L’appel des étoiles – Ken Follett

Les jumeaux Price en ont assez de devoir s’occuper de leur petit cousin enquiquinant. L’été promet d’être long. Mais un oncle sorti de nulle part leur propose bientôt des vacances inoubliables à l’autre bout de la galaxie…

L’été promet d’être long pour Rick et Helen Price qui doivent se coltiner leur cousin Bouly pour les vacances. Leur maman est veuve et elle tient une pension de vacances, totalement pleine en cette saison.

C’est alors que surgit l’oncle Grégorien qui propose d’emmener les enfants dans sa ferme afin de libérer deux chambres. Rick, Helen et Bouly sont ravis de cette escapade bucolique, pressés d’apprendre à conduire le tracteur et garder les moutons.

Mais après une première journée bien remplie sur place, oncle Grégorien leur apprend qu’il n’est pas leur oncle mais un voyageur venu d’une autre dimension…

Écrit pour ses enfants, ce roman de Ken Follett publié en Angleterre en 1976 est disponible en français depuis 2016. Après avoir adoré Une colonne de feu, j’étais très curieuse de découvrir ce formidable conteur dans un format plus court, pour la jeunesse et science-fiction mais aussi le faire connaître à mes garçons qui comptent bien le lire à ma suite.

Qui n’a pas rêver d’être choisi pour faire une mission spéciale intergalactique ? Moi mis à part, beaucoup d’enfants caressent l’espoir d’un jour aller dans l’espace et le temps de leur lecture, ce sera chose faite grâce à Ken Follett qui embarque ses jeunes lecteurs dans une histoire d’anticipation pleine d’aventures et de rebondissements.

C’est amusant de découvrir cet auteur habitué aux romans de près de 1000 pages d’arriver à nous embarquer dans un roman aussi court. Je pense que si vous voulez initier vos enfants à la science-fiction ou si vous enfants sont déjà férus de ce genre, L’appel des étoiles est vraiment le roman idéal.

Dans cette histoire très ramassée en nombre de pages, Ken Follett construit une intrigue intelligente où ses jeunes héros découvrent une galaxie, des planètes et de nombreuses espèces extraterrestres qui cohabitent.

Pourquoi ce voyage dans l’espace ? Tous trois ont été choisis pour régler un conflit intergalactique très particulier et à cette fin, ils seront dotés chacun d’un pouvoir particulier.

A travers cette intrigue, Ken Follett va parvenir à aborder de façon très subtile, l’écologie mais surtout l’esclavagisme, d’une manière détournée mais qui sera néanmoins facile pour les enfants de le comprendre.

Un très bon roman pour les 9 / 12 ans, intelligent, plein d’aventure et de suspens, à découvrir absolument.

Merci à Filippa et aux éditions Robert Laffont pour cette découverte, une lecture bien sympathique pour l’adulte que je suis !

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Un garçon nommé Noël – Matt Haig

Lu dans le cadre du Challenge Cold Winter

Si vous êtes de ceux persuadés que certaines choses ne sont pas possibles, autant refermer ce livre tout de suite. Il n’est pas pour vous. Car ce livre est plein de choses impossibles. Vous êtes toujours là ? Bravo. (Les lutins seraient fiers de vous). Alors, commençons…

Nicolas, dix ans, vit seul avec son père Joël, bûcheron. Sa maman est morte après être tombée dans un puits et ils sont très pauvres. Un jour de juin, un chasseur nommé Anders, propose à Joël de se joindre à lui pour une expédition. Ils ont pour but de trouver Lutinbourg et prouver au roi que les lutins existent.

En retour, le monarque a promis au groupe d’hommes une forte récompense, qui mettrait Joël et Nicolas à l’abri du besoin. Mais comme il est impossible pour Joël de laisser son fils seul pendant des mois, il demande à sa sœur Carlotta de venir prendre soin de Nicolas.

Malheureusement pour le jeune garçon, Carlotta est loin d’être une tante aimante et elle le fiche à la porte de sa propre maison, lui intimant l’ordre de désormais dormir dans le jardin.

