Mémoire à vif d’un jeune poilu de quinze ans – Arthur Ténor

En 1914, Maximilien a quinze ans et rêve de devenir correspondant de guerre. Il va clandestinement se glisser à travers les lignes pour rejoindre  » l’événement « , et en consigner l’essentiel sur ses précieux carnets : le terrible quotidien des poilus, les privations, la saleté, et surtout la mort en direct. Comme tous ses frères d’armes, il subira cette guerre et se rebellera contre l’inacceptable.

Paris, Samedi 1er août 1914 à 4 heures de l’après-midi, tous les clochers de France font entendre un sinistre tocsin : c’est la mobilisation générale !! Quelques minutes plus tôt, l’Allemagne a elle-même décrété la mobilisation générale et déclaré la guerre à la Russie.

La ville est en émoi mais aussi en liesse, enfin les français vont avoir leur revanche et reprendre l’Alsace et la Lorraine et reviendront juste à temps pour fêter Noël.

Maximilien a tout juste quinze ans et vit avec sa grand-mère qui est veuve. Il rêve d’être journaliste mais en attendant, il est vendeur de journaux à la criée pour Le Matin.

Le 30 août, Max comprend que la guerre ne va pas être si rapide que cela et propose au rédacteur en chef du grand quotidien de devenir correspondant de guerre. Il n’aura pas à le payer mais seulement à publier ses articles si il les estime suffisamment bons pour les lecteurs du journal.

Le rédac’ chef refuse, affirmant qu’il est trop jeune et qu’il a assez de journalistes pour couvrir la guerre mais Max, fou de rage, décide de partir quand même pour le front…

Comme vous le savez déjà, j’aime beaucoup lire des romans se passant autour ou pendant la première guerre mondiale. Et en cette année de commémoration, les éditions Gulf Stream ont eu la bonne idée de rééditer Mémoires à vif d’un jeune poilu de quinze ans, initialement paru en 2007.

Ce roman à destination des 9 / 12 ans, recommandé par l’Education Nationale, restitue avec réalisme le quotidien de ceux qui firent la Grande Guerre. Arthur Ténor propose à ses jeunes lecteurs, une véritable plongée dans l’horreur des tranchées, au plus près de la sauvagerie des combats.

Rien ne sera en effet épargné à Maximilien qui verra des hommes tomber au champ d’honneur, foudroyés en plein assaut mais aussi succombant à leurs blessures au coeur du No man’s land. Mais au-delà de l’horreur, l’auteur montre aussi la grande solidarité entre tous ces frères d’armes, qui se serrent les coudes quoiqu’il arrive.

Arthur Ténor montre aussi toute la bêtise de la guerre, les ordres insensés de l’Etat-Major pour tenir un village, une bande de terre, au prix de nombreux morts, la censure et comment la presse était à la botte du gouvernement.

C’est certes un sujet déjà-vu en littérature jeunesse mais la singularité de celui-ci c’est que l’on voit la guerre à travers les yeux d’un adolescent et que ce conflit nous ait dévoilé dans un grand réalisme et un vrai souci d’authenticité.

D’aucuns diront qu’il n’est pas réaliste d’avoir pris un héros aussi jeune. Il n’était pourtant pas rare que de jeunes volontaires mentent sur leur âge pour participer à l’effort de guerre. Il faut avoir en mémoire que le plus jeune soldat mort pendant ce conflit s’appelait Désiré Bianco et qu’il avait à peine 13 ans lorsqu’il trouva la mort le 8 mai 1915 à Gallipoli, dès son premier combat. Il porte à ce titre le matricule numéro Un au sein de la Légion des Mille.

Vous l’aurez compris, j’ai aimé ce court roman que je recommande aux jeunes lecteurs, car il aborde avec intelligence et réalisme la première guerre mondiale à travers les yeux d’un adolescent très attachant, et surtout les difficiles conditions de vie des poilus dans les tranchées.

