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Posts Tagged ‘littérature américaine’

Lu dans le cadre du Cold Winter challenge et du challenge 1 pavé par mois  :

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Fille de militaire, Sarah McCoy a déménagé toute son enfance au gré des affectations de son père. Elle a ainsi vécu en Allemagne, où elle a souvent séjourné depuis. Résidant actuellement à El Paso au Texas, elle donne des cours d’écriture à l’université tout en se consacrant à la rédaction de ses romans. Un goût de cannelle et d’espoir (Les Escales, 2014) est son premier ouvrage publié en France. Depuis, ont paru aux éditions Michel Lafon Un parfum d’encre et de liberté (2016), Le Souffle des feuilles et des promesses (2017) et Le Bruissement du papier et des désirs (2019).

Allemagne, 1944. A Garmish, près de Dachau, malgré les restrictions, les pâtisseries fument à la boulangerie Schmidt. Entre ses parents patriotes, sa sœur volontaire au Lebensborn et son prétendant haut placé dans l’armée nazie, la jeune Elsie, 16 ans, vit de cannelle et d’insouciance.

Jusqu’à cette nuit de Noël, où vient toquer à sa porte un petit garçon juif, échappé des camps. Si elle le recueille et le protège, elle met sa famille en danger. Mais si elle refuse, elle le condamne à une mort certaine.

Soixante ans plus tard, au Texas, la journaliste Reba Adams, vit une relation compliquée avec un jeune mexicain, fraîchement naturalisé américain, qui patrouille à El Paso.

Reba cherche des témoignages sur les Noëls allemands et choisit la pâtisserie allemande d’Elsie. La vieille femme va lui raconter le dernier Noël qu’elle a passé en Allemagne…

Un goût de cannelle et d’espoir attendait sagement son tour dans ma PAL depuis quelques années maintenant, échaudée par ma lecture d’un autre roman de Sarah McCoy que je n’avais pas du tout aimé Un parfum d’encre et de liberté.

N’est pas Kate Morton qui veut et Sarah McCoy est loin d’avoir, à mon sens, le talent de la romancière australienne. Si le récit au passé est bien construit, bien documenté, porté par une héroïne terriblement attachante, le récit au présent fut une fois encore d’un ennui mortel, mené par une héroïne aussi fade qu’antipathique.

Avec Elsie, on est plongé dans les six derniers mois de la guerre au cœur même de l’Allemagne nazie, non loin du camp de Dachau. Elle a seize ans et est loin d’être aussi endoctrinée que sa sœur Hazel, volontaire pour donner à son pays, de bons petits aryens, au sein d’un Lebensborn.

Elsie, elle, est passionnée de pâtisserie, elle n’exècre pas les juifs et se voile plutôt la face lorsqu’elle est confrontée à la barbarie nazie, et se rapproche, malgré elle, de militaires nazis, pour faire plaisir à ses parents.

Seulement, lorsqu’elle rencontre Tobias, tout change et la jeune fille va se révéler pleine de courage pour sauver cet enfant innocent.

Lorsque les romanciers s’attaquent à la seconde guerre mondiale, ils prennent pour héros, des collaborateurs, des résistants ou des juifs. Ce qui est intéressant ici, c’est que l’on est dans une zone grise, où les gens ne sont ni bons ni méchants : pas de théoriciens ou d’idéalistes du nazisme mais des officiers SS qui suivent les ordres malgré leur conscience et des personnes ordinaires qui se compromettent par idéal, par intérêt ou par lâcheté.

Sarah McCoy montre aussi que tous les allemands n’étaient pas des nazis : Elsie fuyait les jeunesses hitlériennes et n’a aucune sympathie pour le régime du IIIè reich, l’une de ses voisines venait en aide aux juifs en les cachant puis en les exfiltrant vers la Suisse et sa sœur va finir par ouvrir les yeux sur la réalité des Lebensborns.

