J’ai tué Marat – Le Bollée & Olivier Martin

Le 13 juillet 1793, Charlotte Corday assassine au couteau Jean-Paul Marat dans sa baignoire. Ils ne se connaissent pas, ne se seront vu que cinq minutes en tout et pour tout. C’est le temps qu’il aura fallu pour que tout bascule… heart_3j-ai-tue-marat-bollee-martin

16 juillet 1793, Charlotte Corday quitte sa prison pour rejoindre l’échafaud. Condamnée la veille pour le meurtre de Jean-Paul Marat, elle nous invite à assister à ses derniers instants.

Mais qui était Charlotte Corday, et pourquoi a-t-elle tué le journaliste et fondateur du journal révolutionnaire « L’Ami du Peuple » ? Cette jeune fille de la noblesse normande, confiée aux sœurs de l’Abbaye royale de la Sainte-Trinité de Caen après le décès de sa mère est pieuse et c’est sans doute ce qui explique le cheminement qui va la conduire à l’assassinat, c’est paradoxal certes.

Bien que favorable aux idées révolutionnaires (elle trouve que Louis XVI est un monarque trop faible, qui aurait du faire des réformes), Charlotte, qui s’appelait en réalité Marie, considère Marat et ses amis extrémistes comme le véritable poison de la société.

Depuis Caen, elle assiste à la purge des Girondins et aux meurtres des prêtes qui refusent de prêter serment au nouveau régime. Elle s’imagine que sans Jean-Paul Marat, médecin reconverti en journaliste, qui appelle chaque jour par ses écrits à plus de morts, l’apaisement reviendra.

On peut ne pas être d’accord avec elle, on peut lui reconnaître une chose : son courage car elle sait que l’assassinat de cette personnalité en vue la condamne à une mort certaine, mais que grâce à elle, des milliers de ses compatriotes seront sauvés.

L’histoire lui donne hélas tort puisque son « sacrifice » engendra plus de violence encore et que la Terreur va faire son entrée.

Mettant en scène un dialogue fictif dans les limbes, en enfer ou au paradis on ne le sait guère, entre la victime et son bourreau après l’exécution de la parricide puisque le meurtre de Marat est jugé comme tel, LF Bollée et Olivier Martin reviennent en détail sur la journée du meurtre de Marat et sur les motivations qui ont pu pousser une jeune femme de bonne famille à commettre un acte aussi terrible.

Le scénariste donne la parole à Charlotte Corday mais aussi à Marat et on voit s’affronter leurs deux visions de la Révolution, l’une idéaliste et l’autre, nettement plus sanglante. Ils n’ont ni remords ni regret, Marat considère que les purges sont nécessaires, Corday justifie son acte par la violence de Marat et on peut finalement les trouver l’un et l’autre bien extrémistes dans leur vision des choses.

Cette bande dessinée ne manque donc pas d’intérêt même si je n’ai pas accroché aux dessins de Olivier Martin ni aimé le caractère des échanges entre les deux protagonistes, trop hystériques de mon de vue.

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