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Archive for the ‘Histoire, Essais & Documents’ Category

Nicolas Carreau est journaliste à Europe 1. Chaque semaine, dans son émission « La voix est livre », il se rend chez une personnalité pour explorer avec elle sa bibliothèque.

Du plus petit au plus grand, par couleur, par auteur, par genre, par collection ? En bas les beaux-livres et les bandes dessinées, en haut les poches ?

Ceux qu’on a aimé d’un côté, ceux qu’on doit lire de l’autre et, bien mis en évidence, les ouvrages qu’il est de bon ton d’avoir mais que l’on n’ouvrira jamais ?

Faut-il garder ses livres d’enfance ? Comment cacher les « inavouables » au regard des autres ?

Chacun a sa façon de trier, de ranger ses livres, ou au contraire de les laisser en désordre. D’aucuns les disséminent partout chez eux quand d’autres les regroupent méthodiquement.

Avec Et vous, vous les rangez comment, vos livres ? Nicolas Carreau nous emmène découvrir les étagères de nombreuses personnalités issues du monde des lettres, de la culture et des médias qui l’ont accueilli chez elles. Le journaliste nous fait explorer ces objets intimes que sont leurs bibliothèques car elles révèlent beaucoup de nous.

Celles de David Abiker, Christophe Barbier, Philippe Besson, Enki Bilal, Patrick Brion, Isabelle Carré, Clémentine Célarié, Jeanne Cherhal, François de Closets, Costa-Gavras, Valérie Damidot, Dave, Vincent Delerm, Nathalie Dessay, Bruno Fuligni, Christophe Honoré, Jul, Douglas Kennedy, Michel-Edouard Leclerc, Olivier Marchal, Thierry Marx, François Morel, Patrick Pelloux, Patrick Poivre d’Arvor, Nathalie Rheims, Sanseverino, Anne Sinclair, MC Solaar, Bruno Solo, Philippe Tesson, Philippe Vandel, Jacques Weber, Bernard Werber et Ariel Wizman ressemblent à leurs propriétaires, même si elles réservent bien des surprises !

Cet ouvrage s’ouvre par une préface de François Morel dont on découvre aussi la bibliothèque et sur un avant-propos de Nicolas Carreau qui confie sa démarche et les difficultés qu’il a rencontré pour découvrir les personnalités des journalistes, chanteur.euse.s, act.eur.trice.s, écrivains. Beaucoup ont refusé de dévoiler les écrivain.e.s qu’ils aiment et leur intimité à travers les livres présents sur leurs étagères.

C’est vrai qu’une bibliothèque, c’est du ressort de l’intime même si comme moi, on les expose au regard des autres puisque j’en ai trois dans mon salon.

C’est un ouvrage agréable à lire, très vivant puisque ce sont des retranscriptions d’interviews et que ces conversations à bâtons rompus avec toutes ces personnalités donnent envie de découvrir des auteurs et des romans.

Et les miennes ? Je crois qu’elles me ressemblent aussi pas mal ! On y trouve tout ce que j’aime lire et par thématiques. J’ai en effet fait le choix de bibliothèques thématiques : ma pile à lire, à part, celle pour les romans jeunesse, celle consacrée aux romans policiers, celle où je glisse les documents, essais et biographies et plusieurs consacrées aux romans.

Mes livres, après avoir été rangés de façon chronologique : Antiquité, Moyen-Age, XVIè, XVIIè, XVIIIè, XIXè, XXè et XXIè siècles (une marotte qui me vient de mes études de lettres) sont désormais rangés par ordre alphabétique d’auteur et non par éditeurs sinon je ne m’y retrouverai jamais.

Il y règne donc un joyeux bazar puisque je mêle bibelots et bougies et que les grands formats et les poches se côtoient, je n’ai donc pas de bibliothèques instagrammables mais je les trouve plus vivantes ainsi !

Et vous, vous les rangez comment, vos livres ?

Un grand merci à Agnès Chalnot et à La librairie Vuibert pour cette découverte !

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Jean-Noël Jeanneney, professeur des universités, ancien ministre, est l’auteur de nombreux ouvrages et documentaires sur l’histoire politique, culturelle et des médias. D écrit pour le théâtre. Ancien président de Radio France, de RFI et de la BNF, il anime l’émission « Concordance des temps » sur France Culture.

