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Archive for the ‘Littérature française’ Category

Viviane Moore débute sa carrière comme photographe à l’âge de dix-neuf ans. Elle devient ensuite journaliste indépendante, avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Sa série de romans historiques mettant en scène le chevalier Galeran de Lesneven la fait rapidement connaître du grand public, un succès confirmé avec  » La saga de Tancrède le Normand « , dans la collection Grands détectives des Éditions 10/18.

Comme dans les contes de fées, il y a une rencontre magique : celle de Gabrielle, la romancière, et de Philip Sedley, un mariage et, bien sûr, un château.

Sauf qu’ici, non loin de Cherbourg, dans ce pays de bocages et de légendes, entre ces murs épais, quatre cents ans plus tôt, a vécu une autre femme, Marguerite, qu’une passion tragique a menée à la mort.

En faisant des amours interdites de Marguerite de Ravalet le sujet de son nouveau roman, Gabrielle ne peut se douter à quel point son destin va se mêler à celui de son héroïne.

La fiction se mêle au réel, le passé au présent. L’histoire semble se répéter, telle une malédiction…

Ainsi puis-je mourir figurait dans ma wishlist depuis de nombreuses années, aussi lorsque je suis tombée dessus en occasion, je n’ai pas hésite une seconde et aussitôt rentrée à la maison, je l’ai attaqué directement, ce qui ne m’arrive jamais tant j’étais curieuse de le découvrir enfin !

Et j’ai dévoré cette histoire en quelques heures tant j’ai été happée par ce récit mêlant une intrigue au présent et l’autre sous le règne d’Henri IV. Et une fois n’est pas coutume, j’ai trouvé ces deux récits qui s’entremêlaient passionnants même si je connaissais déjà l’histoire malheureuse de Marguerite de Ravalet et de son frère aîné Julien.

Quatre cents ans après ce drame qui défraya la chronique sous Henri IV et dont on trouve la trace dans le Journal de Pierre de l’Etoile qui relatait chaque année son histoire personnelle et celle de ses contemporains, la malédiction des Ravalet semble se répéter et faire une nouvelle victime, Gabrielle, la nouvelle chatelaine depuis son récent mariage avec l’homme d’affaires américain Philip Sedley.

Viviane Moore nous propose ici un roman d’ambiance aux accents gothiques, le château étant un personnage à part entière, où le suspens et l’angoisse montent crescendo, c’est habilement mené de bout en bout.

L’ombre de Rebecca de Daphne du Maurier plane très clairement sur ce récit : une femme se marie très vite avec un homme dont elle ne connaît finalement pas grand chose. Passée la lune de miel, elle découvre sa demeure, qui a tout de la maison hantée. Et là, elle va découvrir une gouvernante un peu froide, sa belle-soeur dont elle ignorait l’existence, les secrets de son mari…

La plume de Viviane Moore est fluide, la narration historique est solide, reposant sur les éléments réels. L’autrice fait preuve d’une certaine habileté pour entrecroiser deux récits distincts mais liés, l’un se déroulant au XXè siècle (aucune mention à notre époque actuelle toutefois : pas de téléphone portable, d’ordinateur, d’internet…), l’autre en des temps anciens, le tout avec deux styles d’écriture distincts.

Seul petit bémol : le dénouement un peu trop attendu mais cela n’a pas gâché ma lecture pour autant. Si vous aimez les histoires à double temporalité pleines de secrets, je vous conseille de tenter ce roman, vous ne devriez pas être déçu.e.s.

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Après des études de lettres à la Sorbonne et de criminologie à New York, Émilie Guillaumin a passé deux ans au sein de l’armée de terre française, aventure dont elle a tiré Féminine (Fayard, 2016). L’Embuscade est son deuxième roman.

Nuit d’août. Dans la chambre flotte le parfum de Cédric. Un mois et demi que ce soldat des forces spéciales est en mission. Un mois et demi que Clémence, enceinte, attend son retour avec leurs trois garçons.

Au petit matin, une délégation militaire sonne à la porte. L’adjudant Cédric Delmas est tombé dans une embuscade avec cinq de ses camarades. Il est déclaré mort avant d’être finalement déclaré disparu quelques jours plus tard.