Affamé, triste et terriblement seul, Nicolas décide, au bout de plusieurs semaines, de rejoindre son père. Sur son parcours, il tombe sur un renne blessé qu’il va soigner, et ensemble, ils vont vivre une formidable aventure…

S’il y a bien un roman que je souhaitais absolument lire pendant l’Avent, c’est celui-là ! Je me suis donc empressée de l’acheter en novembre afin de pouvoir le lire à quelques jours de Noël et je n’ai pas été déçue par ma lecture.

Vous le savez sans doute mais j’adore les romans qui proposent de nous raconter la naissance du père Noël et chaque année, je lis un roman dans ce genre. Il y a eu Une seconde avant Noël et Sauver Noël de Romain Sardou, L’elfe du Père Noël de Lucy Daniel Raby et bien sûr La véritable histoire de Noël de Marko Laino. A chaque année, son histoire et cette fois-ci j’ai jeté mon dévolu sur Un garçon nommé Noël de Matt Haig illustré par Chris Mould.

Un garçon nommé Noël n’est donc pas le seul à nous proposer la genèse du jeune orphelin devenu le Père Noël. L’histoire n’est pas toujours gaie car il arrive pas mal de mésaventures à notre héros et tout n’est pas rose dans ce roman jeunesse, il est cependant moins triste que La véritable histoire de Noël pour lequel j’avais versé ma petite larme.

Dans ce roman destiné aux 9 / 12 ans, Matt haig nous conte donc l’histoire de Nicolas, petit orphelin de Finlande, qui devient le Père Noël, une fois recueilli par les lutins de Lutinland, à qui il redonne la joie de vivre et l’envie de faire le bonheur autour d’eux.

L’auteure met au cœur de son récit de belles valeurs comme l’entraide, l’amitié, la solidarité… des valeurs qui font chaud au cœur et qui sont toujours utiles à prôner auprès des plus jeunes et qui sont au cœur même de l’esprit de Noël : la générosité, le désintéressement, donner sans rien attendre en retour.

On assiste donc à la genèse du Père Noël : de la transformation physique de Nicolas qui fait pousser ses cheveux et sa barbe, revêt des habits rouges, au vol des rennes, en passant par à la première distribution de jouets.

Mon petit bémol vient que cette transformation de Nicolas en père Noël arrive un peu tard dans le récit, Matt Haig se concentre sur l’aventure qui mène Nicolas à Lutinland et aux péripéties multiples qui l’amèneront à se faire adopter par les lutins et vivre auprès d’eux.

Reste que l’histoire est jolie, les illustrations abondantes de Chris Mould apportent de chouettes respirations au récit et permettront aux lecteurs confirmés comme à ceux qui ont encore quelques difficultés à prendre du plaisir à lire cette histoire de Noël.

Entre réalisme et fantasy, Un garçon nommé Noël, insuffle la magie de Noël que j’aime tant et j’ai pris beaucoup de plaisir à lire les aventures mouvementées de Nicolas au pays des lutins et si vous aimez ce genre d’histoire, je ne peux que vous la recommander.

Fais-moi peur – Malika Ferdjoukh

Lu dans le cadre du Challenge Cold Winter

Monsieur N. n’avait pas été un criminel toute sa vie. La preuve, il avait déjà neuf ans quand il tua pour la première fois. Bien entendu, à cette époque, il n’était pas encore monsieur N. Il était Léo, petit garçon qui passait ses vacances chez Mémé et Pépé…. Et puis, vingt ans plus tard, le voici, rôdant autour de la maison de la famille Mintz. Les parents sont sortis, les enfants font du pop-corn, Odette voudrait aller chercher un sapin au cimetière, elle craint que le Père Noël ne les oublie. Monsieur N. ne les oublie pas, lui. Il a déjà tué son chien Thor, il a mis un manteau rouge, il se prépare.

En ce soir du 22 décembre, Mr et Mme Mintz sont invités à l’inauguration de l’opéra régional, ils laissent seuls leurs cinq enfants dans la maison familiale. Il y a Gervaise l’aînée âgée de 13 ans qui doit veiller à ce que les plus jeunes soient sages, Mone 10 ans et demi, Barnabé 9 ans moins le quart, Odette 5 ans et bébé Lou, 18 mois.

