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Dans les écrits de Conan Doyle, Watson n’a pu dépeindre que la face émergée de Sherlock Holmes. Mais dans cette enquête inédite, nous pénétrons visuellement le mental du détective, le long du fil de son raisonnement, et à travers l’architecture de son monde interdit.

Vendredi 7 novembre 1890, Wentworth street, l’agent de police Parks, en patrouille dans l’East End, aperçoit un homme en chemise de nuit et pantoufles, courir à perdre haleine. L’homme, en proie à une peur panique, se révèle être le docteur Herbert Fowler, bien loin de Paddington, son quartier.

Le policier sonne au 221 B. Baker Street car le médecin, en proie à une amnésie, est un ami de Watson et il requiert l’aide du détective de toute urgence.

La découverte d'une poudre mystérieuse sur les vêtements du médecin et d'un ticket de spectacle très particulier amène Sherlock Holmes à penser que son client n'est pas l'unique victime d'un complot de grande ampleur.

Il semblerait en effet que l'étrange disparition de londoniens trouve son explication dans les représentations d'un magicien Chinois. D'autres tickets retrouvés confirment les soupçons du détective…

Vous l’ignorez peut-être mais mon Empereur de fils et moi adorons Sherlock Holmes. L’affaire du ticket scandaleux, le premier tome de la duologie Dans la tête de Sherlock Holmes ne pouvait que rejoindre nos PAL respectives, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’a pas eu le temps de croupir sur mes étagères tant j’étais curieuse de découvrir cette bande dessinée.

Une fois n’est pas coutume, parlons de l’objet livre qui est tout simplement magnifique : la première de couverture, en carton épais, offre une découpe de la tête de Sherlock Holmes de profil.

Quant aux planches, elles sont à l’avenant. La qualité du papier doux et épais, qu'on a plaisir à manipuler, l’odeur particulière du livre, des couleurs vieillies avec des tons sépia et bleu.

Benoit Dahan a un grand talent de coloriste et il ressuscite à merveille l’ambiance victorienne, j’ai adoré son travail que je découvre ici et il participe grandement à faire de ce roman graphique, un gros coup de cœur.

Vous avez eu l’occasion de voir en détail sa virtuosité dans mes stories sur Instagram, si vous ne me suivez pas encore, un conseil : abonnez-vous ici car j’y dévoile mes réceptions livresques, mes lectures… !

Quant au scénario de Cyril Lieron, adapté de L’étude en rouge de sir Arthur Conan Doyle, il est fidèle à l’œuvre et au canon holmésien, à l’ambiance des différents titres mettant en scène Holmes & Watson, à la psychologie des personnages.

Mais fidélité ne veut pas dire manque d’originalité, bien au contraire : le procédé narratif choisi par les auteurs est particulièrement bien vu puisque l’on est littéralement dans la tête du détective, dans son mode de pensée.

Je ne pourrai vous citer ici toutes les trouvailles graphiques géniales qui émaillent le récit, elles sont nombreuses et ce serait dommage de vous enlever le plaisir de les découvrir par vous-même.

La manière même de raconter l’histoire est très originale et les pages s’avalent à une vitesse folle, trop d’ailleurs, car je suis vite parvenue à son terme avec qu’une seule envie, découvrir la suite, hélas pas encore parue !

Gros coup de cœur pour ce premier tome, tant pour le schéma narratif, les dessins et le travail éditorial des éditions Ankama, je vous le recommande chaudement.

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Un album qui rend enfin justice aux femmes de science. Derrière la personnalité forte et emblématique de Marie Curie, Les Découvreuses présente l’aventure exceptionnelle de 20 femmes qui ont permis à l’humanité de réaliser des bonds en avant dans les disciplines scientifiques les plus variées : Physique, Chimie, Télécommunications, Biologie, Exploration de l’espace…

Comme les Culotées de Pénélope Bagieu, Les découvreuses met en lumière des femmes souvent oubliées de l’Histoire. Alors que la première ratissait large, ce qui n’enlève rien à sa qualité, Marie Moinard s’est imposée une thématique intéressante, la science, domaine longtemps réservé aux hommes.

