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Posts Tagged ‘littérature américaine’

Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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États-Unis, demain. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l’être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, cinq femmes voient leur destin se lier à l’aube de cette nouvelle ère. Ro, professeure célibataire de quarante-deux ans, tente de concevoir un enfant et d’écrire la biographie d’Eivør, exploratrice islandaise du xixe. Des enfants, Susan en a, mais elle est lasse de sa vie de mère au foyer – de son renoncement à une carrière d’avocate, des jours qui passent et se ressemblent. Mattie, la meilleure élève de Ro, n’a pas peur de l’avenir : elle sera scientifique. Par curiosité, elle se laisse déshabiller à l’arrière d’une voiture… Et Gin. Gin la guérisseuse, Gin au passé meurtri, Gin la marginale à laquelle les hommes font un procès en sorcellerie parce qu’elle a voulu aider les femmes.

Salem, États-Unis, dans un futur très proche. Un nouvel ordre religieux règne sur le pays de l’Oncle Sam, les puritains imposent de nouvelles règles liées à la procréation : l’avortement est interdit, l’adoption et la procréation médicalement assistée seront réservés aux couples mariés.

Non loin de Salem, dans un petit village de pêcheurs, Ro, professeure célibataire d’une quarantaine d’années, essaie désespérément de devenir mère. Susan a abandonné ses études de droit pour devenir femme au foyer. Maman de deux enfants, elle est au bord du burn-out, n’arrivant plus à supporter ni son mari ni ses chérubins.

Mattie, la meilleure élève de Ro, perd sa virginité sur le siège avant d’une voiture et s’aperçoit quelques semaines plus tard qu’elle est enceinte. Enfant adoptée, elle refuse cette maternité et veut absolument avorter en dépit des risques encourus. Enfin, Gin la guérisseuse, a abandonné son enfant à la naissance, vit dans une cabane dans les bois et va être accusée de sorcellerie par le proviseur du lycée…

Lorsque l’on commence la lecture de cette dystopie, on ne peut s’empêcher de penser à La servante écarlate de Margaret Atwood avec lequel elle partage quelques points communs. Comme son illustre consœur canadienne, Leni Zumas, qui signe avec Les heures rouges son premier roman, plante son décor au sein d’une Amérique ultra conservatrice qui s’empresse de mettre fin aux avortements, réservant les enfants non voulus aux seuls couples mariés.

La comparaison entre les deux autrices s’arrêtent là. Dans ce roman polyphonique, nous suivons quatre trajectoires de femmes, quatre façons de vivre sa maternité différemment. Il y a la biographe (Ro), l’épouse (Susan), la fille (Mattie) et la guérisseuse (Gin).

L’auteure nous interroge sur les conséquences des choix politiques conservateurs : l’illégalité de l’avortement aux Etats-Unis qui a bâti un mur rose à sa frontière du Canada, ce qu’encourent les femmes y compris les très jeunes filles si elles se font prendre sur le point d’avorter, les risques qu’elles prennent en se faisant avorter dans des cliniques où les règles d’hygiène les plus élémentaires ne sont pas respectées, le coût exorbitant de la PMA, que deviennent les femmes célibataires en désir d’enfant dans un monde où la PMA et l’adoption ne sont réservés qu’aux couples mariés, la vie des femmes dans une société patriarcale où elles ne sont plus libres de disposer de leur corps, etc.

Tous ces questionnements nous rappellent que les droits acquis par les femmes sont très récents et que le moindre changement politique peut les réduire à néant, l’époque à laquelle l’auteure nous transporte est tellement proche que ça en est inquiétant.

Leni Zumas a choisi des héroïnes très différentes dont les récits s’entremêlent tout au long du récit, j’avoue que j’ai eu beaucoup de mal au début de ma lecture, je n’arrivais pas à rentrer dans l’histoire et je trouvais le récit laborieux et puis au bout de quelques chapitres, j’ai été bien ferrée et j’ai trouvé finalement cette histoire assez passionnante.

