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« Zola », réalisé par la scénariste Méliane Marcaggi et la dessinatrice Alice Chemana est leur premier album.

En 1864, Emile Zola est encore jeune pigiste chez Hachette. Discret mais brillant, il rêve de devenir écrivain. Il fréquente bon nombre de peintres, figures artistiques majeures en devenir (Cézanne, Monet, Manet, etc.).

C’est à cette occasion, qu’il fait la connaissance de la vivante et énigmatique Alexandrine, alias Gabrielle, devenue modèle afin d’échapper à sa condition d’ouvrière.

Mutuellement séduits, ils entament une relation amoureuse au grand dam de Madame Zola mère qui voit cela d’un mauvais œil. Ils finiront tout de même par s’épouser quelques années plus tard après avoir vécu en concubinage.

En plus de son quotidien, elle partagera avec Zola son histoire personnelle tragique, et celle de son milieu de naissance misérable, qui servira de terreau à l’une des plus grande saga littéraire, politique et sociale de la seconde moitié du XIXe siècle : les Rougon-Macquart.

Les années passent, la situation des Zola devient florissante et Alexandrine engage une jeune lingère Jeanne Rozerot, qui va devenir la maitresse d’Emile et la mère de ses deux enfants…

On connaît l’immense écrivain des Rougon-Macquart et l’auteur engagé de « J’accuse » mais que savons-nous de l’Emile Zola intime et amoureux ? Quelles ont été les femmes de sa vie ? Comment l’ont-elles aidé à accomplir son œuvre ? Au prix de quels sacrifices ?

Méliane Marcaggi et Alcie Chemana nous proposent de répondre à toutes ces questions dans Les Zola, une remarquable fresque graphique qui nous emporte dans le sillage d’Emile et Alexandrine Zola, au cœur d’une France en pleine mutation et d’un Paris des artistes et des ouvriers.

Vous le savez, j’aime beaucoup les biographies graphiques qui nous permettent de découvrir les grandes lignes d’une vie et celle-ci se révèle très intéressante car Méliane Marcaggi nous permet de découvrir l’intimité d’un grand écrivain, l’intimité d’un couple très uni et surtout de mettre en lumière Alexandrine qui restera l’épouse du romancier naturaliste, en dépit de deux enfants adultérins.

Car Emile ne se résoudra jamais au divorce : Alexandrine fut celle qui accompagna l’ascension de Zola et qui sera sa veuve. Elle va jouer un rôle majeure dans la vie et l’œuvre de l’écrivain et une organisatrice hors pair de diners à Paris et à Medan, restés célèbres.

Leur histoire d’amour est belle et touchante : Alexandrine est très dévouée à son homme et elle aura une influence déterminante dans sa vie et dans son œuvre. Sans elle, il n’est pas certain que Zola aurait percé et eut la carrière et le succès qu’il a connu.

Elle va faire découvrir à ce fils d’un immigré italien les bas quartiers, et surtout le pousser à écrire des romans (contre l’avis de sa mère), alors qu’il travaille au service publicité des écrivains chez Hachette.

Cette bande dessinée dépeint aussi toute l’ambiance d’une époque, on y croise ceux qui ont fait partie du cercle de Zola : des peintes comme Manet, Cézanne mais aussi Edmont de Goncourt, Guy de Maupassant, Alphonse Daudet, Georges Charpentier, Georges Clémenceau…

Si le scénario est intéressant, précis et rigoureusement documenté, les illustrations d’Alice Chemana ne sont pas en reste et sont un véritable atout : chaque dessin est merveilleux et ressemble à une aquarelle.

La mise en couleur est subtile et élégante, le dessin, précis et réaliste, ce qui colle parfaitement avec la mise en page et la colorisation.

Vous l’aurez compris je ne peux que vous recommander Les Zola pour lequel j’ai eu un véritable coup de cœur !

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Irena Sendlerowa a réellement existé. Membre du centre citoyen d’aide sociale pendant la seconde guerre mondiale, elle s’engagea dans la résistance et sauva 2500 enfants du ghetto de Varsovie.

Nous sommes en 1983 à Yad Vashem, au mémorial de la Shoah à Jérusalem. Irena a enfin été autorisée par les autorités communistes Polonaises à venir planter son arbre dans l’allée des Justes parmi les nations, dix-huit ans après avoir été honorée.

