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Archive for the ‘Littérature française’ Category

Inès de Kertanguy est romancière et historienne. Elle est l’auteur de plusieurs biographies consacrées à Elisabeth Vigée Le Brun, Madame Campan, la reine-mère d’Angleterre et Leonora Galigaï. 

Les Kervalon forment à l’aube du XXe siècle une grande famille, fière de ses valeurs et de ses traditions. Quels que soient les événements, ils puisent dans leur nom et leur inaltérable solidarité la force de les affronter.

Apolline n’a que dix ans lorsque sa mère, la baronne de Saint-Eliph, née Kervalon, meurt en couches en mettant au monde son troisième enfant. La fillette grandit pourtant heureuse entre Paris et le manoir familial, avec son frère et sa soeur, entourée par ses nombreux cousins, avant que la première guerre mondiale ne fasse d’elle une très jeune veuve. Elle élève ses deux enfants dans un monde où les repères s’effondrent et où les femmes apprennent enfin à écouter leurs envies et à vivre pour elles-mêmes.

D’une guerre à l’autre, les Kervalon poursuivent tous, à travers bien des péripéties, des destins très différents. Mais sans jamais oublier à quelle famille ils appartiennent. Jusqu’à la lecture du testament de l’oncle…

Vous connaissez mon goût pour les romans historiques, secrets de famille et autres sagas familiales, aussi lorsqu’un roman promet de réunir ces trois aspects, il ne peut qu’éveiller ma curiosité. C’est ainsi que Les héritiers de Kervalon a atterri dans ma PAL l’automne dernier.

Espérances déçues, batailles fratricides et secrets de famille : dans la tourmente d’un siècle en pleine mutation, la romancière Inès de Kertanguy brosse ici la passionnante saga de l’aristocratie française, fresque d’un univers perdu.

Les héritiers de Kervalon est une très belle histoire de familiale se déroulant de 1906 à 1945. L’autrice, historienne de formation, connait visiblement bien le sujet car le roman est suffisamment documenté pour être très crédible.

Passionnant de la première à la dernière page, porté par des personnages attachants, en premier lieu Apolline, ce roman est véritable page turner que j’ai eu beaucoup de mal à poser, tant j’étais prise par l’histoire de cette famille prise dans la tourmente de l’Histoire.

Il demande un peu d’attention pour bien identifier chaque membre des Kervalon, et ils sont nombreux, mais l’autrice sait y faire et je me suis jamais perdue entre l’héroïne, ses cousins, grands-parents, beaux-parents…

Au-delà de l’aspect historique, le climat politique de l’époque et des deux guerres mondiales, l’autrice aborde des thèmes comme le deuil, l’émancipation féminine, l’amour, les liens familiaux et met en lumière cette caste aristocratique avec ses us et coutumes qui a vacillé, emportée par la première guerre mondiale et l’effondrement des empires et royautés.

Inès de Kertanguy a une écriture agréable, fluide et riche en vocabulaire. L’histoire est suffisamment bien rythmée et parsemée de rebondissements pour maintenir l’intérêt du lecteur pendant 700 pages, sans que je trouve la moindre longueur, ce qui n’est pas une mince affaire loin de là !

J’ai tout de même un bémol qui m’est personnel et qui n’enlève en rien à la qualité de ce roman : j’aurai préféré que l’autrice s’attarde sur la reconstruction après la première guerre mondiale. Inès de Kertanguy a fait le choix de scinder son roman en deux parties : 1906/1918 et 1936/1945 pour couvrir les deux guerres, et j’ai trouvé cette seconde partie un peu moins captivante.

Malgré ce bémol, c’est une très belle histoire, à travers une famille aristocratique unie, désunie, riche en émotions, entre joies et drames. Une formidable saga familiale que j’ai dévoré en trois petits jours et que je vous recommande chaudement !

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Révélée par Le Bal des folles, couronné par le prix Stanislas et le prix Renaudot des lycéens, traduit en 25 langues, adapté au cinéma et en bande dessinée, Victoria Mas signe avec Un miracle son second roman.

Soeur Anne, religieuse chez les Filles de la Charité, reçoit d’une de ses condisciples une prophétie : la Vierge va lui apparaître en Bretagne. Envoyée en mission sur une île du Finistère Nord balayée par les vents, elle y apprend qu’un adolescent prétend avoir eu une vision.