Tous ces passages pendant la guerre se révèlent passionnants à suivre, je ne peux pas en dire autant de la partie contemporaine. Je comprends le parallèle qu’a voulu faire l’autrice avec les réfugiés mexicains, fuyant la misère de leur pays, en quête d’un avenir meilleur aux Etats-Unis, impitoyablement pourchassés par les garde-frontières, mais elle s’y prend mal.

Comme je l’ai dit plus haut, Reba est loin d’être sympathique et se révèle très caricaturale. Cette histoire contemporaine est de plus bancale et mal maitrisée et au final, j’ai lu ces passages en diagonale !

Pour conclure, je pense que cette autrice n’est pas faite pour moi car si j’apprécie ses incursions au passé, je fuis ceux au présent et je ressors de cette lecture plutôt déçue qu’enthousiaste.

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Nouvelles extraites de Nouvelles complètes, I (Bibliothèque de la Pléiade)

Qu’une maison puisse être hantée, c’est une affaire entendue. Mais la ferme du capitaine Diamond n’est pas seulement hantée, mais bien louée, moyennant monnaie sonnante et trébuchante, par le fantôme de sa propre fille qu’il avait répudié !

Que s’est-il vraiment passé lors de la mort mystérieuse de la jeune femme, survenue après une violente dispute avec son père ? Pourquoi son corps n’a-t-il jamais été retrouvé ?

Quelque part dans le Massachussetts, Mrs Willoughby est veuve et a trois enfants. Son fils revient à la maison après ses études et présente à sa famille, son ami Arthur Lloyd.

Ses deux soeurs, Viola et Perdita, tombent aussitôt amoureuses mais Arthur choisit la cadette Perdita qui mourra en couches. Mais avant de trépasser, elle fait promettre à son époux de conserver l’intégralité de sa garde-robe pour que sa fille en hérite le moment voulu.

Le fantôme locataire, écrit en 1876, et Histoire singulière de quelques vieux habits écrit en 1868, sont les deux nouvelles contenues dans ce recueil.

Ces récits fantastiques m’ont permis de retrouver Henry James, un auteur m’avais charmé avec Les ailes de la colombe, Le tour d’écrou et Les ambassadeurs, j’étais donc ravie de le découvrir dans un registre dans lequel je ne les connaissais pas, le fantastique !

Et sans beaucoup de surprise, j’ai beaucoup apprécié ces deux histoires sombres et inquiétantes dont les constructions diffèrent : l’une étant plus fantastique que l’autre mais elles se révèlent toutes deux réussies.

Histoire singulière de quelques vieux habits pourrait s’apparenter à un conte de fées, elle se révèle moins angoissante, plus feutrée mais la chute de l’histoire est très bien trouvée et rappelle Barbe-Bleue.

J’ai néanmoins préféré Le fantôme locataire pour son aspect purement gothique et sa thématique : la maison hantée. L’atmosphère propre à ce genre de récit est bien rendue ici grâce aux nombreuses descriptions des paysages et lieux de cette campagne américaine du milieu du XIXè siècle. Les ingrédients du roman gothique sont aussi présents : la maison lugubre, les paysages brumeux, les personnages mystérieux et inquiétants. Sans oublier la chute de l’histoire, absolument terrible.

La plume fluide et élégante, l’humour d’Henry James sont toujours aussi agréables à lire et je ne peux que vous encourager à découvrir cet immense auteur américain avec ces nouvelles si vous ne le connaissez pas encore.

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Lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois  :

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A l’heure de la libération de la parole post #MeToo, Vox rend hommage au pouvoir des mots et du langage.

Jean McClellan est docteure en neurosciences. Elle a passé sa vie dans un laboratoire de recherches, loin des mouvements protestataires qui ont enflammé son pays. Son amie Jackie a tenté à plusieurs reprises de l’intéresser à la vie politique américaine et aux droits des femmes, en vain.