Aux côtés d’autres femmes, épouses de soldats elles aussi, Clémence se retrouve malgré elle plongée dans la guerre secrète menée par la France au Levant. Avec ces questions lancinantes  : que s’est-il réellement passé lors de l’attaque ? Et pourquoi l’armée garde-t-elle le mystère  ?

Avec L’Embuscade, Emilie Guillaumin dessine avec justesse et émotion le combat d’une femme, mère et épouse puissante et courageuse, pour découvrir la vérité sur l’opération menée par son mari qui s’est révélée être un fiasco. 

Dans ce roman, nous suivons Clémence dans son quotidien qui suit l’annonce du décès puis de la disparition de son mari. Avec les veuves de ce régiment de parachutistes, elle va réclamer des comptes à l’Armée afin de savoir ce qui s’est réellement passé lors de l’opération de renseignement qui leur a coûté la vie.

Je n’avais jamais lu de roman mettant en scène l’armée, des militaires et les services de renseignements agissant en Syrie, de ce point de vue là, ce récit, très bien documenté, est très intéressant. Je l’ai trouvé plutôt réaliste et très bien écrit.

Il y a suffisamment de suspens pour maintenir notre intérêt jusqu’au bout même si je pressentais que le dénouement serait exactement comme je l’imaginais, j’ai tourné les pages avec une certaine avidité.

Bien que j’ai trouvé Clémence forte et courageuse mais aussi très froide, je n’ai jamais ressenti d’empathie pour elle, pour ce qu’elle traverse. Je suis restée à la marge de cet aspect du roman, ne ressentant aucune émotion particulière.

De même, j’ai trouvé des longueurs au milieu du roman. J’ai surtout aimé le début et la fin de ce récit, tous les passages liés au séjour des veuves en Syrie ne m’ont semblé ni réalistes ni intéressants alors que tout le reste du roman, l’est.

Ce qui m’a plu en revanche, c’est la vie de ces femmes et de ces familles qui attendent le retour de leur héros à la maison et ce qui se passe lors d’évènements dramatiques : l’aide financière de l’armée, les hommages aux invalides…

Le dénouement est très fort et montre bien le dévouement des militaires envers leur compagnie, leurs camarades et leur patrie. Un roman que je ne regrette pas d’avoir lu mais qui ne m’a pas vraiment touchée et que je vais vite oublier. Dommage.

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Après des études de lettres et un Capes de lettres classiques, Marie-Béatrice Gauvin est professeure de lettres classiques. Elle anime une classe MEDIA et une CHAAMS ce qui lui permet de travailler avec des artistes.

Été 1747. Camille Lemonnier, 15 ans, fille d’un meunier installé sur une île de la côte atlantique, se passionne pour la boulangerie et les saveurs nouvelles mais peine à trouver sa place dans ce monde paysan où les femmes sont avant tout des épouses, alors qu’elle a bien d’autres rêves.

Bien qu’elle soit belle et qu’elle fasse tourner bien des têtes, tout ce que veut Camille, c’est devenir boulangère mais son père lui répète encore et toujours qu’aucun boulangerie ne la voudra pour apprentie. Une femme boulangère, on n’a jamais vu cela et on ne le verra jamais.

Ayant perdu sa mère trop tôt, elle trouve en Mme de Tencin, baronne de Ré et célèbre salonnière, un modèle féminin hors-norme qui développe son esprit d’indépendance.

Quand la baronne l’invite à passer l’automne et l’hiver rue Saint-Honoré à Paris, c’est un apprentissage de tous les instants qui débute, à côtoyer Mme de Pompadour, d’Alembert, un maître boulanger du Palais-Royal ou ce bel Hollandais à la réputation sulfureuse…

Vous le savez, les romans historiques sont mon péché mignon et lorsque, cerise sur le gâteau, ils ont pour cadre le règne de Louis XV, mon intérêt croit encore davantage ! C’est ainsi qu’est rentré dans ma PAL pour aussitôt l’en sortir La falaise de la repentie, le premier roman de Marie-Béatrice Gauvin.

Alors forcément, un roman qui me propose une héroïne forte et courageuse, mais parfois aussi un peu casse-bonbons, dans ce XVIIIè siècle qui me fascine tant, il y avait de grandes chances que je l’aime, ce fut le cas car si ce roman d’apprentissage n’est pas forcément très original, il a bien des atouts.