Mais lorsqu’il dit « je vois », les autres entendent : « J’ai vu la Vierge. » Face à cet événement que nul ne peut prouver, c’est toute une région qui s’en trouve bouleversée. Les relations entre les êtres sont modifiées et chacun est contraint de revoir profondément son rapport au monde, tandis que sur l’île, les tempêtes, les marées, la végétation brûlée par le sel et le soleil semblent annoncer un drame inévitable.

Une prophétie. Une île du Finistère Nord. Les visions d’un adolescent fragile. Et, au-delà de tout, jusqu’à la folie, le désir de croire en l’invisible. Voilà ce dont parle Un miracle.

J’attendais avec une certaine impatience le second roman de Victoria Mas après avoir beaucoup aimé Le bal des folles.

La belle plume de Victoria Mas est bien là, rien à dire de ce côté-la, la dame sait écrire ça ne fait aucun doute.

Elle arrive à bâtir une ambiance qui devient peu à peu oppressante où l’on sent qu’un drame va surgir.

Mais je n’ai éprouvé aucun intérêt pour l’histoire ni d’attachement aux personnages.

J’attendais beaucoup du dénouement et malheureusement pour moi, il est tombé à plat.

Au final, une grosse déception et un roman fini aux forceps alors que j’avais beaucoup aimé Le bal des folles !

Et vous, vous avez aimé ?

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Caroline Kant a longtemps vécu à Paris, rue Cavendish. Aujourd’hui, elle a quitté la ville, et partage son temps entre l’écriture et divers métiers.

Quand son cher époux est mort, Lucie ne s’attendait certainement pas à hériter de… ses dettes. Ses enfants ne lui parlent plus (il faut dire qu’elle n’a jamais pu retenir le prénom de ses petits-enfants) et, ruinée, elle est obligée de déménager ! En plus, ses nouveaux voisins sont insupportables – surtout le petit Hyppolite, un vrai pot de colle.

Heureusement que Lucie peut se changer les idées avec ses meilleures amies et le charmant Henri qu’elle vient de rencontrer. Mais les apparences sont trompeuses et, alors que Lucie découvre des qualités insoupçonnées chez ses hurluberlus de voisins, son nouveau et mystérieux prétendant n’est peut-être pas celui qu’elle croit…

Après Les manigances de Margaux et Charlotte se cherche, j’avais hâte de retrouver Caroline Kant à l’occasion de Lucie se rebiffe, troisième tome de sa saga en six tomes : L’immeuble de la rue Cavendish.

Et ce dernier opus confirme tout le bien que je pense de cette série que je vous recommande chaudement, le plus dur va être maintenant d’attendre la parution du prochain volume en mars 2023 !

Cette série pleine de pep’s et d’humour, se révèle enlevée et moderne et entend traiter de sujets de société, du plus léger au plus grave. Porté par une plume alerte dans le décor vivant et chaleureux du quartier des Buttes-Chaumont, dans le XIXè arrondissement de Paris, ce second volume fut très agréable à lire mais aussi très prenant, tellement prenant que je l’ai lu en une journée !

Chaque tome est porté par un habitant différent de cet immeuble haussmannien typiquement parisien. L’immeuble de la rue Cavendish, véritable microcosme de la société, ne manque pas d’animation : entre les voisins qui s’installent, ceux qui disparaissent du jour au lendemain et les autres qui tombent amoureux, on ne s’ennuie jamais ! Et encore moins quand la mystérieuse chambre de bonne livre peu à peu ses secrets.

J’adore les romans qui nous font entrer au coeur des immeubles avec des personnages très variés, une belle solidarité et des thèmes de société, et c’est exactement ce que propose Caroline Kant, je ressors donc enchantée de cette lecture.

J’ai vraiment adoré ce troisième volume qui se lit tout seul ! L’histoire de Lucie est pleine d’humour, de chaleur, d’amitié, d’entraide mais des thèmes plus graves la traversent aussi : le deuil, la solitude, la précarité, la faiblesse, la maternité, la famille, l’emprise…

Lucie est une femme qui, au départ, n’est pas très sympathique, pleine de préjugés et attachée à ses valeurs bourgeoises, qui vit très mal son déclassement et sa nouvelle précarité mais elle se révèle finalement très attachante, gentille et généreuse, soucieuse des autres, et elle va finir par très bien s’intégrer à l’immeuble et partager de bons moments avec les habitants.