Mais, désormais, même si elle le voulait, impossible de s’exprimer : comme toutes les femmes, elle est condamnée à un silence forcé, limitée à un quota de 100 mots par jour. En effet, le nouveau gouvernement en place, constitué d’un groupe fondamentaliste, a décidé d’abattre la figure de la femme moderne.

Pourtant, quand le frère du Président fait une attaque, Jean est appelée à la rescousse. La récompense ? La possibilité de s’affranchir – et sa fille avec elle – de son quota de mots. Mais ce qu’elle va découvrir alors qu’elle recouvre la parole pourrait bien la laisser définitivement sans voix…

Vox est le premier roman de Christina Dalcher, docteure en linguistique à l’université de Georgetown. Lorsque je l’ai repéré sur le programme des éditions Nil, j’ai tout de suite eu envie de le lire car il me semblait important et je suis ravie de l’avoir choisi car même si je n’ai pas eu de coup de cœur, j’ai adoré ce roman !

Bien sûr, lorsque l’on plonge dans ce récit on ne peut que penser à La servante écarlate de Margaret Atwood. Comme son illustre aînée, Christina Delcher nous propose une dystopie glaçante pour les femmes, qui rend hommage au pouvoir des mots et du langage.

J’avoue, que mise à part des réserves sur le dénouement que j’ai trouvé bien trop expéditif, ce que j’avais déjà reproché à La servante écarlate, j’ai adoré cette lecture que j’ai trouvé passionnante et très originale.

Il y a beaucoup à dire sur ce roman anxiogène car au-delà de la place des femmes dans la société américaine, Christina Dalcher axe son récit sur la privation des droits et des libertés pour la totalité de la population féminine qui vit dans la crainte de son bracelet compteur de mots et des nouvelles lois sorties du cerveau du leader du Mouvement Pur, le révérend Carl Corbin.

L’héroïne, Jean McClellan, est très intéressante. Docteure en neurosciences, elle est comme toutes les femmes américaines presque réduite au silence et au rôle de potiche au sein de son foyer, un rôle pour lequel elle n’est visiblement pas faite. Son mari travaille pour le gouvernement et son fils aîné a totalement basculé du côté des puritains, ce qui fait bouillir cette mère de quatre enfants.

Les femmes n’ont plus le droit d’avorter, les relations sexuelles hors mariage sont proscrites tout comme les unions homosexuelles. Les homosexuels sont envoyés dans des camps chargés de les rééduquer et leurs enfants, confiés à leur plus proche parent masculin.

Tous ceux qui enfreignent les règles sont sommairement exécutés ou montrés à la télévision lors de cérémonies où ils sont voués aux gémonies avant d’être emmené dans un camp où ils sont réduits à l’état d’esclavage, sans possibilité de prononcer le moindre mot.

Les femmes ne peuvent quasiment plus parler mais elles n’ont aussi aucun accès aux moyens de communication (internet, téléphone, courrier…), ne peuvent posséder de livres, n’ont plus le droit de travailler… Dès leur naissance, les petites filles se retrouvent avec un compteur au poignet et en matière de scolarité, elles n’ont que le droit d’apprendre des choses qui pourront les servir en tant que mère de famille (cuisine, budget familial, couture, ménage…).

Mais, suite à une attaque cérébrale, le frère du Président a besoin de l’aide d’experts, et Jean va intégrer l’équipe de spécialistes affectée à sa guérison, en échange, on lui ôte, ainsi qu’à sa fille Sonia, le fameux bracelet.

Et au fil des jours passés au labo, elle va se demander si le gouvernement n’a pas d’autres projets en tête et si ce n’est pas un prétexte pour mener à bien d’autres funestes expériences.

Comme dans la société de Gilead, vous l’aurez compris, les femmes sont au premier rang les victimes de ce nouveau pouvoir, et leur bracelet chargé de compter leurs mots, est une véritable arme, leur envoyant des décharges électriques de plus en plus fortes si elles ne respectent pas le quota.

