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Posts Tagged ‘bande dessinée’

1894. La tension monte sur les docks londoniens… D’un côté, la loi du silence d’Oncle Wang et de ses sbires, qui règnent d’une main de fer sur le quartier chinois. De l’autre, la violence aveugle des Mad Dogs, truands cockneys bien décidés à venger leur chef mystérieusement assassiné.

Chargés par Sherlock Holmes de surveiller cette situation explosive, Billy, Charlie et Black Tom, accompagnés du fidèle matou Watson, vont se retrouver pris entre le marteau et l’enclume…

Qui se lèvera pour tenir tête aux Maîtres de Limehouse ? Qui se cache derrière le signe du Scorpion Écarlate ? Et qui sera la prochaine victime ?

On se retrouve aujourd’hui pour la suite de la série Les Quatre de Baker Street et volume après volume, cette série me passionne toujours autant. Après L’affaire du rideau bleu, Le Dossier Raboukine, Le rossignol de Stepney, Les orphelins de Londres, La succession Moriarty, L’homme du Yard et L’affaire Moran, place au dernier volume en date : Les maîtres de Limehouse.

Ce huitième opus est aussi réussi que les précédents, tome après tome, mes billets se ressemblent décidément tant j’aime cette série et ses jeunes protagonistes hyper attachants que sont Billy l’intello, Charlie la garçon manqué qui accepte peu à peu sa féminité et Tom l’irlandais ombrageux que j’ai eu grand plaisir à retrouver une fois de plus, sans oublier le chat Watson of course.

Le trio est particulièrement à l’honneur dans ce nouvel opus, Holmes et Watson étant en voyage en France, c’est Billy qui est aux manettes de l’enquête. Située au cœur de Limehouse, le « Chinatown » de Londres, cette nouvelle enquête des Quatre de Baker Street nous plonge dans un univers inédit où le crime se fait plus exotique mais non moins redoutable. Une nouvelle aventure pleine d’action, de mystère et d’émotion !

L’intrigue est la suite directe du septième volume et toujours aussi bien construite, le scénario dument ficelé et la qualité des dessins toujours au rendez-vous, j’aime le trait élégant et la maitrise des couleurs de David Etien, une belle réussite une fois de plus, je me répète mais je n’ai pas grand chose à en dire de plus, sinon qu’il faut lire cette série si vous ne la connaissez pas.

Les plus jeunes apprécieront beaucoup les scènes d’action, notamment les scènes de course poursuite et de bagarres, nos jeunes héros ont l’adrénaline qui montent en flèche à plusieurs reprises et Billy connaît ses premiers émois amoureux. Nos héros grandissent et il me tarde de savoir ce que l’avenir leur réserve.

Une série très réussie que je ne peux que vous recommander et qui j’espère continuera car j’aimerai beaucoup retrouver nos apprentis détectives si attachants !

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Pierre Pevel, né en 1968, est l’un des meilleurs écrivains de Fantasy français. Auteur de 7 romans, il a obtenu le Grand Prix de l’Imaginaire en 2002 pour Les Ombres de Wielstadt. Avec une verve et un talent digne des plus grandes heures du feuilleton romanesque de cape et d’épée, il s’approprie avec bonheur les codes de deux genres littéraires dans ce roman d’aventure et de Fantasy épique.

1911, dans le Paris des Merveilles, un Paris qui n’est ni tout à fait le nôtre, ni tout
à fait un autre. C’est en effet le Paris bien connu d’Arsène Lupin, de Fantômas et des Brigades du Tigre… mais où vivraient des fées, des enchanteurs, des gnomes et même quelques dragons, ce qui n’est pas sans conséquences.

Entre autres merveilles, la Tour Eiffel est en bois blanc, les Champs Élysées sont bordés d’arbres dont les feuilles rendent de la lumière dès la nuit tombée et une ligne de métro mène directement à Ambremer, capitale du Monde Féérique.

C’est dans ce décor que les Artilleuses font un retour fracassant en se livrant à l’une de leurs activités favorites : l’attaque de banque à main armée. Aventurières et hors-la-loi, ces artilleuses sont trois : l’anglaise Lady Remington, l’américaine Miss Winchester et la parisienne Mam’zelle Gatling.

