Le roman d’Elsa – Geneviève Senger

De sa beauté, Elsa Samuelson n’est pas consciente. De sa détermination, elle sait qu’elle peut tirer le meilleur. En ce début du XXe siècle, l’époque sied aux pionnières. Mais comment convaincre son père, riche banquier parisien, de sa volonté d’être médecin ? Elle accepte d’épouser Adrien de Longeville, un aristocrate désargenté ; en contrepartie, elle poursuivra ses études. Dans un domaine où il y a tant à faire pour les futures mères, et particulièrement celles des quartiers populaires, Elsa se sent investie d’une mission. Sa vocation est là, auprès d’elles, en souvenir d’une douleur jamais cicatrisée…
Au point de sacrifier sa vie de femme, de renoncer à l’amour, à Théo, cette rencontre qui tient du miracle, à la maternité ?

Paris, juin 1900. Elsa est la fille de Salomon Samuelson, un riche banquier de confession juive dont le père a fui les pogroms de Russie. Portrait craché de sa mère défunte dont elle a hérité la beauté, la jeune fille qui ne veut pas se contenter d’être belle et de se taire, veut devenir médecin.

Un projet ambitieux qui ne rencontre pas l’assentiment paternel. Salomon a bien accepté que sa fille préférée passe le baccalauréat mais après cela, elle devra épouser un beau parti et tenir salon comme ses sœurs aînées déjà mariées. Elsa a beau refuser une telle destinée, elle est prisonnière de son époque et de la toute puissance qu’ont les hommes sur les femmes.

Heureusement pour elle, l’homme sur lequel son père a jeté son dévolu est Adrien de Longeville, un aristocrate normand désargenté, qui a une vision moderne du monde et qui accepte contre toute attente qu’elle fasse médecine…

Comme vous le savez déjà si vous avez l’habitude de me lire, j’adore les romans historiques et lorsqu’ils se passent à une période que j’aime beaucoup et qu’ils nous promettent un beau portrait de femme, je dis oui !

C’est le cas ici avec Le roman d’Elsa qui retrace le parcours d’Elsa de 1900 à 1914. Geneviève Senger ancre bien son récit dans la Belle Époque, cela ne fait aucun doute que l’auteure connaît sur le bout des doigts la condition féminine du début du 20è, une période de l’histoire où les avancées techniques et scientifiques sont très importantes mais où les femmes sont toujours aussi mal loties.

L’auteure a cœur de montrer toutes les difficultés auxquelles les femmes sont confrontées à cette époque récente de notre histoire : sous l’emprise des hommes (père, frère ou mari), en proie à la maltraitance, aux dures labeurs et aux grossesses successives qui font qu’elles ont une espérance de vie moindre que celle des hommes.

Une période où les femmes sont les grandes absentes de l’éducation nationale. Très peu de jeunes femmes ont accès aux études et encore moins aux examens tels que le baccalauréat, alors la faculté de médecine, n’en parlons même pas !

Tout au long du roman Elsa et Gretchen, sa confrère allemande, sont en butte à la moquerie des professeurs et des autres étudiants qui vont jusqu’à perturber leur soutenance et à saborder leurs premiers pas de médecins.

Quant aux patients masculins, ils refusent d’être auscultés et soignés par des femmes. Qu’importe, Elsa tient bon et souhaite avant tout soigner des femmes qui souvent refusent elles aussi de se faire ausculter par des médecins hommes. Là encore, elle déchainera la violence des hommes et des ligues de vertu, soupçonnée de faire des avortements clandestins ou de la contraception.

Parallèlement à l’histoire d’Elsa, il y a Théo, un imprimeur féministe qui milite pour l’égalité salariale homme / femme.

Un récit qui aborde aussi la place de la religion dans la vie des femmes et des maternités successives que subissent les femmes, usant leur corps prématurément mais contre lesquelles elles peuvent difficilement lutter sans se voir exclure de la communauté catholique.

Une très bonne lecture donc avec un bémol tout de même : le fait que l’héroïne soit lisse, d’une beauté à couper le souffle et d’une telle sagesse, qu’elle filerait des complexes à n’importe qui. Je trouve dommage qu’on ne sorte pas de ce schéma terriblement classique et déjà vu mais mis à part ça, j’ai adoré Le roman d’Elsa et je ne peux que vous le conseiller si le sujet vous intéresse.

Merci à Marie-Jeanne et aux Editions Presse de la Cité pour ce très beau portrait de femme !

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4 réflexions sur “Le roman d’Elsa – Geneviève Senger

  1. Isabelle Piraux dit :

    Bonjour, ce thème m’intéresse particulièrement. La présentation est alléchante. Une idée d’achat au salon du livre à mettre sur ma liste. Le combat des femmes de tous temps pour notre liberté est un sujet qui m’est cher. J’ai écrit moi aussi un petit roman sur ce thème.

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