L’histoire de la presse est d’une richesse quasiment sans limite. Les personnalités hautes en couleur y abondent, depuis Théophraste Renaudot, le fondateur mythique, jusqu’aux plus brillants des entrepreneurs contemporains.

Les reporters les plus audacieux, les éditorialistes les plus déterminés, les chroniqueurs les plus inventifs se retrouvent, d’âge en âge, pour animer ce monde-là, chacun à sa manière, de leur plume, de leur voix et souvent de leur courage.

Comme un puzzle peu à peu reconstitué révèle, de pièce en pièce, l’entièreté d’un dessin, Les grandes heures de la presse s’attache à faire resurgir, au long de près de quatre siècles, des premières gazettes à l’attentat contre Charlie Hebdo, épisode par épisode, l’évolution de la presse française : passionnée, tourmentée, brillante.

Si je ne suis pas une lectrice assidue de journaux, je me suis toujours intéressée à l’histoire de la presse. Aussi lorsque je suis tombée sur cet essai dans ma librairie préférée, je suis repartie avec.

Et je ressors de cette lecture satisfaite, ayant appris moult choses. C’est un bon livre de vulgarisation et son auteur connaît le sujet sur le bout des doigts, ça ne fait aucun doute.

Jean-Noël Jeanneney, spécialiste des médias et de la politique, sait transmettre son savoir, intéresser son lectorat sans jamais lasser. Pour ma part, je lisais un à deux chapitres par jour et c’est passé crème comme on dit.

Je regrette pourtant qu’il se soit cantonné à l’hexagone, je comprends sa démarche, mais il aurait été intéressant pour moi de faire des parallèles avec l’Angleterre et les États-Unis par exemple.

Autre bémol pour moi, l’ouvrage est essentiellement axé sur le 20è siècle et c’est bien dommage : j’aurai aimé que l’auteur s’attarde davantage sur les 18è et 19è siècles où il y avait beaucoup de choses à dire sur l’importante des journaux dans la propagation des idées des Lumières, son rôle crucial lors de la Révolution. Quant au 19è siècle, c’est l’âge d’or de la presse, l’auteur y fait référence bien sûr mais trop brièvement à mon goût.

Reste que si vous cherchez un bon ouvrage de vulgarisation, clair et compréhensible par tous sur ce sujet, Les grandes heures de la presse est un livre fait pour vous.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Lucie Tesnière a 39 ans et vit à Bruxelles. Après avoir travaillé dans le domaine des énergies renouvelables, Lucie accompagne maintenant des gens dans l écriture de leurs vies.

En 2012, Lucie Tesnière découvre les lettres de son arrière-grand-père, Paul Cabouat, médecin dans les tranchées pendant la Grande Guerre. Alors qu’elle est employée dans une association environnementale à Bruxelles, elle commence, pendant son temps libre, une enquête sur cet aïeul.

De fil en aiguille, elle va se passionner pour l’histoire de sa famille et va prendre un congé sabbatique afin de rédiger la généalogie de sa famille. Ses recherches vont la mener à retracer l’histoire de sa famille à travers les deux guerres mondiales et changer le cours de sa vie.

En fouillant dans les archives et en interrogeant les descendants, elle met au jour des histoires incroyables, mêlant Résistance, collaboration, amours, amitiés et trahisons.

À travers le récit captivant de cette famille, agrémenté de photos, dessins, lettres et de nombreux témoignages d’époque, c’est une histoire de la France au XXè siècle qui se dessine au fil des pages.

Si Madame, vous allez m’émouvoir, est une enquête généalogique, il se lit comme un roman grâce à la plume fluide de Lucie Tesnière.

Le récit qu’elle fait de ses recherches se révèle très vivant car elle inclut des retranscriptions d‘interviews, de conversations qu’elle a eu avec les témoins encore vivants, des professeurs, des membres de sa famille…

Comme son auteure, on se passionne au fil des pages pour cette enquête généalogique hors norme qui nous donne à lire une saga familiale hors du commun, qui fait qu’on ne lâche plus ce livre une fois qu’on l’a dans les mains.