Et aujourd’hui encore, les filières scientifiques sont assez peu choisies par les jeunes filles qui leur préfèrent les matières plus littéraires. Cet album permettra peut-être à quelques étudiantes à se lancer dans des carrières de physicienne, chimiste, biologiste, astronaute, informaticienne…

Derrière la personnalité forte et emblématique de Marie Curie, qui ouvre l’album Les découvreuses présente l’aventure exceptionnelle de 20 femmes qui ont permis à l’humanité de réaliser des bonds en avant dans les disciplines scientifiques les plus variées : Physique, Chimie, Télécommunications, Biologie, Exploration de l’espace…

Là où Culotées présentaient de la même façon toutes les femmes, cet album fait un choix différent en consacrant des portraits de 8 à 21 pages à cinq d’entres elles : Marie Curie (Physique et Chimie), Ada Lovelace (Informatique), Mae Jamison (Espace), Rosalind Franklin (Biologie) et Hedy Lamarr (Communications).

Les quinze femmes restantes font l’objet de fiches illustrées de quelques lignes seulement. On peut regretter que Marie Moinard ait choisi les femmes les plus célèbres pour ces mises en lumières détaillées et que les autres, souvent injustement mises de côté et que je ne connaissais pas pour la plupart, n’aient pas la même exposition.

Mais cet ouvrage graphique permet tout de même de rendre hommage à des pionnières oubliées de l’histoire et je ne peux que saluer cette initiative, d’autant que certaines d’entre elles sont toujours vivantes et en exercice.

Alors qu’elles sont à l’origine de découvertes extraordinaires, peu d’entre elles ont eu droit à une reconnaissance de leurs pairs ou le prix Nobel, certaines se sont même fait voler leurs découvertes par leurs collègues masculins, ce qui est tout à fait révoltant, notamment Rosalind Franklin qui a découvert l’ADN et que l’on a réhabilité depuis fort heureusement !

Le dessin réaliste et somme toute assez classique de Christelle Pécout accompagne parfaitement les récits de Marie Moinard pour nous faire découvrir ces destins souvent méconnus.

En conclusion, cette bande dessinée synthétique donne envie d’aller plus loin dans la découverte de ces pionnières et je l’espère donnera envie aux jeunes femmes de suivre des filières scientifiques, domaine où comme je le disais plus haut, elles font défaut.

Si, comme moi, ce thème vous intéresse, je ne peux que vous recommander Les découvreuses.

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Plusieurs biographies racontent cette femme et auteure hors norme qu’est Colette (1893-1954). Ce sont ses années d’apprentissage qui sont relatées ici, de son mariage, à l’âge de 20 ans, jusqu’à son divorce. « On ne meurt que du premier homme », écrira-t-elle en 1909. Mais cette mort peut être un nouveau commencement, et celle qui signera « Colette » à partir de 1910 est bien cette femme qui ouvre progressivement les yeux sur sa condition de femme écrivain exploitée et d’épouse bafouée, et qui va s’émanciper, avec quel talent !, par l’écriture. Incroyablement complexe, puissamment déterminée, véritablement douée, Colette interpelle par sa capacité à réinventer sa vie et à s’affirmer comme un être libre.

Sidonie-Gabrielle Colette se marie en 1893 avec Henry Gauthier Villars dit Willy. Ecrivain et journaliste mondain, Willy introduit sa jeune épouse à la vie trépidante de la ville lumière et l’incite à écrire ses premiers romans, la série des Claudine, qui connaît aussitôt un succès retentissant, qui va leur permettre de mener grand train.

Mais cet homme brillant est également un homme à femmes notoire, et pour Colette, jeune femme amoureuse de son mari, la désillusion est terrible et va la pousser dans d’autres bras…

J’avais beaucoup aimé Jeune fille en Dior lu il y a quelques années de cela, et lorsque Les apprentissages de Colette ont paru, j’ai couru l’acheter pour le laisser croupir dans ma PAL pendant deux ans, shame on me !

Dans ce roman graphique, Annie Goetzinger, raconte admirablement cette période d’apprentissage de Colette, qui démarre en 1893 pour s’achever trente ans plus tard : de son mariage avec Willy à son divorce avec son second mari et père de sa fille unique Bel Gazou, le baron Henry de Jouvenal.