N’hésitant jamais à faire parler la poudre, elles sont connues de toutes les polices d’Europe. Ce coup, cependant, pourrait bien être leur dernier. Car le vol d’une mystérieuse relique, la Sigillaire, leur vaut d’être pourchassées non seulement par les Brigades du Tigre, mais également par les redoutables services secrets du Kaiser, bien décidés à mettre la main sur l’artefact…

La fantaisy et le steampunk ne sont habituellement pas ma tasse de thé, exception faite de Pierre Pevel dont j’avais beaucoup aimé la trilogie le Paris des Merveilles. L’univers créé par l’auteur mêlant bestiaire de la fantaisy comme les fées, les gnomes, les gargouilles, les licornes… et le Paris de la Belle Époque est très réussi et j’avais pris beaucoup de plaisir à suivre Griffont et Isabelle.

Sa plume est également très agréable à lire et rappelle à la fois Alexandre Dumas et les feuilletonistes de la fin du 19è siècle, nous emportant dans son sillage dans cet univers particulier mais plein de charme.

Aussi, lorsque je suis tombée sur Le vol de la sigillaire, premier tome de la série Les Artilleuses, je n’ai pas hésité une seconde, ravie de retourner dans ce Paris qui m’a tellement plu et je dois dire que cette bande dessinée a comblé mes attentes.

L’univers est bel et bien là, formidablement mis en images par Etienne Willem : l’atmosphère, les décors, personnages, costumes, véhicules… on en prend plein les yeux.

J’ai beaucoup aimé son style graphique qui se met merveilleusement au service de l’histoire et de l’univers créés par Pierre Pevel.

Les trois héroïnes, ces artilleuses braqueuses de banque (une magicienne, une humaine et une fée) sont badasses à souhait, sympathiques et sexy en diable, avec des personnalités propres, que l’on a plaisir à suivre de la première à la dernière page.

Les dialogues sont percutants, l’histoire est menée tambour battant avec des scènes de poursuites, de règlements de comptes très rythmées qui font que l’on tourne les pages avec avidité et que l’on arrive trop vite au point final.

C’est bien là mon bémol : avec ce premier tome, les auteurs plantent le décor, nous présentent les personnages mais tout va tellement vite, que ça manque un peu de profondeur pour moi.

Quelques pages supplémentaires n’auraient pas été superflues notamment pour que l’on cerne mieux les trois héroïnes, les différents protagonistes et les enjeux de l’histoire.

Ceci mis à part, c’est une formidablement bande dessinée tant par l’histoire que par l’ambiance, qui met les femmes à l’honneur, avec une pointe d’humour. Une série qui plaira aux amateurs et amatrices du Paris des merveilles, ça ne fait aucun doute, pour ma part j’ai beaucoup aimé !

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Catel Muller, dite Catel, diplômée des Arts Décoratifs de Strasbourg, démarre en 1990 une fructueuse carrière de dessinatrice de presse et d’illustratrice jeunesse, avec une centaine d’ouvrages à son actif auprès de la plupart des éditeurs spécialisés. Son dernier album dessiné pour les enfants, « Le monde de Lucrèce », écrit par Anne Goscinny, vient de paraître chez Gallimard. En parallèle, depuis 2000, Catel s’adresse à un public adulte. Sa « Lucie » (Casterman, 2003) a ouvert la voie à une certaine bande dessinée féminine, volontiers féministe, aux préoccupations contemporaines.

Formée aux arts appliqués et au dessin d’animation, Claire Bouilhac accompagne les débuts des éditions Cornélius en créant, en 1994, le personnage de « Francis Blaireau Farceur » avec Jake Raynal au scénario. Sept albums ont été publiés à ce jour. Toujours avec Jake Raynal, elle est la première dessinatrice à intégrer l’équipe du mensuel ?Fluide Glalcial’, pour lequel les deux complices signent les exploits d’une flamboyante espionne rousse, « Melody Bondage ».

Paris, sous le règne d’Henri II. Mademoiselle de Chartres est très belle. Les hommes les plus nobles de la cour d’Henri II souhaiteraient en faire l’élue de leur cœur, mais la demoiselle est d’une trop petite noblesse aux yeux de leurs pères !

Qu’à cela ne tienne, Madame de Chartres veut un beau parti pour sa fille unique et elle l’aura. Son choix va se poser sur le Prince de Clèves, de nombreuses années l’aîné de mademoiselle de Chartres.

La jeune fille consent à l’union, en même temps elle n’a pas trop le choix, l’époque n’est pas au mariage d’amour.

Monsieur de Clèves est fort amoureux de sa belle épouse qui lui voue beaucoup de reconnaissance, mais d’amour point. Elle est assez heureuse ainsi, son mari est galant et prévenant.