Lucie Tesnière n’est pas une historienne mais elle va avoir une démarche d’historienne en collectant tous les documents qu’elle peut, en allant à la rencontre de témoins de l’histoire familiale et en étant impartiale de bout en bout, quitte à fâcher certains membres de sa famille.

A travers Paul et quelques-uns de ses descendants, l’autrice nous donne à lire, des pans entiers de l’histoire de France, durant les deux guerres mondiales pendant lesquelles s’est illustrée cette famille : des tranchées de 14-18 à la résistance de 39-45, écrits sous un angle original.

Un livre passionnant de la première à la dernière page que je vous recommande chaudement !

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Marie-José Tulard, haut fonctionnaire, puis avocate, a enseigné l’histoire des institutions à l’Université et publié plusieurs ouvrages juridiques. Jean Tulard, membre de l’Institut, professeur émérite à la Sorbonne, est spécialiste de l’histoire de la Révolution et de l’Empire, période à laquelle il a consacré de nombreux livres. Ensemble, ils ont aussi écrit Napoléon et quarante millions de sujets.

Séduire au risque d’en mourir : tel fut le sort de plusieurs héroïnes de ce livre dont le rôle politique sous la Révolution s’acheva sur l’échafaud. Ainsi d’Olympe de Gouges ou de Mme Roland…

On l’a oublié ou négligé : de grandes figures féminines tentèrent d’infléchir le cours de la Révolution dans un sens ou dans un autre. La plupart s’efforcèrent d’influencer des hommes politiques du temps – de là leur nom d' » égéries  » – faute de pouvoir se faire entendre à la tribune et participer aux grandes décisions. Une revendication que les révolutionnaires ne cessèrent d’étouffer.

Et pourtant, n’étaient-ce pas les femmes qui avaient ramené le roi de Versailles à Paris ou contribué à la chute de la monarchie ?

Voici l’histoire de la Révolution vue sous un autre jour, expliquant, entre autres, le renoncement du duc d’Orléans à la régence après la fuite du roi ou la chute inattendue de Robespierre le 9 Thermidor. Dans les coulisses de la scène politique, ne fallait-il pas chercher l’égérie ?

Vous connaissez mon goût pour l’Histoire et pour les portraits de femmes, aussi Les égéries de la Révolution de Jean & Marie-José Tulard, ne pouvait qu’éveiller mon attention !

Jean Tulard, grand spécialiste de Napoléon, et son épouse, Marie-José, nous brossent le portrait de femmes, pour certaines passées à la postérité, qui ont joué un rôle lors de ces années 1789 à 1799, qu’elles soient révolutionnaires ou monarchistes convaincues.

L’ouvrage est découpé en quatre parties : aux origines de la Révolution, l’échec d’une monarchie constitutionnelle, la Terreur, les égéries du Directoire et enrichi d’une chronologie détaillée et d’une abondante bibliographie.

Jean et Marie-José Tulard nous invitent à découvrir mesdames Necker, de Condorcet, de Lamballe, de Polignac, de Genlis, Roland, de Gouges, Charlotte Corday, Théroigne de Méricourt, pour les plus connues mais ce sont en tout pas moins de trente-quatre femmes qui sont ici passées au crible.

Parisiennes ou provinciales, de noble ou de basse extraction, bleues ou blanches, les auteurs nous proposent des trajectoires différentes des prémisses de la Révolution au Directoire.

Plusieurs d’entre elles finiront sur l’échafaud, affrontant la mort avec grand courage en plein cœur de la Terreur. L’ouvrage est dans l’ensemble très intéressant car les auteurs prennent le temps d’approfondir chaque portrait, le tout de façon très clair.

Le style est fluide, la chronologie compréhensible et si parfois l’égérie sert à présenter l’homme qui l’accompagne, on ne peut que saluer le travail de ces deux historiens qui abordent de façon limpide cette période troublée de notre histoire et notamment les différents camps en présence : royalistes, girondins, montagnards… ce qui n’était pas une mince affaire !

Avec ce livre, les auteurs veulent aussi redonner une place aux femmes qui n’ont pas vu leurs conditions s’améliorer lors de la Révolution, peu d’entre elles pouvait prendre la plume, participer aux clubs et aux débats d’idées.

