L’énigme de la Vallée aux Loups – Margot Bruyère

Été 1810. François-René de Chateaubriand, écrivain et homme politique, est en disgrâce depuis qu’il a publié dans le journal Le Mercure de France en 1807 un article retentissant contre le despotisme napoléonien.
Il vit tranquillement à la Vallée-aux-Loups, près de Paris, et partage son temps entre ses travaux littéraires et les plaisirs du jardinage.
Un jour, Mesnil, son cuisinier, découvre un cadavre dans le four a pain, puis un autre dans la glacière, mais tout le monde pense qu’il est sujet aux hallucinations à cause de son penchant pour le vin.
Mais lorsque M. de Chateaubriand lui-même trouve au milieu du bois sa jeune servante blessée d’un coup de poignard, il faut bien se rendre a l’évidence : il se passe des choses étranges à la Vallée-aux-Loups. Et si tout ceci avait un rapport avec l’arrivée d’Henri ?

Été 1810. M. de Chteaubriand a une femme qu’il respecte mais n’aime guère. Un jardinier qui partage sa passion des arbres. Un cuisinier aussi talentueux qu’alcoolique.

Tout ce petit monde vit sans histoire à la Vallée-aux-Loups, près de Sceaux, retraite forcée du maitre qui, dans un article retentissant, a accusé l’empereur Napoléon Ier de tyrannie, suite à la mort du duc d’Enghien.

Mais lorsque arrive un mystérieux enfant aux yeux clairs, porteur d’une étrange médaille, que des cadavres sont retrouvés près de la propriété et que l’Empereur lui-même vient pointer le bout de son bicorne, Chateaubriand est bien forcé d’admettre qu’il se passe des choses pas très claires et qu’il ferait mieux de s’en mêler…

Chateaubriand est loin de faire partie de mon panthéon littéraire, je trouve ses écrits plutôt ennuyeux, en tout cas ceux que je me suis risqués à lire, mais comme personnage littéraire, je le trouve plutôt sympathique.

Margot Bruyère est une romancière historique spécialiste de la Bretagne et de Chateaubriand, autant dire que ce court roman pour les 11 / 13 ans est très bien documenté et qu’il permettra aux jeunes lecteurs d’en apprendre sur le contexte politique de la France à cette époque.

Napoléon Ier est à son apogée mais les Bourbon attendent en exil leur revanche, c’est ce que nous montre l’autrice dans son premier roman historique pour la jeunesse, L’énigme de la Vallée aux Loups.

Dans ce contexte politique brûlant, Margot Bruyère a imaginé toute une intrigue autour de la descendance du duc d’Enghien, exécuté en 1804, au terme d’un procès plus qu’expéditif, condamné à mort pour faits d’armes contre la France.

François-René Chateaubriand ne cache pas ses sympathies royalistes et attend le retour des Bourbon sur le trône de France et il a beaucoup écrit sur Louis-Antoine-Henri Bourbon et sa mort. Pour le vicomte, il ne fait pas de doute que le duc d’Enghien a été assassiné et que le responsable de ce lâche assassinat est l’Empereur lui-même.

A partir de la présomption d’existence d’une descendance au duc d’Enghuin, ici un garçon prénommé Henri, Margot Bruyère nous entraîne dans une énigme historique où vont se côtoyer et s’affronter des personnages ayant réellement existés, tels que Chateaubriand bien sûr mais aussi le docteur Laënnec (inventeur du stéthoscope) Talleyrand et Napoléon, permettant au jeune lectorat visé de connaître ces différentes personnes et de comprendre leur rôle et influence dans l’Histoire de France.

Un roman passionnant et sans temps mort qui ne manquera pas d’intéresser les collégiens et les férus d’Histoire !

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Enola Holmes tome 3 Le mystère des pavots blancs – Nancy Spinger

Londres, printemps 1889. Le Dr Watson, grand ami du célèbre détective Sherlock Holmes, a disparu ! Lorsqu’Enola apprend la nouvelle, elle ne peut laisser ce nouveau cas de disparition irrésolu. Mais il lui faut un déguisement approprié pour lui éviter d’être reconnu par son frère Sherlock, qui mène aussi sa propre investigation.
Elle se procure de quoi devenir méconnaissable et elle rend visite à Mrs Watson, chez qui elle découvre un bouquet à l’étrange composition…Enola tient probablement une piste qui expliquerait la disparition du Dr Watson…

Printemps 1889 à Londres. Enola Holmes se cache toujours de ses frères au sein de la très modeste pension de Mrs Tupper.