Un grand merci à Gulf Stream éditeur pour cette lecture très intéressante !

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Calpurnia – Jacqueline Kelly

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

challenge-un-pave-par-mois

Calpurnia Tate a onze ans. Dans la chaleur de l’été, elle s’interroge sur le comportement des animaux autour d’elle. Elle étudie les sauterelles, les lucioles, les fourmis, les opossums. Aidée de son grand-père, un naturaliste fantasque et imprévisible, elle note dans son carnet d’observation tout ce qu’elle voit et se pose mille questions. Pourquoi, par exemple, les chiens ont-ils des sourcils ? Comment se fait-il que les grandes sauterelles soient jaunes, et les petites, vertes ? Et à quoi sert une bibliothèque si on n’y prête pas de livres ? On est dans le comté de Caldwell, au Texas, en 1899. Tout en développant son esprit scientifique, Calpurnia partage avec son grand-père les enthousiasmes et les doutes quant à ses découvertes, elle affirme sa personnalité au milieu de ses six frères et se confronte aux difficultés d’être une jeune fille à l’aube du XXe siècle. Apprendre la cuisine, la couture et les bonnes manières, comme il se doit, ou se laisser porter par sa curiosité insatiable ? Et si la science pouvait ouvrir un chemin vers la liberté.

Eté 1899, comté de Caldwell, au Texas. Calpurnia Virginia Tate (Callie V.) a 12 ans et elle a trois frères ainés et trois frères cadets. Son père a repris la fabrique de coton de Bon-papa et sa mère fait tourner la maison à l’aide de deux domestiques, Viola et SanJuanna.

Mrs Tate tient à ce que ses enfants aient une bonne éducation, veille à ce qu’ils se tiennent bien à table et parle couramment le français. Sa fille se doit de savoir jouer du piano au grand dam de Callie qui n’y prend aucun plaisir.

Et maintenant que la jeune fille aborde l’adolescence, il est grand temps pour elle de parfaire son futur rôle de maitresse de maison en lui inculquant les bonnes manières, l’art de la conversation, la broderie, le tricot et le b.a.-ba de l’économie domestique, tout ce que Callie déteste.

Heureusement pour elle, cet été-là, bon-papa, qui voue les dernières années de sa vie à la science, la prend sous son aile et va l’initier aux travaux de Darwin et au naturalisme…

Calpurnia est un joli roman apprentissage et j’ai aimé suivre cette jeune héroïne ô combien attachante. Jacqueline nous plonge au cœur de l’Amérique de cette dernière année du 19è siècle qui voit un certain nombre de bouleversements : l’arrivée du téléphone, les transports…

Malgré des longueurs, j’ai trouvé ce roman charmant notamment grâce aux personnages. Celui de Callie bien évidemment mais aussi Bon-papa et l’ensemble des frères Tate. Mais c’est surtout la relation qui unit petite-fille et grand-père qui m’a le plus séduite et que j’ai trouvé très touchante.

Toutes les réflexions menées par Callie sont également importantes. La jeune fille ne rêve aucunement de devenir femme au foyer et passer sa journer à cuisiner, repriser des vêtements ou tricoter des chaussettes.

Elle se découvre au contraire un intérêt certain et une grande aptitude pour la science et l’observation naturaliste, et rêve d’entrer à l’université afin de devenir professeure.

J’ai trouvé très intelligent que Jacqueline Kelly choisisse cette période charnière de la fin du 19è et du début du 20è, période riche en bouleversements technologiques et en découvertes scientifiques, qui lui permet d’aborder un certain nombre de progrès comme le téléphone, la photographie, la vitesse de déplacement…

Avec cette héroïne née dans un état conservateur qui souhaite s’affranchir de la place et des codes réservés à la gent féminine, on sent poindre la volonté de liberté des femmes qui vont animer tout le 20è siècle et cet aspect-là est véritablement intéressant.

