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Scénariste de bande dessinée adulte et jeunesse et auteur d’albums illustrés et de romans jeunesse, Loïc Clément est un passionné du livre. Il a été critique et libraire spécialisé BD, bibliothécaire et formateur autour des Métiers du livre avant de se lancer lui même dans l’écriture. Diplômée des Gobelins en 2005, Carole Maurel travaille depuis dans le domaine du cinéma d’animation, de l’édition comme storyboard artist et autrice de BD.

Pour Jeannot, la vie était simple et heureuse jusqu’à ses quarante ans, jusqu’à ce drame qui a a bouleversé sa vie et l’a changé radicalement.

Depuis, cet employé des espaces verts de sa commune, vit dans son petit pavillon et, horreur absolue pour lui, il s’est mis à entendre ce que disent les arbres et les plantes.

Cela paraît un peu fou mais il peut vraiment les entendre ! On pourrait croire à un don du ciel inestimable, mais Jeannot y voit plutôt une malédiction car les arbres sont bêtes comme leurs racines.

Son existence bien morne et monotone reprend des couleurs lorsque son chemin croise celui de Josette et de son chien Merlin…

Le duo Loïc Clément et Carole Maurel revient avec Jeannnot et nous propose un album pour les enfants bien touchant où l’on croise Chaussette, héroïne d’un précédent opus des Contes des coeurs perdus.

Le scénario de Loïc Clément tout en douceur et en émotion est une fois de plus superbement mis en dessins et couleurs par la talentueuse Carole Maurel dont j’aime tellement le coup de crayon.

L’histoire est toute simple et tient en peu de mots. Elle nous raconte avec tendresse et bienveillance, le temps qui passe, la vieillesse, la solitude et la mort.

Avec un thème principal : le deuil impossible d’un père qui demeure inconsolable du décès de sa fille unique, une vingtaine d’années auparavant. Depuis, pour lui, le temps s’est figé, l’existence n’a aucune saveur. Pas de famille ni d’amis qui ne viennent adoucir la petite mort qui l’étreint.

C’est un album touchant, tout en émotion et en réflexion sur les petits bonheurs de la vie, la résilience, raconté avec beaucoup de subtilité et une touche d’humour.

Et cerise sur le gâteau, on retrouve Chaussette que j’avais adoré il y a quelques années de cela et cela m’a fait bien plaisir de croiser à nouveau son chemin.

C’est un personnage solaire et doux qui va ramener Jeannot peu à peu à la vie. Notre héros va s’ouvrir et oser vivre à nouveau, prendre un nouveau départ et on quitte nos amoureux le sourire aux lèvres.

Une histoire toute tendre et poétique, un petit bonbon bien trop court mais que je vous recommande. Si vous aimez les histoires de Loïc Clément et les illustrations de Carole Maurel, vous ne serez pas déçu.e.s et si vous ne les connaissez pas encore, foncez !

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Pascale Frey est journaliste culture et chroniqueuse littéraire au magazine Elle où elle s’occupe également du prix des lectrices. Soledad Bravi est diplômée de l’ESAG en 1988 et l’auteur de nombreux livres chez différents éditeurs (Gallimard, Seuil, Mila Editions) et dessine pour le magazine Elle.

Vous n’avez toujours pas lu Les habits neufs de l’Empereur ? Vous ne vous rappelez plus pourquoi La peste a connu un grand succès dès sa parution ni comment se termine L’aiguille creuse ?

Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul(e)s ! Soledad Bravi et Pascale Frey l’ont bien compris et viennent à notre rescousse.

En quelques cases, elles nous proposent une synthèse de vingt-quatre grands classiques de la littérature française et étrangère, l’occasion de se rafraichir la mémoire ou de découvrir certains monuments qui font un peu peur, il ne faut pas se le cacher.

Avez-vous lus les classiques de la littérature ? met en lumière des romans et des pièces de théâtre de la littérature française et étrangère, écrits par vingt-trois hommes et une femme, pour la plupart parus entre le 19è siècle et les années 60.