Tout d’abord, il est très bien écrit, Marie-Béatrice Gauvin manie la langue française de bien belle manière et c’est assez rare pour être souligné. Ensuite, il très très bien documenté.

J’adore l’Histoire de France, celle des grands et des petits, et si j’ai des lacunes dans certaines périodes historiques, il y a en une que je peux me targuer de bien connaître, c’est le siècle des Lumières et particulièrement le règne de Louis le Bien-Aimé et bien Marie-Béatrice Gauvin le connait fort bien aussi, je dirai même sur le bout des doigts et elle le fait revivre avec brio dans les mots, les décors, les costumes…

Grâce à elle, j’ai plongé avec délice au coeur du salon de Madame de Tencin, l’une des personnalités les plus en vue de cette époque, dans les rues de Paris et à Versailles auprès de Madame de Pompadour. Camille fréquente Marivaux et d’Alembert, le co-fondateur, avec Diderot, de l’Encyclopédie, Madame Geoffrin qui ouvrira bientôt son salon…

Comme Camille est passionnée de boulangerie et de nouvelles saveurs, Marie-Béatrice Gauvin nous régale des pâtisseries à la mode de cette époque et cela met clairement l’eau à la bouche. Elle, la jeune fille de quinze ans bien naïve, découvre aussi un monde d’ombres et de lumières, et tout ceci concourt à rendre cette histoire passionnante.

J’ai toutefois quelques bémols : le trio amoureux dont on aurait pu se passer, les longueurs car le roman fait près de 500 pages et l’histoire fait par fois du sur place, c’est un peu dommage. Et lorsqu’elle a pour cadre l’île de Ré, elle se révèle moins passionnante pour moi que celle qui a pour cadre Paris. Enfin, le personnage de Camille, très adolescente dans ses réactions, c’est bien normal vu son âge, m’a souvent agacée.

Reste que si vous appréciez tout autant que moi le siècle des Lumières, je vous conseille ce roman qui coche bien des cases pour les amoureux du genre historique.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Les moissons pour leur confiance.

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Sarah Clain écrit depuis tellement longtemps qu’elle ne sait plus quand tout cela a commencé. Passionnée de sciences et de littérature, elle devient professeure de physique, puis décide de passer une licence, suivie d’un master, de lettres modernes. Après avoir publié plusieurs romans, elle a su conquérir le jury du Prix du livre romantique avec Origami blues.

Florence, une parisienne de 33 ans, tient une boutique spécialisée dans l’art de l’origami. Entourée de grues, de dragons et autres merveilles de papier coloré, elle est heureuse dans ce paradis qu’elle s’est créé.

Elle a façonné sa vie comme on crée un origami, avec un soin impeccable, jusqu’à être satisfaite du résultat. Mais un origami cache de nombreux plis, et l’apparence parfaite de la vie de Florence n’est qu’une illusion, qui ne demande qu’à se briser.

Un étudiant qui entre dans sa boutique, une sœur qui part s’installer à l’étranger, un bel homme qui croise sa route – et voilà que petit à petit, tous les secrets de Florence se déplient. Parfois, la seule façon d’avancer est de tout remettre à plat…

Auréolé du prix du livre romantique 2021, Origami blues est le premier roman de Sarah Clain. Original et captivant, porté par des personnages très attachants, il ne souffre que d’un seul défaut : il est bien trop court, je n’en ai fait qu’une bouchée !

Il faut dire qu’une fois que j’ai passé le seuil de la boutique de Florence, de son univers de papier, il m’a été quasi impossible de lâcher le livre, bien accrochée par la plume fluide et délicate de l’autrice, prise dans un tourbillon d’émotions.

Florence est aigrie, elle a des secrets et aucune vie sociale, encore moins amoureuse. Son monde tourne autour de cette boutique où elle mis tout son coeur et où elle passe le plus clair de son temps. Raphaël débarque avec sa timidité, son savoir-faire exceptionnel et elle l’engage à mi-temps.

Je ne vous en dis pas plus tant ce roman est court et il vaut mieux de rien savoir et se laisser porter par cette histoire pleine de douceur, d’espoir et de résilience.

Il y a bien une romance qui n’est pas le sujet principal du roman mais ce que je peux vous dire c’est qu’Origami Blues, parle avant tout d’abandon, de reconstruction et nous fait découvrir le monde de l’origami.

