Sherlock, Lupin et moi tome 1 Le mystère de la dame en noir – Irene Adler

Lu dans le cadre de Ma PAL de printemps (3/10)

Été 1870, Sherlock Holmes, Arsène Lupin et Irene Adler font connaissance à Saint-Malo. Les trois amis espèrent profiter de leurs vacances en bord de mer, mais le destin leur a réservé une surprise. Un corps s’est échoué sur une plage voisine et les trois camarades se retrouvent au beau milieu d’une enquête criminelle. Un collier de diamants a disparu, le mort semble avoir deux identités et une silhouette fantomatique apparaît la nuit sur les toits de la ville. Trois détectives ne seront pas de trop pour résoudre l’énigme de Saint-Malo !

Saint-Malo, 1870. L’été de ses douze ans, Irene Adler, une jeune américaine, fait la connaissance de Sherlock Holmes et d’Arsène Lupin, tous deux âgés de quatorze ans et en villégiature comme elle sur la côte Bretonne.

Entre eux, une grande amitié naît et au gré de leurs promenades dans la cité corsaire, ils trouvent un corps échoué sur la plage. L’homme, dont on ne connaît pas l’identité, a semble-t-il été victime d’un meurtre.

Au même moment, un collier de diamants d’une valeur inestimable est volé à Madame de Martigny, une amie de madame Holmes. Le voleur serait-il le mystérieux promeneur des toits que l’on aperçoit chaque nuit ? Ou le meurtrier et le voleur sont-ils la même personne ?

Sherlock, Arsène et Irene, en quête de sensations fortes et pour tromper leur ennui, décident d’enquêter sur ces deux affaires, d’autant que la police locale ne brille pas par son efficacité…

Lorsque mon regard a croisé Sherlock, Lupin et moi tome 1 Le mystère de la dame en noir en librairie, j’ai su que j’allais faire deux heureux : moi-même of course et surtout mon Empereur de fils, grand fan d’histoires policières et de Sherlock Holmes en particulier.

C’est donc en sa compagnie que j’ai lu ce roman policier grâce auquel il a découvert l’un des héros de mon enfance : Arsène Lupin ! Dans ce récit à la première personne, Irene nous relate leur première aventure ensemble et sa rencontre avec Holmes et Lupin.

Autant vous le dire d’emblée, nous avons passé un excellent moment de lecture. Le récit est rythmé, drôle et passionnant, bien écrit et il contient suffisamment de rebondissements et de suspens pour plaire aux enfants dès 10 ans mais aussi aux adultes car c’est un vrai roman policier avec plusieurs enquêtes à la clé : d’un côté un meurtre et de l’autre un vol de bijoux, sans compter l’enquête pour découvrir l’identité du défunt.

Notre trio d’amis va se retrouver au mauvais endroit et au mauvais moment et aura besoin de toute sa sagacité pour se sortir des pièges que l’on va leur tendre.

Pendant près de 300 pages, on ne s’ennuie pas une seconde à suivre cette folle aventure, pleine de péripéties et qui est aussi très bien ancrée dans son époque et ses technologies, l’idéal pour familiariser le jeune public à cette fin du 19è siècle et leur faire découvrir ces deux personnages emblématiques de la littérature que sont Sherlock Holmes et Arsène Lupin.

L’auteur, dont on ne connaît pas l’identité, a la bonne idée de réunir ces deux héros de la littérature policière classique comme l’avait fait Maurice Leblanc lui-même dans son recueil Arsène Lupin contre Herlock Sholmès.

Mention spéciale pour le travail éditorial d’Albin Michel jeunesse qui a soigné la couverture avec un rabat, inséré des gravures d’époque et dont chaque en-tête de chapitre a sa propre illustration, un véritable plaisir pour les yeux et une réelle invitation à la lecture, bravo !

Vous l’aurez compris, je suis séduite par ce premier tome, mon Empereur de fils aussi et nous attendons avec impatience la suite des aventures de nos trois héros.