Sa vie se partage entre la cour, la Maison de la Dauphine et ses appartements, châteaux. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si son chemin n’avait pas croisé celui du plus bel homme de France, le Duc de Nemours, dont elle tombe sitôt amoureuse…

Écrit en 1678 par Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves est un roman fondateur, directement inspiré du premier courant féministe de la littérature : la préciosité. C’est aussi l’un des classiques les plus célébrés et lorsque l’on fait des études de lettres, on y vient forcément un jour.

Dans cette histoire, la jeune Mademoiselle de Chartres y fait ses premiers pas dans la cour du roi de France, Henri II. Entre cabales, médisances et galanteries, elle rencontre l’amour dans un univers pétri de conventions.

En retournant à son avantage les idéaux féminins stéréotypés de l’époque (la solitude, le silence, le secret, la retenue, la décence et la discrétion), la princesse de Clèves expose une forme de féminisme inédit, basé sur l’estime de soi où la raison triomphe de la passion et où l’amour reste platonique.

Hélas pour moi, je suis assez hermétique aux romans du XVIIè siècle, à deux ou trois exceptions près telles que La guerre amoureuse des Gaules de Bussy-Rabutin, Le page disgracié de Tristan L’hermite ou Le roman comique de Scarron..

Et si j’admire beaucoup le courant de la préciosité, les titres issus de ce courant (L’astrée d’Honoré d’Urfé, les romans de Mademoiselle de Scudéry…) me sont toujours tombés des mains, la faute à leur style, tournures de phrases…

Ce roman de Madame de Lafayette m’était donc tombée lui aussi des mains mais comme j’étais curieuse de découvrir le fin mot de cette histoire, je me suis tournée vers son adaptation graphique par Catel et Claire Bouilhac.

Et comme j’ai bien fait car non seulement, les autrices sont restées éminemment fidèle au texte écrit par Madame de La Fayette mais elles nous proposent en sus, un prologue et un épilogue signés Catel où l’autrice est présentée avec La Rochefoucauld d’une part, et Madame de Sévigné d’autre part.

L’histoire est magnifiquement mise en dessin par Claire Bouilhac, de la première page à la dernière, j’ai été émerveillée par la qualité de son travail, tant au niveau des personnages que des costumes, des décors, des châteaux… tout est sublime !

La mise en couleurs est également magnifique et on en prend plein les yeux pendant plus de deux cent pages.

L’histoire, quant à elle, est celle d’un amour entre deux jeunes gens beaux et bien nés, fréquentant la cour d’Henri II, on le sait car l’autrice le mentionne et les costumes sont très fidèles à cette époque, pour autant ce récit pourrait avoir pour décor un autre siècle, une autre cour, qu’on ne verrait pas la différence.

Aucune référence en effet à la politique ni aux remous religieux de ce siècle qui a connu plusieurs guerres entre catholiques et protestants, ainsi l’a voulu Madame de La Fayette…

Je vous recommande vivement ce roman graphique, que vous ayez aimé le roman ou non, la qualité de l’ouvrage mérite grandement qu’on le découvre !

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Licenciée en Journalisme et Communication de L’Université Libre de Bruxelles, Chantal van den Heuvel est auteure de romans et de contes pour enfants, ainsi que de scénarios pour la BD, la télévision et le cinéma.

Décembre 1926. Agatha Christie, alors écrivaine à succès, disparaît sans laisser de traces. Toute la presse britannique s’empare du drame et une véritable enquête, digne de ses meilleurs romans, est menée pour la retrouver.

Suicide d’une femme délaissée, meurtre commandité par son époux infidèle ou coup de publicité d’une romancière voulant renforcer le succès de ses livres ? Les hypothèses ne manquent pas pour élucider l’affaire et surtout tenter de résoudre l’énigme Agatha Christie…

Romancière de génie, femme libre et indépendante, le personnage d’Agatha Christie n’a cessé de fasciner, tant par son œuvre que par ce qu’elle a incarné pour la société anglaise et pour son époque.

La mystérieuse affaire Agatha Christie est unebiographie graphique écrite par Chantal van den Heuvel et mise en image par Nina Jacqmin. L’ouvrage, construit comme une enquête de la romancière, nous raconte autant le destin d’une femme d’exception qu’il est une ode à l’écriture et à la capacité de créer.

Les autrices se sont davantage attachées à l’Agatha intime plutôt qu’à la fabuleuse production littéraire de la reine du crime. Une Agatha dont le riche imaginaire, qui puise ses racines dans une enfance pleine de fantaisie, lui a permis d’affronter le réel, les pertes qu’inflige la vie, les amours trahies.

