Les compagnons de la cigogne tome 1 Le lac des damnés – Sophie Humann

Strasbourg, 1825. Gaspard s’ennuie au Collège royal, et n’aime que le dessin. Il rêve de devenir sculpteur comme son père, et de veiller à son tour sur la cathédrale. Même si l’on raconte qu’un lac mystérieux se cache sous ses fondations et que des morts y seraient condamnés à ramer pour l’éternité ! Afin de susciter l’admiration de son père, et des élèves du collège qui l’ignorent, Gaspard décide de partir à la recherche du légendaire lac des Damnés avec l’aide de son ami Basile, un jeune batelier de l’Ill. Mais un curieux personnage encapuchonné rôde dans la capitale alsacienne et semble déterminé à voir les deux garçons échouer, au point d’enlever la jolie Margot, la sour de Basile.

Strasbourg, juin 1825. Gaspard Berg passe son temps libre à dessiner et il rêve de devenir sculpteur comme son père. Hélas pour lui, Herbert Berg rêve d’un autre destin pour son fils unique et tient à ce que son fils continue à suivre les cours du Collège Royal au grand dam de Gaspard qui s’y ennuie ferme.

Un dimanche alors qu’il s’est installé au bord de l’Ill avec son nécessaire pour dessiner, Gaspard découvre un cigogneau blessé mais comme il ne sait pas comment venir en aide à l’oiseau, il hèle un jeune batelier.

Il fait ainsi la connaissance de Basile Gessler qui emporte le cigogneau chez lui, sa sœur Margot aimant recueillir les animaux blessés. Quelques jours plus tard, il se rend chez les Gessler afin de prendre des nouvelles du petit blessé et se lie d’amitié avec Basile et Margot.

Fascinés par la légende du lac sous la cathédrale de Strasbourg, les deux garçons décident de découvrir si ce lac est un mythe ou une réalité et dans leurs recherches, ils tombent sur de dangereux contrebandiers…

J’avais découvert la jolie plume de Sophie Humann à l’occasion de ma lecture de l’un de ses précédents romans, Les serpents du Muséum dans lequel elle nous proposait une jolie balade dans le Paris du derniers tiers du 19è siècle, encore marqué par la fin de l’Empire et de la Commune et qui nous transportait au cœur du muséum d’histoire naturelle.

Avec Les compagnons de la cignogne, changement de décor avec une intrigue qui se déroule au cœur de la capitale alsacienne, Strasbourg, et d’époque puisque exit la fin du 19è siècle et place au début du siècle.

Une plongée une fois encore très bien documentée, avec un récit enlevé et rondement mené, où l’on ne s’ennuie pas une seconde, qui mêle histoire, contrebande et enquête policière. Des rebondissements en pagaille et aucun temps mort pour ce court roman, premier d’une série.

Ce premier volume Le lac des damnés se lit très bien, personnellement je l’ai dévoré en quelques heures, bien prise par l’histoire emmenée par un duo sympathique qui se déroule sans temps mort.

C’est à la fois son point fort et son point faible. En tant qu’adulte, j’ai trouvé qu’il était trop enlevé pour ma part, le récit est trop rapide, je n’ai pas eu le temps de m’attacher aux personnages ni à réfléchir au fin mot de l’histoire.

Il passionnera néanmoins sans aucun doute les jeunes enquêteurs en herbe qui trouveront dans ce roman une intrigue intéressante et plutôt captivante.

Cerise sur le gâteau, le roman est porté comme je le disais plus haut par la jolie plume de Sophie Humann, qui comme Gwënaelle Barussaud, se soucie de livrer à ses jeunes lecteurs, un vrai récit littéraire, avec un langage soutenu mais néanmoins à la portée du public visé, soit les 10 / 12 ans.

Une bonne pioche donc qui me donne envie de sortir le tome 2 Le fantôme des trois châteaux de ma PAL !