Pendant cette période formatrice, Colette va peu à peu s’affirmer, s’approprier sa vie, pour la modeler selon ses envies, tant pis si elle choque, tant pis si elle se met au banc de la bonne société.

Ses premiers ouvrages, signés par son mari, furent des succès en librairie. A une époque où le machisme régnait, cette jeune provinciale très naïve, arrivée à Paris dans le sillage de son mari Willy va peu à peu s’émanciper et prendre des libertés au niveau littéraire, théâtral et photographique.

Dès le début du XXè siècle, elle maitrisait les bases du marketing actuel, sa série Claudine a tellement marqué son époque, qu’il existait beaucoup de produits dérivés, dont les fameux cols Claudine.

Présente dans plusieurs domaines artistiques, elle a révolutionné ces derniers en y apportant sa touche d’audace et de liberté. Malgré une vie ponctuée de nombreux rebondissements, Colette ne cessa jamais d’innover.

Cette femme libre va être tour à tour romancière, journaliste ou danseuse nue, aimer des hommes et des femmes, provoquer des scandales terribles avant d’être reconnue comme une écrivaine majeure de la première moitié du XXè siècle.

J’aime beaucoup les écrits de Colette mais aussi sa personnalité fantasque, je trouve qu’elle avait une audace folle d’entreprendre tout ce qu’elle a entrepris aussi bien dans sa vie privée qu’en tant qu’artiste.

Annie Goetzinger signe ici un roman graphique très réussi. En une centaine de pages et autant de dessins merveilleusement croqués et coloriés, elle nous conte avec talent la vie de Colette, ses combats, ses amours, ses joies et ses peines.

Les dessins d’Annie Goetzinger sont réellement magnifiques et nous plongent totalement dans la vie tourbillonnante de cette grande écrivaine, un hommage très réussi que je vous conseille si vous vous intéressez à cette époque et à Colette.

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Anouk, trentenaire parisienne enfermée dans la routine, vient d’apprendre le décès de sa soeur. Pire, celle-ci l’a désignée tutrice de Colette, 7 ans, ceinture noire de maturité et de mélancolie. Alors que la jeune femme craint de se faire dévorer par cette responsabilité imprévue, la petite fille va bousculer toutes ses certitudes. Saura-t-elle être à la hauteur de cette nouvelle relation ?

Anouk est une parisienne d’une trentaine d’années qui s’ennuie ferme dans son job de bibliothécaire qui subit la tyrannie de sa chef. Célibataire, elle vit d’une façon on ne peut plus routinière lorsqu’elle reçoit un coup de fil d’une ancienne amie qui lui apprend le décès de sa sœur.

Lorsqu’elle revient dans le village de son enfance, elle fait la connaissance de Colette, sa nièce de 7 ans, que son père n’a jamais reconnu. Avec le décès de sa mère, sa famille ne compte plus qu’une seule personne : Anouk.

En se rendant chez le notaire, elle apprend que sa sœur lui confie Colette. Impossible pour Anouk qui fuit toute responsabilité de prendre en charge une petite fille, sa vie est à Paris, du moins le croit-elle…

Depuis sa parution en septembre Et puis Colette me faisait vraiment de l’œil, je me suis donc fait une session aussitôt acheté aussitôt lu car je n’avais vraiment pas envie de laisser cette bd croupir dans ma PAL et j’ai bien fait car j’ai passé un très bon moment avec ce titre.

Il faut dire que sur le papier il avait tout pour me plaire de part son sujet signé Sophie Henrionnet que j’avais découvert avec Tout (n’)est (pas du tout) sous contrôle et pour son illustratrice Mathou dont j’avais beaucoup aimé Tout plaquer et aller prendre un bain dont j’apprécie le travail d’une manière générale.

Dans cette bande dessinée feel good, Sophie Henrionnet nous propose une histoire extrêmement touchante et sans pathos, qui traite d’un sujet grave : le deuil. Anouk qui n’avait quasiment aucun contact avec sa sœur depuis le décès de leur père hérite donc d’une nièce dont elle doit assumer l’éducation.