Bonne idée d’avoir choisi des femmes si différentes, de n’avoir pas cherché à les rendre sympathiques, d’avoir opté pour Salem, célèbre théâtre d’un procès aux sorcières au 17è siècle, comme décor de cette dystopie et de faire un parallèle avec Gin la guérisseuse, que l’on poursuit en justice pour sorcellerie !

Le style clinique et froid, à la fois ironique, impudique, violent et poétique de l’auteure, ne m’a pas totalement convaincue, j’ai eu du mal à m’y habituer mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier ce roman captivant.

Les heures rouges est un roman féministe et engagé important, une lecture coup de poing indispensable dans cette rentrée littéraire qui pointe du doigt les dérives conservatrices.

Un grand merci à Anne et aux éditions Presses de la cité pour cette découverte !

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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Ellen Branford, ravissante avocate new-yorkaise, se doit d’exaucer le voeu qu’a formulé sa grand-mère avant de mourir : retrouver son amour de jeunesse et lui remettre sa dernière lettre. Ellen part sur la route, pour s’arrêter à Beacon, petite ville côtière du Maine. Alors qu’elle explore les lieux, elle manque de se noyer – une mésaventure qui fait d’elle une célébrité locale et la pousse littéralement dans les bras d’un certain Roy. Et tandis qu’elle lève le voile sur le passé de sa grand-mère et qu’elle poursuit sa quête, Ellen comprend qu’elle n’aura pas assez d’un séjour de vingt-quatre heures. Mais lorsque son fiancé vient jusqu’à Beacon à sa rescousse, la jeune femme doit repenser la vie qu’elle veut vraiment avoir…

Suite au décès brutal de sa grand-mère à laquelle elle était très attachée, Ellen Branford, quitte momentanément New York pour rejoindre la petite ville de Beacon, ville natale de Ruth Goddard Ray.

Hayden, son fiancé, avocat comme elle dans un grand cabinet, et membre d’une famille influente, ne peut l’accompagner.

C’est donc seule qu’elle se rend dans le Maine afin de remettre une lettre de sa grand-mère adressée à son amour de jeunesse, Chet Cummings.

Mais ce qui ne devait être qu’une formalité se révèle plus complexe. L’homme à qui elle doit remettre la missive est aux abonnés absents et elle manque de se noyer dès son arrivée, faisant ainsi la connaissance de Roy, un charmant charpentier.

Cette rencontre, ce qu’elle va apprendre de la jeunesse de sa grand-mère et de ses rêves avortés va remettre en question sa petite vie bien huilée de citadine…

Lorsque j’ai commencé ma lecture de L’irrésistible histoire du café Myrtille, je m’attendais à un roman historique avec deux intrigues parallèles, l’une dans le présent avec Ellen et l’autre dans le passé avec Ruth, en fait il n’en est rien.

Mary Simses, avocate de profession, nous propose avec ce premier roman, une comédie romantique, d’où mon décalage entre ce que j’espérais et ce que j’ai lu mais ce premier roman est frais et léger et pas désagréable à lire du tout, je ne ressors donc pas déçue de ma lecture.

Une lecture estivale de pure détente, qui ne sort pas des sentiers battus et qui charrie pas mal de clichés : bien que déjà fiancée à l’homme parfait (citadin, beau, musclé, riche, célèbre), notre héroïne (gaffeuse en diable comme il se doit) tombe sous le charme d’un homme tout aussi parfait (beau, musclé, bronzé, charmant et célibataire) qui la sauve de la noyade dès son arrivée.

Au-delà de cette romance dont le dénouement ne fait aucun doute, Mary Simses nous propose un joli cadre : le Maine, ses homards et ses myrtilles, tellement bien décrit ici qu’on n’a qu’une envie, aller voir de plus près si un tel paradis existe bel et bien, manger du homard et bien sûr des muffins aux myrtilles.

Les personnages de Ellen et de Roy sont à la fois drôles, attachants et attendrissants, la maman de l’héroïne, championne de fléchettes et de descente de gin tonic fort sympathique, tout comme la propriétaire du petit hôtel dans lequel Ellen séjourne.