Si je n’ai absolument pas la patience de m’adonner à cet art, ce que je regrette, je trouve fascinant tout ce que l’on peut faire à partir du papier et dans ce livre, on visualise très bien les créations de Florence et de Raphaël.

J’ai beaucoup aimé la façon dont Sarah Clain nous raconte son histoire et nous dévoile les secrets de Florence, entre passé et présent, se refermant et s’ouvrant, tel un origami. Le dénouement est émouvant et beau, poétique et délicat, j’ai adoré.

Une très jolie découverte que je vous recommande vivement !

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Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge

Louis-Henri de La Rochefoucauld est critique littéraire et romancier. Il est notamment l’auteur de La Révolution française (Gallimard, 2013) et du Club des vieux garçons (Stock, 2017).

Jeune père un peu paumé, précaire dans la presse, le narrateur de ce roman mélancolique et drolatique vit dans un monde en voie d’extinction. Rien de grave : issu d’une famille décimée sous la Révolution, il a appris le détachement.

Trop à l’ouest pour avoir des convictions politiques, il n’est pas royaliste, mais ne croit pas non plus au mythe d’une France nouvelle née en 1789… Jusqu’au jour où Louis XVI lui apparaît !

Et s’il s’amusait à réhabiliter ce grand dadais mal-aimé, émouvant malgré lui ?

Les châteaux de sable est un livre ovni : à la fois autobiographique puisque Louis-Henri de La Rochefoucauld se met en scène ainsi que sa famille mais aussi très fictionnel puisque ses pas le mènent à croiser les royalistes et surtout Louis XVI et Marie-Antoinette, bien vivants et logés sur l’ile saint Louis !

Issu de l’une des familles les plus illustres de France qui a livré un lourd tribu lors de la révolution française puisqu’une dizaine de ses membres a péri sur l’échafaud, l’auteur ne se présente pas comme royaliste mais s’attache à réhabiliter ici le dernier roi de France en faisant des parallèles avec notre situation sociale et politique actuelles, mettant en lumière les répétitions de l’Histoire.

Et le moins que l’on puisse dire c’est que ça ne manque pas de sel ! Louis-Henri de La Rochefoucauld ne manque pas d’humour ni de culture et à coups d’anecdotes profondes ou savoureuses, nous fait revivre le règne de Louis XVI, sans rien omettre des décisions bonnes ou désastreuses du monarque, des scandales qui ont émaillé son règne, de la situation économique de la France lorsqu’il accède au pouvoir, etc.

Il nous dépeint Louis XVI sous des traits sympathiques sans jamais tomber néanmoins dans l’hagiographie, et les promenades que nos deux héros font dans Paris, parfois en compagnie de Marie-Antoinette, ne manquent pas d’intérêts.

Mais c’est aussi, de la part de ce jeune père, une intéressante méditation sur la transmission : que léguer à ses deux enfants quand on possède un nom illustre mais qu’il ne reste plus que des châteaux de sable ? 

Un récit très bien écrit que je conseille aux amateurs d’Histoire de France et de politique qui l’apprécieront à sa juste valeur.

Merci aux éditions Robert Laffont pour la découverte d’une plume qui m’a ravie !

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Jean-Guy Soumy a étudié la physique et les mathématiques à l’université de Limoges. Actuellement professeur de mathématiques à l’I.U.F.M. du Limousin à Limoges et vit près de Bourganeuf.

Fin des années 1860, Jeanne Vergne, une orpheline de 16 ans, s’enfuit de la ferme où sa belle-mère l’a placée, pour échapper au fermier qui voulait la violer. Arrivée à Port-Dieu, en Dordogne, elle est embauchée comme fille de cuisine par une aubergiste.

Le jour où Mr Florimond, un photographe ambulant débarque dans le village, la jeune fille est fascinée par ce drôle de personnage. Malgré leur différence d’âge, une relation forte naît entre eux et Jeanne quitte tout pour le suivre…

Avec Le regard de Jeanne, Jean-Guy Soumy nous propose un roman d’apprentissage dans la France rurale du milieu du XIXè siècle. La photographie est un art que j’aime beaucoup et j’ai une certaine fascination pour les débuts de cet art, du Daguerréotype au photographe le plus célèbre de cette époque, Nadar.