Difficile de revenir sur chaque point marquant de ce roman, il y en a beaucoup et je ne souhaite pas trop en dévoiler ici afin de ne pas gâcher la lecture de celles et ceux qui n’ont pas encore lu Vox.

En refermant ce roman, je ne peux que vous conseiller de vous y plonger à votre tour, c’est une lecture importante qui me restera longtemps en mémoire. La situation décrite par Christina Dalcher est hélas crédible, c’est bien ça le pire.

Un grand merci à Filippa et aux éditions Nil pour cette lecture passionnante !

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Lu dans le cadre du Mois Anglais :

Londres 1901 : la reine Victoria vient de s’éteindre et l’Angleterre a des impatiences de liberté. A travers le destin poignant de deux familles, Tracy Chevalier ressuscite un début de siècle turbulent. Le hasard a réuni autour de leurs tombes respectives les Waterhouse et les Coleman. Les premiers vouent un culte à la défunte souveraine et professent les valeurs traditionnelles. les seconds aspirent à une société plus moderne et plus libérale. Deux fillettes, qui se sont promis une amitié éternelle, seront les narratrices de l’intimité des deux clans. Tandis qu’elles s’éveillent à la vie, leurs parents se débattent dans un maelström de passions. Si Mrs. Waterhouse se contente du confort domestique que son mari lui procure, la très belle Mrs. Coleman suffoque dans un univers très confiné. Elle aspire à des sentiments nobles, des défis, une cause. C’est alors qu’elle croise le chemin des suffragettes londoniennes. La vie de tous les protagonistes en sera bouleversée.

Londres, janvier 1901 : la reine Victoria vient de mourir après un règne long de plus de soixante-trois ans. Comme le veut la coutume, le pays entier prend le deuil, les familles se rendent au cimetière afin d’honorer la défunte reine.

Leurs tombes étant mitoyennes, les Waterhouse et les Coleman font connaissance. Si les adultes ne sympathisent guère, leurs filles Maude et Lavinia se lient immédiatement d’amitié.

Pourtant, les familles n’ont pas grand-chose en commun. L’une incarne les valeurs traditionnelles de l’ère victorienne et l’autre aspire à plus de liberté. Dans le cimetière, Lavinia et Maude se retrouvent souvent et partagent leurs jeux et leurs secrets avec Simon, le fils du fossoyeur, au grand dam de leurs parents.

Lavinia est élevée dans le respect des principes alors que Maude est livrée à elle-même : sa mère, Kitty Coleman, vit dans ses propres chimères. Ni la lecture, ni le jardinage, ni sa fille ne suffisent à lui donner goût à la vie.

Jusqu’au jour où elle découvre la cause des suffragettes. La vie des deux familles en sera bouleversée à jamais…

Quel bonheur de retrouver la plume de Tracy Chevalier que j’avais découvert il y a fort longtemps avec La vierge en bleu, La dame à la licorne, Prodigieuses Créatures (gros coup de coeur) et La jeune fille à la perle.

J’aime me plonger dans les histoires qu’elle raconte, suivre les personnages féminins qui les portent, et pourtant Le récital des anges est une relique dans ma PAL, qui était déjà sur mes étagères avant la création du blog il y a sept ans. Pourquoi ? Je ne me l’explique pas et j’en suis d’autant plus navrée que j’ai beaucoup aimé l’atmosphère de ce roman sur le deuil et l’émancipation féminine.

Dans ce véritable roman choral, on suit les Coleman et les Waterhouse de janvier 1901 à mai 1910, de l’enfance des enfants jusqu’à leur arrivée dans l’adolescence et à travers elles, le vent de liberté qui a soufflé sur la société anglaise après le décès de la reine Victoria, engoncée dans le deuil éternel du prince Albert, et les bouleversements qui en ont découlé avec l’avènement du roi Edouard VII.