Mais voilà que le bon docteur Watston disparaît. Sa femme Mary est dans tous ses états et le consultant détective Sherlock Holmes n’a aucune piste. Enola décide d’enquêter sous les traits de miss Viola Everseau et se rend au domicile des Watson.

Là, elle découvre un bouquet à la composition insolite et décide de creuser la piste du mystérieux expéditeur du bouquet car le langage des fleurs, appris avec sa mère, n’a pas de secrets pour elle…

Après La double disparition et L’affaire Lady Alistair, place au Mystère des pavots blancs. Si vous pensez que Sherlock Holmes est le meilleur détective de la famille Holmes, c’est parce que vous ne connaissez pas sa jeune sœur : Enola Holmes !

Elevée comme une herbe folle et véritablement professionnelle du déguisement, notre héroïne décide d’aider son illustre aîné à retrouver son meilleur ami le docteur Watson. Mais de loin bien sûr, obligée de se cacher de peur d’être envoyée en pension.

Cette troisième enquête me confirme tout le bien que je pensais de cette série et de son héroïne diablement courageuse, qui se retrouve seule et livrée à elle-même après la désertion de sa mère, et qui a du fuir les projets de Mycroft et Sherlock à son rencontre.

Ayant reçu une éducation très libre, Enola a épousé les idées féministes de sa mère et trouve bien étriqué le carcan dans lequel ses frères voudraient l’enfermer. Et bien qu’à la tête d’un pécule confortable, elle veut devenir le meilleur enquêter du monde et damer le pion à son illustre frère.

Comme dans les deux premiers opus, Enola enquête une fois de plus sur une disparition, celle de l’associé de Sherlock, le docteur John Watson. Pour quelle raison s’en ait-on pris au bon docteur ? Pour atteindre Holmes ? Ou le docteur est-il vraiment visé ?

Il faudra toute la sagacité de notre Enola pour venir à bout de cette enquête et permettre la libération de l’homme de science.

J’ai beaucoup aimé ce troisième volume, mon préféré à ce jour, je l’ai dévoré en une journée, prise par l’enquête et l’atmosphère que sait si bien décrire Nancy Springer qui nous confirme une fois encore avec cet opus qu’elle connaît bien cette période.

En bref, un très bon roman policier pour les jeunes lecteurs, avec une pointe d’humour, et une très bonne toile de fond historique qui les plongera dans une ambiance victorienne réussie, une série à lire et que je compte poursuivre très vite !

Agatha – Françoise Dargent

Agatha vit seule avec sa mère depuis la mort de son père. Elle s’ennuie. Alors elle lit. Tout ce qui lui tombe sous la main. Surtout des romans policiers. Elle lit, et elle imagine des histoires de meurtre et de disparition.
Livre après livre, rêve après rêve, elle grandit. Paris, l’Égypte : Agatha brûle de voir le monde. Elle a soif de goûter à tout ce que la vie peut lui offrir.
Plus tard, Agatha Miller prendra sa plume pour écrire. Son premier roman policier sera signé Agatha Christie.

Retracer la jeunesse et les années d’apprentissages de la célèbre reine du crime sous le biais d’un roman jeunesse, voici ce que nous propose Françoise Dargent. Solidement documenté, ce roman biographique à destination des collégiens a le mérite de revenir sur des années importantes pour celle qui se nomme encore Agatha Miller.

Vous le savez, j’adore dame Agatha et les personnages qu’elle a créés et qui sont devenus emblématiques du roman policier : Hercule Poirot, Miss Marple, Ariadne Oliver (son double) et Tommy et Tuppence Beresford.

Il y a quelques mois je m’étais déjà intéressée à la vie de cette romancière par le biais d’un roman graphique très réussi, Agatha la vraie vie d’Agatha Christie, et ce récit de Françoise Dargent vient compléter mes connaissances.

Les avis étant bons, c’est plutôt confiance que j’ai attaqué ma lecture et j’en ressors déçue. Je m’attendais à apprendre bien des choses sur la jeune Agatha, les années d’apprentissage étant en général toujours intéressantes pour découvrir un auteur mais ce que Françoise Dargent nous donne à lire n’est pas passionnant.