Je regrette en revanche les longueurs et le fait qu’il se passe relativement peu de choses, heureusement que le roman dégage beaucoup de charme et que les personnages se révèlent attachants, sinon je ne sais pas si j’aurai été jusqu’au bout, à cause de mon peu d’attrait pour la chose scientifique.

Je compte tout de même lire Calpurnia et Travis qui est dans ma PAL d’ici quelques temps.

Un grand merci aux éditions L’école des Loisirs pour cette lecture pleine de charme et à Céline de m’avoir accompagné dans ma lecture, vous pouvez retrouver son avis similaire au mien ici.

L’auberge entre les mondes tome 1 Péril en cuisine – Jean-Luc Marcastel

Nathan est apprenti cuisinier dans une auberge réputée pour ses bonnes recettes. Avec son ami Félix, il sent très vite que cet endroit regorge de mystères. Les murs bougent ; des créatures inquiétantes semblent vivre tapies dans l’ombre ; et il y a cette force qu’il ressent au plus profond de lui…

Nathan et son meilleur ami Félix sont tous deux orphelins. L’été venu, ils partent faire un stage à l’Auberge des Montagnes dirigée par l’un de leurs professeurs, Monsieur Raymond, quelque part en Auvergne.

Dès leur arrivée, les deux adolescents sont confrontés à des phénomènes étranges : les murs bougent et la magie flotte dans l’air. L’auberge est en réalité au milieu de plusieurs mondes et des créatures malfaisantes veulent prendre le pouvoir en envahissant les mondes voisins.

Nathan et Félix se voient confier une mission par Monsieur Raymond : conserver la paix entre les mondes. Ils seront aidés dans cette difficile tâche par la mystérieuse Mademoiselle Fan. L’été promet d’être bien moins calme que prévu pour nos héros…

Jean-Luc Marcastel, auteur de romans fantastiques (Louis le Galoup, Les enfants d’Erebus, Praërie…) nous propose avec sa nouvelle série L’auberge entre les mondes destinée aux 9 / 12 ans, une histoire haletante où se mêlent magie, mystère et cuisine !

Dans ce premier tome qui plante le décor, Péril en cuisine, nous faisons donc la connaissance des principaux protagonistes de ce récit et de cette auberge, véritable héroïne de cette histoire, en apparence bien anodine mais qui s’étend en réalité sur des centaines de mondes.

Un lieu de rencontre entre les diverses civilisations qui peuplent l’univers, réunies par l’accueil de l’aubergiste et la gastronomie qui doit toujours veiller à ce que les portes restent ouvertes à tous !

L’histoire imaginée par Jean-Luc Marcastel ravira les amateurs de fantaisy qui ne s’ennuieront pas une minute en lisant cette aventure originale, plutôt prenante et menée tambour battant.

Les amateurs de gastronomie et autres gourmands y trouveront aussi leur compte car il est évidemment beaucoup question de gastronomie, d’autant plus, cerise sur le gâteau, qu’ils pourront également réaliser les recettes se trouvant en fin d’ouvrage et qui mettent dès la lecture l’eau à la bouche : Le Pounti, Les Cromesquis de Cantal et Les slices au caramel et à l’orange.

La plume de l’auteur est pleine d’humour et de pep’s et convient parfaitement au jeune lectorat à qui il s’adresse. Un bémol toutefois : les noms choisis par Jean-Luc Marcastel totalement imprononçables et qui sont bien difficiles à mémoriser pour les lecteurs (Kolkrabbi, Bleksprutt, Liw’Jhaï’Tan, Rowwlorrh, Shaël’Dhun, Sareshh, Pa’Hi’Rhol, Aranhas, Rhornn…).

Ceci mis à part, vous l’aurez compris, je ne peux que recommander Péril en cuisine aux amateurs de fantaisy, petits et grands. Le second tome, Embrouilles au menu, vient tout juste de sortir, c’est donc le moment de découvrir cette série si ce n’est pas déjà fait !

