Les déferlantes

C’est à La Hague – un bout du monde à la pointe du Cotentin – que la narratrice est venue se réfugier. Elle arpente les landes, observe les oiseaux migrateurs… et Lambert, homme mystérieux et tourmenté aperçu un jour de tempête, et qui n’a cessé depuis lors d’éveiller sa curiosité.

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Sur le papier, ce roman avait tout pour me plaire, sincèrement j’y croyais. Auréolé du Grand prix des Lectrices ELLE 2009, le roman de Claudie Gallay traite d’un sujet, particulièrement en vogue dans la littérature française : les secrets de famille, sujet que j’aime beaucoup je dois l’admettre. Et puis, j’ai tellement entendu parler de ce livre que je ne pouvais pas passer à côté (syndrome du mouton). Je voulais m’en faire une idée et découvrir en même temps cette auteure dont on en dit le plus grand bien.

Claudie Gallay plante son décor dans ce bout du Cotentin où il pleut 12 mois sur 12, La Hague, ça m’envoie moyen du rêve déjà, non pas que je n’aime pas la Normandie, j’y ai passé de nombreuses vacances, mais pas la à La Hague (ça ne me viendrait pas à l’idée), il pleut d’ailleurs tout le temps du livre (j’ai donc raison de rayer cette destination de la liste de mes prochaines vacances) ! La narratrice, en deuil de son grand amour décédé d’une longue maladie, a laissé son job de professeur de fac d’Avignon, pour panser ses plaies dans ce décor pour le moins sauvage et hostile. Employée par le Centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. Je ne connais rien au métier d’ornithologue mais sous la plume de l’auteure, ça ressemble quand même au bagne : compter des oiseaux, des nids et des oeufs à longueur de journée, sous le froid et la pluie battante, franchement ça ne fait pas rêver non plus. Elle est très malheureuse, elle est en plein deuil et on ne risque pas de l’oublier car Claudie Gallay nous le ressasse en permanence. Prend-elle ses lectrices pour des amnésiques chroniques ou fait-elle du remplissage inutile ? Je penche pour la seconde option car des longueurs, il y en a à foison dans ce roman, et les longueurs, vous savez que moi, je n’aime pas ça.

Heureusement, Les déferlantes se lit vite, une fois qu’on se prend au jeu de sauter les passages en trop, ce que je n’ai pas hésité à faire, pour me recentrer sur les secrets de famille qui lient Lambert, un ex-policier, qui revient sur les lieux de son enfance pour comprendre pourquoi sa famille est morte en mer ; Théo, l’ancien gardien de phare de garde la nuit où s’est passé le drame ; Lili, la fille mal-aimé de Théo qui tient le café ; Nan, qui elle aussi a perdu toute sa famille en mer et La Vieille, l’épouse de Théo. C’est la narratrice, la seule qui parle à tous les protagonistes, qui va peu à peu démêler l’écheveau des secrets et percer le mystère pourtant insondable depuis 1967.

Claudie Gallay nous livre ici une histoire intéressante et nous fait découvrir cet endroit sauvage où les vagues déferlent, viennent cogner les fenêtres, les rochers et ce fameux phare, acteur central du drame qui s’est joué quarante ans plus tôt. Reste que j’ai été gênée par ses tournures de phrases, le rythme lent du récit et le manque de dialogues. Et cerise sur le gâteau, le récit fourmille de petits détails inintéressants au possible. Les personnages principaux sont intéressants mais la cohorte de personnes secondaires, nettement moins : le sculpteur Raphaël et sa soeur Morgane, Max, Monsieur Anselme, la Cigogne, etc. n’apportent vraiment rien à l’histoire à mon sens. Et pourtant, j’ai eu plaisir à lire Les déferlantes, malgré l’ambiance déprimante qui règne tout au long des 500 pages, je ne saurais pas trop dire pourquoi, peut-être parce que ça me rassure sur ma propre vie qui heureusement est à des années lumières, mais je ne comprends pas en revanche comme ce roman a pu avoir le Prix ELLE, ça m’inquiète d’ailleurs pour l’édition 2014 !