Les révolutionnaires étaient-ils misogynes ? C’est ce qu’on lit sous la plume de Jean et Marie-José Tulard, je ne connais pas assez cette époque pour confirmer ou non leurs dires mais je salue la volonté de mettre en lumière des femmes qui restent souvent dans l’ombre de l’Histoire.

Un livre qui se lit bien et qui intéressera celles et ceux qui veulent découvrir ces destins de femmes.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Avez-vous déjà rêvé d’embarquer dans une machine à remonter dans le temps pour vivre l’Histoire de France de l’intérieur ?

Vincent Boqueho, passionné d’histoire, et chroniqueur pour le site Herodote.net nous propose avec L’histoire de France comme si vous y étiez ! de se glisser successivement dans la peau d’un homme de Néanderthal qui se gèle dans sa caverne, d’un marin gaulois luttant contre la flotte de Jules César, d’un écolier sous Louis XIV, d’un chevalier dans l’armée de Charles Martel, d’un conseiller au Parlement de Paris pendant la Fronde, d’un négrier sans scrupule, d’un ouvrier des ateliers de Perrache fabriquant une locomotive d’un nouveau genre, d’un moine de Bourgogne du Moyen-Age, d’un maréchal ferrant nantais, d’un mousquetaire de Louis XIII…

Au gré des pages et des scènes de vies proposées par l’auteur, le lecteur parcourt l’intégralité de l’Histoire de France depuis le Paléolithique à nos jours. Témoins des grandes pages de notre Histoire nationale, nous assistons aux guerres, aux révolutions et évolutions politiques et culturelles qui ont traversé notre Hexagone au cours de ces deux derniers millénaires principalement.

Un peu à la manière des livres dont on est le héros, on incarne aussi des personnages célèbres tels que Jules César, Charles Martel, Aliénor d’Aquitaine, Jeanne d’Arc, Victor Hugo, Claude Monet, François Rabelais, Napoléon Bonaparte, Grégoire de Tours, René Descartes…

Une approche ludique qui permet aux passionnés de se mettre dans les pas des différents héros qui parsèment les chapitres et aux néophytes de piocher dans les évènements qui les intéressent le plus.

L’ouvrage est découpé en cinq tableaux : la France avant Jules César (-1,6 millions d’années à 58 avant J-C), la Gaule romaine (de 58 avant J-C à 476 apr J-C), le haut Moyen-Âge (de 476 à 987), le renouveau médiéval (de 987 à 1492) et l’âge d’or de l’Europe (de 1492 à nos jours) et agrémenté de tableaux récapitulatifs et agrémenté de cartes et de tableaux des différents rois de France qui se sont succédés au cours d’une dizaine de siècles.

L’ouvrage est propice au picorage et c’est ainsi que je l’ai abordé, piochant déci delà dans les époques que je préfère. Le fait que l’auteur nous propose d’endosser l’identité de quelqu’un rend la lecture très vivante et offre une autre approche de l’Histoire de France, loin des ouvrages érudits mais aussi parfois très ennuyeux !

Ce livre de vulgarisation de l’Histoire de France présente un éventail de temps très large, de -1,6 million d’années à 2019, Vincent Boqueho brasse large et effleure les évènements de manière très exhaustive car chaque chapitre est court, d’une à trois pages, idéal pour nous donner envie d’aller plus loin mais trop léger pour ceux qui sont à la recherche d’un ouvrage très complet.

Pour ma part, j’ai apprécié cette démarche, cette volonté de dépoussiérer l’Histoire et notamment de faire commencer l’ouvrage sous le Paléolithique, une période très lointaine et souvent oubliée de ce genre de titre.

Un bémol toutefois : le Moyen-Age est la période la plus représentée au détriment des époques modernes et contemporaines (de la Renaissance à nos jours), ce que je trouve dommage. Un exemple : la seconde guerre mondiale est expédiée en 8 pages, un peu court en somme !

Des illustrations auraient également été les bienvenues, notamment pour les néophytes et les plus jeunes qui pourraient s’immerger encore davantage dans notre Histoire mais ceci mis à part, je conseille cet ouvrage que j’ai trouvé vraiment très intéressant !