Car derrière l’image « so british » d’une respectable lady se cachait sans doute une petite fille qui n’a pas voulu grandir. Et s’il était là, le mystère de Dame Agatha Christie et de sa prodigieuse créativité ?

En un peu plus de soixante-dix de pages, les autrices reviennent sur le parcours de celle qui a écrit 80 romans et nouvelles vendus à deux milliards d’exemplaires dans le monde et créé des personnages aussi emblématiques du roman policier que sont Hercule Poirot, Miss Marple, Ariadne Oliver (son double de papier) et Tommy et Tuppence Beresford.

Résumer la vie complète de Dame Agatha en si peu de pages est impossible, Chantal van den Heuvel et Nina Jacqmin préfèrent revenir en détails sur les pans les plus importants de sa vie.

L’ouvrage débute sur la disparition brutale et mystérieuse de la romancière en 1926 qui a fait couler beaucoup d’encre à l’époque. Une disparition mise en scène par Agatha Christie pour se venger des infidélités de son premier mari.

Elles reviennent aussi sur son enfance choyée, son rôle pendant la première guerre mondiale, ses deux mariages, la naissance de sa fille, ses voyages archéologiques en compagnie de son second époux… ce qui nous permet d’appréhender dans les grandes lignes ce que fut sa vie.

Mais ce qui est passionnant c’est de découvrir la femme derrière l’auteure éclipsée par ses personnages, sa psychologie. Nous avons l’image d’une vieille dame la concernant, volontiers conservatrice, alors qu’elle était en fait une femme moderne, éprise de liberté et d’indépendance.

Mettre ainsi toute une vie sous forme dessinée a quelque chose d’attrayant, les planches de Nina Jacqmin sont simples mais très jolies, on a plaisir à les parcourir et à découvrir la vie extraordinaire de la reine du crime.

Toutefois, si vous connaissez déjà la vie de la romancière sur le bout des doigts, vous ne découvrirez rien à la lecture de cette bande dessinée mais si vous êtes néophyte, ce titre est une bonne entrée en matière pour se familiariser avec la personnalité de cette romancière.

Si pour ma part, je n’ai rien appris de nouveau, j’ai passé un agréable moment de lecture !

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Après son adaptation d’Au revoir là haut, Christian de Metter s’est attelé à l’adaptation de Couleurs de l’incendie avec la collaboration de Pierre Lemaitre.

Février 1927. Après le décès de Marcel Péricourt, sa fille unique, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement.

Le jour de ses obsèques qui réunit le Tout-Paris dont le président de la République, Gaston Doumergue, elle assiste, impuissante, à la chute de son fils Paul qui se défenestre et atterrit sur le cercueil de son grand-père. Cet accident laisse l’enfant âgé de sept ans, paralysé.

Unique héritière d’un immense empire, elle doit prendre la tête de la banque familiale alors qu’elle ne possède aucune compétence dans ce domaine. Divorcée du lieutenant Pradelle emprisonné pour escroquerie, elle se retrouve entourée de conseillers peu scrupuleux dont Gustave Joubert, le bras droit de son père, et Charles Péricourt, son oncle.

Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie.

Rue de Sèvres continue d’adapter de grands romans au format graphique et c’est tant mieux car à chaque fois, la qualité est au rendez-vous et je me régale de chacune de mes lectures. Celle-ci n’a pas fait exception.

Après mon coup de cœur pour le roman éponyme signé Pierre Lemaitre en décembre dernier, j’ai eu envie de découvrir Couleurs de l’incendie par Christian de Metter.

L’histoire étant encore très fraiche dans ma mémoire, je peux d’ores et déjà vous dire que si le dessinateur a fait des impasses sur certains aspects de l’histoire, ce qui est inévitable lorsque l’on adapte une brique, cette bande dessinée est respecte néanmoins la trame du roman brillamment écrit par Pierre Lemaitre.

On suit ici plus particulièrement Madeleine et c’est par elle que l’on découvre l’histoire alors que dans le roman, elle est certes l’héroïne, mais Pierre Lemaitre donne la parole à toute une galerie de personnages, ici simples figurants.

Madeleine, ruinée par trois hommes en qui elle avait confiance, va mettre en place leur chute que sa ruine a projeté au firmament des affaires, du journalisme ou de la politique.

Christian de Metter s’est donc vraiment concentré sur Madeleine et sa vengeance à la Edmond Dantès pour construire son adaptation, laissant de côté de grands pans de l’histoire originelle.