J’étais donc curieuse de découvrir un monde disparu, celui des foires et des artistes itinérants, au XIX e siècle. L’auteur s’est très bien documenté et nous raconte par le menu les séances de pause, le choix des décors, l’importance de la lumière, de l’appareil choisi et des produits utilisés pour faire naître la photographie.

Mais aussi l’attitude et les attentes des clients, leur profil… De ce point de vue là c’est très intéressant. Florimond va se prendre d’affection pour Jeanne et en faire son apprentie à une époque où le métier de photographe était peu répandu et exercé uniquement par des hommes.

L’histoire s’articule principalement autour de l’initiation de l’héroïne à ce métier, de transmission, sur la vie, ses secrets, et sur l’art naissant de la photographie et c’est ce qui m’intéressait, donc objectif atteint pour moi.

De foires en villages, le duo immortalise familles, commerces, demeures et paysages, et tient boutique l’hiver à Clermont-Ferrand. Jeanne tisse avec son mentor un lien quasi filial qui révélera leurs parts secrètes. L’occasion pour l’auteur d’aborder la place de la femme dans la société impériale, l’homosexualité…

Si ce roman ne manque donc pas d’intérêt, j’ai moins apprécié l’histoire de Jeanne, qui, une fois formée par Florimond, décide de prendre son envol. Il ne se passe alors plus grand chose et c’est bien dommage, heureusement que ce n’est que le dernier quart du roman.

Malgré ce bémol, une bonne lecture dans l’ensemble, si, comme moi, vous avez envie d’en savoir plus sur les débuts de la photographie !

Un grand merci aux éditions Presses de la cité pour cette lecture enrichissante.

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Tonie Behar est née à Istanbul, a un passeport italien, un diplôme américain, un mari breton et trois enfants du pays des merveilles… mais elle se sent surtout Parisienne ! Ancienne journaliste, elle effectue des recherches minutieuses pour chacun de ses livres et aborde ici le thème de la condition féminine au XIXe siècle et son écho aujourd’hui. Plusieurs de ses romans, dont Si tu m’oublies, paru aux éditions Charleston, ont pour cadre le 19 bis, boulevard Montmartre. Elle est la fondatrice de la #TeamRomCom. La Chanson du Rayon de lune est son sixième roman.

1860. Joséphine est une « grisette », une des milliers de petites mains qui travaillent dans les coulisses du monde du linge et de la mode. Douée pour créer des petits bijoux fantaisie, elle rêve de pouvoir ouvrir son propre commerce.

Mais à une époque où le mariage est une étape incontournable de la vie de femme, elle sait qu’il lui faudrait épouser un homme riche pour sortir de sa dure condition d’ouvrière payée six sous de l’heure.

2020. Amanda est une entrepreneuse dont la marque de bijoux cartonne. Féministe engagée, végétarienne, concernée par l’environnement, elle tente de développer son entreprise en accord avec ses convictions.

Mais, même aujourd’hui, est-il possible de vivre une histoire d’amour complètement en dehors des schémas patriarcaux ?

Liées par un immeuble parisien, une bague mystérieuse appelée le rayon de lune et des lettres longtemps oubliées, ces deux femmes réussiront-elles à vivre comme elles le souhaitent et à suivre leurs aspirations ?

Cela fait plusieurs années que j’apprécie la plume de Tonie Behar à travers les recueils publiés par la #TeamRomCom et j’étais très curieuse de la découvrir dans un format plus long. C’est chose faite avec La chanson du rayon de lune que j’ai beaucoup aimé.

A deux siècles d’écart, Tonie Behar nous raconte l’histoire de deux femmes qui ont beaucoup de points communs : elles habitent le même immeuble au 19 bis boulevard Montmartre, elles créent des bijoux et sont habitées par les mêmes rêves et forces de caractère.

Si l’histoire au présent ne manque pas d’intérêt, c’est celle qui a pour cadre le XIXè siècle que j’ai adoré, j’ai même eu un véritable coup de coeur pour Joséphine et son amoureux Antoine, dont les lettres m’ont tantôt fait sourire et tantôt émue jusqu’aux larmes.