Au menu de cette bande dessinée de vulgarisation littéraire : La religieuse de Denis Diderot, Orgueil et préjugé de Jane Austen, Les fiancés d’Alessandro Manzoni, Les habits neufs de l’Empereur d’Hans-Christian Andersen, Une vieille maîtresse de Jules de Barbey-d’Aurevilly, La chèvre de monsieur Seguin d’Alphonse Daudet, Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, L’étrange cas du Dr Jekyll et mister Hyde de Robert Louis Stevenson, L’aiguille creuse de Maurice Leblanc, Martin Eden de Jack London, Le grand Meaulnes d’Alain-Fournier, Le diable au corps de Raymond Radiguet, Thérèse Desqueyroux de François Mauriac, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig, Les raisins de la colère de John Steinbeck, Aurélien de Louis Aragon, Antigone de Jean Anouilh, La peste d’Albert Camus, Vipère au poing d’Hervé Bazin, 1984 de George Orwell, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee, Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez et Vendredi ou la vie sauvage de Michel Tournier.

Après deux excellents tomes, Soledad Bravi illustratrice qu’on ne présente plus et Pascale Frey, journaliste littéraire à ELLE, récidivent et nous proposent un troisième opus tout aussi réussi. Elles nous proposent des résumés malicieux et pétris d’humour qui dépoussièrent des œuvres vieilles de quelques dizaines d’années à quelques siècles.

Pourquoi ces titres et pas d’autres ? Et pourquoi si peu de femmes ? Mystère et boule de gomme c’est la seule chose que je reproche à cet ouvrage : ne pas avoir expliqué les choix de Soledad Bravi et Pascale Frey.

Chaque oeuvre est d’abord présentée par Pascale Frey sous forme d’une note d’une dizaine de lignes, accompagnée d’une courte biographie de l’auteur(e) concerné(e).

Puis c’est au tour de Soledad Bravi de résumer l’ouvrage en images et en quelques mots sur quatre à cinq pages de manière humoristique à grands renforts de renvois à la culture populaire à travers des phrases de chansons et du vocabulaire très actuel. Ce système fait d’anachronismes fait mouche à chaque fois !

Un ouvrage synthétique, intelligent, pédagogique et clair à mettre entre toutes les mains dès l’adolescence, peut-être que nos chères têtes blondes sortiront un peu de leur zone de confort et se dirigeront vers des classiques, tout comme les lecteurs et lectrices adultes qui ne gardent pas forcément de bons souvenirs des classiques étudiés au collège ou au lycée et qui craignent parfois de se lancer dans ce genre de lectures.

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture éclairante et amusante, en espérant qu’elle puisse permettre à tous de repartir sur de bonnes bases ! Une série que je vous recommande !

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Soledad est auteure de nombreux livres. Fine observatrice du monde qui l’entoure, elle caresse l’espoir de voir la société se transformer pour qu’enfin l’égalité entre les femmes et les hommes devienne réalité. Elle s’exprime quotidiennement sur Instagram @soledadbravi.

Avec Quand on était petits, Soledad Bravi nous offre une parenthèse nostalgique, un voyage dans son enfance en famille, à Paris et pendant ses vacances en Espagne.

Un récit tendre et humoristique, nourri par ces chroniques autobiographiques, pastilles en bichromie glanées dans sa mémoire, auxquelles viennent s’entrelacer les souvenirs des enfances de ses filles.

Son regard d’autrice donne un écho universel à ces évocations intimes pour, au gré des pages, faire raisonner nos propres enfances.

Je suis plutôt cliente de Soledad Bravi, le minimalisme de son coup de crayon, j’ai donc apprécié cet album lu en une petite heure même si j’y ai peu retrouvé ma propre enfance.

L’illustratrice égrène ses bêtises, parfois très gratinées, ses peurs et celles de ses frères, cousins ou même de ses filles, des petits drames aussi, le tout avec humour, amour et une bonne dose de nostalgie.

Tous ces moments de vie croqués en bichromie tour à tour drôles, tendres ou touchants m’ont fait sourire ou rire, m’ont rappelé des évènements de ma propre enfance, des jeux avec les copains, les copines ou les cousins, comme Soledad le fait pour nous !

Un sympathique album que je vous conseille si vous êtes un(e) adepte de Soledad Bravi et que vous êtes d’un naturel plutôt nostalgique, ces petites pastilles devraient vous plaire.

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture distrayante !

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Thilo Krapp (Berlin, Allemagne) est auteur, illustrateur. Il a fait des bandes dessinées, des films d’animation, des livres pour enfants, des illustrations pour des ouvrages de non-fiction, des romans et des magazines, des jeux.