Comme dans les deux premiers opus, le récit se concentre sur Lucie, la nouvelle venue, mais on retrouve aussi au gré de ses rencontres, Margaux, Victoire, Guy, Markus et Jérôme… Les habitants de cet immeuble sont bien sympathiques et j’ai d’ores et déjà hâte de les retrouver dans le quatrième tome à paraître en mars.

Malgré un dénouement un peu trop rapide, j’ai passé un chouette moment de détente avec ce roman, une parenthèse bienvenue dans ces temps bien moroses.

Un grand merci aux éditions Les escales pour cette lecture distrayante mais pas que !

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Née en région parisienne d’un père alsacien et d’une mère béarnaise, Martine Marie Muller est docteur de l’Université. Elle enseigne en lycée dans le Val-d’Oise. Elle est mariée à un ethnologue spécialiste de l’Afrique, où elle a vécu, ainsi qu’au Mexique. Elle a notamment publié aux éditions Robert Laffont La Porte, 1999 (prix Mémoire d’Oc), Le Dernier des pénitents, 2003 (prix Maupassant), la trilogie des servantes : Mademoiselle des Palissages, 2010, La Servante de Monsieur Vincent, 2010, La Servante noire, 2011, et La vie était belle, 2013.

3 août 1914. Le premier mort français de la guerre ne fut pas le fait d’un Allemand… mais d’une femme qui repoussait les assauts de son mari ! Sous le nom de Colline La Chance, celle-ci se réfugie à Amiens.

Et elle sera la chance de la Citadelle, village abandonné que vont peupler deux cents femmes rejetées, filles mères, veuves…

Là, sous la direction du peintre Scévola, chef de la toute nouvelle section Caméléon, et de ses décorateurs de théâtre, elles vont devenir expertes dans l’art naissant du camouflage qui doit épargner la vie des soldats, en fabriquant faux arbres, fausses vaches, faux chevaux, vestes « caméléon ».

Avec Les filles de la section Caméléon, Martine Marie Muller nous fait découvrir tout un pan méconnu de la première guerre mondiale : le camouflage des engins et des hommes rendu possible grâce à des artistes et un bataillon de femmes.

Vous le savez, j’ai un intérêt certain pour la guerre 14 18 et je suis toujours à la recherche de romans ayant pour cadre le premier conflit mondial, surtout, si comme ici, il met en valeur les femmes et le travail réalisé à l’arrière pour la sauvegarde des pioupious dans les tranchées.

Ce récit permet de faire sortir de l’ombre une communauté d’ouvrières solidaires, gouailleuses, émouvantes que l’on découvre autour de Colline. Elles réapprennent à aimer, à survivre, à retrouver l’estime d’elles-mêmes au milieu des surprises de l’existence… Comme l’arrivée d’un chien, un certain Rintintin…

Ce qui est intéressant ici, outre l’accent mis sur la sororité entre toutes ces femmes veuves, mariées, célibataires, leurs enfants… c’est que l’on voit la guerre de 14 vécue à travers le quotidien d’ouvrières, la Section Caméléon, expertes dans l’art du camouflage.

Grâce à ce roman, Martine Marie Muller ouvre une page méconnue de notre Histoire et rend un hommage vivant, vibrant, puissant, à une communauté de femmes solidaires et hautes en couleur. Une histoire vraie, magnifique, qui célèbre des oubliées de l’Histoire.

J’ai beaucoup aimé les personnages fictifs et réels de cette histoire, découvrir les coulisses de la section, comment étaient réalisés les trucages, les matériaux utilisés… j’ignorais tout de cette section, des peintres et dessinateurs qui en ont pris la tête, notamment Joseph Pinchon, le créateur de Bécassine !

On voit comment Lucien-Victor Guirand de Scévola a eu l’idée de recouvrir les pièces d’artillerie de toiles peintes se fondant dans le paysage pour éviter leur repérage par l’ennemi. Homme influent à Paris, il va utiliser ses relations pour faire la promotion du camouflage, jusqu’à réussir à convaincre Joffre, pourtant très réticent au départ.