A travers leur correspondance retrouvée par hasard dans le conduit de cheminée d’Amanda, nous suivons leur amour impossible. Joséphine est une grisette venue de Blonville à Paris pour fuir un mariage arrangé par son père, Antoine est avocat et issu de la grande bourgeoisie.

Ils s’aiment en secret puis, le jour où Antoine annonce à son père qu’il veut l’épouser, le rêve de Joséphine vole en éclats : leur union est impossible. Antoine doit renoncer à sa fortune et à son train de vie si il veut la prendre pour épouse et il ne peut s’y résoudre. Il épousera la fille de l’associé de son père et Joséphine coupera les ponts.

J’ai été conquise par cette histoire tellement romantique qui rappelle les romans classiques de cette époque. Les lettres sont vraiment bien tournées, on s’y croirait. Les allers-retours entre les deux époques sont bien pensés et n’arrivent jamais comme un cheveu sur la soupe, tout s’entremêle formidablement bien.

La plume de Tonie Behar est fluide et elle a fait un gros travail de recherche pour que sa toile de fond historique soit parfaitement crédible en incorporant des clins d’oeil à la mode, aux grands magasins qui connaissent alors un formidable essor, aux journaux, aux lieux à la mode, etc.

Si j’ai adoré toute cette partie historique, j’ai été moins touchée par l’histoire d’Amanda et Jonathan, qui, accusés de la mort d’Alexandre, doivent prouver leur innocence. Tonie Behar avait la matière pour réaliser un formidable roman historique en se concentrant sur la partie au XIXè siècle qu’elle aurait pu développer à merveille.

Bien sûr, ce n’est que mon avis d’amoureuse d’intrigue historique qui aurait voulu rester davantage avec Joséphine et Antoine plutôt qu’avec Amanda et Jonathan mais cela n’enlève rien à la partie contemporaine qui ne m’a à aucun moment ennuyée.

Un roman que je vous conseille si vous aimez, comme moi, les histoires à double temporalité !

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Adèle Bréau est l’auteure du best-seller Frangines, paru à l’été 2020, après sa trilogie initiée par La Cour des grandes, dont les droits ont été vendus à la télévision, et L’Odeur de la colle en pot. Directrice de la mode de Gala et ancienne rédactrice en chef de Elle.fr, elle croque avec humour et férocité les petits travers de notre société sur son blog. Haute saison est son sixième roman.

Anglet, fin juillet. À la réception du Club Océan, Germain accueille comme chaque semaine les nouveaux arrivants, avec un mélange de plaisir et d’appréhension…

Au milieu des habitués, certains clients goûtent pour la première fois aux « joies du club ». Chantal, qui débarque sans grand enthousiasme avec ses petits-enfants, Matthias, papa solo ayant cédé à l’appel de l’option « mini-club », et Fanny, venue en famille pour tenter de resserrer les liens, vont plonger dans ce huis clos aussi enjoué qu’inquiétant, dont la feuille de route est claire : faites connaissance et a-mu-sez-vous !

Mais qu’a-t-on à partager avec des êtres si différents ? Entre tournois de tir à l’arc, plaisirs du self et jeux apéro, ces vacanciers contraints de cohabiter parviendront-ils à rompre la glace malgré les secrets qu’ils ont emportés dans leurs bagages ?

Peut-on réparer ce qui a été brisé ? Faut-il se lever à l’aube pour avoir un transat à la piscine ? Autant de questions à la fois profondes et légères qui portent ce roman solaire, plein d’humour, d’émotion et d’humanité.

Avec Haute saison, Adèle Bréau met en scène avec brio le quotidien de plusieurs familles dans un club de vacances sur la côte basque et de leurs employés.

Parmi eux, quatre solitudes qui n’auraient jamais dû se rencontrer et qui vont finir par nouer une belle amitié. Une histoire de rédemption qui va permettre à l’autrice d’aborder des thématiques fortes comme le handicap, le deuil, la culpabilité, le monde du travail, l’adolescence, la fin de vie…

Loin d’être une histoire drôle ou feel-good, ne vous laissez pas tromper par la couverture, ce roman a une tonalité plutôt sombre sans jamais tomber dans le pathos.

Adèle Bréau, que je découvre ici, décortique avec finesse, humour et panache des histoires de famille, de couple, d’amour. Des tranches de vies qui ne forment pas une trame narrative à proprement dite mais qui nous happe dès les premières pages pour ne plus nous lâcher.