La classe de mer de monsieur Ganèche – Jérôme Bourgine

Lorsque Monsieur Ganèche, professeur remplaçant, se retrouve abandonné sur un îlot breton avec les six  » cas sociaux  » qui composent sa classe de mer, il s’attend au pire. Les garnements – Zlatan, Maïtiti, Tho, Fatima, Lucas et Céline – sont des piles électriques ! Bêtises, disputes… ils ne lui épargnent rien. Jusqu’à ce que l’instituteur craque : on ne la lui fait pas. Lui, sait qui ils sont, vraiment ! Il explique aux prétendus  » cancres  » que chacun d’eux possède un grand talent et qu’ensemble, ils peuvent réaliser des choses extraordinaires. C’est alors que l’îlot se révèle être le repaire de cruels trafiquants d’animaux exotiques…

Monsieur Ganèche, reconnaissable à ses grandes oreilles qui bougent toutes seules est professeur remplaçant chargé de prendre en charge six jeunes collégiens afin de les emmener dans un centre de vacances perdu au fin fond de la Bretagne.

Lorsqu’il découvre les perles qui lui ont été attribué, les bras lui en tombent : six cancres aux dossiers scolaires bien chargés. Il y a Fatima rêveuse patentée, Maïtiti l’élève plus que médiocre, Zlatan qui collectionne les punitions, Céline connue pour ses impertinences, Tho dernier en tout sauf en informatique,  et Lucas tout simplement un cas désespéré.

Les voilà partis en bateau rejoindre le centre de vacances et lorsqu’ils arrivent aux abords de l’île de Craouch, le navire de monsieur Braouzec tombe en panne. Les voilà échoués sur une île attendant des secours.

Et comme si ça ne suffisait pas, pas une âme sur l’ilôt ! Ils trouvent cependant abri dans une maison et découvrent des animaux exotiques en cages. Craouch est semble-t-il le repère de trafiquants d’animaux et ils ne seront pas trop de sept pour damer le pion aux malfaiteurs…

Voilà un livre qui nous attendait depuis quelques mois mon Sami-Chameau et moi et que nous avons dévoré en un rien de temps. Il faut dire que l’histoire avait tout pour nous plaire puisqu’elle réunissait à la fois de l’aventure, du suspens et de l’humour.

L’idée de regrouper sur une île un professeur et ses élèves, tous différents, est excellente. Tous des cas sociaux issus de familles défavorisées qui vont apprendre l’entraide et surtout réaliser avec l’aide de Monsieur Ganèche, qu’ils ont tous la capacité de s’élever et d’être intéressants, qu’ils ont des qualités précieuses et des dons et que personne ne doit les réduire à leurs mauvaises notes ou leurs réputations limites, personne ne doit les mettre dans des cases ou des carcans.

Jérôme Bourgine a aussi la bonne idée d’aborder le handicap avec beaucoup d’humour par l’entremise du personnage de Tho qui est en fauteuil roulant, cet enfant assez seul au départ, trouvera sa place au sein du groupe.

Le style de l’auteur est fluide et agréable à lire, les dialogues sont d’une manière générale assez drôles et rendent particulièrement vivant ce récit. Quant à l’intrigue, elle est bien pensée et à la portée des 9 / 12 ans.

Les illustrations de Maurèen Poignonnec sont charmantes, pleines d’humour et viennent aérer le texte, une bonne idée là aussi notamment pour les enfants qui ont encore un peu de mal à lire, ces respirations sont les bienvenues.

Il y a aussi tout un travail éditorial très intéressant avec des changement de police de caractère, des surlignements et des bonus, notamment la recette du Kouign Amann, et oui l’histoire se passe en Bretagne !

En bref, je ne peux que vous conseiller de glisser ce roman dans la valise de vos enfants cet été, ils vont aimer cette classe de mer.

Pax tome 3 Le myling frappe – Asa Larsson & Ingela Korsell

Alors que la fête d’Halloween bat son plein, l’esprit d’un enfant disparu erre dans les rues de Mariefred à la nuit tombée et se met à attaquer la population. Dans la mythologie nordique, on appelle Myling les incarnations spectrales d’enfants morts non baptisés, contraints de hanter la Terre jusqu’à ce qu’ils trouvent quelqu’un pour les enterrer dignement. Quelqu’un – une Sorcière maléfique ? – semble avoir réveillé ce Myling du royaume des morts pour réclamer vengeance. Alors qu’Alrik et Viggo enquêtent sur cet étrange fantôme qui terrorise la ville, Iris, une jeune fille mystérieuse débarque à Mariefred et fait battre le coeur d’Alrik un peu plus vite.
Mais celle-ci porte des secrets inavouables et semble beaucoup mieux connaître la magie qu’elle ne le laisse paraître.

