Carnets de thèse – Tiphaine Rivière

Quand une jeune enseignante quitte son collège de ZEP pour se lancer, euphorique, dans une thèse, elle n’imagine pas le chemin de croix sur lequel elle s’engage… Autour de Jeanne défile l’univers des thésards : le directeur de recherche charismatique, expert dans l’art d’esquiver les doctorants qui attendent fébrilement la lecture de leurs pavés ; la secrétaire usant de toute l’étendue de son pouvoir d’inertie dans le traitement des dossiers dont on l’accable ; les colloques soporifiques où sont livrés en pâture les aspirants chercheurs ; les amphis bondés de première année devant lesquels ils s’aguerrissent en étrennant des cours laborieux payés au semestre et dont ils recueillent les fruits dans des copies désarmantes de candeur ; la jungle de la compétition académique et le dénuement d’une université malmenée ; la famille et les amis qui n’y comprennent rien ; l’infortuné compagnon endurant par procuration le calvaire de cette thèse qui n’en finit pas…heart_3auteur-editeur-pagescarnets-de-these-tiphaine-riviere

Jeanne est une jeune professeur de français, elle enseigne dans un collège de zep et on peut dire qu’elle est déjà au bout du rouleau après seulement quelques années d’enseignement.

Passionnée par Kafka, elle rêve de faire une thèse sur « Le motif labyrinthique dans la parabole de la loi du Procès de Kafka » et a la joie de se voir acceptée par Alexandre Karpov, le spécialiste de Kafka.

Petit hic, qui n’entame en aucun cas sa joie, sa demande de financement est refusée mais qu’importe, Jeanne se met en disponibilité de l’éducation nationale pour trois ans. Par chance, elle peut donner deux cours, sur la littérature médiévale, et espérer vivoter ainsi car sa banque lui fait tout de suite comprendre qu’elle ne l’aidera en aucun cas à joindre les deux bouts en lui accordant un prêt. Cerise sur le gâteau, son amoureux lui propose de venir vivre avec lui, ce qui la comble de joie.

Mais tout ne se passe pas comme prévu : Jeanne va de déboires en déboires, entre un directeur de thèse fuyant ses élèves et un entourage qui ne la comprend pas, d’autant qu’elle n’a qu’un seul sujet à la bouche : sa thèse, le reste ne l’intéresse plus.

Tiphaine Rivière nous raconte ici sa propre expérience de thésarde et le moins qu’on puisse dire c’est que ça ne donne pas envie. Je ne sais pas si l’auteure verse dans la caricature ou si elle raconte fidèlement ce qui lui est arrivé mais on peut dire que cette thèse est en tout cas pour son héroïne, un vrai chemin de croix !

Carnets de thèse est en tout cas un portrait cynique et à charge du milieu universitaire et de l’administration qui l’entoure, peuplé de personnages désabusés et souvent grotesques.

Les dessins de Tiphaine Rivière ne m’ont pas emballée, ils sont simples mais ils servent bien ses propos et l’évolution graphique du personnage décrit sa lente dérive de l’enthousiasme naïf de ses débuts vers un début de dépression, un repli sur soi hanté de doutes.

L’auteure a aussi un sens de la métaphore très à propos, qui fait toujours mouche. Un roman graphique à lire si le sujet vous intéresse, il est plaisant mais lorsque l’on n’est pas concerné, il ne se révèle pas spécialement passionnant !

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18 réflexions sur “Carnets de thèse – Tiphaine Rivière

  1. Popcorn and Gibberish dit :

    Pour connaitre des gens ayant fait une thèse, c’est vrai que ce n’est pas facile pour eux. Je pense que l’auteure a dû vouloir caricaturer un peu ce monde-là mais effectivement la thèse ça ne donne pas envie sauf si on se passionne pour la recherche ^^.

  2. kheiraupperassemblyroom dit :

    Pour avoir fait un mémoire de recherche je peux dire que la critique de l’Université et de l’administration sont très fidèles à la réalité. C’est plus le sujet du labyrinthe kafkaien qu’elle s’est un peu lâché…

  3. frenchbooklover dit :

    Contrairement à toi, je suis passée à côté de cette bd…Je ne sais pas pourquoi…Le sujet, le traitement….Un de mes flops de l’année dernière. Comme quoi, nos avis peuvent parfois ne pas se rejoindre 😉

  4. Camille dit :

    Zut, sur le principe elle me branchait bien cette BD (je trouvais la couverture très évocatrice)… Je n’ai pas l’impression qu’elle t’a emballée plus que ça, ça me refroidit un peu. En tout cas c’est rafraîchissant d’avoir un avis honnête !

  5. Laure Micmelo dit :

    Contrairement à toi, j’avais l’impression que si l’on n’était pas concerné par une thèse, ce n’était pas dérangeant du tout 😉

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