En effet, il ne se passe rien ou presque dans la vie d’Agatha : on y voit trop souvent une jeune fille qui s’ennuie, coincée dans le carcan de la bonne société édouardienne. Et ce qui est le plus intéressant, c’est-à-dire ses années de pensionnat à Paris, arrivent bien tardivement et sont vite expédiées.

En fait, ce roman pourrait parler de n’importe quelle jeune femme de son époque qui se cherche et essaie de se réaliser malgré les difficultés, les usages et surtout ce qu’on attend d’une jeune fille bien née : faire un bon mariage.

Historiquement parlant c’est très réussi : les jeunes lectrices apprendront beaucoup sur cette Belle Epoque et sur la condition féminine et c’est ce qui est intéressant ici mais en ce qui concerne Agatha Miller à proprement parler, on en sait guère plus et c’est bien dommage.

Certes, Françoise Dargent avertit son lectorat qu’il s’agit d’une fiction inspirée de la vie d’Agatha Christie et ne prétend pas à l’exactitude de tout ce qu’elle relate, il n’y a pas tromperie de sa part, je me suis juste fait une mauvaise idée de ce roman avant de le lire.

En conclusion, Agatha est un roman qui se lit très bien mais qui m’a laissé sur ma faim.

J’en profite pour vous conseiller aussi au passage une série jeunesse que j’adore : Les enquêtes d’Alfred et Agatha de Ana Campoy. L’autrice espagnole met en scène Agatha et Alfred Hitchcock, enfants, résolvant des enquêtes !

Les Koboltz tome 1 Mission Uluru – Benoît Grelaud

Les Koboltz ont pour véritable obsession de ne pas polluer la planète. Ils ne mangent aucun animal, cultivent leurs céréales, leurs fruits et légumes sans produits chimiques, et traitent absolument tous leurs déchets. Alors quand les hommes décident de créer un insecticide pouvant entraîner une véritable catastrophe écologique, le petit peuple vivant sous terre décide de mener une mission afin d’empêcher la création de ce poison. Mais pour cela, ils vont avoir besoin de l’aide de Rakiriko, un koboltz banni de son peuple plusieurs années auparavant, mais qui seul sait comment se rendre invisible aux yeux des humains. Rakiriko va-t-il accepter de venir en aide à son peuple qui l’a rejeté ? Les Koboltz vont-ils arriver à temps pour stopper les humains et préserver la planète ? Entre aventure, maladresse et sentiments, Tammpo et ses compagnons vont devoir faire face à de nombreux obstacles.

Alors que la surface du globe est devenu invivable pour eux, les Koboltz, un peuple de très petite taille vivant sous terre, se battent pour préserver la Terre.

Véritables génies du recyclage et de la dépollution, ces petits personnages s’évertuent avec courage et détermination à protéger la planète mise à mal par les hommes.

Dotés d’un fugace don d’invisibilité et munis d’un équipement spécial les protégeant du soleil, ils sillonnent régulièrement la surface de la Terre, pour la sauver des graves dangers écologiques qui la menacent.

Et justement l’heure est grave à Karmah, l’une des cités souterraines dans laquelle vivent les Koboltz, l’annonce d’un futur désastre écologique est tombée comme un couperet : les hommes cherchent à mettre au point un insecticide ultra puissant et dévastateur pour la faune et la flore.

Les Koboltz décident alors de partir en mission sur la surface de la terre afin de tenter de convaincre Rakiriko, un koboltz banni de son peuple, le seul qui sait comment se rendre invisible aux yeux des humains…

Lorsque j’ai vu cette parution dans le catalogue des éditions Slalom, je me suis dit que ce roman allait plaire à mon Sami-Chameau, grand amoureux de la faune et de la flore et soucieux d’écologie.

Et ça n’a pas loupé, ce premier tome des Koboltz a été un quasi coup de cœur pour lui, il a adoré suivre les aventures de ce peuple miniature écologiste et végétarien. Il faut dire que ces Koboltz sont sympathiques en diable, ingénieux, intrépides et facétieux, avec une imagination fertile.

C’est un récit d’aventures semé d’embuches pour nos héros, illustré avec talent par Sylvain Even, plein de fantaisie et de fraicheur, qui parle d’écologie et de protection de la nature sur un ton résolument optimiste.