Un grand merci aux éditions Armand Colin et à Babelio pour cette lecture instructive !

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Cléopâtre exigeait toujours une pluie de pétales de rose dans son bain, avant de se parer de parfums à base de jasmin, de myrrhe ou d’agrumes. A Versailles, Louis XIV aimait tant l’eau de fleur d’oranger qu’il n’hésitait pas à en verser dans les fontaines de ses jardins.  » J’attends de vous que vous mettiez Trianon dans un flacon « , avait confié Marie-Antoinette à son parfumeur, Jean-Louis Fargeon. Celui-ci était prêt à tous les sacrifices pour satisfaire cette reine amoureuse du parfum des roses et des violettes. Quant à Napoléon, il se frictionnait généreusement chaque jour d’eau de Cologne. Certains prétendaient même qu’il en buvait plusieurs gouttes avant de livrer bataille !

Vous connaissez mon goût pour l’Histoire et pour les parfums, L’eau de rose de Marie-Antoinette et autres parfums voluptueux de l’Histoire ne pouvait donc que rejoindre ma PAL !

A travers seize personnages célèbres de l’Histoire, Elisabeth de Feydeau, docteur en histoire et spécialiste de la parfumerie, retrace l’histoire des parfums et de l’hygiène à travers les siècles.

En mettant en lumière le goût des souverains pour les baumes et les parfums, l’auteure s’écarte des descriptions officielles et dresse une galerie de portraits intimistes et inattendus.

Des gants parfumés de Catherine de Médicis à L’Eau Impériale créée par Guerlain pour l’impératrice Eugénie, des bains de lait d’ânesse de Cléopâtre aux gants à la violette de la reine Victoria, de l’eau de rose de Marie-Antoinette à l’eau de Cologne de Napoléon, du musc de Joséphine à la fleur d’oranger de Louis XIV sont quelques-unes des fragrances abordées dans cet ouvrage très documenté.

Nous découvrons au fil de la lecture les secrets de beauté des rois, des reines et des princesses, mais aussi l’attachement des souverains à des parfums synonymes à la fois de séduction, de luxe et de pouvoir.

Une lecture intéressante qui permet de retracer le rapport au corps, l’histoire du parfum, l’évolution de son image et de son utilisation et celle de l’hygiène à travers les siècles. Réservé à une élite fortunée, le parfum est rare et précieux tout au long de notre histoire et tout d’abord dévolu aux dieux. Puis il fait son apparition à la cour de France grâce aux deux reines d’origine italienne du 16è et 17è siècles que furent Catherine et Marie de Médicis.

On apprend foule de choses sur les enseignes dévolues au parfum, le métier de parfumeur, tout d’abord gantier-parfumeur jusqu’à la Révolution mais c’est surtout au 19è siècle que les choses vont s’accélérer et que des empires vont naître : Penhaligon ou Crown en Angleterre, Roger & Gallet ou Guerlain en France qui ont su utiliser leur prestigieuse clientèle composée de têtes couronnées pour bâtir leur empire.

Si ce titre est dans l’ensemble plutôt intéressant, certains chapitres sont nettement moins pertinents et plutôt redondants car ils sont parfois centrés sur le personnage historique en question de façon anecdotique, se concentrant plutôt sur l’évolution de la société, la biographie du personnage ou l’engouement pour certaines fragrances et pas forcément sur le rapport de la personne au parfum. Le chapitre consacré à Sissi traite davantage de son rapport au corps qu’au parfum puisqu’elle n’en utilisait pas !

Un ouvrage qui instruira celles et ceux qui sont novices en la matière mais qui se révèlera davantage distrayant pour les experts qui n’apprendront rien de nouveau.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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C’est tout le passé des Parisiens qui se déroule au fil de nos pas jusqu’à nous projeter dans notre réalité d’aujourd’hui.