Si vous aimez ce type d’atmosphère et les longs jours de pluie, ce roman est pour vous mais c’est loin d’être un chef d’œuvre et un livre incontournable à mes yeux. Et je peux bien vous avouer qu’il m’a filé le bourdon, à ne pas lire en cas de déprime donc !

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Lu dans le cadre des challenges La plume au féminin édition 2013  et A tout prix :

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45 réflexions sur “Les déferlantes

  1. labiblidonee dit :

    lol bon Cigogne ok elle est là pour faire beau, mais Anselme c’est lui qui lui permet d’avoir des infos de première main ^^
    J’ai eu de la chance : contrairement à toi je n’ai pas trouvé de longueur, justement parce que le style fait que ça se lit très vite et que je me suis vite prise au jeu de la découverte des personnages et des secrets (mais en commençant le livre j’ai cru que ça allait être bien plus lent par contre).
    Bon et puis elle parle à son mari mort donc forcément il revient, mais pas trop j’ai trouvé personnellement, c’est très bien intégré ; Après c’est très présent encore pour elle, et comme elle tombe amoureuse de Lambert c’est normal qu’elle ressente plein de sentiments contraires, se pose des questions. C’est tout autant un livre sur elle que sur Lambert et la vie de village, et c’est ce qui m’a plu.
    c’est amusant comme on l’a perçu celui-ci 🙂

    • Bianca dit :

      J’ai aimé tous les passages liés au secret que j’ai trouvé intéressants, c’est le style et l’atmosphère qui m’ont gênée. Nous avons souvent le même ressenti sur les livres et là nos opinions divergent totalement 🙂

  2. bookyboop dit :

    Pour le coup, deux critiques du même livres en deux jours et deux points de vue assez différents ! Ce qui m’invite deux fois plus a lire ce livre afin de me faire ma propre opinion !

  3. valou dit :

    c’est un livre que j’avais apprécié, et qui m’a donné envie de lire d’autres romans d’elle d’ailleurs… mais bon, comme on dit, les goûts les couleurs…
    par contre il est IMPOSSIBLE de dire que la Hague ne mérite pas d’être vue, c’est un endroit tout simplement magnifique, aux côtes splendides et cet aspect sauvage est tellement envoûtant, que je peux rester en bord de mer pendant des heures, à regarder les vagues…et rassures-toi, l’histoire doit se dérouler en mauvaise saison, car il ne pleut pas 12 mois sur 12…je n’ai vu la Hague que sous un ciel bleu !

  4. Lisou dit :

    Bonjour Bianca
    Ra qu’est-ce que j’ai aimé ce livre, l’univers et les personnages décrits (mais bon en général, j’aime les ambiances et endroits désertiques et bruts et les personnages cabossés et taiseux). Il en faut pour tout le monde 😉

    • Bianca dit :

      Coucou Lisou
      Je suis bien d’accord avec toi il en faut pour tous les goûts et je suis contente que tu ai aimé ce livre, je comprends tout à fait qu’on puisse aimer d’ailleurs 😉

  5. Asphodèle dit :

    Je pense que La Hague me plairait, sous la pluie ou au soleil , je ne lui reproche pas le décor ni le climat à ce livre ! Mais comme toi, je n’ai pas aimé certaines longueurs ou certains raccourcis, le style hachuré, ce livre m’a agacée tout du long … Comme quoi, il en faut pour tous les goûts !!! 🙂

      • Asphodèle dit :

        Je ne dis pas que c’est un livre nul non plus !!!^^ Question de goûts, de ressentis différents, je pense qu’il déplaît aussi parce que l’auteur nous force la main, nous dit ce qu’il faut aimer ou pas et ça m’agace d’être prise en otage par un livre qui me plaît moyen !!! 😉

      • Bianca dit :

        J’avais bien compris Asphodèle, et je ne dis pas que c’est un livre nul non plus, mais il faut aimer son style, ses tournures de phrases, la lenteur, le manque de dialogues, etc. Tout est une question de ressentis en effet 😉

  6. lireparelora dit :

    J’en ai fait un coup de coeur quand je l’ai lu. Je l’ai découvert à la bibliothèque et l’ai emprunté alors qu’il venait tout juste de sortir. N’en ayant pas entendu encore parler à l’époque, je n’en attendais rien mis à part passer un bon moment.

