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Archive for the ‘Littérature jeunesse’ Category

Scénariste de bande dessinée adulte et jeunesse et auteur d’albums et de romans illustrés, Loïc Clément est un passionné du livre. Il a été libraire spécialisé, critique littéraire, bibliothécaire et formateur autour des Métiers du livre avant de se lancer lui-même dans l’écriture. Anne Montel est graphiste, illustratrice de livres pour enfants ou livres de cuisine et dessinatrice de bande dessinée.

Céleste, Prosper, Angus, Nocte et Caïus sont devenus inséparables. Amis, c’est certain… mais lorsque l’amour se mêle à cette nouvelle amitié, les relations de la bande se compliquent !

Et ce n’est pas leur prochain voyage scolaire qui va apaiser les cœurs : les voici échoués sur une île perdue particulièrement hostile avec des disparitions en série…

Vingt ans avant Le Temps des Mitaines, la vallée était déjà le lieu d’événements fantastiques ! C’est ce que nous relate Loïc Clément dans ce prequel aux bandes dessinées, Sa majesté des escarmouches, suite directe du premier opus Le mystère de la chambre morne.

Car au lieu de romancer les histoires déjà parues, le duo Loïc Clément au texte et Anne Montel aux illustrations, a préféré remonter le temps et dévoiler l’adolescence des héros que les enfants ne connaissent qu’adultes dans les albums.

Loïc Clément s’est inspiré du roman de William Golding, Sa majesté des mouches, Les annales du Disque-Monde de Terry Pratchett et de la série Lost pour proposer aux enfants une aventure trépidante et angoissante.

Tout commence par le crash de l’engin dans lequel nos héros avaient pris place avec leurs professeurs pour un voyage scolaire. Ils s’écrasent sur une île déserte particulièrement hostile, envahie par d’énormes vers carnassiers qui vont leur faire vivre bien des frayeurs.

Dès les premiers chapitres, les enfants sont plongés dans une histoire stressante où la vie de nos héros est en péril. Comme dans toute situation angoissante, les multiples péripéties et dangers auxquels Angus, Céleste et les autres sont confrontés, les caractères des uns et des autres se révèlent, leurs bons et leurs mauvais travers aussi !

Les amours et les rancœurs se dévoilent et ce qui est chouette ici c’est que garçons comme filles sont dans l’action et se révèlent complémentaires, montrant que l’héroïsme se conjugue aussi bien au féminin qu’au masculin.

Entre références modernes et classiques, Loïc Clément propose une aventure menée tambour battant, mystérieuse et fantastique dans laquelle nos héros brillent. Les lecteurs ont leur lot d’émotions et tremblent tout au long du récit les naufragés.

Les dessins d’Anne Montel qui parsèment le récit sont toujours un gros plus pour contribuer à immerger les enfants au coeur de cette histoire bien racontée.

Un grand merci aux éditions Little Urban pour cette lecture fantastique !

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Johan Heliot, de son vrai nom Stéphane Boillot-Cousin, est un écrivain français de science-fiction et de fantasy. Après ces incursions dans le territoire de l’uchronie et du steampunk, il séduit tour à tour les professionnels, la critique puis les amateurs de romanesque authentique, avec aujourd’hui plusieurs titres à son actif, aussi bien pour adultes que pour les plus jeunes lecteurs.

La Terre, 10 000 après le départ des humains, les ours dominent la Terre. Grysard mène une vie digne de la caste des savants, jusqu’à ce que la reine des Purs le somme d’enquêter sur une mystérieuse lumière qui vient de s’écraser sur le territoire Fer-Crocs.

Mais le Mords-Lune comprend rapidement que la mission scientifique n’est qu’un prétexte. Divisés en clans et en castes, les ursiniens sont sur le point d’entrer en guerre.

C’est là qu’arrive une nef interstellaire contenant les derniers représentants des humains, après l’échec de la colonisation d’une exoplanète. Trois d’entre eux, Ka-rel, Shi-Ma et Onésine, sont sortis de leur hibernation par Celki, l’IA du vaisseau, qui les envoie en éclaireur sur cette planète dont ils ne connaissent plus rien.

