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Archive for the ‘Littérature française’ Category

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Clarisse Sabard est née en 1984 dans une petite ville située en plein cœur du Berry. Après un bac littéraire, elle s’oriente vers le commerce. Un AVC la rattrape et elle décide de réaliser enfin son rêve : écrire. Passionnée de littérature et de voyages, elle vit aujourd’hui à Nice et se consacre à l’écriture. Son premier roman, Les Lettres de Rose, a reçu le Prix du Livre Romantique 2016, et connaît un beau succès (+ de 24 000 ex. vendus). Elle est également l’auteure de La Plage de la mariée (+ de 20 000 ex. vendus) et du Jardin de l’oubli parus aux éditions Charleston.

1910. Caussières, dans l’arrière-pays niçois. La jeune Agathe, est la fille des aubergistes du village mais rêve d’une autre vie. Elle aime passer du temps dans le jardin de la propriété de Gustave d’Aumart, un industriel qui a fait fortune dans les chemins de fer, lorsque la famille est absente.

C’est ainsi qu’elle fait la connaissance, avec d’autres enfants du village dont son meilleur ami Simon, d’Alfred, le fils de Gustave.

En attendant de vivre sa plume et de côtoyer le bon monde, elle est repasseuse et c’est ainsi qu’elle fait la connaissance de la belle Otero, célèbre danseuse et cocotte de la Belle Epoque, venue en visite chez les d’Aumart.

Cette rencontre qui va bouleverser la vie d’Agathe et unir son destin à la grande horizontale qui va la prendre sous son aile…

Un siècle plus tard, Faustine, journaliste free-lance qui a plaqué son fiancé devant l’autel, se remet tout juste d’une dépression, lorsqu’elle se voit confier la rédaction d’un dossier sur la Belle Epoque. Elle se rend alors à Caussières, chez sa grand-tante.

Caroline, âgée de quatre-vingt-dix ans lui révèle que sa mère a bien connu La Belle Otero, une figure qui fascine Faustine qui a décidé d’en faire l’héroïne de son article.

En discutant avec la vieille femme, elle apprend l’histoire d’Agathe, leur aïeule hors du commun.

En plongeant dans les secrets de sa famille, la jeune femme va remettre en question son avenir. Et la présence du ténébreux mais très secret Sébastien y est également pour quelque chose…

Le jardin de l’oubli signe mes retrouvailles avec Clarisse Sabard dont j’avais beaucoup aimé le premier roman, Les lettres de Rose et qui avait su me divertir avec La vie est belle et drôle à la fois.

Ce roman me tentait vraiment car vous n’êtes pas sans savoir que la Belle Epoque est une époque que j’affectionne et je trouve fascinante les courtisanes de cette période que furent La Belle Otéro, Liane de Pougy, Eve Lavallière, Cléo de Mérode, Yvette Guilbert, Cécile Sorel ou Emilienne d’Alençon.

J’attendais donc les passages qui me plongeraient à cette époque avec une certaine délectation mais malheureusement pour moi, ils arrivent bien tard dans le roman et surtout ils sont assez peu nombreux.

J’aurai pu m’en contenter si la partie contemporaine avait été à la hauteur de mes attentes, ce qui ne fut pas le cas. Je ne me suis pas attachée aux personnages, même si je les ai trouvés au demeurant bien sympathiques, et surtout, j’ai eu l’impression que Clarisse Sabard appliquait un canevas à toutes ces histoires, qui au fond, se ressemblent étrangement.

A commencer par l’héroïne contemporaine qui est fraichement célibataire après plusieurs années de relation, qui revient dans le giron familial et qui va tomber sous le charme du beau gosse du village, bonjour les clichés !

On voit venir la romance dès le début de l’histoire et on sait très bien comment tout ça va finir : par un happy-end général.

Toute cette partie contemporaine ne m’a pas intéressé, y compris lorsque le sujet des réfugiés tombe comme un cheveu sur la soupe, j’ai eu l’impression qu’il était juste là pour valoriser les personnages qui sont tous bons comme du bon pain, comme c’est toujours le cas d’ailleurs dans les romans de cette autrice. J’ai fini par lire ces passages en diagonale tant j’étais pressée de retrouver Agathe.