Pour elle qui fuit toute attache, elle n’a pas d’homme dans sa vie et a souffert d’avoir du endosser le rôle d’une mère pour sa jeune sœur, ce deuil est vécu de plein fouet avec le regret de n’avoir pas renoué avec sa sœur et d’être passée à côté de sa nièce pendant si longtemps.

J’ai aimé le fait que cette BD ne s’appesantît pas sur le chagrin des deux protagonistes mais se concentre sur la relation naissante entre Anouk et la petite Colette, deux personnes qui vont apprendre à se connaître peu à peu. La petite Colette, très mature pour son âge, va apprivoiser sa tante et lui montrer que cette vie à deux pourrait marquer un nouveau départ pour Anouk.

Tout est dit, retracé, montré avec légèreté, lucidité, tendresse et beaucoup de douceur. Le récit alterne entre émotion et rires et j’ai pris beaucoup de plaisir à lire l’histoire de Colette et d’Anouk, je ne sais pas si Mathou et Sophie Henrionnet ont prévu une suite mais pour ma part j’aimerai beaucoup retrouver ces deux héroïnes dans un second tome.

Les dessins enfantins et hauts en couleurs de Mathou sont comme toujours très réussis et servent à merveille l’histoire, en égayant les moments tristes que traversent Anouk et Colette et mettent du baume au cœur.

Une bande dessinée sur les deuils et les relations familiales qui se lit avec grand plaisir et qui met en lumière les petits bonheurs de la vie, j’ai beaucoup aimé Et puis Colette même si, c’est mon seul bémol, l’histoire va trop vite à mon goût, j’aurai aimé un peu plus de développement.

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Romance passionnée et passionnante.

1868. Au musée du Louvre, Berthe et Edma Morisot, peintres en devenir, rencontrent le sulfureux Édouard Manet. Impressionnées par son charisme et sa vision de l’art, elles tombent immédiatement sous le charme. Lui-même n’est pas insensible à l’intelligence et à la beauté à la fois ardente et mélancolique de Berthe, qu’il prend très vite pour modèle de nombreuses toiles.

En le fréquentant, celle qui va devenir la première femme impressionniste découvre la personnalité complexe et irrésistiblement attirante du peintre. Véritables alter ego, Édouard et Berthe ne cesseront de s’influencer mutuellement. Alors que Paris change de visage, leur complicité va peu à peu donner naissance à des sentiments plus forts…

Comme vous avez déjà pu le remarquer, j’aime beaucoup découvrir la vie des peintres à travers des romans graphiques. Après Monet, Tamara Lempicka et Gustave Caillebotte, place à Edouard Manet et Berthe Morisot : une passion impressionniste.

À travers un dialogue épistolaire entre Berthe Morisot et sa sœur Edma, Michaël Le Galli et Marie Jaffredo dont j’avais apprécié Les damnés de Paris nous font redécouvrir la vie et l’oeuvre de Edouard Manet, ce chef de file de l’impressionnisme, ami de Baudelaire et de Zola.

Actuellement exposé au musée d’Orsay, Le Balcon présenté au Salon de Paris de 1869 fut à l’origine de leur histoire. La toile représente Berthe et Edma Morisot, accompagnées du peintre Antoine Guillemet. Lors de la présentation de cette toile, l’incompréhension domine. « Fermez les volets ! » ironise le caricaturiste Cham, tandis qu’un critique s’attaque à Manet qui fait « de la concurrence aux peintres en bâtiment ».

Le scénario signé Michael Le Galli nous raconte l’histoire d’amour avortée entre deux peintres de grand talent : Edouard Manet et Berthe Morisot. Manet est déjà marié et multiplie les maîtresses lorsqu’ils se rencontrent et Berthe épousera son frère, Eugène Manet.

Le Galli les imaginent passionnés, voit en Berthe une femme dévorée par la jalousie lorsque Manet ne cache rien de ses aventures, notamment avec Eva Gonzales, une artiste et modèle.

Ont-ils réellement vécu une passion ? Nul ne le sait, Berthe Morisot, reste une femme énigmatique mais l’histoire proposée par le scénariste est agréable à suivre d’autant qu’elle est merveilleusement servie par les dessins de Marie Jaffredot aux couleurs tantôt pastel, tantôt vives (le champ de fleurs), aux tons sépia, lorsqu’on plonge dans le passé d’Édouard.