Winston tome 1 Un chat en mission secrète – Frauke Scheunemann

Winston est un chat de luxe à l’humour caustique, pantouflard et délicat, qui n’a jamais mis les pattes dehors. Sa vie est bouleversée quand Kira, la fille de la domestique de son maître, vient habiter l’appartement. Promenades, rencontre avec les chats de gouttières du voisinage, Winston est contraint de changer de quotidien. Les ennuis arrivent pour les deux héros… Un jour d’orage, ils sont tous deux frappés par la foudre et se retrouvent chacun dans le corps de l’autre… et trouvent à le moyen de réussir à résoudre tous les deux leurs problèmes… en s’entraidant.

Winston Churchill est un British Shorthair pur race d’origine anglaise qui vit en colocation avec Werner Hagedorn, un professeur de physique quantique. Ils habitent un bel appartement au numéro 106A de la très chic Allée-Haute à Hambourg en Allemagne.

La vie de Winston est un vrai paradis terrestre : choyé par son maître et par Olga, l’employée de maison du professeur qui lui mitonne de bons petits plats, il paresse toute la journée sur le canapé du salon et ne met jamais le nez dehors car nom d’une sardine à l’huile il déteste les enfants et sa propre compagnie lui suffit.

Winston est un chat snob mais comblé jusqu’au jour où Olga remet sa démission pour se marier et que sa sœur Anna fait son entrée dans leur vie, affublée d’une grande fille de 12 ans prénommée Kira.

Si Werner avait demandé son avis à Winston, mère et fille n’auraient jamais franchi le seuil de l’appartement mais hélas, ce n’est pas le cas. Il vit très mal l’arrivée de ses intruses dans son quotidien feutré d’autant plus que Anna est accusé par son ancien compagnon de trafic de cigarettes !

Quant à Kira, elle est bien gentille mais elle s’est mise en tête de sortir Winston hors de son nid douillet et c’est alors qu’un orage transmute Kira dans le corps de Winston et Winston dans le corps de Kira…

J’avais reçu ce roman cet été et je m’étais promis de le lire rapidement car cette couverture très réussie est une véritable invitation à la lecture. Hélas, trois fois hélas, comme toujours j’ai traîné mais je me suis finalement décidée à le sortir de ma PAL et je l’ai dévoré en deux jours !

Winston est un roman drôle, piquant, fantastique, envoûtant, original, prenant, mignon… bref j’ai adoré ce premier tome très réussi mêlant habilement fantastique, policier, le tout saupoudré de beaucoup d’humour et de causticité.

Cerise sur le gâteau, c’est un récit de grande qualité qui plaira aux 9 / 12 ans, public auquel il est destiné mais aussi aux adultes car comme je vous le disais je l’ai lu quasi d’une traite tant Frauke Scheunemann m’a bien ferré dans ses filets.

Le duo formé par Winston, le narrateur, un chat certes snob et gourmand mais intelligent et avec un grand cœur et Kira, une jeune pré-ado confrontée aux élèves snobs de son nouveau collège intelligente elle aussi, fonctionne bien et se révèle complémentaire.

Ce premier tome est un vrai roman feel-good pour les enfants plein de tendresse, d’amitié, d’entraide, de drôlerie et de péripéties que je ne peux que vous recommander de mettre dans les mains de vos enfants et des vôtres si, comme moi, vous aimez lire de la jeunesse, cette petite perle vous plaira sans aucun doute.

Pour ma part, je lirai le tome 2 avec grand plaisir dès qu’il sera paru. Un grand merci à Flora et aux éditions Fleurus pour cette charmante lecture !

La vallée des mammouths – Olivier May

Dans la toundra enneigée, Airelle et son cousin Petit-Nez partent chasser avec leurs loups apprivoisés. Mais les proies se font rares et la famine menace la tribu.
Pour survivre, les chasseurs de la horde de la Louve vont devoir s’enfoncer dans une nature dangereuse, peuplée d’animaux sauvages.

C’est l’hiver et il est fort rude cette année dans la toundra. Les enfants de la Louve connaissent la faim et plusieurs des leurs, bébés ou vieillards, sont déjà morts de faim. Il faut absolument que la tribu tue un mammouth, histoire de lui donner quelques jours de nourriture.