1894. Des astronomes sont témoins d’étranges activités à la surface de Mars, comme des éclairs ou des explosions de gaz incandescent. Des météores venant de la planète rouge se dirigent bientôt vers la Terre.

Des cylindres s’écrasent et libèrent des engins mécaniques contrôlés par des créatures tentaculaires installées à l’intérieur. Ces tripodes, armés de leur rayon ardent et d’un gaz toxique appelé « fumée noire », se dirigent vers Londres en désintégrant tout sur leur passage.

L’armée britannique réplique. Mais rapidement, la lutte tourne à l’avantage des envahisseurs. Commence alors une fuite dans un monde ravagé…

La guerre des mondes est, comme vous vous en doutez sûrement, l’adaptation en bande dessinée du grand classique de science-fiction écrit par H.G. Wells et publié en 1898 ! Grand classique que je n’ai jamais lu mais dont j’ai vu l’adaptation telévisuelle l’an dernier.

Le roman a été adapté en feuilletons radiophoniques (dont une version d’Orson Welles qui a défrayé la chronique en 1938), en jeux de rôle, en bande dessinée, en longs-métrages et en séries. Thilo Krapp ne s’attaque donc pas à un sujet nouveau mais il le fait bien car j’ai trouvé cette adaptation très convaincante et fidèle à l’oeuvre de l’auteur anglais.

On retrouve bien l’ambiance apocalytpique de l’oeuvre originelle et les thématiques qui la traversent : l’humanité confrontée à une race extraterrestre hostile, en plus d’être le reflet de l’angoisse de l’époque victorienne et une sévère critique de l’impérialisme car H.G Wells, pacifiste nettement engagé à gauche, était hostile à l’impérialisme.

Thilo Krapp reprend l’histoire imaginée par H.G Wells il y a plus de cent vingt ans dans les grandes lignes, impossible de complètement coller à l’histoire en une centaine de pages, l’auteur a forcément pris des racourcis mais l’ensemble reste cohérent et fidèle.

Outre le scénario, j’ai beaucoup aimé les dessins de Thilo Krapp que j’ai trouvé classiques, fins et élégants façon Belle Epoque : tout ce que j’aime. Le découpage des planches est varié, l’utilisation de la palette des couleurs à-propos et les textes sont bien lisibles, ce qui n’est pas toujours là en bande dessinée.

Si vous aimez cette hstoire ou que vous souhaitez la découvrir, je ne peux que vous conseiller cette adaptation très réussie. Mes ados, férus de SF, ont apprécié eux aussi !

Un grand merci aux éditions Jungle pour cette découverte !

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Cati Baur est née en 1973 à Genève. Elle a exercé de nombreux métiers : libraire, « blonde de l’accueil », assistante d’édition en bande dessinée… Elle a également tenu un blog de dessin et publié en plus de l’adaptation des Quatre soeurs, deux autres bandes dessinées à ce jour : J’arrête de fumer et Vacances.

Béranger est un scénariste de quarante-quatre ans en crise. Parisien divorcé, il a des dettes, deux filles Violette et Lison et des relations conflictuelles avec leur mère.

Depuis son dernier succès au cinéma, il y a quinze ans, il est aussi peu inspiré dans son travail de scénariste que dans sa vie amoureuse.

Il peine à écrire la suite que lui réclame son agent et décide de quitter Paris pour s’installer à une heure et demi de là, à la campagne à côté d’un champ d’éoliennes face auxquelles il semble trouver l’inspiration.

Sur place, il vit une idylle avec Marjolaine, une fille un peu décalée, la trentaine, qui conduit le bibliobus du village. Quand elle ne joue pas au scrabble, elle s’occupe de ses vieux parents, enterre les oiseaux morts et rêve d’ouvrir sa librairie.

Seul, face au champ d’éoliennes, Béranger reprend goût à l’écriture…

Vent mauvais signe mes retrouvailles avec Cati Baur que j’avais découvert à l’occasion de ses excellentes adaptations des romans de Malika Ferdjoukh, Quatre soeurs.

Changement de registre ici puisque nous sommes avec un roman graphique pour adultes et des thème très actuels : l’écologie et les énergies alternavives, le retour à la terre, la vie des ruraux et des néo-ruraux, le burn-out, le divorce et l’adolescence.