Il règne un joyeux bazar dans la maison : entre Odette qui veut absolument un sapin de Noël alors que les Mintz, qui ne fêtent pas Noël mais Hanouka, n’en veulent pas, Barnabé qui veut aller embêter leurs voisines surnommées les perruches, Mone qui veut faire du pop-corn avec son ami Amoh, les lieux sont vite sans dessus dessous.

Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’en cette nuit particulière de l’hiver, ils vont croiser la route de monsieur N. (haine), un homme habité par la haine, le racisme et l’antisémitisme, qui vient de tuer son chien Thor.

Les enfants sont en danger car il est bien décidé à éliminer toute la famille Mintz…

Malika Ferdjoukh est une auteure pour la jeunesse de grand talent, que j’ai lu à plusieurs reprises et j’étais donc ravie de la retrouver dans un registre un peu différent des autres avec Fais-moi peur, un thriller destiné aux 13 ans et plus.

Pas de suspens ici sur l’identité du meurtrier puisque Malika Ferdjoukh nous le dévoile dès les premières lignes mais une thématique très intéressante quant aux motivations de ces meurtres. Monsieur N. est tout à fait proche des thèmes d’extrême-droite puisqu’il prône la race aryenne et pure, c’est-à-dire, des hommes et des femmes blonds aux yeux bleus, le mépris pour les êtres diminués ou jugés inférieurs et la haine des juifs et des musulmans.

Un sujet fort que les jeunes lecteurs découvriront peut-être à l’occasion de cette lecture et qu’il est nécessaire d’accompagner dans leurs réflexions.

Nous avons donc d’un côté un nazi et de l’autre une joyeuse famille juive. D’un coté la noirceur et de l’autre, l’espièglerie. L’auteure arrive bien à doser le mélange des deux, évitant que la part d’ombre ne l’emporte sur la lumière, grâce à beaucoup d’humour et des comiques de situations bienvenus.

J’ai beaucoup aimé les personnages des enfants, que ce soit la fratrie Mintz dont on découvre les membres tour à tour mis en lumière mais aussi leurs amis musulmans Amoh et Radiah et bien sûr Gabriel, le charmant vendeur de houx.

Pour autant, il m’a manqué quelque chose pour être totalement séduite. Les choses sont longues à se mettre en place et la tension arrive un peu trop tardivement dans le récit pour rendre ce thriller totalement pertinent à mes yeux d’adulte mais qui fera son petit effet auprès de son jeune lectorat.

Reste que comme toujours, la plume de Malika Ferjoukh est efficace et agréable à lire, les enfants tellement charismatiques, que l’on passe un bon moment en leur compagnie même si l’adulte que je ne suis n’a pas frissonné, la thématique abordée est si importante, que je ne peux que vous inciter à découvrir Fais-moi peur aux jeunes lecteurs autour de vous !

Un grand merci à Colline et aux éditions L’école des Loisirs pour cette lecture de Noël !

Tom o’clock, le détective du temps – Tome 1 Le prisonnier de la bastille – Sir Steve Stevenson

Tom O’Clock, 12 ans, fait partie de la célèbre agence Wells. Avec Josh et Annika, il forme un trio inséparable de détectives du temps : envoyés en mission, les enfants doivent remonter le temps et changer le cours de l’Histoire. Cette fois, ils débarquent cinq ans avant le Révolution Française, à Paris, où le Peuple gronde déjà des injustices permanentes de la Noblesse. Objectif de leur mission : démasquer le coupable d’un grave vol au musée de Cire et ainsi innocenter un garçon emprisonné à tort, à la Bastille. En effet, que se passerait-il si la révolte enflait et que la Révolution éclatait trop tôt ? Armés de leur insatiable curiosité et de leur Spiromontre, les trois détectives du temps vont mener l’enquête en 1784…

Tom O’Clock, est un jeune garçon de 12 ans, qui vit à New York et fait accessoirement le coursier pour la librairie de livres anciens de ses parents.

Mais entre le collège et les livraisons, Tom travaille aussi pour une agence de détectives pas comme les autres : l’agence Wells, dont son grand-père Gordon fait partie aussi.

