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Archive for the ‘Littérature française’ Category

Hugo Bernard a 43 ans. Il est né à Carcassonne. Après un temps passé à collaborer avec Météo France, Toulouse, il travaille désormais dans une agence publicitaire.

Mardi 2 janvier 2001, Renard-les-bains. Alors qu’Alice Fantin, une petite fille de quatre ans, se promène en forêt avec son père, elle se volatilise en quelques secondes. Son père retrouve son paquet de chips abandonné près d’un trou creusé en 1939.

Pour Benoit, il ne fait aucun doute que sa fille y a chuté et qu’elle en est désormais prisonnière. Ce mystérieux trou de trente-cinq centimètres de diamètre et cent sept mètres de profondeur creusé dans la montagne, à l’orée de la forêt, devient du jour au lendemain l’unique préoccupation d’une petite ville, le réceptacle des espérances, des colères et des secrets inavouables…

L’éternelle chute d’Alice est le premier roman d’Hugo Bernard. Son titre est un clin d’oeil et un hommage à Alice au pays des Merveilles de Lewis Carroll à laquelle l’auteur voue une passion.

Avec ce récit, Hugo Bernard nous brosse une comédie humaine sans temps mort, un conte de fées profond et cruel, avec ce qu’il faut d’humour et de suspense !

La disparition d’Alice est prétexte à nous conter les travers, les secrets, les bassesses et les mensonges de plusieurs habitants de Renard-les-bains, quasiment tous antipathiques, il faut bien l’admettre.

Véritable roman choral, il donne tour à tour la parole à six protagonistes qui ont tous des choses à se reprocher ou des revanches à prendre. Leurs histoires s’imbriquent telles les pièces d’un puzzle et met en lumière leurs personnalités.

On en apprend aussi un peu sur l’histoire de ce village encore hanté par la mort d’un jeune enfant, Marcel, à qui on rend hommage chaque 1er janvier.

Le drame d’Alice et de sa famille plonge le village en émoi et avec lui la France entière car les caméras sont braquées nuit et jours sur ce trou d’où rien ne s’échappe jamais. Certains prient pour que la fillette soit saine et sauve et d’autres pour voir enfin leur premier cadavre, ambiance !

Le style de l’auteur est fluide et agréable, il use facilement de causticité et d’humour. L’histoire est prenante jusqu’au dénouement que j’ai trouvé très réussi. Un roman surprenant en somme !

Petit bémol toutefois, je n’ai pas goûté la grossophobie que l’auteur met dans son texte, c’est bien simple, les méchants de l’histoire sont gros et l’auteur insiste bien sur cet aspect, je trouve le procédé vraiment inutile, il aurait pu s’en passé.

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette lecture dépaysante !

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Livia Meinzolt est née en 1992. Très jeune, elle a su qu’elle voulait écrire, mais elle a consacré les premières années de sa vie d’adulte à assouvir sa seconde passion : les voyages. Ces cinq années passées sur les routes du monde, et notamment en Russie où elle est tombée amoureuse de Saint-Pétersbourg, ont nourri son imagination. Le Bruit des pages, son premier roman (Charleston, 2019), a séduit le jury du Prix du Livre Romantique.

2016, Paris Éva hérite d’une librairie dans le quartier de la Butte aux Cailles. Les exigences du vieux propriétaire avec lequel elle s’était liée d’amitié ? Que la librairie ne soit jamais vendue et qu’Éva y conserve un tableau représentant une jeune femme, penchée sur un carnet, aux pieds d’un acacia majestueux.

Bientôt, elle se prend à imaginer la vie de la femme du tableau, Apollinariya Ivanovna Lubiova, une jeune aristocrate russe, vibrante de rêves et d’idéaux au coeur de l’été 1916. Mais tandis que les mois passent, fiction et réalité semblent se confondre…

Et si la librairie renfermait des mystères insoupçonnés ? Le voyage d’Éva à Saint-Pétersbourg pourrait-il l’aider à comprendre le lien étrange qui l’unit à Apollinariya ?

Le bruit des pages est le premier roman de Livia Meinzolt, couronné du prix du livre romantique Charleston 2019. Un récit à double temporalité, avec des secrets et une immersion au cœur de la révolution russe, voilà autant de bonnes raisons pour moi de l’ajouter à ma pal et de le lire.