Autant de thématiques très intéressantes et bien traitées, même si certaines ne sont pas assez creusées, par Cati Baur, à la fois avec pudeur et réalisme par le biais de Béranger, qui bien que moqué par ses amis de quitter la capitale, voit en ce déracinement, l’occasion de repartir d’un bon pied.

Son héros change littéralement de vie et ça lui va plutôt bien… du moins au début. Il se reconnecte à la vraie vie, s’épanouit dans une relation amoureuse avec sa voisine qui dénote dans le paysage, addict au scrabble et à la lecture, renoue avec ses filles et l’inspiration.

Mais Béranger va par la suite déchanter, l’occasion pour l’autrice de critiquer les éoliennes et leurs effets sur la santé, sur ce point je ne peux pas vous dire si elle a raison ou tort, ne m’étant jamais penché sur la question.

Elles vont avoir un effet néfaste sur notre héros, je ne préfère pas vous en dire plus de peur de vous spoiler. Au fur et à mesure des saisons, l’histoire se déroule sur une année, on passe donc de l’espoir et du renouveau, à la noirceur. Les planches le montrent très bien, Cati Baur manie à merveille sa palette de couleurs pour soutenir ce changement d’ambiance et ses propos.

Si j’ai globalement beaucoup apprécié ma lecture, notamment les thématiques abordées qui donnent à réfléchir, les personnages de Marjolaine et Lison qui apportent beaucoup de fraicheur au récit. Et je suis toujours aussi séduite par le coup de crayon de Cati Baur, son utilisation des couleurs.

En revanche, je n’ai pas apprécié le dénouement, très abrupt, qui m’a désarçonnée et surtout ne m’a pas convaincue, je l’ai trouvé peu crédible. La dépression de Béranger est trop rapide pour qu’en seulement quelques semaines, on en arrive là, mais ce n’est que mon humble avis.

Malgré ce bémol, je vous invite à découvrir ce roman graphique dont les sujets sont matière à réflexion et d’actualité, j’ai été vraiment prise par l’histoire et je n’en ai fait qu’une bouchée.

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture que j’ai beaucoup aimé !

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Eddy Simon est journaliste et auteur. Il est le cocréateur du fanzine de bande dessinée Sapristi en 1983 et le créateur du fanzine de bandes dessinées Dynamick en 1985. De l’illustration à la BD, le projet professionnel de Marie Avril s’étend à tout type d’images (édition, presse, com, pub, artisanat, peinture, fresque…).

Je pense que tout le monde a entendu au moins une fois dans sa vie le nom de Sarah Bernhardt. Née au milieu du XIXè siècle, morte une poignée d’années après la fin de la première guerre mondiale, Sarah était la plus grande comédienne de son temps et un personnage éminement romanesque, moderne, qui a su prendre son destin en main et bousculer les traditions.

C’est pour moi une figure de femme totalement fascinante par sa beauté, son aura, l’impact qu’elle a eu sur la scène française et internationale et j’étais très curieuse de découvrir cette biographie dessinée.

Surnommée par Victor Hugo «la Voix d’or», ou par la presse «la Divine», elle est considérée comme la plus grande tragédienne française du XIXE siècle, capable d’endosser aussi bien des personnages masculins que féminins. Jean Cocteau a inventé pour elle l’expression de « monstre sacré », sobriquet appliqué depuis lors à d’autres acteurs et actrices tout au long du XXè siècle.

Elle a rempli des théâtres, fait des tournées dans une grande partie du globe et même tourné pour le cinématographe encore balbutiant. Une vie ou plutôt des vies multiples que s’attachent à nous raconter pendant près de deux cents pages Eddy Simon et Marie Avril.

Divine : vie(s) de Sarah Bernhardt est une biographie graphique aussi libre que la vie de cette femme hors du commun. Retracer toute la vie de la célèbre comédienne sous le biais d’un roman graphique aurait été une gageure, les auteurs ont préféré s’attacher à une période charnière de son existence entre 1871 et 1880.