Tout a commencé rue Saint-Jacques. Puis, à chaque siècle, une nouvelle voie fondatrice a matérialisé le développement de la ville, s’éparpillant bientôt en un maillage de rues, carrefours et ruelles où le temps nous échappe dans un flot de souvenirs…

La chambre de François Villon à l’arrière de la Sorbonne, les marchandes d’oublies, Ravaillac qui attend le carrosse du bon roi Henri rue de la Ferronnerie, l’Elysée de la Pompadour, la cour des miracles, les fripes du Carreau du Temple, le marché du lendit, la taverne où fut arrêté Cartouche, des homosexuels brûlés vifs place de Grève, la prise de la Bastille, l’invention des champignons de Paris, du baba au rhum et des godillots !

Des mots naissent sur le trottoir : guillemet, argot, bistro, restaurant… Paris résonne des cris des petits métiers aujourd’hui disparus : chiffonniers, premiers marchands de lunettes, claqueurs de théâtre ou ramasseurs de mégots.

Après Métronome qui racontait l’histoire de France par l’entremise des stations de métro parisien, Lorànt Deutsch, fou de la capitale, s’attache à nous raconter mille anecdotes sur la formation de la ville mais aussi sur le quotidien des parisiens d’autrefois.

J’avais beaucoup aimé Métronome lu en 2012 et dont mon avis avait inauguré le blog il y a de cela près de six ans, il était donc temps que je lise Métronome 2 : Paris intime au fil de ses rues qui, une fois n’est pas coutume, fut acheté et lu dans la foulée.

Comme je vous le disais dans mon bilan de lecture de janvier, j’ai très envie en 2018 de renouer avec les ouvrages historiques qu’ils soient biographies, essais ou comme ici ouvrages de vulgarisation.

Lorànt Deutsch est très critiqué, je trouve pour ma part que ce comédien a un vrai talent de conteur et que ces deux ouvrages qui fourmillent d’anecdotes très intéressantes, sont très agréables à lire.

A la fois drôle, pertinent, intelligent, ce Métronome 2 se révèle être un guide de Paris plein d’intérêt. J’y ai appris une foule de choses sur l’histoire de la capitale et des parisiens et j’ai apprécié la construction de l’ouvrage.

Découpé en 21 chapitres qui reviennent sur différents quartiers de Paris et comment le village des parisii est devenu la première ville de France en dépit du désintérêt de la plupart des rois français qui se méfiaient souvent à juste titre de cette population toujours prompte à la révolte.

Bon point également pour les entêtes de chapitre illustrés et pour les encadrés qui proposent pour chaque chapitre le mot du quartier, le petit métier du coin et la légende des lieux, une vraie bonne idée.

Si vous vous intéressez à l’histoire de Paris et que vous souhaitez en apprendre davantage sur la capitale sans passer par un ouvrage d’historien, souvent plus ardu, laissez-vous tenter par Métronome 2 : Paris intime au fil de ses rues, vous apprendrez comme moi une foule de choses tout en vous amusant.

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Paris comme vous ne l’avez jamais vu, à travers le quotidien des Parisiens du XVIIIe siècle !

Vous connaissez mon amour pour le siècle des Lumières, ce tout nouveau livre signé Arlette Farge ne pouvait que m’intéresser et je remercie Babelio et les éditions Le Robert pour m’avoir permis de le lire.

Arlette Farge est une historienne spécialisée dans l’étude du XVIIIe siècle, directrice de recherche au CNRS, autant dire qu’elle connaît le siècle des Lumières comme personne et plus particulièrement la vie du petit peuple et celle de la capitale ainsi que les rapports hommes-femmes sous l’Ancien Régime.

Autant dire que lire un ouvrage d’Arlette Farge c’est l’assurance de lire quelque chose de très documenté, fiable et sérieux. J’avais déjà lu sa plume il y a fort longtemps avec Vivre dans la rue à Paris au XVIIIe siècle que je vous recommande au passage si le sujet vous intéresse tout comme je vous invite à lire Paris au siècle des Lumières, un livre passionnant et surtout à la portée de tous.

Arlette Farge a beau être une historienne très sérieuse, ses essais ne sont pas assommants pour autant bien au contraire, elle fait revivre à la perfection le Paris de Louis XV et Louis XVI en s’appuyant sur les archives, la presse et les écrits de l’époque, le tout abondamment illustré, et le tout concourt à rendre notre lecture facilitée et très vivante !