Ici ce sont surtout les enfants que sont Maude, Livy, Ivy May et Simon qui tirent leur épingle du jeu, indéniablement les personnages les plus intéressants du roman.

Les deux pères sont très effacés, Kitty et Trudy, les mères, m’ont laissé assez indifférentes : l’une à cause de sa neurasthénie et la seconde, à cause de son manque de personnalité, elles font pâle figure à côté de Maude et Livy qui savent, elles, très bien ce qu’elles veulent.

A travers ces figures féminines et celles des domestiques Jenny et Mrs Baker, Tracy Chevalier nous dépeint la condition féminine au début du XXè siècle, thème central de tous ses romans. Des convenances étriquées aux balbutiements de la libération de la femme, l’auteure donne une nouvelle fois la vedette à ses personnages féminins, ladies et roturières confondues en abordant ici la place du corps, l’avortement, la grossesse, la soumission au mari et le droit de vote.

Vous savez j’aime beaucoup la thématique des suffragettes et je regrette qu’ici, elle intervienne aussi tardivement dans le récit car ce mouvement est très bien décrit ici et surtout, c’est l’engagement de Kitty qui va faire surgir la dramaturgie et faire basculer les deux familles.

La figure centrale est, une fois n’est coutume, le cimetière, point de rencontre des deux familles et lieu de promenade, ce qui permet aussi à la romancière d’aborder la religion, le deuil, l’étiquette lié à celui-ci et aux enterrements mais aussi la question de la crémation qui émerge à cette époque.

J’ai apprécié également le procédé narratif qui consiste à raconter l’histoire à plusieurs voix. Chaque personnage du roman nous confie ses pensées, ses espoirs, ses attentes, sa façon personnelle de vivre les évènements… chacun ayant sa propre manière de s’exprimer, cet aspect-là est vraiment bien maîtrisé par Tracy Chevalier, ce qui n’est toujours le cas dans les romans choral.

Un très bon roman, bien documenté que je vous recommande si les thématiques et l’époque où se déroule ce récit vous passionne !

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M. Baxter a quatre-vingt-quatorze ans lorsqu’une chute dans son escalier le condamne à la maison de retraite. Cet homme qui a vécu mille vies s’accommode mal de la routine de Melrose Gardens. Ses vieux jours, il veut en profiter à tout prix, et troquer la télévision, le thé, et les antidouleurs contre du bon vin, de la bonne musique et des divertissements dignes de ce nom. Accompagné d’un jeune infirmier qui traverse une période sombre, Baxter se lance dans une folle équipée pour rendre hommage à son amour perdu. À mesure que le vieillard lui raconte ses souvenirs, son compagnon de route comprend que la vie n’est pas destinée à être subie ; que le monde est vaste et magnifique ; que la gentillesse est une force. Et que la meilleure façon d’honorer les morts est de vivre pleinement.

Baxter est un ancien professeur de 94 ans qui, suite à une chute dans son escalier, doit séjourner dans la maison de retraite de Melrose Gardens. Mais il n’a pas l’intention d’y croupir car avant de rendre son dernier soupir, il a quelque chose à faire.

Greg est un jeune homme brillant, promis à de grandes études, qui à la suite du suicide de son frère, a perdu pied. Il se querelle sans cesse avec son père qui n’a jamais compris Michael.

Le jeune homme de vingt ans, voit arriver Baxter lors de son premier jour à la maison de retraite comme infirmier. Ils vont se lier d’amitié et au fur et à mesure de leurs échanges, le vieil homme va se confier…

Pour son premier roman, Matthew Crow a choisi avec Le dernier voyage de monsieur Baxter de nous raconter une histoire toute simple, celle de Baxter, qui à l’âge de 94 ans, dit enfin au revoir à Thomas, porté disparu pendant la seconde guerre mondiale.

Un récit touchant mais aussi très drôle qui nous permet de voir évoluer Baxter, un vieil homme fantasque, épicurien en diable, dans son quotidien mais aussi dans son passé qui nous emmène en 1939.