Les français se battaient alors encore en pantalon garance et capote bleue, les canons astiqués comme des sous neufs faisaient des poilus de vraies cibles ambulantes ! L’Etat Major clame haut et fort que se camoufler c’est faire preuve de lâcheté, c’est dire si Scévola n’a pas eu partie facile pour convaincre les généraux.

A travers Colline, Vovonne, Jeanne et toutes les autres, on découvre le quotidien de ces femmes qui travaillent dur du matin au soir, dans de bien mauvaises conditions au départ, pour se nourrir, se chauffer, avoir un toit…

Au-delà de l’aspect historique, c’est bien sûr la condition féminine qui est le thème central du roman : la place de la femme dans toutes les couches de la société, les violences conjugales, le divorce, l’éducation des filles, le militantisme mais aussi l’amour bien sûr….

Un roman passionnant à plus d’un titre que je vous recommande vivement ! J’en profite pour remercier les éditions Presses de la cité pour cette belle et enrichissante lecture, j’ai adoré.

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Originaire de Toulouse, exilé à Paris, Julien Rampin reste un ardent défenseur des chocolatines et de la lecture ! Connu sur les réseaux sociaux, à travers La bibliothèque de Juju, il publie ici son premier roman.

C’est un immeuble du XVe arrondissement comme tant d’autres, avec son escalier en pierre et ses balcons trop étroits… C’est là que Lola Champion espère prendre un nouveau départ avec son fils de six ans, Léon.

Mais chaque immeuble a ses secrets, jalousement gardés par ses habitants – des secrets ni blancs ni noirs, des secrets gris, que l’arrivée de Lola va faire éclater.

Le magasin des jouets cassés est le second roman de Julien Rampin, instagrammeur toulousain de talent que je suis depuis quelques temps déjà. J’aime beaucoup ses avis ciselés, j’étais sûre que cette histoire allait m’emporter, me faire rire et pleurer.

Et ce fut le cas ! Je suis pourtant assez réticente à l’idée de lire un roman d’un influenceur, car entre trousser un avis sur le roman d’un auteur et en être un vraiment, il y a un monde que peu arrive à combler.

Ici, pas de doute, Julien confirme son talent d’écrivain avec ce récit à double temporalité au coeur d’un immeuble parisien. L’histoire de Lola, Léon, Martine et Paul-Henri pourrait sembler facile et n’être qu’un feel-good book de plus, il n’en est rien, elle est bien plus que cela.

Cette histoire, je ne veux pas trop vous la dévoiler, le roman est court et il serait dommage que je vous spoile ce qui s’y passe, sachez qu’elle est tout de même bouleversante, lumineuse et profonde, qu’elle nous parle d’amours, de perte et surtout, d’espoir.

Les personnages de Lola, Martine et Paul-Henri Pichon sont bien dessinés, ils ont des failles, leur lot de bonheurs et malheurs et permettent à Julien Rampin d’aborder des thèmes forts comme l’homosexualité, l’amour, l’amitié, le mariage, la maternité de façon toujours juste et pleine de délicatesse.

Si j’ai beaucoup aimé cette histoire qui met du baume au coeur, j’ai carrément eu un coup de foudre pour Léon, ce petit garçon au grand coeur et Paul-Henri, plein d’humanité et de tolérance.

Leur amitié et leur complicité en dépit de leur six décennies d’écart, était belle à lire et à eux seuls, ils apportent un réelle lumière et des émotions !

Un roman sur la différence, les regrets et le temps qui passe, qui vous fera rire et pleurer, je vous le recommande !

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Françoise Sagan, de son vrai nom Françoise Quoirez, est née à Cajarc, dans le Lot. Son œuvre compte aujourd’hui une trentaine de romans parmi lesquels on peut citer Aimez-vous Brahms…, publié en 1959 et porté à l’écran en 1963 par Anatole Litvak, Les Merveilleux Nuages (1973), Un orage immobile (1983), Les Faux-fuyants (1991) ou encore Le Miroir égaré (1996).

La villa est magnifique, l’été brûlant, la Méditerranée toute proche. Cécile a dix-sept ans. Elle ne connaît de l’amour que des baisers, des rendez-vous, des lassitudes. Pas pour longtemps.

Son père, Raymond, veuf, est un adepte joyeux des liaisons passagères et sans importance. Ils s’amusent, ils n’ont besoin de personne, ils sont heureux. La visite d’Anne, une femme de cœur, intelligente et calme, vient troubler ce délicieux désordre.