A Mariefred, une petite ville suédoise, c’est l’heure de fêter Halloween. Les enfants et les adolescents sont déguisés en sorciers, loups-garous, squelettes, fantômes…

Alors que les festivités aux quatre coins de la cité battent leur plein, un fantôme vient semer la zizanie chez Martin et s’en prend à Loke et Tove, ses enfants, camarades de classe de Alrik et Viggo.

Estrid et Magnar demandent l’aide des deux jeunes garçons pour enquêter sur ce fantôme. Dans un livre de la bibliothèque magique, Alrik découvre qu’il s’agit d’un Myling, un enfant assassiné qui n’a pas reçu de sépulture et qui revient s’en prendre aux descendants de son meurtrier.

Après enquête auprès de Martin, Viggo et Alrik se rendent compte que le fantôme en question serait celui d’une petite fille placée dans la maison de Martin qui servait après la guerre d’orphelinat…

Ce troisième tome de la série Pax, Le myling frappe, est à la hauteur des deux précédents quoique nettement plus sombre et angoissant ! Je croyais qu’il s’agissait d’une trilogie mais le quatrième opus sortira en octobre et il semblerait qu’il y ait au moins sept tomes de parus en Suède, de belles heures de lecture en perspective pour mon Sami-Chameau qui adore cette atmosphère et moi-même.

Après Les ténèbres avancent et Le grimm rôde, place au Myling frappeur ! Une ambiance beaucoup plus sombre comme je le disais plus haut, parfaite au moment d’Halloween mais qui fait quand même son petit effet en juin car l’angoisse monte crescendo tout au long du récit, de façon habile et bien dosée.

Aucun temps mort une fois de plus pendant plus de deux cent pages, un rythme trépidant et des héros toujours aussi malmenés par les créatures étranges qui viennent errer dans ce coin perdu de Suède.

Les deux frères sont plus soudés que jamais et ils se révèlent diablement sympathiques même si j’ai une nette préférence pour l’aîné Alrik, plus posé et réfléchi.

J’ai une fois de plus partagé cette lecture avec mon Sami-Chameau de fils qui a 10 ans et qui est pile la cible de ce roman écrit par Asa Larsson et Ingela Korsell, deux auteurs suédois confirmés que je découvre pour ma part à la lecture de cette série.

C’est un roman fantastique le disais-je pour les 9 / 12 ans avec un rythme soutenu, des chapitres courts et de nombreuses illustrations en noir et blanc façon comics signées Henrik Jonsson, qui concourent à rendre ce nouveau tome macabre à souhait, à l’instar de la couverture.

Mon Sami-Chameau a un vrai coup de cœur pour cette série, il s’est aisément glissé dans la peau de Viggo, blond et cadet comme lui, aussi coléreux que lui aussi soit dit en passant et il est a hâte que le quatrième volume paraisse en octobre.

Un roman fantastique et une série à découvrir d’autant qu’elle met en valeur le courage et la solidarité, deux belles valeurs que les jeunes doivent cultiver à absolument.

Un grand merci aux éditions Slalom pour cette lecture palpitante !

Les enquêtes d’Alfred et Agatha tome 3 L’extraordinaire invention du docteur Sorenson – Ana Campoy

Lu dans le cadre du mois anglais :

Agatha reçoit un mystérieux paquet par la poste avec une lettre de son oncle qui lui recommande de veiller sur ce colis avec interdiction de l’ouvrir. Le lendemain, elle reçoit des instructions : elle doit remettre le précieux paquet à un inconnu. Mais on le lui vole. Avec Alfred, son fidèle complice, ils se lancent à la poursuite de l’homme, à leurs risques et péril.