L’auteur alterne en effet le présent et des flash back dans le passé de Baxter et nous raconte l’histoire d’amour entre Baxter et Thomas, unis par la musique, à une époque où l’homosexualité était considérée comme un crime, passible de prison.

Parallèlement à lui, il y a l’histoire de Greg Cullock, qui est dans une grave dépression depuis le suicide de son petit frère Michaël. Son cadet et lui étaient diamétralement opposés mais s’adoraient. L’aîné était populaire tandis que le second était harcelé à cause de son homosexualité.

J’ai beaucoup aimé ce duo, qui au premier abord, n’a rien en commun, ces deux hommes se révèlent très touchants par leurs parcours, leurs failles. Les autres personnages sont également attachants : Winnifred, la plus vieilles amie de Baxter, ainsi que le personnel de Melrose Gardens.

L’homosexualité et l’homophobie sont, vous l’aurez compris, les thèmes centraux du roman. Et bien que les mentalités et les mœurs évoluent, l’homosexualité n’est de nos jours plus pénalisée heureusement, les homosexuels restent tout de même harcelés, battus, pour ce qu’ils sont et parfois, poussés au suicide, c’est bien triste de faire ce constat au 21è siècle et on ne peut qu’espérer que ce type de romans contribue à ce que les choses changent.

Quelques bémols toutefois : le scénario est un peu cousu de fil blanc et j’ai été gênée par la mise en page de ce roman car dans un même chapitre il y a multiplicités de narrateurs et alternances d’époques sans que cela soit clairement signalé, à certains moments, l’auteur m’a perdu.

Un premier roman touchant, plein d’espoir, tendre, drôle à souhait, un feel good book facile à lire, dommage que la fin soit expéditive car je suis restée un peu sur ma faim et surtout j’aurai bien aimé savoir ce qu’il advient des personnages, une fois ce dernier voyage accompli.

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« Il aura suffi d’un coup de fil et d’un malentendu pour que Willa Drake devienne la grand-mère d’une petite fille de neuf ans qu’elle n’a jamais vu. Avec humour et tendresse, Anne Tyler nous rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour choisir sa vie. »

A soixante et un ans ans, Willa Drake mène une existence réglée comme du papier à musique en Arizona. Jusqu’à ce qu’un coup de fil venu de l’autre bout du pays lui apprenne que Denise, la compagne de son fils aîné Sean, a pris une balle perdue devant sa maison de Baltimore.

Callie, la voisine de Denise, l’assure, Cheryl, sa petite-fille, a besoin d’elle de toute urgence ! Willa n’a pas le temps d’en placer une et surtout pas de prévenir Callie que Cheryl n’est pas sa petite-fille.

Mais comme elle n’a rien de mieux à faire et qu’elle rêve de devenir grand-mère, Willa décide de prendre en charge la fillette. Son mari, Peter, un avocat à la retraite qui a bien du mal à raccrocher, l’accompagne…

Avec La danse du temps, Anne Tyler nous propose de retracer la vie de Willa, depuis son enfance entre une mère désaxée et un père trop gentil jusqu’à ses soixante et un ans.

En quelques dates, l’auteure revient sur les évènements marquants dans la vie de son héroïne en s’arrêtant longuement sur cet épisode de Baltimore qui arrive à la moitié du roman.

Je dois dire que si cette lecture fut agréable, elle ne sera pas marquante. Il ne se passe pas grand chose dans la vie de Willa, une héroïne falote, qui laisse les autres décider de sa vie, qui s’excuse presque d’être là.

Sa mère ne s’est pas montrée très maternelle ni gentille envers elle, son premier mari Derek lui a fait arrêter ses études, le second l’appelle Fillette, quant à ses deux fils, ses relations avec eux sont quasi inexistantes.

Willa est en fait transparente, traumatisée par son enfance, coincée entre une mère instable et un père trop accommodant avec son épouse, ce qui l’a incité à choisir un homme stable et sécurisant pour l’accompagner dans sa vie de femme.