Roman passionnant, fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Couleurs de l’incendie est un grand roman historique, flamboyant et jubilatoire.

Avec l’adaptation, on perd cette intensité, la complexité des personnages et de l’intrigue, tout est forcément plus concentré et raccourci à l’essentiel puisque le roman graphique compte quatre cent pages de moins que le récit initial.

J’ai néanmoins beaucoup apprécié ce roman graphique, j’ai aimé le travail de Christian de Metter sur les couleurs autour du sépia, les fonds et les décors que j’ai trouvé très réussis.

Nettement moins goûté, en revanche, la façon dont il croque les visages que je trouve trop épais mais c’est totalement subjectif bien sûr.

Si vous avez adoré le roman et que vous êtes curieux de découvrir son adaptation, je ne peux que vous encourager à le faire. Si vous n’avez pas encore lu le roman, il n’est jamais trop tard pour le lire d’autant qu’il est disponible au format poche ou numérique commencez tout de même par Au revoir là haut, le premier tome de la trilogie même si les deux volumes peuvent se lire séparément.

Un grand merci à Rue de Sèvres pour m’avoir permis de découvrir cette belle adaptation !

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Vous êtes né(e) sous Pompidou ou sous Giscard ? Vous avez bu du Tang et croqué des Treets ? Vous connaissez le numéro de téléphone de Guy Darbois et la recette du gloubi-boulga ? Alors ce livre est pour vous !

Flash-back dans les années 60 à 80… Vous vous souvenez quand il fallait se lever pour aller répondre à l’unique téléphone fixe de la famille qui se trouvait généralement dans le couloir ?

Des speakerines qui annonçaient le programme du soir juste après le jingle publicitaire d’Antenne 2 avec la pomme, celui qui faisait… A 222222 ou encore quand papa écoutait sur l’autoradio de la Renault 12, le dernier Sardou sur cassette doubles faces ? «Ah là là quel panard !»

Hervé Éparvier et Soledad Bravi reprennent et croquent toujours avec humour, des scènes de la vie quotidienne, des expressions, des modes que, nous, nos parents ou nos grands-parents avons connu.

Au-delà du constat que les temps ont bien changé, c’est surtout l’occasion de sourire, se remémorer, partager avec les anciennes et nouvelles générations des souvenirs personnels, des instants oubliés. Alors, comme le disait Patrick Sabatier, Stop ou Encore ?!

Je n’ai fait qu’une bouchée de C’était mieux avant qui m’a replongé dans mon enfance. Je suis née au début des années 70 et j’ai redécouvert avec bonheur tout ce qui fait le sel de cette décennie.

Les auteurs décortiquent pour nous toutes ces petites choses qui ponctuaient notre quotidien et dont on se souvient avec un certain bonheur. Nostalgique de cette époque heureuse et insouciante ?

Certainement un peu même si je ne regrette pas la mode et la décoration de cette époque qui piqueraient sacrément mes yeux d’aujourd’hui. Qui aurait envie de remettre des sous-pulls en acrylique, des pantalons en laine, d’arborer la coupe au bol et autres joyeusetés ? Pas moi, je vous l’assure !

En une centaine de pages, on revient sur le quotidien de ces années 70 : les vacances, l’école, la télévision, les repas du dimanche, le téléphone, les voitures, la mode, la décoration, les métiers (depuis disparus), le cinéma, le film du dimanche soir, la musique et bien d’autres choses encore.

On referme cet album le sourire aux lèvres, ravis d’être repartis le temps d’une lecture dans cette décennie où les jeux vidéos et les réseaux sociaux n’existaient pas, une époque où l’on prenait le temps de vivre, de buller et aussi de s’ennuyer.

Une ère où les ceintures de sécurité n’existaient pas, où nos parents picolaient un petit verre de rosé sur la route des vacances, nous enfumaient allègrement, où je regardais L’île aux enfants et Candy, une époque d’insousiance et de liberté dont je me rappelle avec plaisir.

Si vous avez connu les années 70 ou que vous souhaitez les connaître, C’était mieux avant est pour vous, en tout cas, je vous le recommande.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture pleine de nostalgie, j’ai adoré !

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Kan Takahama est née à Amakusa, dans la préfecture de Kumamoto. Diplômée de la faculté des beaux-arts de l’université de Tsukuba, elle a publié Kinderbook, Mariko Parade (avec Frédéric Boilet), L’Eau amère, 2 expressos, SAD GIRL ou encore Tokyo, amour et libertés (à paraître). Kinderbook a reçu en 2004 le prix de la meilleure histoire courte de la revue américaine The Comics Journal. Elle connaît un succès international et la plupart de ses livres sont traduits en France.