Comment écarter la menace ? Dans la pinède embrasée, un jeu cruel se prépare.

Bonjour tristesse paru en 1954 va lancer la carrière de Françoise Sagan, ce charmant petit monstre qui allait faire scandale. La deuxième moitié du XXe siècle commençait. Elle serait à l’image de cette adolescente déchirée entre le remords et le culte du plaisir.

Ce roman, en abordant explicitement la sexualité féminine avec un style désinvolte et mordant, provoque alors un véritable scandale. Récompensé la même année par le prix des Critiques, il devient l’emblème de toute la génération d’après-guerre et propulse son auteur au devant de la scène littéraire.

J’avais lu ce roman à l’adolescence, il m’avait plu mais pas suffisamment pour que je poursuive ma découverte de Françoise Sagan, et sous l’impulsion de mon fils aîné, qui l’a lu dans le cadre de son programme de seconde, j’ai relu cette histoire pour en discuter avec lui.

Et force est de constater que si Cécile ait choqué ses contemporains des années 50, il n’a plus rien de sulfureux ou de scandaleux en 2022 mais il sait encore parler aux adolescents d’aujourd’hui et ça, ce n’est pas rien !

L’autrice nous raconte l’été de Cécile, une tranche de vie comme on en a tous connue : l’été, l’adolescence, l’amour, la cruauté des sentiments. Cela peut paraître terne et sans intérêt, il n’en est rien.

D’abord grâce à la plume de Françoise Sagan qui a l’âge de son héroïne, et qui comme elle, n’aime rien tant qu’une vie insouciante faite d’amusements en tous genres et aucune obligation.

Françoise Sagan a su saisir avec beaucoup de vivacité des lieux, des personnages, certes très énervants, mais bien esquissés, avec une vraie psychologie, une finesse assez incroyable pour son âge, une moiteur estivale, on n’a aucun mal à s’imaginer la maison et le quotidien de Cécile et de son père.

Elle nous propose une intrigue simple mais élégante où l’on sent poindre un drame, mais qui manque pour moi d’une vraie tension, par la faute de cette adolescente superficielle et geignarde. Car c’est là où le bat blesse, je n’ai aimé aucun des personnages et trouvé la relation de Cécile et de Raymond vraiment malsaine.

Si cette lecture est loin d’être un coup de coeur, je reconnais que la plume de Françoise Sagan est très belle et que j’ai bien envie, désormais, de découvrir ses autres oeuvres. Si vous avez des recommandations, je suis preneuse !

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Gwenaële Robert est professeur de lettres, elle vit à Saint-Malo. Never Mind est son troisième roman pour adultes, après Tu seras ma beauté et Le Dernier Bain, lauréat de six prix littéraires dont le prix Bretagne.

Lorsqu’un navire yankee entre en rade de Cherbourg un matin de juin 1864 pour provoquer l’ Alabama, corvette confédérée que la guerre de Sécession condamne à errer loin des côtes américaines, les Français n’en croient pas leurs yeux.

Au même moment, Charlotte de Habsbourg, fraîchement couronnée impératrice du Mexique, découvre éberluée un pays à feu et à sang. Le monde tremble. Mais le bruit des guerres du Nouveau Continent ne doit pas empêcher la France de s’amuser. Encore moins de s’enrichir.

Théodore Coupet, journaliste parisien, l’a bien compris. Envoyé à Cherbourg pour couvrir l’inauguration du casino, il rencontre Mathilde des Ramures, dont le mari s’est ruiné au jeu avant de partir combattre au Mexique. Ensemble, ils décident de transformer la bataille navale en un gigantesque pari dont ils seront les bénéficiaires. À condition d’être les seuls à en connaître le vainqueur…

Sous les feux d’artifice signe mes retrouvailles avec Gwenaële Robert, une romancière que j’aime beaucoup et dont on ne parle pas assez à mon goût. Après Tu seras ma beauté, Le dernier bain et Never Mind pour lesquels j’avais eu un coup de cœur, j’étais impatiente de retrouver la si belle plume de Gwenaële et découvrir sa nouvelle histoire que j’étais sûre d’aimer.