Neuf années foisonnantes durant lesquels Sarah va construire sa légende, travailler au théâtre et va connaître la consécration. Le récit débute alors que la Commune de Paris essuie les assauts des prussiens, Sarah est déjà très connue, ce qui n’empêchera pas notre héroïne de s’engager comme infirmière afin de soigner sans relâche les blessés de la guerre, quels qu’ils soient, prussiens comme français.

Véritable star dans l’hexagone, elle excelle dans l’art de la publicité, n’hésitera pas à choquer sa propre famille en dormant dans un cercueil, en adoptant des fauves et cotoyant les puissants comme les artistes. Proche d’Edmond Rostan et surtout d’Oscar Wilde qui a écrit pour elle Salomé, elle ne cessera de se produire sur les scènes du monde entier, même après son amputation.

Habitué des biographies graphiques, le scénario d’Eddy Simon découpé en actes, comme au théâtre, rend un bel hommage à la Divine en montrant la comédienne telle qu’elle était : fantasque dans tous les aspects de sa vie mais aussi terriblement pugnace, ne renonçant jamais aux objectifs qu’elle se fixe. Les dialogues qui ponctuent le scénario sont savoureux et j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir cet album.

D’autant plus que les illustrations à l’aquarelle et à la gouache de Marie Avril sont très belles et s’inspirent fortement des affiches de Mucha, que j’adore, qui mettait merveilleusement en valeur la tragédienne.

Un petit bémol toutefois : les évènements sont trop brièvement évoqués à mon goût, j’aurai préféré quelques pages supplémentaires même si la notice biographique en fin d’ouvrage vient combler les trous laissés par les auteurs.

Ceci mis à part, je ne peux que vous recommander Divine(s) vies de Sarah Bernhardt, une biographie graphique très réussie autant sur la forme que sur le fond.

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Catherine Mory est professeure de collège, auteure de livres destinés aux enfants.

Savez-vous que Victor Hugo faisait tourner les tables ? Qu’Honoré de Balzac a pensé devenir cultivateur d’ananas ? Que Voltaire appelait ses contes des « couillonnades » ? Que Pascal a inventé la première calculette ? Que Baudelaire se teignait les cheveux en vert ? Que La Fontaine a écrit des contes grivois ? Que Marivaux n’aimait pas le terme marivaudage ? Ou que Colette avait joué sur les planches du music-hall ?

Au diable statues vermoulues, perruques poussiéreuses et pourpoints défraîchis : L’Incroyable Histoire de la littérature raconte, à travers des anecdotes truculentes, la vie et les œuvres des grands auteurs français du XVIe au XXe siècle.

Cet album passionnant s’adresse aussi bien aux novices qu’aux férus de littérature, aux adultes comme aux ados, aux frileux comme aux amoureux des classiques.

Catherine Mory, professeure de français et universitaire reconnue résume brillamment la vie et les œuvres emblématiques des grandes figures de la littérature française et nous prouve qu’avant d’être de grands auteurs ou autrices, ils étaient avant tout des hommes et des femmes comme les autres ou presque.

Un ouvrage synthétique, intelligent, pédagogique et clair à mettre entre toutes les mains dès l’adolescence, peut-être que nos chères têtes blondes sortiront un peu de leur zone de confort et se dirigeront vers les classiques, tout comme les lecteurs et lectrices adultes qui ne gardent pas de bons souvenirs des classiques étudiés au collège ou au lycée et qui craignent parfois de se lancer dans ce genre de lectures.

Un roman graphique érudit mais bourré d’humour grâce aux dessins colorés et lestes de Philippe Bercovici qui rappellent Gotlieb. Le dessinateur n’hésite pas à montrer ces génies littéraires dans leur plus simple appareil et c’est souvent très drôles…

Les auteurs nous embarquent dans un tourbillon d’anecdotes qui rythme notre lecture : on sourit, on rit, on est surpris, on s’instruit mais on ne s’ennuie jamais, surtout lorsqu’on le picore avec parcimonie comme je l’ai fait en étalant ma lecture sur un mois.

Rabelais, Zola, Camus, Proust, Rousseau et tous les autres, sortent du cadre académique et prennent vie sous nos yeux. Un procédé qui montre leurs failles, leurs faiblesses, leurs forces et nous les rend plus proches de nous, plus accessibles.

Une très chouette façon en somme de réviser les classiques et de se familiariser avec les auteurs et autrices de notre panthéon littérature et de leurs grands titres qui sont présentés de façon concise et claire.