Les enfants apprennent beaucoup de choses de façon ludique et responsable sur l’écologie, le recyclage, la pollution… et de ce point de vue c’est très bien vu puisque les enfants se familiarisent avec l’écologie et apprennent à être respectueux de la Terre, de sa faune et de sa flore, sans en avoir l’air.

Quant à moi, j’ai trouvé ce premier volume intelligent et absolument adorable, l’univers est très plaisant et il y a beaucoup d’humour, impossible de s’ennuyer à cette lecture qui convient aux enfants dès 9 ans mais aussi aux plus grands.

Les Koboltz mission Uluru est un roman à mettre entre toutes les mains, afin que ces défenseurs de la planète de 8cm de haut fassent le plus d’adeptes possibles, notre planète en a bien besoin.

Un grand merci aux éditions Slalom pour cette lecture écologique, Sami-Chameau et moi-même attendons désormais le tome 2 !

Les lettres volées – Silène Edgar

À l’époque des Précieuses en 1661, Mlle de Sévigné, fille de Madame et âgée de 16 ans, fait son entrée à la Cour. Françoise y vit nombre d’aventures – sans toutefois en parler à sa mère… notamment pour ce qui concerne l’enquête qu’elle mène afin de retrouver un papier compromettant qui prouverait l’existence d’une liaison entre sa mère et Fouquet.

Serait-il le père secret de Mlle de Sévigné ?

1661, Françoise de Sévigné a 14 ans et passe la moitié de son temps dans le château familial breton, Les Rochers, et l’autre moitié dans l’hôtel particulier du Marais à Paris.

Elle est la fille de la marquise de Sévigné et la petite cousine de Bussy-Rabutin, l’auteur de L’histoire amoureuse des Gaules, présentement exilé en province sur ordre du cardinal de Mazarin.

Françoise, contrairement aux autres jeunes filles de la noblesse, est élevée par sa mère qui se charge non seulement de son éducation mais qui lui fait également la classe.

La marquise insiste beaucoup sur la lecture et l’écriture en l’entraînant à réaliser une correspondance fictive mais elle la prépare aussi à entrer dans le monde car elle arrive à un âge où il faut qu’elle fasse sa présentation à la cour.

Mais ne la jugeant pas encore prête, elle préfère pour sa première sortie, le salon de son amie Madame de La Fayette mais Françoise, trop naïve, va enchaîner les maladresses et la marquise en est mortifiée…

J’avais beaucoup aimé 14-14 et Adèle et les noces de la reine Margot, les précédents opus de Silène Edgar, des romans à la fois historiques et fantastiques, là j’avoue que le charme a moins opéré avec Les lettres volées, un titre purement historique.

C’est pourtant un récit historique de bonne facture qui permettra aux jeunes lecteurs de se familiariser avec le siècle de Louis XIV, la marquise de Sévigné et Fouquet que l’on vivre ici ces dernières heures de gloire et de toute-puissance avant sa chute.

Françoise de Sévigné est une jeune fille intelligente et attachante que l’on a plaisir à voir évoluer et à faire son entrée dans la cour des grands d’autant que Silène Edgar l’entoure de la marquise bien évidemment mais aussi de Madame de Lafayette, de Bussy-Rabutin, de Jean de La Fontaine, de Mademoiselle de Scudéry… et que l’on assiste même à des joutes verbales dans le salon de l’auteure de La princesse de Clèves, ce qui m’a rappelé le roman de Béatrice Nicodème, Eh bien dansez maintenant !, que je trouve mieux écrit et plus passionnant à lire.

Pour autant, Silène Edgar connaît cette période littéraire sur le bout des doigts : notre héroïne lit la littérature précieuse et notamment L’Astrée d’Honoré d’Urfé, roman fleuve de plus de 10 000 pages, best-seller de l’époque, où chaque lettré(e) se devait de connaître les amours des bergers Astrée et Céladon et j’ai eu plaisir à retrouver toutes les références littéraires qui parsèment le récit !

L’auteure nous donne à lire ici l’éducation donnée à une jeune fille de la noblesse et Silène Edgar entremêle son récit de lettres de la marquise de Sévigné, souvent légèrement modifiées pour coller à la trame du roman. Le récit a aussi un versant sociologique intéressant où l’on nous montre bien le fossé entre les nobles et leurs « gens » et la différence d’éducation entre les maitres et les valets.