Heureusement, la partie historique est nettement plus intéressante et plutôt bien documentée même si je n’ai finalement rien appris de La Belle Otero, qui est assez peu présente dans cette histoire.

Clarisse Sabard sait, par contre, ménager ses effets et ses rebondissements, distille les informations au compte-goutte et j’ai beaucoup apprécié cet aspect-là, bravo à elle même si la façon dont Faustine découvre les secrets de sa famille, m’est apparue un peu trop simple.

Vous l’aurez compris, je ressors déçue de cette lecture que bon nombre de lectrices ont adoré, j’en attendais peut-être trop, mais si vous aimez les secrets de famille, il devrait vous plaire.

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Lu dans le cadre des 12 pavés que j’aimerai sortir de ma pal et du challenge 1 pavé par mois :

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Éric Marchal a souvent été appelé le « Ken Follet français » par la presse. Ses quatre premiers romans, Influenza, Le Soleil sous la soie, La part de l’aube et Là où rêvent les étoiles, ont tous été de grands succès.

1908, Londres. La reine Victoria n’est plus et son fils Edward VI se rapproche de ses voisins européens. Le vieux monde britannique se fissure sous l’impulsion de groupes d’avant-garde, comme les suffragettes qui mènent une lutte acharnée pour le droit de vote des femmes.

L’heure n’est pas à la révolution, mais à une révolte sociétale de moins en moins feutrée dont les hauts faits se déroulent dans le Londres de Virginia Woolf et de Conan Doyle, celui des parcs et de la bourgeoisie de l’ouest et que des taudis de l’East End ouvrier.

Les heures indociles signe mes retrouvailles avec Éric Marchal que j’avais découvert avec La part de l’aube, un roman passionnant qui a pour décor lyon, la capitale des gaules, au XVIIIè siècle.

Changement de siècle et de décor avec ce roman qui nous relate le parcours de trois personnages hors du commun : Olympe Lovell, la suffragette, une guerrière au service de Mrs Pankhurst, prête à tous les sacrifices pour la cause.

Une femme qui n’hésite pas à aller en prison ni de faire des grèves de la faim pour faire avancer la cause des femmes.

Thomas Belamy, l’annamite, est médecin au Saint Bartholomew Hospital, le plus vieil établissement de Londres. Il travaille dans le service flambant neuf des urgences et dirige un département de médecine non conventionnelle dont le but est d’unifier les pratiques occidentales et chinoises.

Enfin, Horace de Vere Cole, le plus excentrique des aristocrates britanniques, poète et mystificateur, à la recherche de son chef d’oeuvre : le plus grand canular de tous les temps.

Chacun d’eux est un rebelle. À deux, ils sont dangereux. À trois, ils sont incontrôlables et deviendront la cible du pouvoir et d’un mystérieux personnage se faisant appeler l’apôtre.

Ils ont aussi leur lot de secrets et une enfance pas si simple à porter et on va les suivre tout au long de son roman se dépêtrer des embuches semées sur leur chemin.

Comme dans La part de l’aube, Eric Marchal met en scène des personnages issus de son imagination et des personnalités qui ont réellement existé comme Emmeline Pankhurst, fondatrice du Women’s Social and Political Union et sa fille Christabel, Winston Churchill, Edouard VII, Lord Asquith, Horace de Vere Cole, les membres du Bloomsbury Group…

Très bien documenté, ce roman aborde plusieurs thématiques mais il met plus particulièrement l’accent sur l’émancipation féminine. Eric Marchal nous dépeint la condition féminine au début du XXè siècle : des convenances étriquées aux balbutiements de la libération de la femme, l’auteur met en lumière la thématique des suffragettes face aux politiques qui leur refusait ce qu’elles leur demandait, le droit de vote.

On y voit toute la répression mise en œuvre à l’encontre de ces femmes qui manifestent de façon tout à fait pacifique et qui se font charger par la police avec une violence inouïe et sévèrement condamnées par les juges. Une escalade dans la violence qui va aboutir à une méthode scandaleuse : le gavage de celles qui se définissaient comme prisonnières politiques, ce qui leur sera toujours refusé.

