La reine et l’assassin – David Morrell

Londres, 1855. La guerre de Crimée fait rage. L’incompétence de l’état major britannique provoque la chute du gouvernement en place. L’empire vacille.
C’est dans ce contexte troublé que le sulfureux opiomane Thomas de Quincey et son «équipe» (sa fille et leurs deux acolytes de Scotland Yard) affrontent un tueur d’un genre bien particulier. Ses victimes, toutes des membres de l’aristocratie, sont autant de jalons vers un objectif  ultime : l’assassinat de la reine Victoria elle-même.
Alors que de Quincey et sa fille se démènent pour protéger la reine, ils mettent au jour les secrets tragiques du passé d’un homme rongé par sa soif de vengeance.heart_4la-reine-et-l-assassin-david-morrell

Londres, 3 février 1855. Le gouvernement vacille devant le désastre de la guerre de Crimée. Dans l’église Saint-James de Mayfair, Lady Cosgrove, habillée en grand deuil, prend place sur son banc clos lorsque le colonel Trask, l’un des héros du conflit en franchit le seuil, sous le regard de Thomas de Quincey, de sa fille Emily et des deux inspecteurs de Scotland Yard, Ryan et Becker.

En pleine homélie, le pasteur pousse un cri d’effroi lorsqu’il voit du sang s’échapper du banc de lady Cosgrove. Les policiers, accompagnés des de Quincey père et fille, font ouvrir le banc et découvrent son corps sans vie. Une fois les constatations d’usage faites et les témoins interrogés, ils se rendent au domicile de lord et lady Cosgrove et découvrent les cadavres des domestiques et de lord Cosgrove.

Dans la poche du défunt, une carte avec une bordure noire et une inscription : Edward Oxford, le nom de l’homme qui a tenté d’assassiner la reine Victoria en 1842. Quelques jours plus tard, une nouvelle série de meurtres sanglants endeuille un autre hôtel particulier, laissant une nouvelle carte dans son sillage sur laquelle est écrit Young England.

Thomas de Quincey, sa fille Emily et les inspecteurs Ryan et Becker en sont persuadés, un tueur en série sévit à Londres et il s’en prend à des personnes qui sont dans le circuit judiciaire. L’homme chercherait-il à se venger ? Pour quelle raison ? Et surtout ira-t-il jusqu’à tenter de commettre un régicide ?

Autant vous le dire d’emblée, la reine et l’assassin c’est un polar historique comme je les aime : bien construit et formidablement documenté. Son auteur David Morrell nous propose un roman victorien crédible qui mêle habilement vérité historique et fiction. En effet, il revient dans ce roman sur les différentes tentatives d’assassinat auxquelles la reine Victoria a réchappé au cours de son très long règne et sur le mouvement politique Young England.

Emballée je suis par ce roman qui est en fait un deuxième tome, ce que j’ignorai mais il me tarde désormais de lire le premier opus, tant sa lecture fut addictive et passionnante car le contexte est bien rendu et le personnage sulfureux de Thomas de Quincey se révèle très intéressant.

Bien connu à son époque pour ses écrits scandaleux comme Confessions d’un mangeur d’opium anglais paru en 1822 et commenté par Charles Baudelaire en personne ou De l’Assassinat considéré comme un des Beaux-Arts, Thomas de Quincey est un romancier qui détonne, dans cette époque victorienne prude et bien-pensante, par sa franchise et sa clairvoyance.

Il a même parait-il inspiré Wilkie Collins, le créateur du roman policier, et le personnage de Sherlock Holmes, ce que j’ignorais totalement. Il apporte un regard qui peut apparaitre plus fantaisiste sur ce qu’il observe et il s’intéresse beaucoup à ce qui va devenir la psychanalyse. Véritable précurseur donc, son esprit, que l’on pourrait croire être embrumé par la drogue, se révèle vif et ses déductions brillantes  valent le détour. Avec lui, les faits deviennent limpides et malgré son addiction, il va trouver le fin mot de l’histoire.

Sa fille n’est pas en reste. Intelligente et soucieuse du bien-être de son père qu’elle voit se détruire par son abus de l’opium et du laudanum qu’il boit comme du petit lait, Emily est une jeune femme moderne qui ne suit pas la mode de son temps, préférant les bloomers aux crinolines et qui se verrait bien infirmière dans le sillage de Florence Nightingale.

Roman passionnant disais-je, roman foisonnant aussi qui nous immerge dans cette époque victorienne avec une facilité telle qu’on s’y croirait le temps de notre lecture : le contexte, l’atmosphère, la neige et la purée de pois, tout y est !

En bref, vous l’aurez compris, j’ai adoré ce roman et si vous aimez les polars victoriens, je vous le dis : ne passez pas à côté de La reine et l’assassin.

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