Snouty Jones, l’adorable chienne à deux queues d’Agatha s’est blessée une patte en cachant un os dans le jardin de la propriété des Miller. Heureusement Miller & Jones, l’agence de filature d’Agatha et d’Alfred Hitchcock n’a aucune affaire sur le feu.

Mais ce calme plat ne dure pas car le célèbre explorateur Monty Bohermer envoie un mystérieux colis à sa nièce Agatha. Elle doit veiller dessus et ne l’ouvrir sous aucun prétexte.

Craignant que sa mère, grande curieuse devant l’éternel, ne veuille ouvrir le paquet, Agatha le confie à Alfred en attendant le retour de son oncle. Quelques jours plus tard, elle reçoit un télégramme de Monty lui demandant de remettre le mystérieux colis à un inconnu dans les jardins du Parlement. Mais on le lui dérobe !

Alfred avoue alors à Agatha avoir regardé à l’intérieur du colis et découvert un appareil de cinématographe en 3 dimensions. Agatha, Snouty et leur fidèle complice Alfred se lancent à sa recherche et découvrent que cette invention prodigieuse est l’œuvre du Dr Sorenson, assassiné à Bruxelles, en marge de l’Exposition Universelle, le jour même où le colis a été posté par Monty…

A l’occasion du mois anglais 2015 j’avais lu et adoré le premier tome des enquêtes d’Alfred et Agatha, L’affaire des oiseaux et lu le tome 2, Qu’est-il arrivé à Snouty Jones ?, lors du mois anglais 2016, il était donc évident que j’allais sortir le tome 3 de ma PAL au cours du mois anglais 2017 !

J’avais pris beaucoup de plaisir à la lecture des deux premiers opus, et je dois le confesser, je me suis régalée à la lecture de L’extraordinaire invention du Dr Sorenson.

Certes, je suis une grande admiratrice d’Alfred Hitchcock et d’Agatha Christie, je suis donc de parti pris, n’empêche que je trouve cette série vraiment bien fichue mêlant humour et suspens  et qu’à chaque nouvelle lecture, c’est un vrai bonheur que de suivre leurs aventures.

Ana Compoy rend un bel hommage à ces deux maîtres incontestés du suspens qu’étaient Agatha Christie et Alfred Hitchcok et sait formidablement bien intéresser les 10 / 12 ans au genre policier tout en prenant garde à leur bâtir une solide toile de fond historique.

Cette fois-ci il sera beaucoup question du cinématographe qui en 1910 reste une attraction qui séduit beaucoup les enfants. Nous découvrons un Alfred passionné de sciences et d’invention, contrairement à Agatha qui reste assez hermétique à ces domaines, et un futur réalisateur déjà intéressé par le cinéma.

Était-ce le cas du jeune Alfred à l’âge de 10 ans, je ne le sais pas, mais l’auteure met sur sa route Alma Reville qui deviendra sa scénariste et son assistante de réalisation mais également son épouse. Ce nouveau personnage, dont j’ignore si nous le retrouverons dans le 4è volume déjà paru et accessoirement dans ma PAL depuis peu, éveille un sentiment qu’Agatha ne connaissait pas : la jalousie !

On croisera aussi Thomas Edison, l’inventeur de l’ampoule électrique, du phonographe et des piles alcalines, qui n’hésitait pas s’approprier des inventions qui n’étaient pas les siennes et qui nous est dépeint ici sous des traits particulièrement antipathiques.

Quant à l’intrigue policière, elle est bien ficelée, pleine de rebondissements et de fausses pistes, très amusante à suivre pour les adultes et palpitantes pour les jeunes lecteurs.

Vous l’aurez compris aisément, je conseille ce titre et toute la série aux nostalgiques d’Agatha et d’Alfred mais aussi aux apprentis détectives à partir de 10 ans.

Enola Holmes tome 2 L’affaire Lady Alistair – Nancy Springer

Lu dans le cadre du mois anglais :

Londres, 1889. Enola Holmes, sœur du célèbre Sherlock, ayant échappé à la vigilance de ses frères, a ouvert sous une fausse identité un cabinet de  » Spécialiste en recherches, toutes disparitions « . Son premier client : le Dr. Watson en personne !  Il cherche précisément à retrouver la piste d’Enola, qu’il ne reconnaît pas .