C’est ici qu’elle rencontre une jeune femme qu’elle a sauvée, et sa petite fille. Irena leur raconte son histoire, son retour de l’enfer de la torture en 1944, à Varsovie, la fin de la guerre… et le début d’un autre combat.

Jean-David Morvan au scénario et Séverine Tréfouël / David Evrard aux illustrations, retracent sur quatre albums le combat humaniste de Irena Sendlerowa, cette « mère des enfants de l’Holocauste », un destin incroyable et une femme exceptionnelle à tous points de vue.

J’avais eu un coup de cœur pour les deux premiers volumes de cette série : Le guetto et Les justes, Varso-Vie m’avait émue aux larmes et ce quatrième volume, Je suis fier de toi, est tout aussi réussi.

Cette bande dessinée classée jeunesse n’est en aucun cas à mettre dans les mains des plus jeunes et se destine plutôt aux adolescents et aux adultes, et en tout cas, pas aux âme sensibles car il y a des scènes atroces de tortures et d’exécutions sommaires, de lentes agonies d’êtres humains affamés, qu’ils soient vieillards, adolescents ou enfants, assez insoutenables, rien ne nous est épargné, même si le dessin naïf et doux de David Evrard vient adoucir certaines situations.

Le travail de documentation des auteurs est remarquable et leur approche est très pédagogique car l’histoire se lit facilement et propose différents niveaux de lectures permettant aux adultes de prendre conscience des atrocités de cette période tout en restant accessible à des lecteurs plus jeunes qu’il faut néanmoins accompagner dans cette lecture car certains passages, vous vous en doutez, sont très durs et ne sont pas à mettre dans les mains des plus émotifs.

Il est essentiel de continuer à parler de la shoah et des Justes afin que les plus générations soient sensibilisées à l’heure où de plus en plus de pays ont la tentation du repli sur soi et du nationalisme.

Au-delà de la personnalité de son héroïne, cette bande dessinée met en avant de belles valeurs comme l’altruisme, la générosité, l’entraide et le courage. Elle devrait être donnée à lire aux collégiens de 3è qui ont la Shoah au programme de leurs cours d’histoire.

Toucher, émouvoir, parler d’hier pour raconter aujourd’hui, une mission remplie haut la main par Jean-David Morvan, Séverine Tréfouël et David Evrard, je vous recommande vivement les quatre volumes !

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Salut, l’Amérique ! Je suis venu te conquérir ! Il n’est pas une femme, un homme, un enfant, qui n’aura pas mon nom aux lèvres ! Laurent Seksik et David François explorent la vie tumultueuse de l’un des plus grands artistes de tous les temps dans un triptyque intimiste et flamboyant.

Octobre 1912. Charles Spencer Chaplin débarque aux États-Unis la tête pleine de rêves et d’ambition. Son nom, il le voit déjà en grosses lettres sur la 5e avenue.

Comment un garçon, né dans un quartier pauvre de Londres, de deux parents artistes ratés, père alcoolique, mère folle, avec une enfance à la Oliver Twist, a pu devenir, à 25 ans, le plus grand cinéaste de son temps, en mettant Hollywood ses pieds ?

L’inventeur du cinéma moderne, un créateur visionnaire et un acteur d’exception, légende vivante, porte-parole des misérables, des moins que rien, des vagabonds, et producteur immensément riche, artiste engagé dans tous les combats de son temps, dictatorial avec les siens, et que son amour des femmes rend un colosse aux pieds d’argile dans l’Amérique puritaine.

C’est cette conquête de l’Amérique que retrace ce premier volume consacré à Charlie Chaplin : En Amérique ! L’aventure que nous raconte ici Laurent Seksik débute en 1910 quand il quitte l’Angleterre pour les Etats-Unis et se termine vers 1920, en pleine notoriété puisqu’il est déjà une des personnalités les plus connues au monde.

Comme je vous le confessais sur Instagram (abonnez-vous ici si vous ne m’y suivez pas encore car j’y dévoile mes réceptions livresques, mes premières impressions de lectures…), je suis une grande admiratrice de Charlie Chaplin, un génie du 7ème art tour à tour acteur, réalisateur, producteur, musicien, scénariste de ses films, créateur de l’iconique personnage de Charlot, ce vagabond au grand coeur.