Une fois sur Terre, coupés du vaisseau-mère, ils vont devoir naviguer entre les clans des ours qui veulent les utiliser, eux et leur technologie, dans leurs luttes, et essayer de comprendre ce qui s’est passé sur Terre depuis leur départ, pour permettre le retour des hommes et la survie de leur espèce…

Retour sur terre est le premier opus de la nouvelle saga de Johan Heliot, Ours. La science-fiction n’est pas ma tasse de thé mais celle de mes garçons, raison pour laquelle ce roman a atterrit dans ma PAL. Je l’ai lu avec mon cadet et nous n’en avons fait qu’une bouchée !

La trame de base est assez classique pour de la science-fiction et n’est pas sans rappeler La planète des singes : une catastrophe naturelle de grande ampleur, la fuite des hommes à bord de vaisseaux et leur retour sur Terre, suffisamment longtemps après pour découvrir une nouvelle espèce dominante, les ours.

Classique certes mais ça marche incroyablement bien grâce aux différents protagonistes que l’on a plaisir à suivre de la première à la dernière page, aux clans bien dessinés avec les guerriers, les savants, les marchands, les écologistes et la caste dirigeante et à l’intrigue pleine de rebondissements.

L’histoire est bien développée et le style de l’auteur est fluide et agréable. Même si le roman est destiné aux enfants dès 9 ans, les différentes thématiques abordées plairont bien au-delà de cet âge avec une trame politique intéressante qui n’est pas sans rappeler certains épisodes du XXè siècle, bien joué Johan Heliot !

Le découpage du livre est destiné à un jeune public, dès 9 ans, mais ça marche aussi avec les ados et moi : des chapitres courts (3 à 5 pages maximum), des en-têtes de pages illustrés, une écriture bien ronde et lisible, qui aident à la lecture.

Pour conclure, je dirai que c’est un livre de grand pour les plus jeunes. L’anticipation est peu présente dans les livres pour jeunes lecteurs, ce qui fait aussi son atout. Pour une première immersion dans cette littérature, c’est parfait.

Un grand merci aux éditions Auzou pour cette chouette lecture qui a plu autant à mon ado qu’à moi !

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Phil Earle est né, a grandi et a été scolarisé à Hull. Son premier emploi a été celui de soignant dans un foyer pour enfants, une expérience qui l’a influencé. Il a ensuite suivi une formation de thérapeute dramatique et a travaillé dans une communauté thérapeutique du sud de Londres, s’occupant d’adolescents traumatisés et maltraités. Après quelques années dans le secteur des soins, Phil a choisi le style de vie plus calme d’un libraire et travaille maintenant dans l’édition pour enfants. 

Angleterre, 1941. Joseph est envoyé à Londres pour pour vivre chez Mrs F., une amie de sa grand-mère car cette dernière est dépassé par son petit-fils.

Mais entre l’école, le rationnement, les dures conditions de logement et les bombardements, la vie dans la capitale est encore plus difficile que celle dans le nord de l’Angleterre. D’autant que Mrs F. est propriétaire d’un zoo, et que Joseph est obligé de nettoyer les cages et de s’occuper des animaux…

Tout change quand il rencontre Adonis, un magnifique gorille argenté. D’abord effrayé, il finit par se lier d’amitié avec l’animal, malgré une sombre découverte : en temps de guerre, la vie des animaux ne vaut pas cher par rapport à celle des humains…

Quand le ciel gronde, premier roman de l’anglais Phil Earle, a reçu le prix 2021 du livre jeunesse de Times et comme c’est mérité ! Cette histoire m’a tenue en haleine et bouleversée de la première à la dernière page.

Vous le savez, j’adore les romans historiques mais j’en lis peu du rayon jeunesse. Et celui-ci est une vraie pépite que je recommande chaudement aux enfants dès douze ans mais adultes, ne boudez pas cette histoire portée par Joseph.

D’un point de vue historique, c’est très bien documenté. Avec Joseph et Mrs F., on tremble sous les bombes, on vit les privations et les attaques nocturnes qui terrorisaient les londoniens pendant le blitz.

L’auteur montre aux jeunes lecteurs les difficultés au quotidien et combien cette période était atroce pour les enfants, les adultes et les animaux. Les enfants étaient souvent privés de leurs parents pour leur sécurité et la faim tenaillait les estomacs.