Bien entendu, la romance est à l’honneur dans ce roman mais Ellen n’en oublie pas pour autant de partir sur les traces de sa grand-mère en faisant des recherches dans les archives de la ville et de la bibliothèque pour découvrir qui elle était vraiment.

Vous l’aurez compris, L’irrésistible histoire du café Myrtille est une sympathique comédie romantique, idéale à lire en vacances, dépaysement et fous rires garantis !

Un grand merci aux éditions Nil pour cette charmante lecture.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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1993. En plein jour, dans une rue bondée de Floride, une femme de quatre-vingt-seize ans abat froidement un membre du Ku Klux Klan.
1919. Bannie par les siens, Alicia Cortez, vingt-deux ans, quitte La Havane pour rejoindre l’Amérique et sa cousine Beatriz, tenancière du Pearl’s, l’une des maisons closes les plus fréquentées de Key West.
Avec son charme exotique, la belle Cubaine trouve rapidement sa place dans cet univers sensuel et secret. Aidée de John, vétéran tourmenté et propriétaire d’un bar voisin, Alicia va jusqu’à organiser la contrebande d’alcool, pour contrer les lois de la prohibition. Et leur amitié laisse bientôt place à une profonde attirance.
Mais la menace du Klan gronde dans l’archipel…

1993. Une vieille dame quasi centenaire revient agitée de sa ballade quotidienne, va chercher son colt puis ressort afin de gagner le rassemblement du Ku Klux Klan. Là, elle abat froidement Charlie Simpkins, kleagle du Klan, sous les objectifs des caméras et des photographes venus en nombre couvrir l’événement.

1919. Alicia Cortez, 22 ans, une beauté métisse bien éduquée, a du fuir son mari et La Havane, et débarque à Key West avec des G.I’s revenus de France. Beatriz est venue l’accueillir et Alicia découvre avec effroi que sa cousine est tenancière d’un bordel, Le Pearl, et que c’est désormais là qu’elle va élire domicile.

Mais les soldats ont ramené avec eux l’épidémie de grippe espanole qui a déjà fait des millions de morts en Europe au cours de laquelle Beatriz va perdre la vie. Avant de rendre son dernier soupir, elle fait promettre à Alicia de prendre sa place au Pearl avec l’aide de John Morales, qui tient le bar en face.

L’ancien soldat décoré de la croix de guerre et la jolie métisse vont bientôt tomber amoureux et emménager ensemble en dépit des mises en garde de leur entourage, des lois et des avertissements du Klan qui interdisent tout rapprochement entre blancs et noirs…

Les brumes de Key West est le second roman de Vanessa Lafaye publié en France après le remarqué Dans la chaleur de l’été publié en 2016 et le dernier que l’on aura à lire puisque l’auteure a hélas succombé à un cancer en février dernier.

Si le début de l’intrigue et son épilogue se déroulent en 1993, le reste du roman a pour cadre Key West en 1919. Vanessa Lafaye, comme elle l’explique dans sa note à la fin de l’ouvrage, s’est inspiré de la vie de Manuel Cabeza et de son histoire d’amour mixte qui l’a unit à Angela, sa compagne métisse, tenancière de maison close connue sous le nom de Rosita Negra, la Rose Noire.

A partir de ce tissu véridique, l’auteure a bâti une intrigue totalement fictive mais qui s’inspire de faits réels ayant eu lieu en 1919 à Key West. Je dois dire que j’ai été littéralement happée par cette histoire dès les premières pages et conquise par la plume fluide de Vanessa Lafaye, c’est bien simple j’ai dévoré cette très belle histoire, portée par des personnages attachants, imparfaits mais captivants et au caractère bien trempé.

Au-delà de l’histoire d’amour impossible entre John et Alicia, l’auteure met le doigt là où ça fait mal, nous relate une époque où les amours mixtes étaient prohibées et où le Ku Klux Klan avait beaucoup d’adepte et se livrait à des exécutions sommaires, des lynchages en toute impunité et sans jamais être inquiété par la police ou la justice.

On sent bien au fil du récit que l’on se dirige doucement mais sûrement vers un drame et qu’il n’y aura pas de fin heureuse, on espère se tromper et on reste captivé par le récit jusqu’au point final.