A travers toutes ces bribes du passé, on a l’impression de vivre à Paris au 18è le temps de notre lecture. Arlette Farge nous transporte dans un Paris oublié agrémenté de nombreux témoignages : ici, une lavandière des bords de Seine frappe son linge avec un battoir, là un cabaretier propose une chopine de vin pour trois sols…

Une plongée réussie dans le dédale des rues de la capitale, ses lieux de vie bruyants, encombrés et envahis par les animaux, entrecoupés de majestueuses promenades : le Palais-Royal, les Tuileries, les Champs-Élysées, où se croisent alors toutes les classes sociales.

Le livre est découpé en quatre parties (Paris comme décor, Le quotidien des parisiens, La vie en société, Parler et se parler) et aborde dans l’ordre suivant : la nature omniprésente, les bords de Seine, un déluge d’animaux battant le pavé, migrer, se loger, se nourrir, travailler, s’unir, avoir des enfants, s’informer, montrer sa dévotion, être malade et se soigner, surveiller et punir, s’habiller ou l’art de la toilette, se promener, badiner, se réunir et converser, jouer, boire et s’amuser au cabaret, assister à des spectacles, le langage de la rue et celui des salons, le mélange des patois.

A travers tous ces points présentés de façon synthétique, Arlette Farge nous offre un beau panorama de ce qu’était la vie au sein de la capitale d’autant qu’elle brasse toutes les couches sociales, des plus démunis aux plus riches et nous livre une vision intime et humaine du XVIIIe siècle.

Un ouvrage de vulgarisation idéal pour les néophytes qui apprendront une foule de choses en un peu plus de 200 pages, qui leur donneront peut-être envie d’aller plus loin en lisant d’autres essais consacrés aux différents sujets qui sont ici survolés et une piqure de rappel pour les initiés qui se rafraichiront la mémoire et glaneront une multitude d’anecdotes.

Un coup de cœur en ce qui me concerne et un ouvrage que je suis ravie d’avoir dans ma bibliothèque car je pourrai ainsi régulièrement le feuilleter et en relire des passages.

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Aux Histoires d’amour de Guy Breton, il manquait une chose et une seule : l’image. On en rêvait, Omnibus l’a fait en 216 pages et 65 illustrations. Ainsi le chef-d’oeuvre d’humour et de grivoiserie (mais aussi de connaissances historiques) qui régale les lecteurs français depuis soixante ans a-t-il maintenant des visages, des sourires, des costumes, des décors… Et quels décors ! Le parti-pris est le grand spectacle, et le résultat un festival de scènes chatoyantes, langoureuses ou licencieuses, toujours réjouissantes. On s’amuse autant à voir en pleine page Mazarin « butiner la corbeille » d’Anne d’autriche, qu’à lire comment le cardinal « très bel homme » réussit à donner « de bien douces satisfactions » à la reine. Un livre à lire autant qu’à regarder ! heart_4l-amour-en-france-guy-breton

Une fois n’est pas coutume, je vais vous présenter aujourd’hui un beau livre édité par les éditions Omnibus et que j’ai eu le plaisir de recevoir. L’amour en France a été mon livre de chevet pendant plusieurs semaines, un rendez-vous du soir avec l’Histoire et avec des personnalités hors du commun, un moment que j’ai durer tant j’avais plaisir à parcourir ce beau livre.

Un livre d’histoires choisies qui brossent le portrait de vingt-huit femmes aimées de rois et d’hommes d’état, du Moyen-Age au 19è siècle, de Dagobert à Félix Faure, en passant par Henri IV, Louis XIV et Louis XIV.

Vous savez combien j’affectionne l’histoire des femmes et je vous avoue que tout comme les muses, je trouve le sujet des favorites tout à fait fascinant car elles révèlent les hommes qui les ont aimées dans l’intimité, avec leurs forces et leurs faiblesses.

Guy Breton nous confie en préambule que « les graves historiens qui rédigent les manuels scolaires font de l’histoire de notre pays un roman fort ennuyeux car ils en éliminent l’un des éléments déterminants : l’amour. (…) L’histoire de France est une histoire galante » et c’est ce que l’auteur nous propose ici, une histoire de France à travers le verrou de la serrure et ma foi c’est totalement passionnant.

