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Posts Tagged ‘l’assassin du marais’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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1849. C’est une première dans l’histoire : une femme se présente aux élections législatives de Paris. Mais cette affaire politique inédite déplaît profondément à un mystérieux individu. Des femmes, toutes indépendantes, sont retrouvées sans vie. Un seul mode opératoire : la strangulation. Un seul motif : la haine.
Dans un climat de peur, Julie Paupelier s’inquiète de la disparition de son amie. Elle ne peut compter que sur elle-même : la police et les journaux se fichent des femmes. Son enquête l’amènera cependant à croiser la route d’étranges personnages.
Qui aurait pensé qu’elle en viendrait à frayer avec un journaliste sexiste, une mystérieuse spirite et un membre de cette police si indifférente ?

Paris 1849. Louis-Philippe a laissé la place à la seconde république depuis un an déjà lorsque des élections législatives sont organisées le 13 mai. Le suffrage universel masculin a été établi, laissant de côté l’électorat féminin qui n’a toujours pas le droit de voter.

Une femme va dénoncer cette inégalité : Jeanne Deroin, une militante socialiste. Avec Désirée Gay, elle a fondé l’année précédente un journal féministe, L’Opinion des Femmes. Bien sûr, cette action d’éclat va déclencher les foudres des hommes politiques, des journalistes et de l’opinion publique.

Rares sont les voix — y compris dans son camp — qui soutiennent cette candidature. Pierre Joseph Proudhon, comme la plupart des socialistes, la juge « excentrique », et même des femmes comme George Sand ou Marie d’Agoult l’estiment déplacée.

C’est alors qu’une série de meurtres vient endeuiller la capitale. Toutes les victimes ont été tuées selon le même mode opératoire, la strangulation. Ce n’est pas leur seul point commun : elles menaient une vie libre, indépendante et appartenaient au mouvement féministe de Jeanne Deroin et Désirée Gay.

L’inspecteur Dubon de la Sûreté, chargé de l’enquête, trouve qu’elles ont eu ce qu’elles méritaient mais son adjoint Alexandre Delage n’est pas de cet avis. Et lorsque Julie Paupelier s’inquiète de la disparition de son amie Sidonie, il se jure de mettre la main sur l’assassin du Marais…

J’avais repéré L’assassin du Marais dès sa sortie et lorsque j’ai eu la chance de le trouver d’occasion, j’ai sauté dessus car un roman policier qui aborde le féminisme au 19è siècle, écrit par Catherine Cuenca dont j’avais beaucoup aimé Le choix d’Adélie, il ne m’en fallait pas plus pour l’ajouter à ma PAL et aussitôt acheté, aussitôt lu !

Quelle lecture passionnante ce fut, j’ai adoré ce polar historique pour adolescent, où l’autrice nous entraîne dans le Paris du milieu du XIXè siècle en pleine lutte des sexes, où les premières féministes organisées essayent de faire entendre leurs voix et leurs revendications bien légitimes.

Dans ce contexte de lutte sociale, une première femme est retrouvée assassinée. Mais elle ne sera pas la seule. Les meurtres se suivent et se ressemblent. Des femmes étranglées au milieu de la nuit, qui semblent avoir un lien avec les mouvements de droits des femmes qui s’élèvent alors à l’époque.

L’autrice en profite pour nous montrer la condition féminine au XIXè : l’ouvrière et la comédienne, qui pour arrondir leurs fins de mois, se prostituent. Les femmes, condamnées pour adultère, qui se voient privées de leurs enfants au profit de leur mari. Les employées des grands magasins qui subissent les avances des clients et le machisme de leurs collègues qui ne goutent guère de devoir partager leurs emplois avec elles, etc.

Au-delà de cet aspect social et historique, il y a bien sûr l’enquête policière menée par l’inspecteur Delage, un ancien criminel reconverti en policier, encore marqué par le meurtre de sa sœur, et qui a bien l’intention de mettre fin aux agissements du tueur, n’en déplaise à son supérieur qui lui met constamment des bâtons dans les roues.

Il sera bien aidé par Léa, qui par ses dons de voyance fera avancer l’enquête. Elle a une petite fille dont elle a perdu la garde au profit de son père et en veut beaucoup aux hommes. Et Julie, qui a fui un mariage arrangé pour trouver un emploi de vendeuse dans un grand magasin qui subit les avances de plusieurs clients et dont la meilleure amie a elle aussi disparu.

Un trio, donc, qui va tenter de démêler le vrai du faux, en restant sur ses gardes bien évidemment, puisqu’il y a un tueur dans les rues qui semble vouer une haine tenance aux femmes.

Chacun apporte sa pierre à l’édifice, sa personnalité, son intelligence, sa débrouillardise. On va de rebondissements en rebondissements, sans jamais se douter de ce qui va arriver.

Bien sûr le contexte historique est bien rendu par Catherine Cuenca, l’enquête est menée tambour battant, sans aucun temps mort et la lutte féministe est un véritable atout pour ce roman.

Une atmosphère sombre et imprévisible, un suspens qui monte crescendo, des fausses pistes à foison et un final bien fichu sont les points forts de ce roman même si j’avais deviné l’identité du tueur avant la fin.

Une lecture très prenante qui m’a fait tourner les pages avec une grande avidité, j’en redemande d’autant que l’épilogue laisse présager une suite, j’ai déjà hâte de la lire !

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