Indochine française, 1930. La narratrice, c’est l’autrice elle-même, Marguerite Duras. Elle a 15 ans et vit en Indochine avec sa mère, veuve et ses deux frères. Une existence de jeune fille pauvre car sa mère a des dettes et son frère aîné, opiomane notoire, dilapide le peu d’argent qui rentre à la maison.

Pensionnaire dans un lycée pour étudier les mathématiques, elle ne rêve que de devenir écrivain. Sur le bac qui traverse le Mékong séparant son lycée de sa pension, elle fait la connaissance d’un riche chinois.

Ils tombent éperdument amoureux et commencent une relation faite d’amour et d’argent qui durera un an et demi durant lequel ils se verront régulièrement. Marguerite devra faire face à la honte, la peur, la jalousie et parvenir à trouver sa place au sein d’une famille où il est difficile de s’imposer.

Si je suis imperméable au style de Marguerite Duras, j’avais beaucoup aimé le film signé Jean-Jacques Annaud, tiré de son roman le plus célèbre : L’amant. Ce roman autobiographique racontait son premier amour, une histoire charnelle et intense, que Marguerite Duras aura du mal à oublier.

Je n’ai fait qu’une bouchée de son adaptation en manga par la talentueuse Kan Takahama, autrice par ailleurs de La lanterne de Nyx, Le goût d’Emma et Le dernier envol du papillon, tous dans ma wish list.

Rue de Sèvres continue d’adapter de grands romans au format graphique et c’est tant mieux car à chaque fois, la qualité est au rendez-vous et je me régale de chacune de mes lectures, celle-ci n’a pas fait exception à la règle et je suis emballée par le travail formidable de Kan Takahama qui m’a éblouie.

En une centaine de pages et peu de dialogues, la mangaka, grande admiratrice de Marguerite Duras nous conte ce titre emblématique de la romancière française.

Comme elle l’explique dans sa préface, par ailleurs très intéressante, ne la zappez pas, elle est allée sur les traces de cet amour et de leurs protagonistes, à Ho Chi Minh Ville, voir les lieux où est née cette histoire : l’école fréquentée par Marguerite, son pensionnat, sa maison, celle du chinois sur la rive du Mékong, etc., qu’elle retranscrit merveilleusement, tout comme l’atmosphère chaude et moite.

Le scénario de Kan Takahama va droit au but, à l’essentiel, sans fioriture, elle se concentre sur la sensualité, l’initiation sexuelle de Marguerite Duras qui voit dans son histoire avec le chinois, un moyen d’émancipation sociale.

Lui, est très amoureux, mais il se conformera à ce que son père attend de lui : un mariage avec une jeune fille chinoise de bonne famille.

Elle, pense uniquement se servir de lui, comme un pygmalion sexuel et une bonne manière d’améliorer la situation financière familiale mais au final, elle s’apercevra, qu’elle aussi, avait des sentiments.

L’accent est mis sur les personnages qui ressemblent au plus près aux protagonistes d’origine, leurs traits sont fins mais ils ne sont pas particulièrement beaux, ont un physique somme toute banal, ce que Marguerite Duras aurait approuvé, elle qui n’avait pas apprécié que les acteurs d’Annaud soient sublimes.

Les décors sont volontairement épurés, les couleurs chaudes sont très bien choisies, quant au jeu d’ombre et de lumière, il est totalement maitrisé. Les planches sont à tomber, Kan Takahama joue également sur les changements de cases, apporte du flou à certaines scènes, elle fait, vous l’aurez compris, un travail de haute volée qu’il convient de saluer.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture, j’ai adoré et je vous la conseille !

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La profusion de figures, d’itinéraires et de caractères fait la froce de la gastronomie française d’aujourd’hui. A l’origine d’une belle table, il y a une longue chaine d’artisans qui s’activent saison après saison.

Dans ce roman graphique, Yves Camdeborde nous fait découvrir les coulisses de son métier. A travers quatre saisons, nous allons avec lui à la rencontre des terroirs de ce grand chef, pionnier de la bistrologie.

Ils sont apiculteurs, maraîchers, vignerons, bouchers, fromagers, éleveurs… Ce sont les fournisseurs d’Yves Camdeborde depuis des années, qui sont tous devenus ses amis et avec qui ils partagent le goût du bien-manger et du bien-produire.