Alors qui sont précisément ces femmes ? Il y a bien sûr les plus connues comme Diane de Poitiers, Louise de La Vallière, Gabrielle d’Estrées, Madame de Montespan, Madame de Pompadour, Madame du Barry, Joséphine de Beauharnais, Thérézia Tallien, Marie Walewska… ce qu’on pourrait reprocher à l’auteur mais en même temps on lui reprocherait tout autant de les oublier.

Mais Guy Breton ne s’arrête pas qu’aux plus connus et nous permet de faire connaissance avec les amours de Dagobert, de Charlemagne, Du Guesclin, Charles VII, François Ier, Adolphe Thiers, Louis-Napoléon, le général Boulanger ou Félix Faure.

Un livre qui ne manque pas d’intérêt donc mais aussi un livre magnifique qu’on ne se lasse pas de feuilleter avec une qualité de papier au top, une iconographie bien choisie, riche et abondante. Et il faut également saluer le travail de mise en page et de typographie réalisé par des éditions Omnibus, qui rendent cette lecture très agréable pour les yeux.

Vous l’aurez compris L’amour en France de Guy Breton est un beau livre à offrir ou à s’offrir si le sujet vous tente. Je suis quant à moi ravie de l’avoir dans ma bibliothèque et je remercie Anne et les éditions Omnibus pour cette lecture enrichissante !

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Lu dans le cadre du challenge Première guerre mondiale  :

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Imaginez seulement… que vous puissiez partager le destin des héroïnes de la guerre de 14-18 ! C’est ce que vous propose ce livre à travers une galerie de 40 portraits de femmes célèbres ou inconnues, discrètes ou flamboyantes, héroïques par choix ou par hasard, qui ont participé à la Grande Guerre. Vous ferez connaissance avec chacune d’entre elles avant d’être entraîné dans un épisode marquant de leur vie et vous plongerez la tête la première dans l’histoire de la Première Guerre mondiale.

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Vous connaissez mon goût pour l’Histoire et pour les portraits de femme, aussi lorsque j’ai vu Elles aussi ont fait la grande guerre de Pauline Raquillet & Valentine Del Moral à la médiathèque, je suis aussitôt repartie avec.

Les deux auteures nous proposent en un peu moins de 100 pages 40 portraits de femmes qui ont fait la guerre 14 – 18. On en connaît quelques-unes comme Colette, Marie Curie, Gabrielle Chanel, Rosa Luxembourg, Mata Hari ou Sarah Bernhardt mais l’ouvrage destiné à la jeunesse, fait la part belle aux inconnues du grand public comme Edith Cavell, Christina Broom, Anna Coleman Ladd ou Marie Marvingt pour ne citer qu’elles.

Scientifiques, médecins, infirmières, peintres, photographes, poétesses, pilotes, paysannes, écrivains, suffragettes, postières, religieuses… toutes ces femmes ont fait preuve de courage, ont bravé les interdits de leur époque pour se mettre au service de leur pays et de leurs semblables et ont aussi trouvé ainsi un moyen de s’affranchir du rôle que l’on réservait habituellement aux femmes.

Françaises, anglaises, néo-zélandaises, belges, australiennes, canadiennes, serbes… Pauline Raquillet et Valentine Del Moral nous proposent un large panorama de femmes aux trajectoires différentes et issues de milieux divers.

Qu’elles soient discrètes ou flamboyantes, ces quarante femmes se sont révélées avant tout intrépides, téméraires, endurantes, audacieuses, casse-cou, ingénieuses, en un mot : épatantes !

Chaque portrait court sur deux pages : sur la page de gauche, un court résumé de la vie de l’héroïne avant la guerre et sa photo, sur la page de droite, ses faits de guerre.

Et comme ce document est réservé aux jeunes collégiens, les auteurs proposent des définitions, reviennent sur des faits ou des termes importants pour la bonne compréhension de cette période de notre histoire.

Si vos enfants ou vous-mêmes vous intéressez à cette époque ou si comme moi vous êtes passionnées par les destinées de femmes hors du commun, plongez vous dans ce court document Elles aussi ont fait la grande guerre, qui leur rend un bel hommage !

 

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