Merci à Brigitte et aux éditions Flammarion jeunesse pour cette lecture pleine d’originalité.

Le mystère du gang masqué – Ken Follett

Mick et Randy ont trouvé un passage secret menant à d’anciens studios de cinéma à l’abandon. Plateaux de tournage, vieilles caméras, costumes et accessoires : c’est le terrain de jeu rêvé pour les deux amis. Sauf qu’ils ne sont pas seuls dans le bâtiment… et qu’ils courent un réel danger !

Mick vit seul avec sa mère et comme leurs finances ne sont pas au beau fixe, il livre des journaux après le collège et se révèle particulièrement débrouillard.

Randy habite dans un quartier cossu de la ville mais sa famille connaît des revers de fortune, son père est au chômage, et il est lui aussi livreur de journaux.

Bien que de caractère et de condition sociale différents, les deux garçons se lient d’amitié, d’autant qu’ils découvrent qu’ils évoluent dans le même établissement scolaire.

Mick vit près d’un studio de cinéma qui a fermé et Randy, qui connaît bien les lieux parce que son père y travaillait, lui propose de faire une visite. Sauf qu’ils ne sont pas seuls dans le bâtiment qui pourrait bien être le repaire d’une bande de braqueurs qui échappe à la police…

Écrit pour ses enfants, ce roman de Ken Follett publié en Angleterre en à la fin des années 1970, est enfin disponible en français. Après avoir apprécié L’appel des étoiles, j’étais très curieuse de retrouver ce formidable conteur dans ce second roman pour la jeunesse et après la science-fiction, place au polar.

C’est amusant de découvrir cet auteur habitué aux romans de près de 1000 pages d’arriver à nous embarquer dans un roman aussi court. Je pense que si vous voulez initier vos enfants aux romans policiers, Le mystère du gang masqué est idéal.

Plutôt à destination des garçons car il n’y a pas de personnage féminin et les jeunes lectrices auront peut-être du mal à se mettre à la place de notre duo de héros, d’autant qu’ils évoluent dans un décor plutôt masculin (canalisations et western). Et si vous enfants sont déjà férus de ce genre, ce roman leur plaira car l’auteur nous propose une intrigue pleine de suspens, menée tambour battant.

Dans cette histoire très ramassée en nombre de pages, Ken Follett construit une intrigue prenante, pleine de péripéties où ses jeunes héros sont pris dans l’action, tentant de démasquer ce gang et de le livrer aux forces de l’ordre.

Forcément avec un nombre de pages aussi réduit, Ken Follett va un peu trop vite en besogne pour l’adulte que je suis mais les 9 / 12 ans auxquels ce roman est destiné, apprécieront cette histoire sans temps mort et ce mélange bien dosé entre montée d’adrénaline, aventure et suspens.

Merci à Filippa et aux éditions Robert Laffont pour cette découverte, une lecture bien sympathique pour l’adulte que je suis et qui ravira les détectives en herbe et aux amateurs d’aventures !

Louison et Monsieur Molière – Marie-Christine Helgerson

Louison n’a que dix ans quand Molière la choisit pour jouer dans sa dernière pièce. Fille de comédiens, Louison va enfin pouvoir réaliser son plus beau rêve, être actrice. Et pas n’importe où ! A la Comédie Française, devant la cour du Roi Soleil, Louis XIV…

Lyon, août 1670. Jean et Jeanne Beauval, comédiens au théâtre Patephin, sont appelés à Paris. A la demande du roi Louis XIV, ils intègrent la plus fameuse troupe de France, celle du Palais-Royal, dirigée par Monsieur de Molière.

C’est un grand honneur du à Jeanne Beauval dont la beauté et le talent ne sont un mystère pour personne. Dans leurs bagages ils emmènent leur fillette de 8 ans Louison et sa gouvernante Frosine.