Avec un brio remarquable, Gwenaële Robert entremêle petite et grande histoire en s’inspirant, comme toujours de faits réels. L’autrice nous fait découvrir la naumachie qui a opposé  le 19 juin 1864, lors de la guerre de Sécession américaine, un navire de la marine confédérée, le CSS Alabama à un navire de la marine de l’Union, l’USS Kearsarge au large du port français de Cherbourg.

Au même moment, Maximilien et Charlotte de Hasbourg, s’apprêtent, avec l’appui de Napoléon III, à ceindre leur couronne d’empereur et d’impératrice, et prendre possession de leur nouveau royaume, au Mexique. L’empereur français compte alors, grâce à eux, freiner l’expansionnisme yankee en instaurant un empire catholique de l’autre côté de l’Atlantique.

Pendant cette semaine brûlante, des feux d’artifice éclatent de chaque côté de l’Atlantique. Dans le ciel de Mexico comme dans celui de Cherbourg, ils couvrent les craquements d’un vieux monde qui se fissure et menace d’engloutir dans sa chute ceux qui l’ont cru éternel.

C’est peu dire que j’ai aimé ce roman : il contient tout ce que j’attends d’un roman historique, mon genre favori comme vous le savez. Cette période de l’histoire n’est pas ma préférée mais Gwenaële Robert a un tel talent de conteuse, une plume que j’aime et admire tant, qu’elle peut m’emmener où elle veut, je la suis aveuglément !

Formidablement bien documenté, ce titre nous plonge au coeur de ce second Empire qui a été un réel tournant au XIXè siècle : l’exposition universelle, les chemins de fer, les villégiatures au bord de mer, les casinos, la presse…

Tout est finement esquissé et brossé qu’on s’attache très vite aux personnages. Thédore Coupet et Mathilde des Ramures d’abord. Le premier est un journaliste mondain qui rêve d’écrire pour les pages politiques de La vie française. La seconde, ruinée par les dettes de jeu de son mari exilé au Mexique, doit impérativement trouver de l’argent pour la dot de sa fille, promise à un beau mariage. Et puis, il y a Charlotte de Habsbourg, fille du roi Léopold Ier de Belgique, avide de pouvoir, malheureuse en amour, qui comprend bien vite avoir été l’objet d’un jeu de dupes de la part de l’empereur français.

Passionnant de la première à la dernière page, l’autrice nous conte une page méconnue de notre Histoire avec un rythme vif, des chapitres courts et des évènements qui suscitent l’intérêt. La grande histoire ne prend jamais le pas sur la petite, tout est savamment dosé, on est à la fois dans le romanesque et l’historique, l’imaginaire et le réel. Un pari difficile que Gwenaële Robert remporte haut la main.

En tournant la dernière page de cet excellent roman, je m’étonne vraiment que cette romancière bretonne ne soit pas plus connue et qu’on ne parle pas autant de ses romans que je le souhaiterais.

Si vous aimez les romans historiques, il vous faut lire Gwenaële Robert absolument : ses histoires sont passionnantes et brillamment ciselées, son style est merveilleux et tellement littéraire que c’est un bonheur sans cesse renouvelé de la lire.

Un grand merci aux éditions Le Cherche Midi pour ce coup de coeur !

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Sébastien Spitzer est auteur et scénariste. Son premier roman, Ces rêves qu’on piétine, a reçu un formidable accueil critique et public a été le lauréat de nombreux prix littéraires (Stanislas, Talents Cultura, Roblès). Son deuxième roman, Le Coeur battant du monde, a été finaliste du Goncourt des Lycéens en 2020. 

Dans les années 1860, Londres, le cœur de l’empire le plus puissant du monde, se gave en avalant les faibles. Ses rues sentent la misère, l’insurrection et l’opium.

Dans les faubourgs de la ville, un bâtard est recueilli par Charlotte, une Irlandaise qui a fui la famine. Par amour pour lui, elle va voler, mentir, se prostituer sans jamais révéler le mystère de sa naissance.

L’enfant illégitime est le fils caché d’un homme célèbre que poursuivent toutes les polices d’Europe. Il s’appelle Freddy et son père est Karl Marx.

Alors que Marx se contente de théoriser la Révolution dans les livres, Freddy prend les armes avec les opprimés d’Irlande.

Depuis la parution de son premier roman, Ces rêves qu’on piétine, j’avais très envie de découvrir la plume de Sébastien Spitzer, c’est chose faite avec Le coeur battant du monde, un roman historique qui a pour cadre la capitale londonienne au temps de la reine Victoria.