D’un autre côté, on suit Thomas Bellamy, un médecin annamite très en avance sur son temps, qui grâce à l’appui du directeur de l’hôpital, parvient à devenir chef des urgences, en dépit de ses origines.

Avec lui, on voit comment fonctionne la médecine et son service de l’intérieur, la place des infirmières, des différents médecins et étudiants.

J’ai beaucoup aimé ces deux personnages d’une grande modernité qui recèlent aussi bon nombre de secrets. Apprécié aussi la personnalité haute en couleur d’Horace de Vere Cole même si je ne comprends pas l’intérêt d’avoir introduit ce personnage et ses canulars, qui à mon sens, n’apportent rien au récit. Tout comme les séances du Bloomsbury Group qui raviront les admirateurs de Virginia Woolf mais qui m’ont laissé de marbre.

Un très bon roman malgré tout, bien documenté porté par des personnages attachants que je vous recommande si les thématiques et l’époque où se déroule ce récit vous passionne, pour ma part, malgré quelques longueurs, j’ai passé un excellent moment en sa compagnie !

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Journaliste de formation, Marijosé Alie fait carrière dans le service public à la télévision. 
Successivement grand reporter, rédacteur en chef, directrice régionale, elle évolue entre Paris, Dijon et la Martinique jusqu’en 2002, où elle occupe à Paris le poste de directrice de l’international à RFO. Elle est ensuite nommée directrice déléguée aux programmes, chargée de la diversité pour l’ensemble des chaînes du groupe France Télévisions, qu’elle quitte en 2014 pour se consacrer à ses deux autres passions. La musique, dans les années 1980, elle compose, écrit et chante  » Karésé Mwen  » qui devient un tube et reste aujourd’hui incontournable. Et la littérature, son premier roman Le Convoi a reçu le Prix Ivoire en 2016. Une Semaine et un jour est son deuxième roman.

Soraya marche dans les rues de Paris ; elle erre comme peuvent errer les gens qui ont tout perdu ou qui se sont perdus eux-mêmes. Elle n’a qu’un sac sur le dos et un vieux cahier qu’elle ne quitte pas.

Elle a certainement eu une autre vie avant ; ses manières sont trop belles, son porte-monnaie trop plein. Alors quoi ? Qu’est-ce qui la pousse à vivre dehors, à écumer les chambres d’hôtel minables, à suivre cet homme étrange qui parle aux morts ?

Seul un très vieux cahier, qu’elle ouvre dès qu’elle le peut, semble réussir à l’apaiser. Elle lit les mots de Célestine, sa mystérieuse aïeuele qui a traversé les océans avec son père et sa Nanou, alors qu’elle n’avait que quinze ans, pour arriver à Paris durant l’hiver 1788.

Le froid est plus violent que jamais et la révolution gronde…

Vous savez combien j’aime les destins de femmes, les secrets de famille et les histoires à double temporalité, aussi je n’ai pas hésité une seconde lorsque l’on m’a proposé Une semaine et un jour, le second roman de Mariejosé Alie, certaine qu’il allait me plaire.

L’autrice nous conte ici l’histoire de deux femmes d’une même famille, à deux cents ans d’intervalle. De nos jours, nous suivons Soraya, en pleine confusion mentale, qui erre inlassablement dans les rues de Paris en proie à une intense souffrance, dans une fuite en avant dont nous ignorons la raison.

Et, à la veille de la révolution, nous suivons Céleste, tout juste arrivée à Paris, obligée de s’exiler dans la capitale à cause du trop fort soleil antillais qui endommage sa peau.

Deux histoires bien distinctes et qui ne se répondent pas, c’est ce qui m’a le plus déroutée. Autant celle de Céleste est facile à suivre et peut être passionnante, autant celle de Soraya finit par lasser car page après page, kilomètre après kilomètre, la protagoniste en est toujours au même point.

Que lui est-il arrivé ? Elle se refuse d’y penser, de se confier et j’ai fini par m’y désintéresser tout à fait et ce n’est que dans les ultimes pages que j’ai compris cette femme à la dérive et que j’ai été touchée par elle.