Les quatre protagonistes principaux ont tous un secret enfoui en eux qui les étouffe, que nous allons peu à peu découvrir. Aau fil de cette semaine de vacances, au gré des rebondissements mitonnés par l’autrice, les verrous vont sauter pour permettre à chacun d’eux de renaître.

La plume d’Adèle Bréau est fluide et agréable, le roman est rythmé par des événements ou révélations qui font que l’on a qu’une envie : tourner les pages jusqu’au point final, d’autant que l’on peut se retrouver deci delà dans certaines situations ou traits de caractères.

Un bon roman porté par des personnages attachants, bien qu’un peu stéréotypés mais finalement assez universels, qui rendent cette lecture très addictive ! Je suis séduite et je compte bien lire à nouveau Adèle Bréau. Avez-vous l’un de ses titres à me conseiller ?

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Fabienne Blanchut, auteure d’albums illustrés et de romans jeunesse, scénariste, conceptrice d’émissions télé et consultante média, vit et travaille à Bruxelles depuis une quinzaine d’années. Elle est  bien connue des enfants et de leurs parents grâce à une production prolifique et à ses collections à succès parues chez Fleurus, Albin Michel, Hachette ou encore Auzou. Elle signe ici son premier roman pour adulte.

À 62 ans, Zabou s’apprête à célébrer son anniversaire. Pour l’occasion, tous ses proches sont réunis : Michel, son mari passionné (essentiellement de vélo), Louise et Benjamin, ses enfants attentifs (surtout à eux-mêmes), Paul, Léa et Clara, ses petits-enfants aimants (les biberons et les pistolets à eau) et Nicoucou, son amie fidèle (à ses tee-shirts voyants et à son franc-parler légendaire).

L’esprit a beau être à la fête, Zabou ne peut réfréner son envie de se réfugier dans le cellier pour pleurer et avaler des fraises Tagada par poignées.

Après des années à s’être consacrée aux autres, elle semble désormais tout juste bonne à accompagner son mari sur les routes du Tour de France et à garder les plus petits.

Et s’il était temps de rompre l’ennui ? De se laisser embarquer par la douce folie de l’amitié ? De fuguer pour mieux se retrouver ?

Avec Maman ne répond plus, Fabienne Blanchut signe son premier roman et nous questionne sur la place des femmes dans la société. Son héroïne, Isabelle Le Bihan dite Zabou, était à l’aube de ses 20 ans, une féministe convaincue qui avait de l’ambition.

Puis, sa rencontre avec Michel va tout changer : elle va se marier, abandonner ses études et devenir mère au foyer, elle s’est oubliée au point d’avoir l’impression d’être devenue transparente pour les siens. La cerise sur le gâteau étant le stage de yoga offerte par ses enfants qui va allumer la flamme de la révolte.

Voilà un feel-good book dont je n’ai fait qu’une bouchée ! J’ai beaucoup aimé Zabou et son amie Nicoucou, sa belle-mère cougar Josy, la crise de la soixantaine que traverse notre héroïne et sa fugue jusqu’à Barcelone.

La plume de Fabienne Blanchut est fluide et dynamique, les dialogues sont savoureux et souvent hilarants, ce qui n’empêche pas des moments plus graves ou tendres de ponctuer ce récit qui est mené tambour battant !

Les thèmes abordés sont intéressants : le mariage, la fidélité, les relations mère/fils/fille, belle-mère/belle-fille et surtout la place des femmes dans la société (mère, fille, grand-mère, amie…). Tout est criant de réalisme et c’est ce qui est la force de ce récit.

Les personnages sont nombreux mais touchants : de Michel amoureux de sa femme mais aussi du vélo à Ben le pompier en passant par Petite chérie si critique envers sa maman, Nicoucou à mourir de rire, Josy (sa voiture de luxe et son toy boy) qui croque la vie à l’aube de ses 90 ans, et bien sûr Isabelle qui, malgré son âge, ressemble à chacune d’entre nous. L’autrice croque à merveille leurs défauts, leurs qualités, leurs faiblesses, etc.

Vous l’aurez compris, un bon feel-good book qui m’a beaucoup plu, intelligent, drôle et qui fait réfléchir. Je vous le recommande !