Mais il aborde aussi des thématiques très importantes comme le harcèlement scolaire, le féminisme, la dyslexie, le deuil, l’abandon, l’amitié et la condition animale, le tout dans un cadre très original puisque l’intrigue se déroule au sein d’un zoo.

Joseph a douze ans et porte une grande colère en lui et il a des raisons pour cela : sa mère l’a abandonné, son père est parti à la guerre et il a l’impression que sa grand-mère le déteste. Et, cerise sur le gâteau, il n’arrive pas à lire à cause de sa dyslexie, à une époque où c’était très méconnu, et il a l’impression d’être le plus bête de sa classe.

Petit à petit, sa carapace va se fendre et une belle amitié va naître entre Adonis et lui. L’histoire est vraiment touchante et réaliste. Certains passages sont durs et très poignants et cette histoire ne peut laisser personne insensible.

Un excellent roman d’apprentissage que je vous recommande chaudement et j’en profite pour remercier les éditions Auzou pour ce coup de coeur, cette histoire me restera longtemps en mémoire !

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Lu dans le cadre du Mois anglais 2022

Joanne Kathleen Rowling a grandi en Angleterre où elle est née en 1965. Elle commence à imaginer la saga Harry Potter dès la fin des années 90, après ses études de lettres. Si J.K. Rowling achève le premier tome de la série en 1993, Harry Potter à l’école des sorciers n’est publié qu’en 1997 par Bloomsburry en Angleterre, puis en 1999 par Gallimard en France. Les prix littéraires remis aux premiers tomes, et surtout le formidable bouche à oreille des cours de récréation font de Harry Potter un sorcier mondialement connu. Le septième et dernier volume de la série est paru en 2007. Auteur d’un phénomène éditorial inédit qui bouleverse tous les repères de la littérature jeunesse, JK Rowling a vu son œuvre récompensée par le Prix Andersen en 2010.

Dans un monde de plus en plus inquiétant, Harry, après avoir passé tout l’été chez les Dursley, se prépare à retrouver Ron et Hermione chez les Weasley.

Bientôt, ce sera la rentrée à Poudlard avec les autres étudiants de sixième année. Mais pourquoi Dumbledore vient-il en personne chercher Harry chez les Dursley ? Dans quels extraordinaires voyages au coeur de la mémoire va-t-il l’entraîner ?

Après Harry Potter à l’école des sorciers, Harry Potter et la chambre des secrets, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, Harry Potter et la coupe de feu et Harry Potter et l’ordre du phénix, je continue à découvrir la saga consacré au jeune sorcier avec Harry Potter et le prince de Sang-Mêlé, lu avec ma copinaute Belette qui souhaitait la relire et qui m’accompagne dans ce qui est ma première lecture de cette série qui a tellement influencé de lecteurs.

Le cinquième tome m’ayant beaucoup ennuyé, j’ai laissé passer deux ans et demi avant de retrouver les sorciers de Poudlard, heureusement cet opus m’a bien plu, je lirai donc l’ultime volume avec plaisir.

J’ai beaucoup aimé les différentes intrigues qui s’entremêlent dans ce tome : le passé de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, le mystère autour du livre des potions du prince de sang-mêlé dont on ignore l’identité, les soupçons de Harry vis à vis de Malefoy, les séances de pensine avec Dumbledore et le début de l’idylle entre Harry et Ginnie.

Harry se retrouve bien seul dans ce tome, Hermione et Ron ne sont qu’accessoires, tout comme Hagrid et Rogue (enfin presque !). Cela permet de se recentrer sur l’histoire, d’approfondir les personnages de Harry, de Dumbledore et de Voldemort. Le personnage de Ginny est aussi plus présent et bien mis en valeur.

Ayant vu le film il y a un moment déjà, je me souvenais de certaines choses mais pas de tout et j’ai pris pris plaisir à redécouvrir ce récit émaillé de rebondissements et de mystères. L’action est peu présente mais cela ne m’a vraiment pas gênée, j’ai bien aimé retrouver Poudlard, les cours, les personnages et les lieux emblématiques de cette saga.