Un bémol toutefois pour moi : Catherine Mory a du bien entendu faire des choix et ne peut pas présenter en un peu moins de 300 pages autant d’auteurs que je l’aurai voulu, c’est le jeu bien entendu.

Ce que je regrette toutefois c’est qu’elle se soit contentée de reprendre les auteurs qui figurent dans les manuels scolaires où bien peu de femmes sont représentées.

Outre ce point, j’aurai aimé qu’à la fin de chaque siècle, elle cite les auteurs et autrices emblématiques de leur époque. Je trouve dommage que celles et ceux qui ont compté de leur vivant, soient complètement absents de cette anthologie et notamment les femmes, bien peu nombreuses dans ces pages.

Mis à part ces petits bémols, je ne peux que vous conseiller L’Incroyable Histoire de la littérature !

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1894. La tension monte sur les docks londoniens… D’un côté, la loi du silence d’Oncle Wang et de ses sbires, qui règnent d’une main de fer sur le quartier chinois. De l’autre, la violence aveugle des Mad Dogs, truands cockneys bien décidés à venger leur chef mystérieusement assassiné.

Chargés par Sherlock Holmes de surveiller cette situation explosive, Billy, Charlie et Black Tom, accompagnés du fidèle matou Watson, vont se retrouver pris entre le marteau et l’enclume…

Qui se lèvera pour tenir tête aux Maîtres de Limehouse ? Qui se cache derrière le signe du Scorpion Écarlate ? Et qui sera la prochaine victime ?

On se retrouve aujourd’hui pour la suite de la série Les Quatre de Baker Street et volume après volume, cette série me passionne toujours autant. Après L’affaire du rideau bleu, Le Dossier Raboukine, Le rossignol de Stepney, Les orphelins de Londres, La succession Moriarty, L’homme du Yard et L’affaire Moran, place au dernier volume en date : Les maîtres de Limehouse.

Ce huitième opus est aussi réussi que les précédents, tome après tome, mes billets se ressemblent décidément tant j’aime cette série et ses jeunes protagonistes hyper attachants que sont Billy l’intello, Charlie la garçon manqué qui accepte peu à peu sa féminité et Tom l’irlandais ombrageux que j’ai eu grand plaisir à retrouver une fois de plus, sans oublier le chat Watson of course.

Le trio est particulièrement à l’honneur dans ce nouvel opus, Holmes et Watson étant en voyage en France, c’est Billy qui est aux manettes de l’enquête. Située au cœur de Limehouse, le « Chinatown » de Londres, cette nouvelle enquête des Quatre de Baker Street nous plonge dans un univers inédit où le crime se fait plus exotique mais non moins redoutable. Une nouvelle aventure pleine d’action, de mystère et d’émotion !

L’intrigue est la suite directe du septième volume et toujours aussi bien construite, le scénario dument ficelé et la qualité des dessins toujours au rendez-vous, j’aime le trait élégant et la maitrise des couleurs de David Etien, une belle réussite une fois de plus, je me répète mais je n’ai pas grand chose à en dire de plus, sinon qu’il faut lire cette série si vous ne la connaissez pas.

Les plus jeunes apprécieront beaucoup les scènes d’action, notamment les scènes de course poursuite et de bagarres, nos jeunes héros ont l’adrénaline qui montent en flèche à plusieurs reprises et Billy connaît ses premiers émois amoureux. Nos héros grandissent et il me tarde de savoir ce que l’avenir leur réserve.

Une série très réussie que je ne peux que vous recommander et qui j’espère continuera car j’aimerai beaucoup retrouver nos apprentis détectives si attachants !

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Pierre Pevel, né en 1968, est l’un des meilleurs écrivains de Fantasy français. Auteur de 7 romans, il a obtenu le Grand Prix de l’Imaginaire en 2002 pour Les Ombres de Wielstadt. Avec une verve et un talent digne des plus grandes heures du feuilleton romanesque de cape et d’épée, il s’approprie avec bonheur les codes de deux genres littéraires dans ce roman d’aventure et de Fantasy épique.

1911, dans le Paris des Merveilles, un Paris qui n’est ni tout à fait le nôtre, ni tout
à fait un autre. C’est en effet le Paris bien connu d’Arsène Lupin, de Fantômas et des Brigades du Tigre… mais où vivraient des fées, des enchanteurs, des gnomes et même quelques dragons, ce qui n’est pas sans conséquences.