Si Enola ne peut aider Watson, elle s’intéresse à un autre cas qu’il lui mentionne : la disparition de la jeune fille d’un baronet, Lady Cecily Alistair, une adolescente loin d’être bien comme il faut…

1889, Enola Holmes s’est installée seule à Londres. Sans nouvelle de sa mère et cachée de ses frères Mycroft et Sherlock qui rêvent de la voir devenir une jeune fille accomplie de la société victorienne, Enola se sent bien seule.

A l’aide de postiches, elle est le jour Ivy Meshle, vivant dans un modeste meublé d’un quartier de la classe moyenne, secrétaire dévouée du Dr Ragostin et de son agence de spécialiste en recherches – Toutes disparitions. Et la nuit, grimée en religieuse muette, elle secourt les plus démunis de l’East End.

Un matin, le docteur Watson en personne vient frapper à la porte du docteur Ragostin, absent comme de bien entendu puisque le cher docteur n’existe pas. Enola alia Ivy le reçoit et découvre que son aîné Sherlock est très préoccupé par sa disparition.

Le bon Watson vient donc requérir l’aide de son confrère le docteur Ragostin en cachette de Holmes. Enola apprend alors à cette occasion que non seulement son frère est abattu par sa fuite et qu’il se soucie vraiment d’elle mais qu’il a aussi refusé une affaire de disparition, celle de lady Cecily Alistair, fille d’un baronnet, qui s’est semble-t-il enfuie par la fenêtre de sa chambre à l’aide d’une grande échelle.

Enola sent que cette affaire est pour elle et décide de retrouver la jeune fille coûte que coûte…

Après La double disparition dans laquelle nous faisions connaissance du dernier rejeton de la famille Holmes, la jeune et futée Enola, aussi douée en grimage et déguisement que Sherlock, nous retrouvons la jeune fille désormais installée dans la capitale anglaise.

Cette seconde enquête me confirme tout le bien que je pensais de cette héroïne diablement courageuse, qui se retrouve seule et livrée à elle-même après la désertion de sa mère, et qui a du fuir les projets de Mycroft et Sherlock à son rencontre.

Élevée très librement, Enola a épousé les idées féministes de sa mère et trouve bien étriqué le carcan dans lequel ses frères voudraient l’enfermer. Et bien qu’à la tête d’un pécule confortable, elle décide de prendre une nouvelle identité et d’ouvrir elle aussi une agence de détective mais en se cachant derrière un homme, le docteur Ragostin, qui n’existe pas, puisqu’il est impensable en cette fin du 19è qu’une femme puisse mener des enquêtes !

Comme dans le premier opus, Enola enquête une fois de plus sur une disparition, celle d’une héritière de l’aristocratie anglaise et ce qu’elle découvre au cours de son enquête ne cesse pas de la surprendre.

En compagnie d’Enola, nous sillonnons les rues londoniennes à la recherche de la jeune disparue et nous sommes témoins à travers elle de la grande pauvreté de certains quartiers de la capitale britannique pourtant florissante. L’enquête va l’amener aussi à découvrir le marxisme et la révolution prolétarienne qui couve dans les quartiers ouvriers.

Nancy Springer nous confirme avec cet opus qu’elle connaît bien cette période et la condition d’existence des petites gens et nous propose une enquête bien menée, riche en fausses pistes et rebondissements, avec pas mal de dangers à la clé pour notre jeune héroïne qui va échapper de peu plusieurs fois à la mort. Petit bémol tout de même pour la fin un peu précipitée et brouillonne mais qui n’enlève rien au plaisir que j’ai eu à lire L’affaire Lady Alistair.

En bref, un bon roman policier pour les jeunes lecteurs, avec une pointe d’humour, qui les plongera dans une ambiance victorienne réussie, une série à lire et que je compte poursuivre en juillet !

Miss Dashwood nurse certifiée tome 2 Attention enfant fragile ! – Gwenaële Barussaud

Daisy Dashwood, nurse anglaise formée à la très réputée Perfect Children Academy, croyait avoir tout vu avec les enfants Godefroy et Charlotte de Grandville. Mais lorsqu’elle est appelée auprès de la Duchesse de Rochebelle pour s’occuper de la jeune Marie-Printemps, la voilà confrontée à des obstacles inattendus : l’enfant vit sous la férule d’une mère hantée par la peur des « microzoaires » et se croit constamment malade ou en danger.