Mais si je connais assez bien l’œuvre, la vie de cet artiste m’est inconnue et je compte bien sur cette trilogie signée Laurent Seksik au scénario et David François aux dessins pour me faire découvrir l’Homme derrière l’Artiste.

Il ne faut pourtant pas croire que ce roman graphique est une biographie linéaire de Charlie Chaplin, elle a plutôt pour vocation de mettre certains éléments de sa vie personnelle en lumière. Dans ce premier volume, on voit la relation fraternelle proche et très touchante qu’entretiennent Charlie et de son frère aîné, Sidney Chaplin, qui va se consacrer quasiment exclusivement à la gestion de la carrière de son frère.

On voit également Charlie dans sa vie amoureuse mouvementée, notamment la façon dont s’est noué son premier mariage avec Lita Grey. Ce qui est surtout intéressant ici c’est de se rendre compte de la façon dont s’est construit la carrière du comédien, et de découvrir son sens inné des affaires qui vont faire de lui un homme riche et puissant.

Il est aussi question du scandale en pleine guerre mondiale qui l’a touché de plein fouet : Chaplin était anglais et à ce titre aurait du être mobilisé. Il va alors participer à l’effort de guerre en réalisant une tournée d’un mois aux États-Unis pour lever des fonds pour les alliés et en réalisant Charlot soldat, après s’être fait réformer pour cause de maigreur, un simple prétexte car Chaplin ne voulait pas se retrouver dans les tranchées.

Les dessins de David François tantôt en noir et blanc pour évoquer l’enfance malheureuse de Chaplin et en couleur pour évoquer son destin hollywoodien servent bien le propos, j’ai beaucoup aimé cette maîtrise des couleurs même si j’avoue, j’ai peu goûté sa façon de dessiner les visages.

Il y a des changements de rythme bien vus : tantôt un seul dessin par page, tantôt des grandes cases sur fond noir à l’horizontale ou un découpage plus classique, tous ces changements apportent une dynamique que j’ai vraiment apprécié.

Si l’on sent que les auteurs vouent une profonde admiration à leur sujet, Chaplin est loin d’être une hagiographie puisque les côtés sombres de la personnalité de l’acteur ne sont pas passés sous silence : on l’observe tour à tour lâche, séducteur, ambitieux, en un mot, pas si sympathique que ça, contrairement à son double à l’écran, et c’est ce qui m’a plu aussi ici.

Un premier volume réussi que j’ai eu plaisir à lire et que je vous conseille de découvrir à votre tour.

Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cette lecture, j’ai adoré !

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Yvon Roy signe un nouveau témoignage sensible et vibrant. Une tranche de vie de son enfance dans laquelle l’imaginaire et la création s’érigent comme des remparts contre la violence du monde réel.

Nous sommes au Canada et le calendrier affiche 1973. Par ici, la modernité vient tout juste d’arriver. Pourtant, il suffit de s’éloigner de la ville de quelques centaines de kilomètres pour reculer de plusieurs décennies. Tout est contraste, tout est neuf ou inexploré, tout semble possible.

« Trouver un lopin de terre intouché, un petit paradis. » c’est l’objectif du père d’Yvon Roy quand il embarque femme et enfants dans leur Canada natal. Ils quittent la ville pour s’installer en campagne dans le but avoué de fuir la modernité. Cependant, rien ne se passe comme prévu : ils sont escroqués par le promoteur de leur future maison et doivent en acheter une autre en urgence, un foyer à mille lieux de leur idéal et qui n’est même pas terminé.

Le climat familial se détériore rapidement : la mère devient alcoolique et violente, le père se réfugie dans la religion et les enfants sont très vite déscolarisés du fait de leur appartenance aux bérets blancs.

La seule option pour les deux frères est de fuir. Fuir chaque jour les violences maternelles vers les champs et les bois, pour s’inventer une autre existence.