Et si sur le papier il avait tout pour me plaire, la réalité a été tout autre et je sors de cette lecture très déçue. J’en attendais certainement trop et c’est donc mon premier flop de l’année que je vous présente ici.

Livia Meinzolt s’essaie à un exercice périlleux : un récit à double temporalité. Hélas, n’est pas Kate Morton qui veut, et l’autrice n’a, pour moi, pas bien géré cet aspect.

Les deux histoires se ressemblent trop et surtout, et les passages de l’une à l’autre temporalité sont maladroits et bien trop vus et revus. Raconter l’histoire au passé par le biais d’un journal, franchement c’est loin d’être original !

Le récit au présent est trop long, assez niais et porté par une héroïne que j’ai trouvé agaçante au possible. Il ne se passe quasiment rien et je me suis vite ennuyée.

Heureusement, j’ai beaucoup aimé le récit au passé, très bien écrit et truffé de références littéraires et musicales russes mais historiquement parlant, pas fouillé du tout, cela aurait pu se passer à un autre moment qu’on n’aurait pas vu la différence.

L’histoire d’amour passionnée mais interdite entre Polina et Sasha, une aristocrate et un révolutionnaire russe, n’est pas nouvelle mais leurs personnalités exaltées, le romantisme et la passion qui les anime, m’ont séduite.

Un roman terminé en diagonal et qui se révèle sans surprise, totalement prévisible de bout en bout, je l’oublierai vite !

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Jean-Guy Soumy a étudié la physique et les mathématiques à l’université de Limoges. Actuellement professeur de mathématiques à l’I.U.F.M. du Limousin à Limoges et vit près de Bourganeuf.

Au pied du massif du Mont-Blanc, au moulin d’Entrève, la grande roue s’est arrêtée, l’eau du torrent ne coule plus. Le fils du meunier, Térence, cartographe et peintre paysagiste dans l’armée de Napoléon, promet à son père sur son lit de mort d’en découvrir la raison.

Pour remonter à la source, il part à l’assaut de la montagne. Au terme d’une ascension semée d’épreuves, il accède enfin à un hameau menacé par la progression d’un glacier gigantesque. C’est là qu’il perce le secret de la malédiction d’Entrève et rencontre l’amour…

Avec Le sentier des âmes, Jean-Guy Soumy nous propose un roman initiatique au temps de l’Empire mais aussi une formidable ode à la nature qui nous rappelle qu’il y a deux siècles, les hommes et les femmes subissaient déjà un réchauffement climatique !

Le sentier des âmes, c’est celui qu’emprunte Térence, peintre paysagiste dans l’armée de Napoléon, sur les pentes du massif du Mont-Blanc, jusqu’à un hameau menacé par un gigantesque glacier, où il découvrira l’amour et la solidarité humaine face à une nature implacable.

Pour bâtir son intrigue, l’auteur s’est inspiré d’un fait réel qui a marqué la fin du petit âge glaciaire : le recul du Mainfroi. Affaibli par le réchauffement climatique, le barrage qu’il constituait dans la vallée de Stelvio céda au cours d’une nuit emportant plusieurs villages et causant la disparition d’une quarantaine de personnes.

Roman initiatique mais aussi roman d’ambiance car Jean-Guy Soumy met réellement la nature au coeur de son récit et au fil des pages, on s’y croirait. La plume de l’auteur est très agréable et le récit, bien que lent et assez contemplatif, se lit avec plaisir.

L’auteur mêle à son intrigue écologie, amitié, superstitions, religion, peinture, met en lumière l’entraide des montagnards et apporte aussi une petite dose d’amour.

L’histoire est intéressante à lire, spécialement pour ceux qui apprécient le Nature Writing, portée par des personnages forts, en particulier Terence et Béatrice, dont les personnalités détonnent dans la France de ce début du XIXè siècle.

Le dénouement est réussi et plein d’humanité. Cerise sur le gâteau : le clin d’oeil à Henri Beyle, futur Stendhal et ami de Terence.

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette lecture qui ne manque pas d’intérêt !