Entre autres merveilles, la Tour Eiffel est en bois blanc, les Champs Élysées sont bordés d’arbres dont les feuilles rendent de la lumière dès la nuit tombée et une ligne de métro mène directement à Ambremer, capitale du Monde Féérique.

C’est dans ce décor que les Artilleuses font un retour fracassant en se livrant à l’une de leurs activités favorites : l’attaque de banque à main armée. Aventurières et hors-la-loi, ces artilleuses sont trois : l’anglaise Lady Remington, l’américaine Miss Winchester et la parisienne Mam’zelle Gatling.

N’hésitant jamais à faire parler la poudre, elles sont connues de toutes les polices d’Europe. Ce coup, cependant, pourrait bien être leur dernier. Car le vol d’une mystérieuse relique, la Sigillaire, leur vaut d’être pourchassées non seulement par les Brigades du Tigre, mais également par les redoutables services secrets du Kaiser, bien décidés à mettre la main sur l’artefact…

La fantaisy et le steampunk ne sont habituellement pas ma tasse de thé, exception faite de Pierre Pevel dont j’avais beaucoup aimé la trilogie le Paris des Merveilles. L’univers créé par l’auteur mêlant bestiaire de la fantaisy comme les fées, les gnomes, les gargouilles, les licornes… et le Paris de la Belle Époque est très réussi et j’avais pris beaucoup de plaisir à suivre Griffont et Isabelle.

Sa plume est également très agréable à lire et rappelle à la fois Alexandre Dumas et les feuilletonistes de la fin du 19è siècle, nous emportant dans son sillage dans cet univers particulier mais plein de charme.

Aussi, lorsque je suis tombée sur Le vol de la sigillaire, premier tome de la série Les Artilleuses, je n’ai pas hésité une seconde, ravie de retourner dans ce Paris qui m’a tellement plu et je dois dire que cette bande dessinée a comblé mes attentes.

L’univers est bel et bien là, formidablement mis en images par Etienne Willem : l’atmosphère, les décors, personnages, costumes, véhicules… on en prend plein les yeux.

J’ai beaucoup aimé son style graphique qui se met merveilleusement au service de l’histoire et de l’univers créés par Pierre Pevel.

Les trois héroïnes, ces artilleuses braqueuses de banque (une magicienne, une humaine et une fée) sont badasses à souhait, sympathiques et sexy en diable, avec des personnalités propres, que l’on a plaisir à suivre de la première à la dernière page.

Les dialogues sont percutants, l’histoire est menée tambour battant avec des scènes de poursuites, de règlements de comptes très rythmées qui font que l’on tourne les pages avec avidité et que l’on arrive trop vite au point final.

C’est bien là mon bémol : avec ce premier tome, les auteurs plantent le décor, nous présentent les personnages mais tout va tellement vite, que ça manque un peu de profondeur pour moi.

Quelques pages supplémentaires n’auraient pas été superflues notamment pour que l’on cerne mieux les trois héroïnes, les différents protagonistes et les enjeux de l’histoire.

Ceci mis à part, c’est une formidablement bande dessinée tant par l’histoire que par l’ambiance, qui met les femmes à l’honneur, avec une pointe d’humour. Une série qui plaira aux amateurs et amatrices du Paris des merveilles, ça ne fait aucun doute, pour ma part j’ai beaucoup aimé !

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Catel Muller, dite Catel, diplômée des Arts Décoratifs de Strasbourg, démarre en 1990 une fructueuse carrière de dessinatrice de presse et d’illustratrice jeunesse, avec une centaine d’ouvrages à son actif auprès de la plupart des éditeurs spécialisés. Son dernier album dessiné pour les enfants, « Le monde de Lucrèce », écrit par Anne Goscinny, vient de paraître chez Gallimard. En parallèle, depuis 2000, Catel s’adresse à un public adulte. Sa « Lucie » (Casterman, 2003) a ouvert la voie à une certaine bande dessinée féminine, volontiers féministe, aux préoccupations contemporaines.

