Un été à Pont-Aven – Jean-Luc Bannalec

Pont-Aven. Pierre-Louis Pennec, propriétaire du Central, l’un des hôtels imposants du centre-ville, a été retrouvé assassiné dans son établissement. Le commissaire Georges Dupin, muté dans le Finistère quelques années auparavant, et très attaché à sa région d’adoption, est chargé de l’enquête. A première vue, les témoignages de tous convergent, lisses, sans faille. Pourtant, Dupin flaire une piste lorsqu’il apprend que Pennec savait ses jours comptés. Qui sont les héritiers de ce dernier, et que lègue-t-il au-delà de son prestigieux hôtel ? Depuis le début, il est par ailleurs intrigué par l’aménagement fort sophistiqué du bar du Central : à quoi sert une climatisation aussi perfectionnée, au fin fond de la Bretagne, si ce n’est pour protéger des tableaux ? En effet, Pennec était en possession d’un Gauguin inconnu à ce jour, d’une valeur estimée à quarante millions d’euros. Seulement voilà : le tableau n’est plus là, remplacé par une copie d’excellente facture mais qui ne leurre pas la charmante experte que Dupin appelle à la rescousse…

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Un roman policier qui se passe en Bretagne, vous imaginez bien que je ne pouvais pas le laisser passer ! Un été à Pont-Aven est le premier roman d’un allemand qui se cache sous le pseudonyme 100% breizh de Jean-Luc Bannalec. Pour cette première enquête, l’auteur nous emmène donc à Pont-Aven, une petite ville du Finistère sud devenue célèbre grâce à Paul Gauguin, chef de file de l’École de Pont-Aven.

Le commissaire Dupin, nommé ainsi sans doute en hommage à Edgar Poe, est un parisien pur souche, muté à Concarneau, trois ans plus tôt. L’homme, un brin taciturne et qui a son franc-parler. Cette franchise lui avait attiré l’inimitié de ses supérieurs parisiens, qui voyait dans cette mutation une bonne punition mais qui ravit au contraire notre policier qui, même s’il a un peu de mal à s’intégrer auprès des bretons de souche, adore sa nouvelle vie.

Au tout début de l’été, Pierre-Louis Pennec, 91 ans et propriétaire du Central, une vraie figure locale, est victime d’un meurtre. Son hôtel restaurant avait accueilli en son temps Paul Gauguin lui-même, et le brave homme a été retrouvé poignardé, baignant dans son sang, au sein même du restaurant. Dupin découvre alors que le brave homme possédait un authentique Gauguin qu’il souhaitait léguer au Musée d’Orsay. Son fils et héritier principal a-t-il supprimé son père ? Un tableau de 40 millions, éveille forcément bien des envies, surtout lorsque l’on attend en vain un héritage qui ne vient pas.

Voilà un roman policier que je trouve très réussi du point de vue littéraire, bien écrit et bien construit, très réussi dans son rendu de la Bretagne, de ses couleurs, de ses paysages, des autochtones. J’ai beaucoup aimé aussi cette incursion dans le milieu de l’art, on sent l’auteur amoureux de Pont-Aven et fin connaisseur de l’histoire de l’art de la fin du 19è siècle, de ce point de vue je n’ai rien à redire, c’est passionnant.

Mon bémol : pour un roman policier, je n’ai pas trouvé l’enquête palpitante, ni très surprenante, sans réel dynamisme, elle est même très longue à démarrer. C’est en fait un polar très classique qui m’a rappelé Exbrayat, très agréable à lire, bien que quelques passages un tantinet longuets n’étaient pas nécessaires de mon point de vue.

Si vous aimez la Bretagne et l’école de Pont-Aven, vous allez être séduits même si l’enquête, vous l’aurez compris, ne m’a pas enthousiasmé, le reste vaut la peine d’être lu.

Merci à Babelio et aux Presses de la Cité pour cette balade érudite.

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22 réflexions sur “Un été à Pont-Aven – Jean-Luc Bannalec

  1. Tasse de culture dit :

    ça me rappelle Le sang des bistanclaques : j’ai beaucoup aimé la promenade dans le Lyon des années 1920, mais l’enquête m’a paru un peu terne et pas très palpitante.

  2. Claire dit :

    Je note la référence car je me souviens avoir beaucoup aimé Pont-Aven et j’adorerais retrouver l’ambiance de cette ville, ses couleurs…

  3. Gwen dit :

    Jolie chronique! Je note aussi bien parce que tu donnes envie, mais aussi pour les lieux où se déroule l’histoire que l’histoire en elle-même!

  4. chapitreonze dit :

    OK, je pense que ne m’attarderai pas sur le livre, par contre j’aurai appris un nouveau mot aujourd’hui : je n’avais jamais entendu le mot « breizh ». Tu me pardonneras j’espère, je suis du Sud 😉 Ce mot m’était donc totalement inconnu !

    • Bianca dit :

      Je te pardonne bien volontiers je suis une bretonne d’adoption et je connaissais pas ce terme avant de venir m’installer à Vannes 🙂

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