Et of course le final du livre est dingue lorsque l’on ne connaît pas l’histoire, ce qui n’était pas mon cas mais je devine qu’il a laissé K.O bon nombre de lecteurs à l’instar de nos jeunes héros que l’on laisse dévastés par les derniers évènements du roman.

Petit bémol pour les redondances liées aux affres de l’amour et de la jalousie venant de Hermione, Ron et Harry qui a bien agacée l’adulte que je suis mais qui plait au public visé et c’est bien là le principal. Ma copinaute Belette a enfourché son balai et a lu plus vite que son ombre, son avis ici !

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Lu dans le cadre du Mois anglais 2022

Née en Angleterre en 1970, Santa Montefiore est une écrivaine britannique qui a longtemps vécu à Buenos Aires. Elle est mariée à l’écrivain Simon Sebag Montefiore.

Simon Sebag Montefiore est un grand spécialiste de l’Histoire de la Russie, romancier et présentateur de télévision.

Kate Hindley vit et travaille à Birmingham (tout près d’une chocolaterie !). Après des études dans l’illustration, elle commence à travailler dans l’édition jeunesse et les cartes de voeux.

Timmy a un mauvais pressentiment… De retour chez lui, il découvre qu’un mystérieux lapin a investi sa garenne à la recherche de la carotte d’or, une carotte qui donnerait des pouvoirs spectaculaires à qui la possède.

Son frère et sa soeur aînée ont pris faite et cause pour ce lapin qui a tout l’air d’être un sacré margoulin. Et ils voient d’un mauvais oeil le retour de leur cadet qui les met en garde contre le gourou et les lapins d’or.

Et quand le danger pointe le bout de son nez, qui appeler à la rescousse ? Élémentaire, mon cher : les Lapins de la couronne d’Angleterre !

Après mon coup de coeur pour Le complotAir Force One et Bons baisers de Sibérie, premier, second et troisième opus de la série écrite à quatre mains par Santa et Simon Montefiore, il me tardait donc de retrouver ces lapins hors du commun, œuvrant pour le bien de la couronne d’Angleterre.

Et je dois dire que La carotte d’or a comblé mes attentes et confirmé tout le bien que je pense de cette série excellente pour les enfants dès 8 ans.

Agents secrets, carottes fraîches et humour so british rythment cette folle aventure de Timmy Poil-Fauve, petit lapin maigrichon avec un cache-œil souffre-douleur de ses frères et soeurs et protégé d’Horatio, ancien lapin de la couronne.

J’ai adoré ce quatrième volume qui clôt en beauté cette chouette série avec une histoire menée tambour battant, porté par un héros bien attachant et attendrissant, il montre aux enfants que la force ne fait pas tout, l’intelligence et la débrouillardise comptent aussi.

J’adore les lapins et un roman qui mêle ces charmants rongeurs et les légendes arthuriennes, ne pouvait que m’enthousiasmer d’autant qu’il est réussi : bien écrit, bien rythmé avec des rebondissements, zéro temps mort et beaucoup d’humour.

Ces lapins d’élite loyaux, intelligents et cultivés valent le détour : Clooney, Zéno, Nelson, Horatio, Belle de patte et Laser épauleront de leur mieux Timmy, bien aidés par les renards du 10 Downing Street !

Le travail éditorial des éditions Little Urban est une fois de plus à souligner : l’objet livre est superbe avec ses dorures en relief, sa couverture en hardback, les en-têtes de chapitres sont illustrés et il y a de nombreuses illustrations pleine page signées Kate Hindley, toutes très jolies.

Je ne peux que vous recommander cette quatrième aventure de Timmy Poile-Fauve et ses amis, vous ne devriez pas être déçus !

Un grand merci aux éditions Little Urban pour cette lecture lapinesque, j’ai adoré !

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Julia Golding a grandi sur le bord de la forêt d’Epping. Après avoir étudié l’anglais à Cambridge, elle a rejoint le Foreign Office et a servi en Pologne. Mariée et mère de trois enfants, Julia vit maintenant à Oxford et travaille comme journaliste pigiste.

Lu dans le cadre du Mois anglais 2022

Angleterre, 1789. Jane Austen est furieuse : son père a décidé de l’envoyer à l’abbaye de Southmoor pour tenir compagnie à Lady Cromwell pendant les festivités d’anniversaire de son fils Whickam. Sa soeur aînée Cassandra devait y aller mais elle ne le peut plus maintenant qu’elle a le bras cassé.