Avec Josh et Annika, il forme un trio inséparable, appartenant à la classe Fer Battu, le grade le plus bas de l’agence.

Grâce à leurs spiramontres, ils remontent le temps afin de changer le cours de l’Histoire. Et pour cette première mission, nos détectives du temps sont envoyés en 1784. Leur mission : empêcher la Révolution française de commencer avec cinq ans d’avance avec toutefois la consigne de ne pas bouleverser le passé !

Vous savez que je suis friande de romans historiques adultes mais je ne boude pas mon plaisir devant ceux dévolus à la jeunesse. C’est ainsi que j’avais repéré cette série consacrée à Tom O’Clock début septembre qui compte pour l’instant deux opus : Le prisonnier de la Bastille et Le fantôme de Pompéi, d’autant qu’elle a ceci d’original : celle de combiner faits historiques et voyages dans le temps, une très bonne idée selon moi pour intéresser les jeunes lecteurs à l’Histoire avec un grand H.

J’ai donc été ravie de recevoir Le prisonnier de la Bastille à l’occasion de la Masse Critique Babelio consacrée à la jeunesse, j’en profite pour remercier Babelio et les éditions Auzou pour cette lecture très divertissante pour l’adulte que je suis mais qui sera riche d’enseignements pour le public visé, à savoir les 9 / 12 ans.

Les enfants apprécieront beaucoup ce roman très bien documenté qui les emmènera en plein Paris au 18è siècle, à la rencontre de la future Madame Tussauds, fameuse pour ses réalisations en cire de personnalités, des frères Montgolfier et de leur célèbre invention, la Montgolfière, et de la reine Marie-Antoinette elle-même.

Avec ce trio de détectives sympathiques en diable, ils pourront se promener dans les jardins des Tuileries, réaliser un vol en Montgolfière et même visiter la Bastille, au cours de cette enquête rondement menée par Tom, Josh et Annika.

Un court roman à la fois historique et policier, sans aucun temps mort, abondamment illustré et très bien mis en page par les éditions Auzou qui ont fait un très bon travail autour de ce livre, que je vous recommande chaudement si vous avez des jeunes lecteurs autour de vous, qu’ils aiment l’Histoire ou pas, ils tomberont forcément sous le charme de Tom O’Clock, de sa sagacité, de son érudition et de son humour.

Cerise sur le gâteau, les enfants retrouveront en début et fin d’ouvrage une frise chronologique et les différents événements de l’époque.

Ma vie de bolosse – Dominique Souton

Tout le monde le sait, mais je préfère le rappeler, le collège se divise en classes.1) Tout en haut, les populaires, qui dirigent leur petit monde. 2) Au milieu, les normaux, la grande masse des collégiens, des gens sympas qui ne la ramènent pas trop. 3) Et en bas, les bolosses, ou encore les invisibles, qu’on n’entend jamais et qui servent de souffre-douleur. Comme moi. Dans tous les collèges, c’est comme ça. Chez nous, à Nicolas-Hulot, il y a 365 élèves. Sauf quelques populaires, les autres sont tous normaux, je suis à peu près le seul bolosse.

Félix est un jeune collégien qui souffre d’asthme. Pendant un an, il a du faire l’école à la maison avec un étudiant en mathématiques et à son retour il a été mis à l’écart, avec l’étiquette de bolosse.

C’est un jeune adolescent maigre, les cheveux longs, passionné de chimie et de dinosaures sans aucun ami. Il voudrait bien que ça change, alors il se met en tête de devenir copain avec Kevin et à eux d’eux, ils ont bien l’intention de devenir les plus populaires du collège Nicolas-Hulot !

J’ai lu ce court récit en compagnie de mon Sami-Chameau de fils qui a intégré le collège en septembre. Il s’est beaucoup identifié à Félix puisqu’ils ont en commun les cheveux longs et la passion des dinosaures même si il ne se considère pas comme un bolosse car heureusement il a des copains.

Mon fils a beaucoup aimé le personnage de Félix, les illustrations sous forme d’émoticônes qui parsèment le récit et la couverture ainsi que le style de l’auteur que j’ai trouvé bien adapté à sa cible, à savoir les préadolescents de 10 à 12 ans.