L’enfant veut devenir comédienne comme ses parents mais ne recueille que froideur et mépris de la part de sa mère qui ne cesse de lui répéter qu’elle prend trop de place et qu’elle est bien trop laide pour faire ce métier.

Pourtant, Molière, un soir qu’il dîne chez les Beauval, remarque Louison. Peiné par la mort de sa grande amie Madeleine Béjart et par celle de son fils Louis, il se prend d’affection pour la comédienne en herbe…

J’avais repéré Louison et Monsieur Molière il y a quelques temps déjà sans toutefois l’acheter. J’ai donc profité que mon Sami-Chameau de fils doive le lire pour son programme de 6è pour l’accompagner dans sa découverte de ce roman et de la vie de Molière.

Comme dans Eh bien, dansez maintenant ! de Béatrice Nicodème qui entraine ses jeunes lecteurs au tout début du règne du roi soleil et leur permet de côtoyer des figures artistiques célèbres comme le futur fabuliste Jean de La Fontaine, Molière, Le Nôtre ou Lulli mais aussi leur montrer les coulisses de la célèbre fête de Vaux-le-Vicomte, avec Vatel aux manettes du buffet et de la fête, ce roman nous fait côtoyer l’un des plus grands personnages du Grand Siècle.

Marie-Christine Helgerson permet aux collégiens de découvrir Molière à l’occasion de sa dernière pièce : Le malade imaginaire. On côtoie l’illustre comédien et auteur grâce à la jeune Louison qui rêve de monter sur les planches.

Avec elle, on assiste aux représentations du Bourgeois Gentilhomme puis de sa dernière pièce qui lui sera fatale puisqu’il succombera à une tuberculose pulmonaire à l’issue de sa troisième représentation.

L’auteure raconte avec des chapitres courts et des mots simples le quotidien des comédiens sur la scène mais aussi en coulisses, la difficulté pour Molière de tenir sa troupe unie, de gérer le budget et les finances de la troupe, ses relations plus que tendues avec Lully, devenu le préféré du roi Soleil…

Grâce à ce roman très bien documenté, les jeunes lecteurs se familiarisent avec le théâtre de Molière mais surtout avec le métier de comédien sous le règne de Louis XIV, un métier qui leur permettait d’être adoré des foules mais haï par l’Eglise qui refusait d’enterrer les comédiens à moins qu’ils ne renoncent aux planches. Mon fils a été vraiment pris par l’histoire et lorsque Molière meurt dans sa chambre, il était véritablement ému et a reposé le livre, incapable de continuer à lire.

Cerise sur le gâteau : la notice sur Molière et sur le théâtre au XVIIè siècle en fin d’ouvrage, certes courte et succincte mais qui donne un maximum d’informations.

Louison et Monsieur Molière est un bon roman historique pour les 9 / 11 ans qui leur permettra de suivre le grand Molière dans les trois dernières années de sa vie, je vous le conseille si vous avez des enfants de cet âge autour de vous, il ne manquera pas de les intéresser.

Sherlock, Lupin et moi tome 2 Dernier acte à l’opéra – Irene Adler

Septembre 1870. Sherlock Holmes, Arsène Lupin et Irene Adler sont ravis de se retrouver à Londres après leur été mouvementé à Saint-Malo. Mais une fois sur place, Lupin n’a pas le coeur à la fête. Et pour cause, son père, Théophraste, est accusé d’avoir assassiné le secrétaire d’un célèbre compositeur. Quand Ophelia Merridew, la fameuse cantatrice disparaît à son tour, c’en est trop pour les trois amis qui se jurent de trouver le coupable coûte que coûte… Des bas-fonds de Londres jusqu’aux coulisses de l’Opéra, nos détectives ne reculeront devant rien pour rétablir la vérité !

