquée auprès de ses élèves, elle partage son temps entre l’écriture et l’enseignement ; elle publie son premier roman en 1999. Auteure de près d’une vingtaine de romans, elle aime mêler la grande Histoire au suspense. 

Dans les années 1960, les secrets de la guerre commencent seulement à affleurer. Ainsi, Samuel, jeune professeur, apprend, à la mort de sa mère adoptive, qu’il a été recueilli en 1943 non loin de la frontière suisse où un réseau de passeurs aidait les Juifs à fuir.

En Haute-Loire, Camille, elle, seconde sa mère Catherine, une veuve qui dirige avec autorité un pensionnat de jeunes filles. L’arrivée d’une nouvelle enseignante, qui porte de lourdes accusations à l’encontre de Catherine, va remettre en cause les certitudes de Camille sur sa filiation.

C’est dans la région d’Annecy que Samuel et Camille vont se rencontrer par hasard au milieu des ruines du chalet des anciens passeurs de Juifs. Tous deux se lancent dans une périlleuse quête de leurs origines et, surtout, découvrent l’amour…

Avec Le pensionnat de Catherine, Florence Roche nous offre un roman à double temporalité à la fois en mai 1943 et dans les années 60. Pendant la guerre, Samuel et sa famille ont été victimes de passeurs crapuleux qui aidaient les familles juives à passer en Suisse. Le jeune garçon a été séparé de ses parents et recueilli par Madou qui l’a élevé comme son propre fils.

A la mort de celle-ci, il décide d’enquêter sur le réseau de passeurs et sur ce qu’il a pu advenir de ses parents. Il sera aidé par Camille dont la mère Catherine était marié avec David Lardener, le passeur qui avait promis de les emmener sains et saufs en Suisse.

Si vous aimez la seconde guerre mondiale, les romans à double temporalité et les secrets de famille, ce roman a de grandes chances de vous plaire. Florence Roche alterne les époques tout au long du récit et on va de révélations en révélations jusqu’au point final.

De ce point de vue, ce roman est réussi, il y a suffisamment de mystères, de secrets, de zones d’ombres pour que cette lecture soit agréable et qu’on est envie d’y revenir.

Nos deux héros sont attachants même si je les trouve un peu trop lisses à mon goût et les autres personnages manquent de nuances et se révèlent très manichéens (les méchants sont vraiment méchants et les gentils vraiment gentils).

L’enquête menée par Camille et Samuel est intéressante même si je trouve qu’elle est rapide et un peu trop facile à mon goût : les rebondissements s’enchaînent sans que l’on ait le temps de dire ouf.

Certes, il était plutôt aisé de retrouver les protagonistes témoins de la guerre une quinzaine d’années après les faits, d’autant que les gens vivaient encore dans la même zone géographique tout au long de leur vie, mais il n’empêche qu’ils progressent vite et sans le moindre écueil sur leur route.

Même si je déplore un manque de profondeur et quelques facilités, cette histoire m’a néanmoins tenue en haleine et nous rappelle que si il y eut des passeurs qui ont agi par humanité et solidarité envers les juifs, d’autres en ont profité pour faire fortune dans des conditions innommables.

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Avant de se consacrer à l’écriture, Lorraine Fouchet a été urgentiste. Elle est l’auteur de vingt-deux romans et d’une lettre ouverte à son père, J’ai rendez-vous avec toi. Ses derniers succès, Entre ciel et Lou, J’ai failli te manquer et Face à la mer immense ont paru chez EHO. Elle vit entre les Yvelines et l’île de Groix.

En lisant les petites annonces, Pierre Saint-Jarme découvre que Ker Joie, la maison de famille vendue dix ans plus tôt, au décès de son père Philippe, est de nouveau sur le marché. Il se précipite pour la racheter. Trop tard.

Alors il la loue, le temps d’un week-end, pour réunir la tribu sur l’île de Groix et organiser l’anniversaire d’Adeline, sa mère. Mais Pierre n’est pas le seul à lire les journaux… Un accident survenu il y a trente-sept ans s’invite à la fête.

Tandis qu’Adeline souffle ses quatre-vingts bougies et pioche des moments précieux dans le bocal à émotions, les fracas du passé tracent vers l’île.

Après mon joli coup de coeur au printemps dernier pour Face à la mer immense, j’avais très envie de retrouver l’île de Groix et la plume de Lorraine Fouchet. J’ai tout naturellement jeté mon dévolu sur son dernier-né A l’adresse du bonheur.

Et si vous pouviez racheter votre maison d’enfance ? Ce roman ravive les souvenirs, parle du serment d’Hippocrate, de rancune tenace, et surtout d’amour. Il appelle à éclairer la nuit pour ceux qu’on aime, et réveille le parfum des vacances et des recettes de grand-mère.

J’ai dévoré ce livre qui semble léger au premier abord mais qui ne l’est pas tant que cela. J’ai aimé cette histoire de résilience qui parle de sujets graves et actuels et notamment du monde d’après, celui de la première vague de covid et du confinement qui a paralysé la France au printemps 2020.

