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Posts Tagged ‘idiss robert badinter’

« J’ai écrit ce livre en hommage à ma grand-mère maternelle, Idiss. Il ne prétend être ni une biographie, ni une étude de la condition des immigrés juifs de l’Empire russe venus à Paris avant 1914. Il est simplement le récit d’une destinée singulière à laquelle j’ai souvent rêvé. Puisse-t-il être aussi, au-delà du temps écoulé, un témoignage d’amour de son petit-fils. » Robert Badinter. Richard Malka et Fred Bernard s’emparent de ce récit poignant et intime pour en livrer une interprétation lumineuse tout en pudeur et à l’émotion intacte.

Idiss c’est le prénom de la grand-mère bien aimée de Robert Badinter, grand avocat, garde des sceaux à qui nous devons l’abolition de la peine de mort en 1981. Elle est aussi l’héroïne de son livre paru en 2018 et adapté ici en bande dessinée par Richard Malka et Fred Bernard.

Idiss est née en 1863 dans un village juif de Bessarabie, un pays décimé par la Shoah qui se situe dans l’actuelle Moldavie. Comme beaucoup de gens de son époque, spécialement ceux de confession juive, Idiss a eu une vie difficile, pleine de rebondissements.

Son destin a été marqué par l’histoire des grandes migrations de la fin du 19e siècle à cause des pogroms du régime tsariste et de la solution finale mise en place par les nazis.

Une existence émaillée par les grands bouleversements qu’a connu l’Europe mais aussi de grands bonheurs auprès de son mari adoré, de ses enfants et de ses petits-enfants.

Dans ce récit, on assiste au quotidien d’Idiss dans son petit village juif, puis son arrivée en France au début des années 20 après avoir connu la violence de l’antisémitisme.

La famille s’intègre bien, ses enfants deviennent français par leur mariage, ses petits-enfants à leur naissance, et à force de travail, leurs conditions de vie s’améliorent considérablement.

La vie est belle jusqu’à la déclaration de guerre, la débâcle de l’armée française et l’adoption des lois anti-juives du régime de Vichy.

Ce roman graphique nous plonge au coeur de la famille de Robert Badinter, je n’ai pas lu le récit originel mais je pense que Richard Malka a bien respecté son texte et son envie de mettre en lumière sa grand-mère bien-aimée.

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Idiss, une femme qui n’a pas eu une vie facile loin s’en faut mais qui ne se plaint jamais, je l’ai trouvé très attachante et son histoire m’a passionnée.

Certes, le sujet est tragique et nous ramène aux heures sombres de notre histoire contemporaine mais c’est toujours aussi nécessaire.

J’ai été très émue par le sort des membres de cette famille laïque et désireuse de devenir française. Le scénario est bien bati, les dialogues sont chouettes.

Côté graphisme, j’ai bien adhéré au travail de Fred Bernard : les dessins un peu enfantins et les couleurs vives se marient très bien avec la narration et le résultat est là : on ne s’ennuie pas, on est happé par l’histoire, par ses moments touchants ou difficiles et j’ai fait des découvertes historiques (notamment l’existence de la Bessarabie).

Le scénariste et le dessinateur ont donc fait une très belle œuvre qui m’a permis de découvrir une femme très touchante et quelques souvenirs d’enfance du grand homme qu’est Robert Badinter.

Un roman graphique que je recommande à tous les amoureux de l’Histoire dès 14 ans car les programmes d’histoire et de français abordent la seconde guerre mondiale et la shoah.

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette découverte, j’ai adoré !

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