À treize ans, Jane se languit de découvrir le monde, et non de se plier aux exigences d’une vieille aristocrate ! Mais quand son frère aîné, Henry, proche du fils Cromwell, lui raconte la légende selon laquelle le fantôme d’un moine hante les ruines de l’abbaye et sème la terreur parmi ses occupants, la curiosité de Jane est piquée.

En élucidant ce mystère, elle pourra échapper à ses ennuyeuses responsabilités, et surtout, elle trouvera enfin de quoi alimenter sa passion pour l’écriture…

Le fantôme de l’abbaye de Julia Golding, premier tome des enquêtes de Jane Austen, ouvre le bal de mes lectures anglaises et on commence par un petit coup de coeur.

J’ai adoré ce cosy mystery pour la jeunesse, que je conseille à partir de 11 ans, mais en tant qu’adulte je me suis régalée à suivre l’adolescente Jane Austen, si vive, intelligente et pleine de piquant, exactement telle que je me l’imagine !

Notre héroïne allie courage et vivacité d’esprit, impertinence et malice et surtout, notre écrivaine en herbe se révèle une enquêtrice hors pair qui trouvera l’identité du fantôme mais aussi du voleur de chevaux, sauvant le fils de l’intendant de la potence par la même occasion.

Elle sera bien aidée par Luke, garçon d’écurie bien malmené par le valet et sir Charles, propriétaire du domaine, et par Deepti, la fille du cuisinier indien, qui manie à merveille le tir à l’arc, l’équitation et les sports de combat.

Les chapitres sont courts et bien rythmés, il y a des rebondissements et des fausses pistes comme dans tout bon roman policier qui se respecte et l’intrigue, bien ficelée, demandera aux enfants de faire fonctionner leurs petites cellules grises.

La plume de l’autrice est vive et Julia Golding montre qu’elle connaît bien Jane Austen mais aussi l’époque de son récit. En effet, j’ai apprécié qu’elle évoque certains sujets comme les conditions sociales, les relations entre les différentes strates de la bourgeoisie, le travail des enfants, le rôle de chacun au sein de la propriété, la délicate question du mariage et de l’héritage…

Ce cosy mystery bourré d’humour s’inspire de Northanger Abbey et cela s’est fortement ressenti avec Le Fantôme de l’Abbaye qui a des accents gothiques bien séduisants. Les courriers que Jane adresse à sa famille sont délicieux et je ressors véritablement enchantée de cette lecture. Je serai au rendez-vous du tome 2 à paraître en septembre.

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Après des études de psychologie, Mickaël BRUN-ARNAUD travaille à l’hôpital durant dix ans dans l’accompagnement de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de maladies neuro-évolutives avant d’entreprendre la création d’une librairie et de se consacrer à l’écriture. Passionné depuis son enfance par l’univers du manga, il fonde en 2018, à Paris, la librairie Le Renard Doré.

Dans la forêt de Bellécorce, au creux du chêne où Archibald Renard tient sa librairie, chaque animal qui le souhaite peut déposer le livre qu’il a écrit et espérer qu’il soit un jour acheté.

Depuis que ses souvenirs le fuient, Ferdinand Taupe cherche désespérément à retrouver l’ouvrage qu’il a écrit pour compiler ses mémoires, afin de se rappeler les choses qu’il a faites et les gens qu’il a aimés. Il en existe un seul exemplaire, déposé à la librairie il y a des années.

Mais justement, un mystérieux client vient de partir avec… À l’aide de vieilles photographies, Archibald et Ferdinand se lancent sur ses traces en forêt, dans un périple à la frontière du rêve, des souvenirs et de la réalité.

Les souvenirs de Ferdinand Taupe est le premier tome de la saga Mémoires de la forêt, merveilleusement écrit par Mickaël Brun-Arnaud et abondamment illustré par la talentueuse Sanoé. Publié dans la collection Neuf chez L’école des loisirs, ce roman à destination des 9 ans et plus, m’a absolument bouleversée et enchantée.