Manet a en tout cas beaucoup influencé sa belle-sœur, on l’imagine fort bien comme c’est décrit ici la conseiller en matière de couleurs ou de techniques et peut-être l’avait-il pris en effet comme confidente.

J’ai également eu beaucoup de plaisir à croiser d’autres peintres dans le sillage de Courbet, le voir évoquer ses amitiés avec Baudelaire et Zola alors qu’il se promène avec Berthe dans ce Paris bouillonnant d’idées et de monde, comme cela devait l’être à l’époque, et de ce point de vue c’est très réussi également, on sent que les auteurs se sont vraiment penchés sur le sujet et connaissent bien le milieu artistique qu’ils mettent en scène.

Un roman graphique qui ne manque pas d’intérêt pour les passionnés de peinture impressionnisme et que je vous conseille si vous aimez Edouard Manet et Berthe Morisot !

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Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge 2018 – PAL CWC : 9/20

La fin de l’année 1979 approche doucement. Les Faldérault ne peuvent pas dire qu’ils en gardent un bon souvenir : Madeleine déteste aussi bien son travail de vendeuse de chaussures que la femme qui l’a engagée, cette pingre de Delmotte, et Garin a proposé à Pierre de reprendre la série « Zagor », celle-là même que Pierre ne peut décidément plus voir en peinture ! Bref, il est vraiment temps que l’année se termine ! Pour se changer les idées, les Faldérault décident de fêter Noël au soleil ! Néanmoins, toute la petite famille ne sera pas de la partie puisque Julie-Jolie reste à la maison pour préparer ses examens. Ce n’est pas non plus du goût de Louis qui avait prévu d’assister au concert de Pink Floyd à Londres et dont les plans sont bouleversés à la dernière seconde. Les voilà donc partis pour des vacances qui s’annoncent mouvementées… surtout lorsque Louis décide de fuguer en cours de route…

Décembre 1979, Mons en Belgique. A l’approche de Noël, le quotidien de la famille Falderault est plutôt morose. L’année a été catastrophique, les vacances d’été une horreur et pour couronner le tout Madeleine en a ras la frange de son job de vendeuse de chaussures et Pierre ne veut plus dessiner pour la série Zagor qu’il a pris en horreur.

Alors pour se faire pardonner les dernières vacances passées sous le crachin breton, le père de famille décide d’emmener sa petite famille direction le sud de la France. Julie-Jolie ne sera pas du voyage, examens de droit obligent, et Louis, qui économise depuis des mois pour assister au concert des Pink Floyd à Londres, fulmine d’être obligé de suivre ses parents et ses sœurs…

Une fois n’est pas coutume, inutile d’attendre juillet pour retrouver la famille Faldérault en route pour la Provence afin de passer des vacances bien méritées, cette fois-ci nous les retrouvons au moment de Noël, prêts à rejoindre leur destination favorite à l’occasion du 5è tome de la série, La fugue.

Rappelez-vous, je vous avais déjà recommandé les tomes précédents de Les beaux étés, une série que j’adore avec Zidrou au scénario et Jordi Lafebre aux manettes : Cap au sud, La calanque, Mamzelle Estérel et Le repos du guerrier.

Et je me réjouissais vraiment de retrouver mes belges préférés à l’occasion des fêtes de Noël dans ce nouvel opus. Hélas pour moi, la magie a nettement moins opéré cette fois-ci et je dois bien avouer que ce 5ème volume est pour moi en dessous des précédents !

J’avais été charmée par les quatre premiers tomes de cette série so nostalgique qui me ramène à chaque fois tout droit en enfance, et je dois avouer que si j’aime toujours autant cette famille attachante et sympathique, je ressors cette fois-ci un peu déçue de cette histoire que j’ai trouvé moins fun et délirante.

Ce nouvel opus n’est pas mauvais en soit, les dessins de Jordi Lafebre sont toujours aussi bons, on n’a pas le temps de s’ennuyer mais il n’y a pas de grande surprise ou de bonheur au menu du scénario mitonné par Zidrou, l’histoire tourne en rond par rapport aux tomes précédents et se révèle plate et plutôt fade. Et la nouvelle illustrée qui clôt l’album n’est pas exceptionnelle non plus.