Il y a quelques petites incohérences pour moi avec des passages que je trouve un peu trop modernes notamment liés à l’hygiène, à la médecine qui ont deux siècles d’avance mais ce n’est pas vraiment cela qui m’a dérangé.

Non ce qui m’a le plus dérangé c’est l’histoire des lettres volées qui donne son titre au roman et qui arrive bien trop tard dans le roman et un récit un peu trop plat à mon goût !

Vous l’aurez compris, j’ai été un peu déçue par Les lettres volées, je n’y ai pas trouvé le charme des autres récits de Silène Edgar ce roman a sans doute souffert de la comparaison avec le roman de Béatrice Nicodème, encore très frais dans ma mémoire…

Je le recommande toutefois aux jeunes collégiens et aux amateurs d’histoire et de Grand Siècle.

Les compagnons de la cigogne tome 1 Le lac des damnés – Sophie Humann

Strasbourg, 1825. Gaspard s’ennuie au Collège royal, et n’aime que le dessin. Il rêve de devenir sculpteur comme son père, et de veiller à son tour sur la cathédrale. Même si l’on raconte qu’un lac mystérieux se cache sous ses fondations et que des morts y seraient condamnés à ramer pour l’éternité ! Afin de susciter l’admiration de son père, et des élèves du collège qui l’ignorent, Gaspard décide de partir à la recherche du légendaire lac des Damnés avec l’aide de son ami Basile, un jeune batelier de l’Ill. Mais un curieux personnage encapuchonné rôde dans la capitale alsacienne et semble déterminé à voir les deux garçons échouer, au point d’enlever la jolie Margot, la sour de Basile.

Strasbourg, juin 1825. Gaspard Berg passe son temps libre à dessiner et il rêve de devenir sculpteur comme son père. Hélas pour lui, Herbert Berg rêve d’un autre destin pour son fils unique et tient à ce que son fils continue à suivre les cours du Collège Royal au grand dam de Gaspard qui s’y ennuie ferme.

Un dimanche alors qu’il s’est installé au bord de l’Ill avec son nécessaire pour dessiner, Gaspard découvre un cigogneau blessé mais comme il ne sait pas comment venir en aide à l’oiseau, il hèle un jeune batelier.

Il fait ainsi la connaissance de Basile Gessler qui emporte le cigogneau chez lui, sa sœur Margot aimant recueillir les animaux blessés. Quelques jours plus tard, il se rend chez les Gessler afin de prendre des nouvelles du petit blessé et se lie d’amitié avec Basile et Margot.

Fascinés par la légende du lac sous la cathédrale de Strasbourg, les deux garçons décident de découvrir si ce lac est un mythe ou une réalité et dans leurs recherches, ils tombent sur de dangereux contrebandiers…

J’avais découvert la jolie plume de Sophie Humann à l’occasion de ma lecture de l’un de ses précédents romans, Les serpents du Muséum dans lequel elle nous proposait une jolie balade dans le Paris du derniers tiers du 19è siècle, encore marqué par la fin de l’Empire et de la Commune et qui nous transportait au cœur du muséum d’histoire naturelle.

Avec Les compagnons de la cignogne, changement de décor avec une intrigue qui se déroule au cœur de la capitale alsacienne, Strasbourg, et d’époque puisque exit la fin du 19è siècle et place au début du siècle.

Une plongée une fois encore très bien documentée, avec un récit enlevé et rondement mené, où l’on ne s’ennuie pas une seconde, qui mêle histoire, contrebande et enquête policière. Des rebondissements en pagaille et aucun temps mort pour ce court roman, premier d’une série.

Ce premier volume Le lac des damnés se lit très bien, personnellement je l’ai dévoré en quelques heures, bien prise par l’histoire emmenée par un duo sympathique qui se déroule sans temps mort.

C’est à la fois son point fort et son point faible. En tant qu’adulte, j’ai trouvé qu’il était trop enlevé pour ma part, le récit est trop rapide, je n’ai pas eu le temps de m’attacher aux personnages ni à réfléchir au fin mot de l’histoire.

Il passionnera néanmoins sans aucun doute les jeunes enquêteurs en herbe qui trouveront dans ce roman une intrigue intéressante et plutôt captivante.