A la fois roman initiatique, fable animalière, conte, road-trip, il met en scène Archibald Renard, un libraire au grand coeur, et Ferdinand Taupe, atteint de la maladie de l’oublie-tout, qui lui fait perdre la mémoire. Tous deux vont partir à la recherche de Maude, l’épouse disparue de notre taupe.

Aidés de photographies, nos héros vont sillonner la forêt sur les traces de la taupe disparue et des souvenirs enfouis de Ferdinand. Ils vont rencontrer des témoins de l’amour passé de Ferdinand et Maude dans des lieux extraordinaires.

L’histoire est touchante, belle, tellement bienveillante, les personnages si attachants et solidaires que cette lecture fut un vrai bonheur, le temps d’un dimanche à l’ombre de mon jardin.

Le roman, bien qu’il aborde des thèmes graves comme la maladie d’Alzheimer et le deuil, est pleine d’émotions, j’ai même versé ma larme, mais paradoxalement, il fait du bien, tant l’auteur, qui connaît bien cette maladie, en parle avec beaucoup de délicatesse. Ferdinand a bien de la chance dans son malheur car il est entouré de personnes bienveillantes, c’est un beau message d’espoir.

Ce roman est une véritable ode à la tolérance, à la solidarité et à l’amour. La plume est l’auteure est sublime mais néanmoins abordable pour les enfants et les illustrations de Sanoé sont vraiment un gros plus, c’est un régal pour les yeux !

Ce que j’ai aimé ce livre !! C’est même un coup de coeur tant pour l’histoire, l’univers féérique de la forêt de Bellécorce, ses personnages, la plume de l’auteur et les illustrations en couleurs qui ponctuent le récit. Tout est tellement parfait que je recommande cette petite merveille à tous.

Un grand merci aux éditions L’école des loisirs pour cette pépite que j’ai absolument adoré !

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Gaël Aymon est écrivain pour la jeunesse et spécialiste des contes. Il a été acteur, scénariste, réalisateur, producteur et a enseigné le théâtre aux enfants et aux adolescents. Ses livres, qui malmènent les stéréotypes, ont obtenu de nombreuses récompenses et ont été traduits dans le monde entier. 

Pas facile d’être le fils du grand Charles Perrault ! A douze ans Pierre, est envoyé à la campagne, chez son oncle maternel, pour y écrire le recueil de poèmes qui le fera remarquer à Versailles.

Afin d’échapper à la corvée, le garçon se dit que collecter des contes auprès d’une vieille nourrice puis les retranscrire ne devrait pas lui demander trop d’efforts. Mais la première histoire, celle d’une petite fille croquée par un loup, n’a ni queue ni tête et tient en trois lignes !

Il faut bien davantage pour captiver des lecteurs. Fort heureusement, Pierre a une imagination débordante et de quoi l’alimenter. Chaque nuit, il fait d’étranges rencontres : une petite Mariette habillée d’un chaperon rouge, un Messire Leloup qui porte une barbe aux reflets bleutés, sept petites ogresses… De quoi donner des idées à l’apprenti-conteur.

Si vous me suivez depuis longtemps, vous n’êtes pas sans savoir que j’aime beaucoup les contes de fées classiques, aussi j’étais très curieuse de découvrir L’apprenti conteur et je ressors de ma lecture, enchantée !

Ce roman à destination des 9 ans et plus fait (re)découvrir aux jeunes lecteurs et aux moins jeunes Les contes de ma mère l’oye écrits par Charles Perrault à la fin du XVIIè siècle : Peau d’âne, La belle au bois dormant, Cendrillon, Riquet à la houppe, Le chat botté, Le petit chaperon rouge, Les fées et Le petit poucet. Ils y sont tous !

Sous la plume de Gaël Aymon, c’est son plus jeune fils Pierre, qui est l’auteur de ces contes très en vogue au moment de leur parution. Charles Perrault, vieux monsieur respectable de soixante ans, a en effet préféré faire publier ce recueil de contes sous le nom de son fils Pierre Darmencour, plutôt que sous le sien.

Ce dernier, notre héros, né en 1678, aspire à devenir secrétaire de « Mademoiselle », nièce de Louis XIV, à qui est dédicacé l’ouvrage et ce recueil va l’y aider.