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Moins connue par la postérité que son père Théophile, Judith Gautier (1845-1917) côtoie tout au long de sa vie le Paris artistique de la Belle Epoque. Tour à tour poétesse, romancière, journaliste et traductrice, elle est la première femme à être devenue membre de l’académie Goncourt.

Gilbert, lieutenant de marine, est en permission, pour se rétablir après une maladie. Mélancolique, il trouve la vie ennuyeuse et pense que rien ne peut toucher son coeur, lorsqu’il croise le chemin d’Isoline et en tombe amoureux.

De son côté, la jeune fille, qui vit isolée dans un château où son père refuse de lui parler et évite tout rapport avec elle, pense n’avoir plus rien à espérer de la vie.

Sa rencontre avec Gilbert va changer ses perspectives et la relation amicale qu’ils nouent va rapidement se transformer en passion amoureuse. Mais le père d’Isoline ne l’entend pas de cette oreille…

Avec Isoline, Judith Gautier dresse le portrait fascinant d’une héroïne rebelle, qui trouve refuge dans la nature et la lecture.

Ce court roman d’environ 80 pages paru en 1882, fait partie de ces romans gothiques très en vogue au XIXè siècle. Un genre essentiellement féminin et leurs autrices, Ann Radcliffe en tête, sont passées à la postérité sous le terme de Gothiques Females.

Isoline coche en effet toutes les cases du genre : une jeune fille innocente et isolée dans un château perdu dans la campagne, sous le joug d’un père tyrannique qui lui voue une haine féroce depuis sa naissance et où la nature est présente à chaque page.

Cette volonté de se dresser contre le patriarcat va être le moteur d’Isoline, injustement cloitrée depuis le jour de sa naissance et que son père veut maintenir dans sa prison dorée.

Ce texte comme son autrice, fille du prolifique Théophile Gautier (poète, romancier et critique d’art), ne sont pas passés à la postérité et on peut se féliciter que les éditions Librio aient eu la bonne idée d’exhumer quelques courts romans publiés dans leur collection Œuvre du Matrimoine.

Si ce récit reste de facture très classique, la plume de Judith Gautier vaut le détour, ses descriptions du paysage breton sont vraiment belles. Son héroïne Isoline se révèle pugnace et va prendre en main son destin d’une façon très maligne.

Une histoire qui ne me restera pas longtemps en mémoire car l’histoire est trop fugace mais elle fut bien agréable à lire et c’est déjà très bien !

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Amélie Antoine est née en 1984. Elle vit à Lille avec sa famille. Auteure remarquée pour la sensibilité de son écriture, elle a publié trois romans chez XO Éditions, Raisons obscures, Le jour où et Le Bonheur l’emportera.

1985, Sabran-sur-la-Lys. Un paisible petit village du nord de la France où tout le monde se connaît, depuis toujours. Un petit village où tout se sait. Et où, surtout, rien ne s’oublie.

Après avoir fait l’acquisition du château, un mystérieux personnage achète maison sur maison. De lui, on ne connaît que le nom : Clément de Clercq. Un matin, les villageois découvrent avec effroi que les portes et les fenêtres de toutes ces demeures ont été retirées. Les habitations sont ouvertes aux quatre vents, abandonnées, défigurées.

Bouleversée, une jeune femme, Léa, décide de tout faire pour sauver le village de son enfance. Il lui faudra alors fouiller dans les mémoires jusqu’à plonger au cœur d’un passé qu’aucun habitant n’a envie de revivre…

Aux quatre vents est un roman à double temporalité, avec des secrets de famille et porté par deux héroïnes que j’ai eu plaisir à suivre de la première à la dernière page. En 1985, on met nos pas dans ceux de Léa Ackerman, dont les parents ont été déportés pendant la guerre et qui a échappé à la solution finale grâce au dévouement d’un couple de Sabran. Et de 1942 à 1944, on suit Charlotte, amoureuse d’un soldat allemand. Une passion qui va la jeter au banc de la société, en bute à l’hostilité des villageois.

Amélie Antoine nous conte en creux l’histoire d’un homme qui, sans même en avoir conscience, se lance dans une quête éperdue d’identité. Car qui est-on quand on ignore d’où l’on vient ? On dit que chaque famille a ses secrets et c’est encore plus vrai en temps de guerre.