Outre ce duo de héros et l’histoire d’amour qui les unit, l’auteure fait évoluer un autre personnage, adolescent au moment des faits : Dwayne Campbell, le fils du pasteur, qui vit dans l’ombre et la terreur de ce père qu’il adule et qu’il accompagne dans les réunions du Klan.

Ce jeune homme qui travaille pour un marchand juif qu’il aime beaucoup ne comprend pas les motivations des suprématistes blancs bien qu’il soit attiré par le message du Klan, présenté comme une cause juste pour le plus grand bien. Il s’interroge pourtant et questionne son père : pourquoi vouloir chasser son employeur qui est un homme doux et bon juste parce qu’il est juif ? Pourquoi tuer des noirs juste pour leur couleur de peau ? etc. Et le père répond : mais c’est pour leur bien et pour que l’Amérique reste une nation forte.

J’ai beaucoup aimé ces trois personnages complexes et la voie courageuse qu’ils vont suivre à mesure que le récit avance. Un récit que j’ai refermé à regret et qui m’a confirmé qu’il fallait absolument que je lise Dans la chaleur de l’été.

Un très beau roman que je vous conseille vivement si vous aimez les romans historiques, les histoires d’amour et ces questions raciales qui ont agité l’Amérique et qui l’agitent toujours.

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Zurich, 1886. Mileva Marić quitte sa Serbie natale et décide de braver la misogynie de l’époque pour vivre sa passion de la science. À l’Institut polytechnique, cette étrangère affublée d’une jambe boiteuse, seule femme de sa promotion, est méprisée par tous ses camarades. Tous, sauf un étudiant juif farfelu, aux cheveux ébouriffés, stigmatisé par sa religion. C’est Albert Einstein. Les deux parias tombent aussitôt amoureux. Et élaborent ensemble leur pensée scientifique. Mais y a-t-il de la place pour deux génies dans un même couple ? De drames domestiques en humiliations conjugales, Mileva apprend la dure réalité du mariage, passé les premières ferveurs de l’amour.

20 octobre 1896, Zurich. Mileva Marić est une jeune femme de 21 ans, boiteuse de naissance, qui débarque de sa Serbie natale. Dès l’enfance, elle montre une grande intelligence et une prédisposition pour les sciences et les mathématiques.

Ses parents, persuadés que son infirmité ne lui permettra pas de se marier, la poussent à poursuivre des études afin qu’elle soit professeure. C’est ainsi qu’elle intègre l’Institut polytechnique, seule femme de la section VI, acceptée par le professeur Weber qui la dirige.

Ses camarades masculins l’ignorent superbement, excepté un jeune juif allemand à l’allure débraillée : Albert Einstein. Bien que Mileva soit sur la réserve et très concentrée sur la licence et le doctorat de physique qu’elle souhaite obtenir, elle se laisse peu à peu apprivoisée par le futur prix Nobel…

Vous savez combien j’aime les portraits de femme et plus encore, ceux qui retracent la vie de femmes oubliées par l’histoire. C’est le cas de Mileva Marić qui fut la première épouse d’Albert Einstein et mère de ses trois enfants, que Marie Benedict met en lumière dans Madame Einstein, son premier roman.

Porté par une plume fluide, ce récit à la première personne du singulier, nous raconte la vie de Mileva auprès de Albert Einstein de 1896 à 1913, de leur rencontre à la fin de leur mariage, Albert la quittant pour sa cousine Elsa Einstein.

Solidement documenté, ce roman revient sur leur rencontre, leurs années d’études à l’Institut polytechnique de Zurich, leur mariage et bien sûr l’année la plus importante dans la vie du physicien, 1905, où il a proposé sa théorie de la relativité qui le propulsa au sommet de la science.