Les thèmes abordés par Dominique Souton sont très actuels et parlent aux jeunes lecteurs puisqu’il met au coeur de son histoire l’amitié, les premiers émois, la popularité, les défis, les réseaux sociaux, la solitude…

L’auteur dédramatise les situations et donne beaucoup d’espoir à ceux qui connaissent les mêmes situations que Félix qui finit par avoir des amis et par être totalement intégré dans son collège.

En tant que maman, j’ai bien apprécié ma lecture. J’ai aimé qu’il dédramatise les moments très durs que vit son héros et que tout finisse bien. L’auteur a beaucoup d’humour et j’ai trouvé son langage et son style très bien adapté au jeune lectorat.

Les chapitres sont très courts et le travail éditorial autour de ce livre avec une mise en page bien aérée, des petites illustrations et une police très lisible, font que ce roman est idéal pour les 10 / 12 ans qu’ils soient de grands lecteurs ou non.

Un roman salutaire, qui plaira surtout aux garçons qui pourront se reconnaître en Félix ou en Kevin son copain de bolossitude et que je conseille volontiers à tous ceux qui sont entrés au collège cette année, qu’ils aient du mal à s’intégrer ou non, ils passeront un très chouette moment de lecture avec Ma vie de Bolosse.

Merci à Coline et aux éditions Ecole des Loisirs pour cette sympathique lecture !

L’énigme de la Vallée aux Loups – Margot Bruyère

Été 1810. François-René de Chateaubriand, écrivain et homme politique, est en disgrâce depuis qu’il a publié dans le journal Le Mercure de France en 1807 un article retentissant contre le despotisme napoléonien.
Il vit tranquillement à la Vallée-aux-Loups, près de Paris, et partage son temps entre ses travaux littéraires et les plaisirs du jardinage.
Un jour, Mesnil, son cuisinier, découvre un cadavre dans le four a pain, puis un autre dans la glacière, mais tout le monde pense qu’il est sujet aux hallucinations à cause de son penchant pour le vin.
Mais lorsque M. de Chateaubriand lui-même trouve au milieu du bois sa jeune servante blessée d’un coup de poignard, il faut bien se rendre a l’évidence : il se passe des choses étranges à la Vallée-aux-Loups. Et si tout ceci avait un rapport avec l’arrivée d’Henri ?

Été 1810. M. de Chteaubriand a une femme qu’il respecte mais n’aime guère. Un jardinier qui partage sa passion des arbres. Un cuisinier aussi talentueux qu’alcoolique.

Tout ce petit monde vit sans histoire à la Vallée-aux-Loups, près de Sceaux, retraite forcée du maitre qui, dans un article retentissant, a accusé l’empereur Napoléon Ier de tyrannie, suite à la mort du duc d’Enghien.

Mais lorsque arrive un mystérieux enfant aux yeux clairs, porteur d’une étrange médaille, que des cadavres sont retrouvés près de la propriété et que l’Empereur lui-même vient pointer le bout de son bicorne, Chateaubriand est bien forcé d’admettre qu’il se passe des choses pas très claires et qu’il ferait mieux de s’en mêler…

Chateaubriand est loin de faire partie de mon panthéon littéraire, je trouve ses écrits plutôt ennuyeux, en tout cas ceux que je me suis risqués à lire, mais comme personnage littéraire, je le trouve plutôt sympathique.

Margot Bruyère est une romancière historique spécialiste de la Bretagne et de Chateaubriand, autant dire que ce court roman pour les 11 / 13 ans est très bien documenté et qu’il permettra aux jeunes lecteurs d’en apprendre sur le contexte politique de la France à cette époque.

Napoléon Ier est à son apogée mais les Bourbon attendent en exil leur revanche, c’est ce que nous montre l’autrice dans son premier roman historique pour la jeunesse, L’énigme de la Vallée aux Loups.

Dans ce contexte politique brûlant, Margot Bruyère a imaginé toute une intrigue autour de la descendance du duc d’Enghien, exécuté en 1804, au terme d’un procès plus qu’expéditif, condamné à mort pour faits d’armes contre la France.