Frères de terroirs c’est un an de rencontres avec les producteurs favoris du chef cuisinier, mis en dessin par Jacques Ferrandez, pour aller à la découverte de chasseurs de truffes, pêcheurs de brochets et vignerons aux quatre coins de la France.

Dans les pas du chef et du dessinateur, on va, entre autres, déguster du miel de Corse, préparer du porc noir de Bigorre, récolter des herbes fraîches chez une maraîchère bretonne, et découvrir les arcanes de l’importation d un bon café.

Pour apprécier cet ouvrage, il vaut mieux s’intéresser ou tout du moins avoir la curiosité de découvrir ce qu’est réellement le métier de chef qui est loin de se cantonner à ses fourneaux mais qui sillonne aussi la France à la recherche des meilleurs produits afin de les sublimer.

Je n’ai pas vraiment adhéré aux dessins de Jacques Ferrandez mais ici le contenu prime sur le contenant, ça ne m’a donc pas trop gêné. J’ai aimé aller à la rencontre de toutes ces personnes dont les métiers et savoir-faire permettent à la gastronomie française de rayonner.

Chaque histoire est assez intéressante, les anecdotes sont souvent croustillantes, pleines d’humour. Et cerise sur le gâteau, à la fin de chaque chapitre, le chef propose un menu et des recettes qui m’ont souvent fait saliver.

J’ai beaucoup apprécié le message porté par Yves Camdeborde et ses amis : respect de la terre et de la nature avec des pratiques à l’ancienne. Ils ont aussi en commun de privilégier la qualité et non la quantité, quitte à vivre simplement.

Un projet sincère et dans l’air du temps, qui rappelle qu’une alimentation réfléchie est possible et donne à voir des facettes méconnues des métiers de bouche de l’hexagone.

Deux petits bémols toutefois : on se sent parfois un peu exclu de ces ripailles entre potes et je trouve la place du vin trop grande par rapport aux autres producteurs, en tout cas elle m’intéresse moins.

Il n’empêche que je conseille à tous les ripailleurs et amoureux de la cuisine et des bons produits Frères de terroirs, j’ai pour ma part appris beaucoup de choses et passé un bon moment en compagnie de Jacques Ferrandez et Yves Camdeborde.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture gourmande !

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« Zola », réalisé par la scénariste Méliane Marcaggi et la dessinatrice Alice Chemana est leur premier album.

En 1864, Emile Zola est encore jeune pigiste chez Hachette. Discret mais brillant, il rêve de devenir écrivain. Il fréquente bon nombre de peintres, figures artistiques majeures en devenir (Cézanne, Monet, Manet, etc.).

C’est à cette occasion, qu’il fait la connaissance de la vivante et énigmatique Alexandrine, alias Gabrielle, devenue modèle afin d’échapper à sa condition d’ouvrière.

Mutuellement séduits, ils entament une relation amoureuse au grand dam de Madame Zola mère qui voit cela d’un mauvais œil. Ils finiront tout de même par s’épouser quelques années plus tard après avoir vécu en concubinage.

En plus de son quotidien, elle partagera avec Zola son histoire personnelle tragique, et celle de son milieu de naissance misérable, qui servira de terreau à l’une des plus grande saga littéraire, politique et sociale de la seconde moitié du XIXe siècle : les Rougon-Macquart.

Les années passent, la situation des Zola devient florissante et Alexandrine engage une jeune lingère Jeanne Rozerot, qui va devenir la maitresse d’Emile et la mère de ses deux enfants…

On connaît l’immense écrivain des Rougon-Macquart et l’auteur engagé de « J’accuse » mais que savons-nous de l’Emile Zola intime et amoureux ? Quelles ont été les femmes de sa vie ? Comment l’ont-elles aidé à accomplir son œuvre ? Au prix de quels sacrifices ?

Méliane Marcaggi et Alcie Chemana nous proposent de répondre à toutes ces questions dans Les Zola, une remarquable fresque graphique qui nous emporte dans le sillage d’Emile et Alexandrine Zola, au cœur d’une France en pleine mutation et d’un Paris des artistes et des ouvriers.

Vous le savez, j’aime beaucoup les biographies graphiques qui nous permettent de découvrir les grandes lignes d’une vie et celle-ci se révèle très intéressante car Méliane Marcaggi nous permet de découvrir l’intimité d’un grand écrivain, l’intimité d’un couple très uni et surtout de mettre en lumière Alexandrine qui restera l’épouse du romancier naturaliste, en dépit de deux enfants adultérins.