J’ai, en revanche, beaucoup aimé la trajectoire de Céleste, sa personnalité attachante, et le contexte historique dans lequel elle évolue, les personnes qu’elle côtoie et l’histoire d’amour qu’elle vit avec Salim.

Quelle vie romanesque à souhait que celle de cette jeune fille de l’Ancien régime ! Avec elle, l’autrice aborde des thématiques intéressantes : la place des femmes dans la société, leur combat pour avoir le droit à la parole pendant la révolution française, l’esclavage dans les Antilles françaises et nous offre un tableau passionnant de la vie à Paris lors de l’hivers glacial de 1788, des prémisses de la révolution puis de son déroulement.

On y côtoie même Olympe de Gouges ! J’ai noté quelques anachronismes et je regrette que Mariejosé Alie n’ait pas davantage employé la manière d’écrire de cette époque mais j’ai pris beaucoup de plaisir avec Céleste, et rien que pour cela, je suis contente d’avoir lu ce roman même si je suis passée à côté de Soraya.

Un grand merci à Agnès Chalnot et à H.C éditions pour cette découverte !

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Ariégeoise de cœur mais Parisienne depuis toujours, Anne Icart est née en 1968. Elle exerce la profession de rédactrice juridique. Prix 2010 des Lycéens de la Fondation Prince Pierre de Monaco, Les Lits en diagonale, son premier livre, fait le récit de sa relation avec son frère handicapé et a été traduit dans cinq pays. Son deuxième ouvrage, Ce que je peux te dire d’elles, a obtenu le prix du premier roman  » Méo Camuzet  » en 2013 et le prix du premier roman de la ville de Saint-Lys. Cette saga familiale, la « saga Balaguère », se poursuit avec Si j’ai bonne mémoire (2015) et Le Temps de Lilas (2017), Prix Pierre Benoît de l’Académie des Arts, Lettres et Sciences du Languedoc. Tous ses livres sont publiés aux éditions Robert Laffont et repris chez Pocket.

Ercé, juillet 1989. Léontine, quatre-vingt six ans, vient de rendre son dernier soupir, laissant ses proches dans le désarroi. Célibataire, elle a élevé Michel, le fils de sa sœur jumelle Zélie, morte en couches à l’âge de vingt ans, en 1924.

Après ce décès soudain, la famille composée de Tine et de ses parents, s’est resserrée autour du nourrisson. Baptiste, le père du bébé, inconsolable de la perte de sa femme, s’est laissé convaincre par son frère aîné, Jean, installé à New-York avant la première guerre mondiale, de le rejoindre, un travail l’attend au Waldorf Astoria.

Il accepte de laisser son fils à la famille de sa défunte épouse, le temps pour lui, de bâtir un avenir, et dès qu’il le pourra, il viendra le rechercher. Dès lors, chaque semaine, Baptisme s’installe à Washington Square pour écrire une lettre à son fils…

Lettres de Washington Square est un roman captivant et bouleversant que j’ai quasiment lu d’une traite, emportée par l’histoire de Baptiste, Michel, Tine et Zélie sur plusieurs décennies.

Des montagnes pyrénéennes à New York, Anne Icart nous propose une histoire d’amour filial incroyablement émouvante portée par l’espoir des deuxièmes chances que la vie offre parfois.

L’histoire tricotée par l’autrice se révèle très émouvante, au fil de cette correspondance à sens unique d’un père vers son fils, qui ne reçoit jamais de réponse mais espère tout de même que sa belle-mère et sa belle-sœur transmettent ses lettres à son fils, on découvre la vie de Baptiste, l’amour qu’il lui porte et l’espoir qu’il a de venir le chercher bientôt.

Dans ses lettres, Il se confie, raconte les évènements personnels et historiques qui jalonnent son existence : le passage par Ellis Island, la difficile intégration, l’apprentissage de l’anglais le krach boursier de 1929, la grande dépression, la seconde guerre mondiale, les naissances et les décès au sein de sa famille, son amour pour Katelyn…

Au fur et à mesure du récit, on découvre ces lettres chargées d’émotions de retenues et d’espoirs déçus et plus d’une fois, j’ai eu la larme à l’œil tant les propos de ce père sont touchants.