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Virginie Grimaldi est née en 1977 à Bordeaux où elle vit toujours. Traduits dans plus de vingt langues, ses romans sont portés par des personnages attachants et une plume poétique et sensible. Ses histoires, drôles et émouvantes, font écho à la vie de chacun.

Lily vient de donner naissance à une petite fille arrivée trop tôt. Contre l’avis de son compagnon et de son gynécologue, elle se sentait si bien dans sa grossesse, qu’elle n’a jamais voulu lever le pied. Elle a continué à travailler, à porter des packs d’eau… jusqu’à ce moment qui aurait pu être fatal à son enfant.

Elise va avoir 50 ans. Divorcée depuis une dizaine d’années, elle est atteinte du syndrome du nid vide depuis que son cadet a emménagé à Paris et que son aînée vit à Londres. Ses deux dernières décennies, elle ne s’est consacrée qu’à son rôle de mère et elle s’est oubliée.

L’une doit apprendre à être mère à temps plein, l’autre doit apprendre à être mère à la retraite…

Virginie Grimaldi est une autrice que j’aime retrouver chaque été pendant mes congés, je suis assurée de passer un très bon moment de lecture entre rires et larmes. Jamais de coup de coeur mais toujours charmée par la plume de cette autrice et des histoires qu’elle sait si bien tricotée.

Avec Et que ne durent que les moments doux, lu avec ma maman, la donne a changé. Nous avons été toutes les deux bouleversées par ce récit de maman de la première à la dernière page. C’est l’histoire universelle de ces moments qui font basculer la vie, de ces vagues d’émotions qui balaient tout sur leur passage, et de ces rencontres indélébiles qui changent un destin. 

Avec une infinie justesse, de la pudeur et beaucoup d’humour, Virginie Grimaldi déroule le fil de leur existence et nous invite à partager leurs joies et leurs angoisses, mais aussi leurs souvenirs, leurs rêves et leurs espoirs. Et cela a parlé à nos coeurs de mamans.

Nous suivons alternativement Lily au coeur du service de néonatalogie et au plus près de son bébé. Jour après jour, elle tremble pour son enfant relié à des machines qui l’aide à respirer et à se nourrir. On la suit dans son quotidien au sein de cette unité avec son compagnon et les parents qui y vivent également.

Et Elise dans son quotidien de femme en manque de ses enfants et qui peine à remplir ses soirées et ses week-ends, esseulée sur son canapé avec pour seule compagnie Edouard, le chien de son fils, qui est lui aussi bien malheureux, privé de son maître.

J’ai beaucoup aimé l’alternance des points de vue et je me suis beaucoup reconnue dans le personnage d’Elise, maman solo qui a toujours fait passer les désirs et le bien-être de ses enfants avant les siens. Il existe bien des façons d’être maman et aucune n’est supérieure ou meilleure aux autres, personne n’a la recette et aucune mère n’est parfaite et c’est tant mieux.

On fait toutes des erreurs mais ce qui nous rassemble toutes c’est cet amour inconditionnel que l’on porte à nos enfants dès que leur regard croise le nôtre pour la première fois. On s’inquiète parfois trop, on les couve souvent trop mais on fait toutes de son mieux et c’est la maternité qui est au coeur de ce récit.

Dans ce roman, on aborde aussi des thèmes douloureux tels que l’angoisse des parents d’enfants en néonatologie, la solitude des mamans qu’on laisse une fois adulte, la difficulté pour tomber enceinte et mener sa grossesse à terme, le devenir des grands prématurés…

Mais comme toujours, Virginie Grimaldi ne plombe jamais le moral de ses lecteurs et lectrices grâce à son humour décapant même s’il ne suffit pas toujours à retenir les larmes qui coulent toutes seules à certains passages véritablement poignants.

Je ne sais pas si ce roman parle à tout le monde mais il peut toucher chacun et chacune d’entre nous, les mamans bien sûr qui seront particulièrement sensibles à cette histoire bouleversante mais aussi pleine d’espoir. Histoire qui a été inspirée par le propre vécu de l’autrice dont le dernier fils a connu un séjour dans un service de néonatalogie.

Un joli coup de coeur auquel je ne m’attendais pas, un roman que je vous recommande absolument !

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