Dans ce petit village perdu, à force d’aventures, de mauvais coups, d’amitiés et d’amours d’été, c’est toute la vie qui leur sera révélée…

J’avais découvert Yvon Roy il y a deux ans déjà à l’occasion de son premier roman graphique : Les petites victoires dans lequel il racontait son quotidien et celui de son fils autiste.

Pour son second album autobiographique, Graines de bandits, il nous livre un nouveau pan de sa vie, celui de son enfance marquée par les violences familiales au cœur de l’Amérique du Nord profonde.

Tout avait pourtant bien commencé : parents et enfants sont enthousiastes à l’idée de vivre plus près de la nature, ils s’émerveillent devant les lacs, les forêts, les grandes étendues qu’ils ont sous les yeux.

Mais la machine va rapidement s’enrayer et l’atmosphère familiale va devenir pesante et pour finir, violente. Leur mère s’étiole peu à peu, délaissant son piano pour la bouteille.

Yvon et son frère vont s’échapper chaque jour, inventant des jeux, des histoires pour rendre leur quotidien plus léger et plus gai et font la connaissance des autres enfants du voisinage car ils ne fréquentent pas l’école, ce qui ne manque pas de susciter l’incompréhension de leurs nouveaux amis.

Mais le quotidien violent est bel et bien là et ils tentent chaque jour de l’oublier en passant leurs journées en pleine nature, expérimentant ce qu’ils apprennent dans les livres et les encyclopédies, menant une vie assez sauvage faite de liberté car ils sont livrés à eux-mêmes, en construisant un igloo, un kart…

Les deux frères, bien que très différents, sont très proches et soudés, ils font face et affrontent les adversités et le climat familial délétère avec résignation et courage.

Ce récit autobiographique est grave et très touchant, on ne peut que s’émouvoir face à ce que vivent les deux garçons qui entrent peu à peu dans l’adolescence. Heureusement, il y a aussi de l’humour, l’auteur ne tombe jamais dans le pathos ni dans le jugement envers sa mère qui se montre pourtant odieuse avec lui.

Les dessins en noir et blanc et le trait fin d’Yvon Roy sont toujours aussi agréables à suivre, les pages se tournent toutes seules et je suis arrivée avec regret au point final car je serai bien restée avec Yvon et son frère.

Une belle découverte grâce à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres que je remercie pour cette lecture !

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Dans les écrits de Conan Doyle, Watson n’a pu dépeindre que la face émergée de Sherlock Holmes. Mais dans cette enquête inédite, nous pénétrons visuellement le mental du détective, le long du fil de son raisonnement, et à travers l’architecture de son monde interdit.

Vendredi 7 novembre 1890, Wentworth street, l’agent de police Parks, en patrouille dans l’East End, aperçoit un homme en chemise de nuit et pantoufles, courir à perdre haleine. L’homme, en proie à une peur panique, se révèle être le docteur Herbert Fowler, bien loin de Paddington, son quartier.

Le policier sonne au 221 B. Baker Street car le médecin, en proie à une amnésie, est un ami de Watson et il requiert l’aide du détective de toute urgence.

La découverte d'une poudre mystérieuse sur les vêtements du médecin et d'un ticket de spectacle très particulier amène Sherlock Holmes à penser que son client n'est pas l'unique victime d'un complot de grande ampleur.

Il semblerait en effet que l'étrange disparition de londoniens trouve son explication dans les représentations d'un magicien Chinois. D'autres tickets retrouvés confirment les soupçons du détective…

Vous l’ignorez peut-être mais mon Empereur de fils et moi adorons Sherlock Holmes. L’affaire du ticket scandaleux, le premier tome de la duologie Dans la tête de Sherlock Holmes ne pouvait que rejoindre nos PAL respectives, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’a pas eu le temps de croupir sur mes étagères tant j’étais curieuse de découvrir cette bande dessinée.

Une fois n’est pas coutume, parlons de l’objet livre qui est tout simplement magnifique : la première de couverture, en carton épais, offre une découpe de la tête de Sherlock Holmes de profil.

Quant aux planches, elles sont à l’avenant. La qualité du papier doux et épais, qu'on a plaisir à manipuler, l’odeur particulière du livre, des couleurs vieillies avec des tons sépia et bleu.

Benoit Dahan a un grand talent de coloriste et il ressuscite à merveille l’ambiance victorienne, j’ai adoré son travail que je découvre ici et il participe grandement à faire de ce roman graphique, un gros coup de cœur.