Malheureusement, ses lettres sont cachées au petit garçon, qui jusqu’à tard dans sa vie, pensera que son père n’est qu’un vaurien. Heureusement, après le décès de Tine, Zélie, la fille de Michel, découvre des boites rouges dans lesquelles toutes ses lettres ont été conservées, révélant à Michel qui était réellement son père.

Comme vous le savez, j’aime beaucoup les histoires où les non-dits et les secrets de famille sont présents et ici je n’ai pas été déçue. Ce récit axé sur l’amour paternel, l’exil et l’espoir, se lit avec une certaine avidité, entrecoupé des lettres si touchantes de Baptiste, je n’en ai fait qu’une bouchée.

Touchée, émue, bouleversée, j’ai terminé ma lecture en larmes. C’est un roman que je ne suis pas prête d’oublier et que je vous conseille absolument, je suis sûre qu’il vous touchera à votre tour, si vous vous laissez tenter.

Un grand merci aux éditions Robert Laffont pour cette belle lecture qui flirte avec le coup de cœur, j’ai adoré !

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Béatrice Shalit est née à New York. Après des études en France et aux États-Unis, elle devient productrice, scénariste et réalisatrice de télévision. Elle a par ailleurs publié une dizaine de romans dont, aux Éditions Bernard Barrault, L’Année de Louise (1984), Le Plus Jeune Frère (1986), Lisa, Lisa (1990) et, chez Julliard, Famille et autres supplices (2000), Ne m’appelez plus Varsovie (2003), Merci d’être venu (2006), Qui veut tuer Rosa Hoffmann ? (2011), Vingt-sept fois de mes nouvelles (2013), Je te vois (2015), Le Complexe d’Eos (2017) et James et Talia (2020).

Rue La Fayette, à Paris Xème arrondissement, au fond d’un jardin, s’élève un charmant hôtel particulier un peu décati que ses habitants nomment affectueusement la « Roulotte ».

Annette Rahbani son mari Maurice en sont les heureux propriétaires, Annette y est même née et ne l’a jamais quitté depuis !

Ils y accueillent quelques résidents farfelus qui ne sont pas toujours à jour dans leur loyer : Monsieur Achab, un retraité sans ressources, Maryline, une actrice dont la carrière stagne, Yacek, un jeune peintre amateur de poker, Bintou, une Afghane sans papiers et un mystérieux Libanais, cousin de Maurice Rahbani, qui paye sans rechigner un loyer conséquent.

La dernière venue, une jeune Israélienne prénommée Talia, s’est installée là dans un but bien précis : récupérer l’immeuble qui appartenait à ses arrière-grands-parents et que le père d’Annette, a récupéré gratuitement, après les avoir raflés et envoyés dans les camps.

Son arrivée va provoquer une cascade d’événements cocasses ou dramatiques. James, le chat de la maison, ne perd pas une miette de ces imbroglios qu’il nous raconte avec délectation, d’autant qu’un nouveau personnage fait son entrée : Colin Marlowe, lieutenant de police.

James et Talia est un court roman que j’ai lu d’une traite, il faut dire qu’en une centaine de pages, il s’en passe des choses, qu’il est difficile de le lâcher !

Et puis, on a plaisir à suivre James, le très curieux chat roux de la Roulotte, qui passe d’un appartement à l’autre et grâce à qui on apprend tous les évènements qui jalonnent ce récit.

Avec un roman aussi bref, Béatrice Shalit réussit à aborder un bon nombre de thématiques, à dévoiler quelques secrets de famille, à nous offrir des rebondissements et à nous proposer un narrateur pas comme les autres, puisque l’histoire nous est contée de bout en bout par un chat !

Entre drames et comédie sentimentale, l’autrice saute d’un personnage à l’autre, ce qui lui permet d’aborder la shoah, les pillages de guerre, le suicide, la misère, la religion, le handicap, les migrants…

Forcément, sur un format aussi court, tout est esquissé et manque de profondeur, il n’empêche que la plume de l’autrice est bien agréable à lire et que j’ai passé un bon moment avec tous ces protagonistes même si je regrette les nombreux raccourcis et un dénouement sympathique mais, pour moi, tiré par les cheveux : difficile en effet de comprendre les réactions assez improbables de ces héros.