Inspiré d’une histoire vraie, le récit s’articule autour de personnages ayant réellement existé : Friedrich Engels et Karl Max, les philosophes théoriciens du socialisme et du communisme, leurs compagnes Johanna, Marie et Lydia Byrn et bien sûr Freddy, le héros du roman et fils caché de Marx.

Avec ce roman bien écrit et documenté, Sébastien Spitzer nous plonge dans la misère du peuple londonien et dans une ambiance que n’aurait pas renié Charles Dickens lui-même. L’histoire est bâtie autour d’un bâtard recueilli par une Irlandaise qui a fui la famine de son pays.

Elle va s’attacher à cet enfant pour qui elle volera et se prostituera sans jamais lui révéler qui est son père, ça, il l’apprendra bien plus tard. Son géniteur, Karl Marx, réfugié dans la capitale anglaise rédige sa grande oeuvre, Le capital, en gardant des habitudes bien bourgeoises, quel paradoxe ! Et ceci grâce à l’argent gagné par son cher ami Friedrich Engels qui finance son train de vie de plus en plus luxueux.

Ce roman se lit fort bien, l’histoire est intéressante et riche d’enseignements : j’ai aimé découvrir Engels que j’ai trouvé très touchant, humaniste qui, malgré sa condition d’homme riche, veut une meilleure répartition des richesses.

Idéal qu’il partage avec Marx qui, pourtant, mène sa vie bourgeoise sans l’ombre d’un remords et ne fait rien pour amorcer la révolution qu’il appelle de ses voeux. J’ai détesté ce personnage que j’ai trouvé antipathique tout comme sa femme Johanna.

Pourtant, ce roman a plusieurs voix n’a pas su m’emporter réellement malgré sa qualité littéraire. Si j’ai bien aimé Charlotte et Freddy, j’ai trouvé qu’ils manquaient tout de même d’épaisseur et de profondeur et le dernier tiers du récit m’a un peu ennuyée. Belette qui m’a accompagné dans cette lecture est sur la même longueur d’ondes, vous pouvez retrouver son avis ici.

Cette première incursion dans la bibliographie de Sébastien Spitzer m’a tout de même suffisamment convaincue pour me donner envie de lire La fièvre et Ces rêves qu’on piétine, tous deux déjà dans ma PAL.

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Chargée de développement commercial et marketing dans une start-up, Laurence Pinatel a 25 ans. Le parfum des embruns est son premier roman.

Biarritz, 1910. À la tête de sa propre maison de couture, la jeune et brillante Éléonore se démarque par son talent, sa créativité et va rapidement connaître un joli succès. Fraîchement divorcée, elle place son ambition et sa liberté avant toutes choses.

Jusqu’à sa rencontre avec un aristocrate russe, venu passer quelques jours sur la côte. Grigori Meletski est fiancé mais sa peau a l’odeur du désir à l’état pur. Tandis qu’au loin gronde la Première Guerre mondiale, un lien se tisse entre eux, qui va mettre à mal toutes les certitudes d’Eléonore.

De la côte basque à Saint-Pétersbourg, Le Parfum des embruns est un grand roman d’amour, et le portrait d’une femme libre de 1910 à 1920. Ce premier roman de Laurence Pinatel me promettait un très beau moment de lecture puisqu’il réunit des thèmes que j’adore : la Belle Epoque, la mode, la Russie, l’aviation, l’émancipation féminine et la côte basque et j’ai absolument adoré ce récit mêlant petite et grande histoire.

Eléonore est une femme indépendante, à la personnalité affirmée et toute acquise à la sororité. Elle ne veut pas dépendre d’un homme et affiche volontiers les mêmes idées féministes que son amie Joséphine, une journaliste engagée dans un journal 100% féminin à Paris.

Emplie d’empathie, elle est admirée par ses employées pour son talent, épatant même jusqu’à Gabrielle Chanel ! Ses robes haute couture plaisent à l’élite biarrote, lui permettant d’accéder à une belle renommée locale. Elle ne veut pas absolument pas tomber amoureuse d’un homme jusqu’à ce que son chemin croise un noble russe, versé dans l’aviation, et en villégiature à Biarritz.