Des petites ruelles, de jolies maisons et un château : Sabran-sur-La-Lys est un joli village qui attirait les touristes, jusqu’à un jour de 1984 où un millionnaire inconnu, dont on ne connait même pas le visage, achète le château le fermant aux visites. Peu à peu il fait l’acquisition de chaque maison en vente puis, il en fait enlever portes et fenêtres, les laissant ainsi à l’abandon.

Les activités commencent à péricliter, le bourg se meurt. La colère gronde chez les habitants qui ne comprennent pas pourquoi cet homme agit ainsi ? Quel est son but ? Est-ce une vengeance ?

Ce n’est pas le premier livre d’Amélie Antoine que je lis et ce ne sera pas non plus le dernier. Aux quatre vents est une belle histoire, très émouvante. Même si j’ai rapidement deviné le mobile de Clément de Clercq, et les tenants et aboutissants du récit, je n’ai pas boudé mon plaisir et je n’en ai fait qu’une bouchée.

J’ai adoré l’histoire au passé, je me suis attachée à Charlotte et son histoire d’amour avec son soldat allemand m’a beaucoup émue même si elle a des airs de déjà-vu. L’autrice construit habilement son récit, sait jouer avec nos sentiments au fil des pages et montre à quel point l’être humain peut être ambigu, capable du pire comme du meilleur.

On aime et on déteste les personnages, certains se révèlent réellement odieux, on a le cœur serré à certaines scènes et on s’interroge sur les actes de beaucoup d’entre eux, sur ce qu’on aurait fait pendant la guerre et l’épuration. Aurait-on été du bon côté de l’Histoire ? Nul ne le sait !

Petit bémol toutefois : les dernières pages sont un peu abruptes et m’ont laissées sur ma faim car je m’attendais à un véritable dénouement et non une fin aussi ouverte.

Je vous le conseille néanmoins si vous aimez les romans à double temporalité et les secrets de famille, vous ne devriez pas être déçu.es !

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Zoé Brisby vit et écrit à Paris. Historienne de l’art, elle mène une double vie entre littérature et culture. Ses romans, traduits en plusieurs langues et sélectionnés pour plusieurs prix littéraires, ont déjà conquis des milliers de lecteurs à travers le monde.
Après L’habit ne fait pas le moineau, Bons baisers de Copenhague, Plus on est de fous… et Les Égarés, elle nous offre une délicieuse comédie de Noël.

Arnac-la-Poste. Haute-Vienne. 900 habitants. Capitale mondiale de Noël. Mais derrière ses décorations fastueuses, son concours de chocolat chaud et son célèbre marathon de Noël se cache un mystérieux écrivain.

Ben travaille dans une grande maison d’édition mais il est cantonné à la rédaction des lettres de refus, jusqu’au jour où il découvre le manuscrit qui pourrait révolutionner la littérature.

Arrivé au village, rien ne se passe comme prévu. L’écrivain propose à Ben un drôle de marché : redonner le sourire à Laly, sa fille, en échange de la signature du contrat d’édition.

Entre sa timidité maladive et sa phobie de Noël, Ben parviendra-t-il à remplir sa mission ?

La fille qui n’aimait pas Noël signe mes retrouvailles avec Zoé Brisby que j’avais découvert avec L’habit ne fait pas le moineau il y a près de deux ans. C’est la première incursion de l’autrice dans le genre de la romance de Noël et pour une première fois, c’est une réussite !

Si Zoé Brisby reprend tous les codes de la comédie romantique de Noël, avec un décor douillet, de l’humour, de l’émotion, des personnages attachants, elle fait aussi souffler un petit vent d’originalité et ça fait du bien.

Une fois n’est pas coutume, c’est un homme qui est le héros et narrateur de l’histoire. Alors certes, Ben déteste Noël mais il a de bonnes raisons pour cela mais il ne recherche pas l’amour et ça va lui tomber dessus sans qu’il s’en rende vraiment compte.