Cerise sur le gâteau, le roman est porté comme je le disais plus haut par la jolie plume de Sophie Humann, qui comme Gwënaelle Barussaud, se soucie de livrer à ses jeunes lecteurs, un vrai récit littéraire, avec un langage soutenu mais néanmoins à la portée du public visé, soit les 10 / 12 ans.

Une bonne pioche donc qui me donne envie de sortir le tome 2 Le fantôme des trois châteaux de ma PAL !

La classe de mer de monsieur Ganèche – Jérôme Bourgine

Lorsque Monsieur Ganèche, professeur remplaçant, se retrouve abandonné sur un îlot breton avec les six  » cas sociaux  » qui composent sa classe de mer, il s’attend au pire. Les garnements – Zlatan, Maïtiti, Tho, Fatima, Lucas et Céline – sont des piles électriques ! Bêtises, disputes… ils ne lui épargnent rien. Jusqu’à ce que l’instituteur craque : on ne la lui fait pas. Lui, sait qui ils sont, vraiment ! Il explique aux prétendus  » cancres  » que chacun d’eux possède un grand talent et qu’ensemble, ils peuvent réaliser des choses extraordinaires. C’est alors que l’îlot se révèle être le repaire de cruels trafiquants d’animaux exotiques…

Monsieur Ganèche, reconnaissable à ses grandes oreilles qui bougent toutes seules est professeur remplaçant chargé de prendre en charge six jeunes collégiens afin de les emmener dans un centre de vacances perdu au fin fond de la Bretagne.

Lorsqu’il découvre les perles qui lui ont été attribué, les bras lui en tombent : six cancres aux dossiers scolaires bien chargés. Il y a Fatima rêveuse patentée, Maïtiti l’élève plus que médiocre, Zlatan qui collectionne les punitions, Céline connue pour ses impertinences, Tho dernier en tout sauf en informatique,  et Lucas tout simplement un cas désespéré.

Les voilà partis en bateau rejoindre le centre de vacances et lorsqu’ils arrivent aux abords de l’île de Craouch, le navire de monsieur Braouzec tombe en panne. Les voilà échoués sur une île attendant des secours.

Et comme si ça ne suffisait pas, pas une âme sur l’ilôt ! Ils trouvent cependant abri dans une maison et découvrent des animaux exotiques en cages. Craouch est semble-t-il le repère de trafiquants d’animaux et ils ne seront pas trop de sept pour damer le pion aux malfaiteurs…

Voilà un livre qui nous attendait depuis quelques mois mon Sami-Chameau et moi et que nous avons dévoré en un rien de temps. Il faut dire que l’histoire avait tout pour nous plaire puisqu’elle réunissait à la fois de l’aventure, du suspens et de l’humour.

L’idée de regrouper sur une île un professeur et ses élèves, tous différents, est excellente. Tous des cas sociaux issus de familles défavorisées qui vont apprendre l’entraide et surtout réaliser avec l’aide de Monsieur Ganèche, qu’ils ont tous la capacité de s’élever et d’être intéressants, qu’ils ont des qualités précieuses et des dons et que personne ne doit les réduire à leurs mauvaises notes ou leurs réputations limites, personne ne doit les mettre dans des cases ou des carcans.

Jérôme Bourgine a aussi la bonne idée d’aborder le handicap avec beaucoup d’humour par l’entremise du personnage de Tho qui est en fauteuil roulant, cet enfant assez seul au départ, trouvera sa place au sein du groupe.

Le style de l’auteur est fluide et agréable à lire, les dialogues sont d’une manière générale assez drôles et rendent particulièrement vivant ce récit. Quant à l’intrigue, elle est bien pensée et à la portée des 9 / 12 ans.

Les illustrations de Maurèen Poignonnec sont charmantes, pleines d’humour et viennent aérer le texte, une bonne idée là aussi notamment pour les enfants qui ont encore un peu de mal à lire, ces respirations sont les bienvenues.

Il y a aussi tout un travail éditorial très intéressant avec des changement de police de caractère, des surlignements et des bonus, notamment la recette du Kouign Amann, et oui l’histoire se passe en Bretagne !

En bref, je ne peux que vous conseiller de glisser ce roman dans la valise de vos enfants cet été, ils vont aimer cette classe de mer.