Pour Airelle et son cousin Petit-Nez, pas question de rester les bras croisés, ils partent avec leurs loups apprivoisés chasser du petit gibier pendant que les hommes de la horde de la Louve se mettent en quête d’un mastodonte, encouragé par l’homme-sage du village qui, lors d’une de ses visions, a vu que les jours de famine allaient prendre fin.

Je ne suis pas une inconditionnelle de la Préhistoire, je pense que vous l’avez déjà remarqué, mais mon Sami-Chameau de fils, si. Aussi, lorsque j’ai vu La vallée des mammouths dans le catalogue de Castor Poche je n’ai pas hésité à le demander, pensant que ce court roman destiné aux 9 / 12 ans allait l’intéresser.

Et bien sûr, j’ai mis dans le mille, il a adoré cette aventure au temps de la Préhistoire et aimé suivre Airelle, Petit-Nez et la horde de la Louve dans le troisième opus de la série écrite par Olivier May, je vais donc de ce pas acheter les deux premiers volumes qu’il me réclame depuis la fin de sa lecture !

C’est un petit roman sympathique qui plaira au jeune public car il est dépaysant de par son époque, très bien documenté, l’auteur sème ça et là, ses connaissances sur les peuples de la fin de la Préhistoire et c’est passionnant pour les enfants comme pour les adultes, en tout cas ceux qui comme moi ne connaissent absolument rien de cette époque lointaine.

Que ce soit sur la chasse, la pratique du chamanisme, les rites funéraires… les enfants ressortiront de cette lecture charmés par cette aventure pleine de bons sentiments et avec quelques connaissances historiques à la clé, que demander de plus ?

Si votre enfant aime la Préhistoire, mettez-lui dans les mains La vallée des mammouths, il ne sera pas déçu !

Un grand merci à Brigitte et aux éditions Flammarion jeunesse pour cette lecture instructive !

Le journal de Nine tome 3 : Pourquoi c’est pas juste ? – Géraldine Maillet

On vit ensemble depuis que je sais écrire. En ce moment, je grandis trop vite, je n’ai plus de temps pour moi. Ma nouvelle famille, le collège, les amours… Il suffit de me voir avant et après les vacances pour comprendre ce que c’est « préado » puis « ado » sans le « pré ».

Léopoldine, allias Nine, a maintenant 12 ans et elle est sur le point de passer en 5ème. Ses parents sont divorcés depuis deux ans déjà et elle a un petit frère Léon, qu’elle surnomme affectueusement Lardon !

Depuis qu’ils sont séparés, les deux enfants vivent une semaine avec papa et une semaine avec maman. Papa est toujours célibataire mais maman est amoureuse de Damien, un papa d’origine italienne, divorcé et qui a lui aussi un garçon et une fille, Romy et Victor, d’âges sensiblement identiques que Nine et Léon.

L’été commence et tout le monde part en Sicile dans la famille de Damien, Nine aime beaucoup la famille recomposée qu’ils forment désormais mais elle culpabilise par rapport à son père.

Doit-elle tout lui raconter au risque de le blesser ? Peut-elle aimer Damien sans pour autant trahir son père ? Et surtout, hors de question pour elle que maman et Damien agrandissent la famille…

Géraldine Maillet a eu l’idée de ce livre lors de sa propre séparation d’avec le père de ses enfants, et sous la plume drôle et tendre de Nine, qui se raconte à travers son journal intime, elle brosse le portrait du divorce dans le tome 1 Pourquoi c’est plus pareil ? et de la famille recomposée dans le tome 3 Pourquoi c’est pas juste ? . Je ne peux pas vous parler du tome 2 que je n’ai pas lu mais je suppose qu’il avait pour thème la rencontre avec cette nouvelle famille recomposée.

Je trouve cette série intéressante et bienveillante pour les enfants qui y sont confrontés car l’auteur dédramatise le divorce et à travers Nine, elle aborde toutes les questions que peuvent se poser les jeunes lecteurs entre 9 et 12 ans.

L’adulte que je suis trouve en revanche la situation très idyllique puisque le divorce se fait sans heurts ni disputes, une situation malheureusement trop rarement vécue et que la famille recomposée est idéale là aussi : les enfants de chaque côté s’acceptent comme frère et sœur tout comme les conjoints qui sont « adoptés » par les enfants.