Il se retrouve catapulté à Arnac-la-Poste car dans la pile des manuscrits refusés par la maison d’édition dans lequel il est employé, il a eu un coup de coeur pour un roman dont l’auteur habite le village. Sa mission : faire signer l’auteur ou être viré, tel est le deal imposé par sa boss !

Le voilà donc à Arnac-la-Poste, et à Arnac-la-Poste, ils ne rigolent pas avec Noël, c’est le moins que l’on puisse dire. J’ai adoré l’atmosphère joyeuse et réconfortante de ce village qui affiche haut et fort son amour pour cette fête, ses habitants, notamment le maire hyper actif et l’aubergiste astrologue, le marathon de Noël… Ben et Laly nous font vivre de chouettes moments où l’humour est omniprésent mais l’émotion aussi.

Ben est un homme hyper attachant, qu’on a envie de prendre dans ses bras tant la vie l’a malmené et on a plaisir à le voir enfin heureux et épanoui auprès de Laly. Entre le marathon de noël, le bal dansant et le karaoké, Ben n’est pas prêt d’oublier son séjour à Arnac-la-Poste ni même la belle Laly qui a mis de la gaieté dans sa vie plutôt morose.

Zoé Brisby a une plume très fluide, son récit est très rythmé et je suis venue au bout de cette romance en 24h tant j’étais prise dans l’histoire. Et je compte bien découvrir ses autres romans dans les mois qui viennent.

Un petit bémol toutefois : la fin trop expéditive à mon goût mais peut-être l’autrice nous réserve-t-elle une suite pour Noël prochain ? J’aimerai bien en tout cas !

Vous l’aurez compris, je vous recommande cette romance de Noël très réussie !

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Figure incontournable de la scène littéraire francophone, Sophie Jomain a écrit plus de vingt romans allant de la littérature fantastique à la comédie en passant par le roman contemporain. Avec Les étoiles brillent plus fort en hiver, elle nous offre sa toute première comédie de Noël.

Rosalie Ernst est formelle, les tortues ne fêtent pas Noël sous la neige. Adieu marrons chauds, bredeles et paysages enneigés. À Saint-Barthélemy, petit paradis perdu au milieu des Caraïbes, c’est cocotiers, sable fin et riches propriétaires blasés. Alors cette année, pour son premier Noël loin de son Alsace natale, c’est décidé, elle change tout.

Car tout changer, n’est-ce pas la raison pour laquelle elle a accepté de s’installer ici et de travailler pour une agence immobilière de luxe ? Mais entre une boss insupportable, un adolescent sauveteur de tortues sorti de nulle part et un apollon aux abords peu sympathiques, l’ambiance n’est pas vraiment à la fête…

Après mon gros coup de coeur pour Les étoiles brillent plus fort en hiver, j’ai été ravie de retrouver Sophie Jomain avec Les tortues ne fêtent pas Noël sous la neige, sa deuxième romance de Noël.

Si les histoires peuvent se lire indépendamment car les protagonistes principaux sont différents, il y a un personnage plein de magie que j’ai eu plaisir à revoir : Nicolas Claus.

D’une plume emplie d’humour, Sophie Jomain nous emmène fêter Noël sous les tropiques et nous offre une comédie romantique surprenante, pétillante et ensoleillée… saupoudrée d’une pincée de magie !

Si le roman a pour cadre une ile idyllique, St Barth, donc pas de neige à l’horizon, il respecte malgré tout ce qu’on attend de ce genre avec un dénouement happy, mais sans être gnangnan ni bourré de clichés !

C’est bien simple j’ai tout aimé ! Les personnages tous tellement attachants : Rosalie et Bastien bien sûr mais aussi Henry, l’adolescent orphelin qui souhaite rencontrer sa grand-mère paternelle.

J’ai adoré la petite touche de magie avec la présence de Nicolas Claus, de son épouse et de ses trois lutins, le père Noël engagé par la commune, qui insufflent l’esprit de Noël que j’adore.

Mais ce roman n’est pas qu’une histoire d’amour toute mignonne, Sophie Jomain aborde des sujets profonds que je ne m’attendais pas à trouver ici : le deuil, violences conjugales, harcèlement au travail, précarité…

Les rebondissements qui émaillent le récit, l’humour et les situations cocasses m’ont fait bien rire mais il y a aussi beaucoup d’émotion et Sophie Jomain sait passer de l’un à l’autre avec virtuosité.