Vous avez eu l’occasion de voir en détail sa virtuosité dans mes stories sur Instagram, si vous ne me suivez pas encore, un conseil : abonnez-vous ici car j’y dévoile mes réceptions livresques, mes lectures… !

Quant au scénario de Cyril Lieron, adapté de L’étude en rouge de sir Arthur Conan Doyle, il est fidèle à l’œuvre et au canon holmésien, à l’ambiance des différents titres mettant en scène Holmes & Watson, à la psychologie des personnages.

Mais fidélité ne veut pas dire manque d’originalité, bien au contraire : le procédé narratif choisi par les auteurs est particulièrement bien vu puisque l’on est littéralement dans la tête du détective, dans son mode de pensée.

Je ne pourrai vous citer ici toutes les trouvailles graphiques géniales qui émaillent le récit, elles sont nombreuses et ce serait dommage de vous enlever le plaisir de les découvrir par vous-même.

La manière même de raconter l’histoire est très originale et les pages s’avalent à une vitesse folle, trop d’ailleurs, car je suis vite parvenue à son terme avec qu’une seule envie, découvrir la suite, hélas pas encore parue !

Gros coup de cœur pour ce premier tome, tant pour le schéma narratif, les dessins et le travail éditorial des éditions Ankama, je vous le recommande chaudement.

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Un album qui rend enfin justice aux femmes de science. Derrière la personnalité forte et emblématique de Marie Curie, Les Découvreuses présente l’aventure exceptionnelle de 20 femmes qui ont permis à l’humanité de réaliser des bonds en avant dans les disciplines scientifiques les plus variées : Physique, Chimie, Télécommunications, Biologie, Exploration de l’espace…

Comme les Culotées de Pénélope Bagieu, Les découvreuses met en lumière des femmes souvent oubliées de l’Histoire. Alors que la première ratissait large, ce qui n’enlève rien à sa qualité, Marie Moinard s’est imposée une thématique intéressante, la science, domaine longtemps réservé aux hommes.

Et aujourd’hui encore, les filières scientifiques sont assez peu choisies par les jeunes filles qui leur préfèrent les matières plus littéraires. Cet album permettra peut-être à quelques étudiantes à se lancer dans des carrières de physicienne, chimiste, biologiste, astronaute, informaticienne…

Derrière la personnalité forte et emblématique de Marie Curie, qui ouvre l’album Les découvreuses présente l’aventure exceptionnelle de 20 femmes qui ont permis à l’humanité de réaliser des bonds en avant dans les disciplines scientifiques les plus variées : Physique, Chimie, Télécommunications, Biologie, Exploration de l’espace…

Là où Culotées présentaient de la même façon toutes les femmes, cet album fait un choix différent en consacrant des portraits de 8 à 21 pages à cinq d’entres elles : Marie Curie (Physique et Chimie), Ada Lovelace (Informatique), Mae Jamison (Espace), Rosalind Franklin (Biologie) et Hedy Lamarr (Communications).

Les quinze femmes restantes font l’objet de fiches illustrées de quelques lignes seulement. On peut regretter que Marie Moinard ait choisi les femmes les plus célèbres pour ces mises en lumières détaillées et que les autres, souvent injustement mises de côté et que je ne connaissais pas pour la plupart, n’aient pas la même exposition.

Mais cet ouvrage graphique permet tout de même de rendre hommage à des pionnières oubliées de l’histoire et je ne peux que saluer cette initiative, d’autant que certaines d’entre elles sont toujours vivantes et en exercice.

Alors qu’elles sont à l’origine de découvertes extraordinaires, peu d’entre elles ont eu droit à une reconnaissance de leurs pairs ou le prix Nobel, certaines se sont même fait voler leurs découvertes par leurs collègues masculins, ce qui est tout à fait révoltant, notamment Rosalind Franklin qui a découvert l’ADN et que l’on a réhabilité depuis fort heureusement !

Le dessin réaliste et somme toute assez classique de Christelle Pécout accompagne parfaitement les récits de Marie Moinard pour nous faire découvrir ces destins souvent méconnus.