Mais pourquoi pas après tout ? Si la littérature peut réconforter les enfants, apporter de l’espoir à ceux qui vivent trop souvent de durs moments dans ce type de situation, je ne peux qu’approuver et espérer que les séparations se passent de mieux en mieux, au moins dans l’intérêt des enfants.

Dans ce dernier tome, je trouve que la petite Nine a bien grandi, elle a gagné en profondeur et en maturité et les questions qu’elle se pose sont censées et bien ancrées dans la réalité.

On parle désormais de réseaux sociaux, de blogs et l’adolescente en devenir dit adieu à son journal intime, toujours ponctué de dessins qui apportent une touche de fraicheur et de liberté bienvenue.

Un roman sympathique et court, non dénué d’humour, qui ne manquera pas d’intéresser les petites filles dès 9 ans qui vivent la même situation que l’héroïne et se posent indubitablement les mêmes questions.

Un ouvrage qui a le mérite de dédramatiser le divorce et les familles recomposées même s’il offre une vision un peu trop rêvée de ces moments souvent douloureux.

Un grand merci à Brigitte et aux éditions Flammarion pour cette lecture attendrissante que je recommande aux enfants.

Miss Dashwood tome 1 De si charmants bambins – Gwenaële Barussaud

Au fond de leur château normand, monsieur et madame de Grandville sont désespérés : leurs charmants bambins, Godefroy et Charlotte, multiplient les bêtises et font fuir les gouvernantes. Heureusement, la célèbre école de nurses anglaises, la prestigieuse Perfect Children Academy, a promis de leur envoyer une demoiselle à la hauteur de la situation, et c’est l’excellente Daisy Dashwood qui a été choisie pour cette périlleuse mission. Avec ses connaissances toute fraîches en matière d’éducation, ses diplômes flambants neufs et son réputé flegme britannique, Daisy Dashwood semble effectivement dotée des qualités requises pour corriger les insupportables descendants de la famille Grandville ! Mais il ne faut jamais sous-estimer l’incroyable résistance des enfants français, ni leur extrême inventivité…. Caprices en pleine rue, batailles de mottes de terre, odeurs de camembert, pianiste myope et dressage de marcassin réussiront-ils à déstabiliser la célèbre nurse anglaise ?

Daisy Dashwood est une jeune anglaise destinée à devenir nurse. Pour se faire, elle suit avec assiduité et un certain brio depuis trois ans déjà les cours dispensés par Mrs Stenford au sein de la célèbre école de nurses londonienne la Perfect Children’s Academy.

Mrs Stenford la trouve tellement parfaite qu’elle lui propose de finir sa formation de manière accélérée afin de venir en aide à Godefroy et Victoire Granville qui cherchent une nurse qualifiée pour leurs deux enfants Godefroy et Charlotte.

Bien qu’épouvantée à l’idée de vivre au pays des mangeurs de grenouilles, elle accepte la proposition de la directrice.

Voilà donc Miss Dashwood, dument chapitrée par Mrs Stenford sur toutes les situations auxquelles elle pourrait être confrontée dans le difficile exercice de son métier de nanny, en partance pour la Normandie où la famille Granville l’attend dans son château.

Pleine de confiance dans sa mission, elle est accueillie avec soulagement au château et comprend vite pourquoi. Les deux charmants bambins dont on lui confie l’éducation sont venus à bout en quelques jours de leurs précédentes gouvernantes et se révèlent bien plus récalcitrants que prévu…

J’aime beaucoup la plume de Gwenaële Barussaud découverte à la lecture de sa série pour les adolescentes, Les lumières de Paris. Une série pour laquelle j’ai eu un immense coup de cœur et dont j’attends avec impatience le quatrième tome, j’étais donc ravie de découvrir sa toute nouvelle série à destination des enfants entre 9 et 12 ans, Miss Dashwood nurse certifiée.

Dans ce premier tome De si charmants bambins, nous faisons donc la connaissance de Daisy Dashwood, une nurse qui n’a pas les deux pieds dans le même sabot et qui fait preuve d’une grande inventivité pédagogique et des deux enfants dont elle s’occupe.