Si vous êtes à la recherche d’une romance de Noël réussie, je vous conseille vivement celle-ci qui parle de famille, d’amitié mais aussi d’amour, une histoire où les vœux peuvent se réaliser à condition qu’on y croit suffisamment fort.

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Mue par une passion pour l’Histoire et la généalogie, Mireille Pluchard se définit volontiers comme une souris d’archives. Sa terre natale reste la première source d’inspiration de ses sagas, elle est l’auteure de plus d’une vingtaine de romans dont Les Dames de la Glycine, Prix Lucien Gachon 2021, De soie et de cendres et Le Choix de Diane. Elle s’impose désormais comme une auteure majeure de la collection Terres de France et a reçu le Prix du Cabri d’Or 2021 pour l’ensemble de son oeuvre.

Noël 1222. Jetée aux cochons peu après sa naissance par une nuit glacée, Isolde est recueillie par une servante du château du Grand Altier, en Gévaudan. Attachée dès l’enfance au service d’Azalaïs, la fille des châtelains, elle déploie pour elle sa connaissance innée des fleurs et de leur fragrance.

Quand Azalaïs est happée par les cours raffinées où s’exerce, entre musique et poésie, la langue des troubadours, Isolde prend la route avec elle. Loin de son pays, la jeune fille à l’odorat subtil découvre avec bonheur les senteurs provençales, puis celles d’Orient, de Chypre à la Palestine.

Mais le royaume de Jérusalem, terre de parfums par excellence, qui détient des procédés de fabrication encore ignorés en Europe, est aussi une terre de dangers… Isolde sait-elle qu’au bout de son voyage se cache peut-être le secret de sa naissance ?

Avec Isolde ou le secret des fleurs, Mireille Pluchard nous conte, au Moyen Âge, le destin hors du commun d’Isolde, du Gévaudan au lointain Orient. Une belle invitation romanesque, entre aventures et secrets des origines.

Magie des parfums, passions, aventures et quête des origines sont les mots clés de ce roman historique très bien écrit et documenté, parsemé de rebondissements et de voyages. La plume de l’autrice est belle mais ses phrases sont parfois un peu longues et ardues à suivre, cela ne m’a pas gênée mais cela rend la lecture moins fluide.

Bien que le Moyen-Age ne soit pas ma période de prédilection, je n’ai pas boudé mon plaisir car l’histoire est intéressante et riche d’enseignements sur ce XIIIè siècle que je connais fort mal.

J’ai apprécié que l’autrice aborde la condition féminine à travers les femmes qui peuplent le récit, que ce soit les gentes dames comme les poétesses, Viviane et Azalaïs, mais aussi les servantes telles que Isolde et sa marraine qui l’a sauvé d’une mort certaine, les nonnes ou l’apothicaire que les ignorants appellent la sorcière car c’est une vieille femme qui connait les plantes et qui vit seule dans la forêt.

Les personnages masculins sont aussi très intéressants même si ils sont un peu trop lisses et caricaturaux avec des vrais gentils et des gros méchants, sans que cela ne me pose problème car on suit surtout Isolde et Azalaïs.

Mireille Pluchard aborde aussi d’autres thèmes comme les fleurs, les plantes, les troubadours et les trobairitz (le pendant féminin), le fin’amor ou les croisades mais du coup, elle survole l’ensemble, ce qui est un peu dommage, car il est indéniable que l’autrice s’est formidablement bien renseignée et que j’ai appris une foule de choses. Je tiens d’ailleurs à saluer le travail de recherche qui a été fait et qui est riche d’enseignements. 

L’histoire d’Isolde est belle d’autant qu’elle commence fort mal mais heureusement pour elle, elle trouve des alliées sur son chemin pour se bâtir une existence de servitude certes mais auprès des maîtres qui sont bons avec elle.

Même si l’on se doute que l’autrice va lui donner de sacrés coups de pouce pour s’extirper de cette condition en la dotant d’une rare beauté et bien que ce roman ne soit pas exempt de longueurs, ce que je n’aime guère comme vous le savez, j’ai apprécié ma lecture.