François-René Chateaubriand ne cache pas ses sympathies royalistes et attend le retour des Bourbon sur le trône de France et il a beaucoup écrit sur Louis-Antoine-Henri Bourbon et sa mort. Pour le vicomte, il ne fait pas de doute que le duc d’Enghien a été assassiné et que le responsable de ce lâche assassinat est l’Empereur lui-même.

A partir de la présomption d’existence d’une descendance au duc d’Enghuin, ici un garçon prénommé Henri, Margot Bruyère nous entraîne dans une énigme historique où vont se côtoyer et s’affronter des personnages ayant réellement existés, tels que Chateaubriand bien sûr mais aussi le docteur Laënnec (inventeur du stéthoscope) Talleyrand et Napoléon, permettant au jeune lectorat visé de connaître ces différentes personnes et de comprendre leur rôle et influence dans l’Histoire de France.

Un roman passionnant et sans temps mort qui ne manquera pas d’intéresser les collégiens et les férus d’Histoire !

Enola Holmes tome 3 Le mystère des pavots blancs – Nancy Spinger

Londres, printemps 1889. Le Dr Watson, grand ami du célèbre détective Sherlock Holmes, a disparu ! Lorsqu’Enola apprend la nouvelle, elle ne peut laisser ce nouveau cas de disparition irrésolu. Mais il lui faut un déguisement approprié pour lui éviter d’être reconnu par son frère Sherlock, qui mène aussi sa propre investigation.
Elle se procure de quoi devenir méconnaissable et elle rend visite à Mrs Watson, chez qui elle découvre un bouquet à l’étrange composition…Enola tient probablement une piste qui expliquerait la disparition du Dr Watson…

Printemps 1889 à Londres. Enola Holmes se cache toujours de ses frères au sein de la très modeste pension de Mrs Tupper.

Mais voilà que le bon docteur Watston disparaît. Sa femme Mary est dans tous ses états et le consultant détective Sherlock Holmes n’a aucune piste. Enola décide d’enquêter sous les traits de miss Viola Everseau et se rend au domicile des Watson.

Là, elle découvre un bouquet à la composition insolite et décide de creuser la piste du mystérieux expéditeur du bouquet car le langage des fleurs, appris avec sa mère, n’a pas de secrets pour elle…

Après La double disparition et L’affaire Lady Alistair, place au Mystère des pavots blancs. Si vous pensez que Sherlock Holmes est le meilleur détective de la famille Holmes, c’est parce que vous ne connaissez pas sa jeune sœur : Enola Holmes !

Elevée comme une herbe folle et véritablement professionnelle du déguisement, notre héroïne décide d’aider son illustre aîné à retrouver son meilleur ami le docteur Watson. Mais de loin bien sûr, obligée de se cacher de peur d’être envoyée en pension.

Cette troisième enquête me confirme tout le bien que je pensais de cette série et de son héroïne diablement courageuse, qui se retrouve seule et livrée à elle-même après la désertion de sa mère, et qui a du fuir les projets de Mycroft et Sherlock à son rencontre.

Ayant reçu une éducation très libre, Enola a épousé les idées féministes de sa mère et trouve bien étriqué le carcan dans lequel ses frères voudraient l’enfermer. Et bien qu’à la tête d’un pécule confortable, elle veut devenir le meilleur enquêter du monde et damer le pion à son illustre frère.

Comme dans les deux premiers opus, Enola enquête une fois de plus sur une disparition, celle de l’associé de Sherlock, le docteur John Watson. Pour quelle raison s’en ait-on pris au bon docteur ? Pour atteindre Holmes ? Ou le docteur est-il vraiment visé ?

Il faudra toute la sagacité de notre Enola pour venir à bout de cette enquête et permettre la libération de l’homme de science.

J’ai beaucoup aimé ce troisième volume, mon préféré à ce jour, je l’ai dévoré en une journée, prise par l’enquête et l’atmosphère que sait si bien décrire Nancy Springer qui nous confirme une fois encore avec cet opus qu’elle connaît bien cette période.

En bref, un très bon roman policier pour les jeunes lecteurs, avec une pointe d’humour, et une très bonne toile de fond historique qui les plongera dans une ambiance victorienne réussie, une série à lire et que je compte poursuivre très vite !