Paris, septembre 1870. Irene Adler a retrouvé Paris et laissé la mort dans l’âme ses deux amis Sherlock Holmes et Arsène Lupin. Elle s’ennuie ferme en compagnie de sa mère qui l’oblige à assister à des thés avec des jeunes filles de bonne famille.

Bientôt le Second Empire s’effondre et la Troisième République est déclarée. Le père d’Irene qui craint des débordements souhaite s’établir à Londres le temps que la situation s’apaise.

Irene est heureuse à la perspective de retrouver Sherlock qu’elle prévient de son arrivée. Cerise sur le gâteau, Arsène est lui aussi dans la capitale anglaise avec son père pour les représentations de leur cirque.

Installée au Claridge, elle assiste le soir même de son arrivée à une représentation d’Ophélia Merridew, une grande cantatrice lyrique. Le lendemain, elle retrouve Sherlok et Lupin mais les amis déchantent vite !

Théophraste Lupin est en effet accusé d’avoir tué Alfredo Santi, le secrétaire personnel du célèbre compositeur Giuseppe Barzini, intime d’Ophélia Merridew. Lupin avoue qu’un espagnol l’a payé pour récupérer une statuette de jade dans la chambre de Santi mais qu’il est innocent du meurtre.

Pour Sherlock, Lupin et Irene, c’est le début d’une nouvelle aventure…

Souvenez-vous l’an dernier mon mon Empereur de fils, grand fan d’histoires policières et de Sherlock Holmes en particulier et moi-même avions été emballés par Le mystère de la dame en noir, il était donc tout naturel pour nous de poursuivre cette excellente série avec le second tome : Dernier acte à l’opéra.

Dans ce récit à la première personne, Irene nous relate leur aventure londonienne et le moins que l’on puisse dire c’est que cette seconde enquête leur donne du fil à retordre.

Grâce à eux, nous sillonnons la capitale anglaise au temps de la reine Victoria, des beaux quartiers jusqu’aux taudis, de Savile Road à Whitechapel en passant par l’Opéra et Baker Street, à la recherche du diable de Bethnal Green.

Autant vous le dire d’emblée, nous avons passé un excellent moment de lecture. Le récit est rythmé, drôle et passionnant, bien écrit et il contient suffisamment de rebondissements et de suspens pour plaire aux enfants dès 10 ans mais aussi aux adultes car c’est un vrai roman policier avec plusieurs enquêtes à la clé : d’un côté un meurtre et de l’autre une disparition.

Notre trio d’amis va se démener comme jamais pour sortir le père d’Arsène du guêpier dans lequel il s’est fourré et lui éviter la pendaison. Leur amitié ébranlée par les soubresauts de l’enquête va s’en trouver renforcée et le moins que l’on puisse dire c’est qu’Irene a forte affaire à côtoyer Arsène et Sherlock.

Pendant près de 300 pages, on ne s’ennuie pas une seconde à suivre cette folle aventure, pleine de péripéties et qui est aussi très bien ancrée dans son époque et ses technologies, l’idéal pour familiariser le jeune public à cette fin du 19è siècle et leur faire découvrir ces deux personnages emblématiques de la littérature que sont Sherlock Holmes et Arsène Lupin.

Pierdomenico Baccalario et Alessandro Gatti ont vraiment eu une bonne idée en réunissant ces deux héros de la littérature policière classique et font de nombreux clins d’œil aux œuvres originelles de Maurice Leblanc et de sir Arthur Conan Doyle.

Il est amusant de voir Sherlock faire des erreurs, tâtonner même si il est déjà très doué en déductions et dans l’art du déguisement ! Et de voir Arsène s’indigner en découvrant que son père est un cambrioleur !

Mention spéciale pour le travail éditorial d’Albin Michel jeunesse qui a soigné la couverture avec un rabat, inséré des gravures d’époque et dont chaque en-tête de chapitre a sa propre illustration signée Iacopo Bruno , un véritable plaisir pour les yeux et une réelle invitation à la lecture, bravo !