De Mileva Marić, on sait très peu de choses. Sa première grossesse, hors mariage, l’a obligé à abandonner ses études, et va la reléguer au rôle de femme au foyer. L’auteure nous trace un portrait peu reluisant du physicien dans l’intimité mais n’enlève rien à son génie. Si l’on en croit Marie Benedict, Einstein était un homme épris de reconnaissance et de gloire, un homme peu aimant et surtout un parfait tyran domestique, obligeant son épouse à abandonner ses ambitions, pour ne se vouer qu’à lui et à leurs enfants.

Marie Benedict revient également sur le rôle qu’aurait joué Mileva dans l’élaboration de la théorie de la relativité, s’appuyant sur la correspondance entre les deux époux qui font état de recherches communes. Depuis la découverte de ses lettres dans les années 1980, beaucoup s’interrogent sur la part qu’avait pris Mileva dans les travaux d’Einstein.

Certains affirment qu’ils ont travaillé de concert et que la paternité de ces travaux aurait du lui revenir aussi tandis que d’autres estiment que sa participation a été minime. Marie Benedict va plus loin et affirme dans ce roman qu’elle a été totalement flouée par un mari certes brillant mais qui ne supportait pas que son épouse le soit plus que lui. Et que son mariage a été pour la jeune femme une succession d’humiliations.

On est donc bien loin du couple formé par Pierre et Marie Curie qui travaillaient sur un pied d’égalité, l’époux oeuvrant même pour que le Nobel lui soit attribué au même titre qu’à lui.

Je ne saurai vous dire si la réalité fut celle décrite par Marie Benedict mais j’ai beaucoup aimé cette femme, son parcours et la dure vie que fut la sienne, celle d’une femme dans une société patriarcale qui attendait des femmes qu’elles restent bien dans leur foyer, à s’occuper de leurs enfants et de leurs marmites, m’a beaucoup touché.

Il y a tout de même un point commun entre Marie Curie et Mileva Marić, outre le fait qu’elles soient toutes d’eux d’Europe de l’Est, elles ont eu la chance de naître dans un foyer où les pères ont poussé leurs filles à faire des études et à ne pas se contenter de ce rôle d’épouse au foyer.

Le style de Marie Benedict est très agréable, facile à lire et en même temps pointu car elle fait une vraie œuvre de vulgarisation dans ce roman, il y a beaucoup de passages liés aux mathématiques et à la physique, sans que cela ne soit jamais abscons ou ennuyeux.

L’histoire de la première Madame Einstein nous invite à connaître l’homme intime que fut Albert Einstein et nous dresse le tableau de la condition féminine au début du 20è siècle à travers Mileva mais aussi sa meilleure amie historienne, reléguée elle aussi au simple rang d’épouse, malgré ses études brillantes.

Vous l’aurez compris Madame Einstein est un roman historique bien documenté et passionnant que j’ai beaucoup aimé et que je vous recommande vivement.

Un grand merci à Anne et aux Presses de la cité pour cette belle lecture.

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Depuis la naissance de leurs jumeaux il y a trois ans, Maya et Nick ne sont plus sur la même longueur d’onde : Maya ne se pardonne pas d’avoir renoncé à sa carrière d’avocate pour s’occuper des enfants ; Nick, qui a vu la battante qu’il aimait se transformer en mère au foyer, fuit leur quotidien routinier en se noyant dans le boulot.
Si Maya espère voir Nick s’investir dans leur vie de famille, Nick, lui, n’a qu’un souhait : divorcer. Le seul hic, son salaire de nabab dans la pub. Sur les conseils d’un ami avocat, il élabore un plan d’attaque : jouer au mari idéal, histoire d’inciter sa femme à reprendre le travail et réduire ainsi la pension à lui verser. Parviendra-t-il à convaincre Maya ?

Maya et Nick sont mariés depuis de longues années et vu de l’extérieur ils mènent une vie de rêve. Nick a fondé son agence de publicité et Maya est avocate spécialisée en droit de la famille.

Mais depuis 3 ans, leur couple connaît de fortes turbulences. Après plusieurs années d’infertilité, Maya a mis au monde, grâce à une insémination artificielle, des jumeaux prénommés Foster et Isla.