Ce roman se révèle tout à fait charmant, j’aurai adoré le lire petite fille et j’ai franchement pris beaucoup de plaisir à le lire alors que j’ai largement dépassé la tranche d’âge auquel il est destiné.

La plume de Gwenaële Barussaud est toujours aussi agréable et ce premier volume très bien écrit tout en étant à la portée des jeunes lecteurs. L’histoire est bien évidemment d’une simplicité biblique mais elle est fraiche avec des pointes d’humour, de dérision et des passages rocambolesques à souhait, juste ce qu’il faut pour que les enfants acquièrent du vocabulaire et aient le goût de la lecture historique car le récit est bien ancré dans le 19è siècle.

Le travail éditorial autour du livre est une réussite : la couverture est jolie, les en-têtes de chapitre tout à fait délicieux, la typographie bien ronde et bien lisible, l’éditeur aurait pu ajouter quelques illustrations de-ci de-là pour ajouter un charme supplémentaire et aérer la lecture pour les plus jeunes, cela aurait été un plus bienvenu.

Vous l’aurez compris Miss Dashwood est un roman pétillant et drôle avec une vraie qualité littéraire et une jolie plume, je vous le recommande dès 9 ans assurément.

Un grand merci à Flora et aux éditions Fleurus pour cette charmante lecture !

Le monstre nounou – Tuutikki Tolonen

Il y a des nounous rigolotes, des nounous trop sévères, d’autres qui vous laissent faire les quatre cents coups, et puis il y a… le monstre nounou !
En l’absence de leurs parents, Halley, Koby et Mimi vont être gardés par cette étrange créature poilue et poussiéreuse qui sent fort le renfermé. Voilà qui promet des vacances pas comme les autres…heart_3le-monstre-nounou-tuutikki-tolonen

Halley, Koby et Mimi Hellmann, respectivement âgés de onze, neuf et six ans et quatre mois, sont élevés par une maman au bord de la crise de nerfs. Le papa de cette belle fratrie, tendrement surnommé La Voix Invisible, en référence à ses trop nombreuses absences, est comme toujours parti à l’autre bout du monde, laissant la maman épuisée gérer le foyer.

Mais heureusement pour maman, elle vient de gagner un voyage de quinze jours en Laponie et ô miracle La Voix Invisible est censée arriver de façon immiente afin de prendre le relais et lui permettre de partir pour des vacances bien méritées.

Tout ne se passe pourtant pas comme prévu car monsieur est bloqué par une tempête de neige (en juin) empêchant tout avion de décoller et d’attérir. Qu’à cela ne tienne, les organisateurs du concours ont tout prévu : une nounou viendra garder les enfants.

Seulement voilà, la nounou en question est un gros monstre tout poilu et poussiéreux qui sent singulièrement le renfermé…

Ce premier tome d’une série venue de Finlande inaugure la toute nouvelle collection de Robert Laffont dédiée à la jeunesse, R Jeunesse, je ne sais pas quelles seront ses autres publications mais cette première lecture met l’eau à la bouche !

Tuutikii Tolonen nous propose avec Le monstre nounou un roman drôle et farfelu, teinté de mystère et de fantastique, dans la lignée du grand classique de Roald Dahl, Monstre poilu.

Les enfants qui composent la fratrie Hellmann sont attachants et chaque jeune lecteur entre 9 et 12 ans peut aisément s’identifier en eux, selon son caractère, son âge et son sexe car nos deux héros sont on ne peut plus différents.

Si les deux aînés sont sympathiques, j’avoue que ma préférence va à la petite Mimi, sacrément futée pour son âge et dont j’ai adoré les longues conversations qu’elle entretient depuis son bain avec sa robe de chambre bleue qui s’anime lorsqu’elles sont seules !

Outre les personnages, le point fort du livre c’est son univers fantastique bien développé, le folklore et l’origine des monstres ainsi que l’ambiance mystérieuse du récit. L’adulte que je suis a pris beaucoup de plaisir à lire cette histoire pleine de suspens, à découvrir ces monstres et les féestiques qui les pourchassent… avec de belles valeurs à la clé, ce qui ne manquera pas de séduire les enfants aussi, d’autant que le vocabulaire est abordable pour le public visé.