Un roman, néanmoins, qui délivre de beaux messages de tolérance et de multi culturalité que je vous encourage à découvrir si ces thèmes vous interpellent.

Un grand merci aux éditions Julliard pour cette lecture bien agréable !

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Mathieu Menegaux est né en 1967. Son premier roman, Je me suis tue, publié chez Grasset en 2015 et Points en 2017, a obtenu le prix du Premier Roman des 29es Journées du Livre de Sablet.

Daphné est au comble du bonheur : Maxime, l’homme qu’elle aime profondément, vient de lui dire oui devant famille et amis, un moment qu’elle attendait depuis longtemps.

Tous deux sont issus de la bourgeoisie, ils occupent des postes à responsabilités, s’installent dans un bel appartement parisien et deviennent parents de deux petites filles adorables, Claire et Lucie.

Maxime, banquier, est un père très présent et si Daphné a mis un frein à son ascension professionnelle, il est le premier à l’encourager à accepter un poste à l’international.

La mère de famille sera désormais absente du lundi au jeudi mais Maxime le promet, il s’occupera bien de leurs filles et une nounou les récupérera à l’école et restera avec elles jusqu’à son retour de la banque.

Malgré la culpabilité, apanage des mères qui travaillent, Daphné cumule les succès professionnels et puis, quand on est l’épouse du prince charmant, beau et brillant, qu’on a avec lui deux petites filles adorables, comment imaginer un seul instant que le pire puisse arriver ?

Qu’il a menti sur tout, tout le temps ? Qu’il va falloir se résoudre à affronter celui qu’on a tant aimé dans une lutte sans merci ?

Inspiré d’une histoire vraie, le second roman de Mathieu Menegaux, Un fils parfait, est le récit poignant du combat d’une mère contre la machine judiciaire. Ecrit sous forme d’une longue lettre, celle de Daphné à Elise, sa belle-mère, on suit pendant une centaine de pages, l’histoire de cette femme qui vit un conte de fées, jusqu’au jour où sa fille la supplie de ne pas partir au travail.

Alors, le ciel lui tombe sur la tête… je ne vous en dirai pas plus car je ne savais rien de ce roman avant de le commencer et je trouve qu’il faut entrer dans cette lecture sans rien savoir si ce n’est que le conte de fées va se fissurer puis se désintégrer au fil du récit.

L’atmosphère de ce roman est lourde, pesante et j’ai trouvé la forme de ce récit intéressante. Nous sommes comme la mère de Maxime, à l’extérieur de l’histoire et nous découvrons les évènements au fur et à mesure de la lecture de cette lettre qui nous happe dès les premières lignes pour ne plus nous lâcher.

Le format court, l’écriture sèche de Mathieu Menegaux, font merveille ici. Bien que le sujet soit dur, l’auteur ne tombe jamais dans le pathos et nous entraine dans les arcanes de la justice et de la protection des mineurs.

En tant que maman, je n’imagine même pas qu’une telle chose puisse arriver à mes garçons et on se dit que les erreurs que commet Daphné, on pourrait toutes les commettre, son aveuglement préalable, pourrait être le nôtre et on voit le poids de la justice s’abattre sur elle, inexorablement, une véritable descente aux enfers qui nous apparaît tellement injuste et inique.

J’ai dévoré ce livre et lu d’une traite, une fois ouvert, on ne le lâche plus. L’histoire est bien construite, à partir de faits réels. Pourtant, quelle que soit la part de fiction, j’ai appris des choses fort dérangeantes, notamment le traitement de ces affaires par la justice.

Je regrette le dénouement, pas crédible à mon goût, qui a terni la fin de ma lecture. Pour autant, c’est une lecture dérangeante et indispensable d’une grande virtuosité que je vous recommande !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Reine française de la saga, Marie-Bernadette Dupuy a conquis une immense communauté de lecteurs par ses romans bouleversants qui figurent systématiquement dans le top des meilleures ventes à leur parution.