A quelques moments, le récit connait comme un trou, des moments où mon attention n’était plus captée, mais c’est dans l’ensemble un très bon roman historique que je vous recommande si vous aimez les destins romanesques et les secrets.

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour leur confiance et pour cette belle lecture.

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Lauréate du Prix ecrire au féminin, Carène Ponte est aussi l’auteur du blog Des mots et moi. Après Un merci de trop (2016), elle publie Tu as promis que tu vivrais pour moi (2017), Avec des Si et des Peut-être (2018), D’ici là, porte toi bien (2019), Vous faites quoi pour Noël (2019), Et ton cœur qui bat (2020) et Vous faites quoi pour Noël?, On se marie (2020) tous chez Michel Lafon. Son dernier roman, La lumière était si parfaite, paraît en 2021 chez Fleuve éditions. L’ensemble des ouvrages de Carène Ponte est repris chez Pocket.

Victoria Delmas, trente-cinq ans, dirige d’une main de fer son agence de publicité. Dans son quotidien réglé comme une horloge, aucune place n’est laissée à l’improvisation, et encore moins aux relations humaines, qu’elle considère comme une perte de temps pure et simple.

Jusqu’à un matin de décembre où sa vie bascule. Renversée par un bus, Victoria sombre dans le coma et atterrit dans un… centre de réhabilitation de Noël ! Cette mystérieuse organisation lui propose un marché.

Pour se voir accorder une seconde chance, elle devra se racheter auprès d’une personne qu’elle a fait souffrir par le passé, et ce avant le 26 décembre, minuit.

Une mission qui risque de lui donner du fil à retordre. Mais s’il y a bien un moment de l’année où l’on peut espérer un miracle, c’est à Noël !

Vous reprendrez bien un peu de magie pour Noël ? de Carène Ponte ouvre le bal de mes lectures de Noël. Vous n’êtes pas sans savoir que je suis une lectrice saisonnière et que Noël est ma fête préférée.

Par conséquent, j’adore lire en décembre, des romans qui se passent à Noël ou pendant la période des fêtes. Et ce roman de Carène Ponte à la fois léger mais plein d’émotion, est pile dans le thème sans être nunuche.

Roman à deux voix, on suit tour à tour Victoria et Dakota. En 1997, elles étaient dans le même lycée. Mais si Victoria est ambitieuse et tournée entièrement vers ses objectifs professionnels, elle a fondé son agence de publicité, Dakota est loin d’être comme elle et a même été son souffre-douleur, ce qui ne l’a pas empêché de devenir psychologue et animatrice vedette d’une radio locale

Victoria Victoria est une working-girl de 35 ans, dénuée d’empathie et dont la vie est uniquement tournée vers la réussite professionnelle. Jusqu’au 17 décembre au matin où elle est percutée par un bus. Elle aura jusqu’à Noël pour faire amende honorable auprès de Dakota et renouer avec la magie de Noël, pour avoir une seconde chance.

J’ai trouvé ce roman original car cette histoire tricotée par Carène Ponte se déroule du 17 au 27 décembre mais n’est pas une romance de Noël. Ici, l’héroïne ne déteste pas Noël mais s’en est vu privée par son père qui a élevé ses enfants pour qu’ils aient des jobs d’exception.

Les futilités n’avaient aucune place chez les Delmas et elle n’a même jamais eu droit de participer à la décoration du sapin ! Cerise sur le gâteau : le réveillon est expédié en moins de deux heures pour que tout le monde reparte au travail.

Victoria ne cherche pas l’amour, bien au contraire, elle n’a pas de temps à consacrer à chercher l’âme soeur et à bâtir une vie de famille : la réussite professionnelle avant tout.

Pas d’ami(e)s, pas d’amour dans son quotidien ultra booké de cheffe d’entreprise. Elle est d’ailleurs une patronne impitoyable et exigeante, je n’aimerai pas travailler pour elle !

Et de l’autre côté Dakota, célibataire elle aussi, qui refuse de placer sa grand-mère atteinte de la maladie d’Alzheimer. Mounette, qui a recueilli la jeune femme et son petit frère Austin à la mort de leurs parents, a de plus en plus d’absences et Dakota refuse de la laisser seule lorsqu’elle part travailler.