Perrault ne souhaitait pas non plus raviver la querelle des Anciens et des Modernes et ce genre littéraire était, à l’époque, exclusivement écrit par des femmes : Catherine Bernard, Madame d’Aulnoye, Marie-Jeanne L’Héritier…

Mais revenons à nos moutons et à ce roman qui fera gentiment frissonner ses jeunes lecteurs par ses contes qui donnent parfois la chair de poule et par les illustrations merveilleusement sombres de Siegfried de Turkheim qui concourent à donner une ambiance à l’ouvrage, d’autant que tout le récit se passe la nuit, entre rêves et cauchemars.

Comme je le disais plus tôt, tous les contes sont savamment mêlés à l’intrigue et donnent une touche particulière à ce roman. Un bon moyen pour les jeunes lecteurs de se frotter à la fois aux classiques et au fantastique à travers l’histoire de Pierre.

Gaël Aymon s’est très bien documenté : il connaît bien la vie de Charles Perrault et de son fils, la genèse de ses contes de fées et les contes en eux-mêmes.

Une très bonne surprise que je recommande aux enfants et aux adultes qui redécouvriront ces histoires sous un oeil nouveau !

Un grand merci à L’école des Loisirs pour cette lecture pleine de frissons.

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Jolan Bertrand est né un jour d’été de l’année 1994. Ses parents lui ont donné un prénom féminin d’origine grecque qui signifie « petite herbe fraiche », et l’ont entouré de livres et d’amour. Tout comme Ragnar, Jolan n’a jamais trouvé sa place parmi les demoiselles aux boucliers. Un jour, il a annoncé à tout le village qu’il était en réalité un homme et s’est choisi un nouveau prénom, emprunté à un Viking de son enfance. Il a laissé le bouclier pour prendre la plume et, quand il n’écrit pas des histoires, il parcourt le monde avec un vieux sac à dos.

Il y a très longtemps, il y avait deux hivers : la Grande, avec ses froids polaires et ses blizzards, et la Petite, avec ses glissades joyeuses et ses batailles de boules de neige.

Mais depuis que la Petite a disparu, tout est détraqué au village de Brume ! Les adultes sont inquiets, plus personne ne rit aux bonnes farces d’Alfred et, surtout, les trolls passent leur temps à voler des objets, qu’ils emportent à tout jamais dans la taïga.

Lorsque l’oncle d’Alfred se porte volontaire pour rapporter les objets volés et qu’il disparait sous ses yeux, avalé par la tempête, c’en est trop : il faut partir à sa recherche, coûte que coûte, braver les dangers de la forêt boréale, et affronter la Grande Hiver…

L’hiver touche à sa fin et pour moi, impossible de lire un récit qui se passe en cette saison, à un autre moment. Aussi lorsque Les soeurs Hiver est arrivé à la maison, il n’a pas eu le temps de passer par la case pal car je l’ai aussitôt lu et aussi parce que mon fils cadet, passionné de mythologie nordique et de viking, l’avait aussi dans le viseur !

C’est un roman à destination des 9/12 ans qui plonge ses lecteurs au coeur du village viking de Brume, on y rencontre des trolls, Loki le dieu de la malice, de la discorde et des illusions qui a le don de métamorphose. C’est un dieu aussi impulsif et irresponsable que malin et rusé, et il va jouer ici un vilain tour aux soeurs Hiver.

Jolan Bertrand nous propose ici un très chouette récit d’aventures, avec une ambiance de grand nord, des personnages attachants, du folklore et de la mythologie nordique.

L’auteur amène aussi avec beaucoup de naturel des thèmes que l’on ne voit pas assez en littérature jeunesse comme la transidentité, la non-binarité, le féminisme : le village est dirigé par une cheffe, il y a une forgeronne, des guerrières, etc, sans oublier les trolls qui ne sont pas genrés. Un combo réussi que je tiens vraiment à souligner.

Nos héros le jeune Alfred, particulièrement farceur et grand admirateur de Loki, et son oncle Ragnar, née femme mais qui s’est toujours sentie homme au point qu’elle l’est devenue avec l’aide des dieux, partent reprendre aux trolls les objets que ceux-ci n’arrêtent pas de voler aux villageois.