Adieu jeux de plein air, jardinages et autres excursions champêtres pourtant recommandées par la célèbre pédagogue Mrs Stenford : désormais pour Daisy Dashwood ce sera sirop, pansements et broderies dans l’atmosphère confinée de la chambre. Heureusement, l’espiègle Léon, fils du gardien du domaine, vient mettre un peu d’animation au château. Mais d’animation à révolution, il n’y a qu’un pas que le duc et la duchesse de Rochebelle ne veulent surtout pas franchir. A moins qu’il en aille de la santé de Marie-Printemps…

Daisy Dashwood est une jeune nurse anglaise formée au sein de la prestigieuse école de nurses londonienne, la Perfect Children’s Academy. Ses vertus pédagogiques et ses prouesses auprès de Godefroy et Charlotte de Grandville ont fait le tour des châtelains normands.

C’est ainsi que le duc et la duchesse de Rochebelle font appel à ses services pour venir s’occuper de leur nièce Marie-Printemps, venue de Paris en convalescence. Voilà notre Miss Dashwood contrainte de quitter ses chers petits et Rodolphe Aiglefin, le professeur de piano de Charlotte pour lequel la nurse a le béguin.

Elle est accueillie par un colosse et son chien et conduite auprès de la duchesse, bavarde comme une pie et du duc, passionné de cactus. Elle fait ensuite la rencontre avec Marie-Printemps, assise dans son lit dans la pénombre la plus complète.

Prétendument de santé fragile, la jeune fille totalement hypocondriaque, ne doit pas voir le jour sous peine de migraines ni sortir de son lit de peur d’attraper microbes et maladies, abonnée à un régime à base de jus et de soupes en tous genre mitonnés par Arlette Lepic, sa cuisinière, qui suit à la lettre les préceptes du docteur Larivoisier.

Miss Dashwood va-t-elle convaincre Marie-Printemps de sortir faire des ricochets avec Léon Talbot, le fils du gardien, salir ses vêtements et essayer la nouvelle invention qui fait fureur à la cour de Napoléon III, le vélocipède ?

Comme vous le savez j’affectionne particulièrement la plume de Gwenaële Barussaud découverte à la lecture de sa série pour les adolescentes, Les lumières de Paris, une série pour laquelle j’ai eu un immense coup de cœur et dont j’attends avec impatience le quatrième tome.

J’étais donc ravie de retrouver sa série à destination des enfants entre 9 et 12 ans, Miss Dashwood nurse certifiée dont j’avais beaucoup aimé le premier opus, De si charmants bambins. Nous retrouvons donc dans ce deuxième volume notre nurse rousse so british, désormais épicurienne et grande amatrice de cuisine et de produits normands aux prises avec Marie-Printemps, une enfant intelligente et futée, très instruite en pharmacopée.

Attention enfant fragile ! est un vrai bonheur de lecture qui ravira les jeunes lectrices mais aussi celles qui ont gardé leur âme d’enfant et qui aimaient lire les charmants romans de la comtesse de Ségur dont Gwenaële Barussaud est sans aucun doute la digne héritière.

Ce second volume est tout aussi réussi que le premier, l’intrigue est menée tambour battant par Miss Dashwood avec des quiproquos linguistiques, de l’humour, des retournements de situation à la clé, impossible de s’ennuyer.

Un roman pertinent, joliment illustré, virevoltant et drôle, porté par des personnages ô combien attachants, avec pour toile de fond la Normandie de Napoléon III, comme toujours très bien restituée.

Gwenaële Barussaud montre bien à travers ce roman les différences entre Paris et la province dans les comportements et les us et coutumes, nous dévoilent les jeux en vogue sous Napoléon III ainsi que les avancées scientifiques de ce règne, de ce point de vue, c’est tout à fait passionnant et instructif pour les enfants.