Septembre 1946. Dans le Morbihan, à Locmariaquer, Lara, jeune fille de 18 ans au caractère passionné, tente d’oublier les terribles années qui viennent de s’écouler.

Malgré les blessures laissées par la guerre, la vie reprend lentement son cours, lorsqu’un drame frappe la région : le corps d’une jeune fille est découvert sous un dolmen.

La malheureuse est vêtue d’une tunique blanche et a été égorgée. Pour Lara, cette terrible nouvelle est d’autant plus bouleversante que l’homme qu’elle aime est l’un des principaux suspects.

Qui a bien pu commettre ce meurtre odieux ? Est-ce un crime rituel ?

Les questions sont nombreuses pour Nicolas Renan, l’inspecteur chargé de l’enquête. D’autant que cette mort n’est que le début d’une longue série de crimes…

Marie-Bernadette Dupuy est une romancière prolifique, connue pour ses sagas familiales, que je retrouve à l’occasion de ce premier tome consacré à Lara, La ronde des soupçons.

Cette lecture fleuve de plus de 500 pages s’est révélée très prenante et plutôt passionnante car, au-delà de la romance Lara et Olivier, qui ravira les amat.eurs.trices du genre, bien que fort heureusement, elle ne soit pas au premier plan, l’autrice nous propose une histoire pleine de suspens dans un contexte historique particulier.

Car l’histoire démarre au lendemain de la seconde guerre mondiale, la France et les alliés ont gagné mais les tickets de rationnement son toujours là, tout comme les G.I qui ont contribué à libérer le territoire et qui profitent de leur position de libérateurs, pour séduire les jeunes filles et semer derrière eux, un certain nombre d’enfants illégitimes.

La guerre est encore dans les toutes les têtes et notamment les épisodes qui ont jalonné la libération du territoire avec l’épuration qui s’en est suivie, menée par des résistants historiques mais aussi par des opportunistes qui ont bien profité de la guerre pour s’enrichir et s’autoproclamer résistants, une fois qu’ils ne risquaient plus rien.

Le père et l’oncle de Lara Fleury, l’héroïne de cette histoire, ont été dénoncés comme résistants, déportés vers les camps et portés disparus. Pour sa mère Armeline, sa jeune sœur Fantou, les temps sont durs et l’argent se fait rare.

Heureusement pour elles, leurs voisins, les Cadoret, pêcheurs, les aident en améliorant leur ordinaire. C’est dans ce contexte difficile, qu’intervient une série de meurtres dans ce coin de Bretagne, situé à quelques kilomètres de chez moi et que je connais bien : Erdeven, Auray et Locmariaquer, et bien sûr Vannes, où l’inspecteur chargé de l’enquête vit.

Ce qui m’a beaucoup plu ici, c’est bien sûr le contexte historique et les lieux, les secrets de famille. Marie-Bernadette Dupuy s’est bien documenté sur l’époque et sur la région et au fil des pages, on découvre les conditions de travail et de vie de tous les protagonistes de cette histoire.

La Bretagne est une terre chrétienne mais aussi attachée à ses traditions ancestrales et à sa langue, et tout ceci est bien utilisé dans le roman même si le folklore breton aurait pu être utilisé encore davantage pour imprégner une ambiance un peu fantastique au récit.

Outre tous ces thèmes, Marie-Bernadette Dupuy nous propose également une enquête policière plutôt bien ficelée et qui tient en haleine. Son inspecteur Nicolas Renan, venu tout droit de Paris et depuis peu en poste à Vannes, se révèle intelligent, perspicace et assez attachant.

Quelques bémols toutefois : les personnages sont un peu trop nombreux à mon goût, certains n’apportent pas grand chose à l’histoire pour l’instant et la liaison entre Loïza et Renan se révèle absolument inintéressante à mes yeux voire même grotesque.

L’intrigue policière se révèle trop diluée, la tension se perd et c’est dommage. Ce premier volume est malgré tout un bon divertissement, on tourne les pages avec une certaine avidité et j’ai été embarquée par cette saga familiale jusqu’au point final, je lirai donc lire la suite.

Un grand merci aux éditions Calmann Levy et à Babelio pour cette lecture prenante !

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