Le meunier de Lavault – Michel Blondonnet

Chez les Bathias, on est meunier de père en fils au moulin de Lavault, sur les bords de la Creuse. Matthieu, le patriarche, travaille pour le seigneur de La Celle. Il règne sur les siens avec tendresse et autorité.

En ces temps difficiles, les contrôleurs de la gabelle taxent durement le peuple. Malgré les risques, Matthieu, comme tant d’autres, se livre à la contrebande du sel pour survivre. Mais l’impôt ne cesse d’augmenter et de sanglantes émeutes éclatent entre Marche et Berry. Matthieu, qui se retrouve parmi les meneurs, tire sur un gabelou…heart_3auteur-editeur-pagesle-meunier-de-lavault-michel-blondonnet

1667, La Celle dans la Creuse, les Bathias sont meuniers de père en fils, et ce, depuis des générations. Matthieu, le père, travaille pour le seigneur de La Celle, aidé par son fils cadet Léonard, sa femme et sa fille Zoé, son enfant préférée. Ses autres fils Pierre et François travaillent ailleurs car il n’y a pas assez de main d’œuvre pour toute la famille.

Alors, les Bathias, comme bon nombre de leurs concitoyens creusois, font commerce du sel mais les contrôleurs de la gabelle qui taxent durement le peuple, veillent au grain et il est de plus en plus difficile pour les Bathias de passer à travers les mailles du filet.

Les villageois sont de plus en plus excédés et un jour s’en prennent aux gabelous et massacrent le honnis Jean Ridel, père de Julien le sabotier et amoureux de Zoé…

Dans cette fresque consacrée à la famille Bathias, Michel Blondonnet nous fait connaître un épisode méconnu du règne de Louis XIV. L’auteur redonne vie au monde des faux-sauniers, ces « Robin-des-bois » qui se battaient aux côtés des paysans spoliés par les hommes du Roi.

Si la période nous est familière, le sujet n’est pas courant dans la littérature historique, surtout lorsque l’on situe son roman au cœur du règne de Louis XIV mais bien loin de son astre et son joyau, le château de Versailles, pour ma part c’est le premier que je lis qui traite de ce problème du sel et plus généralement des impôts.

L’auteur s’est indéniablement documenté et grâce à lui, on plonge au cœur de cette France rurale du 17è siècle, au cœur du peuple écrasé par l’impôt et qui avait bien du mal à vivre et à se nourrir, loin des fastes de la cour du roi soleil.

D’un point de vue historique, le roman est vraiment intéressant et enrichissant lorsque l’on ne connaît pas du tout ou mal cette problématique des impôts sous l’Ancien Régime et notamment la taille et la gabelle.

D’un point de vue romancé, c’est très agréable à lire. Michel Blondonnet nous livre de jolies pages sur la relation et l’amour intense qui unit un père à sa fille, à une époque où la femme ne fait l’objet d’aucune considération.

En somme, un bon roman historique qui plaira à celles et ceux qui aiment ce genre et qui s’intéressent à ce sujet et à cette période trouble de notre histoire.

Merci à Aurore et aux éditions Albin Michel pour cette lecture enrichissante.

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