Cette épidémie a fait bon nombre de victimes autant physiquement que psychologiquement, Lorraine Fouchet sait de quoi elle parle, elle est médecin et elle a vu tout ça au plus près.

Il y a les burn-out des médecins impuissants face au raz-de-marée de victimes qui s’est emparé des hôpitaux, de tous ces gens morts seuls, ces enterrements sans famille, la culpabilité, les couples qui se défont à force de vivre 24h sur 24 ensemble mais aussi les faillites de commerçants…

Des sujets douloureux mais aussi un bel hommage aux soignants qui ont tenu bon la barque quitte à s’effondrer ensuite, remettant en question leurs vocations. Des thèmes graves mais qui ne tombent jamais dans le pathos, il y a aussi beaucoup de légèreté, d’humour et bien sûr l’île de Groix et les recettes de cuisine de mamie Adeline pour détendre l’atmosphère.

Je me suis régalée avec ce roman qui alterne moments légers et graves, anecdotes drôles et émouvantes. Les personnages ont tous leurs failles et leurs forces, leurs défauts et leurs qualités et je les ai trouvé bien attachants dans l’ensemble avec un petit coup de coeur pour la matriarche Adeline vraiment épatante.

Une lecture agréable faite sous le soleil de ma Bretagne, à quelques encablures de Groix ! Je vous la recommande si ce que je vous en ai dit vous séduit !

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Caroline Kant a longtemps vécu à Paris, rue Cavendish. Aujourd’hui, elle a quitté la ville, et partage son temps entre l’écriture et divers métiers.

Après une douloureuse rupture, Margaux, la vingtaine, s’installe dans l’appartement que lui prête son oncle Aurélien, chirurgien à la retraite, rue Cavendish.

Proche des Buttes-Chaumont, l’immeuble ne manque pas d’animation : entre la concierge désagréable qui exige qu’on l’appelle Mme Nathalie, le vieux fou du 2e et l’insupportable gamine du 4e, Margaux trouve à peine le temps de se vautrer devant ses films d’horreur préférés !

Heureusement, elle peut compter sur ses autres voisins : Victoire, Charlotte et Markus répondent toujours présents pour débriefer autour d’un verre. Surtout quand Margaux rencontre le beau gosse de l’immeuble en face !

Mais tout se complique quand des bruits inquiétants s’échappent de l’appartement au-dessus : Margaux décide alors de mener l’enquête, au risque de se mettre elle-même en danger. Et tant pis si tout le monde pense qu’elle devient complètement folle !

Les manigances de Margaux est le tout premier tome d’une saga en six tomes : L’immeuble de la rue Cavendish qui paraît aujourd’hui en même temps que le second volume, Charlotte se cherche.

Cette série pleine de pep’s et d’humour, se révèle enlevée et moderne et entend traiter de sujets de société, du plus léger au plus grave. Porté par une plume alerte dans le décor vivant et chaleureux du quartier des Buttes-Chaumont, dans le XIXè arrondissement de Paris, ce premier volume met clairement l’eau à la bouche.

Chaque tome est porté par un habitant différent de cet immeuble haussmannien typiquement parisien. L’immeuble de la rue Cavendish, véritable microcosme de la société, ne manque pas d’animation : entre les voisins qui s’installent, ceux qui disparaissent du jour au lendemain et les autres qui tombent amoureux, on ne s’ennuie jamais ! Et encore moins quand la mystérieuse chambre de bonne livre peu à peu ses secrets.

J’adore les romans qui nous font entrer au coeur des immeubles avec des personnages très variés, une belle solidarité et des thèmes de société, et c’est exactement ce que propose Caroline Kant, je ressors donc enchantée de cette lecture.

J’ai vraiment bien aimé ce premier volume qui se lit tout seul ! L’histoire de Margaux est pleine d’humour mais des thèmes plus graves la traversent aussi : le deuil de sa première histoire d’amour, les violences conjugales, la dépendance des personnages âgées, des thématiques très actuelles mais aussi les traumatismes de la seconde guerre mondiale avec cette chambre de bonne mystérieuse qui a abrité des enfants juifs, les sauvant de la déportation.

Margaux est une jeune femme très attachante et généreuse, soucieuse des autres, bien qu’obsessionnelle, qui ne peut s’empêcher d’enquêter sur son voisin du dessus qui semble battre et terroriser sa jeune épouse venue d’Ukraine. Alors que tout son entourage lui dit de ne pas s’en mêler, que ce ne sont pas ses affaires, elle va tenir bon pour sauver Perla.

Malgré un dénouement un peu trop rapide et qui manque pour moi d’approfondissement, j’ai passé un chouette moment de détente avec ce roman, une parenthèse bienvenue dans ces temps bien moroses.

Un grand merci aux éditions Les escales pour cette lecture distrayante mais pas que !

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