Vous l’aurez compris Miss Dashwood est un roman délicieux et pétillant avec une vraie qualité littéraire et une jolie plume, je vous recommande cette série assurément.

Un grand merci à Flora et aux éditions Fleurus pour cette charmante lecture !

Pax tome 2 Le Grimm rôde – Asa Larsson & Ingela Korsell

Un loup-garou, l’esprit d’un enfant mort, des spectres… autant de combattants acharnés, tirés des plus sombres légendes nordiques, qui sont prêts à détruire Mariefred et ses habitants.

Il faudra toute l’ingéniosité et le courage d’Alrik et de son frère Viggo, deux enfants placés en famille d’accueil, pour défendre la petite ville. Guidés par Magnar et Estrid, Alrik et Viggo vont découvrir le sens du mot  » confiance  » et trouver petit à petit leur place, en se révélant à eux-mêmes.

Alrik et Viggo sont deux frères dont la mère n’est plus jugée apte à s’occuper d’eux par les services sociaux. Ils arrivent à Mariefred, une petite ville suédoise, dans une famille d’accueil. Désormais, ils vivront chez Anders et Laylah, un couple aimant et sans enfant, heureux de s’occuper d’eux.

La découverte à Mariefred du corps d’un vieux chercheur de trésor attaqué par une bête non identifiée plonge la petite ville dans la terreur. Quelques jours plus tard, c’est une adolescente qui est très sérieusement blessée par la même créature, qu’elle décrit comme une sorte de loup-garou. Avec l’aide d’Estrid et Magnar ainsi que celle de Damir, un sorcier venu chercher de l’aide dans les livres de la bibliothèque secrète, Alrik et Viggo découvrent qu’ils doivent créer une corde de Gleipnir.

Cette corde utilisée dans la mythologie nordique pour dompter les loups-garous est très difficile à réaliser puisque les garçons doivent récolter de l’haleine de poisson, de la salive d’oiseau, des pas de chats, de la barbe de femme, de la lave et des tendrons d’ours…

Ce second tome de la trilogie Pax, Le Grimm rôde, m’attendait dans ma PAL depuis sa parution cet automne. J’ai pourtant lu et bien aimé le premier volume en janvier, Les ténèbres avancent, il était donc grand temps que j’avance dans cette série et je regrette de ne pas m’y être plongé avant car j’ai adoré ce second opus, bien plus que le premier.

Il est vrai que le premier servait à poser le décor et nous présenter les personnages et que les auteurs se concentrent ici davantage sur l’action et de ce point de vue là, on est servi !

Aucun temps mort pendant près de deux cent pages, un rythme trépident et des héros malmenés par la vie avec une mère qui se désintéresse de leur sort et qui sèchera l’anniversaire d’Alrik, par le Grimm et par Simon et sa bande, leurs ennemis jurés !

Les deux frères sont plus soudés que jamais et ils se révèlent diablement sympathiques même si j’ai une nette préférence pour l’aîné Alrik, plus posé et réfléchi.

J’ai une fois de plus partagé cette lecture avec mon Sami-Chameau de fils qui vient d’avoir 10 ans et qui est pile la cible de ce roman écrit par Asa Larsson et Ingela Korsell, deux auteurs suédois confirmés que je découvre pour ma part à la lecture de cette série.

C’est un roman fantastique le disais-je pour les 9 / 12 ans qui a un rythme soutenu, avec des chapitres courts et abondement illustré en noir et blanc façon comics par Henrik Jonsson, ce qui ne manquera pas de séduire les amateurs de bandes dessinées mais aussi ceux qui ont du mal à lire de longues histoires.

Mon Sami-Chameau a un vrai coup de cœur pour cette série, il s’est aisément glissé dans la peau de Viggo, blond et cadet comme lui, aussi coléreux que lui aussi soit dit en passant et il est déjà plongé dans le troisième et dernier volume de la trilogie que je lirai à sa suite.

Un roman fantastique et une série à découvrir d’autant qu’elle met en valeur le courage et la solidarité, deux belles valeurs que les jeunes doivent cultiver à absolument.

Un grand merci aux éditions Slalom pour cette lecture palpitante, le tome 3 n’attendra pas aussi longtemps dans ma PAL !