    A l’époque, je m’étais sentie très très proche de la narratrice et je retrouvais le Cotentin que je venais de découvrir (même si, pendant mon séjour estival, il n’avait pas fait que pleuvoir mais un temps agréable pour sillonner la région = pas trop chaud et un soleil souvent voilé mais la Normandie, c’est comme la Bretagne, le temps change vite)

    Bref, ♥

  7. Lili dit :

    Tiens, Claudie Gallay ne m’a jamais tentée, me faisant l’impression d’une plume un peu insipide. Bizarrement, tu ne me fais pas changer d’avis 😀

  8. belette2911 dit :

    J’aime ta critique mais j’avais détesté le livre ! Je m’attendais à mieux et au final, ce fut comme au bassin de natation : j’ai fait des longueurs et à la fin, de fatigue, j’ai bu la tasse. C’est bien simple, j’avais sorti la bouée de sauvetage qui consiste à ne pas terminer le livre, c’est vous dire… 🙂

      • belette2911 dit :

        Non, depuis, je passe mon tour si je tombe sur un ouvrage de cet auteur. Pourtant, la critique notée dans le catalogue de chez Belgique Loisirs était dithyrambique. Z’ont bien vendu leur truc, eux ! 😈

  9. valmleslivres dit :

    Il a remporté le Prix Elle l’année où j’ai participé mais ce ne fut pas un coup de coeur pour moi. A vrai dire, je ne me souviens plus de ce roman si ce n’est qu’il y a de nombreuses scènes qui se passent dans un bar.

  10. jostein59 dit :

    Ambiance du pays, secrets de famille, des personnages attachants, j’avoue qu’à l’époque ce roman m’avait séduite. Je n’ai pas lu son second roman mais je viens de lire Une part de ciel. Et effectivement, suis-je devenue plus exigeante ou l’auteur a-t-elle du mal à se renouveller mais j’ai trouvé dans ce dernier roman ce que tu reproches à celui-ci : des longueurs, des actes répétitifs, une ambiance maussade, une volonté de faire trop de mélo. Heureusement, il y avait quelques bons personnages secondaires.

    • Bianca dit :

      Je trouve aussi qu’il y a trop de mélo dans celui-ci, nos avis se rejoignent donc sur Claudie Gallay, ce qui ne m’encourage pas à lire son nouveau roman !

  11. Bressane dit :

    J’avais découvert ce roman, à sa sortie et contrairement à toi, j’avais vraiment tout apprécier. En lisant ton avis, je me rends compte que ce qui t’a déplu, m’a plus à moi, notamment les longs passages qui semblent ne servir à rien, où les personnages secondaires. J’ai aussi aimé l’ambiance, le décor et la plume de l’auteur. J’ai aimé la poésie qui se dégage de ces pages… Par contre, je n’ai encore lu aucun des autres livres qu’elle a publié. Pourtant, son nouveau (Une part de ciel) me tente, mais au vu de ce qu’en dit Jostein, j’avoue avoir un peu peur de me lancer…
    En tous cas, ton avis est très intéressant. Merci de m’avoir replongé un temps, dans Les déferlantes.

    • Bianca dit :

      A chacune son ressenti en effet, le style et l’ambiance ne m’ont pas emballée du tout contrairement à toi, je comprends parfaitement que l’on puisse adorer ce roman, moi même j’ai aimé beaucoup de choses dedans malgré tout ! Merci pour ton retour bienveillant 🙂

  12. accalia dit :

    Quel dommage! Ce roman a été un véritable coup de cœur pour moi! J’ai tout aimé : l’ambiance, le style, l’histoire…je l’ai tellement aimé que je l’ai acheté après…

  13. Claire dit :

    Je me souviens avoir lu ce roman que tout le monde vantait mais quelques années plus tard, je n’en garde aucun souvenir. Si ce n’est une sensation d’ennui que ton billet ne fait que confirmer.
    Je suis passée à côté de l’histoire, des personnages…

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