L’épaisseur du livre peut certes faire peur aux jeunes lecteurs d’autant que les chapitres sont assez longs, une dizaine de pages en moyenne, mais les illustrations de Pasi Pitkänen aèrent bien le récit et offrent des pauses bienvenues aux enfants.

Une belle découverte en ce qui me concerne et l’envie de lire la suite des aventures de Mimi, Halley et Koby et de ces monstres nounous.

Un grand merci à Cécile et aux éditions Robert Laffont pour cette lecture farfelue et tendre !

Max et les poissons – Sophie Adriansen

Max a un poisson rouge ! C’est sa récompense : à l’école, il a reçu un prix d’excellence. Max a aussi une étoile jaune sur la poitrine. Il la trouve jolie, mais ses camarades se moquent de lui et disent qu’elle sent mauvais. Il ne comprend pas pourquoi. Comme il ne comprend pas cette histoire de  » rafle  » dont parlent ses parents. Ils disent qu’elle aura lieu demain, mais c’est impossible : demain, c’est son anniversaire ! Il sait déjà que sa sœur lui a fait un cadre en pâte à sel et il espère que ses parents lui offriront un second poisson… heart_4max-et-les-poissons-sophie-adriansen

Juillet 1942, Max est un jeune garçon de confession juive. Très bon élève, il fait la fierté de son maître car il vient de remporter un prix d’excellence dont la récompense est un poisson rouge avec une pointe de jaune, comme l’étoile que sa maman a cousue sur ses vêtements.

En ce 16 juillet, Max doit fêter ses 8 ans, sa maman a économisé la farine pour lui préparer un gâteau d’anniversaire, son père va lui offrir l’un de ses dessins et sa sœur Hélène a réalisé un cadre en pâte à sel.

Son poisson rouge Auguste va même avoir un nouveau camarade de jeu car il se sent un peu seul dans son bocal mais rien ne va se passer comme prévu car dès l’aube, la police investit son immeuble et toute la famille est emmenée au Vel’ d’Hiv…

A travers le personnage de ce jeune garçon qu’est Max, Sophie Adriansen raconte le quotidien d’un enfant juif pendant la guerre : le port de l’étoile jaune, la peur de l’allemand, les cartes d’alimentation, la rafle du Vél’ d’Hiv, le camp de Drancy… toute l’horreur de la guerre mais aussi la résistance avec des familles anonymes qui prenaient d’énormes risques pour cacher et protéger des enfants juifs.

Max et les poissons est une court roman pour les enfants de 9 à 12 ans, à la fois émouvant car Max est un enfant touchant et attachant et pédagogique puisqu’il met à la portée du jeune public auquel il est destiné le quotidien d’un enfant juif pendant la seconde guerre mondiale et le sort qui était réservé aux personnes de confession juive.

Grâce à son jeune héros, naïf et tendre, les enfants découvrent ou prennent conscience du sort des juifs pendant la guerre sans toutefois tomber dans la dure réalité de la shoah et de la déportation, puisque c’est Max qui nous raconte son histoire, avec ses yeux et son vocabulaire d’enfant de 8 ans.

Les chapitres sont courts, la police de caractère assez grosse, le vocabulaire bien choisi, et c’est très bien vu car Sophie Adriansen met ainsi son récit à la portée des enfants dès 9 ans, qu’ils soient bons lecteurs ou non.

Cerise sur le gâteau, un dossier documentaire à la fin du roman donne les dates clés de la guerre et permet de resituer de façon simple et succincte le contexte historique de l’époque : l’antisémitisme et l’extermination des juifs, la rafle du Vél’ d’Hiv’, les cartes de rationnement, le port de l’étoile jaune, la déportation et les camps de concentration, la résistance et l’hôtel Lutétia.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce très bon roman à mettre dans les mains des enfants en accompagnant toutefois les plus jeunes dans leur lecture, l’occasion d’expliquer aux enfants l’importance du devoir de mémoire, ne jamais oublier l’horreur que fut la shoah. Je vais d’ailleurs m’empresser de le mettre dans les mains de mes garçons.