Formée aux arts appliqués et au dessin d’animation, Claire Bouilhac accompagne les débuts des éditions Cornélius en créant, en 1994, le personnage de « Francis Blaireau Farceur » avec Jake Raynal au scénario. Sept albums ont été publiés à ce jour. Toujours avec Jake Raynal, elle est la première dessinatrice à intégrer l’équipe du mensuel ?Fluide Glalcial’, pour lequel les deux complices signent les exploits d’une flamboyante espionne rousse, « Melody Bondage ».

Paris, sous le règne d’Henri II. Mademoiselle de Chartres est très belle. Les hommes les plus nobles de la cour d’Henri II souhaiteraient en faire l’élue de leur cœur, mais la demoiselle est d’une trop petite noblesse aux yeux de leurs pères !

Qu’à cela ne tienne, Madame de Chartres veut un beau parti pour sa fille unique et elle l’aura. Son choix va se poser sur le Prince de Clèves, de nombreuses années l’aîné de mademoiselle de Chartres.

La jeune fille consent à l’union, en même temps elle n’a pas trop le choix, l’époque n’est pas au mariage d’amour.

Monsieur de Clèves est fort amoureux de sa belle épouse qui lui voue beaucoup de reconnaissance, mais d’amour point. Elle est assez heureuse ainsi, son mari est galant et prévenant.

Sa vie se partage entre la cour, la Maison de la Dauphine et ses appartements, châteaux. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si son chemin n’avait pas croisé celui du plus bel homme de France, le Duc de Nemours, dont elle tombe sitôt amoureuse…

Écrit en 1678 par Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves est un roman fondateur, directement inspiré du premier courant féministe de la littérature : la préciosité. C’est aussi l’un des classiques les plus célébrés et lorsque l’on fait des études de lettres, on y vient forcément un jour.

Dans cette histoire, la jeune Mademoiselle de Chartres y fait ses premiers pas dans la cour du roi de France, Henri II. Entre cabales, médisances et galanteries, elle rencontre l’amour dans un univers pétri de conventions.

En retournant à son avantage les idéaux féminins stéréotypés de l’époque (la solitude, le silence, le secret, la retenue, la décence et la discrétion), la princesse de Clèves expose une forme de féminisme inédit, basé sur l’estime de soi où la raison triomphe de la passion et où l’amour reste platonique.

Hélas pour moi, je suis assez hermétique aux romans du XVIIè siècle, à deux ou trois exceptions près telles que La guerre amoureuse des Gaules de Bussy-Rabutin, Le page disgracié de Tristan L’hermite ou Le roman comique de Scarron..

Et si j’admire beaucoup le courant de la préciosité, les titres issus de ce courant (L’astrée d’Honoré d’Urfé, les romans de Mademoiselle de Scudéry…) me sont toujours tombés des mains, la faute à leur style, tournures de phrases…

Ce roman de Madame de Lafayette m’était donc tombée lui aussi des mains mais comme j’étais curieuse de découvrir le fin mot de cette histoire, je me suis tournée vers son adaptation graphique par Catel et Claire Bouilhac.

Et comme j’ai bien fait car non seulement, les autrices sont restées éminemment fidèle au texte écrit par Madame de La Fayette mais elles nous proposent en sus, un prologue et un épilogue signés Catel où l’autrice est présentée avec La Rochefoucauld d’une part, et Madame de Sévigné d’autre part.

L’histoire est magnifiquement mise en dessin par Claire Bouilhac, de la première page à la dernière, j’ai été émerveillée par la qualité de son travail, tant au niveau des personnages que des costumes, des décors, des châteaux… tout est sublime !

La mise en couleurs est également magnifique et on en prend plein les yeux pendant plus de deux cent pages.

L’histoire, quant à elle, est celle d’un amour entre deux jeunes gens beaux et bien nés, fréquentant la cour d’Henri II, on le sait car l’autrice le mentionne et les costumes sont très fidèles à cette époque, pour autant ce récit pourrait avoir pour décor un autre siècle, une autre cour, qu’on ne verrait pas la différence.

Aucune référence en effet à la politique ni aux remous religieux de ce siècle qui a connu plusieurs guerres entre catholiques et protestants, ainsi l’a voulu Madame de La Fayette…

Je vous recommande vivement ce roman graphique, que vous ayez aimé le roman ou non, la qualité de l’ouvrage mérite grandement qu’on le découvre !

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