A partir du moment où ils sont nés, Maya s’est entièrement consacrée à eux : les allaitant à la demande jour et nuit, surveillant leur alimentation pour qu’elle soit la plus pure possible, en prenant garde à leur environnement, leurs vêtements, leurs activités…

Les époux ne font plus que se croiser car Nick fuit le domicile le plus possible, n’approuvant pas que les jumeaux âgés désormais de 3 ans continuent à prendre le sein ni de voir sa femme se transformer en mère au foyer control freak.

Malheureux, il décide de divorcer mais l’un de ses amis avocats en droit de la famille, le prévient, il y laissera une très grande partie de sa fortune, ce qu’il refuse.

Il prend donc la décision de jouer au mari idéal et d’inciter Maya à reprendre le chemin du travail…

Un mari idéal est le premier roman de Leah McLaren qui signe ici avec une bonne dose d’humour grinçant et d’ironie, une comédie de mœurs à l’américaine. Même si à aucun moment je ne me suis attachée aux personnages CSP+ que sont Nick et Maya, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt ce roman sur le mariage et la parentalité made in USA.

Difficile pour moi d’imaginer le quotidien de Maya, une femme sublime, adepte du yoga et de la nourriture macrobiotique, totalement obnubilée par ses enfants. Les jumeaux sont d’ailleurs assez horripilants et peu crédibles au vu des dialogues qui leur sont imputés, à 3 ans les enfants ne parlent pas ainsi !

J’ai beau être une maman et être très maternelle, je ne vois pas mes enfants comme un prolongement de moi et je n’ai jamais vu la maternité comme une sorte d’esclavagisme moderne, néanmoins la plume de Leah McLaren m’a emporté et j’ai enchaîné les pages avec un certain intérêt comme je le disais plus haut.

C’est assez étrange pour nous français d’imaginer un divorce à l’américaine où un mariage, est réduit à une liste comptable de biens matériels : maison familiale, maison de campagne, garderie et frais de scolarité, frais de nounou, charges sociales et heures supplémentaires, prestation compensatoire pour l’épouse, ajustement du revenu familial, règlement immédiat en liquide, honoraires juridiques…

La garde des enfants prend finalement peu de place dans tout ça alors qu’en France c’est tout l’inverse, les ex époux sont prêts à s’écharper pour obtenir la garde exclusive ou la garde alternée selon que l’on soit la mère ou le père.

C’est un roman qui, contrairement à la couverture kitch proposée par l’éditeur (non mais franchement je suis très surprise de ce choix), est très cynique et même si je n’ai pas adhéré aux personnages ni à leurs psychologies ou leurs choix, il m’a tout de même intéressée. Je suis malgré tout restée hélas spectatrice des errements de Nick et Maya.

Merci à Manon et aux éditions Albin Michel pour cette lecture très intéressante !

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1946, alors que les Britanniques soignent les blessures de guerre, Juliet Ashton, écrivain en manque d’inspiration, entreprend une correspondance avec les membres attachants d’un cercle de Guernesey. De confidences en confidences, la page d’un nouveau roman vient de s’ouvrir pour la jeune femme, peut-être aussi celle d’une nouvelle vie…

Janvier 1946. Juliet, jeune écrivain londonienne, connaît le syndrome de la page blanche. Pendant la guerre, elle a rencontré un certain succès avec Izzy Bickerstaff s’en va-t-en guerre mais a connu l’échec avec sa biographie d’Anne Brontë.

Jusqu’au jour où elle reçoit une missive de Dawsey Adams. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d’un fermier de l’île de Guernesey lui fournisse la solution à son manque d’inspiration ? C’est par ce courrier anodin qu’elle découvre l’existence d’un cercle littéraire hors du commun, créé par des gens de l’île pendant la guerre. L’île anglo-normande vit alors sous l’Occupation allemande et cette réunion hebdomadaire, née suite à l’abattage illégal d’un cochon, va leur permettre de tromper l’ennemi et d’embellir leur quotidien.