C’est ainsi que Victoria frappe à sa porte et se propose de remplacer Lucienne, l’aide à domicile victime d’une luxation de l’épaule. Elle va faire la conquête de Mounette, renouer avec la magie de Noël et découvrir la chaleur d’un foyer pour la première fois.

Bien que ce récit soit bourré d’humour, il est aussi très touchant avec de beaux moments d’émotions autour de Mounette, une grand-mère comme on aimerait en avoir toutes : adorable, très drôle et jeune d’esprit !

Même si les thématiques sont survolées et que les personnages sont un peu caricaturaux, j’ai bien aimé cette histoire teintée d’une petite touche de fantastique et saupoudrée de l’esprit de Noël. Elle est divertissante et j’avais plaisir à retrouver les protagonistes dès que je replongeais dans cette histoire.

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Mathieu Menegaux est né en 1967. Il est l’auteur de trois romans disponibles chez Points : Je me suis tue, primé aux Journées du Livre de Sablet, Un fils parfait, prix Claude Chabrol du roman noir, porté à l’écran pour France 2 en 2019, et Est-ce ainsi que les hommes jugent ?, prix Yourcenar.

Une jeune femme met fin à ses jours à Paris, sur la butte Montmartre dans le XVIII° arrondissement. Un homme est retrouvé noyé sur une plage, à Saint-Jean Cap Ferrat, sans que personne soit en mesure de l’identifier : le séjour en mer l’a défiguré, et l’extrémité de chacun de ses doigts a été brûlée.

Quel lien unit ces deux affaires ? Qui a pris tant de soin à préserver l’anonymat du noyé, et pour quelles raisons ? Qu’est-ce qui peut pousser un homme ou une femme à vouloir disparaître ?

Disparaître signe mes retrouvailles avec Mathieu qui propose ici un roman, une fois encore, très addictif ! C’est bien simple, j’ai lu les 200 pages d’une traite tant il m’était impossible de le lâcher.

Au début, j’ai été un peu désorientée. Un premier chapitre qui commence par une chute de six étages. Chapitre suivant, un sportif découvre un corps ballotté par les vagues. Ainsi, en quelques pages à peine, on est face à deux cadavres non identifiés. 

Puis on fait la connaissance d’Esther, une jeune femme brillante, sortie parmi les premières de l’école centrale et qui vit son premier jour au sein de la banque Richter & Co, un job qui est, pour elle, la petite provinciale, une consécration.

Dans son sillage, on suit Etienne Sorbier, le directeur de la banque, la cinquantaine, qui ne vit que pour son travail, de l’aube jusqu’au soir, au point de négliger son épouse et leur fille apprentie actrice.

Puis, c’est le capitaine Grondin de Nice qui apparaît dans l’histoire et se promet de percer l’anonymat du noyé et de le rendre aux siens.

Avec ce roman choral, Mathieu Ménégaux critique la haute finance qui broie les hommes et les femmes pour le profit et la satisfaction des clients. Pour suivre ce crédo, on n’hésite pas à mettre les employés, corvéables à merci, sous pression.

Ils croulent sous le travail, n’ont plus aucun répit, le tout dans une société robotisée et dépourvue de tout sentiment où chacun peut disparaître sans qu’on s’en émeuve.

L’auteur dissèque notre époque pour expliquer les drames qu’elle peut engendrer. Derrière les apparences, l’être humain a ses failles et cela peut mener à des décisions radicales.

Disparaître : pourquoi, comment, dans quelles conditions ? Voilà quelques questions que pose ce roman dans lequel deux intrigues entrelacées nous tiennent en haleine !

Mathieu Ménégaux aborde la grande finance, l’adultère, la désillusion amoureuse, la disparition volontaire, la trahison et le pouvoir avec un certain brio il faut bien le reconnaître.

Si le dénouement ne m’a pas surprise, car j’ai vite compris où l’auteur allait nous emmener, je n’ai pas boudé mon plaisir et j’ai vraiment apprécié cette histoire.

Ce n’est pas mon préféré de l’auteur mais cela reste un roman qui happe dès les premières lignes. Mathieu Ménégaux est décidément un auteur à suivre !

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