Car Emile ne se résoudra jamais au divorce : Alexandrine fut celle qui accompagna l’ascension de Zola et qui sera sa veuve. Elle va jouer un rôle majeure dans la vie et l’œuvre de l’écrivain et une organisatrice hors pair de diners à Paris et à Medan, restés célèbres.

Leur histoire d’amour est belle et touchante : Alexandrine est très dévouée à son homme et elle aura une influence déterminante dans sa vie et dans son œuvre. Sans elle, il n’est pas certain que Zola aurait percé et eut la carrière et le succès qu’il a connu.

Elle va faire découvrir à ce fils d’un immigré italien les bas quartiers, et surtout le pousser à écrire des romans (contre l’avis de sa mère), alors qu’il travaille au service publicité des écrivains chez Hachette.

Cette bande dessinée dépeint aussi toute l’ambiance d’une époque, on y croise ceux qui ont fait partie du cercle de Zola : des peintes comme Manet, Cézanne mais aussi Edmont de Goncourt, Guy de Maupassant, Alphonse Daudet, Georges Charpentier, Georges Clémenceau…

Si le scénario est intéressant, précis et rigoureusement documenté, les illustrations d’Alice Chemana ne sont pas en reste et sont un véritable atout : chaque dessin est merveilleux et ressemble à une aquarelle.

La mise en couleur est subtile et élégante, le dessin, précis et réaliste, ce qui colle parfaitement avec la mise en page et la colorisation.

Vous l’aurez compris je ne peux que vous recommander Les Zola pour lequel j’ai eu un véritable coup de cœur !

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Irena Sendlerowa a réellement existé. Membre du centre citoyen d’aide sociale pendant la seconde guerre mondiale, elle s’engagea dans la résistance et sauva 2500 enfants du ghetto de Varsovie.

Nous sommes en 1983 à Yad Vashem, au mémorial de la Shoah à Jérusalem. Irena a enfin été autorisée par les autorités communistes Polonaises à venir planter son arbre dans l’allée des Justes parmi les nations, dix-huit ans après avoir été honorée.

C’est ici qu’elle rencontre une jeune femme qu’elle a sauvée, et sa petite fille. Irena leur raconte son histoire, son retour de l’enfer de la torture en 1944, à Varsovie, la fin de la guerre… et le début d’un autre combat.

Jean-David Morvan au scénario et Séverine Tréfouël / David Evrard aux illustrations, retracent sur quatre albums le combat humaniste de Irena Sendlerowa, cette « mère des enfants de l’Holocauste », un destin incroyable et une femme exceptionnelle à tous points de vue.

J’avais eu un coup de cœur pour les deux premiers volumes de cette série : Le guetto et Les justes, Varso-Vie m’avait émue aux larmes et ce quatrième volume, Je suis fier de toi, est tout aussi réussi.

Cette bande dessinée classée jeunesse n’est en aucun cas à mettre dans les mains des plus jeunes et se destine plutôt aux adolescents et aux adultes, et en tout cas, pas aux âme sensibles car il y a des scènes atroces de tortures et d’exécutions sommaires, de lentes agonies d’êtres humains affamés, qu’ils soient vieillards, adolescents ou enfants, assez insoutenables, rien ne nous est épargné, même si le dessin naïf et doux de David Evrard vient adoucir certaines situations.

Le travail de documentation des auteurs est remarquable et leur approche est très pédagogique car l’histoire se lit facilement et propose différents niveaux de lectures permettant aux adultes de prendre conscience des atrocités de cette période tout en restant accessible à des lecteurs plus jeunes qu’il faut néanmoins accompagner dans cette lecture car certains passages, vous vous en doutez, sont très durs et ne sont pas à mettre dans les mains des plus émotifs.

Il est essentiel de continuer à parler de la shoah et des Justes afin que les plus générations soient sensibilisées à l’heure où de plus en plus de pays ont la tentation du repli sur soi et du nationalisme.

Au-delà de la personnalité de son héroïne, cette bande dessinée met en avant de belles valeurs comme l’altruisme, la générosité, l’entraide et le courage. Elle devrait être donnée à lire aux collégiens de 3è qui ont la Shoah au programme de leurs cours d’histoire.

Toucher, émouvoir, parler d’hier pour raconter aujourd’hui, une mission remplie haut la main par Jean-David Morvan, Séverine Tréfouël et David Evrard, je vous recommande vivement les quatre volumes !

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