Et si Willa peut paraître insipide, je l’ai trouvé pour ma part touchante dans son amour et son intérêt pour les siens, au point de s’effacer, de ne pas écouter ses envies et de ne pas recevoir beaucoup des autres en retour.

Touchante aussi dans sa tolérance, son acceptation des autres quelqu’ils soient, dans son rôle de grand-mère d’adoption pour la petite Cheryl, une enfant particulièrement mûre pour son âge, qui va d’embler éprouver beaucoup d’affection pour elle.

Son séjour à Baltimore va lui permettre de trouver enfin sa place, de se sentir importante, indispensable même, de nouer des liens avec tous les voisins de Denise dans cette banlieue résidentielle middle class.

Dans ce roman d’ambiance, les dialogues sont ciselés, l’humour très présent, l’écriture de Anne Tyler, belle, l’histoire est toute simple mais elle nous fait passer un bon moment. Ne vous attendez toutefois pas à des rebondissements, des secrets de famille… vous seriez déçu(e)s.

Merci aux éditions Phébus et à Babelio pour cette lecture !

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Marwan, mon cher enfant, je contemple ton profil éclairé par la lune, tes cils que l’on dirait calligraphiés, tes paupières closes dans ton sommeil innocent. Et je te dis : « Donne-moi la main. Tout ira bien. »

Sur une plage éclairée par la lune, un père syrien berce son fils endormi en attendant l’aube et l’arrivée d’un bateau. Il parle à son enfant des longs étés de son enfance, de la ville de Homs animée alors avec ses ruelles bondées, sa mosquée, son église et son grand souk.

Maintenant que le ciel crache des bombes, les obligeant à fuir une cité autrefois paradis terreste, il veut que son fils imagine la beauté de cette ville dont il ne reste désormais que des ruines…

Dans ce très beau livre brillamment illustré par l’artiste londonien Dan Williams, Khaled Hosseini rend hommage aux centaines de milliers de réfugiés qui prennent la mer au péril de leur vie pour fuir la guerre et les persécutions.

L’auteur d’origine afghane, par ailleurs l’un des auteurs les plus lus au monde, est ambassadeur de bonne volonté du HCR, le Haut Commissariat des Nations Unis pour les Réfugiés, et a également créé sa propre fondation qui porte son nom.

Cette organisation à but non lucratif fournit une aide humanitaire au peuple afghan. Ce n’est donc pas une surprise si il nous propose ce texte afin de nous sensibiliser au sort tragique des réfugiés, contraints de fuir leurs terres natales, pour l’Europe, qui apparaît tel un eldorado, mais qui finit par les refouler.

Une prière à la mer a été inspiré par l’histoire d’Alan Kurdi, le petit réfugié syrien de trois ans mort noyé en Méditerranée, en tentant de gagner l’Europe en septembre 2015. Un drame qui ému le monde entier. Malheureusement, au cours de l’année suivante, 4176 autres personnes ont péri ou ont été portées disparues en tentant un voyage similaire.

Ce court texte est dédié aux milliers de réfugiés morts en mer en fuyant la guerre et les persécutions est très émouvant bien sûr, il a pour but de sensibiliser les lecteurs mais aussi apporter une aide concrète aux réfugiés car pour chaque livre vendu, Albin Michel s’est engagé à faire un don de 1€ à La Cimade, une association qui aide les migrants, réfugiés et déplacés, demandeurs d’asile et étrangers en situation irrégulière en France.

Les aquarelles de Dan Williams, tantôt douces, tantôt violentes, servent merveilleusement bien les mots simples mais poignants de Khaled Hosseini, un texte sans fioritures qui prend l’apparence au témoignage et qui nous interpelle forcément.

Une lecture que je vous recommande pour son message et pour son objet livre car le travail de Dan Williams est de toute beauté.

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