En conclusion, cette bande dessinée synthétique donne envie d’aller plus loin dans la découverte de ces pionnières et je l’espère donnera envie aux jeunes femmes de suivre des filières scientifiques, domaine où comme je le disais plus haut, elles font défaut.

Si, comme moi, ce thème vous intéresse, je ne peux que vous recommander Les découvreuses.

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Paris, Siècle des Lumières. Alors que Diderot et d’Alembert travaillent d’arrache-pied à l’Encylopédie, une série de meurtres assombrit leur horizon. Toutes les victimes travaillaient pour leur grande œuvre. Qui cherche à tuer les champions de la raison ?

Paris, 1750. Un cercle d’intellectuels travaille à la rédaction d’un dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers : L’Encyclopédie, destiné à éduquer les lecteurs et à diffuser les Lumières.

Dans leur projet, Diderot, D’Alembert, d’Holbach, Buffon, Hume et leurs compagnons subissent les menaces qui pèsent sur tous ceux qui développent des opinions antireligieuses et antimonarchistes.

Un jour, l’un d’entre eux, Monsieur Raynal, est mystérieusement assassiné. Puis ce sera le tour d’un second. Diderot, accompagné de Marie, une jeune illustratrice qu’il a pris sous son aile, va mener l’enquête.

Ses premiers soupçons se portent sur les Croisés, de fervents catholiques soutenus par l’archevêque de Paris, Christophe de Beaumont, grand adversaire du projet…

Vous connaissez mon goût pour le XVIIIè siècle et lorsque je tombe, totalement par hasard, sur un roman graphique qui met en scène mon philosophe préféré, Denis Diderot, comme dans Les encylopédistes, impossible pour moi de résister !

Vous le savez peut-être si vous me suivez depuis longtemps, je voue une passion au siècle des Lumières et plus particulièrement à l’Encylopédie de Diderot et d’Alembert, j’étais donc très curieuse en commençant ma lecture de voir le traitement qu’en avaient fait les espagnols José A. Pérez Ledo au scénario et Alex Orbe aux dessins.

Et je dois bien admettre que je ressors conquise de ma lecture car non seulement le scénariste s’est très bien documenté sur le sujet mais en plus il nous offre une intrigue policière pleine de rebondissements et d’intérêt.

Si l’intrigue policière est fictive, aucun philosophe n’a été assassiné pendant l’écriture de l’Encyclopédie, la trame principale est bien replacée dans son contexte historique et s’appuie sur des éléments bien réels.

L’auteur aborde pêle-mêle l’appui de la marquise de Pompadour à l’Encyclopédie (même si elle n’a jamais été l’amante de Diderot) et la défiance du roi Louis XV envers le projet, le séjour de Diderot à Vincennes, les rapports houleux du philosophe avec sa femme Antoinette, les relations parfois tendues entre d’Alembert et Diderot, les problèmes de censure, les interdictions de publication qui pleuvaient sur le projet, le conflit ouvert avec l’archevêque Christophe de Beaumont… José A. Perez Ledo n’omet rien, tout y est !

Le féminisme de Diderot n’est pas non plus oublié avec le personnage fictif de Marie qu’il choisit pour croquer les visages des encyclopédistes lors des séances de travail et pour les planches illustrées car l’Encyclopédie, éditée entre 1751 et 1772, comprend 17 volumes de texte, 11 volumes de planches et 71 818 articles, un travail colossal !

Le scénario retransmet également très bien la perception qu’avaient l’Eglise et le pouvoir de ce projet qu’ils jugeaient dangereux : un peuple éclairé se laisserait moins facilement gouverné. L’encyclopédie fournit en effet une compilation des connaissances de l’époque dont la cohérence était obtenue par la riche documentation des articles d’astronomie, et les renvois vers des articles de différentes disciplines.

Les planches signées Alex Orbe sont plutôt agréables à regarder, je n’aime pas trop sa façon de dessiner les visages mais les couleurs plutôt vives et tranchées pour lesquelles il a opté sont bien choisies.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé Les encyclopédistes et je ne peux que vous inciter à lire cette bande dessinée à votre tour. Si vous aimez cette époque ou que vous souhaitez en savoir plus sur l’Encyclopédie, c’est le titre idéal.

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