Les pieds dans la neige, bravant le vent que fait souffler la grande hiver, ils vont se retrouver aux prises avec le dieu Loki et vont permettre aux soeurs Hiver de se retrouver après quinze années sans se voir, faute au dieu de la malice !

Si l’histoire est réussie, l’objet livre l’est tout autant. Les illustrations de Tristan Gion, décidément très talentueux, sont un gros plus pour intéresser les enfants à la lecture de ce roman.

Les entêtes de chapitres, les illustrations en pleine page voire en double page et en couleurs concourent à plonger les enfants dans l’univers imaginé et raconté par Jolan Bertrand.

Vous l’aurez compris c’est une pépite que je conseille sans réserve aux jeunes lecteurs, aux ados et à leurs parents et je remercie L’école des loisirs pour leur confiance sans cesse renouvelée et qui me permet de faire de très belles lectures !

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Tout comme son héroïne, Elle McNicoll a été diagnostiquée autiste lorsqu’elle avait une dizaine d’années. Depuis, cette jeune écossaise n’a cessé de militer pour les droits et la reconnaissance des personnes ‘’neuroatypiques » . Après avoir présenté un mémoire de recherche sur la quasi- absence de héros autistes en littérature, elle a décidé d’écrire elle-même un roman dans lequel elle se reconnaîtrait. Les étincelles invisibles a remporté plusieurs prix au Royaume-Uni.

Addie a 10 ans et elle est autiste, comme l’une de ses soeurs aînée. Lorsqu’elle apprend en cours d’histoire que sa petite ville de Jupiner a persécuté, torturé et exécuté au Moyen Âge des dizaines de sorcières, elle est bouleversée.

Ces femmes accusées de sorcelleries n’étaient-elles pas autistes ou neuroatypiques comme elle ? Victime de brimades en classe de la part de ses camarades et de son institutrice qui la déteste clairement, Addie se sent particulièrement concernée par leur sort.

Elle décide de mener campagne pour que la ville de Jupiner rende hommage à ces sorcières injustement traitées.

Vous le savez si vous me lisez régulièrement, l’autisme est un sujet qui me touche beaucoup et un roman qui l’aborde ne pouvait que m’intéresser, c’est ainsi que Les étincelles invisibles est tout naturellement entré dans ma PAL.

Elle McNicoll est elle-même autiste, autant dire qu’elle connaît bien la question, même si on dit qu’il y a autant d’autismes que de personnes autistes, l’autrice en parle si bien que j’ai été très touchée.

Dans cette histoire, on suit Addie, une petite fille très attachante, en but à l’incompréhension de ses camarades et de son institutrice. Seuls sa soeur aînée, elle-même autiste, et le bibliothécaire de l’école la comprennent et la soutiennent.

Le quotidien d’Addie est compliqué, elle ressent les choses puissance mille et lorsqu’elle apprend que des femmes ont été persécutées et assassinées par les villageois qui les pensait être des sorcières, elle prend fait et cause pour ces femmes incomprises.

Ce roman parle donc d’autisme mais aussi de harcèlement scolaire, de sorcières, de tolérance, de droit à la différence, autant de sujets très bien traités et mis en parallèle par l’autrice de façon habile et intelligente.

Et oui, si celles qu’on appelait des sorcières étaient des autistes ? Après tout, on sait que la sorcellerie n’existe pas et que les femmes pourchassées pendant des siècles étaient des femme seules, indépendantes et célibataires pour la grande majorité d’entre elles et que leur comportement était parfois incompréhensible pour leurs semblables.

On ne le saura jamais cependant le parallèle entre Addie et les sorcières est intéressant et très bien trouvé, cela permet à l’autrice d’aborder une variété de thèmes et de mettre des nuances dans son récit.

Nos ancêtres n’étaient guère tolérants, englués qu’ils étaient dans la religion et le puritanisme mais je trouve que bien des siècles plus tard, les mentalités ont peu évolué et je continue à déplorer que les personnes handicapées restent stigmatisées.

Les étincelles invisibles est un roman touchant, bouleversant, éclairant sur l’autisme. Une lecture pleine d’émotions sur la différence et la harcèlement à mettre entre toutes les mains, et en premier lieu celles des 9 / 12 ans !

Un grand merci à L’école des Loisirs pour cette très belle lecture qui flirte avec le coup de coeur !

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