Grigori est tiraillé entre son sens du devoir envers sa famille et son pays. Il tombe follement amoureux d’Eléonore alors qu’il est sur le point d’épouser Natasha, conformément aux voeux de son père, un vieux général qui tyrannise toute sa famille.

Remarquablement écrit et documenté, ce premier roman met en scène des personnages attachants, qu’on a plaisir à suivre de la première à la dernière page. Le récit se partage entre Biarritz et St Pétersbourg, entre Eléonore, Grigori et Joséphine, entre frivolité et austérité, devoir et désir.

Nos héros de la Belle Epoque seront bientôt pris dans les affres de la première guerre mondiale, ce qui permet à l’autrice d’aborder les tranchées, les gueules cassées mais aussi le totalitarisme avec la révolution russe.

Au-delà de la magnifique histoire d’amour passionnelle semée d’embûches qui offre un véritable tourbillon d’émotions, Laurence Pinatel fait la part belle à la mode et surtout la condition féminine avec l’émancipation des femmes à travers Eléonore et sa meilleure amie Joséphine qui refusent le joug masculin et le schéma patriarcal.

Vous l’avez compris, j’ai adoré cet excellent roman historique que je vous conseille vivement !

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Virginie Grimaldi est née en 1977 à Bordeaux où elle vit toujours. Traduits dans plus de vingt langues, ses romans sont portés par des personnages attachants et une plume poétique et sensible. Ses histoires, drôles et émouvantes, font écho à la vie de chacun.

Juliane n’aime pas les surprises. Quand son père fantasque vient s’installer chez elle, à la suite de l’incendie de sa maison, son quotidien parfaitement huilé connaît quelques turbulences.

Jean dépense sa retraite au téléachat, écoute du rock, tapisse les murs de posters d’Indiens, égare ses affaires, cherche son chemin.

Juliane veut croire que l’originalité de Jean s’est épanouie avec l’âge, mais elle doit se rendre à l’évidence : il déraille.

Face aux lendemains qui s’évaporent, elle va apprendre à découvrir l’homme sous le costume de père, ses valeurs, ses failles, et surtout ses rêves.

Tant que la partie n’est pas finie, il est encore l’heure de tous les possibles.

Virginie Grimaldi est une autrice que j’aime retrouver chaque été pendant mes congés, je suis assurée de passer un très bon moment de lecture entre rires et larmes. Jamais de coup de coeur mais toujours charmée par la plume de cette autrice et des histoires qu’elle sait si bien tricotée.

Ce fut une fois de plus le cas avec Les possibles, une histoire inspirée de celle du père de l’autrice qui souffre lui aussi de démence sénile.

Avec ce roman, on est saisi d’émotions, on rit aux éclats, on pleure et on est touché par toute la sensibilité que dégage ce duo père-fille très attachant.

Virginie Grimaldi n’a pas son pareil pour nous raconter le quotidien d’une famille, elle fait preuve d’humour et de sensibilité, de façon bien dosée, ce qui n’est pas chose aisée ! Une recette dans laquelle elle excelle à chaque histoire et sa plume, de plus en plus affutée, sait m’emporter à chaque roman.

Après l’incendie de la maison de Jean, Juliane va l’accueillir chez elle. Son père est drôle, passionné par les indiens, excentrique, se fichant pas mal des codes et il va chambouler la vie bien réglée de sa fille.

Plus les jours passent et plus les doutes s’installent, son père n’est plus le même. Entre déni, recherche, colère, acceptation et résiliation, on chemine aux côtés de Juliane.

Comme toujours, Virginie Grimaldi ne plombe jamais le moral de ses lecteurs et lectrices grâce à son humour décapant même s’il ne suffit pas toujours à retenir les larmes qui coulent toutes seules à certains passages véritablement poignants.

Je ne sais pas si ce roman parle à tout le monde mais il peut toucher chacun et chacune d’entre nous, je ne suis pas concernée par la maladie d’Alzheimer, mais force est de constater que c’est le deuxième roman que je lis sur ce sujet après Age tendre, et que je suis toujours aussi émue par la démence sénile et le désarroi des familles.

Un roman délicat, bourré d’humour et d’émotions que je vous conseille même si les cinquante dernières pages ne sont pas pour moi, à la hauteur du reste du roman, que vous soyez concerné.e par cette thématique ou pas, le talent de Virginie Grimaldi opère et je ne peux que vous conseiller ce roman.

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