Au fil des lettres échangées avec les insulaires, Juliet s’attache à leurs destins à la fois bouleversants et loufoques. Sentant qu’elle tient là un sujet tout trouvé pour son roman, et avec la bénédiction de son éditeur Sidney, elle se rend sur place…

Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates attendait bien sagement dans ma PAL depuis un peu plus de cinq ans, je l’avais acheté car il m’avait été maintes fois chaudement recommandé, mais je n’osai franchir le pas, faute à ma frilosité pour les romans par lettres, traumatisée par Les liaisons dangereuses, lecture que je n’ai jamais terminée tant elle m’avait ennuyée.

Heureusement ma copinaute Céline qui avait grande envie de le relire, m’a gentiment invité à l’accompagner dans sa lecture et comme elle a bien fait car j’ai beaucoup aimé cette histoire et surtout le personnage de Juliet.

Juliet est une jeune femme très moderne, piquante et drôle, qui ne s’en laisse pas compter. Bien que courtisée par un américain très riche, elle préfère continuer à vivre de sa plume, plutôt que de se faire enfermer dans un mariage bourgeois, et à ce alors qu’elle a dépassé la trentaine.

En panne d’inspiration alors qu’elle connaît le succès avec un ouvrage humoristique, elle va véritablement se passionner pour l’île et la vie de ces habitants pendant les années noires de l’occupation.

Et au fil de ces échanges épistolaires puis de ses entretiens sur Guernesey, elle va espérer avec les membres du Cercle, le retour d’Elisabeth, sa créatrice, arrêtée pour être venue en aide à un esclave polonais, puis envoyée dans le camps de concentration de Ravensbrück, laissant derrière elle une adorable petite fille prénommée Kit, fruit de ses amours avec un soldat allemand, Christian, mort sur le front russe.

Ne connaissant absolument pas l’histoire, j’ai été happée par cette suite de lettres écrites par les protagonistes de l’histoire. Une fois les personnages repérés, ce qui demande un certain moment pour les distinguer les uns des autres, j’ai découvert des femmes et des hommes épatants, pris dans la tourmente de la seconde guerre mondiale.

Une île à l’histoire insuffisamment connue dont j’ignorais absolument tout. Le martyre de Guernesey, abandonnée par les anglais et envahie par les soldats allemands, est absolument poignant.

Ce club de lecture n’est qu’un prétexte à la rencontre, épistolaire puis réelle, de personnes n’ayant rien en commun à l’origine. On s’attache à tous et particulièrement à Juliet, l’héroïne du roman, et à Elisabeth, celle dont on attend le retour et qui se révèle être un personnage incroyablement courageux.

Ecrit à quatre mains par Mary Ann Shaffer & Annie Barrows, ce roman épistolaire est fluide et agréable, avec de l’humour mais aussi de l’émotion, les missives sont tantôt longues, tantôt courtes, parfois des télégrammes, ce qui imprime un rythme au récit, qui pourrait être un peu plat sinon.

L’histoire m’a vraiment beaucoup intéressée et ce de la première à la dernière lettre, je comprends maintenant pourquoi il a eu autant de succès depuis sa parution et je ne peux que rejoindre celles et ceux qui l’ont aimé.

Vous l’aurez compris, j’ai passé un très bon moment avec ce livre, bien que le dénouement soit un peu trop expédié et je ne peux que vous encourager à découvrir à votre tour Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates et le courage de ses protagonistes, tous des gens ordinaires et tellement humains !

Vous pouvez retrouver l’avis de Céline ici.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois :

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Californienne de trente-quatre ans, mère de deux adorables chipies et illustratrice pour une super maison d’édition, Lili semble mener une vie rayonnante. Pourtant, derrière son sourire et son grand sens de l’autodérision, la jeune femme peine à se remettre du décès accidentel de son mari, trois ans plus tôt. Depuis, et au grand dam de Rachel, sa sœur cadette qui s’évertue à placer de sémillants célibataires sur son chemin, le cœur de Lili est en stand by.
Mais un vent nouveau s’apprête à souffler. Chargée d’illustrer une encyclopédie de botanique, la jeune femme se voit imposer des cours de jardinage, le samedi matin, au beau milieu d’un parc de L.-A. L’heure est venue pour la jeune femme de troquer pyjama et télé contre une paire de bottes et du compost ! Mais comment tisser des liens avec des inconnus ? Lili est-elle vraiment prête à quitter sa zone de confort ?