Vous l’aurez compris, je suis séduite par ce second volume, mon Empereur de fils aussi et nous continuerons avec grand plaisir de suivre les aventures de nos trois héros avec les tomes 3 et 4 déjà dans ma PAL.

Wiggins chez les Johnnies – Béatrice Nicodème

Wiggins reçoit dans une bouteille de lait un message codé l’avertissant que Sherlock Holmes est séquestré au Sanglier, un pub de Whitechapel dont le patron organise des combats de chiens et de rats. L’apprenti détective se fond dans la foule et débute son enquête. Il sera aidé dans ses investigations par Louis, jeune Français qui vend des oignons dans les rues glacées de Londres. Wiggins parviendra-t-il à déjouer les pièges qu’on lui tend et à trouver ce que dissimule ce pub louche des bas-fonds de la capitale ?

Wiggins est un jeune garçon vivant dans le misérable quartier londonien de sinistre réputation, Whitechapel. Il gagne sa croute en vendant des journaux dans les rues de Londres.

Mais Wiggins a un grand rêve, celui de devenir un grand détective à l’instar d’un homme qu’il admire et pour qu’il travaille occasionnellement : Sherlock Holmes !

Un matin, il découvre devant sa porte une bouteille de lait, cela ne peut être qu’une erreur, son maigre salaire ne lui permettant pas de souscrire à un abonnement chez le laitier. Mais comme aucun nom ne figure sur la bouteille, il décide de boire le délicieux breuvage dont il est depuis si longtemps sevré.

Il découvre alors un message de Sherlock Holmes lui demandant d’aller enquêter dans un pub du quartier, Le sanglier. En chemin, il se fait rentrer dedans par un jeune vendeur d’oignons breton, Louis.

Ils deviennent amis et Louis décide de prêter main forte à son nouveau copain Wiggins…

Nous avions découvert mon fils aîné et moi-même en 2016 la série Wiggins de Béatrice Nicodème dont nous avions lus les deux premiers opus Wiggins et le perroquet muet et Wiggins et la ligne chocolat. Mon empereur de fils avait lu dans la foulée Wiggins chez les Johnnies, il était donc temps que je lise cette troisième enquête à mon tour !

Ce nouveau volume confirme tout le bien que je pense de cette série policière destinée aux apprentis détectives dès 10 ans. C’est une série que je trouve très réussie, à la fois drôle et pleine de suspens, le tout dans le Londres de l’époque victorienne et dans le sillage du détective consulting le plus célèbre, à savoir Sherlock Holmes.

Ce jeune Wiggins est très attachant et Béatrice Nicodème nous montre un héros une fois encore bien courageux, faisant preuve de ténacité pour découvrir le fin mot de l’histoire même si il est aussi tourné en ridicule par ses amis Jonathan et Simpson. Grâce à cette enquête, il apprendra l’humilité mais aussi à réfléchir avant d’agir et se jeter dans la gueule du loup !

Béatrice Nicodème sait faire revivre à merveille la capitale anglaise de cette époque et fait découvrir à ses jeunes lecteurs la vie quotidienne d’un enfant pauvre de l’ère victorienne, un sort loin d’être enviable même si Wiggins n’est pas le plus mal loti.

Elle fait la part belle ici à l’amitié qui unit Louis et Wiggins, qui malgré leurs origines différentes, sauront s’entraider pour à la fois vendre des oignons de Roscoff avec une grande habileté mais aussi démêler les fils de l’intrigue.

Un roman que je conseille à tous les apprentis détectives et à ceux qui souhaitent faire découvrir l’Angleterre victorienne et Arthur Conan Doyle à leurs enfants. Une histoire sans temps mort, avec du suspens et de nombreuses péripéties qui permettra aux jeunes lecteurs de passer un chouette moment de lecture.

Quant à nous, nous poursuivrons notre découverte de cette série qui nous plaît beaucoup.