J’espère que cette baisse de forme du scénariste ne se prolongera pas au-delà de cet opus car je n’aimerai pas que cette série s’essouffle au point de devoir l’abandonner, je verrai donc ce que donnera le tome 6 car je compte bien lui donner sa chance.

Vous l’aurez compris, je suis un brin déçue par ce 5è tome mais je serai ravie de retrouver Les beaux étés l’année prochaine car retrouver les Faldérault, c’est un peu retrouver sa famille, une atmosphère chaleureuse, jubilatoire et délicieusement barrée matinée d’une bonne dose de nostalgique, que j’adore.

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Vous n’avez pas encore lu Gatsby le magnifique ? Vous avez oublié la fin de L’Amant ? Vous ignorez quels tomes composent A la recherche du temps perdu ? Soledad Bravi résument en quelques planches vingt grands classiques de la littérature mondiale.

Vous n’avez pas encore lu Le Père Goriot ou Le vieil homme et la mer ? Vous ne savez plus comment se termine Au Bonheur des dames ! ? Ou combien y a-t-il de tomes dans A la recherche du temps perdu… Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul(e)s ! Soledad Bravi et Pascale Frey l’ont bien compris et viennent à notre rescousse.

En quelques cases, elles nous propose une synthèse d’une vingtaine de grands classiques de la littérature française et étrangère, l’occasion de se rafraichir la mémoire ou de découvrir certains monuments de la littérature qui font un peu peur, il ne faut pas se le cacher.

Au menu de cette bande dessinée de vulgarisation littéraire : Le malade imaginaire de Molière, La princesse de Clèves de Madame de Lafayette, Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, Madame Bovary de Gustave Flaubert, Les malheurs de Sophie de la comtesse de Ségur, Les Misérables de Victor Hugo, Le père Goriot d’Honoré de Balzac, Au bonheur des dames d’Emile Zola, Bel-ami de Guy de Maupassant, A la recherche du temps perdu de Marcel Proust, La métamorphose de Franz Kafka, Chéri de Colette, Gatsby le magnifique de Francis Scott Fitzgerald, Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell, Out of Africa de Karen Blixen, Le vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway, La promesse de l’Aube de Romain Gary, Belle du seigneur d’Albert Cohen et L’amant de Marguerite Duras.

Soledad Bravi est illustratrice, auteure de nombreux livres et après le réussi Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? conçu en collaboration avec Dorothée Werner, elle se penche cette fois-ci sur vingt grands classiques de la littérature mondiale avec l’aide de Pascale Frey, journaliste littéraire à ELLE et auteure d’une biographie sur Coco Chanel.

Avez-vous lus les classiques de la littérature ? met en lumière dix-neuf romans et une pièce de théâtre écrits par treize hommes et sept femmes, pour la plupart parus entre la fin du 19è siècle et les années 60.

Pourquoi ces titres et pas d’autres ? Mystère et boule de gomme c’est la seule chose que je reproche à cet ouvrage : ne pas avoir expliqué les choix de Soledad Bravi et Pascale Frey qui ont surtout pioché dans la littérature moderne.

Chaque ouvrage est donc ici résumé d’abord par Pascale Frey sous forme d’une note d’une dizaine de lignes accompagnée d’une courte biographie de l’auteur(e) concerné(e).

Puis c’est au tour de Soledad Bravi de résumer l’ouvrage en images et en quelques mots sur quatre à cinq pages de manière humoristique à grands renforts de renvois à la culture populaire à travers des phrases de chansons et du vocabulaire très actuel qui fait mouche !

Un ouvrage synthétique, intelligent, pédagogique et clair à mettre entre toutes les mains dès l’adolescence, peut-être que nos chères têtes blondes sortiront un peu de leur zone de confort et se dirigeront vers certains de ces classiques, tout comme les lecteurs et lectrices adultes qui ne gardent pas de bons souvenirs des classiques étudiés au collège ou au lycée et qui craignent parfois de se lancer dans ce genre de lectures, oseront peut-être franchir le pas.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture éclairante et amusante, en espérant qu’elle puisse permettre à tous de repartir sur de bonnes bases ! Cerise sur le gâteau : une bonne idée cadeau pour Noël, pensez-y !

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