Lilian Girvan habite Los Angeles, elle est maman de deux fillettes Annabelle et Clare et veuve depuis quatre ans. Inconsolable depuis la mort accidentelle de son mari, décédé quasi sous ses yeux, elle a fait une croix sur sa vie de femme pour se consacrer à ses enfants âgées de cinq et sept ans.

Illustratrice pour Poplar Press, une maison d’édition spécialisée dans les manuels scolaires, Lili mène une vie très routinière entre d’un côté son job et de l’autre sa vie de maman.

Heureusement, elle peut compter sur sa sœur cadette Rachel qui s’incruste chaque soir pour le diner et qui a pris le relai de sa sœur auprès des filles lorsque Lili a fait une terrible dépression et a du être internée dans un hôpital psychiatrique pendant plusieurs mois.

Un beau matin, sa chef Roberta, la convoque dans son bureau. Lili est persuadée qu’elle va être licenciée car Poplar Press est en difficulté mais en fait elle lui offre une nouvelle mission confiée par la société Bloem : illustrer une encyclopédie de botanique entièrement consacrée aux légumes.

Pour ce faire, elle a carte blanche mais doit suivre un cours de jardinage orchestré par le séduisant Edward Bloem…

Les cœurs brisés ont la main verte est un feel good book comme je les aime, plein d’émotion, que j’ai littéralement dévoré. Il faut dire que la plume fluide et vive de l’auteure nous fait tourner les pages toutes seules et qu’il renferme tous les ingrédients nécessaires à un roman doudou : de l’amour, de l’humour, des personnages attachants et cabossés par la vie.

Abbi Waxman nous livre aussi un très beau roman sur le deuil, sans jamais tomber dans le pathos, à travers Lili, qui peine à refaire sa vie après la mort de son mari, qui n’a pas envie de l’oublier ni de le remplacer. Mais aussi à travers les deux fillettes : Annabelle qui souffre beaucoup de l’absence de son père et qui considère ses parents toujours unis par les liens du mariage. Elle n’avait que trois ans à la mort de son père et son souvenir s’efface peu à peu et elle en souffre. Quant à Annabelle qui n’était qu’un bébé, elle n’a bien évidemment aucun souvenir de Dan et estime que sa mère peut se remarier.

A travers Rachel également, une brillante avocate célibataire, qui a mis sa vie amoureuse entre parenthèse pour mieux épauler sa sœur et ses nièces. Les deux jeunes femmes ont une relation fusionnelle et Rachel ne cesse de dire à Lili qu’elle doit tourner la page et qu’en le faisant, elle ne trahira pas Dan pour autant. Elle adorait son défunt beau-frère qu’elle considérait comme son meilleur ami et ne supporte plus que sa sœur passe à côté de sa vie en s’oubliant à ce point et lui organise des rendez-vous malgré elle !

Ce roman aborde aussi l’amitié, celle de Lili avec les autres participants du cours de jardinage, tous cabossés par la vie, tous très différents et attachants, qui apprennent à cultiver l’amitié en même temps que les légumes.

Malgré le thème principal du roman, le deuil, le récit ne tombe jamais dans le pathos comme je l’ai dit plus haut, il est au contraire bourré d’humour et finit par lorgner du côté de la romance, sans qu’elle ne soit jamais au premier plan.

On pourra sans doute reprocher à Abbi Waxman de ne pas sortir des sentiers battus et de nous offrir une galerie de personnages biens comme il faut : les profs retraitées et lesbiennes, le trader malade du cœur, le geek surdoué qui vit dans une caravane, la mère célibataire issue du ghetto, etc. mais on lui pardonne bien volontiers tant son roman met du baume au cœur et le sourire aux lèvres.

Si vous avez envie d’un bon roman feel good, avec des personnages attachants, de l’émotion, de l’humour et de l’amour, je ne peux que vous conseiller Les cœurs brisés ont la main verte, il vous fera passer un joli moment, assurément !

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